Salut !

Voici le deuxième chapitre de la soirée avec la fameuse conférence d'Emma ! J'espère qu'elle vous plaira. Je tiens à préciser que, bien entendu, tout ce qui y est dit est vrai, même ce qui peut vous paraître étrange. XD Comme dirait ce cher Obélix : "Ils sont fous, ces Romains !"

Bonne lecture !


CHAPITRE XXXII : CONFÉRENCE

Le petit appartement était complètement silencieux en cette douce nuit de la mi-mai. Seule Grell, dans son sommeil, s'agitait. Elle avait toujours beaucoup bougé, mais cette nuit-là était pire que les autres. Elle rêvait de sa dernière lutte avec Sebastian et, au moment où Undertaker l'attrapait pour la sauver, elle eut le réflexe de donner un grand coup de pied.

Un hurlement de douleur retentit.

William se réveilla en sursaut. Il attrapa son élagueur et ses lunettes, toujours à portée. Il était prêt pour le combat. Grell se releva violemment, ne comprenant pas ce qui se passait, hormis qu'elle avait l'impression de ne plus avoir de tympan. Les autres occupants de l'appartement accoururent, paniqués.

« Qu'est-ce qui se passe ? angoissa Alan.

-C'est Sebas-chan ?! On nous attaque ?! demanda Éric.

-Que c'est ignoble ! Nous allons mourir ! s'indigna Alexander. C'est de votre faute, vous ne savez nous protéger correctement !

-La ferme Alex ! ordonna Richard. Tu vois bien que notre sœur n'est pas là !

-Qui a crié ?! s'inquiéta Clémence.

-Tout va bien ? » continua Ronald.

Emma se tordait douleur dans son lit. La rousse avait en effet donné un grand coup dans le pied blessé de la jeune femme. Elle souffrait autant que le jour où la scie d'Éric avait tranché sa chaire. Des larmes de douleur coulaient sur son visage.

William rétracta sa Faux de la Mort. Il obligea Grell à se lever et chercha une dose de morphine. L'infirmière les avait fortement diminuées, Emma n'en ayant plus vraiment besoin. Il espérait que ça suffirait à calmer son horrible souffrance.

Quand il en trouva, il s'assit à côté de la brune qui eut le réflexe de s'accrocher à lui en serrant les poings sur son pyjama.

« Détends-toi un peu ou je ne pourrais pas te faire cette piqûre... pria-t-il stoïquement.

-Si tu crois que c'est facile, j'aimerais bien t'y voir ! Je n'y arrive pas figure-toi !

-Je risque de te faire mal.

-Un peu plus ou peu moins, je suis pas à ça près ! »

William soupira, remonta ses verres et prit la main crispée d'Emma, l'obligeant à tendre le bras. Elle lui résista malgré elle, mais le Shinigami n'eut aucun mal à lui injecter la morphine.

Elle resta cependant accrochée à lui, le temps que l'antidouleur fasse effet. William, ne sachant que faire, tapota son épaule en lui disant que, de toute façon, il fallait le temps que cela passe. Qu'il n'y avait rien à faire en attendant.

En résumé, qu'elle allait souffrir le martyr jusqu'à ce que la drogue atténue la douleur.

« Mais qu'est-ce qui s'est passé ? répéta Alan en s'approchant d'elle.

-Je ne sais pas !

-Je... Je crois que c'est moi... avoua Grell. Je bouge beaucoup la nuit et... Je crois que je t'ai donné un coup de pied.

-Merci Grell !

-Désolée.

-Essaye de ne pas penser à la douleur, Emma, conseilla William. Pense à autre chose... Je ne sais pas moi... Ton mémoire par exemple, à ces maudits hospicio... »

La brune rit de son effort mais déclara :

« Bien essayé, mais ça ne marche pas...

-La morphine ne tardera pas à faire effet. En attendant, il faut trouver une solution : Sutcliff ne va rester dormir dans ton lit. Si on considère que... hem... Slingby-Humphries et Slingby-Humphries vont dormir ensemble...

-Vous savez monsieur, s'amusa Alan, vous pouvez continuer à nous appeler Slingby et Humphries si c'est plus pratique pour vous.

-Il a raison patron, confirma Éric. Ça sera plus simple ou on ne s'en sortira jamais...

-Mais ce ne sont plus vos noms officiels...

-Ce n'est pas grave.

-Bien, dans ce cas... Toujours est-il que vous resterez ensemble. Et je suppose que Miss Curiel et Knox voudront faire de même...

-Évidemment ! s'exclama Clémence, faisant rire Ronald qui l'embrassa dans le cou.

-Emma, continua William après avoir jeté un regard noir à la nouvelle Shinigami pour l'avoir coupé, il ne reste que les Phantomhive et moi-même pour...

-Je ne veux pas Alex ! s'épouvanta la jeune femme. Il ronfle, je ne pourrais pas dormir ! Si je dois dormir avec l'un d'eux, se sera Richard !

-Que tu es ignoble...grogna l'adolescent. Je ne ronfle pas, vous vous faites tous des idées.

-J'ai également le sommeil léger ! remarqua le chef d'équipe. Je ne supporterais sûrement pas d'être dans la même pièce que Phantomhive.

-C'est un complot ! s'indigna Alexander. Je ne ronfle pas ! Un Phantomhive ne ronfle pas ! Vous vous êtes tous ligués contre moi ! Je...

-Veuillez vous taire, je vous prie, Phantomhive, coupa froidement William. Ce n'est certainement pas insultant que de dire que vous ronflez. Ce n'est qu'énoncer des faits et la vérité. Quoi qu'il en soit, il me semble que la chose est claire. Emma, je vais devoir dormir avec toi. Je tiens à te dire qu'en tant que gentleman, tu n'as aucune inquiétude à avoir.

-Débrouillez-vous comme vous voulez ! J'ai trop mal pour réfléchir à tout ça ! »

.oOo.

Le lendemain matin fut difficile. Ils se réveillèrent tous en même temps, devant se rendre au collège de Révolution où était Alexander. La conférence avait lieu ce jour-là dans le gymnase. Heureusement, Emma souffrait beaucoup moins.

Ayant choisi de parler de l'enfance à Rome, elle avait décidé de se costumer et avait revêtu une longue tunique blanche sous une robe marron aux bordures dorées. Elle s'entoura d'une belle palla d'une belle couleur or aux reflets brun, puis se fit le teint. Clémence, à qui elle avait demandé de l'accompagner sur l'estrade, se revêtit d'une tunique blanche, d'une robe jaune bordée de rouge et d'une palla bordeaux, avant de réaliser une tresse pour la remonter en chignon. Elle laissa cependant une mèche sur le devant qu'elle boucla avec son fer.

« Tu ne ne te maquilles pas plus ? s'étonna Grell pendant ce temps à l'adresse d'Emma.

-Ça ne va pas la tête ?! s'exclama cette dernière. C'était horrible ce qu'elles faisaient à l'époque !

-Ah bon ?

-Elles se blanchissaient la peau, se mettait du noir, de l'écarlate, du jaune, du bleu ou du vert très vifs sur les yeux, les joues roses ou rouges et bien voyantes, les lèvres rouges et les tempes bleuies. Sans parler qu'elles s'épaississaient les sourcils...

-Les tempes bleuies ? Ça doit pas être très beau, en effet...

-C'est tout ce qui te gène dans le maquillage ?!

-Tu sais, j'ai grandi au XVIIIième siècle. À part pour les lèvres, c'était à peu près le même maquillage. Oh ! Ça te dit que je te maquille ? Je sais comment on fait pour ce genre de maquillage !

-C'est hors de question que je fasse un truc aussi moche !

-S'il te plaît ! supplia Grell, toute excitée. Ça sera rigolo ! Et historique !

-Je sais pas de quoi vous parlez, rit Clémence depuis la salle de bain, mais Grell a raison ! Faut que se soit historique !

-Ah ben dans ce cas, Grell va s'occuper de toi !

-Oui ! Hu hu hu ! gloussa la rousse en allant rejoindre sa deuxième amie. Tu vas voir, ça sera super !

-C'est quoi, que tu as l'intention de me faire ? se méfia tout à coup Clémence.

-Un maquillage romain ! Ça ressemble assez à ce que je faisais quand j'étais adolescente alors ça sera facile pour moi !

-Même pas en rêve ! s'horrifia la jeune femme.

-Ah non ! Tu as dit que ça devait être historique ! rit Emma depuis sa chambre.

-Pas à ce point !

-Mais si, mais si ! insista Grell. Allez ! S'il te plaît ! Ça sera génial !

-De toute façon, on a pas assez de fard blanc ! contredit Clémence. Ce n'est pas la peine de...

-Attends ! J'ai une palette spéciale déguisement ! rassura avec ironie la brune. Dessus, j'ai du blanc en grande quantité ! »

Grell gloussa et alla chercher le maquillage d'Emma au grand dam de leur amie. Elle déclara alors au reste de la maisonnée que personne ne devait la déranger pendant qu'elle grimait Clémence afin de préserver la surprise. Elle sortit sa Death tablet pour regarder sur internet quelques conseils en maquillage romain, particulièrement pour les tempes.

Environ un quart d'heure plus tard, elle ressortit, fière d'elle et de sa réalisation. Clémence, en revanche, refusait de quitter la salle de bain.

« Allez, sors de là ! ordonna Grell. Que les autres voient comme tu es belle !

-Nan ! Aies pitié de moi !

-Ça, jamais ! »

La rousse empoigna Clémence par les épaules et la poussa hors de la pièce. La jeune femme tenta de résister un peu, mais, même si elle était devenue Shinigami, elle n'était pas de taille à lutter contre Grell.

Une fois dans le salon, elle cacha son visage dans ses mains.

« Qu'est-ce qui t'arrive ? s'étonna Alan.

-Je veux pas que Ronnie me voit dans cet état ! C'est absolument ignoble comme dirait Alex !

-Alexander ! Personne n'a le droit de m'appeler Alex !

-De toute façon, il faudra bien que tu enlèves tes mains de ton visage à un moment ou un autre, nota Éric.

-Vas-y ma chérie, encouragea Ronald, il a raison, tu devras bien... Oh oui c'est... hum... Original ! Et... euh... coloré... »

Clémence remit son visage dans ses mains en s'exclamant que c'était atroce, après avoir vu la réaction de mauvaise surprise de celui qu'elle aimait. Tout le monde avait eu le temps de voir son visage entièrement blanc, ses joues bien rouges, ses paupières écarlates, le trait noir et épais sous ses yeux, ses lèvres cramoisies, ses sourcils épaissis et beaucoup plus foncés que d'ordinaire, ainsi que ses tempes légèrement bleuies.

D'un point de vue romain, son maquillage aurait été extrêmement bien réussi. D'un point de vue du XXIième siècle, c'était tout simplement immonde.

Ronald se leva et la prit dans ses bras, l'obligeant à relever la tête vers lui. Il lui sourit :

« Ne fais pas cette tête... Ce n'est pas tous les jours que l'on a l'honneur de sortir avec une authentique patricienne.

-Une authentique patricienne ? grommela-t-elle. Tu parles... Je suis juste hideux.

-C'est sûr que je ne te demanderais pas de te maquiller comme ça tous les jours ! rit-il. Mais c'est juste pour la journée. Et au moins, quand tu m'appelleras Gandalf, je pourrais toujours t'appeler Clementia Curiela...

-Je préfère être appelée Clementia Curiela que Gandalf, mais ce n'est qu'un avis personnel... » rit-elle.

.oOo.

« Bonjour à toutes et à tous, commença Emma pour la huitième et dernière fois de la journée. Je me présente, Emma Acquaviva, et voici ma collègue, Clémence Curiel. Dans le cadre de votre semaine de conférence, nous allons vous parler d'Histoire et nous avons choisi pour thème l'enfance à Rome. Nous vous remercions d'avance de ne pas faire de bruits. »

Emma jeta un coup d'œil meurtrier aux membres de sa promotion venus la voir. Ils s'étaient installés dans le fond du gymnase avec des premières années de Licence, dont Richard et Céline, et faisaient de grands gestes et des grimaces pour tenter de la faire rire. Druitt, en revanche, lui envoyait des baisers volants d'encouragement, sous le regard assassin de William.

« Bien entendu, continua Clémence, qui dit enfant dit bébé, et donc grossesse. Vous devez savoir que, pour les Romains, la mère est perçue comme un moule qui contient les graines des deux parents. Le mélange de ces deux graines permettait la conception d'un enfant. D'après eux, il fallait que la femme marche beaucoup pour mélanger ces graines et, si elle travaillait bien, le bébé devait ressembler au père. Ça peut faire rire mais c'était très pris au sérieux vu qu' à cette époque, il était important et bien vu que l'enfant ressemble au père par rapport au culte des ancêtres. Ils allaient même jusqu'à essayer de modeler le visage de l'enfant, pendant les premières heures de sa vie, pour qu'il ressemble au père. Même si le traitement n'est pas agréable, il ne faut pas oublier que les os de nouveau né sont beaucoup plus mous que le squelette d'un adulte.

-Bien entendu, comme aujourd'hui, les Romains voulaient savoir si leur futur bébé était un garçon une fille, continua Emma. Ils avaient plusieurs solutions qui paraissent fantaisistes de nos jours... »

La conférence continua ainsi durant près d'une heure. Emma finit par demander s'ils avaient des questions. Un professeur les interrogea sur leurs études.

« Nous avons toutes les deux une licence d'Histoire, expliqua la brune. Actuellement, je suis en Master 2 pro Métiers des archives, des bibliothèques et de la documentation sonore et audiovisuelle, en spécialité Bibliothèque.

-Quant moi, je suis en Master 2 recherche d'Archéologie, spé 2. Euh... Antiquité et protohistoire, je veux dire, se reprit Clémence.

-C'est vraiment intéressant ! Et vous voulez faire quoi par la suite ?

-Bibliothécaire.

-Archéologue, soupira Clémence en pensant qu'elle ne le serait jamais puisqu'elle entrait à l'Académie Shinigami en Septembre. D'autres questions ? Oui ?

-Je voudrais revenir sur l'emmaillotement si ça ne vous gène pas... intervint un deuxième professeur. Cela ce fait-il encore de nos jours ?

-Cela revient à la mode, expliqua Emma. On peut trouver de nombreux sites et blogs qui en parlent sur internet, mais ça n'a plus rien à voir avec ce que les Romains faisaient, même si l'idée s'en rapproche. Aussi, les femmes transportaient leur bébé avec elles, mais n'avaient pas poussette. Elles utilisaient donc des écharpes afin de maintenir leur enfant contre elle. Cette technique, complémentaire à emmaillotement est aussi revenue à la mode et est très bien expliquée sur les sites spécialisés dans la maternité.

-Eh m'dame ! fit un élève en levant la main.

-Oui ? fit la brune.

-Non, pas vous... Oui... Pourquoi vous êtes maquillée comme ça ? C'est moche...

-J'ai tout simplement tenu à réaliser un véritable maquillage d'époque, contrairement à Emma, répondit Clémence. Les femmes se maquillaient ainsi à Rome, de façon très voyante. J'avoue moi-même que ce n'est pas beau, mais au moins, je suis à la mode romaine !

-Et la coiffure, c'était comme ça ?

-Elles pouvaient généralement être beaucoup plus compliquée.

-Pour ce qui est de la coiffure, les femmes portent toujours les cheveux attachés, continua Emma, car pouvoir voir la chevelure d'une femme est le privilège des autres femmes ou de l'époux.

-Oui, mais vous portez bien les cheveux détachés... remarqua un autre.

-C'est vrai ! Car il n'existait que deux cas permettant de porter les cheveux lâchés. Le premier concerne les femmes qui se prostituaient. Vendant leur corps, peut importait qu'elles montrent leur chevelure ou non. Et le second cas, que j'incarne aujourd'hui, concerne les femmes portant le deuil de leur époux. N'ayant plus leurs maris, elles n'avaient donc plus à cacher leur chevelure sous peine d'être perçues comme des filles de mauvaise vie et ne pouvaient donc pas rendre jaloux leur homme.

-C'est ignoble ! Comment peut-on dans ce cas distinguer une simple fille de joie d'une honorable épouse endeuillée ? s'indigna Alexander.

-Afin de distinguer une prostituée d'une veuve, il existait différents codes, notamment vestimentaires. Comme vous pouvez le voir, je porte une tunique de couleur marron, la couleur du deuil, alors que les prostituées devaient porter des robes d'un bleu particulier.

À noter que plus les tissus étaient pigmentés, de couleurs foncées, plus ils étaient chers.

-Ah,ça veut dire que vous êtes riche puisque votre robe est foncée et que vous, continua un autre élève en désignant Clémence, vous êtes pauvre ?

-Oui, c'est tout à fait cela ! éclata de rire Emma.

-Oh mon mignon petit coquelicot ! retentit tout à coup une voix navrée. Sachez que je serais toujours là pour vous réconforter, quelques soient les malheurs s'abattant dans votre vie, tels le gel détruisant les fragiles pétales d'une fleur ! »

Emma jeta un regard assassin à Druitt qui se lamentait pour elle, alors que tout le gymnase éclatait de rire.

« Je ne suis pas en deuil, merci. C'est tout simplement pour expliquer. D'autres questions ? »

Lorsque toutes furent épuisées, un journaliste du journal local demanda à faire une photo de la classe avec leurs professeurs et les deux conférencières. Il fit ensuite une ou deux interviews et ce fut fini après qu'il eût précisé que l'article paraîtrait le lendemain.

.oOo.

Sebastian Michaelis remontait comme tous les débuts d'après-midi l'avenue du Prado à Marseille. Il se dirigeait vers le consulat du Royaume-Uni. Amber avait en effet décidé de loger dans le plus bel hôtel de la prestigieuse avenue et avait signalé au consul anglais l'inquiétante disparition de ses frères, vus pour la dernière fois à la Japan Expo Sud. Le majordome allait ainsi tous les jours rendre visite au consulat afin de savoir s'ils avaient des nouvelles.

Il se doutait bien que c'était parfaitement inutile. Richard et Alexander étaient sous la protection des Shinigami qui possédaient une administration bien plus efficace que la meilleure administration humaine et avaient tous les moyens possibles pour cacher aux yeux des mortels le comte et son frère. Cependant, on ne savait jamais, c'était toujours un plus à ses efforts pour les retrouver.

Le Démon arriva au bâtiment et y entra après avoir salué le gardien qui le connaissait bien maintenant. Il se dirigea vers l'hôtesse d'accueil.

« Bonjour mademoiselle.

-Oh ! Bonjour Mr Michaelis ! sourit-elle. Vous venez pour votre patronne, je suppose, comme tous les jours ?

-Oui Miss Futherway. A-t-on des nouvelles des frères de Miss Phantomhive ?

-Hélas non. Pourtant, nous les cherchons activement, mais il est impossible de les retrouver. Êtes-vous certains qu'ils n'ont pas déjà quitté le territoire français ?

-À vrai dire, nous n'en avons aucune idée, se désola Sebastian. Ce n'est qu'une supposition.

-Gardez espoir Mr Michaelis, tenta de réconforter Miss Futherway. Nous sommes en France, ce n'est pas comme s'ils étaient dans un pays en guerre.

-Mais nous en voyons tellement de nos jours ! D'autant que Mr Alexander Phantomhive est encore mineur.

-Je sais. Nous avons pour cela contacter tous nos consulats en France, expliqua-t-elle. Comme ça, même s'ils ont quitté la région, peut-être qu'un autre aura plus de chance.

-Je prie le ciel pour que ce soit le cas... Je n'ose imaginer le désarrois de Miss Phantomhive s'il devait arriver quoi que se soit à ses frères. Elle n'a plus que eux vous savez...

-Vraiment ?

-Oui, leur père a été assassiné par la mafia italienne à Londres, expliqua Sebastian. Quant à sa mère, elle est morte tragiquement dans un accident il y a plusieurs années. Sa belle-mère, qui est donc la mère du jeune comte et de son frère a été également tuée. Une balle dans le cœur. Le meurtrier court toujours.

-Mon dieu que c'est horrible ! s'horrifia Miss Futherway. Mais... Avez-vous dit tout cela au consul ? Si ça se trouve, ils ont été enlevé par la pègre !

-Je crains que Miss Phantomhive ne le lui ait pas dit. Vous comprenez... C'est déjà assez dur pour elle. Remuer tous ces vieux souvenirs n'est pas bon pour elle. Mais... Enfin... Je... Je tenais à le signaler tout de même... Je me suis dit que... On ne savait jamais... Peut-être que cela pourra vous donner des indices...

-Oui, oui ! Cela peut être important, en effet ! Je vais tout de suite faire remonter l'information. Peut-être que vous aurez un rendez-vous pour expliquer tout cela à la personne en charge du dossier. Merci beaucoup pour vos informations, Mr Michaelis.

-C'est moi qui vous remercie, mademoiselle. Je vous remercie de tout mon cœur et au nom de Miss Phantomhive. Je vais désormais vous quitter et rejoindre ma maîtresse. À demain Miss Futherway.

-À demain Mr Michaelis. »

Lorsqu'il tourna le dos à l'hôtesse, celle-ci ne put voir le sourire carnassier qu'il afficha. Sa petite manipulation avait réussi. Si le consulat apprenait que les Phantomhive traînaient dans des affaires mafieuses, peut-être qu'il accélérerait l'enquête. Même si ça ne donnait rien, c'était toujours à tenter.

« Mr Michaelis ! Attendez ! »

Il se retourna, affichant à nouveau son air de profond désarroi. Alors qu'il allait sortir, Miss Futherway le rattrapa :

« J'ai oublié de vous donner The Times pour votre patronne.

-Merci beaucoup, mademoiselle. Avec tout cela, j'avais complètement oublié de prendre son journal. »

Il sortit, satisfait de ce début d'après-midi. Alors qu'il retournait vers l'hôtel, il arriva en vu d'un petit kiosque à journaux devant lequel il ne s'arrêtait jamais car on y vendait uniquement des journaux sans intérêt pour Amber. Pourtant, cette fois-ci, il pila net et ses yeux se mirent à briller d'admiration et de bonheur. Sur le comptoir se trouvait la chose la plus belle et la plus parfaite qu'il n'avait jamais vu. Une pure merveille.

Un chat.

Un magnifique chat à la fourrure noire.

Aux yeux jaunes mi-ouverts qui tranchaient avec sa robe si sombre.

Aux vibrisses d'ébènes.

Sa petite langue rose léchait sa patte pour se laver.

Ce félin si parfait, si mignon, comme les aimaient tant le Démon, était si absorbé par sa toilette qu'il n'avait pas vu qu'il était le centre de l'attention de quelqu'un.

Sebastian ne put tenir plus longtemps et s'approcha de lui avec cette envie irrépressible de le prendre dans ses bras pour le caresser. Le chat releva alors ses yeux ronds qui illuminaient sa tête plutôt triangulaire et le toisa de cette arrogance et de cette majesté qui n'appartenaient qu'à ceux de sa race.

« Il est à vous ? demanda alors le Démon au vendeur de journaux.

-Non, mais il vient de temps en temps puis il repart. Il ne doit pas habiter bien loin.

-Peut-être est-il abandonné... suggéra le diable plein d'espoir.

-J'en doute, répondit l'Humain. Il a un tatouage.

-Oh... déchanta tristement Sebastian. En tout cas, il est vraiment magnifique.

-Ouais bof... C'est un chat, quoi. »

Le Démon fut outré d'entendre ainsi parler le commerçant. Ne voyait-il pas la beauté qui résidait en ces sublimes créatures ?!

Il tendit la main vers le félin. Celui-ci ne l'entendit pas de cette oreille et sauta par terre en faisant tomber pêle-mêle plusieurs journaux. Il s'éloigna de quelques mètres, se réfugiant sous une voiture.

Alors que Sebastian se baissait pour convaincre le fuyard de revenir, son regard tomba sur un journal local qui s'était ouvert au hasard.

Une photographie l'attira aussitôt. Elle montrait une classe d'un collège défavorisé d'Aix-en-Provence. Il avait aussitôt reconnu Alexander Phantomhive au milieu de tous les élèves.

Il s'empara aussitôt du journal et se tourna vers le vendeur qui venait de sortir de son kiosque pour ramasser ce qui était tombé.

« Je prendrais celui-ci s'il vous plaît.

-Ça marche ! Ça sera un euro soixante-cinq s'il vous plaît.

-Tenez.

-Merci ! »

Au lieu de rentrer directement montrer sa trouvaille à sa pactisante, il préféra se mettre de nouveau à genoux pour inciter le chat à venir se faire cajoler. Après tout, c'était grâce à lui qu'il avait retrouvé au moins un des Phantomhive ! Il se devait au moins de le remercier.

.oOo.

Le jeune homme feuilletait le dossier qu'il avait sous les yeux, en se mordillant la lèvre inférieure. Les sourcils froncés, il lisait précisément tout ce qui était écrit d'une écriture ordonnée et calligraphiée comme au XVIIIième siècle, bien que se soit un stylo plume.

Quelqu'un s'approcha de lui.

« Toujours en train de travailler ? Tu devrais faire une pause, mychonak. Je ne sais pas ce que tu as avec ce dossier, mais tu m'avais dit que tu me rejoindrais pour manger. Je t'attends depuis une heure... »

L'homme leva le nez de ses feuilles en réprimant une grimace. Il détestait ce surnom, mychonak, qui signifiait souriceau et était d'ordinaire donné aux jeunes enfants. Même s'il n'était pas Russe, il parlait parfaitement cette langue. Il croisa le regard phosphorescent de la femme qui se trouvait en face de lui. Bien en vue à la place du cœur était épinglée l'aigle aux deux Faux de la Garde.

On n'aurait pas pu faire plus différent que les deux personnes qui se faisaient face. Leur seul point commun était la couleur de leurs yeux puisque tous deux étaient des Shinigami.

Katinka Nazarov était une femme petite et mince, plutôt sèche. Elle la portait sa raide chevelure platine en un carré plongeant court qui encadrait son visage à la peau diaphane. En revanche, Luciano Sarufel Eshetu était un métis aux cheveux noirs et souples tombant sur ses épaules. Même assis, on voyait qu'il rendait bien une tête et demi à la Prétorienne.

« Désolé, Maître, s'excusa-t-il. Je n'ai pas vu l'heure passer.

-Je ne sais pas ce que tu as avec ce dossier, soupira Nazarov, mais tu passes des nuits blanches dessus depuis que tu l'étudies. Je me demande si j'aurais dû accepter que tu le regardes. Je sais que tu dois étudier un certain nombre de dossiers terminés et en cours pour ta formation de Traqueur, je sais que tu es stressé à l'idée de ne pas y parvenir, je sais combien cela te tient à cœur... Mais bon sang, Luka ! Si toi tu n'y arrives pas, personne n'y arrivera ! Alors calme-toi un peu sur le travail...

-Vous savez, Maître... Ce dossier me tient à cœur, c'est tout, soupira Luciano.

-Je m'en doute bien ! C'est lequel d'ailleurs ?

-D-1837-21A, répondit-il.

-Quel déserteur, je veux dire ? Tu m'as tellement bassiné pour le consulter que je connais la classification, ne t'inquiète pas...

-Undertaker, fit en se mordillant la lèvre.

-Ah oui... Ce n'est pas cette équipe de vacataires qui a tant fait parler d'elle dans la Garde, ces derniers temps ?

-Si, soupira le métis. Même les plus mauvais Traqueurs feraient figure de véritables génies face à eux.

-C'est ce que j'avais cru comprendre. Tu dois avoir vraiment l'amour du travail bien fait pour que ce dossier te tienne autant à cœur... »

Nazarov dévisagea son élève un moment, comme si elle attendait quelque chose. Mais celui-ci se contenta de soutenir son regard. Mal à l'aise, il finit pourtant par demander :

« Que se passe-t-il Maître ?

-Oh non, rien, mychonak, soupira-t-elle. Rien du tout. »

Il y eut un silence et Nazarov finit par le rompre, faisant comprendre à l'élève qu'elle ne cherchait qu'une excuse pour entamer la discussion sur le sujet quand elle lui avait demander sur quel dossier il travaillait :

« J'espère juste qu'un jour tu te confieras à moi, Luka. Ta mère est une de mes meilleures amies depuis plus de cinq siècles. Alors ne crois pas que j'ignore ce que représente la date de 1837 pour vous. Je ne pense pas me tromper en disant que tu cherches la vérité sur ton père. Tu es doué et intelligent, tu ne lâches jamais rien. Tu trouveras, un jour où l'autre. Et c'est sûr que ce dossier est un excellent point de départ, mais je suis certaine que ce que tu découvriras te feras plus de mal que de bien.

-Vous savez quelque chose au sujet de mon père ?

-Pas plus que toi, répondit-elle en toute honnêteté. Mais je sais que tu ne feras que rouvrir de vieilles blessures, tant pour toi que pour ta mère. Elle l'aimait éperdument, tu sais. Alors, laisse ton père où il est et pense à ton avenir comme Traqueur plutôt qu'à ton passé. Ce sera bien mieux pour toi et pour ta mère.

-Si vous pensez cela, pourquoi m'avoir autorisé à regarder ce dossier ?

-Ah, mychonak ! s'exclama-t-elle. Tu m'as harcelée pour cela. Et j'ai voulu vérifier une chose.

-Et vous l'avez vérifiée ?

-Oui. Maintenant, je sais exactement pourquoi tu voulais tant devenir Traqueur de déserteurs, et ce n'est pas une bonne raison. Tu te brûleras les ailes. Tu aurais mieux de nous écouter tous et de te diriger vers la Traque des Démons. Mais bon... Tu as fait tes choix. Si un jour tu as besoin de moi, sois sûr que je serais là pour t'aider.

-Le jour où j'aurais appris cette vérité qui doit me faire si mal ? demanda-t-il narquoisement.

-Ne ris pas, Luciano. Je suis sérieuse et je m'inquiète pour toi.

-J'ai besoin de cette vérité... répondit-il en retrouvant son sérieux, choqué d'avoir été appelé par son prénom, ce que Nazarov ne faisait jamais.

-Alors j'espère qu'elle ne te brisera pas. »

.oOo.

« Où étais-tu donc passé ?! s'emporta Amber quand Sebastian rentra. Tu devrais être là depuis plus d'une demi-heure ! Que faisais-tu ?

-Veuillez excuser mon retard mademoiselle, mais j'ai trouvé un chat, expliqua Sebastian qui ne pouvait pas lui mentir. Je suis resté pour l'habituer à moi et l'apprivoiser afin de pouvoir le prendre dans mes bras... J'ai d'ailleurs réussi assez vite, mais il était si mignon que...

-Un chat ?! Tu es en retard à cause d'un chat ?!

-Je suis sincèrement désolé, my lady, mais grâce à ce chat j'ai découvert quelque chose qui devrait vous intéresser. J'ai retrouvé Mr Alexander Phantomhive.

-Quoi ? Où est-il ?!

-À Aix-en-Provence, mademoiselle. Au collège de la Révolution. Je crois que son faux nom est Bastien Flavet. Regardez par vous même. »


Aha ! Vous ne vous y attendiez pas, pas vrai, que Sebastian apparaisse, hein ? XD C'était ma petite surprise du jour. ^^

Prochain chapitre : "Le majordome va à l'école", nom tiré directement d'un chapitre du manga ! ^^

Au programme : Jack l'Éventreur, du combat et un nom qui perturbera un certain Démon...