Salut tout le monde !

Je suis désolée du retard, mais entre des problèmes familiaux et ma rentrée, je n'ai pas pu publié. ^^ Mais voici enfin la suite (le prochain chapitre devrait arriver demain). Dites merci à Nounou et à sa review, c'est elle qui m'a soudainement rappelé que j'avais un chapitre sur le feu... Honte à moi de l'avoir oublié ! .


Réponses reviews :

JUJU :

Et oui, trois d'un coup ! Et cette fois, vous en aurez 2 en peu de temps ! ^^
Merciiiiiii ! J'adore les cookies imaginaires ! ;-) Surtout quand j'imagine que je les mange. C'est là qu'ils sont les meilleurs !
Eh bien ! Tu as eu du courage ! ^^ Mais je suis contente que cette fic te plaise. Et encore plus que tu trouves que je respecte les personnages ! C'est le plus compliqué en fait, si on veut bien travailler la fanfic : respecter les perso d'origine. ^^Mais j'ai une excellente bêta-lectrice qui veille au grain !
Merci beaucoup ! Pour le moment, je n'ai que des projets de fics originales, mais si jamais ça se concrétise et que je suis publiée (et surtout que ça vous intéresse...), je vous préviendrais. ^^
GÉNIAL ! J'aurais Undy pour moi toute seule ! XD

NOUNOU :

Merci beaucoup ! Oui, il n'y a aucune raison pour que je ne la finisse pas, elle me tient énormément à cœur pour diverses raisons. ^^ J'espère en tout cas qu'elle continuera à te plaire ! La seule chose, c'est que comme je reprends dans une fac où je vais avoir énormément de cours, je ne vais pas pouvoir écrire autant que je voudrais. ^^


Bonne lecture à tout le monde !


CHAPITRE XLVI : BOULES DE POILS ET CHEMINÉE

Emma était ressortie du docteur complètement épuisée et avec un terrible coup de soleil sur le bras gauche. Si Clémence avait régénéré son sang très rapidement, il n'en allait pas de même pour elle. William était obligé de l'aider à marcher, la portant quasiment, et devait impérativement faire attention à ne pas toucher sa brûlure.

Elle accepta cependant de suivre Ronald, à condition qu'ils aillent tout d'abord déjeuner, et mit un tissu par dessus son coup de soleil pour ne pas l'aggraver.

Après le restaurant, l'Écossais les emmena vers l'extérieur de la Grand Ville, personne ne sachant où ils allaient. Ils arrivèrent bientôt à un immense bâtiment d'une architecture renaissante cette fois. L'endroit ressemblait à un petit château de la Loire avec un grand jardin à l'italienne.

« Ah, je vois où tu veux en venir... sourit Alan.

-Où sommes-nous ? interrogea Clémence.

-Vous le saurez vite. » assura William.

Ils descendirent de cheval et passèrent les grilles de fer forgé. Clémence et Emma remarquèrent aussitôt le nombre d'animaux qui étaient là. Certains, surtout les plus jeunes, jouaient ensemble, d'autres, plus âgés, les surveillaient ou semblaient discuter.

« Des Kami ! s'exclamèrent-t-elles à l'unisson.

-Je vais avoir un Kami ?! continua Clémence, toute excitée.

-Je savais que ça te ferait plaisir, mo ruin...

-Oh ! Mon chéri, je suis tellement contente ! Merci !

-Attends, il va falloir que tu le choisisses encore. »

Emma jeta un coup d'œil furtif à William, espérant secrètement qu'il allait lui en proposer un. Cependant, il n'en fit rien et elle n'osa pas lui en demander. Après tout, quand ils s'installeraient ensemble en fin de semaine et quitteraient l'appartement, elle aurait déjà Cookie.

Ils se dirigèrent vers le château, sous le regard intrigué des esprits animaux. Lorsqu'ils se retrouvèrent dans le hall, Ronald amena Clémence vers le bureau de l'accueil, occupé par un bonobo. Il était étrange de voir son regard vert-jaune phosphorescent au lieu de l'habituelle couleur noire, d'autant qu'il portait des lunettes et était en train de regarder un ordinateur.

Le singe tourna les yeux vers eux et prit une pancarte en Anglais qu'il leur montra. Que puis-je faire pour vous ?

« Nous venons pour choisir un Kami. » répondit Ronald dans la même langue.

Le Kami leur désigna un nouvel écriteau. Patientez un instant, Mlle Murillo-Ibanez arrive. Il se tourna à nouveau vers l'ordinateur. Quelques instants plus tard, une Shinigami les rejoignit. Ses cheveux bruns aux boucles serrées lui tombaient sur les épaules. Elle portait de strictes lunettes rectangulaires. Le bonobo lui offrit un large sourire simien.

« ¡ Hola, señores, señoritas ! salua-t-elle dans sa langue natale avant de continuer en Anglais avec un fort accent espagnol. Que puis-je faire pour vous ?

-Bonjour, sourit Ronald dans la même langue. Nous venons pour choisir un Kami.

-Chacun ?

-Non, répondit William en jetant un coup d'œil à Augure. Seulement pour Miss Curiel.

-Bien. Laquelle de vous deux est la señorita Curiel ?

-Moi ! sourit Clémence avec un immense sourire.

-Bien ! Avez-vous déjà une idée de Kami ? Un animal en particulier ?

-J'aimerais bien un chat !

-Vous connaissez un peu les chats ? Vous en avez déjà eu ? Des chats mortels, je veux dire...

-Oui, j'en ai presque toujours eu.

-Et avait vous déjà un Kami ?

-Non...

-Vous préférez un Kami déjà formé ou non ?

-Euh... Je ne sais pas...

-Non formé, répondit Ronald. Elle est à l'Académie, il vaut mieux qu'elle se forme avec lui.

-D'accord. Lukeni ? fit l'Espagnol en se tournant vers le singe. Peux-tu regarder s'il y a des chatons qui acceptent un desmos s'il te plaît ? Je m'occupe de leur donner tous les renseignements en attendant. »

Lukeni approuva d'un signe de tête et se retourna vers son ordinateur. La Shinigami invita les autres à la suivre vers son bureau, juste à côté. Elle commença alors à expliquer à Clémence comment se passait le choix d'un Kami et tout ce qu'il y avait à savoir sur le desmos qui en découlait.

Tout d'abord, elle allait rencontrer des chatons qui étaient partant pour commencer à travailler auprès d'un Shinigami. Certes, elle allait en choisir un, mais il fallait que le petit esprit soit lui-même d'accord.

Ensuite, ils allaient devoir créer un lien, petit à petit. Normalement, si les deux Kami s'étaient mutuellement choisis et étaient parfaitement d'accord pour faire équipe, ils devraient pouvoir parler ensemble par télépathie d'ici quelques semaines. Ils apprendraient petit à petit à travailler et à vivre ensemble.

Cependant, Clémence devait impérativement savoir qu'il était plutôt difficile de travailler avec un chat. Ils étaient généralement feignants, n'en faisaient qu'à leur tête et attendaient toujours quelque chose en retour, même si ce n'était qu'une caresse. D'autre part, ils pouvaient être extrêmement possessifs et il ne fallait même pas envisager créer un desmos avec avec un autre Kami. Ils en arrivaient même à jalouser le desmos avec l'âme sœur de leur Shinigami.

« Je vais souffrir alors ! plaisanta Ronald.

-Ne vous inquiétez pas, sourit Murillo. Ce sera à la señorita Curiel de mettre les choses au clair avec son Kami. Et généralement, si l'âme sœur a été trouvée avant le chat, ce dernier l'acceptera beaucoup plus facilement. Par contre, il y a aussi des avantages à avoir un chat. Ce sont généralement de très bons espions selon ce que vous faites et ils font d'excellents familiers. D'autre part, ils peuvent très bien vous seconder contre un Démon, puisque il est connu que certains d'entre eux les adorent et sont incapables de leur faire du mal, ou contre un fantôme récalcitrant. Leur souplesse peut être un avantage non négligeable. Cela vous va ?

-Oui, j'adore les chats, sourit Clémence.

-Très bien, alors allons-y. Lukeni est en train de voir quels chatons seraient près à passer un desmos.

-Au niveau de la nourriture, je devrais lui donner quoi ?

-Surtout, ne vous laissez pas avoir, sourit Murillo. Si vous l'écoutez, vous ne lui donnerez que des petits plats cuisinés et hors de prix. Un chat sera tout à fait capable de chasser par lui-même, mais, même si c'est un Kami, il mangera comme un animal mortel. Cependant, il appréciera quand même de manger comme vous, donc vous pouvez lui faire finir les plats.

-Et au niveau de la litière ?

-Oh, une litière normale, c'est très bien. Plus tard, il apprendra à aller toilettes.

-Ah bon ?

-Oui, tout à fait. Ce sont tout de même des Kami. Nous y allons ?

-Bien sûr ! »

William finit de traduire la conversation à Emma qui ne comprenait quasiment pas l'Anglais, étant très mauvaise en langue, d'autant que Murillo avait un accent très prononcé. Ils se levèrent tous et suivirent l'employée vers une grande salle avec une belle décoration du XVIIIième siècle.

Trois chatons étaient là, alignés sagement sous la surveillance de deux chattes et de Lukeni. Il y avait également d'autres animaux qui étaient venus par pure curiosité. Un petit pigeon s'envola aussitôt en les voyant et vint se poser sur l'épaule de William.

« Rrou ? roucoula-t-il avec espoir.

-Rrrrou ! répondit Augure, deux fois plus gros, en atterrissant sur l'autre épaule du Shinigami.

-Oui, je suis désolé, continua le brun en regardant le petit oiseau. J'ai déjà un Kami. »

Le pigeon parut déçu et s'envola tristement pour sortir par la fenêtre.

Murillo se tourna vers Clémence :

« Il en manque un d'après mon Kami... Mais vous pouvez choisir parmi ceux-là.

-Eh bien... »

À ce moment, une petite boule de poil beige clair arriva en courant après une mouche comme une dératée. Elle sauta en l'air sous le regard de tous les Kami présents et la goba, avant de retomber. Elle voulut alors freiner, mais ses petites pattes ne purent l'arrêter sur le parquet vernis, et elle percuta de plein fouet la cheminée et le tisonnier qui lui tomba dessus.

Clémence se mit à rire et s'approcha de l'amas poilu pour découvrir un petit chaton aux longs poils beige, blancs sur le ventre et le museau, à moitié assommé. Elle le prit dans ses bras et il leva un regard curieux et phosphorescent vers elle, un peu vitreux à cause de sa violente rencontre avec la pierre et le fer.

« C'est lui que je veux ! Si c'est possible bien sûr !

-C'était le chaton manquant, soupira la Shinigami espagnole.

-Miaou ! fit joyeusement le petit félidé.

-Il est d'accord. Mais je vous souhaite bon courage... D'après ce que me dit Lukeni, il n'arrête pas de faire des bêtises et n'est pas très sérieux... C'est un petit bagarreur. »

Ronald lança un regard presque suppliant à Clémence. Visiblement, il ne se voyait pas passer l'éternité avec un Kami pareil, mais elle ne fit absolument pas attention à lui, toute occupée à caresser le chaton qui s'était mis à ronronner dans ses bras.

« Je vous jure... soupira William. J'espère qu'il ne sera pas trop embêtant...

-De toute façon, nous déménageons dans la semaine et après, je serais à l'Académie, répondit Clémence avec un large sourire.

-Alors passons dans mon bureau, nous allons faire les papiers. » proposa Murillo.

Lukeni monta sur elle et l'agrippa, l'enlaçant de ses longs bras. Alors qu'ils retournaient dans la pièce, un petit chiot, une femelle, s'approcha timidement d'Emma. Comme la jeune femme ne l'avait pas vu et allait continuer avec les autres, elle couina en lui grattant le bas du pantalon avec la patte.

« OOOOOH ! Didou ! »

Tout le monde se retourna vers Emma et le petit Cavalier King Charles à la robe blanche et caramel. Elle allait se baisser vers la chienne quand William la pria de la laisser tranquille.

« Mais... Will... Je peux au moins la caresser ! Elle est tellement mignonne !

-Non, sinon elle pensera que tu l'acceptes comme Kami.

-C'est dommage, elle est tellement belle...

-Peut-être, mais tu ne peux pas lui donner de faux espoirs.

-Bon d'accord... » répondit-elle à contrecœur.

Elle laissa la petite chienne et suivit William. Un nouveau pigeon s'approcha de lui et il dut lui dire à lui aussi qu'il était déjà pris. Alors qu'ils entraient dans le bureau, la petite chienne s'entêta et suivit Emma en pleurant.

« Will, on ne peut pas la laisser comme ça...

-Si. Vraiment... Tu ne vas pas t'encombrer d'un Kami, tu es déjà très en retard dans tes études et...

-Merci, je sais, mais regarde-la ! Elle est toute triste ! »

Comme pour approuver Emma, la chienne lança un regard de cocker battu à William.

« Je vous jure ! Tu as déjà Cookie ! Tu ne vas pas avoir deux chiens !

-Mais elle est mortelle, ce n'est pas un Kami ! Et il faut bien que je profite de l'Académie pour former le lien et apprendre à l'utiliser !

-Vraiment... répliqua-t-il simplement en remontant ses lunettes.

-De toute façon, ce n'est pas toi qui décide...

-Si, répondit William. Nous allons vivre ensemble d'ici peu et je peux bien décider de vivre ou non avec un chien de plus...

-Mais c'est une Kami ! Elle est intelligente, tu ne peux pas comparer ! Et donc toi, tu as le droit d'avoir un Kami et pas moi ?

-Rrou ! appuya Augure.

-Merci Augure ! s'exclama-t-elle.

-Tu ignores ce qu'il a dit ! rétorqua William. Qui te dit qu'il... »

L'oiseau s'envola et vient se poser sur l'épaule d'Emma en regardant de haut William, pour bien signifier ce qu'il pensait de la situation à ceux qui ne pouvait pas le comprendre. Un nouveau pigeon en profita pour venir atterrir sur le brun, espérant être choisi.

« Je vous jure ! Combien de fois devrais-je vous dire que j'ai déjà un Kami ?! Même s'il me trahit alors qu'il devrait me soutenir !

-Rrou !

-Ne me parle pas sur ce ton, Augure !

-Rrrrrroooouuuu !

-Mais je peux tout de même ne pas être d'accord avec le fait qu'Emma ait un Kami !

-Rrou...

-C'est bon, arrêtez tous les deux, pria la brune en soupirant. Will, je sais que tu t'inquiètes. Mais si j'insiste, c'est parce que je me sens capable de m'occuper de Gessie, même à l'Académie...

-Qui est Gessie ? »

La petite chienne eut un petit jappement aiguë et heureux, lui faisant comprendre que c'était elle.

« Ne vous entêtez pas, intervint Murillo, le desmos est déjà en train de se créer, on ne peut plus l'arrêter. Elles se sont choisies.

-Puisque je n'ai pas le choix...

-Regarde comme elle est calme, tu ne te rendra même pas compte de sa présence. Et je suis sûre que tu finiras par l'aimer. » argumenta Emma, voyant le brun capituler.

Un quatrième pigeon tenta une approche de William, mais Augure lui fonça dessus pour l'éloigner et faire comprendre une bonne fois pour toute qu'il était son Shinigami.

« Ne seriez-vous pas un Spears ? s'amusa l'Espagnole.

-Si, si... soupira William.

-Les Spears ont toujours des problèmes avec les pigeons quand ils viennent ici. À croire que vous les attirez...

-Je sais. C'est bien pour cela que j'évite de venir trop souvent... D'ailleurs, j'aimerais beaucoup faire reconnaître le prénom de mon pigeon.

-Quel est son matricule ?

-1697-WTS.

-Venez, je vais m'en occuper. Señorita, venez, invita-t-elle à l'adresse d'Emma qui venait de se baisser pour prendre la petite chienne dans ses bras. Je vais vous faire remplir à vous aussi les papiers nécessaires pour votre Kami. En tout cas, vous avez fait un excellent choix. Elle est très calme d'après mon propre Kami et surtout très obéissante. En même temps, vous avez pris un chien... »

Ils entrèrent dans le bureau où Clémence s'amusait déjà avec son chat et une boulette de papier.

« Tu l'as appelé comment ? demanda Alan.

-Skyfall ! répondit-elle joyeusement.

-La fan de James Bond a parlé ! rit Ronald. Mais le chaton était d'accord...

-Tu as gagné un chien Emma ? demanda Alan.

-Oui ! C'est Gessie !

-Vos matricules, renseigna la Shinigami, seront 2013-CACC pour Skyfall et 2013-ERMA pour Gessie. »

.oOo.

Luciano entra au Palais de la Nuit et se dirigea aussitôt vers les Archives. Faisant attention à faire le moins de bruit possible dans le couloir qui résonnait de tous les côtés, il arriva vite face aux Prétoriens qui montaient la garde devant la porte.

« Bonjour !

-Bonjour ! Cela faisait longtemps qu'on ne vous avait pas vu, sourit l'un.

-Oui, répondit l'Éthiopien. J'ai fini ma formation, je n'ai plus besoin de venir aussi souvent.

-Alors ça y est ? Vous partez en mission ? demanda l'autre.

-Oui, un déserteur qui vient juste de réapparaître, expliqua-t-il en remplissant petit à petit les cases nécessaires.

-Vous avez été affecté à l'équipe de Nazarov alors ?

-Non, soupira-t-il en finissant de signer. J'aurais bien aimé, mais je suis avec l'équipe de vacataires.

-Ah... Quand même... Schreiber a voulu vous punir ou quoi ?

-Mon dossier est lié au leur, nous travaillons donc ensemble.

-Et ça va ? Ce n'est pas trop dur ? plaignit le premier Garde.

-À part M. Spears, le chef d'équipe, et Alan Slingby-Humphries, ils ne sont vraiment pas sérieux.

-Spears ? Comme le Secrétaire d'État britannique ?

-C'est son fils, confirma Luciano.

-Spears... Spears... Il n'y en a pas un au service Diplomatie ? demanda le second Garde.

-Si, Julian R. Spears, confirma le premier, c'est le Plénipotentiaire attaché aux relations avec les autres Kami et c'est un lointain cousin du Secrétaire d'État de Grande-Bretagne. Parait-il que c'était le seul Diplomate à qui les Dryades acceptaient d'adresser la parole, ce qui lui a permis de monter en grade.

-Ah bon ? s'étonna Luciano. Pourquoi les Dryades ne voulaient-elles parler qu'à lui ?

-Les pigeons. Les Dryades adorent les oiseaux et les pigeons sont attirés par les Spears comme un aimant.

-Et maintenant, qui s'occupe des relations avec elles ?

-Toujours Spears. Elles ne parleront à personne d'autre. En tout cas, si votre chef d'équipe tient de son père et de son cousin, il doit être bon.

-C'est clairement le meilleur de cette équipe, confirma Luciano. Vous m'excuserez, je dois aller faire des recherches.

-Oui, allez-y ! Bonnes recherches !

-Merci ! »

L'Éthiopien entra dans les Archives de la Garde et se dirigea vers un responsable. Il lui expliqua qu'il avait besoin de consulter un dossier des Traqueurs de Démons. L'archiviste l'emmena vers la salle informatique en s'excusant de ne pas pouvoir l'aider plus, ayant du catalogage à faire d'urgence.

Luciano s'installa à un poste et sortit de leur étui ses lunettes afin de les mettre pour pouvoir voir correctement sur l'ordinateur. Après avoir entré ses identifiants et eu accès à sa session, il entra dans la base de données des Traqueurs de Démons le nom du dossier dévolu à Alrune.

« Access denied ? lut-il à mi-voix. Pourquoi l'accès est refusé ? »

Se mordillant les lèvres, il ferma la page et recommença, se disant qu'il avait peut-être mal entré le nom du dossier.

Name : Alrune P

Dangerousness : AAA

Year : 905 AUC

Number : 16

Cette fois, il était certain des données rentrées. Il cliqua de nouveau sur OK. Ce qui eut exactement le même effet : l'accès lui était refusé. C'était complètement impossible, en tant que Prétorien, il devait avoir accès à tous les dossiers. Il se leva pour aller voir l'archiviste et lui demander ce qui se passait quand une voix l'interpella :

« Luka !

-Maître ? fit-il en reconnaissant Katinka Nazarov.

-Tu sais, sourit sa formatrice, désormais, toi et moi, nous sommes Gardes du Prétoire tous les deux, tu n'as plus à m'appeler Maître...

-Vous savez bien que je ne pourrais pas.

-Oui, quand tu étais petit, je te disais toujours de m'appeler par mon prénom et non marraine, mais tu ne m'as jamais écoutée. Ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer... Mais tu pourrais eu moins recommencer à m'appeler marraine... Alors, content de ton équipe ? J'ai appris que deux Humaines y avaient été rajoutées après leur transformation et qu'elles n'étaient même pas formées...

-Oui, ils ont même cru que c'était pour moi et nous ont félicité... »

Nazarov se mit à rire, en imaginant la scène et le quiproquo. Elle se fit reprendre par l'archiviste qui travaillait non loin et la Russe entraîna son protégé dans une salle de travail vide pour pouvoir discuter plus tranquillement.

« Et sinon, tu vas bien ? s'inquiéta-t-elle. Tu t'en sors ?

-Mmh... Ça peut aller...

-Et en vrai ? Je te connais, mychonak, je sais que tu as toujours eu des problèmes d'intégration.

-Ça va, je vais bien, rassura-t-il en fixant le sol et en se mordillant nerveusement les lèvres.

-Si le stress se mesurait en pourcentage, chez toi le je vais bien équivaudrait à ''seulement'' quatre-vingt dix pour cent de stress... Dis-moi plutôt comment ça se passe.

-J... J'ai du mal... avoua-t-il. À part peut-être avec M. Spears... Les autres ne sont pas assez sérieux. Ils... Ils ne se rendent pas compte des enjeux...

-Les enjeux te sont trop personnels, Luka. Pour eux, non. Peut-être devraient-ils être plus sérieux, c'est sûr, mais toi, tu ne devrais même pas être là. Ils savent au moins qui est ton père et ton lien personnel avec vos dossiers ?

-C'est hors de question qu'ils sachent qui il est, répliqua-t-il rudement.

-Écoute, mychonak, ils ont le droit de...

-Et je ne veux pas en parler. Je ne veux pas parler de mon père.

-Comme tu veux. Et pour changer de sujet, tu es là pour quelles recherches ? »

Elle savait très bien que si elle insistait sur ce sujet douloureux, son filleul se braquerait et se renfermerait plus qu'il ne l'était déjà.

« Sur une Démone nommée Alrune, répondit-il avec distance. Son nom est sorti et je voulais en savoir plus.

-Tu as trouvé ce que tu voulais ?

-Non. L'accès au dossier est refusé, je ne comprends pas pourquoi.

-Ah ! J'ai dû oublié de te le dire, c'est plutôt rare. Si ton accès est refusé, c'est que le dossier est sous scellé. Seul les membres du Conseil de la Mort peuvent le consulter. Tu n'auras aucune autorisation pour le lire. C'est un dossier important pour ton enquête ?

-Oui et non... On ne sait pas trop. Ce nom a un lien avec un Démon du nom de Sebastian Michaelis.

-Tu fais le boulot des Traqueurs de Démons maintenant ?

-Non, mais nos déserteurs ont un lien étroit avec Michaelis. Et ce dernier avec Alrune, ce qu'un membre de l'équipe a entendu de la bouche d'un des dissidents.

-Et le dossier de la Démone est scellé ? Il est classé quoi ?

-AAA. » répondit Luciano en se mordillant la lèvre inférieure.

Il y eut un long silence durant lequel la Russe détailla avec inquiétude son filleul. Elle finit par murmurer du bout des lèvres :

« De quand date le dossier ?

-905 ab Urbe condita... Donc... 152 ap. J.-C. »

Il y eut à nouveau un long silence que Nazarov brisa à nouveau :

« Les AAA sont extrêmement rares et dangereux. Elle ne doit pas être n'importe qui. Luka... Fais extrêmement attention. Peut-être est-elle morte, peut-être pas. Mais si tu dois la rencontrer, elle pourrait bien être pire que tout ce que tu peux imaginer.

-Ne vous inquiétez pas, je m'en sortirais.

-Ne le prends pas à la légère. Je sais que nous sommes des Kami, contrairement aux Démons qui ne sont que des bêtes sauvages parasitant les Humains. Mais certains sont capables de rivaliser avec nous, sinon ce ne serait pas la Garde qui s'occuperait de leur Traque. La seule chose, en terme de puissance, qui nous différencie d'eux, c'est notre Liber arbitrium. Notre pouvoir de décider de notre propre destin, de décider de celui des mortels. Les Dieux n'ont aucune prise sur nous, nous ne sommes destinés à rien, c'est nous qui écrivons notre histoire.

« Nous avons alors tendance à considérer les Démons comme inférieurs à nous. À considérer qu'ils ne peuvent rien contre nous, mais nous oublions ce qui importe vraiment. Le libre arbitre dont nous disposons devient notre malédiction. Vanth et Orcus ne décideront pas si nous mourrons ou vaincront le Démon, même s'ils souhaiteraient la deuxième option. Ils ne décideront pas, parce qu'ils ne peuvent pas avoir de prise sur nous. C'est le seul moment où un Démon est maître de son propre destin.

« Et nos ennemis le savent très bien. Combattre un Démon, c'est comme combattre un autre Kami. Nous pouvons ne pas en sortir vivant. C'est pour cela qu'ils peuvent rivaliser de puissance contre nous. Un AAA n'est pas à prendre à la légère. Il n'y a jamais eu que quatre ou cinq Shinigami à pouvoir rivaliser avec eux. Dont ton père.

« Mais si ton père a pu en tuer plusieurs et même si tu as hérité de ses talents, il y a une chose qu'il avait alors et que tu ne possèdes pas.

-Quoi ?

-L'expérience, mychonak.

-J'en aurais un jour aussi.

-Jamais autant que cette Alrune dont le dossier remonte au IIième siècle ap. J.-C. Elle a très bien pu participer à la guerre, en plus. C'est pour ça que je veux que tu sois prudent.

-Ça ira. De toute façon, c'est juste un nom qui a été dit à un autre Démon.

-Comment ce Michaelis a-t-il réagi ?

-Par la peur apparemment.

-Je pense que ça veut tout dire. »

Il y eut à nouveau un long silence. Nazarov le rompit tout à coup :

« Tu sais quoi, Luka ? Je vais t'accompagner, je veux rencontrer ton équipe. On parle tellement d'elle dans la Garde...

-Si vous voulez, maî... marraine, soupira-t-il en se mordillant la lèvre inférieure. De toute façon, je n'ai plus rien à faire ici. Je suppose que je n'ai aucune chance d'avoir les autorisations en demandant aux membres du Conseil de la Mort l'autorisation de consulter le dossier...

-Non, tu ne l'auras pas. S'ils l'ont mis sous scellé, c'est pour une bonne raison.

-Oh, je sais... C'est juste qu'il aurait peut-être pu nous faire avancer dans notre enquête.

-On y va ? »

Luciano acquiesça et se leva, tout comme Nazarov. Ils se dirigèrent vers l'extérieur de la salle mais la Prétorienne s'arrêta un instant devant la vitre de la porte et se regarda un instant malgré la transparence.

« Marraine ? Un problème ?

-Je crois que je vais changer de coupe... Je vais peut-être me faire une coupe à la garçonne et enlever ma frange... Qu'est-ce que tu en penses ?

-Que vous êtes toujours aussi accroc à la mode et aux coupes de cheveux... sourit-il.

-Ah ! Que veux-tu, mon petit Luka ! Porter l'uniforme n'est pas incompatible avec la féminité !

-Et une coupe à la garçonne ? taquina-t-il.

-Je me laisserais pousser les cheveux après pour un beau dégradé. J'ai bien l'intention de les avoir plus longs que toi, un de ces jours ! »

Luciano leva les yeux au plafond et sortit de la salle, suivi de la blonde.


Et voilààààà !

Prochain chapitre : "Crises".
Au programme : Une rencontre avec Nazarov, le retour inattendu d'un personnage que vous avez peut-être oublié et des disputes.

A la prochaine !