Salut tout le monde !

Je m'excuse de publier aussi tard. J'ai énormément de travail en ce moment. ^^

Je tiens aussi à vous signaler que j'ai créé un blog qui parlera de mes fics (même s'il n'y a pas grand chose dessus pour le moment). Pour l'instant, j'y parlerais presque exclusivement de Dissidence. ^^
Voici le lien : ht*tp:*/les-fictions-d-alazais.*over-b*log.*co*m/

Maintenant, je vous laisse tout à ce chapitre !

Bonne lecture !


CHAPITRE XXXVIII : TRAVAIL ESTIVAL

Les Shinigami et Emma regardèrent William, se demandant s'ils devaient rentrer ou non et si non, où aller passer la nuit. Le brun soupira face au manque de lucidité du comte. Il s'inquiétait déjà de savoir comment ils allaient faire pour le lendemain, afin que le fait qu'Alexander ne soit pas là ne paraisse pas trop suspect. Pour Éric et Alan, ils n'auraient qu'à dire que l'un des deux était un colocataire et que le deuxième était son petit-ami...

Ronald fit remarquer qu'Alexander n'aurait qu'à rentrer avant que Céline ne se réveille, mais Clémence demanda comment Richard allait justifier qu'ils étaient sensés être trois dans l'appartement alors qu'il n'y avait que deux chambres. William fut sans appel :

« Ce n'est pas notre problème. Le comte devra faire avec et se débrouiller tout seul. En attendant, nous allons devoir trouver un hôtel... »

Heureusement, ils n'eurent aucun mal à en trouver un dans une ville comme Aix-en-Provence. Il fut très vite décidé que Grell et Alexander dormiraient tous les deux, ainsi que William et Emma. Ronald et Clémence seraient quoi qu'il arrive ensemble et le brun refusait de dormir dans la même que celle de l'adolescent qui ronflait trop.

Tandis que le couple s'embrassait tendrement dans un coin, William s'exaspérait devant le refus d'Alexander de coopérer. Ce dernier refusait de dormir dans la même chambre qu'une transsexuelle.

Emma ne put pas protester contre le choix de dormir avec le chef de secteur. Ce n'était pas tout à fait la même chose de dormir avec lui à l'appartement où Grell était aussi dans leur chambre et ici où ils seraient seuls. Elle était bien trop mal à l'aise face à des sentiments qu'elle expérimentait pour la première fois.

Ce fut ainsi la rousse, mécontente de se coltiner Alexander, qui s'occupa de demander les chambres :

« Il nous faudrait trois chambres doubles, s'il vous plaît.

-Tenez, voici les chambres 18, 24 et 27.

-Merci ! »

Quand William eut réglé sa situation, chacun prirent les clefs de leurs chambres respectives et s'y rendirent après s'être dit bonne nuit. S'il n'y eut aucun problème du côté de Ronald et Clémence, il n'en fut rien du côté des quatre autres.

Par chambre double, la femme de l'accueil avait compris lits doubles.

« Il est hors de question que je dorme avec toi ! s'offusqua Alexander.

-Parfait, parce que moi non plus. La baignoire à l'air très confortable.

-Très bien, je t'autorise à prendre un coussin pour y dormir.

-Tu rigoles Alex ? répliqua Grell d'un ton dangereux. C'était de l'ironie. C'est toi qui va y dormir.

-Et pour quelle raison ?

-Peut-être parce que j'ai une Death Scythe et toi non ? Parce que je suis une Kami et toi un simple mortel ? »

Dans la deuxième chambre, William et Emma se regardaient d'un air gêné. Ni l'un ni l'autre n'avait envie de dormir dans le même lit, mais pas pour les mêmes raisons. Si la brune ne sentait tout simplement pas du tout à l'aise, le chef d'équipe pensait que ce n'était pas décent. À l'appartement, malgré le partage du lit, il y avait tout de même Grell avec eux. Ce fut tout naturellement qu'il proposa :

« Ne t'inquiète pas, Emma. Je dormirais parterre, ce sera très confortable. »

Elle le regarda d'un air blasé. C'était gentil à lui de vouloir la déculpabiliser, mais c'était hors de question qu'il dorme à même le sol.

« Ça ne va pas la tête ? J'ai déjà dormi parterre chez les Scouts, tu ne vas pas le faire !

-Oui, mais ce-ci est le carrelage d'un grand hôtel, insista-t-il. Ce n'est pas la même chose que de la terre battue. »

Elle se retint d'éclater de rire devant le ridicule de la situation. William était bien trop vieux jeu sur ce coup-là !

« Ne dis pas n'importe quoi, je sais très bien que ce ne sera pas confortable. Pour avoir dormi sur les deux, on est même mieux sur de la terre... Ça va, ne t'inquiète pas comme ça, on est adulte et on peut très bien se passer de chaperon. Le lit est bien assez grand pour nous deux.

-Mais...

-Allez, ça va. Au fait... Pour les pyjamas...

-Ils en fournissent dans cet hôtel. Ne t'inquiète pas. Ils sont dans la penderie. »

.oOo.

« Clémence ? Tout va bien ? »

Ronald se releva. Voilà bien une heure que sa petite-amie était enfermée dans la salle de bain. Il n'avait pas entendu l'eau couler, il savait qu'elle ne prenait pas une douche. Il toqua à la porte.

« Mo ruin ? Ça va ?

-Ronnie, c'est horrible... »

Elle rouvrit la porte, paniquée. Il fronça les sourcils, se demandant pourquoi elle avait encore modifié son apparence et se retrouvait avec une chevelure de jais frisée et courte, un œil vert et l'autre jaune, sans parler de sa peau qui tirait sur un jaune maladif.

« Mais qu'est-ce que tu as fait ? Reprends ton apparence normal...

-C'est ce que j'essaie de faire depuis tout à l'heure ! paniqua-t-elle, au bord des larmes. Je n'y arrive pas !

-Ne te mets pas dans des états pareils, ça ne sert à rien...

-Et si je restais à jamais comme ça ?! fit-elle d'une voix tremblante en se mordant les lèvres pour s'empêcher de pleurer. J'arrive à me métamorphoser, mais pas à retrouver mon vrai visage !

-Ce n'est rien, rassura-t-il en la prenant dans ses bras. Tu y arriveras. J'en suis certain.

-Comment je peux faire ?

-Il suffit d'annuler la... »

L'Écossais se tut un instant en fronçant les sourcils, se rendant tout à coup compte qu'il n'en avait aucune idée.

« Tu vas rire, c'est tellement naturel que je ne sais pas vraiment comment te l'expliquer. Autant c'est facile d'expliquer comment changer son apparence que de la reprendre, c'est une autre paire de manche... Le mieux que tu puisses faire pour ce soir, c'est de réaliser une métamorphose qui se rapproche le plus de ton véritable visage.

-J'ai essayé, je n'y arrive pas ! Je n'arrive pas à prendre une teinte châtain ou à rallonger assez mes cheveux ! Quant à mes yeux, c'est pire que tout... Je n'arrive pas à faire autre chose que ce vairon inhumain...

-Bon ben... Reste comme ça, on verra ça demain. Peut-être que le patron saura mieux t'expliquer comment faire. Il est prof à l'Académie, il devrait savoir comment bien t'expliquer. Enfin, je pense. »

.oOo.

Emma émergea doucement du sommeil. Elle se sentait vraiment bien, comme dans un cocon. Cependant, lorsqu'elle fut suffisamment éveillée pour prendre conscience de ce qui l'entourait, elle comprit qu'elle était dans une très mauvaise position.

Durant son sommeil, elle s'était collée à William.

Sa tête reposait sur l'épaule de ce dernier et, sûrement par réflexe, il avait passé son bras autour des siennes.

Heureusement, il dormait encore. Mais comment faire pour se dégager ? En bougeant, elle risquait de réveiller le brun et il se rendrait compte qu'elle avait passé la nuit, ou une partie en tout cas, contre lui. Mais si elle attendait simplement qu'il se réveille, sans bouger, il s'en rendrait compte de la même manière.

Il fallait absolument faire quelque chose. Mais quoi ? Voilà la question...

Peut-être en se dégageant millimètre par millimètre ? Elle tenta. Mais elle comprit vite qu'elle ne bougerait pas avant un bon moment. Tant pis. Quitte à ce qu'il s'en rende compte, autant lui faire croire qu'elle dormait. Ça passerait certainement mieux.

De son côté, William se réveillait doucement. Son cœur manqua un battement quand il se rendit compte qu'Emma était contre lui, la tête sur son épaule et qu'il la tenait. Il aurait dû le savoir. C'était une très mauvaise idée. Il aurait dû dormir parterre. La prochaine fois, il ne laisserait pas le choix à la brune et dormirait parterre. C'était la seule solution.

Croyant qu'elle dormait encore, il n'osa pas bouger. Le mieux, selon lui, était qu'elle se réveille toute seule et qu'elle s'enlève elle-même.

L'un comme l'autre ignorait qu'ils attendaient la même chose.

.oOo.

Grell, Ronald, Clémence et Alexander avaient fini de déjeuner depuis longtemps. Il était neuf heures et demi et ni Emma ni William ne les avait rejoint. Autant ce n'était pas étonnant pour la jeune femme, mais le chef d'équipe ne s'était jamais levé après huit heures.

Pendant ce temps, le frère du comte se plaignait de sa nuit passée dans la baignoire. Il disait n'avoir jamais eu aussi mal au dos de sa vie. La rousse ricana, avouant qu'elle ne l'aurait jamais fait dormir à cet endroit s'il ne l'avait pas proposé pour elle et s'il avait été plus sympathique.

Ronald décida d'aller retrouver William et Emma, inquiet de ne pas les voir descendre. Ils avaient forcément un problème...

L'Écossais fut bientôt devant leur porte et toqua.

« Patron ? Emma ? Il est près de neuf heures et demi... Tout va bien ? »

.oOo.

« Patron ? Emma ? Il est près de neuf heures et demi... Tout va bien ? »

Les deux concernés, qui n'avaient toujours pas bougé d'un pouce, se séparèrent, comme électrisés, et s'assirent en même temps sur le lit.

« Oui Knox, tout va bien, répondit William. Nous n'avions pas vu l'heure. Nous arrivons de suite. »

Emma se leva sans un mot et partit s'enfermer dans la salle de bain, trop gênée pour dire quoi que se soit. Lorsqu'elle fut prête, elle hésita à sortir mais fut bien obligée de le faire. Elle n'osa pas le regarder et il ne lui accorda pas plus d'attention. Sans un mot, ils descendirent rejoindre les autres.

« Ah ! Emma ! Il faut qu'on te raconte ce que Grell a fait à Alex cette nuit ! rit Clémence en la voyant arriver.

-Oui, ricana leur amie, ça va te plaire...

-Je m'appelle Alexander ! grogna celui-ci. Et tu as été parfaitement ignoble !

-Au fait Clémence... Pourquoi tu n'as pas retrouvé ta véritable apparence ? s'étonna la brune. C'est franchement pas du tout humain ce que tu as fait et... Bah... C'est moche quoi... »

Son amie, blond platine et avec un œil vaguement verdâtre et l'autre carrément jaune phosphorescent, eut un air dépité. Elle n'avait toujours pas réussi à reprendre une apparence acceptable.

.oOo.

Le lendemain, alors qu'ils revenaient de faire les courses, ils croisèrent Jérôme Martin qui descendait. Ils s'arrêtèrent un instant pour discuter avec leur voisin qui partait vérifier ses tickets du loto.

« J'adore jouer à ça, avoua-t-il en riant. Si j'ai de la chance, peut-être que je deviendrais riche !

-On vous le souhaite en tout cas ! sourit Emma.

-Et vous, comment allez-vous ? demanda-t-il. Vous en avez pour combien de temps encore dans votre chaise roulante ?

-Oh, je ne sais pas ! Je vais voir le chirurgien demain, il m'en dira plus à ce moment là. Mais la dernière fois que je l'ai vu, il a dit que je cicatrisais bien.

-Espérons que tu guériras vite, grogna Éric qui portait la chaise. Sutcliff a fait du bon boulot cette fois-là... »

La sonnerie de la brune retentit à ce moment. Elle s'excusa et décrocha avant de soupirer en reconnaissant la voix de Druitt.

« Mon doux petit coquelicot ! Voilà trop longtemps que je n'ai pas ouïe votre belle voix chantante !

-Pourquoi vous m'appelez ? Si vous n'avez rien de mieux à dire...

-Non, non ! Vous ne m'avez toujours pas répondu : souhaitez-vous venir travailler chez moi avec vos amis ? Je serais si heureux de vous recevoir à mon nouveau château ! J'en ai acheté un en Provence et j'aimerais le faire visiter. Ô merveilleuse fleur des champs ! Vous serez parfaite ! Acceptez, je vous en supplie ! Et je serais très heureux que vos amis fassent de même ! »

Emma réfléchit un instant. Avec tout ce qui s'était passé ces derniers temps, elle n'avait pas pu chercher un job d'été et c'était la même chose pour Clémence. C'était l'occasion, même si elle ne supportait Druitt. Bah ! Il ne serait certainement pas tout le temps sur son dos...

« Eh bien c'est d'accord. J'en parlerais aux autres et je vous rappelle d'ici ce soir.

-Oh ! Si vous saviez comme je suis heureux mon mignon petit coquelicot ! J'attendrais votre coup de fil comme la venue du messie ! À bientôt, m'amie !

-Oui, oui...À bientôt... »

La brune raccrocha. Devant le regard interrogateur des autres, elle déclara qu'il s'agissait d'une proposition de travail. Jérôme la félicita. Ils se séparèrent après s'être serré la main et les occupants du trois cents huit regagnèrent leur appartement.

Emma parla aussitôt de la proposition du vicomte à Clémence.

« Oh ! Oui, pourquoi pas ? Ça peut être intéressant, même si c'est avec Druitt... Moi, ça me va en tout cas.

-J'aimerais bien aussi ! intervint Richard qui envoyait des sms à Céline.

-Euh... Depuis quand tu as besoin d'un job d'été, toi ? interrogea Clémence qui n'avait toujours pas retrouvé sa véritable apparence et abordait ce jour-là un roux criard, un œil vert acidulé et l'autre mordoré. Tu as perdu ta fortune ou quoi ?

-Non ! rit-il. Je suis toujours milliardaire ! Mais ça peut être une expérience intéressante, à mon avis. Et puis... Ça peut être drôle d'être avec vous ! J'échapperais à mon frère comme ça...

-Hey ! protesta ce dernier.

-Oh ça va... Je plaisante...

-Si vous souhaitez travailler, il faudra que certains aillent avec vous, déclara William en rentrant dans le salon. Slingby, Knox... Vous irez avec le comte. Sutcliff et Humphries, vous resterez ici pour protéger Phantomhive.

-Hey ! s'énerva Grell. Pourquoi c'est moi qui me coltine le morveux ?

-Parce que je l'ai décidé. Je souhaite évaluer Knox par rapport à sa mise à l'épreuve et je ne peux décemment pas vous confier sa surveillance. Quant à Slingby, je ne peux pas le laisser avec vous sans craindre de vous voir détruire cet appartement... donc, ce seront Knox et Slingby qui se chargeront de la surveillance du comte. Où voulez-vous travailler d'ailleurs ?

-Chez Druitt, répondit Emma.

-Le vicomte ?! s'exclama le chef d'équipe. Warren Redmond Druitt ?!

-Euh... Oui pourquoi ?

-Voyons Emma... Cet homme te harcèle dès qu'il te voit ! Méfie-toi de lui, il vaut mieux, prévint-il. Si jamais il t'empêche de travailler correctement, parle-moi en. Je déteste ce genre de personnage... On ne peut pas lui faire confiance.

-Si tu veux... répondit-elle, étonnée de sa réaction. Mais tu sais, je pense que ça se passera bien, il y aura des visiteurs, il ne pourra pas tout le temps me coller...

-Espérons-le, sinon ton travail deviendra un enfer et sera absolument impossible. »

Emma soupira, prit son portable pour rappeler le vicomte et le prévenir du nombre qu'ils seraient à venir travailler chez lui.

.oOo.

Lundi 1er juillet 2013, sept heures du matin. Ronald se réveilla, étonné de ne pas sentir Clémence à ses côtés. Il la vit tout au bord du lit, en train de fixer quelque chose qu'elle serrait dans ses mains.

« Mo ruin ? Ça va ? »

Elle sursauta et se retourna vers lui. Surpris, il vit qu'elle tenait un miroir et une photo d'elle-même. Il fronça les sourcils et se mit à rire :

« J'ignorais que tu t'aimais à ce point... Je ne sais pas si un desmos peut se créer envers sois-même, mais tu me sembles bien partie...

-Aha ! Très drôle... ironisa-t-elle. J'essaye de revenir à ma véritable apparence où à quelque chose d'approchant. Druitt me connaît et si j'arrive avec une couleur de peau qui n'est pas la mienne, des yeux vairons absolument immondes et des cheveux atroces, il se doutera qu'il y a un problème...

-C'est beau les yeux vairons...

-Même si c'en est un vert fluo et l'autre jaune ?

-C'est vrai que ce n'est pas très élégant... rit-il. Dis, ça fait longtemps que tu essayes ?

-Ça fait plus d'une heure. J'ai réussi à revenir à un marron très vert pour mes pupilles et à un châtain tirant sur le roux, vu que hier on aurait pu me prendre pour la petite sœur de Grell...

-Par contre, ta peau est beaucoup trop foncée par rapport à d'habitude...

-Je sais, j'essaye de l'éclaircir.

-Ne t'inquiète pas, tu arriveras.

-Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi j'arrive à me métamorphoser et pas à reprendre mon aspect originel.

-Ça arrive, ne t'inquiète pas. Tu y arriveras. »

Il se leva et l'embrassa sur le front avant de lui murmurer :

« N'en fais pas trop, reste comme ça pour le moment, tu vas te fatiguer inutilement. Il faut que tu sois en forme pour notre première journée de travail !

-Ne t'inquiète pas, ça va aller ! »

L'Écossais s'habilla et rejoignit le salon où les autres se réveillaient. Éric lui demanda si Clémence avait réussi à reprendre son véritable visage. Il lui expliqua qu'il y avait de l'amélioration mais que ce n'était pas encore ça.

Quand tout le monde fut prêt, ils purent s'en aller, William leur répéta pour la énième fois toutes ses recommandations pour la journée, au cas où un problème survienne. Ils montèrent dans la voiture d'Éric, la plus grande.

« Bon, soupira ce dernier en se mettant au volant de sa Rover 45, c'est parti pour travailler chez Druitt... Je crois que je préfère encore être au collège et surveiller les gosses.

-Toi, répondit Emma dans un grognement, il ne cherche pas à te séduire par tous les moyens en t'appelant mon mignon petit coquelicot...

-Il m'a fait des propositions bizarres quand même... trembla de dégoût l'Anglais.

-Quand ça ? s'étonna Ronald.

-À la Japan Expo Sud, grommela-t-il. Vous ne vous souvenez pas ? Juste avant de vouloir me faire chanter sa chanson débile. »

Ils éclatèrent tous de rire.

.oOo.

Éric se gara non loin de la grille d'un immense jardin, en pleine campagne. Ronald et lui, après être sortis de la voiture, s'occupèrent d'Emma et de son fauteuil, tandis que Clémence et Richard sonnaient à l'interphone. Ils eurent vite la voix surexcitée du vicomte qui leur ouvrit la grille depuis l'intérieur du petit château provençal qu'il avait acheté. Ce dernier était dans le plus pur style renaissant et ses jardins à la française, parfaitement symétriques, débordaient de magnifiques statues et de quelques fontaines.

Warren Redmond Druitt les rejoignit, frétillant de bonheur et visiblement impatient. Il les étonna tous en portant des habits du XIXième siècle, les mêmes que lorsqu'il présidait le concours de cosplay.

« Venez, venez ! Vite ! J'ai eu une merveilleuse idée ! Elle va vous plaire ! »

Emma se demanda un instant si la ''merveilleuse'' idée du vicomte allait passer avant elle et qu'il allait l'oublier, mais il se précipita vers elle pour la saluer à grand fort de très chère fleur des champs et tint à pousser galamment sa chaise roulante. La brune maudit ses amis qui riaient de la voir dans cette position et qui ne l'aidaient pas.

Quand ils furent dans le hall d'entrée, Druitt se tourna vers eux avec un grand sourire.

« J'ai décidé que ce serait un château à thème ! Excellente idée, ne trouvez-vous pas ? Et le thème, mes chers agneaux en sucre, c'est... Black Butler ! Je sais que vous aimez tout autant que moi ce maaaaaagnifique manga où mon ancêtre, Edgard, et son oncle, Alesteir, apparaissent à de nombreuses reprises ! Alors pour cela... Vous allez reprendre les rôles que vous teniez au Parc Chanot ! C'est une idée des plus merveilleuses, n'est-il pas ? »

Prenant le silence de ses nouveaux employés pour une approbation, il commença à leur expliquer comment ça se passerait. Il leur fournirait les costumes et ils pourraient les revêtir au château.

Richard, qui faisait donc Vincent Phantomhive, serait guide, tout comme Ronald. Éric était relégué à l'entretient du jardin, à son plus grand détestait tout ce qui avait trait au jardinage. Il était un citadin pur et dur qui avait toujours vécu dans de grandes villes. Son passage en Savoie, où ils étaient basés à Chambéry, avait sa seule expérience d'une ''petite'' ville. Même Aix-en-Provence lui paraissait pas bien grande, lui était habitué à Londres.

Quand Alan allait apprendre qu'il était jardinier, il allait bien rire...

Clémence reprit le rôle de Grell et fut mise à l'accueil, pendant que sa colocataire serait à la boutique souvenir.

Quant à Emma, Druitt tenta désespérément de la convaincre de prendre le rôle de Ran-Mao pour qu'il puisse faire Lau. Comme elle refusa catégoriquement, il lui proposa de faire Madame Red, ce qu'elle accepta aussitôt.

Les filles s'isolèrent pour revêtir les habits qu'il leur avait préparé. Si Clémence eut vite fait de s'habiller, Emma eut besoin d'aide pour le corset et pour mettre la robe. Elles finirent par réussir, mais la brune avait l'impression qu'elle allait s'étouffer. Elle avait du mal à respirer.

« Je vais jamais finir la journée... souffla-t-elle.

-Courage, tu vas être assise tout le temps.

-On échange, si tu veux ! Tu fais Madame Red et moi Grell...

-Le patron a choisi, rit Clémence. On ne contredit pas le patron...

-Ouais enfin... Quand le ''patron'' est Druitt, on s'est fiche.

-Disons que ça m'arrange... »

Elles gagnèrent toutes les deux leurs postes, dans des pièces côte à côte. Il était dix heures et les premiers visiteurs arrivaient.

.oOo.

Dix-huit heures étaient arrivées. Apparemment, le château de Druitt avait du succès et n'avait pas désempli.

Richard, Éric et Ronald attendaient les deux femmes dans l'entrée, discutant de tout et de rien. Le Shinigami anglais râlait d'avoir passé la journée avec les plantes. Il avait mis la journée pour tailler un arbuste minuscule et, n'arrivant pas couper les branches, avait fini à la Death Scythe.

« Si le patron apprend comment tu utilises ta Faux, rit Ronald, il va te tuer...

-Il suffit qu'il ne l'apprenne pas... Je ne vais pas m'embêter avec ces fichus arbres !

-La Lanterne cinématique de l'arbre était bien ? se moqua son ami.

-Très drôle... Les plantes n'en ont pas, j'ai pu le vérifier...

-Vous savez ce qu'elles font ? s'impatienta Richard qui avait envie de rentrer.

-À mon avis, Emma doit se changer. C'est assez long. »

En effet, la brune enlevait sa robe avec difficulté, complètement engoncée dans l'épais tissu. Clémence tentait de l'aider, mais elle finit par s'excuser, devant absolument aller aux toilettes.

« Non mais tu vas pas me laisser comme ça ! grommela son amie. J'arrive plus à respirer et je ne peux pas enlever le corset toute seule !

-Désolée, faut vraiment que j'y aille ou je vais me faire dessus. Je me dépêche, promis ! »

Elle disparut en courant, laissant Emma seule qui tentait de se débattre pour attraper les ficelles de son corset. C'est alors qu'elle sentit quelqu'un dénouer le lacet à sa place.

« Ah ! Merci Clém' ! Je pensais pas que tu serais aussi rapide.

-Ô chère petite fleur de coquelicot ! Ce n'est pas Clémence mais votre sauveur ! »

La brune, qui avait quitté son fauteuil roulant pour s'installer sur un banc afin que Clémence puisse l'aider, eut un mouvement pour échapper au vicomte. Elle se tourna vers lui, les yeux écarquillés, se cachant la poitrine :

« Mais sortez!

-Mais mon amour...

-NON ! SORTEZ ! »

Elle eut le réflexe de lui jeter un escarpin à la figure, l'obligeant à battre en retraite. Clémence revint à ce moment :

« Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Il a tenté de me violer !

-QUOI ?!

-Mais non ! se défendit le vicomte. Ma tendre fleur des champs n'arrivait pas à enlever son corset, je n'ai fait que l'aider !

-Je ne vous ai rien demandé... trembla-t-elle.

-Et puis sortez ! s'énerva Clémence.

-Dites donc, on peut savoir ce qui se passe ? »

Emma se recroquevilla un peu plus. Les hommes étaient venus voir ce qu'elles faisaient et pourquoi elles prenaient autant de temps.

« Mais dégagez donc, vous tous ! s'écria Clémence en les poussant vers la sortie. Vous pensez pas que Druitt suffit ?! Elle a eu assez de problèmes comme ça !

-Mais qu'est-ce qui se passe ? insista Ronald.

-Mais sors bon sang ! »

Elle le vira lui aussi et referma derrière lui à double tour, avant de retourner vers Emma :

« Ça va ? Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Il t'a touché ?

-N... Non. Il a... Il a juste voulu m'aider à enlever son corset mais... je ne m'y attendais pas. Je croyais que c'était toi.

-Si jamais il recommence, on le castre ! Promis.

-Tu as intérêt à rester avec moi, maintenant.

-T'inquiète pas. Et on demandera aux hommes de faire le pied de grue devant la porte de notre vestiaire tant que tu ne seras pas prête. »

.oOo.

Quand ils avaient raconté ce qui s'était passé chez Druitt, Grell et Alan avaient été dégoûtés, Alexander absolument outré et William avait voulu interdire Emma de retourner travailler.

« Comprends donc un peu, Emma... Cet homme n'a aucun principe, expliqua-t-il. Il aurait pu te déshonorer sans vergogne. Il n'est pas digne d'un gentleman. Il est dangereux. Non seulement il t'empêche de travailler, mais en plus, il ne te respecte pas.

-Je sais, William, répondit-elle dans un demi-sourire, touchée qu'il se préoccupe d'elle. Mais ça va aller. J'ai besoin de travailler cet été et les autres vont rester avec moi quand je me changerais.

-J'ose espérer qu'ils ne resteront pas dans la même pièce, nota le frère du comte.

-En effet... approuva le chef de secteur en lorgnant ses employés. En attendant, nous avons enfin reçu les autorisations pour consulter les archives de la Garde en ce qui concerne les déserteurs. Sutcliff, Curiel, Knox... Dès demain, vous irez les voir au Palais de la Nuit pour essayer de trouver le nom de celui qui accompagne Undertaker. Nous aurons peut-être des indices ainsi.

-Vous pensez que c'est lui qui a un lien avec Alrune ? interrogea Alan.

-Possible. Je l'ignore. En attendant, vous, Humphries, vous retournerez dès demain matin à la B.I.S pour enfin lire Daemonicorum Bellum. Avec un peu de chance, dès demain soir, nous en saurons plus sur Undertaker. »

Richard se mordilla les lèvres. Il espérait qu'ils ne découvriraient rien de compromettant outre le nom de Kayden. Bien entendu, il savait que ce serait impossible. Ils apprendraient forcément son nom. Sûrement qu'il avait lui aussi une autre équipe de Traqueurs à ses trousses. Dans le pire des cas, les deux équipes s'allieraient et mènerait leur traque ensemble. Ce serait sûrement la pire chose qu'il pourrait arriver.

Ils devaient au moins être au courant.

Pendant que les autres discutaient, il se leva, déclarant qu'il allait prendre un peu l'air sur la loggia. Comme ils étouffaient de toute façon dans ce petit appartement surpeuplé, au troisième étage, orienté plein sud et sans climatisation, personne ne s'étonna de le voir partir sur le balcon.

Une fois dehors, il se pencha par dessus la balustrade pour essayer d'apercevoir le logement de Jérôme Martin, un mur séparant les deux avancées. Voyant que le voisin avait ouvert son volet roulant pour laisser passer l'air frais de l'extérieur, il l'appela à voix basse mais n'attira pas son attention. Déterminé à lui parler, il s'empara de quelques épingles et les lança sur la vitre ouverte.

Bientôt, Jérôme le rejoint.

« Que se passe-t-il ?

-J'ai des informations pour Undertaker... souffla le comte.

-Lesquelles ?

-Demain, ils auront le nom de Kayden. Ils vont envoyer ceux qui l'ont vu en Érèbe pour regarder les dossiers des déserteurs noirs. Je ne sais pas si c'est dangereux pour eux, mais il vaut mieux qu'il le sache, non ?

-Oui. Je le leur dirais dès que je les verrais. Merci.

-Je vous en prie. C'est normal.

-C'est vrai qu'il fait bon, dehors. »

Le comte et le voisin sursautèrent en entendant une voix les rejoindre.


Et voilà ! Que de suspens... ^^

Prochain chapitre : "Le Palais de la Nuit"
Au programme : Un retour en Erèbe, un Prétorien et un coup de fil dangereux...