Salut à toutes et à tous !
Dans le dernier chapitre, je n'avais mis aucune indication sur celui-ci pour vous faire la surprise... Attendez-vous à un sacré délire. Je ne sais même pas comment cette idée nous est venue à ma bêta-lectrice et moi...
Bonne lecture !
CHAPITRE XV : AMOURS A L'HÔPITAL
Le temps était celui d'un agréable début de mai des plus radieux. Cependant, l'ambiance qui régnait dans le grand amphithéâtre n'était absolument pas en adéquation avec le beau soleil qui rayonnait avec douceur.
L'atmosphère était pesante et aucun des élèves réunis, qui devaient bien être trois cents, n'osaient parler. À peu près au milieu des gradins, Emma, Clémence, Lena et Krystal se jetaient des coups d'œil entendus. Alors qu'elles auraient plaisanté et discuté en attendant le début du cours, elles se taisaient comme les autres. Tout en bas, un colosse d'une cinquantaine d'années aux cheveux gris et à la barbe de trois jours, portant un tee-shirt gris et un vieux jeans, paraissait dans une colère noire. Il avait l'allure type de l'homme que personne ne souhaitait voir un jour dans cet état. Son regard bleu lançait des éclairs à un groupe d'étudiants, assis tout en haut. La haine était lisible sur son visage.
À côté de lui, une armure de centurion romain avait été déposée, ainsi que le casque et le glaive assorti, sûrement pour un cours d'Histoire antique, à moins que le professeur s'imaginait déjà les utiliser sur les jeunes qu'il observait l'œil mauvais, depuis un moment déjà.
Une des deux portes de derrière s'ouvrit et un autre homme entra. Beaucoup plus petit et parfaitement rasé mais tout aussi grisonnant, il portait une chemise ainsi qu'une veste et un pantalon de costume. Il ressemblait déjà plus à l'image que l'on se faisait d'un universitaire.
Le nouveau venu lança un regard inquiet vers son collègue et ami, avant de s'approcher prudemment de lui. Il savait parfaitement que le géant n'était pas à prendre avec des pincettes. Ils discutèrent un petit moment, celui en costume cherchant à calmer l'autre, ce qui ne réussi pas vraiment.
Les quatre filles observaient avec inquiétude ce qui allait se passer ensuite, bien contentes de ne pas être à la place du groupe ayant énervé leur professeur.
Le dernier arrivé finit par faire plus ou moins entendre raison à son ami et recula pour assister au début du cours. Il voulait visiblement être sûr que tout se passe bien. Cependant, en passant devant l'attirail de centurion, ce dernier tomba. Il en profita pour lancer une boutade, ramassant le tout :
« C'est la chute de Rome ! »
Presque tout l'amphithéâtre éclata de rire, détendant agréablement l'atmosphère. Mais celle-ci s'alourdit aussitôt quand le colosse annonça le thème du jour :
« Comme vous le savez, ce cours aurait dû tenir lieu de partiel, mais à cause de certains qui ont décidé que ça ne les arrangeaient pas et qui ont fait pression, l'administration l'a annulé. Votre examen aura lieu dans un mois et je ne sais pas du tout comment vous ferez, étant donné que je serais à une conférence prévue depuis plus d'un an. Je n'avais absolument rien prévu pour aujourd'hui, alors nous allons voir un thème particulièrement intéressant : la torture et la mort à Rome. »
.oOo.
Emma et Clémence sortaient du supermarché. C'était l'hiver et le sol était détrempé par la pluie qui venait tout juste de cesser. Le ciel encore chargé cachait la voûte étoilée et ne tarderait pas à déverser à nouveau toute son eau sur la terre.
Toutes les deux discutaient tranquillement de tout et de rien, comme à leur habitude, rejoignant la voiture de la plus jeune. Elles s'engagèrent sur le passage clouté du parking de la grand surface, tout aussi mouillé que le reste.
C'est alors que Clémence glissa. Emma la regarda tendre les bras pour amortir la chute. Sa colocataire dérapa sur tout le passage piéton sans tomber, battant l'air de ses bras. La brune était persuadée qu'elle se rattraperait facilement. Mais, au dernier moment, Clémence bascula la tête la première et s'étala de tout son long, évitant de peu le bord du trottoir. Son amie éclata de rire.
.oOo.
Clémence et les Phantomhive ne comprirent rien à ce qui se passa. Les Shinigami éclatèrent de rire ainsi qu'Emma.
« Je vous jure ! protesta William en remontant dignement ses lunettes. Peut-être que ces deux cinématiques vous font rire, mais le moment ne s'y prête guère !
-Quelles cinématiques ? demanda Clémence complètement paniquée.
-C'é... C'était la Chute de Rome et ta gamelle au supermarché... expliqua Emma.
-Comment tu peux rire dans un moment pareil ?! s'écria sa colocataire.
-Bah, ça ne me fait plus mal en fait...
-C'est normal, intervint Richard. C'est à cause des endomorphines produites par l'organisme en cas de trop forte douleur.
-Elle devrait être dans les pommes ! angoissa Clémence.
-Pas forcément... Calme-toi ! pria le comte. Ça ne va pas arranger la situation !
-UNE DE MES MEILLEURES AMIES A LA MOITIÉ DU PIED EN MOINS, VOIT SA LANTERNE CINÉMATIQUE ET TU ME DIS DE ME CALMER ?!
-Il a raison, je vais bien ! Et cette Lanterne était tellement débile ! rit Emma.
-J'ai appelé une ambulance ! s'écria Alan qui tenait encore le téléphone. Bon sang, Emma, comment tu te sens ? Surtout, ne panique pas, on est là, ça va aller, il faut garder son calme et...
-Euh... Là, c'est toi qui panique, Alan... souligna la brune.
-Clémence a raison ! Il y a de quoi ! s'affola à son tour le Shinigami. Tu vas peut-être mourir ! Il faut que tu tiennes Emma ! Si jamais tu vois une lumière, préviens-nous ! Surtout si elle émane de l'un d'entre nous ! Les Humains voient toujours une lumière émanant du Shinigami venu les faucher ...
-Humphries, vous savez très bien que son nom n'est pas sur la liste, soupira William en replaçant à nouveau ses verres pour ne pas désespérer de l'attitude son meilleur élément.
-Mais elle a été touchée par une Death Scythe ! s'exclama Alan d'une voix aiguë. Ça ne veut rien dire, elle...
-Par une Death Scythe, oui. Pas par un Shinigami. Alors arrêtez donc de paniquer de la sorte s'il vous plaît.
-Mais comment ça se fait que ça soit ma Faux qui... commença Éric. SUTCLIFF ! C'est toi qui a été chargée de ranger les Faux !
-C'est pas moi qui l'ai mise par terre, elle est tombée toute seule ! se défendit la rousse.
-Si tu les avais pas foutues sous une armoire, ça ne serait jamais arrivé !
-Et tu voulais quoi ? Que je la mette sur l'armoire ?! Comme ça, on l'aurait prise sur la tête ?!
-Avec un peu de chance, ça nous aurait débarrassé de toi !
-Oh, mais le monde se porterait bien mieux si c'était toi qui avait eu le crâne fendu ! répliqua avec acidité Grell. Mais ça peut toujours s'arranger si tu veux, Slingby.
-Tu es en train de me proposer de t'assassiner ? Ça me va !
-Sois tu as les oreilles bouchées, sois tu es vraiment abruti : je t'ai proposé de te tronçonner le crâne.
-Moi, abruti ? ricana le blond. Je te retourne le compliment, Sutcliff ! Un homme de ton âge, même pas capable de savoir de quel sexe il est...
-JE SUIS UNE FEMME QUE ÇA TE PLAISE OU NON ! explosa la rousse. Et je croyais que tu devais parler de moi au féminin !
-Ah non ! Tu te goures complètement ! C'est donnant-donnant ! Tu me fais pas chier et je parle de toi au féminin ! C'est ça le deal passé avec le patron !
-Ah oui ?! Et qui est venu m'attaquer, hein ?
-Si tu étais capable de ranger correctement des Dea...
-STOP ! ordonna William avec autorité. Cela suffit maintenant, tous les deux... Non mais je vous jure ! Nous avons une blessée et vous vous disputez comme des chiffonniers. Quelle image vous donnez des Shinigami ! Un mot de plus et je vous mets des heures supplémentaires jusqu'à la fin de l'année. Knox, occupez-vous donc de Miss Curiel, elle est en train de faire un malaise.
-Ok patron. Allez, viens avec moi Clémence, invita Ronald d'une voix douce.
-N... Non, je reste avec Emma... souffla-t-elle d'une voix faible.
-Ça va, ne t'inquiète pas, dit cette dernière. Euh... Par contre, quand les ambulanciers seront là, n'oubliez pas mon bout de pied...
-Ignoble... commenta Alexander. Comment peut-on penser de telles choses en un tel moment !
-Les endomorphines, je vous ai dit ! insista Richard en bon scientifique. Dès que le taux va rebaisser, elle va souffrir le martyr en revanche... »
La suite des événements donna raison au comte de Phantomhive : quand l'ambulance arriva, Emma se tordait de douleur.
« Humphries, allez donc avec elle dans l'ambulance, proposa William. J'irais avec les Phantomhive pour les protéger au cas où et je doute que Miss Curiel soit en état d'accompagner Emma.
-Je... Je peux aller avec elle, protesta-t-elle d'une voix faible. Je... Je veux y aller...
-Vraiment... Hors de question, vous êtes blanche comme un linge. Vous n'êtes certainement pas en état. Knox va vous y accompagner.
-Et... Et nous ? demanda Richard. On peut y aller aussi, n'est-ce pas ?
-Oui, mais sous protection. Slingby, vous avez assez de place pour nous prendre tous ?
-Euh... Oui, normalement. Mais j'ai jamais dit que je prenais Sut...
-Vous ferez ce qu'on vous dit Slingby, coupa William dans un soupir exaspéré. Quant à vous Sutcliff, cessez de vous moquer ainsi de votre collègue. »
Grell, qui avait rigolé en voyant que leur supérieur imposait sa présence à Éric, lança un regard assassin à William mais ne dit plus rien.
« Elle s'est blessée sur cette scie, n'est-ce pas ? demanda alors un ambulancier en montrant la Faux.
-Ou... Oui... » répondit Clémence, à moitié évanouie et soutenue par Ronald.
Emma ne se rendait plus compte de rien, ayant déjà reçu une petite dose de morphine pour calmer la douleur.
« Je n'ai jamais vu une scie aussi tranchante... s'étonna l'homme. Faites très attention quand vous rangez ce genre de chose, il ne faut pas que ça traîne.
-N'est-ce pas ? ne put s'empêcher de dire Éric.
-Éric, arrête s'il te plait, pria Alan.
-It's not your Death Scythe [Ce n'est pas ta Faux de la Mort], grogna le blond à son amant.
-Ne vous inquiétez pas, dit d'un ton rassurant le médecin présent à Clémence. Votre amie s'en sortira. Nous allons lui greffer le bout de pied et ça ira. Elle aura juste une longue convalescence, mais tout ira bien.
-Vous... Vous croyez ?
-J'en suis certain ! Au pire, elle aura juste la gangrène et on l'amputera... »
Clémence eut un cri d'horreur et s'évanouit, ne pouvant en supporter plus. Ronald, qui la soutenant déjà, n'eut qu'à la rattraper.
« Mais vous êtes complètement inconscient ! s'énerva-t-il. Vous voyez bien qu'elle était à deux doigts de faire un malaise.
-Je pensais qu'elle aurait compris la petite blague...
-Au lieu de faire de l'humour, occupez-vous donc d'Emma ! Je me charge de Clémence. »
Les ambulanciers emmenèrent la brune, ainsi qu'Alan. Ronald allongea Clémence dans sa chambre.
« L'humour de ce médecin était ignoble, commenta Alexander. Il est des sujets avec lesquels nous ne pouvons pas rire.
-Oh ça va, soupira Richard. Ils doivent en voir tellement... Et je doute qu'Emma attrape la gangrène. Il faudrait vraiment qu'elle n'est pas de chance. Il doit y avoir... »
Il calcula mentalement puis commença :
« Une chance sur...
-Et si on te dit qu'on a pas envie de le savoir ? grogna Éric.
-Dans la théorie de la relativité générale, on... Quoi ? fit tout à coup Richard. Qu'est-ce qu'il y a ?
-C'est quoi le rapport entre la relativité générale et la situation présente ? s'étonna Grell.
-Euh... Aucun, rougit le comte. C'est juste que... Quand je stresse, je me répète les lois de la relativité générale, ça me calme.
-Je croyais qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter.
-Elle a une moitié de pied en moins alors... Si, en fait, il y a lieu de s'inquiéter ! »
.oOo.
Clémence reprit doucement conscience. Quand sa vue lui revint totalement, elle distingua quelqu'un à ses côtés. Vu l'épaisse tignasse blond vénitien, c'était sûrement Ronald. Celui-ci lui tendit ses lunettes qu'elle glissa sur le bout de son nez. Tout devint aussitôt plus clair.
« Mieux comme ça, n'est-ce pas ? sourit-il. Je sais ce que c'est...
-Merci... Qu'est-ce que... ?
-Tu as fais un malaise après la blague stupide du médecin. Mais ne t'inquiète pas, ça va aller pour Emma.
-Je suis restée longtemps évanouie ?
-Non, même pas une minute. Comment te sens-tu ?
-Ça... Ça va je crois... Et... Emma ! Emma, comment... ?
-Je t'ai dit que ça irait bien, apaisa-t-il. Tu veux qu'on y aille ?
-Oui, je veux bien.
-Fais attention en te levant. »
Il la soutint pour qu'elle se mette debout et fit bien attention à ce qu'elle marche correctement, avant de l'aider à passer sa veste rouge. Les autres Shinigami et Humains les attendaient dans le couloir, prêts à partir. Ronald enfila son manteau bleu nuit tandis que Richard demandait à Clémence comment se elle sentait.
Ils purent enfin partir pour la clinique où avait été emmenée Emma.
.oOo.
Quand ils arrivèrent, l'Écossais et l'Humaine attendirent les autres devant l'entrée qui n'avaient pu se garer à côté. Clémence mit ce temps à profit pour prévenir les parents de sa colocataire qui partirent aussitôt de chez eux.
Une fois tout le groupe réuni, ils entrèrent et allèrent à l'accueil où la chambre 124 leur fut indiquée. La salle d'opération était en train d'être préparée et le chirurgien serait là dans peu de temps. D'ici vingt minutes, l'anesthésiste prendrait en charge la brune. Ils pouvaient donc monter la voir avant, Alan y était déjà.
Ils se rendirent au numéro indiqué. Éric poussa sans attendre de réponse la porte après avoir toqué. Il s'arrêta net, Alexander lui rentrant dedans avant de râler à son habitude.
« ALAN ?! »
Le cri complètement abasourdi agrémenté d'une pointe de désespoir du blond à tresse intrigua tout le reste du groupe qui se pencha pour mieux voir ce qui se passait.
Alan et Emma s'embrassaient à pleine bouche.
L'amant du premier s'avança vers eux d'un pas légèrement vacillant, sous le regard gêné et horrifié de celui-ci. Pour Éric, le monde s'effondrait. Alan, son cher Alan, avait quelqu'un d'autre. Une femme. Alan avait une femme dans sa vie, lui qui n'en avait jamais regardé une seule. Éric se sentait perdu sous le poids de l'incompréhension et de l'abattement. Que se passait-il ? Comment cela avait-il pu se produire ?
Et puis... Et puis Alan ! S'il y avait bien une personne au monde qu'Éric aurait été à mille lieux d'imaginer en train de le tromper, c'était bien Alan Humphries. La pureté et l'innocence. L'incarnation-même de la probité et de l'intégrité.
« A... A... lan... Tu... Je s... Elle... Enfin, c'est... Euh... Nous... Et... bafouilla-t-il sans réussi à aligner deux mots.
-Éric, c'est pas ce que tu crois ! paniqua le Shinigami châtain.
-Et qu'est-ce que je crois ? souffla Éric qui se retenait de pleurer ou de hurler de rage et de tristesse.
-Emma embrasse tout le monde depuis tout à l'heure ! se défendit Alan, apparemment dans le même état que celui qu'il aimait. Les ambulanciers, le médecin, le chirurgien... Des infirmiers... C'est la morphine qui lui fait cet effet ! Mais j'ai jamais cru qu'elle pourrait me le faire ! Au début, elle demandait aux hommes s'ils étaient casés, alors je... Oh, Éric ! Je suis désolé ! Je ne voulais pas, je te le jure !
-Enfin Alan, je...
-T'es triste ? demanda tout à coup Emma avec un grand sourire en se relevant pour être assise.
-Triste ?! Mais...
-Oh ! Mais il ne faut pas être jaloux ! s'écria-t-elle en riant, complètement droguée. J'ai assez d'amour pour vous deux ! »
Elle attrapa le cou d'Éric et le força à se baisser à son avis. Trop abasourdi, se demandant ce qui lui arrivait, il n'eut pas le temps de réagir et eut droit au même baiser profond et rempli ferveur qu'Alan. Ce dernier n'avait sûrement jamais été aussi heureux de voir une autre personne que lui embrasser Éric.
Quand tout fut fini, le Shinigami se releva, légèrement sonné, et se tourna vers son amant dont un immense sourire illuminé le visage.
« Tu vois ? Tu vois que je disais la vérité ?
-Complètement malade... grogna Éric. Viens-là toi. »
Il força Alan à se lever et l'entraîna dans un coin éloigné d'Emma où il le serra contre lui en s'excusant.
« Vraiment Emma ! s'exclama William. Ce n'est vraiment pas un comportement digne d'une jeune femme, tu as failli briser un couple. Si j'ai des problèmes dans mon équipe à cause de...
-Laisse, elle est shootée, fit remarqué Grell.
-Wiiiiilliam ? Tu peux venir s'il te plaît ? supplia Emma.
-Pourquoi ?
-Je dois te dire quelque chose à l'oreille. C'est sur Augure. »
Le brun haussa un sourcil, intrigué. Que pouvait-elle lui dire à propos de son Kami ? Naïvement, il s'approcha et se pencha vers elle.
« J'aime beaucoup ton pigeon ! s'exclama-t-elle en riant. C'est un gentil pigeon, bien élevé et qui apporte bien le courrier !
-Je vous jure... Je le sais puisque je l'ai... »
Sa phrase se finit sur les lèvres d'Emma qui les colla aux siennes. Elle tenta d'aller plus loin, mais il ne lui en laissa pas le temps et recula.
« Mais c'était le bisou de l'amour ! geignit-t-elle. Parce que je vous aime tous très fort !
-Vraiment Emma ! s'exclama-t-il en remontant ses lunettes et en sortant un peigne pour remettre deux cheveux en place. Tu devrais arrêter, ce n'est absolument pas quelque chose à faire ! Je n'approuve pas cela.
-Ignoble, acheva Alexander. Tout ce-ci n'est qu'une vaste farce de mauvais goût...
-Je t'avais prévenu qu'elle était shootée, William, soupira la rousse.
-Greeeeeell ? Clémeeeeeeeence ? Richaaaaard ? Pourquoi vous restez si loin ? Je dois embrasser tous les hommes...
-On a pas envie que tu nous embrasses aussi. » répondit l'Humaine.
Éric retint un ricanement. Si Grell approchait Emma, elle comprendrait enfin que la brune ne parlait d'elle au féminin que juste parce qu'elle avait peur d'elle. Il ne pouvait en être autrement. Comme elle n'était pas consciente de ses actes, Emma allait considérer la déesse comme un homme, comme elle devait l'être.
La réponse qu'elle donna empli Grell de bonheur, autant qu'elle démoralisa Éric :
« Bah, pourquoi je vous embrasserais, Grell et toi ? Z'êtes pas sexy ! C'est mieux les hommes, je suis pas lesbienne... Mais Richard, il a de beaux cheveux ! Ça doit être cool de l'embrasser ! Par contre, Alex, je l'aime pas, il fait des œufs dans ma chambre... Alors je lui fais pas de bisou de l'amour. Oh ! Et Ronnie ? Je t'ai pas embrassé non plus !
-C'est vrai ! sourit ce dernier.
-Tu veux bien que je t'embrasse aussi ? Je vous aime tous...
-Pourquoi pas ? » rit-il en la rejoignant.
Clémence se mordit les lèvres et baissa les yeux pour ne pas les voir ensemble. Leur baiser dura beaucoup plus longtemps. La plus jeune Humaine sursauta en sentant une main serrer son épaule pour la réconforter.
« Ça va ? lui demanda Grell à voix basse.
-Ça ira.
-Ronald est un imbécile. Et un homme. Ça n'aide pas, hein ? »
Clémence sourit légèrement.
« Ah ! s'exclama Emma, contente d'elle. Toi, au moins, tu te laisses faire ! Tu comprends l'importance du bisou de l'amour !
-C'est vrai ! Mais on pourrait autant en dire des femmes... répliqua-t-il d'un air charmeur.
-Ouais, t'as raison... C'est comme les pigeons. J'aimerais bien faire un bisou à Augure. Mais un bisou simple, hein, pas un bisou de l'amour. Je l'aime aussi, mais c'est quand même un pigeon.
-Je vous jure... Qu'as-tu donc avec les pigeons ? »
Il n'obtint bien sûr pas la moindre réponse. Grell sourit à Emma et s'amusa à demander, curieuse de voir sa réponse :
« Et au fait... Lequel embrasse le mieux ?
-Oh, ch'ai pas, y a trop de blonds... » répondit la brune d'un air à moitié endormie.
La rousse éclata de rire et insista un peu. Emma obligea bientôt les Phantomhive et Éric à sortir de sa chambre pour répondre. Quant à Ronald, il eut droit à toute une théorie des plus étranges :
« Par contre, Ronnie peut rester à moitié, vu que c'est qu'une moitié de blond. Mais il écoutera qu'à moitié. Y a que son côté brun qui peut écouter, sinon, j'sais pas du tout... C'est très important, les blonds, ça empêche de réfléchir... »
L'Écossais dut ainsi se placer dans le cadre de la porte, en partie dans la pièce, en partie dans le couloir. Emma y tenait absolument et était à deux doigts de pleurer s'il ne le faisait pas et si un seul blond restait dans la chambre. Exaspéré, William avait demandé à ce qu'on en finisse au plus vite.
« C'est Ronnie, avoua alors Emma. Il est gentil, il se laisse faire ! C'était un vrai bisou de l'amour. Mais William, c'est dur de savoir. C'était trop rapide, faudrait réessayer. Tu veux bien dis ?
-Je vous jure...
-Mais... Mais...
-Bonjour ! fit un médecin en entrant. Je suis l'anesthésiste, je...
-AAAH ! hurla de terreur Emma. UN BLOND ! Je veux pas de blond, je peux pas penser quand y a des blonds !
-Ne vous inquiétez pas, fit l'homme plutôt étonné, vous n'aurez pas à penser pour le moment...
-Ah bon ? Alors je veux bien des blonds.
-Tu vas l'embrasser, aussi ? rit Grell.
-Nan, il est trop vieux ! Les Shinigami, c'est pas pareil, on dirait des jeunes. Mais les vieux, je veux pas. Et puis je vous aime pas, vous faites des piqûres, monsieur l'antésite.
-Anesthésiste, mais c'est pas grave.
-Pareil...
-N'y faites pas attention, soupira Clémence. La morphine l'a complètement défoncée...
-Je vois ça ! »
Le médecin emmena alors Emma. Dans le couloir, tous les blonds patientaient. Arrivée à la hauteur de Richard, la brune demanda à ce qu'on arrête le lit. Sans prévenir, elle attrapa le jeune homme par le col et le baissa jusqu'à elle pour l'embrasser aussi.
« Bah ! C'est quand même Ronald le meilleur... » commenta-t-elle sous les éclats de rire du concerné.
.oOo.
Undertaker regardait Yuki s'éloigner par la fenêtre de sa chambre d'hôtel. Chose rare, le Shinigami déserteur était dans une colère noire. L'autre Kami avait réussi à l'énerver. Le rire de Kayden ne l'aidait pas à se calmer en plus. Contrairement à ce qu'il avait pensé, Yuki ne s'était pas défoulé sur le Noir mais bien sur lui. Il l'avait massacré et avait passé ses nerfs de cette manière, avant de s'expliquer, de voir les détails des prochains jours puis de partir comme il était venu.
Heureusement, pensa l'argenté, il n'y était pas allé avec sa Faux de la Mort où il aurait été capable de lui crever un œil.
L'aborigène continuait de rire comme il n'avait jamais ri en repensant à ce qui s'était passé. Undertaker lui jeta un regard noir, vexé de le voir ainsi. Il ne dit cependant rien, sachant pertinemment que les rôles étaient d'ordinaire inversés. Il refusait de donner à Kayden l'occasion de dire qu'il l'avait bien mérité.
Une sonnerie de portable retentit, donnant l'occasion à Undertaker de détourner l'attention de ce qui venait de se produire. Il lut rapidement le message et déclara à l'Australien :
« J'ai l'adresse exacte des Phantomhive. Ils sont à Aix-en-Provence et apparemment quelqu'un est blessé et à l'hôpital. Une des Humaines. Je ne sais pas si ça nous servira, mais bon...
-Vous voulez toujours les récupérer ? Les Phantomhive, je veux dire, demanda Kayden en essuyant ses larmes de rire.
-Non, ils seront sûrement mieux avec les Traqueurs. Mais j'aimerais voir le comte pour discuter de la suite et surtout de William.
-Ça va être dangereux.
-Il va falloir surveiller l'appartement où ils sont et trouver le bon moment.
-Yuki ?
-Non, je préfère qu'il s'occupe du problème Samaël. Nous allons le faire nous-même en instaurant des roulements.
-Ça ne va pas être très discret, remarqua Kayden.
-Nous utiliserons nos dons, les Shinigami d'aujourd'hui ne seront pas capable de détecter l'utilisation de la perception.
-Je ne peux pas l'utiliser avec autant de précision que vous et encore moins à la distance où vous le faites.
-Tu en sais assez pour ce que nous allons faire. Ce n'est pas la peine de savoir où ils sont au millimètre près !
-D'ailleurs, pour les surveiller plus facilement, ne pourrait-on pas utiliser quelqu'un qui serait bien plus proche d'eux, sans risque ?
-Ce serait trop dangereux pour Richard, s'il se fait prendre, je ne sais pas ce qu'il se passera, contredit Undertaker.
-Qui a dit que je parlais d'un Humain ? répliqua Kayden dans un léger sourire. Ce pourrait-être un voisin, indétectable, même par un Shinigami ou un Démon... »
Un large sourire se dessina sur le visage de l'argenté.
« Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ! Kayden, les affaires reprennent. Tu es un génie... Mais nous les surveillerons quand même de notre côté, au cas où. »
.oOo.
Pendant ce temps, Yuki s'éloignait le plus rapidement possible de l'hôtel où résidait pour le moment Undertaker. Bon sang ! Qu'est-ce qu'il le détestait, finalement ! L'argenté avait d'abord sauvé cette satanée rousse en la prenant dans ses bras, il n'avait même pas eu le courage de venir le chercher en personne à la sortie des locaux du secteur du Gard... Il avait osé lui envoyer Kayden. Yuki avait dû prendre sur lui pour ne pas étriper ce dernier et attendre d'avoir Undertaker en face de lui.
Que ça avait été jouissif de passer ses nerfs sur lui !
Certes, Yuki n'était d'ordinaire pas sadique, mais il fallait avouer que, parfois, ça faisait du bien. Le défigurer un peu était rien face au fait qu'il ait pris une autre personne que lui dans ses bras.
En plus, à peine arrivé qu'il devait repartir. Trouver ce fichu Samaël et trouver une excuse valable à sa présence ici. Parce que oui, Undertaker pensait qu'il était simple pour Yuki de voyager de pays en pays sans que personne ne se pose de question.
Bien, il serait quitte pour une nouvelle métamorphose. Dommage, il aimait tant sa véritable apparence qui sublimait en plus ses magnifiques yeux phosphorescents !
.oOo.
Dans la salle d'attente, les Shinigami et les Humains avaient été rejoint par les parents d'Emma et son demi-frère de neuf ans, Thomas, qui étaient arrivés environ une heure et demi après le coup de fil de Clémence. La brune était dans la salle d'opération depuis un temps interminable. Ça devait bien faire quatre heures qu'elle était là bas pour sa greffe du pied. Tous espéraient des nouvelles d'elle au plus vite. Même s'ils savaient très bien qu'elle ne mourraient pas, hormis Michel et Maria, ils n'avaient aucun moyen de savoir si ça allait réussir et dans quel état elle sortirait de là. Quant à Thomas, il pleurait en silence, ayant peur de perdre sa grande sœur. Il était en plus intimidé par les Shinigami, surtout William, qu'il n'avait encore jamais rencontré. Il était en effet chez son père au Jour de l'An.
C'est alors que le chirurgien vint les trouver. Les parents et Clémence lui sautèrent dessus pour en savoir plus. Le cœur de la jeune femme se serra douloureusement de stress et d'inquiétude quand elle vit le visage grave du médecin.
Prochain chapitre : Nouveau départ ?
Une excursion dans les champs, Alexander qui se plaint (pour changer...) et une rencontre fortuite...
A bientôt !
