Chapitre 4
Sous mes doigts, la cicatrice boursouflée de Jasper. Je sais que dans la salle d'opération à côté, ils finissent aussi de refermer Monty. L'opération a réussi. Les vertèbres sont intactes et les deux cœurs, opérationnels.
Ça doit être un miracle, ou un énorme coup de bol. Je voudrais me réjouir de ce succès interstellaire mais la fatigue me paralyse. Maintenant que mes mains ne sont plus au travail, elles tremblent. J'ai mal à la tête. Autour de moi, le personnel médical applaudit de toutes ses forces. Je regarde l'horloge au dessus de l'anesthésiste : on opère depuis treize heures. Si la séparation des artères s'est faite rapidement, tout ce qu'il y a eu avant et après nous a pris une éternité. Les infirmières me tapent dans le dos, les quelques médecins venus assister à l'opération dans le bloc-même me félicitent à voix forte et haute.
Je me tourne vers l'observatoire. La première chose que je vois, c'est Roan qui applausit comme un supporter à un match de foot. À sa droite, Clarke s'est endormie, roulée en boule dans sa chaise roulante. Je regrette que Dopsy ne l'ait pas raccompagnée dans sa chambre. Avec tout ce boucan, son réveil sera désagréable. Tiens, tant qu'on en parle… la voilà qui bat des cils. Elle se redresse doucement sur sa chaise. Surprise, elle observe les internes autour d'elle. Puis elle se tourne vers moi. Malgré ses petits yeux de fatigue, ils pétillent. Son sourire illumine toute la pièce. Ça me booste. Je regarde mon équipe et les félicite du beau boulot, puis je quitte la salle. Je me défais de ma blouse bleue et de mon calot puis je me lave les mains. Le sang a séché, je dois prendre l'éponge la plus râpeuse pour parvenir à en retirer la plus grande partie. Pour le reste, ça partira sous la douche ce soir.
Je sors de la salle de préparation et tombe sur Roan.
-Lexa, bravo !
Il me prend dans ses bras et me serre fort. Encore sonnée par la fatigue, je me laisse faire. Dans le dos de Dopsy, Clarke me regarde avec un sourire d'ange endormi. Le rouge me monte aux joues.
-Merci, Dopsy, dis-je avant de me tirer de ses bras. Ça a été, Clarke ? Tu ne t'es pas trop ennuyée ?
-Un peu, mais j'ai adoré ce que j'ai vu.
-Tu es fatiguée ?
-Moins que vous, j'imagine.
Roan intervient.
-C'est vrai, ça, tu dois être morte ! Va te reposer, je vais surveiller les constantes de ce brave gaillard.
Je le remercie à nouveau, il s'en va. Je me retrouve seule face à Clarke dont le sourire est toujours aussi large. Mon cœur s'emballe.
-Merci de m'avoir permis de vivre ça. Tout ce que vous faîtes pour moi…
-Clarke.
-Oui ?
-Tutoie-moi, s'il-te-plaît.
Je le dis presque comme une supplication. Toute cette distance, c'est insupportable. Ma patiente se mord l'intérieur de la joue, un sourire d'enfant aux lèvres.
-Je t'emmène boire un verre après notre sieste.
-Ah bon ?demandai-je, joueuse.
Après tout, elle comme moi savons que Kane refusera qu'elle sorte de l'établissement. En plus, je fais partie de ses médecins référents.
-Fais-toi belle.
Puis elle rit et d'un mouvement de bras, elle fait faire un demi-tour à sa chaise roulante et s'éloigne. J'observe sa belle chevelure blonde jusqu'à ce qu'elle disparaisse. Mon cœur chante.
Dans mon dos, les médecins et infirmiers sortent du bloc. Jaha arrive et pose sa main sur mon épaule, un grand sourire aux lèvres.
-Magnifique journée, n'est-ce pas ?
-Parfaite, répondis-je en lui souriant en retour.
Puis, d'un mouvement de la main, je chasse sa main de mon épaule et m'en vais.
Après une sieste de deux heures et demie, une bonne douche et des vêtements frais, j'ai rejoint la chambre 112. Clarke est assise dans un fauteuil à côté de son lit. Ses cheveux sont attachés en un chignon lâche mais élégant. Elle lit une revue sur les animaux austraux. Je toque doucement à sa porte et l'entrouvre. Elle me jette un discret coup d'œil puis se re-concentre sur sa revue, l'air taquin. Sur le ton de la conversation, elle me lance sans un regard :
-Tu savais qu'il n'y avait pas que des kangourous en Australie ?
J'éclate de rire.
-Bien sûr que non, il y aussi des koalas et des lézards.
-Ma parole, tu es une véritable encyclopédie.
-Je sais. Socialement, c'est difficile à vivre…
C'est à son tour de rigoler. Je m'avance jusqu'à m'asseoir sur son lit. Je sens mon corps trembler, cependant je pense qu'elle ne le voit pas.
-Tu as bien dormi?demandai-je en jetant un coup d'œil à la machine captant son pouls. Il est un peu plus rapide, mais rien d'effrayant non plus.
-Je ne sais pas, qu'en dit la machine ?
-Très drôle. Tu voudrais que j'arrête de faire le médecin, peut-être ?
Clarke ne répond pas et son silence veut tout dire. Son regard descend jusqu'à mes lèvres, je la vois se mordre le bas de la lèvre. Il s'agit peut-être de la fatigue qui parle, mais ça m'est irrésistible. Je me redresse et lui demande, la voix rauque:
-On y va?
-Suis-moi !
Ma patiente dépose son magazine, ouvert à la page du goanna, et se dirige vers son porte manteau. Elle en sort une veste brune dont le col est en fourrure. Je remarque alors le magnifique chemisier cintré qu'elle porte. Moi, comme une idiote, j'ai juste mis mon uniforme bleu et une veste en jeans à la place de la blouse blanche.
-Tu ne veux pas une chaise roulante ?
-Très peu pour moi, mais surtout, ne te prive pas si l'envie t'en dit.
Je secoue la tête, amusée, et suis la blonde hors de sa chambre. Elle marche un mètre devant moi. Je suis consciente du risque qu'on prend. Son état est instable. Si elle n'a pas fait de crises pendant trois mois, elle pourrait tout à fait en faire deux en quarante huit heures. C'est le genre de choses qui lui est déjà arrivé. Clarke papote et je l'écoute. Je la suis sans trop réfléchir jusqu'à ce qu'elle s'arrête.
-Clarke ?
-Je…
-Comment te sens-tu ?
Je m'avance pour prendre ses épaules entre mes mains. Clarke a l'air embarrassée.
-Ne t'inquiète pas, je vais bien. J'ai juste oublié par où on sort de cet hôpital.
J'ai une pointe au cœur : je ne m'étais jamais imaginée que Clarke sorte si rarement.
-C'est à droite, dis-je dans un sourire tendre. On descend les escaliers et on y est.
-Super !
Elle sourit à nouveau et suit mes indications. Quand je quitte l'accueil, je jette un coup d'œil derrière moi. Dopsy est là. Droit comme un iota, il m'observe. Désapprobateur, il fait un signe de tête vers Clarke, j'articule un « va bosser ». Il secoue la tête et fait demi-tour.
Au bout de vingt minutes à peine, Clarke et moi avons trouvé un bar sympa. Il est presque vide -en même temps il n'est que treize heures- donc nous sommes rapidement servies. Clarke commande un cocktail et moi, une bière. Elle voit que je suis embarrassée par l'absence de féminité de mon choix et se moque de ça pendant un petit bout de temps. Quand nos verres arrivent, elle me fait un petit clin d'œil.
-Au meilleur médecin de la ville !
-Je n'étais pas seule à opérer…
-Je ne parle pas des siamois, Lexa.
Elle me tend son verre pour qu'on les entrechoque. Je bois une gorgée de bière sans la quitter du regard. Elle, distraite, observe le plafond du bâtiment. C'est la structure métallique qui attire son attention, j'imagine.
-C'était impressionnant… assister à une crise.
-C'est bien qu'elle soit arrivée, tu aurais fini par croire que je ne suis pas malade !
-Ne dis pas ça. Ce n'est pas bien qu'elle soit arrivée : c'était atroce.
Clarke hausse les épaules.
-Elle n'avait jamais été aussi courte.
-J'ai du mal à te croire, elle a quand même duré sept minutes.
La blonde sourit et se met à boire son cocktail.
-J'avais quelque chose à te demander.
-Ah oui ?
-La première fois qu'on s'est vues…
Je souris au souvenir de ce moment. Ça date.
-… je t'avais parlé du mariage de mon frère.
-Oui, c'est vrai. Quand c'est, encore ?
-Dans une semaine.
J'écarquille les yeux si grands que Clarke trouve une nouvelle excuse pour rire de moi.
-Je pourrai y aller ?finit-elle par demander.
-Je t'avais dit que oui. Tu devrais savoir que je tiens toujours parole.
-Avec une infirmière…
Je réfléchis un moment.
-Qui d'autre ?
Clarke a l'air dépité, mais seulement un instant, car un nouveau sourire apparait sur sur ses lèvres. C'est tellement bref que j'aurais pu l'imaginer.
-Si je peux décider de l'infirmier…
-Tu penses à Wells ?
-J'adore ce gars. Il m'emmènera peut-être même chercher une robe ?
-Il acceptera.
-Pourquoi donc ?
-Parce que tout le monde dans ce service t'adore !
-Tu m'adores, toi ?
Son air lutin me fait rougir. Sous la table, je triture ma serviette mais en apparence, tout est sous contrôle.
-Moi je te connais trop bien pour ça. Ce qui fait que je te supporte, au mieux.
Clarke sourit puis lance un nouveau sujet de conversation. On parle et on parle encore et encore. J'ai mal aux joues à force de rires et de sourires. Quand nos deuxièmes verres sont vides et qu'il n'y a plus de cacahuètes à grignoter, il est presque quinze heures.
-Viens, on sort.
Clarke se lève et me tend la main. Je sors de la monnaie de ma poche et la laisse sur la table. Le temps que je fasse ça, ma patiente à la chevelure dorée a repris sa main. Ce n'est peut-être pas plus mal que ça. Pendant encore une heure, on marche sans idée précise de où nous allons. C'est fou comme nous ne sommes jamais à court de discussion. Clarke est spontanée et, par je ne sais quelle magie, elle me rend à mon tour spontanée. On s'arrête dans un nouveau café. Par solidarité, Clarke prend une bière. Elle m'avoue que les cocktails, ça fait distingué mais ce n'est pas vraiment son truc. C'est à mon tour de me moquer d'elle. Pourtant, je me sens fière. Elle a pris ce cocktail pour m'impressionner ?
L'endroit est moins sympa que le précédent, on le quitte après une grosse demie-heure. Cette fois, comme promis, c'est elle qui m'invite. Le sourire de Clarke et l'alcool ont tout doucement raison de mon contrôle. Peu à peu, mon attitude se fait moins professionnelle. Allez savoir pourquoi, mais il me semble être une bonne idée de suggérer un cinéma. Clarke rebondit immédiatement sur la proposition et propose un film.
-Lui, je veux le voir !
J'explose de rire. Elle vient de me citer un blockbuster au scénario cramé à l'avance, de ceux qui plaisent aux adolescents de quinze ans. Je sais qu'on n'a que dix ans en plus, mais ça reste surprenant.
-Pourquoi est-ce que tu te moques ?demande-t-elle en feignant de s'offenser.
-Je ne me moque pas, je ris. C'est différent !
-Dis-moi pourquoi, alleeeeeeez…
Elle prend une voix d'enfant pour me supplier et je lève les yeux au ciel, tout de même amusée.
-Quand je t'ai rencontrée, tu étais en train de relire Moby Dick. C'est à peine si tu ne lis pas tes bouquins en latin ou en grec ancien !
-Ovide est très drôle, je te signale.
-Dans ton temps libre, tu rédiges des théories sur l'auto-détermination de l'art. Bref, je pensais que si on venait à voir un film, ce serait plus un truc intellectuel. Du style « Le sourire de Mona Lisa » ou « Da Vinci Code »…
Clarke détourne le regard, un sourire qu'elle essaye de cacher accroché aux lèvres.
-Quoi ?
-Tu viens de citer deux de mes films préférés. Aux côtés du Journal de Bridget Jones, évidemment.
Je pouffe, elle aussi. La fierté envahit cependant ma poitrine : il faut croire que je commence à connaître Clarke.
Il fait sombre dans la salle de cinéma. Elle est fort peu remplie pour une séance de dix-sept heure et c'est tant mieux, car le bruit de notre pop corn aurait dérangé trop de gens. Les publicités prennent fin, puis c'est le tour des bande annonces. Enfin, le film commence. On suit un ancien commando d'élite, devenu alcoolique suite à une peine de cœur. La fille avec laquelle il va finir arrive dès la seconde scène du film et on est avertis de la présence du requin géant dans la même scène. Clarke perçoit mon air dubitatif et tente à voix basse de me convaincre de donner sa chance au film. Ses arguments pourraient presque tenir la route mais peu importe, je décide de faire semblant de m'intéresser au film pour lui faire plaisir, à elle. Au milieu du film, alors qu'un enfant vient de tomber dans le bassin sombre du mégalodon et qu'une ambiance sombre plonge la salle dans l'effroi, Clarke prend ma main. Pas de peur, non, ses muscles sont tout à fait relâchés. Ses doigts entourent les miens. Ce contact m'envahit d'une douce chaleur. Je ferme les yeux un instant. Profiter du moment… à l'écran, une mère hurle de terreur et j'ouvre les yeux. Clarke me regarde, elle a un sourire tendre que je rêverais de capturer entre mes lèvres. Cependant je n'ai pas le courage. C'est un risque trop grand.
Nous gardons les mains entremêlées. Le film se termine -le héros est mort, j'avoue que cette fin peu traditionnelle améliore ma perception du film- et nous nous levons. Nos mains se séparent le temps de réajuster nos vestes puis, timidement, je reprends ses doigts entre les miens. Mon cœur s'emballe quand elle ne s'éloigne pas. Nous sortons de la salle.
-Tu vois, il est mort. Je t'avais dit que ce film avait quelque chose de révolutionnaire ! J'ai un certain talent pour ces prévisions…
Clarke parle, parle et j'oublie de l'écouter. Je n'entends que les battements de mon cœur. À la sortie du cinéma, je tourne à droite et elle me suit. Alors, une ruelle apparaît. J'ignorais son existence mais sa découverte me sauve, en quelque sorte. Je me glisse dans la ruelle et tire Clarke dans ma direction. Surprise, elle arrête de parler et se laisse faire. Je prends sa deuxième main et la pousse à reculer, jusqu'à ce que son dos rencontre un mur en briques. Nous sommes proches : à peine une dizaine de centimètres nous séparent.
Je vois Clarke comme je ne l'ai jamais vue. L'air du grand air active quelque chose dans son regard, sa peau brille autrement. Son odeur me monte à la tête. Ses yeux sont plus sombres, son regard plus déterminé. Ses cheveux, électrisés par les briques dans son dos, forment un halo autour d'elle. Je la sens, comme moi, tremblante de désir. J'observe sa peau, puis ses lèvres. Je suis seule avec les battements de mon cœur, et cet être de toute beauté sous mes yeux.
Je caresse ses lèvres d'un doigt. Elle capture mes mains et, rapidement, sans que je réalise ce qu'elle fait, je me retrouve plaquée contre le mur. Mon coeur loupe un battement. Ses lèvres s'approchent des miennes, je sens sa respiration contre ma bouche. Ses yeux noirs de désir me fascinent, je n'ose pas fermer les miens. Elle avance encore son visage. Ses lèvres et les miennes jouent à un jeu. Sans se rencontrer, elles se suivent, s'approchent puis s'éloignent. Nos nez se frôlent et nos yeux se ferment, avant de changer de position. C'est un jeu tendre, provoquant. L'attente est à la fois insoutenable et délicieuse. D'un nouveau mouvement, Clarke et moi échangeons nos positions. J'ai les mains appuyées contre le mur autour de sa tête, elle m'observe sans dire un mot. J'avance mes lèvres à nouveau, son dos se cambre et nos hanches se rencontrent. Avec ça, une énorme vague électrique remonte dans tout mon corps. Elle est la première à céder, elle se décolle du mur et dépose sa main contre ma nuque. Je n'en peux plus d'attendre - je ne saurais pas citer une seule raison suffisante pour m'éloigner d'elle : je précipite mes lèvres contre les siennes. Elles sont humides, sucrées par le pop-corn. Je ferme les yeux et le baiser prend des dimensions magiques. Ses mains parcourent mon corps, les miennes restent agrippées à sa nuque. Je m'enflamme et j'ai l'impression que jamais nos corps ne seront assez proches. La passion monte, monte, avant que nous nous séparions pour reprendre notre souffle. Clarke est tendue, sous mes mains, et elle est comme mienne. Mon cœur n'a jamais battu aussi vite, je ne me suis jamais sentie aussi bien.
-Lexa…
-Oui?soufflai-je d'une voix rauque.
-C'est toujours l'effet que ça te fait, quand une fille te prend la main ?
Je souris, comment une personne comme Clarke peut-elle exister ? Comment est-ce juste pour le reste de l'humanité ? Je l'embrasse de plus belle, la passion ne redescend pas. Là, dans un élan qui me semble absolument cruel, Clarke pose une main sur mon torse, m'invitant à arrêter.
-Dis-moi que tu m'accompagneras au mariage de mon frère.
Je n'y accorde pas une seconde de réflexion et réponds d'une traite, sincère.
-Je te le promets.
Elle se jette à nouveau sur mes lèvres et notre baiser reprend. Le temps danse tout autour de nous, il est comme un détail du décor auquel on en prête aucune attention.
-Tu étais magnifique, hier soir. Sous la douche…
Mon coeur va exploser dans ma poitrine. J'ignore comment mon corps peut supporter un moment d'une telle intensité. Peut-être aurais-je du la prendre, cette chaise roulante...
-Merci bien, glissai-je contre sa mâchoire, mes baisers déformés par un un rictus fier.
Clarke rigole. Je m'éloigne un petit peu. Elle caresse mes lèvres du bout des doigts.
-On a eu une très longue journée… rentrons.
Cette fille... cette fille sait comment me couper le souffle. Je montre ma déception dans une grimace qui fait rire Clarke, mais j'acquiesce. C'est ce qu'il y a de plus raisonnable à faire, je n'ai pas dormi plus de trois heures depuis maintenant plus de quarante heures.
-Je vais me prendre un taxi, m'informe la sublime blonde.
-Hors de question ! Je te raccompagne !
-N'y pense même pas. À la limite, je t'autorise à attendre qu'un taxi s'arrête.
On sort de la ruelle et Clarke commence à faire des signes. Un taxi s'arrête très vite. J'ouvre la portière à la magnifique blonde qui met un pied dans le véhicule avant de se tourner vers moi. Je me penche et nous échangeons un très léger baiser.
-Bon retour, Clarke.
-Passe une bonne soirée, Lexa.
La portière se referme et le taxi démarre aussitôt. Un sourire aux lèvres, je me mets à marcher vers mon immeuble.
C'est fou de voir comme je suis absolument peu consciente de la bêtise monumentale que je viens de faire.
