Bonjour tout le monde !
Voici le chapitre sur Clarence Forester. Il faudra mettre en corrélation ce chapitre avec ce qui a déjà été dit sur Grell...
Egalement, je dois vous dire que j'ai eu des bugs sur le site la semaine dernière et que je n'ai donc pas pu publier ce chapitre. Vous aurez donc celui-ci et, un peu plus tard dans la soirée ou demain, un deuxième ! ^^

Bonne lecture !


CHAPITRE XXXI : CLARENCE FORESTER

Emma sourit à cette mention. Malgré les apparences, William pouvait se montrer très sympathique et plus ou moins ouvert par moment. Il avait certes énormément de mal à comprendre les autres et à s'intégrer, mais elle ne pouvait nier qu'il faisait beaucoup d'efforts pour y parvenir. Après avoir vu Emma et Éric remonter le moral à Alan, il était retourné voir la jeune femme, étonné de la facilité avec laquelle elle s'en était sortie contrairement à lui. Ce qui l'intriguait le plus était certainement le fait qu'elle ait réussi à savoir que c'était un coup de téléphone qui avait mis Alan dans tous ses états. Elle lui avait expliqué que c'était extrêmement logique : heureux de se marier, ça n'avait sûrement aucun rapport avec Éric, d'autant que celui-ci le consolait. Or, son portable se trouvait sur la table devant lui.

William avait alors pris note mentalement de tout cela, espérant pouvoir s'en servir si jamais l'occasion se représentait. Emma trouvait que, quelque part, cette attitude était touchante et adorable. Elle avait compris depuis longtemps qu'il ne cherchait jamais à faire du mal aux gens, mais sa maladresse dans ses rapports aux autres blessait souvent ces derniers sans qu'il ne le veuille. Il en avait cependant conscience, comme le prouvait son attitude face à Grell le soir de la Japan Expo Sud. Il était allé lui parler et s'excuser. Il n'avait pas compris qu'il l'humiliait et lui lacérait profondément le cœur.

« Que se passe-t-il ? »

William sortit Emma de sa rêverie qui se rendit compte qu'elle le dévisageait depuis un petit moment déjà.

« Oh, euh... Rien, ne t'inquiète pas. Je pensais juste que c'est gentil de ta part de me tenir compagnie.

-Je t'en prie, c'est normal. »

Sans trop savoir pourquoi, la brune détourna son regard de celui glacé de William et reporta son attention sur la piste de danse. Le Shinigami fit de même.

« Je suis contente de ne pas danser : Grell et Richard se sont à nouveau mis ensemble, nota-t-elle tout à coup.

-La salle est plus grande, répondit William. Il y a moins de risques.

-C'est clair... »

Il y eut un nouveau silence. Ronald, désespéré par les ''capacités'' en danse de sa partenaire avait abandonné et ils venaient tous les deux vers le buffet. En riant, Emma leur demanda :

« Et vous alors ? C'est pour quand le mariage ? Vous êtes les prochains sur la liste ! »

Le blond s'étouffa à moitié avec sa coupe de champagne, faisant rire Clémence.

« Ça va pas la tête ?! Pourquoi tu veux qu'on se marie ? On n'est pas ensemble depuis assez longtemps ! Et puis, franchement, ça ne me dit vraiment rien, le mariage !

-Bah, quand vous aurez des enfants...

-Nous n'en aurons pas ! On en veux pas ! protesta-t-il.

-Ah non ! contredit Clémence. Toi, tu n'en veux pas du tout ! Moi, pour le moment, j'en veux pas, mais plus tard, je saurais bien te convaincre...

-Ne rêve pas, y a rien de pire qu'un enfant... Je le sais, j'ai un frère. »

Les deux femmes s'offusquèrent de l'entendre parler ainsi. Un enfant, ce n'était que du bonheur, même si ce n'était pas facile tous les jours ! Les hommes n'avaient vraiment pas les mêmes valeurs, selon elles...

.oOo.

La journée se passait merveilleusement bien. Sayuri s'entendait très bien avec les filles et elles avaient déjà échangé leurs numéros de téléphone. Amami animait le mariage de ses cabrioles. Ce petit tamia semblait être la joie incarnée. Augure ne quittait plus Emma, sauf pour aller sur l'épaule de William.

Éric et Alan n'avaient jamais été aussi heureux et rayonnaient de bonheur. Brittany, qui adorait le mari de son fils, n'arrêtait pas de les féliciter tous les deux et de multiplier les démonstrations de tendresse avec l'un ou l'autre. Grant lui avait demandé de les laisser un peu profiter de leur mariage, mais c'était plus fort qu'elle.

Durant le repas, Emma reçut un coup de fil de la directrice de sa filière à l'université.

« Allo, Mlle Acquaviva ? C'est Mme Veroux... Je ne vous dérange pas ?

-Je suis à un mariage, mais allez-y... Que se passe-t-il ?

-Eh bien voilà, nous avons été contactés par un collège défavorisé d'Aix-en-Provence. Ils font une semaine de conférences pour leurs élèves, une par matière, faites par des étudiants. Ils m'ont contactée pour savoir si l'un de mes étudiants seraient d'accord pour en faire une en Histoire. J'ai pensé à vous, je sais que vous avez déjà travaillé avec les enfants...

-Oh eh bien oui, pourquoi pas ! accepta Emma. Avec plaisir. Est-ce qu'il y a un thème en particulier ?

-Vous pouvez choisir ce que vous voulez ainsi que la manière de le traiter. Je vous demanderais juste de le faire avec le plus grand sérieux et de ne pas le prendre à la légère.

-Oui, je comprends tout à fait madame. Ne vous inquiétez pas. Quand est-ce que ça aura lieu ?

-Attendez, je regarde dans mon agenda... Oui voilà... Le 23 mai. Vous clôturez la semaine de conférence. Par contre, ça ne vous laisse qu'une vingtaine de jours...

-Ce n'est pas grave, j'ai déjà dû faire plusieurs exposés de vingt minutes en une semaine alors... C'est à quelle heure ?

-Oh, c'est toute la journée. Je vous donnerais l'emploi du temps exact quand on se reverra. Vous aurez toutes les classes. Mais ne vous embêtez pas, faites la même pour tout le monde. Elles doivent durer environ une heure.

-D'accord. Dans quel collège ce sera ?

-Au collège de la Révolution. Voilà, je crois que vous savez tout... Si vous voulez, nous verrons les détails plus tard.

-La Ré... ?! Oh... Oui, pas de soucis. À bientôt alors !

-À bientôt ! Je suis désolée de vous avoir dérangée...

-Ce n'est pas grave madame. À bientôt ! »

Elle raccrocha, pensive.

« As-tu un soucis ? interrogea William, à ses côtés.

-Hein ? Oh, non, aucune. Je vais devoir préparer une conférence d'Histoire pour le collège d'Alex. Ils vont avoir une semaine où des étudiants viendront animer des conférences.

-Ce sera une excellent expérience pour toi. J'espère que Phantomhive ne s'attirera pas de nouveaux ennuis durant cette semaine et qu'il se tiendra tranquille.

-Je pense qu'il a compris. »

.oOo.

Éric et Alan s'embrassèrent passionnément avant d'entrer dans l'hôtel qu'ils avaient choisi pour leur nuit de noces. Main dans la main, ils entrèrent et récupérèrent la clef de leur chambre et y montèrent. Une fois à l'intérieur, leurs lèvres se scellèrent une nouvelle fois. Le blond s'employa à déboutonner le gilet d'Alan. Celui-ci le repoussa alors, gêné.

« A... Attends... pria-t-il. Deux secondes.

-Mais qu'est-ce que... ?

-Ne t'inquiète pas, je reviens. »

Étonné, Éric le vit partir dans la salle de bain. Pensant qu'il voulait prendre ses médicaments, il ne se posa pas de question. Cependant, voyant qu'il ne revenait pas, il s'inquiéta, comme toujours, et rejoignit Alan dans la pièce d'eau.

Celui-ci, à moitié nu, poussa un cri de surprise. Éric éclata alors de rire en voyant le caleçon dont était affublé Alan.

« Moi qui pensais ne pas avoir de chance ! rit-il.

-Ne rigole pas... grogna son époux. J'espérais me débarrasser de cette horreur avant que tu la vois... C'est absolument ridicule...

-Je le reconnais... Tu n'as pas encore vu ce qu'ils m'ont fait, mais toi, c'est pas mal aussi. Il faudra qu'on se venge. Dès qu'on en aura l'occasion, on se vengera. »

Alan était en effet affublé d'un caleçon noir, sur les fesses duquel avait été reproduit un pavé numérique. Au-dessus, on pouvait lire Taper le code avant d'entrer.

.oOo.

Deux jours plus tard, le lundi, Ronald se réveilla peu avant huit heures. Il sourit en voyant Clémence profondément endormie contre lui, la tête dans le creux de son épaule. Il caressa avec douceur sa longue chevelure et embrassa tendrement sa tempe.

« Mo ruin... murmura-t-il à son oreille, sachant qu'elle adorait quand il parlait Gaélique. Il est l'heure de se lever...

-Mmmh...

-Allez, debout... » susurra-t-il.

Elle bailla et leva ses yeux désormais phosphorescents vers Ronald.

« Bien dormi ? demanda-t-il.

-Oui... »

Il l'embrassa du bout des lèvres, mais elle approfondit leur baiser avec passion.

« C'est dommage que tu ne puisses pas rester, mon cœur, regretta-t-elle. J'aurais passé ma journée dans tes bras...

-Rien ne t'en empêche puisque tu viens avec nous, même si ce ne sera pas dans un lit mais à la...

-Hein ?! s'exclama-t-elle tout à coup. Comment ça, je viens avec vous ? Je ne comprends pas...

-Le patron ne t'a pas mise au courant ? s'étonna Ronald.

-Au courant de quoi ?

-Eh bien, vu que tu es devenue Shinigami, tu vas venir avec Grell et moi protéger Richard.

-Sans Death Scythe ? Alors que je ne sais rien faire ?

-Ça sera comme une formation, expliqua Ronald. Tu verras comment on travaille sur le terrain, d'autant que tu seras sûrement intégrée à notre équipe une fois ta formation académique finie, vu que tu es au courant de tout...

-Et... Et je devrais continuer les entraînements intensifs que vous me faites ?! s'épouvanta-t-elle.

-Bien sûr... Tu as énormément de retard pour l'Académie et tu y rentres en Septembre... Il faut que tu te mettes le plus à niveau possible.

-Mais... Je ne tiendrais jamais ! Entre tout... Et comment ça se fait que personne ne m'ait mis au courant ?!

-Le patron devait te le dire... Peut-être qu'il a cru que j'allais m'en charger. Je suis vraiment désolé, je pensais que tu étais au courant !

-Je vais au moins essayer de voir le bon côté des choses, grommela-t-elle. On passe la journée tous les deux. »

.oOo.

Clémence avait eu raison d'essayer de voir le bon côté des choses. Les cours furent terriblement ennuyeux pour elle. Étant en Master d'Archéologie et ayant déjà une Licence d'Histoire, elle avait déjà tout vu. Elle passa ainsi la moitié du cours de la matinée la tête sur l'épaule de Ronald et l'autre moitié à discuter avec Grell. Richard était trop occupé à rêvasser en regardant Céline, ce que n'avaient pas manqué de remarquer les filles. C'était d'ailleurs leur sujet de conversation.

« Alors ? ricana la rousse en sortant de l'amphithéâtre à midi. Elle a l'air de t'avoir tapé dans l'œil, cette fille...

-Hein ? Mais non, se défendit le comte en rougissant, tu dis n'importe quoi. C'est juste une copine de cours...

-À d'autre ! Tu l'as regardé pendant les deux heures de cours magistral...

-Bien sûr que non ! Je... Je calculais des probabilités de...

-Comme si on allait te croire ! pouffa Clémence.

-Ah ! Quand il s'agit d'amour, les hommes sont tous les mêmes ! fit tragiquement Grell. Dans le déni le plus total ! N'est-ce pas Ronnie ?

-Pourquoi tu t'adresses soudainement à moi ? s'étonna l'Écossais.

-Oh, je ne sais pas... Tu as quand même été long à la détente avec Clém'... »

Il haussa vaguement les épaules, faisant rire sa petite-amie.

Après avoir mangé, ils se dirigèrent vers la salle où Emma et Druitt donnaient les cours de méthodologie. Clémence fit un petit signe discret à son amie qui le lui rendit. Si elle avait espéré ne pas se faire remarquer, ce fut peine perdu quand le vicomte débarqua en fanfare dans la salle.

« OH ! Mon petit cardinal rouge aux côtés de son cher Écossais ! Cela faisait si longtemps que je ne vous avais vu ! Très chère Clémence, Cupidon est donc toujours au rendez-vous ! J'en suis si heureux pour vous !

-Merci...

-Mais voilà que je délaisse ma tendre fleur de coquelicot... Ô mon Emma, je manque à tous mes devoirs ! déclama-t-il en se mettant à genoux devant elle. Veuillez me pardonner cette injustice. Mais n'ayez crainte ! Vous êtes toujours la seule et l'unique dans mon cœur ! Je vous aime Emma et sachez que je ne renoncerais jamais à conquérir le vôtre ! Un jour, je vous coifferais le homard bleu de l'amour !

-Si vous voulez... grogna la brune. En attendant, si on commençait le cours ? Et un peu de silence dans le fond ! »

Grell, Richard, Clémence et Ronald étaient pliés en deux de rire devant la tête que faisait Emma. Ils se reprirent cependant et les exposés purent débuter. Lorsqu'ils furent passés, Emma déclara qu'elle allait donner les prochains sujets. Elle fut alors coupée par Druitt, surexcité, qui la supplia de lui laisser les annoncer à grand fort de mignon petit coquelicot. Excédée, elle le laissa faire.

« Eh bien, mes chers agneaux en sucre, commença-t-il avec un large sourire, comme à chaque fois, il y aura deux exposés ! Ils concerneront l'époque victorienne... Le premier, sans grand intérêt, est Les Relations entre la reine Victoria et l'empereur Napoléon III. Quant au second... Ah ! Joie ! Grâce à lui, vous découvrirez un peu ce meeeerveilleux homme qu'était Aleister Chamber, vicomte de Druitt, qui fut l'un de mes prédécesseurs et l'oncle de mon ancêtre ! Tout comme moi, il adorait la beauté et...

-Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, coupa sèchement Emma tandis que Grell faisait semblant de vomir, le sujet n'est certainement pas le vicomte de Druitt !

-Oh ! Je m'égare ! Pardonnez-moi m'amie aux lèvres fleuries ! Le sujet est... »

Il laissa un instant de suspens, mais voyant que les élèves n'en avaient rien à faire, il déclara :

« Jack l'Éventreur ! Le sujet sera Jack l'Éventreur ! Comme vous le constaterez dans vos recherches, mon ancêtre fut accusé, bien qu'il fût innocent ! D'ailleurs, Yana Toboso, une mangaka, a repris cela dans Black Butler ! C'est magnifique, n'est-ce pas ? »

Il prit le petit sourire amusé d'Emma qui regardait Grell lever les yeux au plafond pour une approbation. La professeure tira alors au sort les victimes qui auraient à préparer les sujets pour dans quinze jours. Le premier tomba sur Céline qui parut satisfaite. Emma reprit son stylo et le laissa tomber au hasard sur sa feuille. Elle regarda le nom et manqua éclater de rire.

« Clémence Curiel !

-Quoi ?! s'insurgea celle-ci. C'est une blague j'espère !

-On parle autrement à ses professeurs ! rit la brune. Et non, ce n'est pas une blague. Vous passerez sur ce sujet dans quinze jours.

-Mais Em... Madame ! J'ai un boulot de dingue ! répliqua-t-elle à son amie en pensant à tous les entraînements qu'elle subissait. Et il est hors de question que je passe sur un tel sujet !

-Je comprends qu'il puisse s'agir d'un sujet sensible, répondit Emma, mais vous devez vous comporter en historienne et passer outre tout cela. Vous passerez dans quinze jours sur le sujet Jack l'Éventreur.

-Allez, fais pas cette tête, rigola Grell. Je te donnerais un coup de main.

-Ça, c'est hors de question ! rétorqua Clémence. Je n'ai aucune envie de savoir le genre de détails que tu pourras m'apporter. »

.oOo.

Dans le bus qui les ramenait au Domaine des Milles, Ronald s'accrochait à une barre pour ne pas tomber et Clémence se tenait à lui, pestant contre Emma et ses sujets.

« Je te déteste, tu entends !

-Mais oui, moi aussi je t'aime ! s'esclaffa l'intéressée.

-Tu pouvais pas le donner à celui ou celle qui en dessus ou en dessous de moi ?! Tu sais bien que je n'ai pas que ça à faire !

-Ça n'aurait pas été aussi drôle...

-Attends, tu te rends compte de tout ce que je fais en ce moment ? J'ai les entraînement pour l'Académie, je dois t'aider pour ta conférence, je dois suivre Richard partout alors que je suis une bille... Et en plus tu me demandes de faire ton foutu exposé sur un sujet dont je ne sais absolument pas quoi dire !

-Hey ! s'offusqua Grell. Merci ! Je suis ton sujet d'exposé et tu oses dire qu'il n'y a rien à dire sur...

-Mais oui, c'est ça ! railla Clémence. Je vais dire devant la classe : alors voilà, Jack l'Éventreur est une Shinigami du nom de Grell Sutcliff et une femme du nom de Madame Red. Mais si, vous savez ! Black Butler de Yana Toboso ! C'est d'ailleurs mon manga préféré. Enfin, c'était jusqu'à ce que je découvre que tout est réel, que je sorte avec Ronald Knox et que je me transforme en Shinigami contre ma volonté. D'ailleurs, si vous croisez Sebastian Michaelis, dites-lui que ce n'est pas la peine de s'en prendre à moi, je ne ferais rien contre lui de toute façon. Au fait, j'allais oublier... Jack l'Éventreur est la rousse dans le fond, oui celle-là, celle aux yeux verts et habillée en rouge...

-Tu n'as pas à dire qui je suis ni pourquoi je l'ai fait, rétorqua Grell, mais tu peux parler de l'enquête humaine, des suspects, de l'engouement qu'il y a eu autour... Et parle de Druitt, ça fera plaisir à l'autre imbécile.

-C'est sûr que je ne vais parler de l'enquête Shinigami.

-Et comment ça, transformée contre ta volonté ? grimaça Ronald. Grâce à cela, nous pourrons passer l'éternité ensemble.

-Et je vais voir vieillir et mourir tous ceux que j'aime ! désespéra-t-elle. Ma famille, mes amis... Il ne me restera que Grell et toi. Éric et Alan aussi...

-Justement, on sera là pour toi... souffla le blond en l'embrassant.

-Au fait Emma, pourquoi tu as sorti un tel sujet en sachant que tu connaissais Grell ? interrogea Clémence après le baiser de Ronald.

-J'ai préparé les sujets au premier semestre, répondit Emma. Je ne savais pas que Black Butler existait vraiment et encore moins qu'on rencontrerait les Shinigami ! Ce sujet me paraissait intéressant par tout ce qu'il implique : une photographie de la société victorienne, le premier meurtrier en série aussi connu, l'implication de la presse, le... Euh... Je suis en train de te faire ton exposé là...

-De toute façon, pour ce que je vais pouvoir en dire... Ça aurait été plus simple si on avait pas rencontré les Shinigami.

-Mais si vous ne nous aviez pas rencontré, fit malicieusement Ronald, nous ne serions pas ensemble...

-Et Emma ne serait pas dans une chaise roulante... répondit-elle sur le même ton.

-Là, je suis d'accord avec toi. » soupira cette dernière.

Ils arrivèrent bientôt à destination et descendirent du bus de ville pour entrer dans le Domaine. En passant devant l'endroit où elle avait rencontré Virgile, Grell eut un sourire triste. Il lui avait dit d'oublier William et de passer à autre chose. Elle l'avait fait en tombant amoureuse d'Undertaker. Peut-être aurait-il mieux valu que tout reste en l'état plutôt que de penser sans cesse au dissident. Elle souffrait sûrement plus qu'avant, sachant très bien que cet amour était interdit et puni de mort. Bien que cela eût un côté terriblement romantique digne de Roméo et Juliette, elle était consciente que sa passion ne pouvait certainement pas être partagée par Undertaker qui la voyait uniquement comme sa Traqueuse.

« Grell ? Ça va ? »

La rousse tourna la tête vers Clémence.

« Oui, répondit-elle en souriant. Je suis juste un peu fatiguée. »

Ils parvinrent tous à l'appartement où William était déjà, occupé à corriger des copies d'Éthique. Peu de temps après, Éric, Alan et Alexander les rejoignirent. Le frère du comte paraissait en état de choc.

« Que s'est-il passé ? s'inquiéta le chef d'équipe, malgré son apparent stoïcisme.

-Oh rien ! rit Éric. Il est juste outré par un cours.

-C'é... C'était ignoble ! Mr. Spears, je refuse de remettre les pieds dans ce collège, exigea tout à coup Alexander.

-Et pour quelle raison ? s'étonna William en replaçant ses verres avec sa Death Scythe.

-Mais voyons ! Ils nous ont... Ils nous ont... Nous avons eu un cours sur... sur cela.

-Cela quoi Phantomhive ? soupira le brun. J'ai beau être un Kami, je ne suis pas capable de lire dans vos pensées.

-Eh bien... Vous savez bien... Cela, insista Alexander sans être plus explicite et faisant rire Éric.

-Vous êtes insupportable Phantomhive. Non, je ne vois pas de quoi vous parler. Slingby, vous semblez être au courant. Au lieu de rire, expliquez-moi ce qui s'est passé au collège aujourd'hui.

-Ils ont eu un cours d'éducation sexuelle aujourd'hui. Les intervenant leur ont appris tout ce qu'il fallait savoir sur le sujet, notamment comme mettre un préservatif, et il se trouve que ce cours a profondément outré M. Alexander Phantomhive... se moqua Éric.

-Oh je vois... Cela n'a rien de choquant pourtant. Vous devez bien savoir quoi faire. »

Tous les regards se tournèrent vers lui, étonnés.

« Que se passe-t-il ? demanda-t-il, ne comprenant pas pourquoi il était tout à coup le centre de l'attention.

-Eh bien, en vérité... C'est assez étrange de vous entendre dire ça, monsieur... avoua Alan un peu gêné.

-Pourquoi donc ?

-D'ordinaire, patron, expliqua Ronald, vous êtes plutôt... vieille école sur ce genre de question...

-Vraiment Knox... soupira William. Même si je n'ai clairement pas le même point de vue que vous sur cela, nous sommes nés à une époque où l'éducation sexuelle n'était pas de simples mots. Pour les hommes tout du moins.

-Que c'est ignoble ! s'offusqua Alexander, absolument horrifié. Ce genre de choses ne se fait pas avant le mariage !

-Pour une femme, certes, mais ce n'est pas le cas pour un homme, contredit le brun. J'ai moi-même été initié comme il se devait. »

Emma, Clémence et Richard se regardaient avec l'air de vouloir disparaître et d'échapper à la conversation. Alexander était profondément révolté par de tels pratiques.

« C'est tout simplement une honte ! répondit-il. Cela aurait dû être interdit. C'est quelque chose qui ne se fait que dans le cas de la reproduction et rien d'autre...

-Oui enfin... C'est quand même bien agréable figure-toi, répondit Éric. Que je sache, on a tous été initiés avec une servante ou une prostituée. C'était absolument normal à l'époque. Moi, c'était une prostituée...

-Moi aussi, continua Alan. C'est comme ça que j'ai su que que les femmes, ce n'était pas pour moi. Ça a été ma seule expérience d'ailleurs.

-J'ai pas vraiment de préférence, continua son époux en fronçant les sourcils. Sexuellement parlant, je veux dire, je serais incapable de le faire avec quelqu'un d'autre que toi maintenant mais...

-Hein ?! s'écria Ronald. Comment ça ? Je croyais que c'était Alan qui t'avait fait changer de bord !

-Non, je suis bissexuel, répondit Éric, mais tu ne l'as jamais su parce que quand tu as fini tes études et que tu es venu sur notre secteur, on est entré en compétition pour les femmes. Deux séducteurs au même endroit, ce n'est jamais bon ! Mais bon, on est casé tous les deux désormais. N'est-ce pas ? »

Alan rajouta un discret mais grognon Il y a intérêt ! qui fut approuvé par Clémence.

« Et toi, ça c'était passé comment ? demanda Éric à Ronald.

-Moi ? éclata-t-il de rire. Je me suis initié tout seul : je n'ai pas eu besoin de la servante à qui mes parents ont demandé de le faire pour commencer. J'avais déjà eu un ou deux rapports avant. Aïe ! »

Clémence venait de le cogner à l'arrière de la tête, comme Richard le faisait avec son petit frère.

« Pourquoi tu m'as frappé ?

-J'te jure ! Parce que tu n'es pas obligé de parler de tes ex avec autant de fierté. C'est tout ! Je sais très bien que tu en as eu un nombre incalculable, mais ce n'est pas une raison pour ramener ton tableau de chasse devant moi.

-Jalouse ? » sourit-il.

Il voulut l'enlacer, mais elle lui mit une tape sur la main. Ils commencèrent à se chamailler comme des enfants, jusqu'à ce que Ronald attrape les poignets de Clémence et fanfaronne :

« Alors ? Que vas-tu faire maintenant ? »

Elle se mit à rire avant de répliquer :

« Cogner sur les portes avec votre tête, Ronald Knox ! Et si ça ne les fracasse pas, et qu'on me libère un peu de toutes vos questions idiotes, j'essayerai de trouver la formule d'ouverture.

-Rah ! Arrête de me sortir des citations de Gandalf !

-Ah ça jamais ! En plus, ça marche du tonnerre ! Tu m'as lâchée !

-On dirait deux gosses... soupira Alan.

-Oui... Et on disait quoi, l'initiation ? enchaîna Éric histoire de les laisser à leurs chicaneries d'amoureux dans leur coin.

-En ce qui me concerne, ce fut avec une servante également, répondit William. Cependant, je ne fus certainement pas comme Knox à chercher ce genre de chose avant. Vous avez dû décevoir vos parents...

-Moi ? Même si je pense que mon père s'en doutait un peu, répondit Ronald en tentant d'attraper à nouveau les poignets de Clémence qui se débattait, ma mère n'en a jamais rien su et c'est mieux ainsi... Aïe !

-Tu l'as cherché ! rit la jeune femme après lui avoir griffé le bras avec ses longs ongles.

-Attends, tu vas voir...

-AAAAH ! Arrête ! rigola-t-elle. Tu me chatouilles !

-C'est le but...

-Et toi Sutcliff ? continua Éric comme si de rien n'était, tentant de ne pas faire attention à l'autre couple.

-De quoi moi ?

-Ben... Que tu le veuilles ou non, à l'époque de notre adolescence, tu étais un homme... Alors je me demandais comment ton initiation s'était passée... »

Grell eut un large sourire, légèrement sadique. Le blond se demanda un instant si elle n'avait pas étripé au sens propre la prostituée chargée de son éducation sexuelle. En vérité, elle savait qu'il avait cherché à la piéger, à l'obliger à reconnaître qu'elle avait été ou était un homme. Cependant, elle pouvait parfaitement le prendre à son propre piège, rien qu'avec la vérité.

« Pour tout te dire, je viens d'une famille sûrement aussi prestigieuse et aussi riche que les Spears, répliqua-t-elle. J'aurais dû être initiée par une servante, comme cela se faisait, mais j'ai dit à mes géniteurs que je préférais une... professionnelle. Une prostituée. Ils en ont choisi une qu'ils ont payé à prix d'or et moi, je l'ai payée le double pour ne rien faire mais pour qu'elle dise à ma famille que je l'avais quand même fait.

-T'as... payé pour ne rien faire ?

-C'est ça...

-Dites donc vous deux, ça suffit maintenant ! » ordonna William à Clémence et Ronald.

À force de se chamailler et de faire de grands gestes, ils avaient failli faire tomber la carafe d'eau en verre.

« Et euh... Enfin, c'est débile de payer pour rien faire, non ? continua Éric.

-Pas si tu ne veux rien faire justement, répliqua Grell. J'allais quand même pas le faire avec une femme... Je suis pas lesbienne !

-Tu disais que tu faisais partie d'une famille importante ? demanda Alan intrigué. Je ne savais pas...

-Enfin ça, c'était avant... Ça n'a guère d'importance aujourd'hui, grinça Grell qui se rendait compte qu'elle avait ouvert sans le vouloir un sujet douloureux.

-Tu viens de quelle famille ? interrogea Ronald.

-Les Sutcliff, bougonna-t-elle. Logique non ?

-Les Sutcliff de Southampton, intervint William qui voulait visiblement venir en aide à la rousse. Vous ne connaissez peut-être pas Neal Sutcliff qui est le chef du secteur d'Hampshire depuis très longtemps, mais vous connaîtrez sûrement Clarence Forester.

-Clarence Forester ?!

-Lord Forester ?!

-Tu es de la famille de Lord Forester ?! »

Grell jeta un regard assassin à William. Alors qu'elle tentait depuis toujours d'oublier ce que sa famille lui avait fait et de tout garder pour elle, il dévoilait tout aux autres. William comprit qu'il avait encore été trop maladroit. Il savait que le sujet était sensible pour la rousse, il l'avait bien vu quand il lui en avait parlé. Il avait simplement tenté d'appliquer les conseils d'Emma pour la sortir de ce mauvais pas. S'il répondait, les autres arrêteraient de poser des questions, non ?

« Oui, répliqua-t-elle avec rage, je suis la petite-fille de Clarence Forester. Mais avant que vous me posiez plus de question, sachez que le jour de sa mort, pendant que vous observiez tous une minute de silence, je suis allée fêter ça avec une bouteille de champagne. Donc vous comprendrez que je le détestais et que je n'ai aucune envie de parler de lui. »

Elle se leva et, après un nouveau regard noir à William, sortit du salon, laissant un silence qu'Alexander finit par trancher :

« Qui est ce Lord Forester ? Je connais pourtant toutes les familles nobles, mais je n'ai jamais entendu le nom de Clarence Forester...

-Il était Secrétaire d'État d'Angleterre, expliqua William. C'est-à-dire, il dirigeait l'Angleterre Shinigami, au-dessus des chefs de secteur et sous les ordres du Ministre européen. Le titre de Lord est celui que l'on donne en s'adressant au Secrétaire anglais, d'où le fait que vous n'ayez jamais entendu parlé de lui. C'est un très haut poste. Lord Forester l'a occupé très longtemps avec brio. Il était très puissant, très intelligent... Il a fait beaucoup contre les Démons en Angleterre. Il était très apprécié parmi les Shinigami, même si ses déboires avec les Traqueurs l'ont empêché de faire partie de la Garde. À ce qu'il paraît, il n'était guère aimé des Prétoriens.

-Que c'était-il passé ? demanda Emma.

-Pour autant que je sache, il était en conflit avec le Chargé des Démons de l'époque, Franz Brückener, pour des raisons personnelles. Mais il a changé cela en affaire d'État et a tout fait pour mettre des bâtons dans les roues des Traqueurs de Démons.

-C'était stupide non ? fit Richard. Les Traqueurs ont un travail important et, d'après ce que j'ai compris, les Shinigami font généralement rien pour l'entraver...

-Le problème, c'était qu'à l'époque, la Traque des Démons était de plus en plus remise en cause. Cette prérogative de la Garde paraissait inutile et certains Faucheurs pensaient qu'ils étaient tout à fait capable de vaincre eux-même les Démons quand ils en trouvaient un. Ce n'était pas par orgueil, mais par logique et par amour du travail vite et bien fait. Normalement, lorsque nous nous retrouvons face à un Démon volant des âmes, nous devons protéger ces dernières, puis avertir les Traqueurs qui s'occuperont du voleur. Cela évite aux Faucheurs de se faire tuer inutilement. Bien entendu, ils peuvent tout à fait tuer le Démon en question en défendant les âmes s'ils en ont la possibilité, même s'il est préférable de le laisser aux Traqueurs...

« Mais à cette époque, pour une raison que j'ignore totalement, seuls des Démons peu puissants sortaient de l'Enfer et même un élève de l'Académie aurait pu les vaincre sans problème. Du coup, beaucoup pensait qu'avertir la Garde ne servait à rien et que l'on pouvait aisément se passer des Traqueurs de Démons, permettant d'éliminer plus vite ces bêtes sauvages. Bien entendu Lord Forester a pris parti contre Brückener et Mr Sørensen qui défendaient leurs hommes. Brückener a fini par avoir les épines de la mort et est devenu Secrétaire d'État du Saint Empire Romain Germanique en 1701 avant de mourir en 1744. Lord Forester a continué à prôner la fin des Traqueurs de Démons. Quant il a eu suffisamment de personne de son côté en Angleterre, il a demandé au Conseil de la Mort de faire un essai : plus un seul Traqueur sur son sous-secrétariat, les Faucheurs s'occupaient des Démons.

« Et cela a marché très rapidement. À vrai dire, il n'y avait plus le moindre Démon en Angleterre. Quand j'ai commencé à faucher, en 1767, notre Secrétariat était même montré en exemple... Jusqu'à la tragédie.

-La... la tragédie ? fit Clémence, captivée par les paroles de William.

-En 1837, le Préfet du Prétoire est venu deux jours en Angleterre, notamment pour féliciter Lord Forester de son travail, mais il a été assassiné par un de ses proches qui a ensuite déserté, Marius Artorius Serius. Lord Forester a été accusé de négligence par le Prétoire qui a fait remarquer que si les Traqueurs avait été en Angleterre, ils auraient pu éviter ce drame.

« Lord Forester avait en effet refusé qu'il y ait le moindre Garde à cette réunion, hormis les gradés, afin de prouver que ses Faucheurs pouvaient même assurer le service d'ordre d'un événement d'une telle importance.

« Le Secrétaire d'État s'est senti coupable à ce qu'il semble et a reconnu ses tords. Il a déclaré qu'il traquerait lui-même l'assassin. Deux ans plus tard, il a été tué au Loch Ness, le Pont de l'Enfer de Grande Bretagne. Apparemment, Artorius s'y était réfugié parce que personne n'aurait pensé qu'un dissident aille à un endroit autant surveillé par les Shinigami. »

Il y eut un nouveau silence durant lequel William remit en place ses lunettes.

« Le meurtrier court toujours alors ? interrogea Emma.

-Oui, répondit Eric, mais l'assassinat d'un Préfet du Prétoire ne restera pas impuni. L'enquête des Traqueurs de déserteur est toujours en cours. Seulement, savoir qui est le meurtrier ne servira à rien. Encore faut-il le trouver et il paraît qu'il n'y a plus la moindre trace d'Artorius.

-J'ai entendu dire qu'il était mort aussi, nota Ronald. Il paraît qu'il avait les épines de la Mort. Après, est-ce que c'est vrai ou non, je l'ignore.

-Ce n'était pas qu'une rumeur, confirma Alan. Quand je suis tombé malade, je trouvais que c'était absolument injuste et j'ai beaucoup parlé avec un médecin qui m'a dit que ça pouvait ne pas l'être. Il m'a dit qu'Artorius était aussi malade et avait dû mourir peu de temps après avoir commis son assassinat. Mais bon, être comparé à un meurtrier n'est pas la meilleure chose pour vous remonter le moral...

-Une chose est sûre... continua William. Le Shinigami qui aurait trouvé ce meurtrier aurait été sans pitié pour lui. »

.oOo.

Undertaker observait pensivement le Domaine des Milles dans la lumière rougeoyante du coucher de soleil. Il s'était installé en haut d'une tour, assez loin pour sortir du champ de perception de William mais assez près pour le sien. Le Mistral valsait dans sa chevelure d'argent et dégageait son regard de dieu de la Mort.

Il réfléchissait à tout ce qui s'était passé depuis un mois. Heureusement que Jérôme Martin était le voisin direct de la petite équipe, laissant une longueur d'avance au déserteur... Il n'aurait jamais imaginé que Richard se fasse attraper si rapidement. Qu'Alexander le trahisse ne l'étonnait en revanche même pas. Il s'était toujours méfié de lui et n'avait jamais rien dit de compromettant devant lui, même le nom de Kayden Tjinmin.

Ronald Knox s'était fait assigner à résidence mais avait été libéré quand Clémence Curiel avait été transformée en Shinigami. De ce desmos inattendu, il ne savait que penser. Ça ne l'arrangeait pas plus que ça ne le gênait.

Éric Slingby et Alan Humphries s'étaient mariés. De cela aussi, il ne se sentait pas concerné. Ce n'était pas son problème.

Cependant, il avait l'impression que l'équipe de Traqueur s'occupait plus de leurs histoires de cœur ces derniers temps que de leur travail. D'un côté, il en était bien content, il était un peu tranquille pour résoudre ses propres affaires sans avoir toujours peur de se faire repérer. Pourtant, d'un autre côté, il se demandait si tout cela était bon pour les Phantomhive. Ce relâchement ne risquait-il pas de conduire à une catastrophe ?

Il savait de source sûre que Sebastian et Amber ne bougeaient pas pour le moment. Ils cherchaient désespérément à localiser Richard et Alexander. Mais cela ne signifiait pas pour autant qu'ils ne préparaient rien.

Tout était calme ces derniers temps. Trop calme. Comme avant une tempête.

Un sourire se dessina sur ses lèvres fines. Il espérait que la tempête se déclencherait bientôt. Avec de la chance, voir se débattre ces amusants Shinigami qui tentaient de l'attraper serait un divertissement des plus risibles. Tant que les âmes des Phantomhive n'étaient pas dévorés, il avait toutes les raisons de rire.

Observer le si sérieux William tenter par tous les moyens de piéger le si intelligent Richard ou se débrouiller comme il pouvait avec une équipe qui n'en était pas une, regarder Alexander pourrir la vie de toute le monde... Alors qu'au-dehors, un Démon les recherchait. Tout cela était vraiment drôle. Ses Traqueurs s'en rendaient-ils au moins compte ?

Il leva ses yeux myopes au ciel et observa les quelques nuages dans l'immensité flamboyante du ciel. L'un des petits cumulus lui fit penser à une chouette et son sourire se fit triste, nostalgique, lui rappelant un lointain passé depuis longtemps perdu. Il se mit à repenser à toutes ses années de désertion. Sans qu'il ne s'en rende compte, sa main effleura les médailles funéraires qu'il portait à la ceinture.

Il détourna les yeux de la forme éthérée et regarda le Soleil disparaître dans un dernier éclat écarlate. Cet ultime rayon lui fit penser à Grell.


Et voilà ! Beaucoup de révélations qui se seront capitales pour la suite, comme vous vous en doutez. ^^
Prochain chapitre : "Conférence"
Au programme : une conférence d'Histoire, un journal et le consulat anglais.

A la prochaine !