Et non !
Vous ne rêvez pas. ^^
C'est bien un nouveau chapitre. On n'arrête plus Momo0302 de corriger et elle m'a convaincue que c'était trop sadique de vous laisser ainsi. Du coup, voici le chapitre !
Mardi, je reprendrais le rythme normal de publication. ^^
D'autre part, si vous voulez savoir à quoi ressemble un couteau-scie aborigène, vous pouvez regarder ce lien :
ht*tp:/ww* *.co*m/fileadmin*/images*/philippe*/expos*_tempos/dossier*_presse_*Australie_*Aborigene_*Musee_*Prehistoire_*Quinson2*.p*df
Il vous faut aller en page 7 et c'est l'outil le plus à droite.
De plus, le plat dont il est question, la mlokhia, se prononce "méloria". Ce n'est absolument pas important, je sais. XD
Bonne lecture !
CHAPITRE XXXIX : LE PALAIS DE LA NUIT
Richard vit avec horreur Grell le rejoindre sur le balcon et saluer Jérôme. Elle avait tout entendu. C'était obligé. Elle avait forcément tout entendu...
« Alors ? sourit-elle au voisin. Vous aussi vous aviez chaud ?
-En effet, on suffoque à l'intérieur, répondit Jérôme sur un ton étrangement calme et forçant l'admiration du comte.
-Oui, à cette heure, on est bien mieux dehors. »
Petit à petit, Richard se détendit. Apparemment, la rousse n'avait pas entendu leur conversation. Elle discutait de la pluie et du beau temps avec Jérôme, sans faire le moindre sous-entendu à ce qu'ils avaient dit un instant auparavant. Il était étonné, mais préféra ne pas y faire la moindre allusion.
Il se pouvait également qu'elle faisait comme si elle n'avait rien entendu pour tout rapporter ensuite à William... Le blond se demandait sérieusement si parler à Jérôme avait été une bonne idée...
Et il ne se trompait pas. Grell, après s'être proposée pour rejoindre Richard pour le protéger car William s'inquiétait de ne pas le voir revenir, avait absolument tout entendu et faisait comme si de rien n'était.
Intérieurement, elle était heureuse que Richard ait trouvé un moyen de contacter Undertaker. Elle n'aurait jamais soupçonné Jérôme Martin d'être en relation avec lui... D'ailleurs, elle se rendait compte que leur voisin avait une teinte de vert dans ses yeux... Pouvait-il être un Shinigami lui aussi ? Un déserteur ? Possible. Quand elle avait compris sa relation avec l'homme qu'elle aimait, elle avait cherché à user de ses pouvoirs pour comprendre sa nature. Elle avait été extrêmement étonnée de ne pas ressentir sa présence alors qu'il était à côté d'elle.
Elle n'ignorait pas que seuls de très puissants Shinigami étaient capables de telles prouesses et de disparaître complètement de la perception de leurs semblables. Elle n'osait même pas imaginer sa puissance et sa maîtrise de ses dons...
Toujours était-il qu'elle n'allait dire à personne sa découverte. Il était hors de question qu'Undertaker se fasse prendre à cause d'elle. Elle ne s'en remettrait jamais... Elle savait très bien qu'elle n'avait aucune chance d'obtenir un jour son amour. Mais elle souffrirait encore plus de le savoir mort par sa faute.
Mieux valait ne rien dire, faire comme si elle n'avait rien entendu. Elle le protégerait quoi qu'il arrive, mais il était hors de question que quiconque découvre son amour. Après avoir discuté de tout et de rien, tout les trois quittèrent leur balcon respectif.
.oOo.
« Ah ma tendre petite fleur de coquelicot ! se lamenta Druitt devant Emma entourée de ses amis. Je suis sincèrement désolé de ce qui s'est passé hier ! Me pardonnerez-vous jamais ?
-Vous n'avez pas intérêt à recommencer ou je porte plainte !
-Je ne désirais pas vous faire de mal, m'amie ! Je saurez reconquérir votre cœur !
-Ne rêvez pas, grogna Emma en pensant à William. Maintenant, excusez-nous, nous sommes pressés. Nous avons une vie à côté du travail !
-Et je souhaiterais tant faire partie de la votre ! »
Emma soupira et ne répondit rien. Bientôt, Éric démarra, laissant loin le château de Druitt. Richard se tourna vers la brune et lui demanda si ça allait après une journée passée avec le vicomte.
« Oui... Il ne m'a pas trop collé au final... »
Une heure plus tard, ils arrivèrent sur le parking du Domaine des Milles où Grell les attendait, toute excitée. Elle se précipita sur ses amies et leur montra une photo de voiture rouge prise sur internet.
« Regardez ! J'ai vu cette pub par hasard sur internet !
-Je savais pas que tu aimais les voitures... nota Clémence.
-Ah non ! Je m'en fiche comme de ma paire de lunettes de l'Académie, mais celle-là, c'est différent ! J'y connais rien en bagnole et je viens de la découvrir : une Alfa Romeo... Giulietta ! Vous vous rendez compte ! Elle est rouge en plus ! Il me la faut !
-Tu vas acheté une voiture juste pour le nom et la couleur ? demanda Emma d'un ton désabusé.
-Ouiiii ! Hu hu hu !
-Tu as le permis au moins ? se renseigna la brune.
-Bah, ça se passe, le permis ! répliqua la rousse en haussant les épaules. Je me suis inscrite, tout à l'heure...
-En tout cas, c'est une bonne marque, répondit Ronald.. C'est une très belle voiture.
-Je ne la verrais plus de la même manière si c'est celle de Sutcliff... grogna Éric.
-Ah, mais je t'ai rien demandé à toi !
-Et si on allait au Palais de la Nuit pour trouver le nom de ce déserteur ? coupa Ronald pour qu'ils ne commencent pas à se disputer.
-Au moins, je serais débarrassé de Sutcliff...
-Si tu pouvais crever avant que je revienne, ça m'arrangerait...
-Bon, ça suffit maintenant, soupira l'Écossais d'un ton las. On peut y aller maintenant ? »
Clémence et Ronald avaient l'impression que les gigantesques jardins n'en finiraient jamais. Ces derniers, écrasés d'un Soleil de plomb, étaient emplis de senteurs plus agréables les unes que les autres. Des bassins peuplés de carpes koï et de poissons rouges ainsi que des fontaines venaient ajouter une touche de fraîcheur à l'ambiance desséchée qui régnaient en maître.
Le climat de l'Érèbe était le même que celui du sud de l'Italie.
Ainsi, même si les Shinigami ne craignaient pas les changements de températures, personne ne se trouvaient dans ce décors antique et géométrique aux mille bordures de buis et de romarins, aux magnifiques massifs de roses qui embaumaient l'espace... Des coins d'ombre avait été aménagé sous de beaux platanes enserrés de lierre ou sous des pergolas soutenues de colonnes sur lesquelles s'entrelaçaient des vignes.
Heureusement que le chemin principal menait directement aux marches de marbre blanc sinon ils auraient facilement pu se perdre au détour d'un fourré de rue ou d'un parterre de sauge.
Ils arrivèrent bientôt à l'escalier immaculé qui conduisait à une large terrasse couverte dont le toit était soutenue par de sublimes colonnes corinthiennes. Ronald et Clémence restèrent bouche-bée en levant leurs yeux vers plafond de marbre noir. Au centre, une magnifique représentation de la Terre était sculptée en projection de Postel. Elle était entourée par la Lune d'un côté et par le Soleil de l'autre. Une myriade d'incrustation de quartz blanc qui brillaient à la lumière du jour évoquaient la voûte céleste. Cependant, lorsqu'on regardait plus attentivement l'œuvre, on pouvait remarquer la légère gravure d'une Faux immense qui enserrait la Terre dans sa lame.
« Impressionnant, n'est-ce pas ? s'amusa Grell.
-Oui, en effet ! approuva le blond, le nez en l'air.
-On dirait que ça ne te fait rien... continua Clémence.
-Bien sûr que si ! Mais... Je connais bien le Palais de la Nuit. La partie publique, en tout cas. Je venais souvent y retrouver mon parrain quand il était encore en vie. Ici, vous êtes sur ce que l'on appelle l'Atlas. C'est le nom que l'on donne à cette terrasse dont les colonnes soutiennent une représentation du monde.
-Ah je vois ! s'exclama Clémence. Les Humains en ont fait un Titan soutenant la Terre, mais en fait, Atlas est une terrasse à colonne surmontée d'un magnifique dessin de la Terre...
-C'est ça !
-Tu as dit que ton parrain travaillait ici ? s'intéressa Ronald.
-C'était Franz Brückener, le précédent Chargé des Démons, expliqua la rousse. On y va ? »
Ils suivirent Grell et passèrent une gigantesque porte d'ébène protégée par deux Gardes qui vérifièrent leur identité étant donné qu'ils ne portaient pas l'aigle aux deux Faux des Prétoriens.
Suivant les indications qu'on leur avait donné pour parvenir au bureau de Schreiber, ils traversèrent nombre de couloirs plus sublimes les uns que les autres, blancs tranchés de noir, décorés de statues antiques et parcoururent des péristyles les abritant de la morsure de l'astre solaire de l'Érèbe.
Ils finirent par se rendre à l'évidence lorsqu'ils arrivèrent devant une salle à la porte veinée d'iridium et élégamment entourée de colonnes chryséléphantine. Ils étaient complètement perdus.
« Excusez-moi, fit Ronald en s'approchant de l'un des Prétoriens en faction devant le portail monumental. Nous cherchons le bureau de Markus Schreiber, le Chargé des déserteurs... Vous savez où il se trouve ?
-Markus Schreiber ? s'étonna le Garde. Vous êtes à la salle du Conseil de la Mort. La partie réservée aux Traqueurs est complètement de l'autre côté, vers l'entrée. Une fois que vous avez passé l'Atlas, vous vous retrouvez dans un grand hall. Il faut prendre le couloir de droite puis prendre le troisième à droite. Vous allez tout au fond et vous arriverez à la Cours des Traqueurs... Le bureau de M. Schreiber est la porte en face de du Laocoon en bronze.
-Ah ! Tu vois Grell ! Tu m'as certifié qu'il fallait aller à gauche ! râla l'Écossais. Heureusement que tu es déjà venue plusieurs fois !
-Ça va... grommela-t-elle. Je ne suis jamais venue seule et la dernière fois, j'avais trente-quatre ans ! En plus, c'était pour mon parrain qui était Chargé des Démons ! Pas des déserteurs !
-Ils sont juste à côté... soupira le Garde.
-Ouais bon... Ça va hein ! Je ne savais pas... Merci beaucoup en tout cas !
-Je vous en prie, répondit le Prétorien. Vous saurez retourner à l'entrée ?
-Oui, j'ai le sens de l'orientation, moi, souligna Ronald.
-Ah mais ça va, quoi !
-Bon, il serait temps qu'on bouge, non ? remarqua Clémence dans un soupir. On est déjà en retard... »
.oOo.
Ils arrivèrent enfin au bureau de Schreiber. Ronald frappa à la porte et entra quand ils en reçurent l'autorisation.
« Ah ! Ce n'est pas trop tôt ! fit le Chargé des déserteurs en les voyant entrer. Vous avez près d'une demi-heure de retard ! »
Ils s'excusèrent, expliquant qu'ils s'étaient perdus et avaient eu du mal à trouver. Il y eut un petit rire et ils tournèrent la tête vers un homme qui se trouvait dans un coin de la pièce, derrière eux.
Il s'avança vers eux pour les saluer, leur expliquant que lui-même s'était perdu la première fois qu'il était venu. Ce Shinigami, visiblement métis, était d'une grande beauté. Les physionomies noire et blanche se mêlaient en lui de la plus belle manière. Une épaisse et souple chevelure de jais entourait son visage aux pommettes hautes et au menton étroit, dont la peau oscillait entre le cuivré et le brun. Il portait ses cheveux plutôt longs, tombant juste au dessus de ses épaules. Un nez fin et très légèrement épaté surmontait une bouche aux lèvres minces. Ses yeux parfaitement dessinés étaient chaleureux, bien qu'il y brillait une lueur indéfinissable. Tous furent étonnés de voir qu'il ne portait pas de lunettes.
« Sutcliff, Knox, Curiel je vous présente Luciano Surafel Eshetu. Il est entré il y a peu dans la Garde Prétorienne en tant que Traqueur et s'est proposé pour vous aider dans vos démarches. Il va vous emmener aux Archives pour regarder les portraits de déserteurs. Prenez votre temps. Si jamais vous ne le trouvez pas et qu'il n'est pas répertorié, nous lancerons la Traque et nous verrons si votre équipe s'en occupe ou si nous en dépêchons une autre. Nous déciderons de cela avec Sørensen.
-Et si jamais une autre équipe est déjà sur le coup, monsieur ?
-Nous la préviendrons et sûrement que vous travaillerez ensemble. Nous verrons. Allez-y maintenant. »
Luciano leur dit de le suivre avec un grand sourire que lui rendirent les deux femmes. Tandis qu'il marchait devant eux pour leur montrer le chemin vers les Archives, Grell se pencha vers Clémence.
« Il est mignon, hein ?
-N'oublie pas, rit-elle, j'ai un accord avec Ronnie, je n'ai pas le droit de trouver un homme mignon...
-Pfff... Il n'est pas drôle...
-Il a de très beaux yeux... nota Clémence.
-Il n'a pas que ça de beau, si tu veux mon avis... » gloussa Grell en donnant un petit coup de coude à son amie et en désignant les fesses du Prétorien. Clémence eut le réflexe de baisser les yeux pour suivre le regard de la rousse et se mit à rire en comprenant ce que Grell lui désignait, sous l'œil assassin de Ronald.
« Vous avez fini toutes les deux ? s'énerva-t-il à moitié.
-On rigole juste... assura Clémence.
-Ça n'a rien de drôle !
-Moi, je ne rigolais pas... continua Grell.
-Un soucis ? demanda Luciano en se tournant vers eux.
-On ne vous a rien demandé à vous ! s'emporta l'Écossais. Vous êtes notre guide et rien d'autre ! Alors restez à votre place !
-C'est vous qui allez rester à votre place ! répliqua vertement Luciano. Je ne sais même pas pourquoi vous me parlez comme ça ! Non seulement je ne vous ai rien fait, mais en plus je suis Prétorien, contrairement à vous ! Alors vous allez vous calmer !
-Ne vous inquiétez pas, gloussa Grell, il en a après tout le monde aujourd'hui, de toute façon. Il s'est levé du mauvais pied... Vous êtes absolument par-fait ! Hu hu hu ! »
Le métis haussa les sourcils d'un air étonné et préféra faire volte face pour reprendre sa marche vers les Archives comme s'il n'avait rien entendu. Ils finirent par arriver dans un immense couloir sobre qui semblait n'en plus finir. De hautes fenêtres sur leur gauche laissaient passer la lumière à intervalles réguliers. Tout au fond, se trouvait l'unique porte du corridor, toujours gardée par des Prétoriens. En parcourant la longue galerie, leurs pas résonnèrent comme s'ils avaient été un régiment complet alors qu'ils faisaient en sorte de faire le moins de bruit possible.
« Ils sont avec moi, annonça Luciano en faisant voir son insigne accrochée à sa poitrine.
-Notez votre nom et les leurs, votre grade, votre heure d'arrivée et signez, pria l'un des gardes en tendant un livre. Vous noterez votre heure de départ avec à nouveau votre signature s'il vous plaît.
-D'accord. »
Voyant que Luciano cherchait un peu dans les colonnes ce qu'il devait mettre et à quel endroit, l'autre garde sourit :
« C'est la première fois que vous venez ?
-Oui, s'excusa-t-il. Je ne suis Traqueur que depuis une semaine. Je suis venu plusieurs fois avec ma formatrice, mais jamais seul... C'est elle qui remplissait le livre de présence.
-Ah ! C'est vous, le nouveau ! Félicitations ! D'après ce qu'on a entendu, vous avez un sacré potentiel...
-Merci, répondit le Traqueur, visiblement gêné d'être le centre de l'attention. Mais j'ai eu un bon Maître...
-Ça, vous pouvez le dire... Nazarov est considérée comme la meilleure Traqueuse ! rit le premier garde. C'est votre marraine, non ?
-Oui, c'est pour ça qu'elle a voulu me former alors qu'elle refuse tout le monde, d'habitude.
-C'est un exploit qu'elle vous ait accepté. Mais la connaissant, elle aurait quand même refusé si vous n'aviez pas été doué. En plus, parait-il que vous êtes le plus jeune membre de la Garde depuis longtemps...
-Oui, confirma Luciano, j'ai deux cent douze ans.
-Ah oui, grommela Ronald dans un chuchotement de sorte à ne pas être entendu et à ce que cela ne résonne pas, et en plus c'est un gamin à peine sorti des jupes de sa mère...
-Parce que tu as quel âge, toi ? répliqua Clémence, la seule à l'avoir entendu. Deux cents vingt-sept, non ?
-C'est pas pareil, grogna-t-il.
-Dis donc, tu me ferais pas une crise de jalousie ? sourit-elle, attendrie, en prenant amoureusement son bras.
-Mais nooooon ! » souffla-t-il, passablement exaspéré.
Clémence rit et l'embrassa tendrement sur la joue. Ils entrèrent dans la première salle des Archives à la suite de Grell et Luciano et se retrouvèrent dans une salle plus petite que ce à quoi ils s'attendaient. Diverses boxes la remplissaient, refermant chacune un poste informatique. Un Latino vint les accueillir, un archiviste.
« Je peux vous aider ?
-Il nous faudrait un ordinateur, s'il vous plaît, demanda Luciano. Nous devons consulter les portraits des déserteurs.
-Je vais vous donner un poste un peu à l'écart pour ne pas déranger les autres si vous devez discuter... Venez. »
Ils s'installèrent tous autour d'un ordinateur, Ronald prenant bien soin de se mettre entre le métis et Clémence. Luciano sortit de sa poche un étuis refermant des lunettes rectangulaire à la monture invisible et aux branches argentés. Il mit celle-ci sur son nez, puis entra ses identifiants dans l'ordinateur et lança le programme recensant tous les déserteurs. Il expliqua que beaucoup de portraits dateraient sûrement d'une époque où la photographie n'existait pas et qu'il s'agissait donc de portraits d'artistes peintres.
« Vous avez des caractéristiques particulières à rentrer qui pourraient aider à la recherche ?
-Il est Noir, commença Grell.
-Il a des lunettes rectangulaires, se souvint Clémence.
-Vous avez vu sa Faux de la Mort ? Hormis pour les Prétoriens, elles sont uniques. Si vous pouviez me la décrire un peu, nous pourrons éliminer pas mal de personne. »
Les trois amis se regardèrent, ne sachant trop quoi répondre. La Death Scythe du dissident était vraiment étrange et ils n'en avaient jamais vu de telles. Ils ne connaissaient même pas à quel instrument humain elle se rapportait.
« C'est comme... tenta Clémence qui l'avait vu de près en l'ayant sous la gorge. Comme... un bâton... avec un... peigne au bout...
-Un... peigne ? répéta Luciano d'un air dubitatif.
-Oui mais, pas dans le sens d'un râteau, vous voyez ? Plutôt placer comme une brosse à dent...
-Une brosse à dent ? Au bout d'un bâton ? »
Il avait plus ou moins entendu parler de l'équipe en charge du dossier D-1837-21A. D'après ce que son supérieur, Schreiber, lui avait dit, il s'agissait de Traqueurs vacataires. Durant sa formation de Traqueur, qui durait cinquante ans, il avait dû éplucher sous l'œil attentif de sa formatrice chaque dossier en cours et dire ce qui allait et ce qui n'allait pas. Bien entendu, il devait expliquer pourquoi...
De ce fait, il connaissait bien le D-1837-21A, d'autant qu'il le touchait personnellement... Il y avait eu beaucoup à dire et c'était l'un des derniers qu'il avait traité. Il n'avait pas compris pourquoi, en tant d'années, ils n'avaient pas eu la moindre piste. Quand il avait lu leurs derniers exploits qui consistait à laisser filer le déserteur qu'ils étaient sensés attraper, prouesse de la rousse s'il avait bien compris, il avait demandé si c'était une blague. Autant d'inaptitude à faire correctement son travail paraissait inimaginable.
D'autre part, même si ça ne figurait pas encore dans le dossier quand il l'avait étudié, il avait entendu parler comme tous les Traqueurs de ce que Knox, le blond et brun donc, qui avait complètement abandonné son poste pour aller batifoler avec la jeune femme avec laquelle il avait noué un desmos. Il savait parfaitement l'importance de cet amour et la force du lien qui l'animait, mais il ne fallait pas exagérer. Il était hors de question de le faire passer avant la protection des âmes. Comment pouvait-on être aussi inconscient ?
Tout cela relevait de la pire des incompétences.
Maintenant, il comprenait. Décrire une Faux de la Mort en prenant comme base un bâton avec un peigne en brosse à dent... C'était de l'inédit.
Il pencha légèrement la tête sur le côté, cherchant à imaginer ce que la description pouvait donner.
« En fait... pourriez-vous me le dessiner ? Je crois que ce serait plus simple... »
.oOo.
Luciano regardait les gribouillis de Clémence et de Ronald, les seuls à avoir vu la Faux. Il fronça les sourcils et se mordilla la lèvre inférieure, réfléchissant. Tout à coup, il cliqua sur l'onglet d'Internet, tapa quelques mots puis choisit rapidement une image.
« C'est ce-ci ?
-Oui ! firent en même temps les deux amants.
-Ça s'appelle un couteau scie et c'est aborigène, expliqua le Prétorien.
-Comment le savez-vous ? interrogea Grell, minaudant légèrement. Vous êtes fort !
-Non, contredit-il. Pour être Prétorien, surtout Traqueur de déserteur, nous devons connaître tous les styles de Faux et d'où elles viennent. On a un examen éliminatoire sur ça. En tout cas, ça va bien nous aider... »
Dans la base de donnée, il entra de nouvelles données. Océanie, Couteau-Scie... Ils attendirent. Bientôt, deux portraits apparurent.
Kanmare Wawi.
Kayden Tjinmin.
Le dossier du premier avait été bouclé il y avait plus de sept siècles.
« C'est lui ! »
Grell, Ronald et Clémence étaient sûrs d'eux. C'était Kayden Tjinmin, ils en étaient certains.
.oOo.
Luciano se tenait devant Schreiber. Il était droit comme ''I'', attendant patiemment que son supérieur ait achevé de lire le dossier de Kayden. Le D-1886-19A.
« Qu'en pensez-vous, Luciano ? finit par demander le Chargé des déserteurs en refermant le dossier.
-Je pense qu'il serait temps qu'une équipe s'occupe de cette affaire, monsieur. C'est la première fois que son nom est mentionné, la traque peut être lancée. Je me trompe ?
-Non, absolument pas. Je vous sens fébrile...
-Je vous avoue que j'aimerais beaucoup pouvoir m'occuper d'une première affaire, sourit-il en se mordillant la lèvre inférieure. Mais je sais que je ne suis en service que depuis une semaine, alors...
-De mon côté, déclara Schreiber, je dois reconnaître que j'ai hâte de vous à l'œuvre. Vous êtes le plus jeune Prétorien depuis la Génération des Enfants et au vue de votre puissance exceptionnelle, vous êtes promis à une carrière remarquable. Cependant, ne vous leurrez pas : vous êtes très jeune. Peut-être trop. Vous n'avez même pas eu le temps de vous forger votre expérience en tant que Faucheur. Si ce Tjinmin est au côté d'Undertaker depuis longtemps, ce dernier a dû lui apprendre beaucoup de choses. Il est même probable qu'ils s'entraident. Ils sont puissants et dangereux. Je sais que vous êtes doué. Mais eux le sont aussi, peut-être autant que vous. Ils sont deux et, plus important que tout, ils ont de l'expérience. Bien plus que vous.
-Sans vouloir paraître condescendant, je pense être meilleur que l'équipe de vacataires s'occupant du D-1837-21A. N'importe qui le serait...
-Ne les sous-estimez pas. Il y a de bons éléments, aussi étrange que cela puisse paraître. Le chef d'équipe, William T. Spears, a le niveau des meilleurs Traqueurs, même s'il n'est pas Prétorien. S'il travaillait sa perception, je suis certain qu'il pourrait rivaliser avec moi ou même avec herr Sørensen. N'oubliez pas que c'est l'héritier Spears et qu'il descend en droite ligne de William Phillip Spears, l'un des meilleurs Ministres qu'a eu l'Europe, et qu'il est le fils de l'actuel Secrétaire d'État anglais. Alan Slingby-Humphries n'est pas forcément très puissant et a les épines de la Mort, mais il est intelligent, réfléchi et sérieux. Quant à Grell Sutcliff, si elle faisait preuve d'un peu de sérieux, elle serait un élément tout autant intéressant. Elle est puissante. C'est la petite-fille de Clarence Forester et, de lui, elle n'a pas hérité que sa chevelure rousse...
-Forester... cracha avec aversion et dégoût le jeune Traqueur. Je vois...
-Je sais la haine que vous lui portez, soupira le Chargé. Mais Forester est mort et n'a eu que ce qu'il méritait... Sutcliff doit le haïr tout autant que vous, même si ce ne sont pas pour les mêmes raisons. Toujours est-il que je verrais si je vous mets sur cette affaire ou pas.
-Monsieur... insista Luciano d'un ton presque suppliant. Je souhaiterais vraiment être sur cette affaire...
-Et pourquoi cela ? »
Il baissa les yeux, se mordillant à nouveau la lèvre inférieure, tic qu'il avait depuis longtemps.
« Je... Je sais que si je travaille sur le D-1886-19A, je... je serais forcément en relation avec le D-1837-21A. Je ne suis pas bête. Il n'y a que très peu de déserteur. Et qu'il y en ait deux en l'année 1837, c'est... étonnant. Vous comprenez monsieur ? Je pense qu'il a un rapport avec Artorius. »
Schreiber soupira profondément.
« Pourquoi êtes-vous devenu Traqueur de déserteur, Luciano ? Vous auriez fait des merveilles en tant que Traqueur de Démon. Tout le monde vous l'a dit, Nazarov la première. Oh, vous en ferez dans mon service, je n'en doute pas, mais... les Démons, c'est votre truc. Vous avez tout ce qu'il faut pour cela. Vous préférez travailler en solitaire, ce qu'ils font dans l'autre service la plupart de temps contrairement au notre. Vous avez une capacité de travail impressionnante, même pour un Shinigami, vous vivez pour votre travail, et il y a toujours à faire avec les Démons. Beaucoup plus qu'ici, même si nous en avons : il y a très peu de déserteurs, vous l'avez dit vous-même. Est-ce pour vous venger ?
-Me venger ? s'étonna Luciano. À quoi cela me servirait-il ? Je ne suis pas un Humain assoiffé de vengeance... Et pourquoi devrais-je me venger ?
-Je peux comprendre qu'aux vues de vos capacités exceptionnelles vous soyez entré dans la Garde aussi jeune. Mais osez me dire que vous n'avez pas choisi mon service pour votre père... »
Le jeune Prétorien se mordilla à nouveau les lèvres et déglutit difficilement. Il tenta de ne rien laisser paraître de son malaise, même s'il fixait tout sauf son supérieur.
« Je... ne vois pas de quoi vous parlez, monsieur... Mon père était un simple Faucheur du secteur de Gondar en Éthiopie et...
-Arrêtez donc un peu votre comédie, Luciano, coupa Schreiber. Je parle de votre père, non du mari de votre mère. Vous le savez très bien. Vous m'expliquerez comment vous pouvez être métis si vos deux parents sont Noirs... Et également comment vous pouvez être aussi puissant quand on voit que Surafel était un Faucheur plutôt médiocre. Sans parler que vos parents vous ont donné un prénom des plus... éthiopiens... »
La légère ironie qu'employa l'Autrichien ne dérida pas le jeune Traqueur. Ce dernier n'avait clairement pas envie de rire après avoir compris que son supérieur était au courant de l'identité de son père. Il avait espéré la cacher aux yeux de tous.
« Ne vous faites pas d'illusions, soupira Schreiber devant l'air qu'avait pris Luciano, votre naissance est un secret de Polichinelle dans la Garde et au Conseil de la Mort. Demandez, et personne ne saura. Mais croyez-moi : tout le monde est au courant. Après tout, ce n'est pas comme si vous aviez été caché durant les premières décennies de votre vie... Maintenant, dites-moi la vérité
-Je... Je... Je veux... Je veux connaître la vérité, souffla-t-il. Rien de plus.
-Et que ferez-vous si vous vous retrouvez en face de celui que vous cherchez ?
-Mon travail, monsieur, assura Luciano en regardant soudainement son supérieur droit dans les yeux. Simplement mon travail.
-Admettons que je vous fasse confiance... Vous savez qu'il y a conflit d'intérêt. Il n'y a très peu de chance que herr Sørensen accepte de vous confier l'affaire.
-Je ne demande pas le D-1837-01B, monsieur, insista Luciano. Ni même le D-1837-21A. Je n'ai pas le moindre conflit d'intérêt avec le D-1886-19A. Je me porte volontaire pour retrouver Kayden Tjinmin.
-Vous avez vous-même dit que vous voulez prendre cette affaire pour retrouver Undertaker. Mais de toute façon, vous n'en ferez qu'à votre tête et vous enquêterez quoi qu'il arrive, n'est-ce pas ? Vous ressemblez trop à votre père...
-Je prends cela comme un compliment, monsieur.
-Ce n'en est pas un, rétorqua Schreiber. Pas pour votre entêtement, en tout cas. Écoutez... J'en parlerais à herr Sørensen et je vous tiens au courant. De toute façon, quelqu'un devra s'occuper de Tjinmin et je voudrais que ce soit une équipe prétorienne et non encore des vacataires... »
.oOo.
Le soir, ils étaient tous attablés autour d'un plat qu'Emma avait réalisé avec sa grand-mère et qu'elle avait congelé en attendant de pouvoir le servir. Il s'agissait de la mlokhia, un plat égyptien dans lequel se trouvait plus de sauce d'un verdâtre foncé que de viande. Elle était accompagnée d'un pain arabe également fait maison pour justement saucer.
Alexander regardait cela d'un air suspect et avait déclaré que jamais il ne mangerait une telle horreur. Il n'y goûterait pas cette chose abominable, tout juste bon à être servi à un chien. Il avait d'ailleurs fait une démonstration en faisant goûter la sauce à Mortuaire qui avait adoré et qui couinait devant Grell pour qu'elle lui donne son assiette. Avec de la queue de bœuf, de préférence.
Les Shinigami regardaient le plat d'un air suspect et Richard n'était pas loin de penser comme son frère. Cependant, il n'était pas poli de refuser de manger sans goûter et, comme Clémence et Emma semblaient particulièrement se régaler, ils tentèrent tous de tremper le pain dans la sauce.
« Mmh ! Mais c'est bon en fait ! s'exclama Éric.
-Non, non, j'avais décidé de vous empoisonner, soupira Emma.
-J'avoue que c'est exquis, nota William avec un léger sourire pour féliciter la brune.
-Merci, répondit-elle légèrement embarrassée.
-Goûte, Alex ! insista Richard. Tu vas adorer...
-Alexander ! Et c'est hors de question que je mange cela. Je me conterais du pain.
-Rêve ! Si tu manges pas de la mlokhia, tu ne manges pas du pain arabe ! déclara Emma en le lui prenant, il n'y a jamais assez de ce pain à table et c'est extrêmement long à préparer ! Tu n'as qu'à te faire cuire une œuf ! Et sans aérer dans ma chambre, s'il te plaît...
-Au fait, vous avez envoyé le préavis de départ ? demanda Clémence. Vu que j'entre à l'Académie, tu ne vas pas pouvoir garder l'appartement...
-Oui, on s'en est occupé, rassura Emma. Je vais devoir m'occuper de trouve un studio maintenant... D'ailleurs, comment allez-vous faire si vous n'avez plus l'appartement ?
-On a enfin eu nos logements de fonction, expliqua Alan. Nous ferons des roulements pour protéger les Phantomhive.
-Et comment s'est passé votre rendez-vous à la Garde ? interrogea William.
-Hu hu hu ! gloussa Grell. Trèèèèès bien !
-Pourquoi cette joie soudaine, Sutcliff ? soupira le brun.
-J'espère que tu ne seras pas jaloux, Wi-llou ! pouffa-t-elle, jouant toujours la comédie pour faire croire qu'elle l'aimait encore. Les Prétoriens ont de très beaux mâles...
-C'est clair qu'il était beau, Luciano ! confirma Clémence.
-Luciano ? demanda Emma. Un Italien ?
-Sûrement... Je ne sais pas... En tout cas, il était métis, décrit Grell. Et très bien foutu...
-Je vous jure... C'est tout ce que vous avez retenu de votre passage aux archives ?
-Non, contredit Ronald d'un ton hargneux. Ce blanc bec n'était pas intéressant du tout. Par contre, nous avons le nom de celui qui était avec Undertaker. C'est Kayden Tjinmin, un aborigène d'Australie, déserteur depuis 1886. Mais pour l'instant, Schreiber ne sait pas qui aura le dossier.
-Blanc bec ? releva William. Surveillez donc un peu votre langage, il s'agit d'un Prétorien...
-Ne vous inquiétez pas, sourit Clémence. Il fait une crise de jalousie...
-Il était si bien que ça ? s'étonna Alan.
-Ah oui ! confirma Grell. J'ai même pris une photo de lui avec mon portable...
-Vous avez quoi ?! s'écria William.
-Pris une photo de lui, répéta-t-elle tendant son portable vers Alan et Emma qui se penchèrent en même temps.
-Mais il est de dos ! grogna la brune.
-Oui ! Hu hu hu ! Mais tu as vu ses fesses ? dit-elle en faisant un zoom sur la partie qui l'intéressait. En plus, il paraît que les Noirs sont bien membrés, tu penses que c'est aussi son cas, Clémence ? Toi qui l'as vu sous toutes les coutures...
-Sûrement ! Il en avait l'air en tout cas ! Mais je n'irais pas vérifier, mon Ronnie me suffit !
-Sutcliff, Curiel, enfin ! Un peu de tenue, Emma est une jeune femme respectable et innocente, répliqua William.
-Vous êtes dégoûtantes ! Et j'aurais préféré avoir l'avant, grommela Emma. Les fesses, ce n'est certainement pas ce que je regarde en premier. Mais il a de beaux cheveux longs...
-Ça lui va super bien ! certifia Clémence.
-C'est vrai qu'il a de belles fesses... nota Alan.
-Non mais tu ne vas pas t'y mettre aussi ! s'exclama Éric.
-Mais quoi ! J'ai quand même le droit de...
-Moi qui pensais que vous étiez le plus sensé de cette équipe... soupira William d'un ton déçu.
-Bah Alan a raison, non ? déclara Emma. Il a le droit de trouver un mec mignon... Ce n'est pas comme si vous étiez en service ou s'il avait l'intention de tromper Éric... Et puis, c'est vrai qu'il a l'air bien...
-Ah tu vois ! sourit le Shinigami malade. Merci de me défendre Emma.
-Je suis tout à fait d'accord, confirma Clémence.
-Et pourquoi disiez-vous que c'est un blanc bec, Knox ? fit William d'une voix froide en se tournant vers son employé.
-Vous vous rendez compte ? fit Ronald. Il est plus jeune que moi ! Il n'a rien à faire dans la Garde à son âge...
-C'est extrêmement jeune, en effet ! approuva William. Beaucoup trop. Il ne doit pas avoir la moindre expérience en tant que Faucheur...
-C'est sûr... continua Éric. Ce genre de personne ne m'inspire pas confiance...
-Il est peut-être dans la Garde parce qu'il est doué ! défendit Grell.
-Et sûrement très doué, conclut Alan.
-Et pour enchaîner sur quelque chose de plus intelligent, trancha William, avez-vous pu enfin lire Daemonicorum bellum ?
-Je crois que nous n'avons vraiment pas de chance, soupira Alan. Il n'était pas consultable parce qu'il était en restauration. »
.oOo.
Svend Sørensen n'avait qu'une envie, en finir au plus vite. Lawrence Anderson s'était imposé dans son bureau pour l'obliger à enfin changer les verres de ses lunettes. Que l'Officier n'en ait rien à faire et qu'il préfère en avoir non adaptées à ses yeux pour favoriser sa perception, Père n'en avait cure. Il avait décidé de s'occuper personnellement de tous les gradés de la Garde qui, selon lui, ne se préoccupaient pas assez de leurs lunettes.
« A... C... P... E...
-Non ! A, G, R, F ! Ah ! J'ai bien eu raison de venir vous voir... Depuis combien de temps n'avez-vous pas corriger vos verres ?
-Quelques siècles, tout au plus, grogna le Danois. Je vous ai déjà dit que voir parfaitement empêchait la perception et...
-N'en rajoutez pas, vous ne prenez pas soin de vos yeux ! trancha Anderson. Quelques siècles... Je n'y crois pas... C'est... »
DRRRRIIIIING ! Le téléphone les fit sursauter tous les deux. Bénissant celui ou celle qui le sauvait, l'Officier de l'Ordre des Traqueurs décrocha :
« Hej ?
-Pronto ! répondit une voix en Italien. C'est Vespillo. J'ai reçu votre message...
-Oh ! Deres Préfet... Oui, bien entendu... Deux minutes... Excusez-moi, Anderson, j'ai le Préfet au bout du fil et je dois m'entretenir avec lui de toute urgence pour une affaire concernant l'Ordre. Pourriez-vous sortir s'il vous plaît ?
-Soyez certain, Sørensen, que vous recevrez vos nouveaux verres d'ici une quinzaine.
-Merci Anderson... Deres ? C'est bon, Père est sorti.
-Il en avait après vos verres ? rit le Préfet du Prétoire de son accent Italien. Cela fait près de deux mois qu'il cherche à avoir un rendez-vous avec moi pour les miens, je serais sûrement le prochain sur sa Glasses list...
-Je le crains...
-Bien revenons à nos moutons... Le petit prodige veut se mêler de ce qui ne le regarde pas, si j'ai bien compris.
-Luciano ? Oui, deres Préfet. Il demande à avoir le D-1886-19A, celui de Kayden Tjinmin. Vous savez aussi bien que moi le lien avec Undertaker. Je pensais refiler le dossier à l'équipe de Spears, nous aurions été tranquilles. Mais visiblement, le gamin a réussi à convaincre Schreiber qu'il pouvait s'en occuper lui-même.
-Bon sang, Sørensen ! s'emporta Vespillo. Tenez donc un peu vos hommes ! S'ils découvrent quoi que se soit, nous serons mis à mal ! Je ne tiens pas à ce que cette affaire s'ébruite ! Vous savez aussi bien que moi quelles seront les retombées pour nous !
-Je peux le lui refuser sous couvert du conflit d'intérêt... tenta l'Officier. Nous pouvons très bien donner le dossier à Spears. Son équipe ne découvrira jamais rien de compromettant. Elle a maintes fois prouvé son incapacité à faire avancée leur enquête...
-Vraiment ? Vous pensez vraiment donner le dossier D-1886-19A à Spears et son équipe ? continua le Préfet sur le même ton furieux. Avec les exploits de Knox et sa mise à l'épreuve, la Garde commence à jaser, on ne parle plus que de leur incompétence. Vous vous rendez compte que si nous leur donnons un nouveau dossier, tout cela paraîtra suspect ? Nous ne devons pas être impliqué ! Comprenez-vous, Sørensen ?
-Mais si nous le donnons à des Prétoriens ayant l'habitude d'enquêter ils découvriront forcément quelque chose et nous ne serons plus à l'abri de...
-Je sais ! coupa le Préfet. Si seulement ce petit fouineur ne s'en était pas mêlé... Vous savez ce que vous allez faire ?
-Non, deres Préfet...
-Donnez le dossier à Spears. Mais rajoutez Luciano à l'équipe. Ça leur mettra des bâtons dans les roues à tous les deux.
-Sauf votre respect, Spears est intelligent... Il saura parfaitement utiliser un atout comme Luciano dans son équipe.
-À part que Luciano a toujours eu de mal à s'intégrer à un groupe, alors une équipe existant depuis aussi longtemps en vivant ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre... Et vous allez également mettre sous scellés certains dossiers de la Garde. Je comptait sur le fait que des vacataires ne puissent pas consulter nos archives, mais si un Prétorien est intégré, ce ne sera plus la même chose.
-Lesquelles dois-je sceller deres ?
-Artorius, Tjinmin, Alrune, Samaël... Peut-être même tout ce qui peut avoir trait à Yuki... On est jamais trop prudent. Faites également un ou deux faux papiers, s'il le faut... Nous devons nous couvrir impérativement. Lorsque tout cela sera fait, vous pourrez intégrer le gamin à l'équipe. Il ne découvrira rien et si un Traqueur est auprès de Spears, rien ne paraîtra plus suspect. Il sera même sûrement plus facile de surveiller Luciano.
-Bien, je ferais tout cela...
-À bientôt. Et soyez discret. »
Aha ! Que de mystère, n'est-ce pas ? ^^
Prochain chapitre : "Luciano".
Au programme : un bébé, William découvrant un peu plus les relations aux autres et un personnage en état de choc...
A la prochaine !
