Bonjour tout le monde !

Je suis supère contente d'être de retour parmi vous ! ^^ Après près d'une semaine et demi au lit parce que j'étais malade, ça fait du bien de pouvoir réécrire et publier !

Je vous livre ici un chapitre un peu particulier et de transition. Plus rien ne sera jamais comme avant pour un personnage, désormais. J'espère que vous ne trouverez pas ça tirer par les cheveux et que ça vous plaira, j'ai vraiment travaillé le truc.
Les explications sont très fortement inspirées de Wolf de Mike Nichols, avec Jack Nicholson et Michelle Pfeiffer, un de mes films préférés. J'ai juste développé beaucoup plus la chose en l'adaptant à l'univers des Shinigami. Je vous livrerais la citation qui m'a inspirée à la fin pour ne pas vous faire de spoil sur ce chapitre.

En plus, maintenant que j'y pense, c'est assez drôle de voir que j'ai été inspirée par un film sur les loups et de leur malédiction au vu des derniers scan de Black Butler... XD Je ne sais pas si vous avez lu le dernier, mais il est plus que bizarre.

Ah ! Et ce qui arrive à Clémence et Alex durant la partie de bowling est POSSIBLE ! Si, si ! Je vous jure ! J'en suis la preuve vivante... -_-' Heureusement pour moi, j'étais dans la même configuration que Clémence et non celle d'Alex...

Bref, fini de raconter ma vie, je vous laisse au chapitre !

Bonne lecture !


CHAPITRE XXVII : CHANGEMENTS

« Le juge vous recevra à 10h30 dans trois jours et... Knox-Bhai, vous m'écoutez au moins ? »

Ronald releva la tête vers Shirisha qui lui expliquait comment aller se passer son entrevue avec le juge.

« Désolé, vous disiez ? »

Le lieutenant leva les yeux au plafond, exaspérée et lui tendit la feuille où étaient inscrits tous les détails avant de quitter la pièce, ayant fini son service. L'Écossais regarda le texte sans vraiment le voir.

Son esprit était complètement ailleurs, tourné vers ce que son père lui avait dit. À vrai dire, il n'avait pas arrêté d'y penser, se persuadant que Logan avait tord.

Mais ce jour-là, une phrase refaisait surface en lui. Quand il avait demandé si ça convenait son père que Clémence soit amoureuse de lui, la réponse avait été ce n'est pas à moi qu'il faut poser la question. Ronald se posait maintenant la question. Que ressentait-il à l'idée que cette jeune femme soit amoureuse de lui ? De la joie, de l'indifférence ?

Ce n'était pas la première fois qu'il sortait avec une femme qui l'aimait. Mais c'était la première fois qu'il en était... Satisfait ? Content ? Il ne savait pas trop.

Ce qui était sûr, en revanche, c'était qu'elle lui avait manqué. Il était bien obligé de le reconnaître. Jusqu'à présent, hormis sur les heures de cours, ils avaient tout le temps été ensemble et il ne s'était certainement pas posé la question de ce qui se passerait si elle n'était plus à ses côtés. La réponse aurait sûrement été la même qu'avec toutes les autres. Que se soit elle ou une autre, ça n'avait guère d'importance, tant qu'il avait une femme à son bras. Cependant, d'avoir été séparé de Clémence lui faisait comprendre qu'il tenait à elle plus qu'à aucune autre. Il avait envie de la sentir à ses côtés pour l'éternité. À l'idée qu'il pourrait la voir vieillir et mourir, son cœur se serra alors qu'il n'en avait jamais rien était touché par la mort des Humaines qu'il avait fréquenté.

« Et merde... » soupira-t-il en se rendant compte que son père avait peut-être raison.

Quand il lui avait proposé de passer un peu de temps dehors ensemble, il voulait simplement être seul avec elle, sans tous les autres autour d'eux. L'avoir que pour lui quelque part. Il n'avait même réfléchi à ce qui pourrait se passer entre temps parce que l'envie d'être avec elle seule était plus forte.

L'aimait-il, alors ?

Il ne put s'empêcher de penser que se poser la question était une réponse en elle-même. La preuve que oui.

Il ferma les yeux et se laissa glisser pour s'allonger sur le canapé, lâchant le document de Shirisha qui tomba à terre. Dire qu'il avait toujours trouvé complètement stupide de tomber amoureux... Presque écœurant.

Ça lui faisait d'ailleurs un étrange effet de penser qu'il aimait une femme en particulier. C'était tellement improbable...

Il ne savait même pas comment s'y prendre avec Clémence. Lui dire ? Laisser les choses juste où elles en étaient et voir ce qui allait se passer ? Il ne s'était jamais posé de question en matière de femmes et il ignorait désormais comment s'y prendre avec celle qu'il aimait. Heureusement, pensa-t-il ironiquement, qu'il se rendait compte de son amour après avoir commencé à avoir une relation avec elle car il ne savait absolument pas comment séduire une femme pour laquelle on éprouve des sentiments.

Il repensa également à la première question que lui avait posé son père. Qu'est-ce que Clémence avait de plus que les autres ? Pourquoi celle-là et pas une autre ? Elle n'avait rien de spécial, non ?

Ronald sourit un instant en pensant à elle. Elle lui plaisait, c'était indéniable. Elle était drôle, surtout depuis qu'elle se sentait plus à l'aise en sa présence et arrivait à parler sans trop rougir dès qu'il l'effleurait, et ils riaient ensemble assez facilement. Ils étaient sur la même longueur d'onde.

Réflexion faite, il aimait la voir rougir... Son côté sensible et fragile, incapable de cacher ses sentiments, la rendait mignonne et adorable, donnait envie à Ronald de la protéger. Le contraste entre sa timidité quand elle était avec lui et son caractère assez déluré avec Grell et Emma était étrange mais plutôt plaisant aux yeux de l'Écossais. Et puis, c'était une fille plutôt joyeuse et toujours souriante. D'ailleurs, son sourire était si beau...

Il se demanda alors tout à coup s'il aurait le loisir de revoir Clémence rapidement. Son procès était le seize avril, et c'était déjà le treize. Une boule d'angoisse serra son estomac. Qu'allait-il donc lui arriver ? Son assignation serait-elle rallongée ? Irait-il en prison ? Ou serait-il relâché ?

Il ignorait même à quel régime il était soumis. Celui de la Garde Prétorienne ou celui des Faucheurs ? Il se releva et ramassa le papier que lui avait donné Shirisha afin de le lire, gardant tout de même une part de son esprit tourné vers Clémence.

.oOo.

Grell eut un cri de frustration quand sa boule fit tomber toutes les quilles sauf une. Elle était jusqu'à présent à égalité avec William, devant Éric. Et voilà qu'elle se mettait au même niveau que le blond ! Celui-ci ricana d'ailleurs. Depuis qu'ils avaient débuté la partie, ils se livraient tous les deux une bataille sans merci, bien décidé à gagner devant l'autre.

William, lui, n'avait fait que des strikes dans une froideur toujours égale et les autres se demandaient même s'il s'amusait réellement. Quand Emma les avait appelés, ils avaient dû le convaincre de lâcher ses dossiers pour sortir un peu avec le reste de l'équipe. Il avait fini par accepter, exaspéré, alors qu'il n'avait pas tout à fait fini son rapport pour les Traqueurs, disant qu'il ne s'était rien passé ce jour-là.

Alan était ainsi le seul Shinigami qui s'amusait vraiment, son amant et la rousse étant trop occupés à s'affronter pour profiter complètement de la soirée. Il arrivait ainsi dernier parmi les dieux de la Mort, mais était tout de même devant les Humains.

Pour le moment, il encourageait Emma qui, malgré sa greffe, était la première Humaine. William l'aidait galamment à se tenir debout et à garder l'équilibre sans mettre son pied par terre, ce qui était un exploit.

Quand la boule atteignit les quilles, il n'en resta que deux, aux deux opposés.

« Et mince !

-Tu peux en avoir au moins une, Emma ! » assura Alan.

En effet, elle en fit tomber une et William la ramena aux fauteuils qui se trouvaient devant leur piste.

« Je n'aurais jamais pensé que tu y arriverais aussi bien ! félicita le plus jeune Shinigami présent.

-J'ai l'habitude ! expliqua-t-elle. Enfin, pas d'avoir un pied en moins, mais quand mon père revient de Guyane, où il travaille, on fait quasiment que des bowlings, alors forcément, je finis pas savoir jouer.

-Le monsieur qui est venu te voir à l'hôpital n'est pas ton père alors ?

-Non, c'est Michel, mon beau-père. Mes parents sont divorcés.

-Ok !

-Bien, il semblerait que se soit mon tour... nota Alexander en se levant.

-J'espère que tu continueras tes exploits... » ricana Richard.

Les deux Phantomhive étaient en effet les derniers, à la grande surprise de tous, le comte étant tout de même devant son frère. Ils n'avaient jamais joué à ce jeu et le surdoué avait beau calculer tous les paramètres, il n'arrivait pas à les appliquer comme il fallait. La seule fois où il y avait joué, c'était avec Undertaker et les ''boules'' n'avaient pas tout à fait la même forme...

Il se tourna vers Clémence qui avait enfoui son visage dans ses mains.

« Ça va Clém' ?

-Mh... Ma migraine n'arrête pas d'empirer, c'est atroce.

-Tu n'as pas de doliprane ?

-J'ai pris de l'aspirine, mais ça ne me fait pas effet. C'est la première fois.

-Ça va aller ? interrogea la brune tandis que la boule d'Alexander finissait dans la rigole.

-Oui, oui... Ça doit simplement être de la fatigue.

-Tu es très pâle en tout cas, remarqua Alan.

-Je vais peut-être tomber malade. Je suis tout le temps malade.

-En tout cas, c'est à toi ! fit Richard en regardant la deuxième boule de son frère toucher qu'une seule quille.

-Pour les points que je vais faire... » répondit-elle en se levant.

Elle ferma un instant les yeux, prise de vertiges et de nausée à cause de sa migraine, puis se dirigea vers la piste lorsque ils se furent calmés. Elle visa et lança la boule. Mais, entraînée par elle, elle trébucha et la lança sur la piste d'à côté. Heureusement, il n'y avait personne.

« Oups... »

Elle éclata de rire devant sa propre maladresse et se retourna pour voir ses amis rigoler autant qu'elle. Même William avait une lueur amusée dans ses yeux verts. Seul Alexander la toisait d'un air méprisant et déclara qu'il n'en attendait pas moins d'une femme.

« Allez ! fit Emma. Le tir n'a pas été enregistré ! Tu peux toujours retiré !

-Ah oui, c'est vrai ! »

Elle retenta et fit tomber plusieurs quilles. Au deuxième coup, pour une fois, il n'en resta plus une seule.

« Tch... siffla l'adolescent quand elle revint s'asseoir et qu'Éric prenait sa place. Cette prestation était absolument lamentable.

-Ça va ! répliqua-t-elle vertement. Ça peut arriver ! La preuve, j'ai fait tout tomber après !

-Ignoble... Il n'y a bien qu'une femme pour faire cela. »

Clémence allait répondre avec acidité quand une nouvelle vague de douleur l'assaillit. Elle ferma violemment les yeux et serra les dents.

« Êtes-vous certaine d'aller bien Miss Curiel ? interrogea William.

-Je crois que j'ai une migraine ophtalmique... expliqua-t-elle en surmontant l'impression d'épées chauffées à blanc enfoncées dans son crâne.

-C'est grave ?

-Non, faut juste que ça passe. Mais ça peut donner des gros maux de tête et... et les lumières me font encore plus mal. J'ai même l'impression qu'elles sont augmentées. J'en ai déjà eu une, un jour.

-Ça se soigne comment ? demanda Alan.

-Comme une migraine normale...

-Peut-être vaudrait-il mieux rentrer, proposa le chef de secteur.

-Non, non ! contredit la migraineuse. Ça va aller, c'est bon ! On peut continuer. »

Au tour d'après, Richard réussit enfin à faire un spare. William, Grell et Éric firent leur strike habituel, Alan ne laissa qu'une seule quille, tandis qu'Emma fit également tout tomber en une seule fois.

Clémence, dont les céphalées, loin de s'apaiser, avaient augmenté, ne réussit rien.

Ce fut enfin à Alexander le moment d'y aller. Bien décider à montrer ce dont il était capable, il s'empara de la boule qu'il utilisait depuis le début, se concentra et lança. N'importe comment.

La sphère à trois trous rebondit dans la gouttière et sauta sur la piste voisine. Mais pas celle sur laquelle était allée celle de Clémence. L'autre piste voisine. Celle où le meilleur joueur d'un groupe d'amis s'apprêtait à lancer.

La boule d'Alexander finit lamentablement dans la gouttière, rendant nul le tir voisin. Personne ne sut pourquoi le visage du blondinet s'horrifia. Était-ce parce qu'il venait de faire exactement comme Clémence alors qu'il l'avait rabaissée ? Ou était-ce plutôt à cause de la montagne de muscle qui eut un cri de rage et lui lança un regard meurtrier ?

L'équipe de Traqueurs et les Humains les accompagnant se mirent à rire et aucun d'eux ne se leva pour venir en aide à Alexander qui se confondit en excuse et cherchait déjà un moyen de fuir face à l'homme dans une colère noire. Cependant, quand il commença à vouloir frapper l'adolescent pour lui apprendre à viser, William intervint, au grand dam des autres, pour calmer le jeu.

« C'est dommage, ricana Richard, j'aurais bien tenu mon frère pendant que cet homme le massacrait...

-Tu es parfaitement ignoble... fit Alexander en s'asseyant, encore tremblant de peur et tentant vainement de se donner de la contenance.

-Tu n'es qu'un sale traître, alors tu ne mérites que ça.

-Et si on commençait le dernier tour ? proposa Alan pour couper à toute dispute entre les frères.

-Il vaut mieux, accepta Richard en se levant. Alex ne vaut pas la peine que je m'énerve.

-Alexander !

-En tout cas, Al', se moqua Emma, tu as été lamentable...

-Cela peut arriver à tout le monde, regardez Clémence ! répliqua-t-il, piqué au vif.

-C'est vrai, mais non seulement elle ne va pas bien, mais en plus tu l'as ramenée pour faire pire... »

D'ailleurs, lorsque vint le tour de Clémence, elle s'était recroquevillée sur elle-même et se tenait la tête, tentant d'échapper aux lumières et aux bruits. Emma dut lui dire que c'était à elle. La jeune femme releva le visage, les yeux humides de larmes de douleur.

« Tu es vraiment sûre que ça va ?

-C'est absolument intenable... gémit-elle. Ça me donne envie de m'arracher la tête et les yeux...

-Tu veux passer ton tour ?

-Oui... Vas-y à ma place si tu veux... »

Elle reprit sa position initiale et Emma se leva pour réussir un spare. Lorsque Alexander eut terminé, sous l'œil attentif de son voisin, la partie fut finie. Le fait qu'Emma ait joué à la place de Clémence une fois ne modifia en rien le classement. William fut premier, avec le maximum de point. Grell et Éric râlaient d'être à égalité, n'ayant pu se départager malgré leur lutte acharnée, et se trouvaient à un point derrière leur patron. Ils commençaient à se disputer pour savoir qui était le meilleur entre eux quand Alan, quatrième, leur pria de se calmer un peu. Ils étaient stupides.

Emma arrivait derrière eux, puis venait sa colocataire, Richard et enfin Alexander qui était en colère de ne pas avoir eu une meilleure place à un jeu.

« On remet ça ? proposa Éric en dardant Grell du regard.

-Ah oui ! Je tiens à te ridiculiser ! répliqua la rousse.

-Je pense que tu voulais dire que tu tenais à te ridiculiser...

-Non, interdit William d'un ton sans appel. Nous partons. Miss Curiel ne tiendra pas plus longtemps. »

Clémence n'en pouvait plus. La douleur était terrible. Elle avait l'impression qu'on lui enfonçait des lames dans la tête et qu'on les tournait pour la faire souffrir encore plus. Chaque son était amplifié au point qu'elle ne supportait plus le moindre bruit, alors que l'endroit était bruyant. Ses yeux n'étaient pas dans un meilleur état et chaque parcelle infime de lumière qu'ils captaient la faisait souffrir le martyr.

« Clémence ? interpella Emma avec douceur. On va y aller... Tu viens ?

-D'a... ccord...

-Tu pourras marcher ? interrogea Alan.

-Je... Oui... Je crois... »

Il l'aida à se lever doucement. Elle trembla violemment, à nouveau prise de vertiges et de nausées qui cette fois ne la quittèrent pas.

« Tu veux que je t'aide ? proposa Éric. Attends Alan, je me charge d'elle. N'en fais pas trop toi. Je ne veux pas que tu fasses une crise. Clémence de malade, ça suffit.

-Ça va Éric je... »

Mais c'est alors que Clémence eut un cri de douleur. Elle perdit aussitôt connaissance. Éric n'eut que le temps de la rattraper avant qu'elle ne tombe à terre.

.oOo.

Clémence se sentait flotter dans une sorte de brume opaque noire dont elle voyait cependant les mouvances. Ce n'était pas exactement comme une syncope ordinaire où tout était noir et donnant l'impression, au réveil, d'avoir simplement cligné des yeux. Des flashs verts traversaient parfois ce brouillard mystérieux. Elle sentait une espèce de fourmillement parcourir tout son corps, comme si l'activité électrique de ce dernier avait été augmenté d'un coup.

Puis tout à coup, tout cessa. Elle était si bien... Elle ne ressentait plus la moindre douleur. Se demandant un instant si elle était morte, elle entendit une voix l'appeler. Ou plusieurs. Elle ne savait pas vraiment. C'était loin. Elle remarqua alors que tout autour d'elle oscillait avec lenteur. Puis de plus en plus fort, pendant que le son des voix augmentait d'autant. Elle comprit tout à coup que quelqu'un la secouait.

Elle entrouvrit alors les yeux pour les fermer aussitôt, éblouie par la lumière.

« Ouf ! Elle se réveille enfin ! »

C'était la voix d'Éric. Elle papillonna et vit ce dernier penché au-dessus d'elle. C'était sûrement lui qui l'avait secoué pour la ramener à elle, tout en l'appelant avec Emma, Alan et Richard.

« Comment tu te sens ? demanda la brune visiblement extrêmement soulagée.

-Ça va... Je... Je n'ai plus du tout mal à la tête. Je me sens juste fatiguée. Mais je me sens vraiment bien en fait...

-Oh shit ! s'exclama tout à coup Éric avec l'air de ne pas en revenir. Tu m'étonnes que tu te sentes bien... Alan, dis-moi que je rêve ! »

Il se tourna vers son amant qui semblait avoir bugué en fixant Clémence, légèrement bouche-bée. Le Shinigami châtain foncé ne répondit rien, se contentant de dévisager avec insistance l'Humaine, comme si c'était la première fois qu'il voyait une femme.

« Qu'est-ce que vous avez à me regarder comme ça ?

-Ben c'est tes... Ces sont... fit Alan sans pour autant répondre.

-Qu'est-ce que j'ai ? »

Elle se tourna vers les trois autres Humains. Alexander lui servit simplement un regard effaré qui lui donna un air de hibou.

« OH MY GOD ! » s'égosilla de surprise Richard.

Quant à Emma, elle la fixa un instant avant de se mettre à hurler, affolant complètement Clémence.

« Mais qu'est-ce qui se passe ?! Qu'est-ce qui m'arrive ?! »

Grell et William, qui étaient à l'extérieur de la salle de bowling, revinrent en courant en entendant les cris. Ils étaient en effet allés attendre l'ambulance qui devrait emmener l'Humaine à l'hôpital après sa syncope de plus de cinq minutes.

« Clém' ! Tu es réveillée ! se rassura Grell. OOOOOH ! »

En voyant son amie, elle poussa un cri de surprise. Même William laissa tomber son masque de froideur.

« Comment est-ce possible ! s'écria Grell.

-Vraiment ! Je ne pensais pas voir cela un jour... Emma, arrête de crier s'il te plaît...

-Mais qu'est-ce qui se passe ?! angoissa Clémence. Qu'est-ce que j'ai ?!

-Tiens... fit la rousse en lui tendant son miroir de poche. Si on te le dis, tu ne nous croiras jamais... »

Son amie s'empara de la petite glace et se regarda. Elle resta muette de surprise. Ses yeux n'abordaient plus leur habituelle et normale couleur marron foncé mais l'étrange vert-jaune phosphorescent qui n'appartenait qu'aux Shinigami.

Puis elle poussa un cri de terreur et se releva en jetant le miroir loin d'elle, comme s'il était la cause de ce changement.

« QU'EST-CE QUI SE PASSE ?! VOUS M'AVEZ MIS DES LENTILLES OU QUOI ?! JE SUIS EN TRAIN DE RÊVER C'EST CA ?! »

Elle commença à se persuader qu'elle avait sûrement lu Black Butler avant de s'endormir et que tout ce qui se produisait depuis le 31 Décembre 2012 n'était que le produit d'un rêve. Qu'elle allait se réveiller et se rendre compte que rien de cela n'avait existé, qu'elle allait devoir aller chercher Lena à la gare, préparer le repas pour ses parents et ceux d'Emma...

« C'est ça, hein ? Ça ne peut être que ça...

-Clémence ! Clémence, calme-toi ! intervint Grell. Non, tu ne rêves pas, tout cela est réel.

-Je ne te crois pas ! C'est impossible ! C'est quoi ces yeux alors ?! »

Les Shinigami se regardèrent tous, hésitant sur la marche à suivre, mais William prit la décision pour les autres :

« Il ne nous appartient pas de vous le révéler Miss Curiel, mais sachez que vous venez de devenir l'une des nôtres.

-Je suis morte, c'est ça ?!

-Pourquoi veux-tu mourir ? s'étonna Alan.

-Dans... Dans beaucoup de fanfictions que j'ai lu, les Shinigami ne naissent pas ainsi mais le devienne après avoir été Humains et choisis par leur Faucheur. C'est ça, pas vrai ? Quand j'ai fait un malaise, je suis morte en fait. Et vous avez décidé de faire de moi une Shinigami...

-Certainement pas ! contredit Éric. Tu n'es jamais morte.

-Cette vision est vraiment très étrange... nota William. On naît Shinigami, on ne le devient pas.

-ALORS COMMENT VOUS EXPLIQUEZ CE QUI M'ARRIVE ?! hurla Clémence. JE NE L'AI JAMAIS ÉTÉ !

-Calme-toi, il ne sert à rien de s'énerver, fit Grell d'un ton rassurant en serrant son épaule.

-MAIS EXPLIQUEZ-MOI ALORS ! répondit-elle en se dégageant de la rousse.

-Le patron te l'a dit, ce n'est pas à nous de te le dire, rétorqua Éric pour toute réponse.

-Mais rassure-toi, même si c'est extrêmement rare, continua Alan, c'est un phénomène qui s'est déjà vu. Tu n'es pas la première Humaine à qui ça arrive.

-JE NE SUIS MÊME PLUS HUMAINE ! ET C'EST À QUI DE ME LE DIRE D'ABORD ?

-À Ronald, expliqua Grell. En tout cas, je n'aurais jamais pensé que...

-Ouais, moi non plus... commenta Éric.

-Ronald n'est même pas là ! Vous pouvez bien me le dire !

-J'appelle immédiatement la Garde Prétorienne, fit William en s'emparant de son portable. Au vu de l'exception de la chose, je pense qu'ils accepteront de raccourcir de quelques jours son assignation à résidence. Il sera sûrement là demain à la première heure. »

À ce moment, les sirènes de l'ambulance retentirent. Ils avaient mis dix minutes pour venir. William tourna la tête vers son équipe :

« Ils ne doivent surtout pas emmener Miss Curiel. Je ne veux pas qu'une Shinigami se retrouve dans un hôpital humain.

-Je ne suis pas une Shinigami ! s'égosilla-t-elle.

-Vous l'êtes désormais, que cela vous plaise ou non. Ils verront vite que vous n'avez absolument aucun symptôme et si jamais ils vous font passer un électro-encéphalogramme ou un IRM, ils verront que votre activité cérébrale n'a rien d'humain. Je n'ai pas envie de faire des heures supplémentaires alors que nous pouvons l'éviter. Messieurs, fit-il en se tournant tout à coup vers les ambulanciers qui venaient tout juste d'entrer, la personne qui a fait un malaise est la jeune femme brune là-bas.

-Oh ! Mais je vous reconnais ! s'exclama l'un des soignants. Vous êtes celle qui s'est blessée sur une scie !

-Euh... Oui, c'est exact...

-Ne vous inquiétez pas, tout se passera bien. »

Emma maudit William de l'avoir désignée, mais elle savait pertinemment qu'il n'avait pas le choix. Elle aurait cependant largement préféré qu'il lui en parle avant. Elle se fit donc emporter à la place de sa colocataire.

.oOo.

Markus Schreiber était dans son hôtel particulier en plein centre de Vienne, dînant au calme avec son épouse. Aussi, lorsque leur majordome s'avança en lui disant qu'un Traqueur insistait pour lui parler d'un sujet de la plus haute importance, il soupira.

« J'espère au moins que c'est réellement important ou ce Traqueur aura à faire à moi. Helga, excuse-moi.

-Vas-y, ce n'est rien. »

Schreiber quitta son épouse pour aller à son téléphone professionnel.

« Hallo ? Markus Shreiber. Nom et dossier s'il vous plaît ? continua-t-il en Anglais.

-Monsieur, c'est William T. Spears, dossier D-1837-21A. Mais je...

-Vous avez capturé Undertaker ? fit vivement l'Autrichien plein d'espoir.

-Non monsieur. Cela n'avait aucun rapport avec la traque mais est tout aussi important.

-Quoi ?

-Miss Curiel et Mr Knox ont un desmos.

-Eh bien je suis tout à fait content pour eux, mais je m'en moque comme de ma paire de lunettes de l'Académie ! Je vous prierais de ne plus me déranger pour les histoires de cœur de votre équipe, Spears ! Consacrez-vous plutôt à la capture du dissident qu'on vous a assigné !

-Monsieur, répondit rapidement William en sentant que son interlocuteur aller lui raccrocher au nez. Vous ne comprenez pas. Clémence Curiel est Humaine. Enfin... était. »

Il y eut un long silence, muet de surprise. Le Chargé des Déserteurs finit par assimiler ce que son subalterne venait de lui dire.

« Attendez Spears... Vous voulez dire que...

-Oui.

-J'appelle immédiatement Sørensen pour qu'il demande de relâcher Knox. Il faut qu'il aille lui expliquer.

-Merci monsieur.

-Je vous en prie. Auf Wiedersehen !

-Goodbye, sir. »

Schreiber raccrocha pour aussitôt composer le numéro de son supérieur.

« Hej ? fit bientôt la voix de Sørensen.

-Hallo herr Officier ! C'est Schreiber. Je vous appelle au sujet de l'équipe de Spears.

-Ils ont capturé Undertaker ! s'écria le Danois.

-Non, malheureusement, toujours pas. C'est plus exactement au sujet de Knox et...

-Ah, lui... Qu'est-ce qu'il a fait encore ?

-Rien, rien... Mais il se trouve que sa vie va beaucoup changer avec Clémence Curiel, sa petite-amie.

-Elle est enceinte ? Tant mieux pour elle mais...

-Non, Herr Officier. Elle... Elle n'est pas enceinte, mais elle n'est plus Humaine. Elle est devenue Shinigami.

-QUOI ?! C'est une blague ?

-Non, c'en est pas une.

-J'en parle immédiatement au Procureur. Nous sortons juste du conseil élargi, je devrais pouvoir l'attraper pour lui demander la libération de Knox. » déclara l'Officier de l'Ordre des Traqueurs.

Sørensen raccrocha. Lawrence Anderson, qui discutait auparavant avec lui, lui demanda ce qu'il se passait.

« Oh, une transformation d'Humaine en Shinigami. Seulement celui qui en est à l'origine est assigné à résidence. Il faut que je trouve Kobena Fidagbé.

-Une transformation ? s'étonna Père. Cela fait bien longtemps que je n'en ai plus vu ! La dernière fois, je crois que j'utilisais uniquement du verre de silice pour les lunettes...

-C'est quoi que vous utilisez comme verre ? s'étonna Sørensen qui cherchait du regard le Procureur.

-Du polycarbonate voyons ! s'offusque l'opticien. Il n'y a rien de tel ! Léger, extrêmement solide, il filtre complètement tous les UV... Pour ceux qui fauchent les âmes ou combattent les Démons ou les déserteurs, c'est absolument parfait !

-Ah oui... C'est bien...

-D'ailleurs, vous viendrez me voir, vos verres ne sont plus à votre vue : Fidagbé est là bas.

-Hein ? Ah oui, merci. Oui, je passerais dans la semaine si j'ai le temps.

-Prenez-le Sørensen ! ordonna Anderson. C'est tout de même important !

-Ne vous inquiétez pas, je viendrais ! Mais excusez-moi, je vais louper le Procureur si je ne pars pas de suite. »

Après s'être débarrassé de son collègue, l'Officier de l'Ordre des Traqueurs courut pour rattraper un grand Noir à l'air digne qui se dirigeait vers la sortie du Palais de la Nuit.

« Fidagbé ! Attendez-moi !

-Sørensen ? Que vous arrive-t-il ?

-C'est au sujet d'un membre de l'équipe de Traqueurs de déserteur de Spears.

-Spears, Spears... Ce nom me dit quelque chose...

-Dossier D-1837-21A.

-Bon sang, ils ont attrapé Undertaker !

-Pour le moment, ils n'ont même pas une piste alors non.

-Je me disais aussi... nota le Ghanéen.

-Je voulais vous parler de Knox, celui qui est assigné à résidence...

-Pour avoir violé trois règles dont la plus importante de toutes, se remémora le chef de la Justice. Oui, je vois de qui vous parlez.

-Il a un desmos avec une Humaine qui s'est transformée.

-C'est vrai ?! s'écria Fidagbé. Mais ce n'est pas arrivé depuis au moins...

-L'utilisation du verre de silice dans les lunettes.

-Quoi ?

-Non, c'est Anderson qui m'a dit ça...

-Ah ! Lui et ses fichues lunettes... Je pensais plutôt au jugement de l'affaire D-1768-06B, ce dissident... Comment il s'appelait déjà ? Fawkes ?

-Ah oui, celui qui a été arrêté à Toronto... Toujours est-il qu'il faudrait peut-être libréer Knox pour qu'il explique au plus tôt ce qui arrive à son amie.

-Effectivement, approuva Fidagbé. Je vais signer l'ordre de libération de suite. Tenez, le Général Ó Ceallaigh arrive. »

Le Noir interpella l'Irlandais qui les rejoignit aussitôt.

« Que se passe-t-il ? »

Le Procureur et l'Officier expliquèrent la situation au Général qui hocha la tête en signe de compréhension.

« Inutile de perdre plus de temps. J'appelle immédiatement le lieutenant Shirisha. C'est elle qui l'a sous sa garde. Elle ira le libérer dès demain matin.

-Vous savez exactement lesquels de vos gardes sont assignés à quelle surveillance ? s'étonna Fidagbé.

-Ce n'est pas tous les jours qu'on voit un Traqueur assigné à résidence ! rit Ó Ceallaigh en regardant l'Officier.

-Il ne fait pas parti de la Garde Prétorienne... » tempéra Sørensen, bien décidé à défendre ses hommes.

.oOo.

Ronald ne s'était jamais senti aussi angoissé de sa vie. La veille au soir, Shirisha était revenue à l'endroit où il était assigné, étonnant le Garde de son équipe qui ne pensait pas la revoir avant le lendemain neuf heures. Elle lui avait annoncé d'un ton neutre qu'il était libéré sous conditions jusqu'à son procès parce que Clémence était devenue Shinigami. Il avait aussitôt compris ce que cela signifiait.

De gros problèmes.

Il n'avait aucune idée de comment le lui expliquer et il maudissait le reste de l'équipe qui aurait très bien pu s'en charger, même s'il comprenait parfaitement pourquoi c'était lui et pas un autre qui devait le faire. Il aurait simplement voulu fuir ses responsabilités et arriver devant une Clémence parfaitement au courant de tout. Ça aurait tellement plus simple...

Ou alors, il aurait aimé avoir simplement plus de temps pour préparer ce qu'il devait lui dire. Il n'avait pas dormi de la nuit, stressé par la confrontation et cherchant les bons mots, tout ça pour n'avoir toujours aucune idée de comment annoncer ce qui se passait.

Et il était déjà en train de monter les escaliers vers le troisième étage, accompagné du lieutenant et de ses hommes. Le voyage de retour lui avait paru court. Trop court. Beaucoup trop court.

Huit heures du matin venait de passer depuis une poignée de minutes quand la Népalaise toqua à la porte du trois-cent-huit. Ronald n'avait qu'une envie, disparaître dans un trou de souris. William vint ouvrir, Clémence sur ses talons, et Shirisha tira respectueusement la langue au brun. Après les salutations d'usage, le lieutenant expliqua au chef d'équipe les conditions de la libération de l'Écossais :

« Il n'est ici qu'à cause de la transformation de Curiel-didi. Le Général et le Procureur ont été clairs : il est sous votre entière responsabilité jusqu'à son procès et ne doit pas quitter cet appartement.

-Cela va de sois, mon lieutenant. Je ne le quitterais pas des yeux.

-Bien. Dans ce cas, nous allons partir. Au revoir Spears-bhai.

-Au revoir lieutenant Shirisha. »

La Prétorienne se poussa, laissant la place à Ronald pour entrer. Ce fut Clémence qui, incapable de se retenir plus longtemps, se jeta sur lui. Lui qui s'attendait à d'émouvantes et larmoyantes retrouvailles et à un baiser passionné, fut plus que déçu. Il y eut bien des larmes, mais c'était visiblement plus de l'angoisse que de la joie.

« Ronald ! Ronald, ils m'ont juste dit que tu m'expliquerais ! Regarde ce qui m'arrive ! C'est atroce ! Regarde mes yeux... Il faut que...

-Calme-toi, Clémence... pria-t-il d'une voix se voulant apaisante. Ce n'est rien...

-Rien ?! fit-elle d'une voix aiguë. Rien ?! Tu rigoles ?

-Viens, allons dans un endroit plus... Intime. »

Il prit sa main et, sans faire plus attention à William et Shirisha, il voulut l'emmener dans sa chambre.

« Attend, Richard dort encore, on va dans la chambre d'Emma. » retint Clémence.

Ils s'y rendirent, sans accorder un regard à Éric, Alan et Grell qui saluèrent le retour du dernier membre de l'équipe. Ils restèrent un moment silencieux, la jeune femme attendant désespérément des réponses et lui cherchant ses mots en l'observant, la gorge sèche.

« On... On s'assoit ?

-Mh. »

Ils prirent place sur le lit et l'Écossais entrelaça ses doigts avec ceux de Clémence.

« Alors ?! » s'impatienta-t-elle, toujours aussi stressée.

Ronald ferma un instant les yeux avant de les rouvrir et de prendre son courage à deux mains :

« I... Il n'y a pas trente-six mille manières de devenir Shinigami. Soit on... on naît ainsi, parce nos parents le sont, c'est comme toi qui est Humaine... Enfin... était... Mais... Euh... C'est de la simple biologie et reproduction avec un homme et une femme, et...

-Merci, je sais comment on fait les bébés, Ronald. Arrête de tourner autour du pot s'il te plaît. Je... Je veux savoir ce qui m'arrive...

-Soit c'est... Un desmos combiné au pouvoir le plus puissant des Shinigami qui fait de nous des Kami, dieux de la Mort. C'est le Liber Arbitrium. C'est... C'est tout simplement notre possibilité de décider du destin des Humains. La vie ou la mort, selon si l'âme est profitable au monde ou non, le pouvoir que nous avons de ressusciter un Humain... C'est notre Liber Arbitrium qui nous le permet. Et il se trouve que... que ce pouvoir a été usé sur toi avec toute sa puissance grâce à un desmos...

-Mais c'est quoi ce truc ? Ce desmos ?

-C... C'est... »

Il déglutit. Il en arrivait à la partie qui le gênait le plus. La partie qui était la plus difficile à révéler.

« Un lien. Entre deux Shinigami qui... Un lien indestructible par la force d... des... de... Enfin... des...

-Des quoi Ronald ? Je t'en supplie, dis-le moi ! Je comprends rien à ce que tu me racontes et j'ai absolument besoin de savoir...

-Des sentiments. » sortit-il tout à coup comme si c'était un énorme effort.

Il y eut un très court silence et Ronald reprit son explication.

« Le desmos est un lien indestructible par la force des sentiments qui l'animent. Si un ou une Shinigami crée un tel lien avec un Humain ou une Humaine, et si l'Humain est question aime tout autant le Shinigami... Eh bien, inconsciemment, le Liber Arbitrium du dieu de la Mort fera que l'Humaine deviendra Shinigami. Ou que le Shinigami deviendra Humain à condition qu'il tienne absolument à mourir, mais ce n'est qu'une théorie, ça ne s'est jamais vérifié, rajouta-t-il très rapidement. Et puis à vrai dire, c'est un peu stupide de vouloir mourir alors qu'on a créé un tel lien éternel qui...

-Ro... Ronnie... coupa Clémence d'une voix peu assurée.

-Oui ?

-E... Est-ce que tu... Est-ce que tu essayes de me dire que tu es amoureux de moi et que c'est pour passer l'éternité à tes côtés que je suis devenue immortelle ?

-Oui. Oui, voilà, c'est exactement ça... »

Elle le regarda avec un regard empli d'émotion avant de se jeter sur lui. Elle l'embrassa avec ferveur. Il répondit avec tout autant de passion qu'elle. Depuis qu'il avait envie de goûter de nouveau à ses lèvres... Leur baiser fut plus enfiévré que jamais. Alors qu'ils étaient étroitement enlacés et qu'ils continuaient à s'embrasser, Ronald remonta sa main sous la jupe de Clémence tandis qu'elle lui dénouait sa cravate puis commençait à déboutonner sa chemise. Il s'allongea sur le lit, entraînant avec lui la jeune femme.

« Au fait... murmura-t-elle en parcourant le torse musclé du Shinigami.

-Oui ?

-Tu sais très bien que... que je t'aime. Alors pourquoi tu avais tant peur de me le dire ?

-Tu n'avais pas peur, toi, pour ta première fois ?

-Pff... Ce n'est pas tout à fait la même chose, je crois... Et puis... C'est la première fois la meilleure, non ? répondit-elle avec sourire mutin.

-Ça, répliqua-t-il en lui mordillant le cou, c'est ce qu'on va savoir de suite. »


Voilà ! J'espère que ça vous a plu. La citation qui m'a inspirée pour expliquer la transformation de Clémence est celle-ci, dite par le Dr Vijav Alezais, joué par Om Puri, vers la fin du premier acte (je crois) :
« Il n'y a que deux manières de devenir un loup. Être mordu ou être aimé par l'un d'eux. »
Une de mes citations préférées ! ^^

En attendant, voici le titre du prochain chapitre : "Le jour du jugement".
Au programme, la découverte de l'Erèbe, le passage au tribunal de Ronald et la rencontre de Clémence et de deux membres de la famille de Ronald.

A la prochaine !