Bonjour tout le monde !
Et voici le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira. ^^
Bonne lecture !
CHAPITRE XXXV : « MERCI... »
Grell se sentait complètement prisonnière des yeux d'Undertaker. Sans vraiment s'en rendre compte, elle baissa sa tronçonneuse.
Le déserteur profita de ce moment d'inattention pour passer à l'attaque. Elle para de sa Faux. S'attendant à un coup plus violent, elle mit trop de puissance et fut légèrement déséquilibrée. Il en profita pour retourner sa Death Scythe et faucher les jambes de Grell avec le manche sculpté. Elle heurta le sol à plat ventre et étouffa un cri de douleur. Elle avait eu le réflexe de jeter devant elle sa Faux de la Mort pour ne pas se tuer dessus en tombant. Undertaker la poussa du pied loin de la rousse. Elle ne pouvait plus la récupérer désormais sans passer derrière lui.
Tandis qu'elle se mettait à quatre pattes dans l'optique de se relever, Undertaker s'agenouilla et lui prit le menton pour l'obliger à le regarder. Les lèvres de la déesse de la Mort tremblèrent légèrement quand elle le vit si près d'elle. Elle dut lutter contre elle-même pour ne pas céder à ce que lui hurlait son cœur et pour ne pas se jeter dans les bras de l'argenté. Les fins doigts de ce dernier sur sa peau lui paraissait comme une brûlure. Sa voix la fit pourtant plus ou moins redescendre sur terre.
« J'aimerais que tu dises quelque chose de ma part à ton cher William.
-C'est n'est pas mon cher William, se défendit-elle avec véhémence.
-Tu lui diras tout de même ce-ci, s'il te plaît : je m'occupe du problème que vous pose Amber et son majordome. Surveillez les informations télévisées, d'ici quelques jours vous pourrez à nouveau sortir sans vous faire arrêter par les Humains. Mais qu'il ne se monte pas la tête, ce n'est pas une erreur de ma part. Je protège les Phantomhive, c'est tout. Je ne veux pas qu'ils meurent. J'aurais bien voulu qu'en échange William ait une dette envers moi, mais je ne me fais pas d'illusion. Je reste un déserteur. Alors je lui demanderais simplement quelque chose qui ne changera absolument rien pour lui : si nous devons combattre à nouveau, ce qui arrivera fatalement, qu'il ne me tue pas. Qu'il m'arrête juste, s'il arrive à me vaincre. Comme nous n'avons pas été assez discrets et que vous avez vu le visage de mon compagnon d'infortune, vous trouverez sûrement bientôt son nom, alors je fais la même demande pour lui.
-Mais ça ne changera rien... souffla-t-elle d'un ton qu'elle aurait aimé moins douloureux.
-Que veux-tu dire ?
-Tu... Tu seras condamné à... à mort... »
Elle se mordit les lèvres. Elle n'arrivait plus à se contrôler et ses talents d'actrices ne lui servaient absolument à rien en cet instant. Il était impossible qu'Undertaker n'ait pas relevé la passion et la détresse de sa voix légèrement tremblante. Tout en elle lui criait son amour, ses yeux emplis de ferveur les premiers, sans qu'elle puisse y faire grand chose.
Il sourit légèrement en la voyant faire, lui serrant la gorge et le cœur. Se moquait-il d'elle ? Elle l'aimait à s'en damner, elle n'y pouvait rien. Ce besoin de se serrer contre lui était de plus en plus impératif. Elle voulait qu'il la prenne dans ses bras. Elle voulait plus que le simple contact de ses doigts sur son menton. Elle voulait ses lèvres sur les siennes. Elle voulait toute sa tendresse.
Elle qui n'avait vécu que dans la violence ne désirait plus, en cet instant, que la douceur d'Undertaker.
Elle frissonna légèrement quand il mit sa main sur sa joue afin de l'obliger à rapprocher sa tête de la sienne. Elle eut le réflexe de fermer les yeux et de blottir un peu plus son visage contre sa paume. Elle sursauta en sentant le souffle du dissident sur son oreille. Il lui chuchota :
« Ça, ma jolie, c'est mon problème. »
Il se recula, lâchant la visage de la Traqueuse, et continua à voix haute :
« Contente-toi de lui dire ce que je t'ai dit et ce sera bien. »
Elle se demanda un instant de quoi il parlait, complètement troublée et bouleversée par ce qui venait de se produire, avant de se rappeler de William.
Undertaker se releva lestement et fit quelques pas en direction d'une fenêtre.
« A... Attends ! » supplia Grell, à genoux.
Étonné, il se retourna vers elle. Elle hésita :
« Je... Je... »
Elle inspira profondément et se mordit les lèvres, avant de déclarer :
« Merci...
-Pourquoi ? répondit-il sans comprendre.
-Tu m'as sauvée la vie la dernière fois, expliqua-t-elle en prenant un peu plus d'assurance. Sans toi, je serais morte.
-Je t'ai sauvée la vie, tu m'as laissé la mienne quand je te tournais le dos. Nous sommes quittes, Grell.
-Mais je...
-Nous sommes quittes, et il n'y a rien à rajouter. » coupa-t-il.
Il eut un regard vers le fond du couloir et vit arriver Clémence, Ronald et Richard.
« Tâche tout de même de rester en vie. Je ne serais pas toujours là et tu n'es guère prudente. »
Grell se rattacha au sourire qu'il lui offrit durant une fraction de seconde avant qu'il n'ouvre la fenêtre et sauta en dématérialisant sa Faux de la Mort.
.oOo.
Richard rejoignit Clémence.
« Ça va ?
-Oui... Je m'inquiète pour Ronnie...
-Je ne pensa pas qu'il lui arrive quoi que se soit.
-Tu rigoles, j'espère ?! Il est parti tout seul à la poursuite de l'ennemi !
-Je le connais bien, je doute qu'il le tue.
-Parce que tu crois sincèrement qu'un déserteur qui en a l'occasion ne tuera pas un Traqueur ? répliqua-t-elle. Viens, on va les retrouver !
-Et toi ? Tu crois sincèrement que tu pourras aider Ronald en combat ?
-Certainement pas, je sais même pas grimper aux arbres, grogna-t-elle en se mettant en marche. Mais s'il lui arrive quelque chose, on pourra toujours l'aider. »
Elle poussa tout à coup un cri de surprise et se mit à courir. Richard ne comprit pas de suite ce qui se passait avant de voir Ronald effondré au bout du couloir. Il suivit la jeune femme.
Celle-ci s'agenouilla auprès de l'Écossais. Elle caressa ses cheveux.
« Ronnie ! Ronnie, je t'en prie, répond-moi ! »
Elle commençait à paniquer complètement quand elle vit ses paupières papillonnaient.
« Comment tu te sens ?
-Mal à la tête...
-Ça va aller ? Tu es blessé ?
-Non... Il ne m'a pas touché avec sa lame. »
Il s'assit avec l'aide de Clémence, se massant l'arrière de la tête.
« Tiens, tes lunettes, fit Richard en les lui tendant.
-Merci. »
Il les remit sur son nez.
« Elles ne sont pas rayées au moins ? demanda le bouclé.
-Tu rigoles ?! s'écria Ronald. Des lunettes faites par les meilleurs lunetiers Shinigami ? Par les techniques uniques de Père ? Impossible que le verre se raye ! Ni qu'elles se cassent ou qu'elles se déforment ! Seule la lame d'une Death Scythe le peut ! Pourquoi vous rigolez tous les deux ?
-On dirait que tu fais une pub ! rit Clémence. Je vois que tu vas bien si tu peux chanter les louanges de tes lunettes...
-Il va nous annoncer le prix et que les deuxièmes ne valent qu'un euro de plus... s'esclaffa Richard.
-Tsss... souffla Ronald. Si on allait plutôt aider Grell ? Elle est toute seule face à Undertaker. Je sais qu'elle est puissante, mais elle ne tiendra pas face à lui. »
Il se mit debout avec l'aide de Clémence et se frotta à nouveau la tête.
« Ca va ?
-Oui, oui, ne t'inquiète pas. »
Il la prit par la taille et glissa un baiser sur sa tempe pour la rassurer. Ils firent le chemin en sens inverse, retraversèrent l'amphithéâtre dans lequel ils avaient eu cours et sortirent par la porte du haut.
« Droite ou gauche ? interrogea Richard.
-À droite ? proposa Clémence au hasard.
-Ok. »
Ils prirent donc cette direction. Quand ils tournèrent dans un nouveau couloir, ils aperçurent Grell à genoux, Undertaker à quelques pas d'elle, devant la fenêtre. Il les regarda. Ronald s'empara de sa tondeuse. L'argenté dit quelque chose à la rousse. Le temps que le Traqueur blond le rejoigne, il avait disparu par la fenêtre.
« GRELL ! Grell, tu n'as rien ? » s'exclama Clémence en arrivant.
Son amie était en effet dans un état second et plus pâle que d'ordinaire. Quelques larmes avaient coulé sur sa joue sans qu'elle s'en rende compte, laissant une marque de crayon et de mascara sur sa peau. Elle reprit tout à coup sa contenance et répondit en se remettant sur ses pieds :
« Oui. Oui, ça va, j'ai juste reçu un mauvais coup. »
Elle alla à la fenêtre pour tenter d'apercevoir Undertaker.
« Inutile, soupira Ronald, il a déjà dû filer et se cacher dans la foule. C'est midi, tous les étudiants et les professeurs sortent pour aller manger. »
Grell sortit sa Death tablet, remarqua le message de William et le lut à haute voix :
« Retenez Undertaker le plus possible. Nous arrivons. W.T.S.
-Trop tard, répondit Ronald. On l'aura pas cette fois. Grell, es-tu sûre que ça va ?
-Pourquoi ça n'irait pas ?
-Tu n'as vraiment pas l'air bien. Je ne t'ai jamais vu aussi pâle.
-J'ai reçu un coup dans le ventre et il m'a coupée le souffle, inventa-t-elle. Mais ça va.
-Un coup de Faux ?! s'exclama Clémence.
-Non, un coup de pied, rassure-toi. Je réponds quoi à William ? Que ce n'est pas la peine qu'il vienne ?
-C'est le mieux, non ? Ou non, demande-lui plutôt ce qu'on fait, contredit Ronald après réflexion. Vu que je suis mis à l'épreuve, je ne préfère pas prendre de risques. »
Grell acquiesça en silence et envoya un message à William. Elle hésita un instant, puis rajouta finalement qu'elle devrait lui faire passer un message de la part d'Undertaker.
.oOo.
Tout le monde s'était retrouvé dans le salon, assis sur le canapé ou sur les chaises. Grell et Ronald finirent leur rapport.
« Miss Curiel, vous avez été particulièrement incompétente, reprocha William. Je vous jure... Aller voir un dissident et lui parler comme si de rien n'était puis être prise en otage...
-Mais ce n'était pas ma faute ! protesta Clémence. Comment aurais-je pu savoir que c'était aussi un déserteur ? Et puis je tiens à vous rappeler que je ne suis pas Faucheuse ! Je n'ai aucune formation ! Je ne sais même pas me servir de la perception ! Vous m'avez mise au milieu de cette affaire sans que je sache même pas pourquoi !
-Cela me semblait pourtant clair ! répliqua William. Vous voyez au moins comment nous travaillons sur le terrain avant votre entrée à l'Académie. Vu le retard que vous avez, ce ne sera pas de trop.
-Peut-être, mais je suis absolument inutile ! Vous ne pouvez pas me reprocher quelque chose que je ne sais de toute manière pas faire.
-Vraiment... Et quel message Undertaker veut-il que vous me donniez, Sutcliff ? »
Clémence leva les yeux au plafond, voyant que le brun changeait de sujet. Grell lui délivra ce que l'argenté avait dit. Il y eut un silence. Le chef d'équipe finit par le rompre :
« Je comprends pourquoi il demande cela... C'est une grande faveur qu'il veut.
-Que veux-tu dire ?
-C'est toujours plus facile de tuer quelqu'un en combat singulier que de le désarmer, le mettre hors d'état de nuire et de l'arrêter, expliqua-t-il. D'autre part, il peut toujours s'échapper une fois arrêté.
-Personne ne s'est jamais enfui de la prison de l'Érèbe, fit Alan en haussant les épaules.
-On ne sait pas de quoi il est capable, ne le sous-estimez pas Humphries.
-Peut-être est-il puissant, mais un Shinigami n'égalera jamais la magie divine, releva Alan. La prison est quand même protégée par les pouvoirs d'Orcus et de Vanth...
-Rien n'empêche Undertaker de s'échapper avant d'y être enfermé...
-Avant de réfléchir à ce qu'il s'échappe ou non, il faudrait peut-être déjà l'attraper, non ? supposa Éric.
-Vous avez raison, Slingby, soupira William. D'ailleurs, peut-être devrions-nous refaire ce que nous avions fait au tout début de notre enquête.
-On avait fait quoi ? demanda Ronald.
-Recenser tout ce que nous savions sur lui.
-Ça ne fait pas grand chose, répondit Alan.
-Nous en savons toujours plus qu'avant, nota William.
-Je... Je vais vous laisser... proposa Emma en faisant rouler son fauteuil roulant. Je vais m'occuper de mon mémoire.
-Ça ne sert à rien que je reste, déclara Clémence.
-Ah si, vous pouvez rester toutes les deux.
-Pourquoi ? s'étonna la plus jeune.
-Eh bien, étant donné que vous, vous intégrerez notre équipe à la fin de vos études, autant que vous commenciez de suite à vous intéresser à ce que nous faisons, répondit William. Quant à toi, Emma, tu peux également avoir de bonnes idées. En revanche, j'aimerais que les Phantomhive aillent dans une autre pièce, je ne vous fais pas confiance et vous comprendrez pourquoi...
-Comme vous voudrez. Viens Alex.
-Alexander !
-Comment ça j'intégrerais votre équipe ?! s'écria Clémence.
-Vous en savez déjà beaucoup, expliqua le chef de secteur. Mr Sørensen et Mr Schreiber ont déjà donné leur accord. Un regard neuf sera le bienvenu.
-C'est... C'est une blague ? Je ne sais pas grimper aux arbres et vous voulez que je combatte un déserteur aussi expérimenté ?
-Vous apprendrez. Et si vous n'en êtes pas capable, vous resterez sur le côté. Mais je suis sûr qu'après être allée à l'Académie vous vous en sortirez très bien. Pour y être professeur, je peux vous assurer que l'enseignement y est de qualité. Mais revenons à ce qui nous intéresse : que savons-nous d'Undertaker ?
-Il est puissant...
-Il a des sotobari.
-Il aime rire.
-Il aime les cookies !
-Il est beau...
-J'avoue...
-Sutcliff, Curiel, un peu de sérieux, ordonna William.
-Et notre accord alors ? grogna Ronald.
-Quel accord ? Ah oui ! se rappela Clémence. Celui où tu ne parles plus de tes ex et où je ne dis plus que je trouve un mec mignon...
-Emma, arrête de rire s'il te plaît, ce-ci est une conversation sérieuse, pria le brun.
-Désolée, mais Grell et Clémence ont raison : Undertaker est beau !
-Tu ne vas pas t'y mettre aussi ? répliqua William, tout à coup piqué au vif. C'est un déserteur.
-Bah... Je suis objective en disant ça...
-Moi aussi je suis objective ! s'empressa de dire Grell. Faut avouer ce qui est... Il a un charisme sexy.
-Bon, je suis d'accord avec vous, les filles, mais je suis obligée de penser qu'il est moche ou Ronnie va me faire une scène... »
Ronald râla à cette mention. Éric et Alan pleuraient de rire en les entendant. Le plus jeune des deux eut alors un petit sourire en coin et déclara à son tour :
« Remarquez, c'est vrai qu'il est pas mal...
-QUOI ?! s'exclama son époux.
-Tu ne vas pas dire le contraire ? Elles ont parfaitement raison.
-Tu vois qu'il n'y a pas de quoi rire... ricana Ronald.
-Je ne suis pas d'accord, grogna Éric. Il est peut-être charismatique, mais ça s'arrête là. Je ne vois pas ce que tu lui trouves !
-Allez, je te taquine ! rit Alan en embrassant son mari.
-Si nous pouvions reprendre une conversation sérieuse et constructive, ce serait très bien. Je vous jure... Je ne veux plus entendre le moindre mot sur le physique de ce fichu déserteur. »
Son regard froid scruta les trois femmes et Alan, s'attardant sans trop savoir pourquoi sur Emma qui lui sourit.
Cette dernière était en train de penser que malgré sa beauté, Undertaker n'était pas son idéal masculin. Elle préférait largement les bruns aux cheveux courts. Quant aux yeux verts... C'était tellement beau !
Elle se rendit soudainement compte que William représentait tout à fait cet idéal... Elle se mordilla la lèvre et rosit imperceptiblement en se rendant compte qu'elle le regardait depuis un petit moment débattre de ce qu'ils savaient ou non d'Undertaker. Elle détourna le regard, légèrement troublée, s'intéressant à ce que disait Clémence :
« Et en parlant des étranges poupées... Il sait les faire évoluer pour qu'elles paraissent vivantes. N'est-ce pas Emma ? Hey... The tea smells good...
-AAAAH ! NON ! Arrête avec ça ! C'est super flippant ! »
William leva les yeux au plafond, désespéré du comportement des deux amies. Une semaine auparavant, un nouveau scan de Black Butler était sorti. Le fait de savoir que ce manga était une histoire vraie dans laquelle elles vivaient désormais ne les avaient pas dissuadé de le suivre, d'autant que Richard ne ratait pas un chapitre. Il voulait savoir comment les carnets de Ciel étaient adaptés et était toujours bluffé par la manière dont ils étaient traités.
Ainsi, Emma, Richard et Clémence n'arrêtaient pas de discuter du dernier scan, le numéro quatre-vingt-deux. On y apprenait que Dereck Arden était en vérité une étrange poupée évoluée et qu'Undertaker était à la tête du collège de Weston. Même s'il savait parfaitement ce qui allait se passer après avoir lu le journal de son ancêtre, Richard en personne avait était pris de court par l'image présentant Arden. Dans la version anglaise, il ne faisait que répéter Hey... The tea smells good... Depuis, le comte, l'Humaine et la nouvelle Shinigami psychotaient sur cette phrase, la répétant à tout bout de champ. Emma, nécrophobe, était certainement celle qui angoissait le plus à l'entente de cette phrase. Si encore tout cela n'avait été que fiction...
« Je vous jure... Qu'avez-vous donc avec cette citation ? demanda William.
-Mais c'est horrible ! paniqua Emma. Tu te rends compte ?! Un cadavre qui parle ! C'est pire qu'un cadavre qui marche !
-Au fait... Pourquoi vous répétez la phrase en Anglais et non en Français ? interrogea Alan.
-Elle a été dite en Anglais à l'époque, expliqua Clémence.
-Et c'est franchement plus flippant en Anglais !
-Vraiment... Calme-toi donc Emma, tu ne verras jamais la moindre étrange poupée. Et si c'était le cas, nous serions là pour te protéger.
-Je croyais que nous n'étions pas sensé protéger les Humains ? demanda Clémence. À part des Démons, bien sûr, mais... Une étrange poupée ne dévorera pas une âme...
-Oui, c'est vrai, s'excusa William. Au temps pour moi. Tu devras te défendre seule, Emma.
-Clémence, je te déteste ! Et toi, en plus, tu es gonflé William ! Si on était resté dans notre petite vie tranquille, jamais on aurait eu de risques de rencontrer une étrange poupée ! »
Tout le monde regarda Emma comme si elle était devenue folle. Depuis quand parlait-on de la sorte à William T. Spears ?
« Ce n'est pas comme si nous avions le choix, Emma, répliqua le brun. Nous n'avons pas le droit d'influencer sur la vie ou la mort des Humains. Maintenant, le sujet est clos et j'aimerais que vous ayez des choses intelligentes à faire partager sur Undertaker...
-Oh ! s'exclama tout à coup Éric. Je viens tout juste de m'en souvenir... Il a dit quelque chose à Sebas-chan. C'était... C'était quoi déjà ? Ah oui ! Alrune ! Il a dit Alrune et le majordome n'était plus lui-même ensuite.
-Alrune ? répéta Grell. C'est bizarre, ça me dit quelque chose...
-Mh... réfléchit William. Je ne connais absolument pas. Sutcliff, vous dites que vous connaissez ?
-Je n'arrive pas à me souvenir où je l'ai entendu. J'ai la vague impression que ça a un rapport avec la Garde mais c'est tout. Peut-être l'ai-je entendu quand j'allais voir mon parrain au Palais de la Nuit.
-Tant pis. Humphries, vous êtes le plus doué pour les recherches à la B.I.S. Vous vous y rendrez dès demain avec Miss Curiel afin de lui faire voir les lieux.
-D'accord. »
.oOo.
Le lendemain, Clémence se dirigeait pour la deuxième fois vers l'Érèbe, à la différence près qu'elle était avec Alan et non Ronald et qu'Emma l'avait obligée à prendre un appareil photo afin de mitrailler la B.I.S. La future bibliothécaire aurait rêvé pouvoir aller voir ce qui devait renvoyer au rang de bibliothèque de quartier celle du Congrès à Washington. Après tout, les dieux de la Mort y entreposaient depuis l'aube de l'écriture tous les écrits possibles dans toutes les langues, mortes ou vivantes, humains ou, bien entendu, shinigami. Et encore, c'était sans compter sur les milliards de Lanternes cinématiques ou les archives administratives...
Il s'agissait d'une véritable ville, plus grande même que la Grande Cité de l'Érèbe.
Lorsque Alan et Clémence se retrouvèrent sous la coupole démesurée des Portes, ils se prirent la main pour ne pas se perdre. La jeune femme eut l'impression qu'il y avait plus de monde que la dernière fois où elle y était allée. Il la dirigea en slalomant entre les Faucheurs de différentes nationalités vers le grand portail donnant sur la B.I.S.
Clémence fut époustouflée par le gigantisme des lieux. Il s'agissait seulement de l'accueil, mais plusieurs cathédrales auraient tenu sans problème ici. Des archivistes, généralement de femmes, s'occupaient de l'entrée des Lanternes cinématiques par pays.
« Où... Où est-ce qu'on va ?
-Par là, indiqua Alan en montrant un escalier tout au fond. Au premier étage de ce bâtiment on peut consulter les fiches bibliographiques informatiquement. Tu parles quelles langues à part le Français ?
-Anglais couramment et Espagnol plutôt bien. Pourquoi ?
-Parce qu'on va devoir faire les recherches selon des langues bien précises, expliqua Alan en marchant vers l'escalier noir de monde. Il faut qu'on arrive à en éliminer le maximum, mais il en restera toujours trop. Je veux dire, un mot comme alrune, on peut déjà dire que ça ne vient pas d'une langue asiatique... Ce que je te propose, c'est qu'on se partage les langues.
-On prend lesquelles ?
-Français, Anglais et Espagnol pour toi, proposa-t-il, et le reste pour moi, c'est-à-dire Italien, Latin et Allemand. On verra le reste plus tard.
-Euh... Tu parles autant de langues ?! s'abasourdit Clémence.
-En tant que Shinigami, nous y sommes obligés, s'amusa Alan. Si jamais nous devons faucher un étranger, nous devons pouvoir le comprendre dans sa Lanterne. De toute façon, nous sommes naturellement très doués pour les langues...
-Ah je vois ! Bah, si je dois en apprendre, ça ne me gène pas... En tout cas, s'il faut faire des recherches en Latin, je peux m'en charger, proposa-t-elle alors. J'en ai fait pendant longtemps et je suis plutôt bonne pour le lire.
-Ça marche... Je m'occuperais du Grec ancien alors... Ce n'est pas là où je suis le meilleur, mais je devrais m'en sortir. Je prends aussi le Russe, comme ça, nous avons autant de langues.
-Ok. Oulà ! s'écria Clémence en voyant la nouvelle salle. On trouvera jamais de place... »
Cette nouvelle salle, tout aussi immense que celle d'en dessous, était remplie d'ordinateurs. Cependant, tous semblaient pris.
« Normal, grogna tout à coup Alan. On doit être en plein dans les examens de l'Académie... Les étudiants viennent sûrement réviser dans les bouquins une dernière fois... Viens, on va voir un responsable de la salle. »
Ils trouvèrent bientôt une bibliothécaire affairée sur sa Death tablet. Alan sortit la sienne.
« Bonjour, salua-t-il en Anglais, nous aurions besoin de deux postes de libre pour des recherches, si possible pas très loin l'un de l'autre. Ce serait possible ?
-Ça va être compliqué, nous sommes pris d'assaut, nota-t-elle.
-Je comprends, mais nous sommes prioritaire en tant que Traqueurs... tenta-t-il.
-Traqueurs ? Dans ce cas, montrez-moi vos insignes et je donnerais un poste en priorité...
-En fait, expliqua-t-il, nous ne sommes pas de la Garde, nous sommes des Traqueurs vacataires, engagés pour une unique mission. »
La femme regarda Alan comme s'il débarquait de la planète Krypton.
« Des... Traqueurs vacataires... Ça n'existe pas... fit-elle prudemment, comme s'il était fou à lier.
-C'est un cas qui ne s'est pas vu depuis le Moyen Âge, soupira Alan, mais si, c'est possible. Tenez, voici ma Death tablet qui vous le prouve. »
Il la lui donna, montra le bouton particulier de l'alerte rouge que seules les tablettes des Traqueurs possédaient. Elle ne parut pas complètement satisfaite.
« Excusez-moi, mais c'est tellement incroyable comme histoire... Vous permettez que je vérifie avec ma supérieure ? Je ne veux pas avoir de problèmes...
-Faites... »
Tandis que la femme se levait et disparaissait, le Faucheur se tourna vers Clémence et lui explique que c'était à chaque fois le même problème et les mêmes démarches étaient à faire à chaque fois qu'ils devaient faire des recherches. Ils avaient toujours des problèmes.
Bientôt, la femme revint avec une autre, sa chevelure platine tirée en un stricte chignon qui faisait échos à son tailleur noir et à ses lunettes rectangulaires de la même couleur. Clémence se dit qu'elle était le stéréotype parfait de la vieille bibliothécaire acariâtre...
« C'est vous les sois-disant Traqueurs vacataires ? dit-elle de but en blanc sans le moindre salut.
-Oui, confirma Alan, mais ce n'est pas sois-disant, nous sommes vraiment d...
-Je suis bibliothécaire depuis 1482, monsieur, coupa-t-elle, et je n'ai jamais entendu de telles inepties... Comme si la Garde allait confier des missions à de simples Faucheurs ou autre...
-La dernière fois que cela s'est vu, soupira l'Américain, date de 1066. Mais cela est tout à fait possible. Nous travaillons sur le dossier D-1837-21A. Vérifiez avec Mr Schreiber si vous ne nous croyez pas...
-Mais oui, c'est cela-même... Je ne vais pas déranger un Prétorien juste pour vous. Maintenant, vous allez faire comme tout le monde et attendre votre tour.
-Mais nous sommes prioritaires ! s'insurgea Clémence. Vous voyez bien qu'il a une Death tablet de Traqueur...
-Oh et d'ailleurs mademoiselle... Où est la votre ?
-La... La mienne ? Je n'en ai pas, je ne suis pas encore Faucheuse mais je...
-De mieux en mieux. Vous allez me faire croire que la Garde recrute des jeunes femmes même pas diplômée de l'Académie ? Le sujet est clos, vous attendrez comme les autres. Esther, veillez à ce qu'ils patientent jusqu'à leur tour.
-Oui madame.
-Mais nous...
-Si vous ne vous conformez pas au règlement de la B.I.S, trancha la supérieure, je préviendrais les gardes et je vous ferais mettre à la porte avec interdiction d'y revenir hormis pour déposer vos Lanternes. Est-ce clair ? »
Elle tourna les talons, laissant en plan Alan et Clémence.
.oOo.
Près d'une heure et demi plus tard, ils purent enfin avoir accès à deux ordinateurs côte à côte. Il lui expliqua rapidement comment marchait la base de données. Sur la page d'accueil, on choisissait entre langue vivante et langue morte. Il fallait cependant faire attention : le Latin se trouvait dans les langues vivantes, étant la langue officielle du Vatican.
Une fois que c'était fait, il ne restait plus qu'à faire de recherches comme dans n'importe quelle base de données de bibliothèque. De toute façon, le seul et unique mot qu'ils avaient à chercher était Alrune.
Clémence commença par le Français et attendit un assez long moment, tout comme Alan qui avait lancé la recherche en Italien. Ils patientèrent en discutant, notamment de l'endroit qu'Éric et lui avaient choisi pour leur voyage de noces. C'est alors qu'un livre apparut sur l'écran de la jeune femme. La Grande encyclopédie des lutins de Pierre Dubois, un Humain. Elle nota la référence. Ce fut la seule dans sa langue maternelle. En Anglais et en Espagnol, elle n'eut rien, si ce n'est quelques références à un groupe de musique danois du début des années 1970. Lorsqu'elle demanda le Latin, en revanche, un livre fut presque aussitôt désigné, De nobis hostibus de Publius Rupilius Opiter, un dieu de la Mort, et fut bientôt suivi d'un manuscrit, Daemonicorum Bellum, du même auteur.
De son côté, les recherches d'Alan furent infructueuses jusqu'au moment où il les fit en Allemand. Une correction lui fut proposé : alraune plutôt qu'alrune.
« Alraune ? s'étonna-t-il.
-Qu'est-ce que tu dis ?
-On me propose une correction en Allemand qui ne diffère que d'une seule lettre, alraune. Cela signifie mandragore... Ça peut être intéressant, c'est une plante démoniaque après tout.
-Et il y a des choses intéressantes à ce mot ? interrogea-t-elle.
-Mmh... Oui et non... Un livre humain de Hanns Heinz Ewers portant ce nom... Mais c'est de la pure fiction, je doute qu'il nous intéresse... Par contre, comme je te disais, la mandragore est liée pour les Humains aux sorcières et au Démons. C'est peut-être une piste.
-On commence par quel livre ? Ceux en Latin alors ? Ils ont été écrits par des Shinigami. Ça sera sûrement plus fiable que l'écrit humain, non ? Surtout si c'est lié aux Démons.
-Tu as raison. Tu consultes De nobis hostibus et je prends Daemonicorum Bellum ?
-Ça marche ! Par contre je te suis, je ne sais pas du tout où il faut aller... »
Alan se mit à rire. La B.I.S était vraiment gigantesque.
.oOo.
Clémence prit la toute dernière édition du livre l'intéressant. Elle avait de la chance : cette œuvre était considérée comme importante pour les Shinigami puisqu'elle détaillait bon nombre de Démons, leur coutume, leur ''organisation'' politique si on pouvait appeler cela ainsi, ce qu'on pouvait trouver en Enfer, leur mode de vie... Bref, tout ce qu'un Shinigami pouvait avoir besoin de savoir sur ses ennemis héréditaires. Il y avait de très nombreux ouvrages en la matière, mais celui-ci était une référence extrêmement réputée et bénéficiait de nombreuses rééditions à travers les siècles. La dernière datant de 1835.
Clémence s'était alors demandée pourquoi un tel ouvrage n'était pas traduit dans d'autres langues, mais Alan lui avait expliqué que presque tous les dieux de la Mort parlait Latin puisque c'était enseigné dans la majeure partie des Académies. Seuls les pays où ce n'était pas le cas possédait des traductions.
Il la laissa à sa lecture, avec plusieurs centaines de pages en Latin, pour aller demander les autorisations nécessaires à la sortie d'un rouleau de papyrus du IIième siècle ap. J.-C. Si De nobis hostibus existait en plusieurs milliers d'exemplaires, Daemonicorum Bellum était absolument unique. Il fallait donc qu'Alan puisse avoir accès au département de conservation pour consulter le manuscrit antique.
Clémence se mit alors à désespérer. Pourquoi avait-elle dit qu'elle savait parfaitement lire le Latin ? Peut-être était-elle bonne en ce qui concernait cette matière au lycée et avait eu une excellente note au bac, mais elle était incapable de lire un ouvrage aussi énorme. Et puis... Alrune... Était-ce un nom propre ou un nom commun ?
Bon... Avec un peu de réflexion, elle pouvait tenter le nom propre. De toute façon, elle n'avait pas le choix.
Elle eut un regain d'espoir en voyant que la partie consacrée aux Démons en particulier était classée par ordre alphabétique. Elle ne mit pas longtemps à parcourir les noms des différents diables avant de trouver avec joie Alrune et s'empressa d'aller à la page indiquée. Quelle ne fut pas sa surprise de voir des annotations à la main en Français et en Anglais !
18 Décembre 1836.
Dossier Alrune P-AAA-905(AUC)-16.
Communiquez toute information à la Garde. Merci.
LCP,
MA,
SS.
PS : If you are English, please to don't say anything to Lord Forester. Pretorians are more qualified than him.
Thanks you very much. SS
(Si vous êtes Anglais, merci de ne rien dire à Lord Forester. Les Prétoriens sont plus qualifiés que lui. Merci beaucoup. SS)
Ne sachant trop comment réagir face à ça, elle envoya un message à Alan et commença à traduire le Latin, armée d'un bon dictionnaire. Ce serait toujours cela de fait.
Et voilà ! J'espère que vous n'avez pas été déçus par la scène entre Grell et Undertaker ! ^^
A part ça, le prochain chapitre est intitulé "Premières avancées ?".
Au programme, un début de semblant de révélation sur Alrune (oui, des miettes, quoi... XD ) mais une révélation de premier ordre sur William T. Spears ! XD
A la prochaine !
