Salut tout le monde !

Et voilà un nouveau chapitre ! Le prochain devrait sortir ce weekend. Je vous gâte, hein ? X'D
Vous devez remercier Momo0302 qui malgré son stage a corrigé deux chapitres d'un coup. ^^

Bonne lecture !


CHAPITRE XXV : SENTIMENTS ?

Un réveil retentit. Richard ouvrit les yeux et se tourna sur le côté pour l'éteindre. Il resta un moment silencieux, fixant le plafond. Il espérait de tout son cœur que Jérôme avait entendu la dispute de la veille, ce qui était fort probable, et avait prévenu Undertaker et Kayden. Il sentit une colère sans nom en repensant à son frère qui n'avait pas hésité à trahir leur protecteur. Il avait d'ailleurs tout simplement refusé de dormir avec lui et avait échangé sa place avec Grell, William tenant à rester à ses côtés pour le surveiller, même la nuit.

Le comte avait ainsi très peu dormi, Emma souffrant trop pour ne pas empêcher les autres de dormir.

Il se décida à se lever, se souvenant tout à coup qu'il devait aller à l'université parce que Céline avait décidé de l'aider à travailler la méthodologie. Il n'avait absolument aucune envie de lui poser un lapin. Il eut pourtant un rire ironique en pensant à ça. Il était tellement loin des simples problèmes d'étudiant désormais... Tout ça lui paraissait si déplacé par rapport à ses propres problèmes... Ne pas comprendre un cours de méthodologie et craindre de ne pas passer en deuxième année de licence quand lui risquait, bien plus que sa vie, son âme. Quand son propre frère trahissait de la manière la plus abjecte l'homme qui les aidait depuis si longtemps...

En fait, c'était surtout pour la jeune femme qu'il y allait. Elle lui avait proposé gentiment de l'aider, il n'annulerait donc pas.

« Où allez-vous, comte ? demanda William en le voyant debout.

-Je suppose que je ne suis pas enfermé définitivement ici... Une fille de ma promo m'a proposé de me donner des cours de rattrapage alors je ne voudrais faire tomber ma couverture. Qu'en dites-vous ?

-Vous n'êtes ni assigné à résidence, ni en prison, comte. Cependant, Sutcliff et moi vous accompagnerons.

-Mais ça risque de...

-Je vous jure... Je le sais bien. Quand vous serez à la bibliothèque, nous serons là aussi, mais pas à votre table. De toute façon, ce n'est pas négociable, vous devez bien le comprendre.

-Je sais.

-Une dernière chose, comte. Ne croyez pas que je vous en veux pour hier. Je savais depuis le début les liens que vous aviez avec ce dissident.

-Il vous manquait juste une preuve, continua Richard en faisant comprendre que lui aussi était au courant. Vous faites juste votre travail. C'est normal.

-C'est exact. Vous êtes fidèle à celui qui vous a sauvé la vie. Même si je n'approuve certainement pas que vous protégiez un tel criminel, je peux comprendre.

-Pour que tout soit clair entre nous... N'espérez pas le moindre faux pas de ma part.

-Ce n'est pas le votre que j'attends.

-Undertaker n'en fera pas non plus.

-C'est ce qu'on verra. »

Bientôt, Richard, Grell et William prenaient le bus pour aller à l'université. Le comte n'avait pas accordé le moindre regard à Alexander qui avait toujours son pansement sur la joue. Il garderait sûrement une cicatrice due à la bague des Phantomhive.

Quand ils entrèrent dans la bibliothèque, Richard repéra aussitôt la chevelure brune de Céline parmi la foule. Il se dirigea vers elle, Grell et William restant à une distance raisonnable pour ne pas se faire repérer sans pour autant le perdre.

« Salut ! Ça va ?

-Ça va, répondit le comte.

-T'es sûr ? Ça n'a pas l'air... »

Tout va bien, pensa Richard avec ironie, je suis vu comme un criminel par les Shinigami, mon frère est une espèce de Judas du XXIième siècle, un Démon veut dévorer mon âme sur l'ordre de ma propre sœur, mais tout va pour le mieux !

« T'inquiète pas, soupira le blond. Je n'ai pas très bien dormi, c'est tout. C'est l'oral d'Anglais de cet après-midi qui me stresse.

-Ne t'en fais pas ! Tu as l'air super bon en Anglais, je suis sûre que ça se passera bien. »

Heureusement qu'il l'était, se dit le bouclé. Quand on parlait une langue depuis sa plus tendre enfance...

.oOo.

Grell gloussa en regardant William s'installer à la table en face de celle de Richard, un livre pris au hasard dans la main. Elle s'assit à ses côtés.

« AAAAAH ! Mon Willou ! Ça rappelle pas mal de souvenirs, n'est-ce pas ?

-De souvenirs ?

-Hu hu hu ! Une bibliothèque, des étudiants, nous deux... C'est comme du temps de l'Académie ! Quand on s'est rencontré !

-Je me serais bien passé de cette rencontre, Sutcliff. Maintenant, veuillez vous comportez comme n'importe quelle étudiante.

-Mais n'importe quelle étudiante aurait envie de se caler dans les bras de l'amour de sa vie et...

-Je pensais pourtant avoir été clair avec vous, coupa-t-il froidement. Je n'ai pas le moindre sentiment pour vous et en n'aurez jamais.

-J'ai compris que tu étais dans le déni, Willou... »

Elle se tortilla contre lui tandis qu'il soupirait exaspéré, se retenant difficilement de lui asséner un coup de Faux pour lui remettre les idées en place. Il ne fallait surtout pas se faire repérer.

« En tout cas, roucoula-t-elle, nous ne sommes pas les seuls amoureux ici... Richard me semble bien apprécier Céline.

-Je vous ai dit que...

-Un jour, mon Willou, gloussa-t-elle, tu reconnaîtras la vérité... »

.oOo.

« Tu as noté dans la base de données ce que je t'ai dit ?

-P... Pardon ? »

Clémence, le regard éteint, releva les yeux vers sa tutrice de stage. Mélanie la regardait avec un regard inquiet. Elle répéta sa phrase et la jeune femme, se mordillant les lèvres, fit ''non'' d'un simple signe de tête.

« Tu es sûre que ça va ?

-Eh bien en fait... »

Clémence ne put se retenir plus longtemps et éclata en sanglot. Incapable de dormir, elle n'avait fait que penser à Ronald et au fait que c'était de sa faute s'il avait été arrêté. C'était sûr et certain. Il devait la haïr désormais.

« Luis, va lui chercher un verre d'eau s'il te plaît. »

L'Espagnol s'empressa d'aller dans la cuisine de l'entrepôt sans un mot, laissant les deux femmes ensemble.

« Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as des problèmes ?

-Ça... Ça va aller. Je suis désolée, je...

-C'est à cause du garçon de la dernière fois ?

-Comment tu le sais ?

-Tu avais l'air très amoureuse. Et comme je vois que ça ne va vraiment pas...

-Oui c'est... C'est à cause de lui. Mais c'est trop compliqué pour en parler.

-D'accord. Ça va aller quand même pour le travail ?

-Oui ça va aller... »

Let the sky fall... When it crumble... Face it all... Together...

« C'est mon portable, commenta Clémence en attendant la sonnerie. Est-ce que je... ?

-Oui vas-y. C'est peut-être lui. »

Elle sortit son téléphone et fut déçue de voir que c'était Grell. Elle décrocha :

« Allo ?

-Clémence ? C'est moi. On a des nouvelles de Ronnie, je suppose que ça t'intéresse.

-Il va bien ? demanda-t-elle aussitôt. Il vous a appelé ?

-Non, ce sont les Gardes qui nous en ont donné. Mais il va bien, ne t'inquiète pas. Ils nous ont communiqué le jour où il passera en jugement.

-Et ?

-Ça ne sera pas avant le 16 avril.

-Dans quinze jours ?! Ils ont besoin de quinze jours pour débattre de son cas ?!

-Bienvenue dans l'administration Shinigami, Clém' ! Te plains pas, ils avaient mis un mois pour moi alors que les lois sont claires et nettes pour ce que j'avais fait.

-Et il deviendra quoi après ça ?

-Je ne peux pas te le dire... Mais garde espoir ! Il ne sera pas condamné à mort ! Ça, c'est une certitude. »

.oOo.

Alexander considéra sa feuille de contrôle d'un air méprisant. Les questions sur la pièce de Sophocle n'avaient pas le moindre intérêt selon lui. De toute manière, lire la pièce en Grec ancien, comme cela se faisait à Weston, aurait été plus constructif. Il répondit cependant rapidement à ce qu'on lui demandait et se mit à repenser à ce qui s'était passé la veille.

Il ne comprenait vraiment pas Richard. Quelle fidélité stupide et inutile ! Son frère s'accrochait à Undertaker comme si celui-ci les sauverait à nouveau. Mais c'était faux. Il les avait aidés quand il avait pu, maintenant il ne ferait plus rien pour eux. C'était logique : il n'allait pas risquer de se faire attraper par les Traqueurs pour les beaux yeux des Phantomhive. Dans ces conditions, autant collaborer avec leurs nouveaux protecteurs.

Le professeur de Français déclara que l'exercice était fini et qu'il allait donc le relever puis faire un corriger rapide.

« Tiens ! Première question, c'est Bastien qui va nous répondre. Tu nous lis la question puis tu nous dis ce que tu as répondu, s'il te plaît ? »

Alexander soupira tant devant l'emploie si vulgaire du tutoiement qu'à cause de la futilité de la leçon. Une fois qu'ils eurent fini, le professeur fit une annonce :

« Votre professeur d'E.P.S m'a chargé de vous rappeler que vendredi après-midi, sur vos deux heures de sport, auront lieu le cross annuel, à la Sainte-Victoire. Toutes les classes y participeront. Faites de votre mieux !

-J'ignorais que l'on faisait du cheval ici... commenta Alexander.

-C'est pas du cheval ! gloussa la pimbêche assise à côté de lui. Tu sais pas ce qu'est un cross ?

-Pour autant que je sache, c'est un parcours d'endurance à cheval sur divers terrains et avec des obstacles...

-Bah... Un cross, c'est une course à pied dans la nature.

-Mon dieu que c'est ignoble !

-Tu verras, c'est marrant ! Je suis nulle à ça, mais on rigole bien. Comme les profs nous surveillent pas tout le temps, t'es pas obligé de courir. Enfin... Faut pas se faire choper mais...

-Ignoble, coupa Alexander. Les surveillants viennent-ils aussi ?

-Les pions tu veux dire ? Oui, bien obligé ! grogna la fille. On est trop pour simplement les profs de sport. Pourquoi ?

-Pour rien. »

Tel qu'il connaissait Éric et Alan, ils ne le laisseraient pas se reposer dans la forêt. Il devait donc trouver une manière de ne pas participer à cette course digne des animaux de somme.

Lorsque le soir arriva et qu'ils rentraient enfin à l'appartement, il avait trouvé exactement ce qu'il fallait. Emma et William étaient sensés représenter ses parents en cas de besoin. Il allait donc demander à la jeune femme de lui signer un mot certifiant qu'il ne pouvait pas courir pour des raisons médicales. Il n'était pas dit qu'un Phantomhive s'abaisserait à une telle chose. Il alla donc immédiatement la voir dans sa chambre pour lui ordonner de signer le papier.

« Emma ?

-Alex ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

-Pour commencer, je tiens à rappeler que mon prénom est Alexander. Ensuite, je veux que tu me signes un papier afin que je ne participe au... hem... cross puisque c'est le mot employé ici, de vendredi. Si encore il s'agissait d'un véritable cross, à cheval, je ne dis pas. Mais courir comme un imbécile, c'est hors de question. »

Emma s'apprêta à remettre le frère du comte à sa place en lui disant qu'elle n'était pas sa bonniche et qu'il allait lui parler autrement. Cependant, une autre idée germa dans son esprit qui remettrait à sa place le blondinet plus sûrement qu'une leçon de morale.

« Oui, bien sûr, pas de problème ! Je comprends parfaitement. Je connais un truc imparable pour ce genre de situation. Ça marche à coup sûr, crois-moi. En tout cas, pour moi, ça a toujours été le cas.

-Bien. Je me moque de savoir comment tu t'y prendras, le tout étant que je n'y participe pas. »

Il fit volte face et partit dans le salon, se récoltant au passage un regard meurtrier de Richard qui avait tout entendu. Le surdoué entra à son tour dans la chambre d'Emma :

« Rassure-moi, fit-il d'un ton aigre. Tu ne vas pas écrire un mot pour ce sale traître ?

-Si pourquoi ? Attends, tu vas voir, je le lui fais de suite. Ça va te plaire. »

Elle griffonna rapidement un mot qu'elle signa sous le faux nom de Brigitte Flavet puis le tendit à Richard qui le lit avidement. Il fut tout d'abord étonné de voir qu'Emma avait modifié son écriture comme pour la cacher et qu'on se sache pas que ça vienne d'elle. Mais il comprit vite où elle voulait en venir.

Madame, monsieur,

Vous obtiendrez mon entière gratitude si vous autorisiez mon fils unique, Bastien Flavet, à ne pas participer à cette course à pied, vulgairement intitulée ''cross annuel du collège''. Se trouvant en effet dans une période du mois le rendant indisposée, il se trouve dans l'incapacité de pratiquer une quelconque activité sportive. C'est donc dans son intérêt que je vous adresse ces quelques modestes lignes.

En vous remerciant par avance de votre geste envers lui,

Veuillez agréer, madame, monsieur, l'expression de mes sincères salutations,

Brigitte Flavet.

Le comte de Phantomhive éclata de rire à la lecture de ces lignes. Alexander allait avoir la honte de sa vie et était parti pour plusieurs heures de colles. Personne ne croirait que sa mère avait pu écrire un tel papier et il serait clair que c'était un faux.

.oOo.

Assis sur la fenêtre de la chambre qui lui avait été attribué, Ronald observait l'Erèbe à travers les barreaux qui lui condamnaient toute sortie. Le Soleil se couchait sur l'antichambre de l'Au-Delà et illuminait de rouge mordoré les murs blancs et impersonnels de la pièce où le Shinigami se trouvait.

La maison où il avait été assigné se trouvait à la lisière de l'épaisse forêt d'ifs située non loin du Palais de la Nuit. C'était sur elle qu'il avait perdu son regard. Rien ne bougeait si ce n'est les premières nappes de brouillard qui commençaient à apparaître de-ci de-là. Elles lui rappelaient la brume de son enfance, qui pouvait recouvrir rapidement la région du Nord des Highlands où il était né. Elle pouvait rester des jours durant, étouffant le moindre bruit, même les cris des Banshees qui se faisaient alors lointains, presque inaudibles.

Dans un dernier éclat d'or et de rubis, le Soleil disparut derrière la cime des arbres. La luminosité baissa, bien qu'il n'y avait pas besoin d'allumer l'électricité. La forêt se fit plus sombre et plus mystérieuse. Un hibou hulula, tranchant soudainement le silence qui régnait depuis un long moment déjà.

La porte de la chambre s'ouvrit, faisant sursauter Ronald. Le lieutenant Shirisha, qui était chargé avec son équipe de garder l'Écossais, entra et déclara simplement :

« Knox, vous avez de la visite.

-Qui est-ce ? s'étonna-t-il.

-Votre famille. » se contenta-t-elle de répondre en sortant.

Ronald quitta le rebord de la fenêtre et suivit la Tibétaine. Quand il sortit dans le couloir, il y eut un grand cri de joie et le blond fut percuté par un enfant qui paraissait avoir environ huit ans.

« RONNIE ! Je suis trop content de te voir ! » s'écria le jeune Shinigami en Gaélique.

Ce dernier avait de courts cheveux roux clairs. Au vue de son étrange ressemblance avec Ronald, bien qu'avec quelques siècles en moins, il était difficile de ne pas comprendre qu'ils étaient frères. Il avait même opté pour un genre de lunettes un peu similaire, bien que d'un vert foncé.

« Salut Duncan ! sourit l'aîné en employant lui aussi sa langue maternelle, avant de le prendre dans ses bras et de continuer ainsi sa route vers le salon. Comment tu vas ?

-Super bien ! C'est génial l'Érèbe ! Et la B.I.S est cool ! C'est trop marrant de passer les Portes !

-C'était la première fois que tu les passais ? s'étonna Ronald en entrant dans la pièce à vivre.

-Bah oui. Pourquoi j'irais là bas ?

-Ronald ! »

Une femme petite et menue à la longue chevelure roux clair étreignit celui-ci après qu'il ait reposé Duncan à terre. Elle avait le même visage plutôt triangulaire que les deux frères ainsi que le même nez. Ses verres rectangulaires étaient très strictes, à l'instar de ses habits sombres.

« Comment vas-tu ? s'empressa-t-elle de demander, toujours en Gaélique. Te traitent-ils bien ? Tu ne manques de rien ? Tu...

-Calmez-vous mère, sourit Ronald. Je vais bien et je ne suis qu'assigné à résidence. Je ne suis pas en prison...

-Comment ont-ils pu t'arrêter ! Oh ne me dis rien, mon chéri ! Je suis certaine que c'est une erreur judiciaire ! Ne t'en fais pas, ils s'en rendront vite compte, on peut faire confiance à la Garde Prétorienne. J'espère seulement qu'ils le verront vite. Il ne faut pas que tu passes trop de temps ici alors que tu n'as rien fait...

-Laisse-le un peu respirer, Moira, soupira un homme. Il va tout nous raconter.

-Bonjour papa ! » salua Ronald.

Son père, très légèrement plus grand que lui, possédait la même étrange chevelure blond vénitien sur le dessus et brune en dessous, ainsi que les mêmes grands yeux et la même bouche. En revanche, son visage était rectangulaire, contrebalancé par de discrètes lunettes arrondies au cerclage invisible. Il portait le kilt, uniforme des Shinigami écossais.

« Salut Ron. Alors ? Si tu nous racontais ce qui s'est passé ?

-On s'assoit dans le canapé ? » proposa le fils.

Ses parents acquiescèrent et s'installèrent, tandis que Ronald se mettait dans le fauteuil en face d'eux, son petit frère à cheval sur l'accoudoir.

« Duncan ! reprit Moira. Assieds-toi convenablement !

-Ça va ! contredit le père. Il ne fait pas de mal...

-Ne dites pas cela Logan. Je ne tiens pas à ce qu'il prenne de mauvaises habitudes.

-Allez, viens sur mes genoux Duncan, proposa Ronald.

-Cool ! s'écria l'enfant en prenant place sur son frère.

-Que s'est-il passé alors ? s'empressa de redemander Moira. Tu n'as pas pu être assigné à résidence ! Je te connais trop bien, tu ne ferais jamais rien qui irait à l'encontre des règles ou des lois.

-Ce... Ce n'est pas une erreur de la Garde, mère, avoua le Traqueur. Je... J'ai... enfreint trois des six premières règles.

-Quoi ?! s'exclama Moira. Qui a pu te pousser à faire une telle chose ! Oh, ne me dis rien ! Je suis sûre que ce sont ces maudits Anglais. Je savais bien qu'il ne fallait pas que tu partes là-bas ! On ne peut pas leur faire confiance.

-Et comment tu t'es débrouillé pour réaliser cet exploit ? ironisa Logan. Je crois qu'à part déserter, on peut difficilement faire mieux, non ? »

Ronald baissa les yeux et se mordilla les lèvres. Ce n'était guère facile d'avouer tout ça à ses parents, même s'il savait bien que ça arriverait. Il prit une grande inspiration et son courage à deux mains et déclara :

« En.. En ce moment, on doit protéger deux Humains d'un Démon. Ils ont un lien avec le dissident qu'on traque. Il se trouve que je... Comment dire ? Enfin, j'étais le seul Shinigami à l'appartement où on loge et je suis allé prendre l'air une petite demi-heure. Ça a suffit pour que le déserteur rende visite à un des deux Humains.

-Qu'est-ce qui t'a pris d'abandonner ton poste ? demanda Logan. Tu as de la chance de ne pas avoir été sur mon secteur ou, crois-moi, je t'aurais viré aussitôt.

-Je... Je sais. J'avais juste... envie de passer un peu de temps avec ma copine. On est... sorti ensemble en fait.

-Ta copine ?! s'exclama son père.

-Oh ! Ronald ! » se désola Moira.

Elle se leva et serra son fils aîné dans ses bras.

« Je sais que tu n'as pas beaucoup d'expérience avec les femmes, mon cœur. Tu dois faire très attention à ne pas te faire avoir. Et ça vaudra aussi pour toi plus tard mon chéri. » conseilla-t-elle en finissant par se tourner vers Duncan.

Logan, qui connaissait mieux son fils que Moira eut une petite toux qui ressemblait plus à un rire ironique. Il n'était pas aveugle et savait très bien que Ronald était un séducteur patenté. Ah ! Comme son épouse pouvait se montrer naïve quand il s'agissait de ses enfants...

« J'espère que cette fille aussi a été assignée à résidence ! rajouta ensuite la rousse

-Clémence ? Ça ne risque pas, c'est une Humaine. »

Le cadet des Knox demanda alors à aller aux toilettes. La mère se leva aussitôt pour l'y accompagner au cas où il se perde. Logan leva les yeux au plafond mais ne fit aucun commentaire. Quand Moira et Duncan eurent disparu du salon, il se tourna vers son aîné :

« Et qu'est-ce que cette fille a de plus que les autres ? Clémence, c'est ça ?

-Oui, Clémence. Elle n'a rien de plus, pourquoi ?

-Contrairement à ta mère, je suis parfaitement conscient que tu n'as rien d'une vierge effarouchée, railla Logan, et que tu as certainement plus de conquêtes que tous les hommes de notre clan réunis.

-Tu crois pas que tu exagères un peu ?

-On est un petit clan, tenta son père en riant.

-Mouais...

-De toute façon, ce n'est pas de ça que je veux te parler, tu fais bien ce que tu veux. Non, ce qu'il y a, c'est que ça ne t'a jamais empêché de faire ton travail correctement.

-J'ai fait une bêtise, ça arrive.

-Ron... À ce stade, c'est plus une bêtise. Tu te retrouves assigné à résidence parce que tu as simplement voulu passé un peu de temps avec cette Clémence. Tu n'as même pas réfléchi, je suppose. Passer du temps avec une femme sur ta Death list et la faucher au moment venu n'a jamais été incompatible pour toi. Jusqu'à présent, tu n'as jamais cessé d'être professionnel pour une femme.

-Je ne vois pas où tu veux en venir papa. Je ne pensais tout simplement pas qu'un déserteur allait venir et il était impossible que le Démon fasse de même.

-Il n'empêche que tu ne l'aurais jamais fait avant et je veux en venir à tes sentiments pour Clémence.

-Hein ?! s'abasourdit Ronald. Mes sen... Mais non ! Non, je ne l'aime pas. Enfin, je veux dire, je l'aime bien, mais... Enfin si, mais pas comme ça... Je ne la déteste pas, loin de là, mais elle n'est pas... Enfin voilà quoi...

-Tu t'embrouilles toi-même, s'amusa Logan. Elle t'aime, elle ?

-Je... Je suppose...

-Tu supposes ?

-Ok, elle est folle amoureuse de moi, avoua le fils. Ça te va ?

-C'est pas à moi qu'il faut poser la question. »

Moira et Duncan revinrent à ce moment, clôturant le sujet. Ils continuèrent à discuter un moment jusqu'à ce que Shirisha vienne leur dire qu'ils devaient s'en aller. Ronald eut droit à une dernière étreinte de sa mère et un bisou sur la joue de la part de Duncan. Logan lui serra la main avant de lui murmurer :

« J'espère que tu verras vite ce que Clémence est pour toi.

-Je ne l'aime pas, papa...

-Continue à te voiler la face et tu le regretteras. C'est une Humaine et le temps passera vite pour elle. Tu n'as pas l'Éternité pour ouvrir les yeux. Essaye de te demander pourquoi tu as voulu aller te promener avec elle.

-Je le sais très bien. »


Prochain chapitre : "Discussions".
Au programme, bah... des discussions entre Grell, Emma et Clémence. XD En même temps, je ne sais pas trop quoi vous dire vu que le chapitre sera centré sur ça.
Bon, je rigole, mais je vous préviens d'avance, le prochain chapitre n'est absolument pas drôle, Grell y dévoilant une partie de son passé qui n'a été qu'effleuré jusqu'à présent.

A la prochaine !