Et voilà le chapitre au titre étrange ! J'espère qu'il vous plaira. ^^ Ce qu'explique Emma sur le site VDM est la vérité. Je veux dire, l'idée nous est venue de là à ma bêta-lectrice et moi. ^^
J'espère que vous avez tous passé un joyeux Noël !
Bonne lecture !
CHAPITRE XXI : GANDALF LE BLOND
Quand William toqua à la porte et qu'Alan alla lui ouvrir, le patron eut a surprise de voir un inconnu dans le salon, en train de rire avec Éric et Clémence. Alexander achevait ses exercices de Français, légèrement réconcilié avec le programme de Quatrième quand le professeur leur avait donné à lire une pièce de Sophocle. Cela ne valait certainement le très excellent Madame Bovary de Flaubert selon lui, mais c'était toujours mieux que ce à quoi il s'était attendu.
« Qui êtes-vous ? interrogea William.
-Jérôme Martin, se présenta le voisin. Et vous ?
-William T. Spears.
-Ah ! Vous devez être un des correspondants anglais de Clémence et Emma !
-C'est cela-même. Que faites-vous ici, Mr Martin ?
-Son nom de famille, ce n'est pas Jérôme ? renifla Alexander de mépris.
-Non, Martin. Mon prénom est Jérôme.
-Voilà tout l'avantage des noms à particule : on sait forcément où est le nom de famille au cas où ce soit aussi un prénom.
-Ça suffit maintenant, intima Alan. Sinon je me débrouille pour te coller jusqu'à la fin de l'année.
-Pfff... Les punitions françaises sont vraiment d'une inutilité flagrante, d'autant que vous serez obligé de rester au collège également. À Weston, en revanche...
-Dans ce cas, tu pourras considérer que tu as cent Y et nous veillerons à ce que tu fasses ce qu'il faut. »
Le frère du comte se mordit les lèvres. Mille poèmes en latin, ça commençait à faire vraiment beaucoup... Jérôme se mit à rire en voyant son air outré.
« Vous n'avez toujours pas répondu à ma question, remarqua William.
-Oh ! Oui, excusez-moi... Je suis votre nouveau voisin, au trois cents sept. Je suis venu me présenter, c'est la moindre des choses pour avoir de bonnes relations de voisinage. Vous ne croyez pas ?
-Je vous jure... »
Il ne rajouta pourtant rien : il était inutile de s'attirer les foudres de leurs voisins et de se faire remarquer. Sørensen et Schreiber ne seraient pas contents de devoir couvrir un simple problème de voisinage. Il préféra se rendre dans la chambre d'Emma afin de profiter de son bureau et de compléter son rapport journalier pour les Traqueurs, même s'il n'avait rien de nouveau à dire.
« Wi... William ?
-Emma, tu es réveillée ?
-Oui. Est-ce que tu pourrais m'aider à m'asseoir dans ma chaise s'il te plaît ? Je ne veux pas me faire mal au pied...
-Es-tu encore sous morphine ? se méfia-t-il.
-Euh... Non, pourquoi ? Enfin, elle me fait assez effet pour que je n'ai pas mal, mais pas plus...
-Tant mieux. »
Bientôt, Emma rencontra à son tour le nouveau voisin. Celui-ci se révéla un excellent compagnon toujours enjoué et sympathique.
Vers vingt heures passés, Ronald, Grell et Richard arrivèrent enfin. En effet, on leur avait rajouté un cours magistral à rattraper ce jour-là. Heureusement, c'était exceptionnel ou la flamboyante Shinigami aurait assassiné toute l'administration de la fac et les profs avec. Elle se demandait bien ce qu'avait d'intéressant un cours sur l'histoire des vignobles provençaux. Quant à remonter au Paléolithique... Même les Shinigami n'étaient guère évolué à cette époque et fauchaient encore avec des Silex de la Mort ! À ce qu'on disait, il fallait taillader un nombre incalculable de fois les Lanternes cinématiques avec avant de réussir à les couper... Elle jeta un coup d'œil à William et l'imagina avec des cheveux et une barbe hirsutes, habillé de peau de bête et brandissant une lance plantée d'une pierre taillée. Elle se mit à rire toute seule, sans que les autres comprennent pourquoi. Jamais, auparavant, elle aurait pu imaginer son cher Willou ainsi, mais c'était une sorte de vengeance intérieure qui lui faisait du bien.
« Qu'est-ce qui te fait rire comme ça ? s'étonna Alan.
-Hu hu hu ! Oh rien... Laisse tomber.
-Ça s'est passé comment avec Druitt ? demanda Clémence. Vous l'aviez aujourd'hui, non ?
-M'en parle pas, grogna la rousse. Il est atroce et tu n'imagines pas à quel point j'ai envie de le tronçonner.
-Qui est-ce ? demanda Jérôme qui était toujours là à discuter.
-Un prof, répondit Ronald depuis le canapé neuf. Au fait, ça a été avec ton directeur de recherche ?
-Oui, super ! On a rapidement parlé de mon travail, mais c'était surtout pour mon stage. Il m'en a trouvé un génial ! s'enthousiasma Clémence, installée sur les genoux de son Écossais. Un mois dans les réserves du DRASSM ! Et je commence lundi prochain. Normalement, ça ne va pas aussi vite, mais ils cherchaient deux personnes pour les aider aux inventaires et j'y vais avec un gars de ma promo.
-Le quoi ?
-DRASSM, rit la jeune femme. Le Département de Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines. Je rêverais d'y entrer et de devenir archéologue sous-marin.
-Tu plonges ?
-Non, il faut d'abord que je règle mon problème de mal de mer. » grommela-t-elle.
Ronald éclata de rire avant de regarder le front de la jeune femme.
« Tu as bien réussi à cacher ton bleu avec le font de teint, remarqua-t-il.
-Oui, enfin... Une amie de la fac que j'ai rencontré par hasard m'a quand même demandée ce que je m'étais fait. Quand je lui ai dit que c'était à cause de mon copain et elle a eu l'air de croire que tu me frappais.
-Lui ? ricana Éric. Faire du mal à une femme ? Ça se voit qu'elle ne le connaît pas... Il ne leur fait que du bien...
-J'espère que tu as démenti, sourit Ronald.
-Non, je trouvais drôle qu'elle pense que je sortais avec un homme violent et sadique ! ironisa-t-elle.
-Et vous faites quoi, dans la vie, Jérôme ? interrogea Richard.
-Programmateur en informatique. Ça me permet de travailler chez moi, c'est plutôt sympa. Et vous ?
-Je suis étudiant en as-stoire, bégaya-t-il.
-En quoi ?
-Histoire, pardon, ma langue a fourché, se reprit-il.
-Ah, ça doit être intéressant !
-Si on veut...
-Oh ! fit tout à coup Jérôme en regardant l'heure. Je n'avais pas vu l'heure !
-Il est... Quoi, déjà ?! s'écria Éric en tournant à son tour les yeux vers l'horloge du salon. Je n'ai pas vu le temps passé !
-Moi non plus ! reconnut Alan.
-Ça passe vite quand on discute, nota Clémence.
-Bon, je ne vais pas plus vous embêter dans ce cas ! s'excusa le voisin. Merci de votre accueil en tout cas.
-Je vous en prie !
-Au revoir ! À bientôt !
-À bientôt ! »
Jérôme serra la main de tout le monde et fit la bise aux trois femmes. Richard lui tendit la sienne. Le voisin l'attrapa sans hésiter et le regarda droit dans les yeux d'une étrange manière. Cependant, personne n'y fit attention, hormis le comte. Quand l'homme fut rentré chez lui, Richard s'éclipsa pour aller aux toilettes. Une fois seul et loin des regards, il déplia le papier que lui avait glissé Jérôme, légèrement anxieux.
Reconnaissant l'écriture de Kayden Tjinmin et non celle de Sebastian ou d'Amber comme il l'avait craint un instant, il put souffler de soulagement.
Monsieur le comte,
Je vous passe ce mot par l'entremise de Jérôme pour que vous sachiez qu'il est de notre côté. Si vous avez le moindre problème, allez le voir immédiatement et nous serons au courant. N'envoyez plus de message à Undertaker, cela serait trop dangereux si les Traqueurs s'en rendaient compte. Moins nous aurons de contact, mieux cela vaudra. Dès que nous en aurons l'occasion, Undertaker ou moi viendrons vous voir pour parler de la suite des événements.
K.T
Richard eut un maigre sourire. C'était tout de même rassurant de savoir qu'Undertaker et Kayden pensaient à eux et étaient toujours près à les aider. Il déchira le mot et jeta les bouts dans les W.C avant de tirer la chasse.
Il se rinça les mains pour la forme puis sortit rejoindre les autres pour le dîner, cette fois préparé par Éric. Tandis qu'il s'asseyait, il croisa le regard d'Alan qui prenait ces médicaments. Et Richard fut tout à coup frappé par l'évidence. Jérôme Martin avait des yeux marrons tirant fortement sur le vert. Les Shinigami étaient incapables de modifier totalement la couleur phosphorescente de leurs pupilles.
.oOo.
Pendant que Grell se limait les ongles en vue de se les vernir ensuite de carmin et que Richard s'occupait en résolvant diverses équations afin de trouver la place exacte d'Antarès dans le ciel de l'an 9 000 après Jésus-Christ, Ronald toqua à la chambre d'Emma. Clémence était partie faire signer ses conventions de stage à l'Estaque, près de Marseille, et il voulait en profiter pour parler à sa colocataire.
« Tu t'en sors ? demanda le Shinigami à l'Humaine.
-C'est plus facile quand William m'aide à traduire, mais ça va. De toute façon, ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent alors je finis par les connaître.
-Dis-moi, je... Je voulais te parler.
-Oui vas-y, prends ma chaise. Je ne risque pas de l'utiliser avant un moment... plaisanta-t-elle.
-Merci, fit-il en s'asseyant. Bon, je ne vais pas tourner autour du pot. Est-ce que tu sais pourquoi Clémence ne veut pas coucher avec moi ? J'ai tenté deux ou trois fois, mais elle refuse alors je ne veux pas trop insister... Mais bon... Voilà, quoi.
-Euh... Ouiiii... »
Emma fut profondément surprise qu'il vienne lui parler de ça. Ce n'était certainement pas le genre de conversation à laquelle elle s'attendait.
« Ben, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Ça semble logique, non ?
-Logique ?
-Je sais pas, ça fait qu'une semaine que vous êtes ensemble, l'appartement est surchargé et je comprends que ça la gêne vraiment. Et puis bon, tu es quand même son premier copain alors pense que ça sera sa première fois.
-Hein ?
-Tu croyais quoi ? Elle s'est concentrée sur les études et n'a jamais eu de chance avec les garçons.
-Comment tu voulais que je le sache ? Elle ne me l'a pas dit.
-Pfff... Franchement... soupira-t-elle. Quoi qu'il en soit, je la comprends. Je pense qu'elle s'inquiète quand même un peu.
-Mmh... Je s...
-Tu sais quoi ? coupa soudainement Emma avec un sourire éclatant. Je sais exactement ce qui la rassurerait.
-Ah bon ?
-Tu sais qu'elle est fan du Seigneur des Anneaux.
-Oui, je l'ai compris, elle a une affiche dans sa chambre, à côté de celle de James Bond.
-En fait, je suis sûre qu'elle n'osera jamais te le dire, mais elle fantasme sur Gandalf. Ça l'aiderait sûrement beaucoup si tu faisais un cosplay. Tu vois ce que je veux dire ? »
Ronald la regarda comme s'il venait de voir Sebastian, William et Undertaker en train de boire un coup ensemble dans un bar et de rire à gorge déployée.
« P... Pardon ?!
-Il y en a qui fantasment sur les plombiers, elle, c'est sur les magiciens blancs, surtout Gandalf. C'est tout.
-C'est une blague je suppose ? se mit à rire Ronald. Je veux bien qu'elle fantasme sur Aragorn ou Legolas, beaucoup de filles le font d'après ce que j'ai pu voir, mais Gandalf... Ou James Bond plutôt, elle adore James Bond...
-C'est exactement pour ça qu'elle n'osera jamais te l'avouer, soupira la brune.
-Allez, c'est pas possible... Tu rigoles.
-J'en ai l'air ? Tu crois vraiment que je plaisanterais sur un tel sujet ? »
Le regard menaçant d'Emma sembla lui dire que s'il osait remettre en cause la vérité, elle le truciderait sur place. Il se rendit à l'évidence. Après tout, chacun avait les goûts qu'il voulait...
« Bon... Ben merci pour ton aide, répondit-il en se levant. Je vais y réfléchir.
-Ravie d'avoir pu t'aider ! »
Alors qu'il sortait pour retourner au salon où Richard avait fini par remplir un cahier de chiffres, de paraboles et autres ellipses et en commençait un nouveau, Grell s'avança dans la chambre d'Emma avec un air dubitatif. Elle venait de finir de vernir ses ongles d'un sublime rouge coquelicot que la brune identifia comme le Die another day d'OPI.
« Tu as piqué du vernis à Clémence ?
-Oui, elle m'a dit de piocher dans ses rouges, expliqua-t-elle en fermant la porte derrière elle. Faut que je m'en rachète, je n'en ai plus. Dis, Clém' fantasme vraiment sur Gandalf ?! Bon, je ne dis pas que le personnage est sympa et puissant, mais quand même ! Quand il y a des beaux mâles à côté comme Aragorn ou... »
Emma éclata de rire à la grande surprise de Grell.
« Bien sûr que non ! Ça va pas la tête ? C'est juste que j'ai trouvé une VDM où un mec se déguisait en Gandalf pour coucher avec sa copine. Je trouvais drôle de faire croire à Ronald que c'était un fantasme de Clémence. Le pire, c'est qu'il y a vraiment cru. »
La rousse se mit à rire à son tour avant de féliciter Emma pour ses talents d'actrice.
.oOo.
Clémence, dans un bleu de travail gris, annonça les dimensions de l'amphore rhodienne dont elle s'occupait. L'autre stagiaire enregistra les données. La femme qui était à leurs côtés et prenait des photographies de carafes modernes et joliment vernis releva la tête et regarda l'heure.
« Clémence, Luis, vous pouvez tout ranger, annonça-t-elle dans un sourire. Vous avez fait du bon travail. Demain je vous rappelle qu'on est mercredi et que je ne travaille pas. Comme je suis votre tutrice de stage, c'est la même chose pour vous.
-Ah oui, c'est vrai, se souvint la jeune femme. J'avais complètement oublié... Ces deux jours sont passés très vite ! »
Le gardien arriva sur ce et, avisant la stagiaire, se dirigea vers elle.
« C'est bien vous, Clémence Curiel ?
-Oui pourquoi ?
-Il y a un jeune homme qui est là et qui vous réclame.
-Ah bon ?
-Vas-y, il n'y a pas grand chose à ranger, on s'en occupe. » autorisa la tutrice.
La jeune femme se rendit dans le hall d'entré du dépôt archéologique et vit Ronald. Elle eut un cri de joie et voulut l'embrasser, mais il se déroba en s'excusant :
« Désolé, mais tu es toute poussiéreuse...
-Oh ! Oui, attends. »
Elle enleva son bleu pour se retrouver en jean et en pull rouge. Ronald la prit alors contre lui pour l'embrasser.
« Qu'est-ce que tu fais là ? interrogea-t-elle.
-Petite surprise, je suis venu te chercher et on sort ce soir !
-Quoi ?! On passe par l'appartement j'espère ! Je ne sors pas habillée comme ça !
-Ne t'inquiète pas, Grell et Emma t'ont préparé tout ce dont tu as besoin, tu te changeras à l'hôtel.
-L'hôtel ?
-On peut bien avoir une petite soirée rien que pour nous ! Éric et Alan en ont bien pris une, samedi.
-Et elles ont fouillé dans mes affaires ? grogna-t-elle.
-Non, elles ont pris ce qu'il y avait à toi sur le sèche-linge et elles ont préparé ton maquillage. Ça te va ?
-Elles ont pensé à me mettre des talons ? Ici, je suis obligée d'avoir des baskets, mais...
-C'est la première chose à laquelle Grell a pensé, tes talons. »
Clémence rit et lui proposa de lui présenter Mélanie, sa tutrice, et Luis, l'Espagnol de sa promotion qui faisait le même stage qu'elle. Après avoir fini de tout ranger et avoir reçu l'approbation du gardien pour laisser sa voiture sur le grand parking sécurisé du dépôt jusqu'au jeudi, la jeune femme put monter dans la voiture de l'Écossais. Elle entreprit de lui raconter avec passion toute sa journée dans les moindres détails, jusqu'à ce qu'il se mette à rire :
« Tu es un vrai moulin à paroles ce soir !
-Pfff... J'te jure ! C'est Luis ! Il est immonde. Je n'ai jamais vu quelqu'un parler aussi peu. J'ai à peine entendu le son de sa voix. J'ai bien essayé d'engager la conversation, mais c'est impossible, dans n'importe quelle langue d'ailleurs. Du coup, quand Mélanie n'est pas avec nous, je passe des heures sans prononcer un mot. Alors je suis désolée, mais je me rattrape avec toi !
-Ne parle pas la bouche pleine quand on sera au restaurant, taquina-t-il.
-Tu m'emmènes où d'ailleurs ?
-Curieuse ! Tu verras bien. »
Après un trajet où ils eurent tous les embouteillages possibles, entre les Milles et Aix-en-Provence, ils durent tourner un bon moment avant de trouver une place dans un des multiples parkings sous-terrains du centre ville.
Le Shinigami prit galamment la valise de l'Humaine, se demandant bien pourquoi Emma et Grell s'étaient senties obligées de la remplir à ce point pour seulement une nuit passée à l'hôtel. Ils parvinrent bientôt à ce dernier. Ils se retrouvèrent dans un joli hall d'entrée à l'ambiance feutrée et se dirigèrent aussitôt vers la réceptionniste.
« Bonjour ! salua l'Écossais. Nous avons une réservation.
-À quel nom s'il vous plaît ?
-Knox. »
Elle regarda un instant dans le registre avant de prendre une clef et de déclarer :
« Soyez les bienvenus chez nous. Tenez, vous avez la chambre numéro vingt.
-Merci beaucoup ! »
Le couple monta à l'étage pour s'installer. Clémence fila aussitôt à la salle de bain, déclarant qu'elle allait se préparer.
« Tu as le temps, il n'est que six heures et demi, lui fit remarquer celui qu'elle aimait. On ira manger qu'à huit heures.
-Justement, j'aurais bien le temps de faire ce que je veux. » sourit-elle.
Elle disparut ainsi sous la douche où elle en profita pour se laver les cheveux. Quand elle sortit, elle se rendit compte qu'elle ignorait quelle tenue lui avait mis les deux femmes dans son sac. Elle regarda et se rendit compte qu'il s'agissait de sa belle robe de soirée noire qui lui tombait juste au dessus des genoux. Une paire de collant couleur chaire, ses escarpins noirs... Bon, tout ça se trouvait dans son armoire et non sur le sèche-linge, mais elle ne leur en voulait pas, elles avaient eu parfaitement raison.
Elle décida de relever ses cheveux en un élégant chignon, laissant une mèche tomber sur son visage. Elle fouilla ensuite dans le maquillage. Autant elle avait tous ses fards à paupière qu'elle ne trouva que le Ronnie Red en rouge à lèvres.
« Tsss... J'te jure ! s'écria-t-elle.
-Un problème ? demanda Ronald à travers la porte.
-Le Ronnie Red, c'est une blague ?
-Non ! rit son petit-ami. Tu ne l'as jamais porté et j'aimerais bien voir ce qu'il donne ! Tu vas le mettre ?
-Bah, c'est pas comme si j'avais le choix de toute manière. »
Après avoir réalisé un beau trait de liner dans un style rétro, elle soupira et mit le rouge à lèvre. Elle se regarda un instant. En définitive, ce framboise était vraiment magnifique...
« Tu as bientôt fini ? J'aimerais pouvoir me laver aussi, s'il te plaît...
-Hein ? Oh ! Oui, je sors. »
Elle enfila ses lunettes et quitta la salle de bain et se retrouva face à Ronald.
« A... Alors ? »
Il l'admira un instant avant de déclarer :
« Tu es très belle comme ça.
-Merci, rougit-elle.
-Mais je ne vais plus oser t'embrasser avec un aussi beau rouge à lève, plaisanta-t-il.
-Imbécile... »
Alors qu'il passait devant elle pour prendre sa place, elle sauta sur lui, attrapa son cou et plaqua ses lèvres sur sa joue pour l'embrasser. Elle se retira en riant, lui laissant la marque du Ronnie Red comme vengeance.
.oOo.
Clémence avait passé son long manteau rouge par dessus sa robe, grelottant de froid. Bien sûr, ni Grell ni Emma n'avaient pensé à lui mettre l'écharpe qu'elle avait oublié en partant le matin. Elle s'était donc calée dans les bras de Ronald pour trouver un peu de chaleur. Elle fut bien contente de retrouver l'hôtel et son chauffage.
« J'ai passé une excellente soirée, souffla-t-elle pendant qu'il ouvrait la porte de la chambre. Merci...
-Le film t'a plu ?
-C'était particulier, mais je l'ai adoré.
-J'avais bien pensé t'emmener danser, mais aux vues de tes performances, sourit-il avec un clin d'œil, je me suis dit qu'il ne valait mieux pas. »
Clémence éclata de rire avant de rajouter que l'absence de Grell et Richard lui aurait tout de même évité un nouvel accident. Ronald ouvrit la porte et la laissa galamment passer avant de la suivre et de la trouver complètement étalée sur le lit.
« Tu dors habillée ? s'amusa-t-il.
-J'ai enlevé mes escarpins ! se défendit-elle sur le même ton. Non, c'est que je me disais depuis qu'on était arrivé que ce lit avait l'air très confortable.
-Verdict ? interrogea-t-il en enlevant sa cravate.
-Il l'est ! »
Il lui sourit et s'allongea à ses côtés.
« En effet. »
Il l'attrapa par la taille et la colla contre lui pour l'embrasser. Comme elle se laissa faire, il passa sa main sur ses hanches puis ses fesses. Clémence se raidit à son contact mais ne dit rien. Cependant, quand il descendit sur ses jambes pour remonter le long de ses cuisses, sous sa robe, elle eut le réflexe de s'écarter légèrement de lui.
« Clém', chuchota-t-il d'un ton rassurant, tu sais que si tu ne veux pas, je...
-Je sais. » rougit-elle.
Cependant, bien que nerveuse, elle se rapprocha à nouveau de lui. Il l'embrassa doucement avant de s'occuper de sa mâchoire et de son cou, tout en continuant à effleurer ses jambes. Pourtant, même si il lui sembla qu'elle acceptait d'aller plus loin, Ronald la sentit clairement se crisper de plus en plus.
Cette fois, ce fut lui qui s'écarta, repensant à ce que lui avait dit Emma.
« Qu'est-ce que... ? s'étonna Clémence.
-Je suis désolé, je ne peux vraiment pas, s'excusa-t-il.
-Oh, fit la jeune femme en se mordillant les lèvres, persuadée que c'était de sa faute. Je suis désolée. Je peux essayer de me détendre, mais c'est... C'est ma première fois et...
-Non, non, ne t'excuse pas, soupira-t-il. C'est moi qui aurait dû faire ce qui fallait, mais je n'ai vraiment pas pu. Ça aurait été pourtant simple, surtout pour un Shinigami, mais c'était tellement... étrange, on va dire, que je n'ai pas pu, c'est tout. »
Un air de profonde incompréhension passa sur le visage de Clémence.
« Euh... Qu'est-ce qui était étrange ?
-Bah... Tu sais bien.
-Non, je ne vois vraiment pas de quoi tu parles.
-De... De tes fantasmes.
-Hein ?! s'écria-t-elle, plus perdue que jamais. Quels fantasmes ? De quoi tu parles ?
-Écoute, je sais que tu ne voulais pas m'en parler, sûrement par peur de paraître ridicule ou que je me moque de toi ou de n'importe quoi d'autre mais... je suis au courant.
-Ro... Ronnie, tu es sûr que ça va ? Je ne comprends rien à ce que tu dis. Je te l'ai dit, je ne vois vraiment pas de quoi tu parles, ni de quel fantasme... Je... Je vois pas où tu veux en arriver.
-Ok, fit-il dans un soupir. Je veux en arriver à Gandalf. »
Il la regarda droit dans les yeux. Clémence cligna plusieurs fois, dans un état de total incompréhension. Plus il essayait de lui expliquer ce qui n'allait pas, moins elle comprenait. Elle commençait même à se demander s'il était totalement sain d'esprit.
« G... Gandalf ? Quel est le rapport avec Gandalf ?! Pourquoi tu me parles du Seigneur des Anneaux tout à coup ? »
Elle se demanda un instant si les Shinigami supportaient l'alcool. Ronald et elle avaient en effet bu un ou deux verres de vin rouge. Pourtant, elle se souvint que, dans Black Butler, Ronald buvait une pinte de bière sans que ses propos deviennent sans queue ni tête et sous-entendait qu'il buvait régulièrement du champagne.
« Ce n'est pas la peine de nier, insista-t-il. Je ne te juge pas. On peut chacun avoir des fantasmes plus ou moins bizarres. Si le tien c'est Gandalf, je ne te jugerais pas. Mais voilà, ce que je dis, c'est que je n'ai pas pu faire ce cosplay. »
Clémence resta bouche bée avant de s'exclamer :
« Hein ?! Mais attends... Depuis quand je fantasme sur Gandalf ?! Tu es complètement cinglé ! Ça va pas la tête ?!
-C'est Emma qui m'a dit que tu...
-Emma ?! »
Comprenant tout à coup que son amie avait voulu faire une blague à Ronald, Clémence éclata de rire sous le regard interloqué de ce dernier. Le fou rire la prit et les larmes coulèrent sur son visage, emportant un peu de son maquillage.
« Tu... tu as... vrai... vraiment cru que... que je pouvais... ? hoqueta-t-elle, incapable de finir sa phrase. G... Gandalf ! Mais qu'elle est con celle-là ! »
Le blond atterrit tout à coup. Emma s'était payée sa tête et il avait marché. Il avait même couru. Complètement dépité et honteux d'être tombé, lui, Ronald Knox, dans un tel piège, il regarda Clémence rigoler à en pleurer. Lorsqu'elle finit plus ou moins par se calmer, elle se releva légèrement et, essuyant ses dernières larmes, ne put s'empêcher d'interroger :
« Alors Gandalf le Gris ou le Blanc ?
-C'est vraiment pas drôle, grogna-t-il.
-Ah je sais ! Tu es Gandalf le Blond ! »
Il lui jeta un regard noir, vexé.
« Allez, tu ne vas pas faire la tête ? s'amusa sa petite-amie. C'est plutôt marrant, même si c'est stupide que tu ais cru à truc aussi gros.
-Je vais la tuer.
-Mais non, tu aurais des problèmes avec William, les Shinigami ne peuvent pas tuer les Humains, rit-elle.
-Alors je ferais en sorte qu'elle n'utilise plus jamais son pied.
-Avoue surtout que tu es bête d'avoir cru à ça. Mais je te remercie quand même de ne pas l'avoir fait. »
Elle l'embrassa amoureusement avant de poser sa tête sur son épaule.
« Tu sais, murmura-t-elle en retrouvant son sérieux, je suis surtout nerveuse parce que c'est ma première fois et que j'ai aussi peur de te décevoir.
-Ne t'inquiète pas, tout se passera bien.
-Oh je sais ! éclata-t-elle à nouveau de rire. Tout va bien avec Gandalf le Blond ! »
Il eut un léger sourire ironique avant de l'embrasser et de la faire basculer sur le dos.
Prochain chapitre : "Un rêve éveillé".
Des questions indiscrètes, la pire faute professionnelle existante pour un Shinigami et Emma apprenant brutalement ce qui se passe quand elle est sous morphine...
