Salut tout le monde !

Tout d'abord, je suis sincèrement désolée ! Je n'ai toujours pas répondu aux commentaires de la semaine dernière. J'ai commencé à le faire puis j'ai été coupée, j'ai tout perdu et je n'ai pas eu le courage de recommencer. .
Mais je vous le promets, dès demain je vous réponds. ^^

Sinon, voici le style de chapitre qui peut justifier le +16 de cette fic... Ne vous attendez pas à un passage de bisounours. :-P
Merci d'ailleurs à Chrystelle pour ses conseils pour le passage en question. ^^

Bonne lecture !


CHAPITRE XLI : UN ÉTRANGE VOISIN

Undertaker s'empressa de faire comme Yuki et de disparaître complètement à la perception des autres. Il le suivit rapidement dans un arbre, puis ils gagnèrent ensemble le toit de l'immeuble le plus proche.

Enfin en sécurité, il envoya rapidement un message d'alerte à Kayden pour lui dire ne surtout pas venir à l'appartement et qu'ils se retrouveraient au point de rendez-vous.

Il s'assit, en tremblant.

« Ça va ? redemanda Yuki en Latin.

-Mh... Ça ira, souffla Undertaker dans la même langue.

-En es-tu sûr ? Je n'aime pas te voir comme ça.

-Oui... Ça m'a juste fait un choc. Je ne m'y attendais pas. »

Yuki s'avança prudemment jusqu'au bord du toit et jeta un coup d'œil vers le bas.

« C'est Luciano. Il est avec Spears et Sutcliff. Mais Rhea n'est pas là... Il a bien grandi, dis donc !

-Je... Je sais. Ça ne peut-être que lui, murmura Undertaker en ignorant les trois dernières phrases.

-Avoue que tu as pensé à...

-Ça suffit Yuki, coupa Undertaker d'une voix plutôt sèche. Je n'ai pas envie d'en parler.

-Tu sais pourquoi le gosse est là ? insista-t-il.

-Qu'est-ce que j'en sais ?! Sûrement veut-il la vérité...

-Tu crois qu'il fait partie de la Garde ?

-À son âge ? Je ne sais pas. D'un côté, vu sa puissance et s'il est aussi doué qu'il le paraissait enfant, ça ne m'étonnerait pas.

-J'ai comme l'impression que tu es fier de lui... s'amusa Yuki.

-Normal, non ? répondit Undertaker dans un léger sourire triste. Tu sais qui il est, pour moi.

-Oui, grogna-t-il. L'enquiquineur de première.

-Tu sais... Il a beaucoup grandi depuis, tu l'as toi-même dit. Ça n'a pas dû être facile pour lui.

-N'empêche, c'est un enquiquineur. D'ailleurs, s'il est vraiment dans la Garde et qu'il est ici, auprès de tes Traqueurs... Ça veut dire qu'il est à ta recherche, non ? Comment est-ce possible ?

-Certainement a-t-il réussi à convaincre le Chargé des déserteurs, malgré un énorme conflit d'intérêt des plus flagrants...

-À part s'il est sur le dossier de Kayden.

-Possible. Je ne sais pas...

-On devrait partir. Luciano et les autres commencent à regarder vers le toit des immeubles.

-Oui, tu as raison. Mais nous ne pourrons certainement pas revenir à cet appartement, soupira Undertaker en se levant. Nous serons clairement dans son champ de perception et le sien va au-delà du mien.

-Tu crois qu'il est plus puissant que toi ?

-Oui. »

.oOo.

William et Grell avaient suivi Luciano sans trop savoir de quoi il parlait. Le Prétorien avait ressenti quelque chose, mais quoi ? Ou qui ? Ils l'ignoraient. Tandis qu'ils courraient dans les jardins, le chef d'équipe perçut tout à coup la présence d'une puissant Shinigami et comprit aussitôt pourquoi la métis était parti de la sorte.

« Undertaker ! s'écria-t-il.

-Oui ! répondit Luciano sans s'arrêter. D'après ce que j'ai compris du dossier, je ne vois pas qui pourrait être aussi puissant dans les parages. »

Grell pila net. Beaucoup de chose lui traversèrent la tête en un instant. Le déserteur était certes extrêmement doué et puissant. Mais pourrait-il être capable d'affronter un vrai Traqueur ? Qui plus est, un Prétorien tel que Luciano ? Surtout si William était à ses côtés... Elle était complètement perdue et ne savait que faire.

« Sutcliff ! interpella William. Ne rêvez pas ! Dépêchez-vous ! »

Elle n'avait pas le choix. Elle devait y aller. Complètement bouleversée, elle tenta de ne rien laisser paraître et suivit les deux autres. Elle finit par percevoir à son tour la présence de l'argenté.

Mais il n'y avait pas que lui. Tous les Shinigami avaient clairement senti un autre Kami à ses côtés.

Soudainement, plus rien.

L'un et l'autre s'étaient comme évaporés.

William et Grell stoppèrent, trop étonnés de ce qui venaient de se produire, mais Luciano les invita à continuer. Ils l'écoutèrent et bientôt ils arrivèrent à l'endroit où avait disparu Undertaker et son compagnon.

Il n'y avait personne.

« C'est impossible, on ne peut pas s'évanouir dans la nature de la sorte... commenta William en regardant de tous les côtés.

-Sauf s'il est capable de masquer sa présence, souffla Luciano presque pour lui-même.

-C'est impossible, répéta le chef de secteur sûr de lui. C'est bien ce que je disais. Seuls de très rares Shinigami y sont parvenus et ils étaient très puissants.

-Non, ce n'est pas vraiment une question de puissance, contredit le Prétorien en cherchant dans les arbres et sur les immeubles. C'est une simple question de maîtrise de la perception. La théorie est extrêmement simple, je suis en train de l'étudier, mais la pratique est atrocement compliquée... Il faut près de deux siècles pour y parvenir à peu près correctement. D'après le dossier, il a au moins dans les mille deux cents ans, non ?

-Oui.

-Il a largement eu le temps d'apprendre.

-Je doute que l'on puisse apprendre seul, rétorqua William. Vous l'avez vous-même dit : c'est bien trop compliqué.

-On ne sait rien de sa vie, il a très bien pu connaître quelqu'un qui lui a appris. Ou il l'a fait seul, en étudiant à fond la théorie. C'est ce que je fais, je n'ai pas le choix.

-On fait quoi maintenant ? C'est inutile de rester, non ? tenta Grell. On ne le trouvera pas.

-Je crains que cela ne serve à rien, en effet, de rester... » soupira William.

Se rendant à l'évidence, ils rentrèrent à l'appartement. Intérieurement, William pensait cependant qu'il y avait du mieux. Luciano avait réussi à percevoir sa présence bien avant le reste de l'équipe et avait su prouver sa réactivité. Peut-être que leurs chances de mener à bien cette enquête venaient d'augmenter.

.oOo.

Kayden regarda tout autour de lui. Le Soleil avait disparu derrière l'horizon depuis près de deux heures et la Lune illuminait l'endroit de sa lumière blafarde. La voûte étoilée brillait de mille feux au dessus de lui. Au centre du bâtiment antique, il était entouré d'élévations et de gradins. Sur le sable des arènes romaines d'Arles, le poids de l'histoire prenait tout son sens.

Kayden n'y prêtait pourtant pas la moindre attention. Il cherchait des yeux Undertaker. Il savait que ce dernier était quelque part par là, mais il n'arrivait pas à le localiser. L'argenté s'était caché de la perception des autres Shinigami.

Il finit par le voir, dans les degrés les plus élevés, à observer la ville endormie. Il le rejoignit rapidement et s'approcha de lui. Undertaker avait ramené sa frange sur ses yeux. Kayden comprit cependant aussitôt que quelque chose n'allait pas. L'autre dissident avait troqué son habituel sourire pour un air mélancolique et ce que l'aborigène qualifiait comme une indéfinissable tristesse.

« Tout... tout va bien ? »

Il respecta le silence d'Undertaker qui fixait le Rhône, au-delà des maisons de la ville.

« J'ai vu un fantôme aujourd'hui, murmura-t-il tout à coup.

-Un... fantôme ? répéta Kayden d'un ton à la fois étonné et ironique. Euh... Depuis quand un fantôme met un Shinigami dans cet état ? Vous n'avez tout de même pas les épines de la Mort ?

-Je voulais dire un fantôme de mon passé... Quelqu'un que je n'aurais jamais imaginé revoir un jour.

-Qui ?

-Luciano, tu ne le connais pas, soupira-t-il. Et nous allons avoir de gros problèmes. Il est capable de m'égaler. Sûrement de me surpasser : le seul avantage que nous ayons sur lui est notre expérience.

-Il a quel âge ?

-Deux cent douze ans.

-Quelle précision ! s'exclama le Noir. Qui est-il pour vous ?

-Celui que je n'aurais jamais voulu avoir à affronter un jour. »

Kayden abdiqua. Il connaissait l'argenté depuis assez longtemps pour savoir qu'il ne lui dirait rien de plus que ses habituelles paroles sibyllines. Mais visiblement, ce Shinigami avait vraiment beaucoup d'importance pour lui...

« Où est Yuki ? demanda Kayden pour changer de sujet. À cette heure, il devrait vous coller comme une sangsue...

-Je voulais être seul, je lui ai dit de rester à l'hôtel. »

Le Noir vint s'asseoir à côté de lui et tourna à son tour son regard vers le fleuve qui s'écoulait en apparence tranquillement. Il ne put s'empêcher de revenir sur le sujet de ce Luciano.

« Il est un danger pour nous ?

-Nous ne pouvons plus approcher les Phantomhive. Nous serons trop près. Il saura que nous sommes là.

-Je vois... soupira l'Australien. Heureusement, il nous reste toujours Jérôme Martin. Il n'y a aucune raison de s'inquiéter de lui.

-Je l'espère...

-Bien sûr ! Nous l'avons choisi exprès pour cela, il est parfait. »

.oOo.

Dimanche était arrivé. Jérôme était sur la coursive. Il venait d'aller acheter le pain quand il pensa à son loto. Comme il était ici plein Nord, il faisait bien meilleur que dans son appartement qui ressemblait plus à une fournaise avec ses baies vitrées au sud. Il décida donc de rester un peu à l'extérieur et en profita pour sortir son smartphone pour regarder s'il avait gagné quelque chose par Internet.

Il prit son ticket et commença à comparer les numéros avec ceux qui étaient sortis. Il poussa un cri de joie. Il avait gagné le gros lot et était devenu multimillionnaire.

.oOo.

Au trois cents huit, la vie suivait son cours normalement. William se lavait, Grell et Éric étaient partis faucher des âmes, Alan faisait la vaisselle et les Phantomhive regardaient la télé.

Le Shinigami americano-japonais s'était débrouillé pour que Luciano et Emma restent ensemble dans la chambre de la jeune femme pour qu'ils fassent plus amples connaissances. Elle lui racontait comment elle s'était retrouvée clouée dans une chaise roulante jusqu'à nouvel ordre.

À ce moment, ils entendirent gratter à la porte. Richard déclara qu'il allait voir qui c'était. Jetant un coup d'œil par l'œilleton de la porte, il reconnut Jérôme Martin. Se demandant ce qu'il voulait pour s'acharner ainsi sur la porte, il cria aux autres :

« C'est le voisin ! Je risque rien. »

Personne ne réagit. Emma quitta sa chambre pour aller accueillir Jérôme. Le comte ouvrit.

Tout se passa très vite.

Jérôme poussa violemment la porte. Richard se la prit dans la tête. Il eut un cri de douleur et tomba à la renverse. Le voisin se jeta sur lui à sa plus grande horreur pour le mordre.

Des yeux exorbités et injectés de sang.

Une bouche ouverte à s'en décrocher la mâchoire, dents prêtes à tout détruire.

Un air de pure folie, l'avidité du sang.

Et une large cicatrice sur toute la longueur du front, dévoilée à travers la frange désormais complètement désordonnée.

Une étrange poupée.

Emma se mit à hurler. Le blond attrapa une botte qui se trouvait à sa portée pour se défendre. Le temps qu'il se retourne, un flot de sang et d'un liquide transparent l'inonda et le monstre s'effondra sur lui.

Il se recula violemment, complètement paniqué, se débarrassant du corps. Luciano avait planté sa Faux dans la tête de Jérôme. Le fluide vital s'était rependu autant sur le sol que sur les murs. Avec lui, des morceaux de cerveaux et du liquide cérébrospinal.

Sous l'effet du stress, Richard, aussi ensanglanté que le carrelage, n'arriva soudainement plus à respirer. Ce fut comme un poids qui lui tomba sur la poitrine pour l'oppresser. Une crise d'asthme. La main tremblante et avant de complètement perdre le contrôle de la situation, il prit sa ventoline dans la poche et prit une bouffée. Le Prétorien, qui avait dématérialisé sa Death Scythe, ferma la porte pour qu'aucun voisin ne voit le corps à la tête défoncée. Il se pencha vers Richard.

« Ça va ? »

Le comte lui fit signe que ça pouvait plus ou moins aller. Luciano, qui lui aussi avait reçu un peu de sang sur son uniforme, l'aida à se mettre en position assise, le temps que le médicament fasse effet.

De son côté, Emma était tombée de son fauteuil. À quatre pattes, elle vomit à la vue du cadavre à la tête éparpillée dans le couloir. Alan la rejoignit pour l'aider à calmer ses tremblements convulsifs. William, qui avait entendu des cris depuis la salle de bain, sortit d'urgence, une serviette autour de la taille, sa Faux en main et ses lunettes sur le nez.

« Qu'est-ce que... ? fit il en voyant la scène et le sang qui avait giclé de partout.

-Une étrange poupée ! s'exclama Alan. Notre voisin était une étrange poupée évoluée...

-Emma, tout va bien ? »

William s'agenouilla à ses côtés pour essayer de la calmer, tout en ordonnant à Alexander de rester au salon.

« Mais mon frère...

-Il va bien, Phantomhive. »

Alan continuait à dire des mots apaisants à Emma, mais celle-ci, terriblement pâle et au bord du malaise, continuer à sangloter nerveusement.

Le chef de secteur prit la brune dans ses bras qui s'accrocha désespérément à son cou. Il la souleva et la ramena dans sa chambre, suivi par Alan.

.oOo.

Grell entra dans la B.I.S et se dirigea vers un bibliothécaire afin de lui donner la Lanterne cinématique qu'elle venait de faucher. Elle sursauta, sentant sa Death tablet vibrer. Intriguée, elle regarda pour voir une nouvelle alerte rouge ainsi qu'un message de William :

Sutcliff, Slingby-Humphries, revenez immédiatement. Nous avons besoin de vous pour faire disparaître un corps. Knox, j'aimerais que vous reveniez au plus vite également, même si vous êtes plus loin. Merci. William T. Spears.

La rousse haussa un sourcil étonné à la mention « faire disparaître un corps ». Quelqu'un avait-il enfin tué Alexander ? Elle posa rapidement la Lanterne et se dépêcha de quitter l'Érèbe en réfléchissant à un moyen d'éliminer le problème. Elle ne savait absolument pas comment faire, ne s'étant jamais embarrassée de ce point-là avec Madame Red.

Peut-être que tout découper, les mettre dans des sacs poubelles puis à la décharge serait une bonne solution...

Dans des sacs séparés, bien sûr, pour que se soit moins suspect. Voire même dans des décharges différentes.

Les Humains n'y verraient que du feu.

Vingt minutes plus tard, elle toquait à la porte de l'appartement.

« Qui c'est ? entendit-elle de l'autre côté.

-Grell !

-Entrez, c'est ouvert ! Mais faites attention, il y a du sang de partout... »

Tandis qu'elle ouvrait, elle fut rejoint par Éric et ils entrèrent ensemble. Luciano, qui avait dit à la rousse d'entrer, était à l'embrasure de la porte de la chambre de Clémence. Et, en effet, il y avait une mare de sang juste à l'entrée et une traînée partait jusqu'au salon. Des éclaboussures avaient giclé sur les murs blancs.

« Dépêchez-vous d'entrer, pria la Prétorien. Il ne faudrait pas que des Humains voient le massacre.

-Ce serait embêtant, en effet, confirma Éric en faisant attention à ne pas tâcher ses chaussures et le bas de son pantalon.

-Hu hu hu ! C'est beau tout ce rouge ! J'en avait pas autant vu depuis Withechapel... J'aime beaucoup la nouvelle décoration.

-T'es vraiment malade, Sutcliff... T'as déjà pensé à consulter ?

-Malheureusement, je te rappelle que je suis obligée d'aller au psy une fois par semaine... répliqua-t-elle avec acidité. Mais j'ai quand même le droit d'aimer le rouge et le sang ! Par contre... Nos chaussures sont complètement foutues ! Même mes belles richelieus ! Et... OOOOOH ! Mes escarpins bordeaux ! »

Elle continua à se lamenter sur ses chaussures tâchées de sang. Bientôt, Alexander apparut derrière Luciano.

« Tch... Faites donc un peu moins de bruit vous tous ! ordonna-t-il. Mon frère a fait une crise d'asthme et a besoin de repos.

-Mais il est en vie, lui ?! s'écria la rousse en le voyant.

-Oui, bien sûr, pourquoi ? s'étonna Luciano.

-Je pensais que quelqu'un l'avait enfin fait taire définitivement...

-J'avoue y avoir cru également... déclara Éric.

-Ignoble...

-Les Shinigami n'ont pas le droit de tuer des Humains, rappela le Garde.

-Emma aurait pu s'en charger. Ou Richard, nota Grell en haussant les épaules.

-Qui est mort ? demanda Éric.

-Personne, en quelque sorte, soupira Luciano. Le comte de Phantomhive s'est fait attaqué dans l'entrée par une étrange poupée. Apparemment, Undertaker l'a fait habiter à côté de nous pour nous espionner.

-Une... étrange poupée ?!

-À côté de nous ?!

-Oui, Jérôme Martin. Il est mort en vérité le 8 Mars 2013 d'un cancer, à Lille. Au vue de sa Lanterne et des séquences prophétiques qui ont été rajoutées, il rêvait un jour d'être riche. Il était extrêmement ambitieux pour parvenir à ses fins mais n'y est jamais parvenu. Il jouait donc énormément au loto. C'était certainement une étrange poupée extrêmement intéressante pour Undertaker.

-Et Jérôme a gagné au loto ? demanda Éric.

-Combien de chance avions-nous pour que se soit notre étrange poupée de voisin qui gagne le gros lot ! s'exclama Grell.

-Il faut croire que le Dieu des Aléas et du Hasard a voulu nous donner un coup de main... soupira Luciano.

-Lui ? Il en fait toujours qu'à sa tête, répondit Éric. Il est à moitié cinglé d'après ce que j'ai compris.

-C'était juste pour dire que nous avions eu beaucoup de chance. »

Grell se mit tout à coup à rire.

« Que vous arrive-t-il, Sutcliff ? s'étonna Luciano.

-Y en a qui ont vraiment pas de chance justement, s'esclaffa-t-elle. Il a joué toute sa vie au loto, et il faut qu'il attende d'être mort pour gagner ! »

Éric éclata de rire à son tour et Luciano lui-même ne put s'en empêcher. Quand ils se furent calmer, le blond demanda où était le corps et le Prétorien répondit qu'ils l'avait entreposé momentanément dans le salon avant de savoir quoi en faire.

« Au fait ! pensa tout à coup la rousse. Comment va Emma ? Sa nécrophobie est un peu incompatible avec un cadavre dans son salon...

-Dans sa chambre avec M. Spears et Slingby-Humphries qui essayent de la réconforter.

-Et Richard ? continua Éric. Alex nous a...

-Alexander ! reprit le concerné depuis la chambre de Clémence tout en restant au chevet de son frère.

-... nous a dit qu'il avait fait une crise d'asthme.

-Ça a été assez violent, avoua Luciano. Il a pris ses médicaments, mais il a besoin de beaucoup de repos. Nous avons déjà appelé votre employeur... Druitt, c'est ça ? pour prévenir que vous ne pourrez pas venir demain.

-Et comment on va se débarrasser du cadavre ?

-Hu hu hu ! J'ai une excellente idée ! gloussa Grell. On va le découper en morceau, le mettre dans des sacs plastiques et l'amener dans différentes décharges !

-T'as d'autres idées comme ça ou c'est la seule ? ironisa Éric.

-On peut aussi faire comme dans les films, continua-t-elle. Dans la baignoire, avec pleins de produits qui vont le faire fondre et...

-Mais c'est dégoûtant ! On ne peut pas faire ça ! s'exclama Luciano. Vous imaginez l'odeur ? Et l'infection que ça va faire ! Nous avons des Humains avec nous, ils risquent de graves maladies...

-Bah, si les Phantomhive meurent, on les fauche et leurs âmes sont sauves de Sebastian... tenta Grell.

-Ça pourrait être une solution, mais je ne sais pas si nous pouvons précipiter la mort d'Humains en les infectant, répondit Luciano. Je sais que ce sont les bactéries qui les tueront, mais c'est à la limite de la transgression. Et puis... Ça reste absolument dégoûtant.

-Oui, confirma Éric. Et puis pensons qu'il y a quand même Emma qui n'a rien demandé à personne...

-C'est vrai, elle refuserait sûrement de se laver si elle sait qu'il y a eu un cadavre dans sa baignoire... nota la rousse. Déjà que ce n'est pas sûre qu'elle veuille un jour sortir de sa chambre...

-Pourquoi ? s'étonna le métis.

-Elle est nécrophobe, soupira le blond.

-Ah bon ? Comment peut-on être nécrophobe ? s'abasourdit Luciano. Un cadavre, ce n'est pas dangereux... À part une étrange poupée, c'est peut-être de ça qu'elle a peur...

-Non, non... contredit Grell. De tous les cadavres. Même les plus inoffensifs.

-Eh bien ! Heureusement que ce n'est pas une Shinigami... conclut le Prétorien.

-Et du coup, on en fait quoi de ce cadavre ? demanda Éric. On ne va pas le laisser au milieu de l'appartement... On pourrait attendre ce soir et le remettre chez lui pour faire croire à un meurtre chez lui.

-Personne ne va faire attention au fait qu'il soit là-dedans, remarqua Luciano. Il est mort depuis plusieurs mois et il travaillait chez lui.

-Où est le problème ? demanda Grell. Du moment qu'on s'en débarrasse...

-Si jamais personne ne s'en rend compte, il va se décomposer et nous serons aux premières loges pour l'odeur...

-Et le mettre dans sa voiture ? Il sera trouvé dès demain et nous n'aurons aucun problème d'odeur...

-C'est pas bête... On pourrait même redonner un coup de Faux pour qu'il y ait du sang dans la voiture... D'ailleurs, cette dernière peut être emmener assez loin d'ici. Marseille, peut-être ?

-Les Humains sauront immédiatement qu'il n'a pas été tué là-bas, déclara Grell. Le médecin légiste verra que les éclaboussures de sang ne correspondent pas à une scène de crime et sont post-mortem.

-Eh bien, comme vous avez l'air bien au courant, Sutcliff, vous vous amuserez à faire des éclaboussures pouvant passer pour ante-mortem... proposa Luciano.

-DEATH ! Hu hu hu ! Je vais bien m'amuser ! »

.oOo.

Clémence et Ronald montaient les escaliers, un large sourire aux lèvres de leur week-end à deux, malgré les questions qu'ils se posaient à propos de ce cadavre à faire disparaître. Ils posèrent les valises devant la porte et la jeune femme glissa la clef dans le verrou.

« 'Ttention ! prévint une voix à l'intérieur. Je suis derrière ! »

Ils ouvrirent doucement pour voir Éric en train de récurer le sol de l'entrée.

« Vous tombez pile ! Vous allez nous aider à tout laver...

-Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Richard s'est fait attaqué par une étrange poupée.

-Quoi ?!

-Oui, Jérôme est mort depuis début mars... Luciano l'a mis hors service, et son corps est dans le salon. Ce soir, on s'occupe de le faire disparaître.

-Dans... le salon ?!

-Oui.

-Comment va Emma ? s'inquiéta aussitôt Clémence.

-Elle est toujours enfermée dans sa chambre avec Alan et le patron.

-Et les Phantomhive ?

-Alex...

-Alexander ! cria ce dernier depuis la chambre de Clémence.

-... est avec son frère qu'on a installé dans ta chambre pour qu'il se repose. Il a fait une grosse crise d'asthme, mais ça devrait aller. »

Ronald et sa petite-amie posèrent rapidement les valises dans leur chambre, demandant au passage des nouvelles du comte qui dormait pour le moment. Faisant attention à ne pas marcher dans le sang, la jeune femme alla toquer à la porte de sa colocataire d'où s'échapper des pleurs.

Elle entra après qu'Alan le lui ait autorisé et trouva Emma désespérément accrochée au cou de William qui était torse nu et toujours en serviette de bain. Alan était aux côtés de la brune et lui disait des paroles réconfortantes tout en lui frottant amicalement le dos pour tenter de la calmer.

De temps en temps, le chef de secteur disait quelque chose mais son employé lui faisait les gros yeux pour qu'il n'en rajoute pas plus. Clémence ne serait pas étonnée de savoir que William avait dit quelque chose d'indélicat à propos des cadavres.

« Ah, Curiel, vous voilà... Pourriez-vous me relayer, s'il vous plaît ? J'aimerais pouvoir passer quelque chose de décent...

-Oui, bien sûr...

-Allez, Emma, ça va aller, on est là... dit Alan. Tu veux quelque chose ? Un verre d'eau ? »

Elle bafouilla quelque chose d'incompréhensible et refusa de laisser William s'en aller.

« Je crois qu'elle demande du jus d'orange... comprit Alan.

-Je vais en chercher au frigo. »

Clémence sortit de la chambre et se rendit au salon pour prendre ce que son amie voulait. Luciano et Grell étaient en train de nettoyer la pièce. La jeune femme tomba nez à nez avec le corps de Jérôme Martin, le crâne ouvert suintant de sang.

En le voyant, elle eut un haut le cœur et se précipita à la salle de bain pour vomir dans les toilettes.

Ronald, qui avait commencé à aider Éric dans le couloir, la rejoignit et lui tint sa longue chevelure châtain tandis qu'elle régurgiter son repas.

« Qu'est-ce qui t'arrive ?

-C'est la première fois que je vois un cadavre... avoua-t-elle, mal à l'aise.

-Tu as pourtant assisté à une exécution, en Érèbe...

-C'était de loin.

-Tu vas pas devenir nécrophobe, quand même ?! Pour une Shinigami qui va entrer à l'Académie, ça ne va pas le faire...

-Non, t'inquiète pas... C'est juste que c'est parfaitement ignoble...

-Ne commence pas à devenir comme Alex en disant ignoble, plaisanta l'Écossais. Et tu verras, on s'y fait assez facilement. C'est une question d'habitude, comme tout.

-Tu... Tu crois ?

-Bien sûr ! Tu voulais quoi, au fait ?

-Un jus d'orange pour Emma...

-Viens, on va le chercher ensemble.

-J'ai pas forcément envie de revoir ce mort, avoua-t-elle.

-Je te l'ai déjà dit à l'exécution du déserteur : plus tôt tu t'y feras, mieux ce sera. Allez, viens. »

Après s'être essuyée la bouche et avoir bu un peu, elle suivit le blond.

.oOo.

Le lendemain matin, William se réveilla plus tôt qu'à son habitude, vers cinq heures quarante-cinq. La soirée avait été mouvementée. Ils avaient dû attendre la nuit noire pour transporter la dépouille de Jérôme dans sa voiture et faire une mise en scène correct pour que les Humains pensent à un meurtre.

Heureusement, les Shinigami étaient assez expérimentés dans le domaine mortuaire et avaient assisté à assez d'assassinats à eux tous pour que l'illusion soit parfaite. Bien sûr, la rigidité cadavérique avait eu le temps de s'installer ne leur facilitant pas la tâche.

Bref, une soirée passée à faire des heures supplémentaires qui ne seraient même pas rémunérées.

Maintenant, il devait se lever tôt afin de remplir tous les papiers nécessaires à une telle affaire. Il allait aller à son bureau pour pouvoir rédiger tout cela en paix, laissant le soin de gérer l'équipe à Alan et Luciano, les deux seuls en qui il avait réellement confiance pour être sérieux.

Avant de se lever, William jeta un coup d'œil à Emma qui avait dormi lovée contre lui et, comme pour la protéger, il l'avait entourée de son bras. Pour pouvoir s'endormir, elle avait été obligée de prendre des somnifères et elle dormait comme un loir. Il la poussa délicatement sur le côté afin de pouvoir quitter le lit.

Il partit s'habiller et déjeuner dans le plus grand silence. Il était le seul debout à cette heure-ci. Bientôt, Lucien Verdiet, son chauffeur, vint le chercher pour l'emmener au travail. Sur le trajet, il repensa à tout ce qui s'était passé la veille.

Il savait très bien qu'il n'aurait pas dû penser cela, mais il avait vraiment eu peur pour Emma. Après tout, en temps que Shinigami, il n'avait pas à se soucier de la mort d'une Humaine, c'était contraire au règlement. Du moins, la seule chose dont il devait s'inquiéter, c'était de savoir si l'âme était fauchée correctement et si un Démon ne se trouvait pas dans les parages.

Cette fois-ci avait été différente. D'ailleurs, tout cela était stupide. Emma n'avait jamais été une seule fois en danger. Il aurait plutôt dû s'inquiéter pour le comte de Phantomhive. Cependant, il n'aurait pas supporté de la perdre.

Il repensa à tous les moments qu'ils avaient passé ensemble. Il était indéniable que la jeune femme lui avait apporté beaucoup. Elle lui avait fait comprendre comment se comporter au mieux avec les autres et elle ne cessait de lui en apprendre à chaque instant. Elle était toujours là pour lui quand il avait besoin d'elle.

C'était également quelqu'un de sérieux et de raisonnable. Certes, il savait qu'elle riait très facilement avec les autres, mais elle n'en restait pas moins une personne réfléchie. D'autre part, même si elle était amie avec Sutcliff, elle n'en restait pas moins sobre et s'habillait de manière correcte, au contraire de Curiel qui raffolait des minijupes pour le plus grand plaisir de Knox.

Tout en Emma reflétait une personnalité mesurée et responsable, mais qui n'en restait pas moins joyeuse.

Certes, elle avait affiché durant un temps un poster de cette bête sauvage de Michaelis et de ce fichu déserteur d'Undertaker. Certes, elle aimait aussi... comment appelait-elle cela, déjà ? Ah oui... Le yaoi. Mais c'était bien là les seuls défauts qu'il lui trouvait.

Ah... et le fait, bien sûr, qu'elle semblait s'intéresser d'un peu trop près à Luciano. Il était vrai qu'il en était de même pour les deux autres femmes et pour Alan Slingby-Humphries, mais il avait bien noté que Luciano et elle avaient passé pas mal de temps ensemble ce week-end.

Déjà, c'était le Prétorien qui l'avait portée dans les escaliers alors que d'ordinaire, c'était lui qui le faisait.

Ensuite, ils étaient restés tous les deux dans la chambre d'Emma.

Enfin, ils se mettaient toujours à côté aux repas.

William n'avait absolument pas compris qu'il ne s'agissait que de manœuvres de Grell, Alan et Clémence pour essayer de mettre la jeune femme en couple avec Luciano.

Quoi qu'il en fût, il détestait les voir trop près. Il comprenait tout à fait les sentiments que pouvaient ressentir Slingby et Knox face au nouveau venu. D'un côté, il ne pouvait pas s'empêcher d'apprécier ce dernier, ayant beaucoup de points communs avec lui. D'un autre, il ne le supportait pas rien que pour le fait qu'Emma ait dit qu'elle le trouvait beau.

Et qu'elle passe un peu trop de temps à ses côtés.

Il ne pouvait pas nier qu'elle avait pris beaucoup d'importance dans sa vie.

Il regarda Augure qui était posé sur ses genoux et qui le regardait de ses yeux ronds et phosphorescents. Emma avait également beaucoup d'importance pour Augure. Il n'y avait qu'à voir comment il l'adorait.

« Et du coup, tu ressens quoi, pour elle ? »

William sursauta. Il n'avait pas du tout remarqué qu'il avait ouvert sa pensée à son pigeon et qu'il lui parlait depuis le début. Comme si, inconsciemment, il avait besoin de son avis.

« Que veux-tu dire ? demanda-t-il à son Kami.

-Pfff... Tu es plus aveugle que sans tes lunettes... Ce n'est pas à moi de te le dire, me semble-t-il. Que ressens-tu pour elle ? »

William ressassa tout ce à quoi il avait pensé. Emma avait beaucoup d'importance dans sa vie. Il ne l'imaginait pas mourir. Il était jaloux dès qu'un autre homme l'approchait de trop près. Il était à l'aise avec elle : elle l'avait bien cerné et il savait qu'elle le comprenait malgré ses maladresses. Il se rappelait la peur qu'il avait eu la veille lors de l'attaque de l'étrange poupée. Cela avait été très dur pour lui de la voir aussi mal, aussi terrifiée et il n'avait pu se résoudre à la quitter.

Il comprit soudainement ce qu'elle voulait dire par plus la personne est proche, plus elle est difficile à réconforter. Il s'était vraiment senti désemparé face à sa détresse et n'avait ressenti que l'envie de la protéger. Il n'avait osé rien dire, de peur de la blesser et de lui faire un peu plus mal. Les quelques paroles qu'il avait dites avaient été maladroites, comme le lui avait signalé muettement Alan. Il avait donc préféré se taire et rester pour elle.

À chaque fois qu'il s'enfonçait un peu plus dans ses réflexions, Augure levait les yeux au plafond de la voiture, visiblement désespéré que son maître soit aussi lent à la détente. Pour accélérer sa prise de conscience, il soupira :

« Bon, qui est la personne qui compte le plus pour toi ? »

Après un temps de réflexion qui désabusa un peu plus le Kami, William finit par prendre un air étonné :

« Mais, c'est elle...

-Ce n'est pas trop tôt... grogna Augure.

-Tu le savais depuis le début... N'est-ce pas ?

-Bien sûr... À la minute où elle a choisi mon nom. »

.oOo.

Emma se réveilla vers onze heures du matin. Elle était contente de constater que sa migraine avait disparu. Elle ne savait pas si c'était dû aux somnifères, c'était la première fois qu'elle en prenait, mais vers sept heures, elle avait été réveillée par de terribles céphalées. Elle s'était cependant aussitôt rendormie et, désormais, n'avait plus rien.

À moitié endormie, elle se leva et se dirigea au radar vers la salle de bain. Elle alluma et grommela. Elle n'y voyait rien, c'était complètement flou. Elle se frotta les yeux, mais rien n'y fit.

Décidément, elle maudissait les somnifères. Plus jamais elle n'en prendrait. Non seulement ça lui donnait d'atroces migraines, mais en plus ils troublaient sa vue.

Quand elle eut fini, elle voulut rejoindre les autres au salon.

Elle avança et percuta violemment une surface dure avant de crier de douleur. Elle pesta. Qui avait donc fermé la porte du salon ?! Elle était tout le temps ouverte d'ordinaire !

« Mais qu'est-ce que tu fais debout ?! s'exclama Clémence. Tu es folle ! Tu veux que ton pied ne guérisse jamais ou quoi ?!

-Hein ? J'ai maaaaal au nez, là...

-Elle a raison, tu ne devrais pas te lever, continua Alan.

-Pourquoi la porte était fermée ?

-Pour ne pas vous réveiller, Alex, Richard et toi, expliqua Ronald.

-Sutcliff ! Arrête de rire ! Elle a dû se faire mal !

-Dé... Désolée... rigola Grell. C'était tellement beau...

-Maaaaiiiiis ! J'y vois rien ! Ces fichus somnifères me font voir trouble ! »

Luciano se leva pour obliger Emma à aller se mettre dans sa chaise roulante. En la prenant par le bras pour l'aider, il croisa son regard.


Aha ! Alors, qui avait compris la véritable nature de Jérôme Martin ?
J'espère que malgré le caractère assez gore de ce chapitre, il vous aura plu. ^^

Prochain chapitre : "Désespoir".
Au programme : Kayden et Undertaker apprenant le problème de Jérôme, des quiproquos en pagaille et des pensées douloureuses...