Bonjour tout le monde !

Je m'excuse de mon retard ! J'étais en plein déménagement et problèmes administratifs. Pour me rattraper, vous aurez 3 chapitres d'un coup cette fois ! C'est pas beau la vie ? XD

Et vous aurez même un bonus à la fin de ce chapitre. ^^

En attendant, voici mes réponses aux reviews anonymes !


JUJU : Tout d'abord, bienvenue à toi sur cette fic ! J'espère qu'elle continuera à te plaire. ^^ Tout d'abord, merci beaucoup ! Ca me touche énormément, ce que tu me dis. ^^ J'ai toujours peur de ne pas réussi à faire imaginer ce que j'imagine moi... Mais... O_o Stephan King, carrément ! Je vais devoir faire attention à ne pas prendre la grosse tête maintenant. ^^ Merci beaucoup pour tous tes compliments en tout cas !
Alors, pourquoi Grell meurt ? Bah... C'est important dans l'histoire. Je t'avoue que je vais avoir beaucoup de mal à la faire mourir, c'est aussi ma préférée.
Ah ! Ca serait bien en tout cas, mais je préfère ne pas trop me faire d'illusions. ^^ Mais en tout cas, merci beaucoup de tous tes compliments !
OOOOH ! C'est vrai ? J'aurais droit à un cookie ?! Un d'Undertaker ? C'est malin, j'ai faim maintenant... ;-)

NOUNOURS BLEU : Merci beaucoup ! Et ta réflexion sur Lena m'a beaucoup fait rire parce qu'au final, c'est vrai qu'on ne sait pas ce qu'elle fait et que ça expliquerait sa peur de Grell... Et non ! Lena n'est pas une prostituée, mais juste une élève de l'IUFM voulant devenir institutrice, et surtout une fille terrifiée quand on lui dit que Jack l'Éventreur est dans la même pièce qu'elle ! ^^ Ce que je peux comprendre d'ailleurs... Grell est une tueuse en série, mais on a tendance à l'oublier...


Bonne lecture à tous !


CHAPITRE XLIII : EXPLICATIONS ET CRUSTACE

Grell se sentait soulagée, plus légère. Ses tourments prendraient fin dans peu de temps, quelques heures tout au plus. Elle pourrait enfin trouver la paix, le repos de l'Éternité.

Toujours allongée, les bras en croix, elle continuait à fixer l'Éther d'un bleu pur, sans le moindre nuage. L'astre céleste diurne écrasait d'une fournaise infernale le toit de l'immeuble sur lequel elle était perchée.

Elle profitait de ces derniers rayons qu'elle sentirait sur sa peau. Elle était résolue. Elle mourrait. Elle se suiciderait et se laisserait glisser dans les bras de la Mort. Lorsqu'elle franchirait le seuil de l'Au-Delà, lorsqu'elle traverserait le Triple Mur d'Airain, lorsqu'elle entreprendrait le voyage sans retour, alors tout irait mieux. Elle reverrait même Franz. Tout serait fini, elle ne souffrirait plus.

Sa vie s'achèverait de la même manière qu'elle s'était déroulée, dans l'écarlate du sang. Elle reverrait une ultime fois cette couleur chère à son cœur et s'abandonnerait toute entière à elle. Le carmin la sauverait de ce monde qui n'avait fait que l'éprouver et la reléguer au ban de la société.

Mais avant cela, elle emporterait Emma avec elle. Dans son désespoir, elle la tuerait. Il n'y avait aucune raison pour qu'elle possède tout ce qu'elle n'avait pas, tout ce qu'elle avait désiré avec tant d'ardeur. Elle le ressentait comme la plus profonde des trahisons, la plus grave des injustices, la pire des félonies, même si la brune n'avait jamais su que Grell était folle amoureuse d'Undertaker. Pour la rousse, la Fatalité s'acharnait elle, même si les Shinigami possédaient le Liber arbtrium et étaient les maîtres de leur propre destin, les Dieux ne pouvant rien décider pour eux au contraire des Humains.

Mais elle n'en avait cure. Toute sa vie, elle avait dû se battre pour avoir un ersatz de dignité aux yeux des autres, un succédané de bonheur. Elle n'avait jamais récolté que d'infimes miettes, puis devait lutter pour réunir les morceaux de son âme et de son cœur, brisés par les autres. Et voilà qu'Emma arrivait et récoltait tout ce qu'elle avait tenté de semer, l'obligeant à souffrir jusqu'à la fin de l'Éternité. En aucun cas, elle ne pouvait l'accepter.

C'était exactement comme ces femmes qui avortaient et qu'elle avait assassiné de sa propre main avec Madame Red. Elles se débarrassaient de ce qu'elle rêvait à chaque seconde de sa vie de posséder, de ce qu'elle aurait désiré pouvoir chérir un jour. Elle les avait sauvagement tuées pour soulager un peu sa douleur, ne plus voir ses propres souffrances.

Emma était pareille, même si elle ne l'avait pas fait consciemment. Grell le savait. La brune n'avait pas fait exprès de tomber amoureuse du même homme qu'elle. Mais les faits étaient là : elle l'avait quand même fait. Elle lui avait retiré définitivement ce fol espoir, celui auquel elle tentait de se raccrocher comme elle pouvait pour ne pas sombrer irrémédiablement dans les ténèbres abyssales du désespoir. Cet espoir, qu'un jour, Undertaker et elle seraient réunis tels Roméo et Juliette. Même si elle savait que c'était impossible, il s'agissait de la seule et unique chose qui la faisait encore tenir. Mais Emma le lui avait arraché à jamais.

Grell ne pouvait donc pas la laisser vivre. Certes, elle se donnerait elle-même la mort après son meurtre, mais elle refusait de laisser à la brune ce qu'elle ne pourrait jamais posséder.

Cette sale garce... Elle allait lui faire la peau et la repeindre en rouge.

.oOo.

William arriva à l'appartement. Avant de toquer, il inspira profondément puis souffla tout autant. Il devait impérativement se calmer avant d'aller parler à Emma. Il finit par frapper à la porte et attendit un instant qu'Alan vienne lui ouvrir.

« Où est-elle ? demanda-t-il de but en blanc.

-Dans sa chambre, elle pleure depuis qu'elle a pris conscience de sa nouvelle nature.

-Bien, je vais lui parler. »

Alan se poussa, laissant passer William qui remonta ses lunettes et se dirigea vers la pièce à coucher.

Il toqua à nouveau, mais Emma ne lui répondit pas. Il l'entendait sangloter derrière la porte, lui serrant le cœur. Il eut soudainement l'envie de la prendre sans ses bras pour la réconforter, mais il savait que se serait impossible.

Il entra. Emma était prostrée sur son lit, recroquevillée sur elle-même, en train de pleurer à chaudes larmes. Elle releva les yeux et croisa le regard de William. Celui-ci s'assit au bord du lit, amère de savoir qu'elle aimait un déserteur.

« Est-ce que tu sais ce qui m'arrive ? murmura la brune, ses yeux désormais vert-jaune emplis de larmes. Pourquoi est-ce que je suis tombée malade ?

-Malade ? s'inquiéta aussitôt William. As-tu les épines de la Mort ?

-Quoi ? J'ai les épines de la Mort ? fit-elle dans un sanglot.

-Eh bien, je ne sais pas, tu me dis que tu es malade... répondit le brun en replaçant ses verres sur son nez.

-Ah... N... Non, c'est que... Je suis devenue Shinigami... Vous m'avez tous refilé votre truc...

-Nous ne t'avons pas ''refilé notre truc'', comme tu dis, soupira William. Il faut que je t'explique puisque celui qui est à l'origine de ta transformation n'est pas présent.

-Et... Et qui en est à l'origine ?

-Undertaker, soupira-t-il.

-Quel est le rapport ? Qu'est-ce qu'il a pu me faire ?

-C'est ce que je vais t'expliquer. Normalement, cela aurait dû être lui, mais vu les circonstances... Je ne peux pas te laisser dans l'ignorance. »

Il lui révéla la vérité sur le desmos associé au Liber arbitrium des Shinigami et des conséquences qu'ils avaient sur un Humain ou une Humaine. Il prit ainsi pour exemple Clémence et Ronald puis précisa que c'était extrêmement rare. Que cela se produise deux fois en si peu de temps était une grande première.

« Mais quel est le rapport avec Undertaker ? renifla-t-elle, légèrement calmée et ayant tout à coup un semblant d'espoir que son amour pour William soit partagé. Pourquoi tu me parles sans arrêt de lui ?

-Eh bien, il semble clair qu'il est ton âme sœur. Il ne peut en être autrement.

-Mais je ne l'aime pas ! Je ne l'ai vu que deux fois dont une où j'étais shootée à la morphine...

-Mais alors... qui aimes-tu ? Il faut forcément qu'il y ait quelqu'un et que tu le lui rendes... »

Emma n'osa pas répondre et baissa la tête, les joues rouge. Si William lui posait la question, cela voulait dire qu'il n'était pas concerné...

« C'est... C'est possible que se soit à sens unique pour moi ?

-Non, répondit-il. Si tu étais Humaine et que tu es devenue une Shinigami, cela signifie que l'amour est forcément partagé. Il s'agit de Luciano, n'est-ce pas ?

-Mais qu'est-ce que vous avez tous avec Luciano ! s'exclama-t-elle. Il est gentil, ok, mais ça s'arrête là ! Et puis franchement, vous n'êtes pas discrets à vouloir nous mettre ensemble ! Vous croyez que je n'ai pas vu vos petite manigances ?! Comme si ça allait marcher !

-Des petites manigances ? répéta William en remontant ses lunettes. Quelles petites manigances ?

-Mais Grell, Alan et Clémence ! Ils arrêtent pas de faire en sorte qu'on soit toujours ensemble ! C'est lourd au bout d'un moment...

-A... Alors tu n'aimes pas Luciano ?

-Bien sûr que non...

-Ni Undertaker ?

-Pourquoi je l'aimerais ? On a jamais parlé ensemble !

-Tu l'as tout de même embrassé, rétorqua William, piqué au vif.

-Mais je ne m'en souviens même pas ! se défendit-elle. J'étais sous morphine! »

Il y eu un long silence gêné durant lequel William prit conscience qu'il ne restait que lui. Nerveux, il décida de se déclarer, faiblement :

« Je t'aime. »

La jeune femme rougit violemment, surprise. Elle s'apprêta à répondre quand elle fut interrompue par un énorme ''boum''.

Tous deux sursautèrent et se tournèrent vers le pied de l'armoire où Augure se remettait sur ses pattes. Ils se rendirent alors compte qu'il était là depuis le début. Il s'était tellement roulé de rire sur le haut du meuble en les voyant se tourner autour qu'il avait fini par tomber.

« Désolé, ricana-t-il par télépathie à son maître, je vais vous laisser en amoureux. »

Il prit son envol et fuit à tire d'aile par la fenêtre ouverte.

« Je ne m'y attendais pas... souffla Emma.

-Moi non plus, je ne savais pas qu'il était là.

-Je ne parlais pas d'Augure.

-Oh... Je vois. »

Aussi gêné que celle qui était désormais sa compagne, ils ne parlèrent pas pendant quelques minutes. Tout se bousculait dans leur tête. Finalement, William la prit enfin dans ses bras et, lui passant les bras autour de la taille, elle lui rendit son étreinte. Ils restèrent ainsi un moment, aussi gênés l'un que l'autre, la brune n'ayant jamais entretenu ce genre de rapport avec quiconque. La tête sur l'épaule du chef de secteur, elle pensant tout à coup à Grell, amoureuse de William depuis tant de siècles et qu'il avait rejeté.

« William... murmura-t-elle sans quitter ses bras. Pour Grell... On va devoir y aller en douceur... prendre le temps de la préparer... Elle t'aime depuis longtemps, tu sais...

-Oui, tu as raison. Et c'est plus sûr pour toi... lui répondit William.

-Hein ? Pourquoi ?

-Jack l'Éventreur, cela te dit quelque chose ?

-Ah... »

Tant Emma que Clémence avaient du mal à imaginer leur amie en train de massacrer toutes ces femmes, mais elle l'avait quand même fait.

Ils discutèrent un moment, toujours dans les bras l'un de l'autre, puis William tourna la tête vers Emma et leur lèvres se trouvèrent naturellement. Ils profitèrent tous deux de cet instant, s'embrassant tendrement et se rapprochant un peu plus, jusqu'à ce que la porte de la chambre claque violemment contre le mur. Surpris, le couple mit fin au baiser.

« Grell ?!

-Que faites-vous là, Sutcliff ?

-Emma ?! Mais... Qu'est-ce que vous faites tous les deux?! »

Grell les regardait d'un air ébahi, ne comprenant plus rien à la situation. Devant elle se tenait William et Emma étroitement enlacés sur le lit de la brune, assis l'un en face de l'autre, en train se s'embrasser.

Le couple ne savait trop comment réagir. Ils ne s'attendaient pas à ce qu'elle apprenne leur relation de la sorte.

« J'aurais voulu que cela ne se passe pas ainsi, soupira le chef d'équipe, mais vous auriez dû le savoir tôt au tard.

-Je me suis transformée pour William, expliqua Emma toujours contre ce dernier, les joues rouges d'embarras et la tête baissée, appréhendant la réaction de la rousse.

-Et... Et Undertaker ?

-Je ne sais pas ce que vous avez tous avec lui... grogna la brune. Mais c'est pour William que je suis devenue Shinigami et non pour lui. »

Grell poussa un cri de joie et se jeta sur eux pour les serrer dans ses bras.

« Oh ! Je suis tellement contente pour vous ! s'exclama-t-elle.

-Euh... C'est vrai ? se méfia Emma.

-Hu hu hu ! Ouiiii ! Vous allez bien ensemble ! Y a que toi pour le supporter ! »

Elle repartie comme elle était venue, complètement surexcitée.

« Elle l'a bien pris au final... commenta Emma.

-Trop bien pris... répondit William. Cela cache quelque chose. »

Ils l'entendirent déclarer à qui voulait l'entendre qu'Emma et Willou étaient en couple et étaient tous mignons ensemble. Qu'ils étaient en train de s'embrasser.

« Je vous l'avais bien dit, remarqua Luciano.

-Je ne peux pas le croire... contredit Eric. C'est encore un de tes délires, Sutcliff.

-T'as qu'à aller dans la chambre voir si c'est un délire ! » rétorqua-t-elle véhémente.

Ils se levèrent tous pour aller voir de leurs propres yeux ce qu'il en était.

.oOo.

Dans la chambre, le nouveau couple, toujours aussi proche profitait de la présence de l'autre dans un silence léger et heureux. Emma essayait de faire le tri dans sa tête. Elle n'arrivait tout simplement pas à croire ce qu'il se passait. Jamais elle n'aurait pensé que son amour pour William serait réciproque. C'était surprenant et déstabilisant. Tout lui avait d'un coup semblé plus complexe, mais William avait su prendre les choses en main. Elle n'avait qu'à se laisser guider. Toujours dans ses bras, lui tenant la taille, elle avait le cœur qui battait si fort que cela en devenait presque douloureux. De l'amour, mais aussi beaucoup d'appréhension. Sa mère n'ayant jamais eut de chance avec les hommes, jusqu'à sa rencontre avec Michel, Emma avait donc toujours redouté le temps où viendrait l'amour pour elle, raison pour laquelle elle n'avait jamais tenté de se rapprocher d'un homme de cette manière. Se dévoiler ainsi, laisser l'autre prendre autant de place dans sa vie, ça lui semblait tellement dangereux : elle ne lui avait donc toujours pas retourner ses mots, je t'aime. Elle ne s'était pas préparée à les dire, c'était un tout petit peu trop tôt, il fallait qu'elle s'habitue...

Le destin avait bien fait les choses. William était une personne en qui Emma avait une totale confiance, car, quoi qu'il arrive, c'était quelqu'un d'honnête, peut-être trop pour son propre bien, quelqu'un de vrai et de gentil. Il lui semblait qu'aucune trahison n'était possible avec lui, et le lien que leur conférait le desmos lui donnait l'assurance qu'il ne se lasserait jamais d'elle.

La stabilité, l'amour et la sécurité, voilà ce que William incarnait pour elle. Heureuse, elle se risqua à le serrer un peu plus contre elle, ce à quoi il répondit en calant sa tête contre la sienne. Malgré ce qu'elle avait pu penser, William pouvait se révéler démonstratif, jusqu'à un certain point, en privé. Elle décida donc d'en profiter au maximum, se doutant que cela ne serait pas la même chose en public, et ferma les yeux quand tout à coup :

« OOOOH ! Je suis trop contente pour vous ! s'exclama Clémence en les voyant enlacés.

-Vraiment...

-Personne ne m'avait cru, monsieur, commenta Luciano. Il déliraient tous sur Undertaker.

-Je vous jure...

-N'importe quoi ! »

Lorsqu'ils eurent tous félicité le nouveau couple, qu'Alexander ait bien répété qu'il espérait qu'ils seraient moins libertins que Clémence et Ronald, et que son frère l'ai frappé derrière la tête, ils les laissèrent enfin tranquilles.

Avec un léger sourire, Emma se leva et sortit quelque chose de son armoire qu'elle cacha dans son dos, intriguant William.

« Au fait... Est-ce que tu te souviens du défis que t'a lancé Druitt ?

-Quel défis ?

-Celui du homard bleu ! »

Elle sortit de derrière son dos la coiffe avec son crustacé.

« Celui qui gagnait mon cœur devait le porter ! rappela-t-elle en riant.

-Je vous jure... Emma, comment as-tu pu garder cela ?

-Eh bien, au moins, tu lui prouveras que nous sommes ensemble et il arrêtera de tenter de me séduire. »

Après un moment de réflexion, William trouva que ce n'était pas une si mauvaise idée, même si ce chapeau était complètement ridicule.

Mais il était trop jaloux pour ne pas montrer à son ''rival'' qu'Emma était enfin à lui.

.oOo.

La nuit était venue. Emma avait passé une partie de la journée à discuter avec Clémence de ce qui leur arrivait. Elles avaient toutes les deux réagi de la même manière face à l'immortalité. Elles n'avaient fait que penser à leurs familles et à leurs amies qu'elles verraient vieillir puis mourir. Clémence lui avait avoué essayer de ne pas trop y penser, pleurant à chaque fois qu'elle le faisait.

Le reste du temps, Emma restait avec William qui était demeuré exceptionnellement à l'appartement, explorant leur nouvelle relation. Elle ne réalisait toujours pas qu'elle était en couple avec William T. Spears. Si un an plus tôt on le lui avait prédit, elle ne l'aurait jamais cru. Elle aurait même rigolé, pensant à une blague puisque le chef d'équipe avait toujours était son préféré dans Black Butler.

Quand ils se couchèrent, William s'en prit à Grell qui était toujours surexcitée par le fait qu'Emma n'aimait pas Undertaker et qui papillonnait de tous les côtés.

« Sutcliff, j'aimerais que vous arrêtiez vos enfantillages et que vous vous couchiez enfin ! Nous avons besoin de dormir !

-Hu hu hu ! »

Elle finit par obéir et se glissa dans son lit qui avait été relégué au salon pour laisser de l'intimité au nouveau couple, ce qui avait fait râler Eric et Alan qui auraient aimé en avoir aussi. La journée ayant été riche en émotion pour la rousse, elle s'endormit aussitôt.

William et Emma gagnèrent leur propre couche, un peu gênés d'être dans cette situation.

« Au fait ! C'est parce que je suis devenue Shinigami que mon pied a guéri et que je peux marcher ? interrogea Emma.

-Oui, bien sûr, assura le brun. Même si tu as été blessée par une Death Scythe, tu as eu une excellente greffe, et grâce à cela, ta nouvelle nature de déesse de la Mort a pu l'assimiler sans mal. Mais ne recommence pas à marcher sur une Faux... Malgré ton immortalité, une Faux pourra toujours te tuer.

-Je ne l'ai pas fait exprès. Et je te rassure, sourit-elle, je n'ai aucune intention de recommencer de si tôt...

-Tant mieux, je ne veux pas te perdre, Emma. »

Elle rougit légèrement de bonheur en l'entendant, toujours étonnée par sa franchise. Dire qu'elle l'avait imaginé pudique quant à sa façon d'exprimer ses sentiments, mais au contraire, William assumait tout et parlait franchement, de façon très directe. Une autre chose à laquelle elle allait devoir s'habituer. Finalement, elle était celle qui avait le plus de mal à parler. Elle, en réponse, ne put s'empêcher de se coller un peu contre lui et il ne se priva pas pour l'enlacer et enfouir son nez dans les boucles brunes de celle qu'il aimait. Prenant son courage à deux mains, Emma finit sa journée sur quelques paroles :

« Will... murmura-t-elle.

-Mmh ?

-Je t'aime... »

Il eut un sourire, guère dérangé par le surnom qu'elle venait de lui donner, car il devinait qu'il s'agissait d'une marque d'affection, et embrassa le front d'Emma avant qu'ils ne se rejoignent au pays des rêves. Les dernières pensées de la brune avant de s'endormir furent pour eux deux : finalement, elle se sentait capable d'y arriver...

.oOo.

Grell était environnée de ténèbres. Elle se trouvait dans le noir absolu, dans le néant le plus complet. Il n'y avait ni haut, ni bas, ni gauche, ni droite. Elle ignorait même si elle était dans une pièce ou à l'extérieur. Elle décida de marcher pour essayer d'arriver quelque part, mais c'était comme marcher sur place.

Soudain, une lumière blafarde s'alluma à quelques pas d'elle, créant un cercle parfait à ce qui semblait être le sol et montait comme un cône lumineux vers ce qui devait être une lampe de piètre qualité. Quelqu'un se trouvait à l'intérieur. Intriguée, la rousse s'approcha pour voir Emma qui avait les yeux fermées. Grell remarqua soudainement la blancheur et la transparence de celle-ci. Il s'agissait d'une âme errante, un fantôme. La brune ouvrit brusquement ses yeux, donnant l'unique touche de couleur de son corps immatériel par leur couleur phosphorescente oscillant entre le vert et le jaune.

« E... Emma ? » demanda la Shinigami en s'approchant un peu plus.

Mais alors qu'elle arrivait à ses côtés, son amie lui attrapa le cou d'une main et le serra de toutes ses forces. La rousse se sentait suffoquer malgré sa nature de Kami et tomba bientôt à genoux, Emma l'enserrant toujours.

« Tu m'as tuée ! gronda cette dernière. Tu m'as tuée alors que je n'ai jamais aimé Undertaker ! Je suis morte pour rien et par ta faute ! Je te considérais comme une amie ! Je t'avais acceptée, soutenue... Et toi, comment me remercies-tu ? En m'assassinant sauvagement ! Tu n'es pas digne de mon amitié ! Je te faisais confiance ! Regarde ! À cause de toi, alors que je suis nécrophobe, je suis obligée de regarder mon propre cadavre ! »

Elle lui fit tourner légèrement la tête pour qu'elle puisse voir son ancienne enveloppe charnelle, ensanglantée et éviscérée comme les victimes de Grell au XIXième siècle. Tout à coup, elle se releva et se tourna vers elle avec un large sourire fou, une Death Scythe en main. À son front, elle portait les points de sutures des étranges poupées. Grell, prise de panique tenta de se débattra, mais l'âme d'Emma la retenait fermement. Si elle ne se dégageait pas, l'étrange poupée la tuerait. C'était une poupée Shinigami, elle chercherait donc une âme Shinigami.

« Hey... souffla le cadavre, toujours avec son affreux rictus. The tea smells good... »

C'était la phrase qui terrifiait tant Emma depuis qu'elle l'avait lu dans Black Butler dans la bouche de Derek Arden...

« Pour te punir, déclara le fantôme, je vais te donner les épines de la Mort... Personne ne viendra te sauver... »

Elle serra complètement ses doigts sur le cou de Grell qui pleura de douleur et plongea sa main dans son cœur. Elle la lâcha. La rousse hurla de la souffrance engendré. Cependant, l'étrange poupée arrivait sur elle pour la tuer. Grell n'eut pas le temps de reprendre ses esprits et de calmer l'atroce douleur qui assaillait chaque parcelle de son corps. Elle devait fuir. Elle tenta de se lever, mais retomba aussitôt, incapable de tenir debout. L'étrange poupée plongea sur elle, tandis que le fantôme d'Emma riait d'un rire démentiel.

Grell se réveilla en sursaut, en plein milieu de la nuit. Elle avait fait un cauchemar. Elle se laissa retomber sur son oreiller. C'était bien la première fois qu'une tentative de meurtre provoquait chez elle de telles visions d'horreur dans son sommeil. Elle n'était même pas passée à l'acte. Quand elle avait assassiné toutes ces prostituées, elle en avait plutôt ressenti une grande plénitude et beaucoup de joie.

Mais elle savait que c'était complètement différent aujourd'hui.

Elle était passée à deux doigts de commettre l'irréparable et de tuer une amie.

Une des deux seules amies qu'elle avait au monde.

Elle avait failli l'assassiner et se suicider ensuite et tout ça pourquoi ? Pour rien.

Elle aurait pris la vie d'Emma pour rien, laissant William seul pour l'éternité. Elle aurait condamnée Clémence à passer l'Éternité sans ses amies, alors qu'elle avait énormément de mal à accepter de voir mourir ceux qu'elle aimait.

Elle prenait conscience de la gravité de l'acte qu'elle avait faillit à commettre. Tuer une des rares personnes à l'avoir acceptée, à ne pas la juger et à lui avoir donné son amitié et sa confiance.

Elle se tourna sur le côté et plongea son visage dans le coussin, laissant les larmes couler librement et silencieusement sur ses joues, prise de grands remords, pour la première fois de sa vie.

.oOo.

« J'te jure... grommela Clémence. Tu aurais quand même pu me le dire... »

C'était le lendemain, en fin de journée. Les deux amies discutaient dans l'embrasure de la porte séparant l'accueil de la boutique souvenir du château de Druitt. Les derniers visiteurs étaient encore avec Ronald qui servait de guide.

Clémence, qui s'était débarrassée momentanément du manteau rouge qui encombrait ses coudes, reprochait à Emma, engoncée dans la robe de bal de Madame Red, de ne pas lui avoir avoué être amoureuse de William.

« Je pensais ne pas avoir la moindre chance avec lui, expliqua-t-elle. C'était inutile de t'en parler...

-C'est pas une raison, répondit son amie. J'aurais bien aimé être au courant, ça m'aurait évité d'essayer de te caser avec Luciano...

-Pfff... C'était ridicule, ça... et puis, toi, tu ne m'as jamais dit pourquoi tu t'étais transformée en Shinigami ! fit remarquer Emma.

-Tsss... Je suppose que William te l'a dit : tu ne dois surtout pas en parler à d'autres Humains. Ronald m'a dit que même toi ou ma famille ne devait pas être au courant... Du coup, je ne te l'ai pas dit. C'est tout. Mais ce n'est pas la même chose que de me cacher que tu étais amoureuse ! En plus, ça ne se remarquait même pas...

-Je ne suis pas comme toi, moi, taquina la brune. Je suis discrète.

-Très drôle...

-Au fait... Tu crois que Grell m'en veux ? Je l'ai trouvée vraiment distante avec moi, ce matin...

-Oui, j'ai vu. Elle ne t'a pas adressée la parole et a tout fait pour éviter ton regard. D'un côté, c'est triste, mais ça ne m'étonnerait pas... soupira Clémence. Elle est folle amoureuse de William depuis toujours. Tiens, tu as des clients qui arrivent.

-Ah oui... J'y vais. »

Emma alla accueillir les derniers visiteurs de la journée, tandis que Ronald les quittait et allait retrouver sa petite-amie.

Une demi-heure plus tard, ils finissaient de travailler et Druitt venait s'extasier devant Emma, toujours avec l'espoir de se marier avec elle. Au grand soulagement de la jeune femme, William ne tarda pas à arriver, dans une Jaguar XK8, conduite par Luciano. Quand le Prétorien fut garé, le chef d'équipe descendit aussitôt et se dirigea sans plus attendre vers Emma en dardant d'un œil meurtrier le vicomte qui la collait d'un peu trop près selon lui. Pendant ce temps, Richard, Éric et Ronald entourèrent la voiture anglaise pour discuter avec le propriétaire, Clémence suivant son petit-ami pour laisser Emma et William ensemble. Ils n'avaient pas encore vu avec quel véhicule il roulait et les trois hommes commencèrent de suite à parler voiture.

« Vous l'avez achetée neuve ? demanda le comte.

-Non, répondit Luciano, je n'en avais pas les moyens. Et j'aurais voulu la XK180, mais même d'occasion, je ne risque pas de me la payer... Mais maintenant que j'ai mon salaire de Prétorien, je vais économiser et d'ici quelques années, je me ferais plaisir...

-Vous avez raison, approuva Éric. C'est un V8, non ? Elle monte à combien ?

-Oui, c'est un V8 et elle va à deux-cent cinquante kilomètres/heure d'après le constructeur, mais je l'ai jamais poussée à fond. Il faudra que je l'essaye sur circuit, mais j'ai pas envie de casser le moteur.

-Il y a un circuit pas très loin, je crois... réfléchit l'Anglais.

-Oui, confirma Ronald, le Paul Ricard. En tout cas, si vous l'essayez, il faudra qu'on vienne voir ça !

-C'est une excellente idée ! s'écria Richard. C'est toujours intéressant, mathématiquement parlant, d'observer une voiture sur un circuit de vitesse... Il y a tellement de paramètres qui entrent en compte !

-Vous avez quoi, vous ? interrogea Luciano.

-Oh, je n'ai pas le permis. Mais quand on est au manoir, on a notre chauffeur et on utilise généralement la Rolls Phantom. Et non, rit-il, ce n'est pas une blague par rapport à notre nom !

-On aurait pu le croire ! Et vous ? continua l'Éthiopien.

-Une Fiat Barchetta, répondit l'Écossais.

-Ah, c'est une jolie petite voiture aussi ! Et vous ?

-Une Rover, sourit Eric. Une Rover 45.

-En même temps, j'aurais dû m'en douter... C'est celle qui est garée là bas, non ?

-Oui, c'est ça ! »

Clémence soupira et zyeuta du côté d'Emma et de William, avec l'espoir non dissimulé d'échapper à la conversation toute masculine qui semblait passionner les quatre hommes, mais dont elle se fichait comme de sa première paire de chaussettes. Seulement, elle comprit vite qu'elle ne pourrait pas avoir le moindre soutient de ce côté-ci. Le chef d'équipe paraissait être en grande discussion avec Druitt. À n'en pas douter, il était furieux et devait menacer le blond des pires tourments si jamais il approchait encore une fois Emma à moins de vingt mètres.

Clémence ne voulait surtout pas se mêler à une telle conversation. Elle allait devoir subir les cylindres en ligne et autres alésages.

Les mecs... pensa-t-elle en les observant, blasée, comme s'il s'agissait d'une étude zoologique, s'extasier devant les performances de la Jaguar au quatre cents mètre départ-arrêté. Tous les mêmes.

.oOo.

De leur côté, Emma et William avaient à faire au vicomte pour qu'il n'importune plus la jeune femme et qu'il comprenne qu'elle était désormais prise.

« Non, protesta Druitt en s'enflammant, je ne vous crois pas ! Mon mignon petit coquelicot ne peut avoir chaviré aux délices de l'amour avec un autre que moi ! Il était convenu que le gentleman qui ravirait le cœur de cette douce fleurs des champs serait coiffé du homard de l'amour par cette gente damoiselle !

-Il est hors de question que j'accepte de me ridiculiser de la sorte. » tonna William qui, entre la veille au soir et ce jour-là, avait eu le temps de réfléchir au grotesque de la situation et qui avait changé d'avis.

N'importe qui aurait été terrorisé par le regard froid et meurtrier du brun. Mais Druitt n'était pas n'importe qui, il était un inconscient suicidaire qui déclara alors :

« Ah ! Vous n'osez tout simplement pas reconnaître votre défaite et ma supériorité auprès de ce petit coquelicot fleuri ! N'ayez crainte, ô douce Emma, je comprends vos sentiments et je sais votre timidité !

-Je ne suis pas timide ! rétorqua-t-elle avec véhémence. J'aime William, je suis en couple avec lui et il est hors de question que j'ai la moindre relation avec vous ! Suis-je assez claire ?

-Mais et le homard bleu de l'amour ?

-Je vous jure... Allez, viens Emma, inutile de restez ici, avec cet homme... »

Il se retourna et prit le bras de celle qu'il aimait pour l'emmener avec lui, loin de son rival, mais elle se dégagea en riant et plongea sa main dans son grand sac. Avant qu'il est le temps de réagir, elle en sortit le chapeau au homard, se hissa sur la pointe des pieds et lui enfonça sur la tête. Elle éclata de rire en voyant William avec ce chapeau des plus ridicules et s'empressa de prendre une photo avec son portable qu'elle avait préalablement préparé.

« OOOOOH ! s'exclama dramatiquement Druitt. Vous portez le homard bleu de l'amour ! Je ne peux donc que m'incliner devant le choix de cette douce demoiselle ! Vous êtes donc l'élu de son cœur ! Ah ! Très chère et belle Emma ! Je suis heureux pour vous ! Mon homard vous a aidé dans votre quête du bonheur, même si vous ne le trouvez pas à mes côtés ! Gardez-le ! Grâce à lui, votre amour peut durer éternellement !

-Notre amour est éternel. Vraiment... » ne put s'empêcher de répliquer avec véhémence William.

Il avait enlevé son chapeau et se repeignait consciencieusement.

« Ne recommence plus, Emma, soupira-t-il. Et maintenant, viens, nous n'avons que trop traîné ici...

-Tu vois, on aurait dû le faire plus tôt, Druitt va arrêter de me harceler... »


Petit bonus, un fanart que j'ai moi-même réalisé ! J'espère qu'il vous plaira.

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Prochain chapitre : Prochain chapitre : Les malheurs de Richard.
Au programme : Retour de deux personnages, William jaloux et de la haine de votre part à mon égard pour ce que je vais faire subir à Richard. Mais j'assume.:-P