Salut tout le monde !

Je vous joints un fanart réalisé par mes soins, avec Lulu et Nazarov : ht*tp:*/fc04.*deviantart.*net*/fs70/f/2014/249/1/6/luciano_surafel_eshetu_and_katinka_nazarov_by_alazais_dencavel-d7y4xzz*.j*pg

Il vous faudra juste enlever les *, sinon je ne pouvais vous mettre le lien. ^^


RÉPONSE REVIEW ANONYME

JUJU : Oui ! Je ne vous abandonnerais pas comme ça ! C'est juste que j'ai pas mal de boulot. ^^ Eh eh ! Y a intérêt à ce qu'on se le partage ! C'est le minimum !

;-)


Bonne lecture !

CHAPITRE XLVII : CRISES

Luciano et Nazarov arrivèrent au château des Kami où Clémence et Emma finissaient de remplir leurs papiers. Tandis qu'ils remontaient l'allée centrale menant au bâtiment, un loup des Abruzzes s'approcha du métis. L'animal mit sa tête dans la main du Shinigami pour qu'il le caresse.

« Désolé, s'excusa-t-il, je ne viens pas pour me lier par desmos. »

Le loup accepta sa décision, mais lui fit comprendre qu'il avait quand même envie d'une petite caresse. Luciano s'empressa de perdre sa main dans la douce fourrure grise du canidé. Lorsque Nazarov approcha la sienne, le loup grogna et lui montra les dents, faisant sourire l'Éthiopien.

« Vous avez toujours eu un problème avec les autres Kami...

-M'en parle pas... grogna-t-elle en reprenant sa marche. Je rêverais d'avoir un desmos avec un esprit familier, mais aucun Kami à part les Shinigami ne m'acceptent.

-Vous vous souvenez quand nous avions dû interroger des Pénates qui protégeaient une maison dans laquelle nous soupçonnions un déserteur de s'y être caché ? » rit-il.

Sa marraine lui lança un regard meurtrier à ce souvenir avant de ricaner, tandis qu'ils montaient les marches du château :

« Ta toute première affaire, suivie pour ta formation, n'est-ce pas ? Celle où tu as tellement stressé que tu as vomi juste avant l'arrestation ? »

Ils entrèrent dans le hall et Luciano baissa nerveusement les yeux à se souvenir en se mordillant les lèvres.

« Allez, mychonak, je te taquine ! »

Ils entendirent des bruits de pas et se tournèrent vers le petit groupe qui arrivait. Une Espagnole brune tenait un singe par la main et était accompagnée d'Alan, William, Ronald et des deux jeunes femmes. Un chiot gambadait joyeusement autour d'Emma en frétillant de la queue et un chaton ronronnait dans les bras de Clémence.

« ¡ Hola ! salua Murillo. Que puis-je faire pour vous ? Vous venez choisir un Kami ?

-Malheureusement non, râla Nazarov.

-Nous venions retrouver mon équipe, expliqua Luciano.

-Bien, je vais vous laisser alors, j'ai du travail. ¡ Adiós !

-Au revoir ! » firent les autres à l'unisson.

Murillo-Ibanez et Lukeni repartirent, laissant l'équipe ensemble. William s'avança vers Nazarov en traînant Emma avec lui :

« Miss Nazarov ? C'est un honneur pour moi de vous rencontrer ! William T. Spears, chef du secteur des Bouches-du-Rhône et chef d'équipe en tant que Traqueur vacataire.

-Enchantée ! Katinka Nazarov, chef d'équipe prétorienne.

-Je vous présente mon âme sœur, Emma Acquaviva.

-Bonjour, salua poliment la brune.

-Bonjour. Alors ? C'est vous le chef d'équipe de Luka ?

-Luka ?

-Luciano, reprit-elle.

-Elle m'a toujours appelé comme ça, soupira le concerné.

-Vous vous connaissez depuis longtemps ? interrogea Clémence en les rejoignant.

-Katinka Nazarov est ma marraine, présenta Luciano, ainsi que ma formatrice chez les Traqueurs. Maître, voici Clémence Curiel, Ronald Knox et Alan Slingby-Humphries.

-Enchantée.

-Bonjour !

-Bonjour...

-Ce sont vos Kami ? s'attendrit la Russe en voyant le chaton et le chiot. Comment s'appellent-ils ?

-Gessie !

-Et Skyfall. »

La blonde platine tendit la main vers ce dernier qui feula aussitôt en faisant le gros dos. Elle n'eut que le temps que retirer sa main avant qu'il ne la griffe. Gessie se mit à grogner de sa petite voix.

« Skyfall ! gronda Clémence.

-Gessie, enfin !

-Si ta chienne commence à agresser n'importe qui, il est hors de question que tu la ramènes avec nous... » tenta William.

Gessie se calma aussitôt et regarda le brun avec de grands yeux tristes.

« Ne vous en faites pas, fit Nazarov à moitié déprimée, les Kami me détestent, pour une raison que je ne comprends pas...

-C'est étrange !

-Non, c'est comme ça... soupira-t-elle.

-Et si nous partions ? proposa Luciano. Nous pourrions aller vers l'Urbs et discuter en chemin.

-Bonne idée ! répondit Ronald. Nous n'avons plus rien à faire ici. »

Ils quittèrent le château qui servait d'abris aux esprits animaux et retrouvèrent leurs chevaux Mallets. Monter ne fut guère aisé : Emma et Clémence devaient tenir leurs nouveaux Kami dans leurs bras, tout en se tenant à leurs compagnons respectifs.

Tandis qu'ils chevauchaient vers la ville, William expliqua discrètement à Emma qui était Nazarov : une légende du Prétoire. Elle était la première femme à en avoir fait partie et avait ouvert la voie à d'autres. Pour en arriver là où elle en était, elle avait dû se battre plus que n'importe quel homme et faire ses preuves. On disait que c'était le fils d'Orcus et de Vanth en personne qui l'avait formée.

On disait également d'elle qu'elle n'était pas très puissante, mais elle était d'une intelligence redoutable et son maniement de la Faux était sans faille. Ses qualités indiscutables d'enquêtrice avaient fait d'elle l'une des meilleurs et des plus efficaces Traqueurs de déserteur. Jusqu'à présent, elle n'avait pas connu d'échec. Tout le monde savait qu'elle serait la prochaine Chargée des déserteurs et sûrement un jour deviendrait-elle Officier de l'Ordre si elle en avait l'opportunité.

Avec une telle formatrice, il n'était pas étonnant que le talent inné de Luciano ait été développé parfaitement.

Lorsqu'ils arrivèrent à la Grande Cité de l'Érèbe, ils se dirigèrent vers le forum puis s'installèrent à la terrasse d'un café, à l'ombre du péristyle qui entourait la gigantesque place, Augure sur l'épaule de William, Skyfall et Gessie sur les genoux de Clémence et d'Emma. Ils discutèrent de tout et de rien, bien qu'ils comprirent que Nazarov cherchait à les tester et à savoir s'ils pouvaient vraiment travailler avec son protégé.

Celle-ci les détailla sous tous les angles, s'attardant plus ou moins sur certains membres, particulièrement les Humaines. Comme beaucoup de Shinigami, elle avait entendu parler de Black Butler et connaissait donc Ronald et William de réputation, d'autant qu'elle avait lu le manga jusqu'à l'arc du cirque. Elle ne s'attendait ainsi absolument pas à ce que Clémence soit une femme plutôt intelligente et sérieuse. Connaissant la réputation de coureur de jupon du blond par l'œuvre de Yana Toboso, elle s'attendait à trouver une écervelée capable uniquement de glousser comme une poule. Elle semblait avoir réussi l'exploit de poser le séducteur.

Quant à Emma... Nazarov, bien que peu puissante, savait parfaitement sentir la puissance des Shinigami. La brune l'était, bien plus qu'elle. En plus, elle ne mettait pas de lunettes, ce qui favorisait le développement de la perception. Peut-être une future recrue féminine de la Garde ! sourit intérieurement Nazarov. La Russe, féministe convaincue, avait toujours pensé que les femmes devraient être bien plus présentes au Prétoire. Elle leur avait ouvert la voie, mais l'univers de la Garde était encore bien trop masculin à son goût. Elle espérait de tout cœur qu'Emma aurait l'envie et les capacités pour devenir Prétorienne. La puissance seule ne suffisait pas, la Russe en était l'exemple-même.

Elle regarda ensuite William. Il n'y avait rien à dire : c'était un Spears, le fils du Secrétaire d'État de Grande-Bretagne qui plus est. Elle se souvenait encore comme si c'était hier de l'assassinat de Lucius Cinereus Praeses. Lorsque Forester avait été viré et que William T. Spears Senior avait été nommé à sa place, ce dernier avait géré la crise avec brio et avait évité une énorme panique en Angleterre. Si le fils avait hérité du père, il y avait de fortes chances pour qu'il soit un excellent chef d'équipe, à quelques détails près : les Spears n'étaient pas connus pour leur sens de la sociabilité et de la compréhension des autres... Elle craignait un peu pour Luciano : déjà qu'il avait du mal à s'intégrer, William risquait de lui rendre les choses plus compliquées.

Quant à Alan... Elle ne savait que trop en penser. Il paraissait sérieux, bien que malade, ce qu'elle pouvait voir à sa pâleur qui n'était pas seulement dû à sa peau d'asiatique.

Au final, cette équipe ne semblait pas aussi pire qu'on le disait. Nazarov savait cependant qu'il manquait deux membres, dont celle qui avait éventré des prostituées parce qu'elles avaient avorté.

.oOo.

Quand ils se quittèrent, la Russe se tourna vers Luciano et lui dit :

« Au fait, mychonak, j'ai vu ta mère il n'y a pas longtemps. Elle m'a dit que Rhea aimerait bien te voir de temps en temps... Elle commence à tourner en rond sans toi.

-Mmh mmh... Je passerais dès que possible. Mais pour le moment, ça va être compliqué entre la mission et... et la cérémonie du 17 octobre qu'il va bientôt falloir préparer dans la Garde, soupira-t-il, je ne vais pas avoir trop le temps.

-Tu sais parfaitement que Rhea va y participer aussi ! Prends donc un peu de temps pour elle. Et pour toi aussi d'ailleurs. Ça te ferait du bien de lever le pied. Bon, je retourne au Palais de la Nuit, j'ai encore du travail !

-À bientôt !

-À bientôt Luka ! Au revoir ! » continua-t-elle à l'adresse des autres.

Après qu'ils se soient tous salués, ils se séparèrent, Emma et Clémence discutant à voix basse. Elles se demandaient bien qui pouvait être cette Rhea. Alors comme ça, Luciano avait une copine ? Elles décidèrent qu'elles devaient absolument en savoir plus, mais elles préféraient d'abord en parler à Grell afin d'établir un plan d'attaque à trois. Leur amie serait sûrement tout autant intéressée qu'elles.

Ils arrivèrent bientôt à la B.I.S pour retrouver Éric et les Phantomhive. Emma tint absolument à voir la section enfance. Lorsque Clémence lui avait montré les photographies qu'elle en avait prise, elle n'avait jamais voulu la croire. Pour elle, c'était forcément une plaisanterie de son amie.

Quand elle arriva sur place, elle regarda de partout, les rayons sous tous les angles, puis se tourna vers ses amis :

« C'est une blague, c'est ça ?

-Pourquoi serait-ce une blague, Emma ? s'étonna William.

-Ce n'est pas la bonne section... Je ne vois pas la différence avec les autres.

-Pourquoi devrait-il y avoir une différence ? continua le brun en fronçant les sourcils. Je ne te suis pas...

-Euh... Eh bien... Je ne sais pas, c'est tellement logique que l'espace jeunesse ne soit pas organisé comme la section adulte... Il n'y a que le mobilier qui est plus petit, mais tout est pareil... Ce n'est pas normal...

-Je ne comprends pas pourquoi ça ne l'est pas... La taille du mobilier est adaptée pour les enfants, non ?

-Oui mais... Ça ne donne pas envie aux enfants de venir... Ce n'est ni coloré ni amusant... Ce n'est pas leur monde. À part les dégoûter ou les faire grandir plus vite, ça n'a aucun intérêt...

-J'ai toujours beaucoup aimé la section enfance quand j'en avais l'âge, nota William en remontant ses lunettes.

-Oui, mais toi, tu as un caractère spécial... Tu as toujours été très sérieux. Je ne sais pas... Quand tu regardes les Lanternes cinématiques, tu te rends bien compte que les enfants n'aiment pas ce genre d'endroit.

-Oui, mais ce sont des Humains !

-Merci, grogna Emma. Cela reste des enfants, Humains ou Shinigami ! Toi, tu es sérieux, comme je te l'ai dit, mais généralement les enfants préfèrent bouger partout et toucher à tout. Ils n'aiment pas forcément lire : si tu n'as rien pour attirer leur attention, tu les perds. Si l'endroit est ennuyeux, tu les perds encore plus vite ! Ils doivent se sentir chez eux, il faut que ça soit chaleureux... J'ai l'impression qu'il n'y a qu'un Spears pour aimer un tel endroit.

-Non, moi je l'aimais bien aussi, intervint Luciano.

-Ah, tu vois ! s'exclama William.

-Vous êtes désespérants. Si nos enfants n'aiment pas aller à la B.I.S, ce sera de ta faute ! accusa Emma en regardant le brun.

-Bien sûr que non, nous leur donnerons l'amour des livres.

-Et moi celui de la couleur ! »

Emma, contente au fond d'elle de constater que William voulait des enfants, se tourna vers Ronald, Alan et Éric pour leur demander ce qu'ils pensaient de la bibliothèque quand ils étaient enfants.

« Oh euh... Je ne sais pas... réfléchit Alan. Après tout, quand nous étions enfants, il n'existait rien d'autre que ce genre de bibliothèque... Même chez les Humains.

-Moi, je me faisais chier ! répliqua Éric en toute franchise.

-Moi aussi ! confirma Ronald. Et mon petit frère préfère aller à la bibliothèque humaine de notre petit village, dans les Highlands...

-Ah ! Tu vois Will ! Et regarde, il y a pleins d'enfants là bas, je vais aller leur demander !

-Ne les gêne pas ! prévint William. Chez nous, nous n'avons pas de maternelles et la B.I.S fait des animations pour les enfants dont les parents travaillent...

-Justement, ils sont les premiers concernés dans ce cas. J'en ai pour une minute... »

Emma se dirigea vers des enfants qui paraissaient ne pas avoir plus six pour les plus âgés, assis à une table.

« Coucou ! sourit-elle en s'agenouillant à leur hauteur.

-Coucou ! répondirent certains.

-Bonjour madame ! saluèrent d'autres.

-Comment vous allez ?

-Ça va !

-Vous aimez bien être ici ?

-Oui... fit un fillette habillée d'une robe rose pâle.

-Moi non ! s'exclama un petit garçon. C'est trop nul ici ! On peut pas s'amuser !

-C'est vrai... confirma un autre.

-Moi, j'aime bien les livres avec des images, fit une fille à l'air timide.

-Et comment vous aimeriez la bibliothèque ?

-Tout en rose !

-Avec des princesses et des fées !

-Non, des voitures ! contredit le premier garçon.

-Oui ! continua son ami. Et même qu'on pourrait avoir un parterre tout doux avec des villes et des routes !

-Et des coussins pour dormir !

-Et de la couleur ? demanda Emma en souriant.

-Oui, du rose ! insista la même fillette.

-Mais non, du bleu ! grogna un autre garçon.

-Et des paillettes...

-Oh oui ! Et des jolis plafonds dessinés !

-Avec des lapins...

-Et des girafes, et des éléphants, et des nounours !

-Ouiiiii ! Pleins de nounours partout !

-Et des poupées !

-Et aussi des Faux !

-Des nounours avec des Faux !

-Mais des fausses, parce que papa, il veut pas que je touche la sienne.

-Peut-on savoir ce qui se passe ici ? gronda une voix. Nous sommes dans une bibliothèque ici, pas dans une foire ! Un peu de silence ! »

Les enfants, terrifiés, se turent et se cachèrent derrière Emma. Il y eut un petit jappement joyeux et Gessie, qui était restée avec les autres membres du groupe, trottina en remuant la queue de bonheur vers la nouvelle venue pour quémander une caresse. Mais celle-ci la repoussa violemment du pied. La Kami, toute triste, parti se réfugier vers sa maîtresse.

« OH ! Un chiot ! s'exclama un garçon, un peu plus téméraire que les autres. Il est mignon !

-Je vous ai dit de vous taire et de ne pas faire de bruit ! ordonna sévèrement la bibliothécaire. C'est vous, mademoiselle, qui les excitaient ainsi ?

-Je ne les excite pas, nous discutions ! Si la B.I.S. fait office de garderie pour les enfants les plus jeunes, il vous faut aménager un espace pour eux, pour qu'ils puissent jouer s'il ne veulent pas lire. Vous ne pouvez pas les asseoir sur une chaise en espérant qu'ils restent silencieux toute la journée ! Et vous n'avez pas à frapper ainsi ma chienne ! s'énerva la brune.

-Qui êtes vous pour me faire la leçon et me dire comment exercer mon métier ?!

-Hortense ?! s'exclama William en rejoignant Emma. Encore toi ?

-William ? Mais que fais-tu donc ici ?

-William, Hortense ? s'étonna Emma. Vous vous connaissez ?

-Bien sûr ! Nous avons été en couple durant quarante-neuf ans, répondit Hortense en se tournant vers elle.

-Quoi ?! »

Abasourdie, Emma se tourna vers celui qu'elle aimait.

« Oui... confirma William d'un ton gêné en remontant ses lunettes. Seulement quarante-neuf ans, Emma... Et c'était il y a longtemps, ça ne veut plus rien dire aujourd'hui.

-Emma ?! C'est elle, Emma ? La jeune Humaine écervelée qui n'en veut qu'à ton argent ?

-Je ne suis plus Humaine, je me suis transformée pour William. Attends Will... C'est toi qui lui a dit ça sur moi?! s'emporta la concernée. C'est à cause des saint-jacques, c'est ça ?!

-''Will'', tu laisses cette gamine t'appeler ''Will'' ?!

-Quelles saint-jacques ? ne comprit pas William, ignorant la remarque d'Hortense.

-Celles du restaurant du cours Mirabeau ! Quand Richard est sorti avec Céline !

-Parce qu'en plus tu l'invites au restaurant ?

-Et je n'en veux pas à ton argent ! Si c'est ça que tu penses de moi !

-Mais je... tenta le chef de secteur.

-Je suppose que elle, insista Hortense, ton fichu Kami l'aime bien, c'est ça ?

-Rrou ! confirma Augure.

-Bien sûr qu'il m'aime bien ! Et c'est réciproque ! Je suis sûre que lui, il sait que je n'en veux pas à l'argent de Will !

-Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement, railla Hortense.

-Ah mais c'est vous qui le pensez ! se rendit tout à compte Emma. Ce n'est pas Will ! Mais tu pourrais me défendre au moins, t'exprimer, réagir quoi !

-Je...

-Qui aurait envie de vous défendre ? rétorqua la bibliothécaire sans laisser le temps au brun de répondre.

-De toute façon, vous n'êtes qu'une femme jalouse et frustrée. » répliqua Emma.

Elle se mit sur la pointe des pieds et obligea William à se pencher un peu pour l'embrasser passionnément et marquer son territoire.

« OOOOH ! C'est mignon ! s'exclamèrent les fillettes.

-C'est comme les princesses et les princes de conte de fées ! finit une autre.

-BAAAAH ! C'est dégueux ! » répliquèrent les garçons.

Emma mit fin au baiser et jeta un regard de défis à Hortense. Elle se tourna vers les enfants et leur déclara qu'elle reviendrait les voir, ce qui fut accueilli par des cris de joie, énervant un peu plus Hortense. Gessie, voyant cela, se mit à japper joyeusement, observée curieusement par Skyfall qui n'avait pas quitté les bras de Clémence, morte de rire.

Emma s'empara de manière possessive du bras de William et l'entraîna vers la sortie.

Une fois dans le hall des Portes, il se tourna vers elle, un peu embarrassé, et lui fit remarquer qu'il aimerait qu'elle soit un peu plus pudique en public et qu'il se sentait gêné qu'elle l'embrasse ainsi devant tout le monde, particulièrement devant ses employés.

« Eh ! protesta Emma, toujours énervée. Ça va, tu n'as pas à l'être ! Ce n'est pas comme si j'étais ta maîtresse et que tu me cachais ! Nous sommes en couple et tu es mon âme sœur, il n'y aucun mal à ce que nous soyons proches.

-Mmh... se contenta de répondre William. C'est une simple question de pudeur, tu sais... Je ne me vois pas m'afficher comme peuvent le faire Knox et Curiel...

-Il y a s'afficher et marquer son territoire. » conclut-elle en le regardant de haut.

Elle fit quelques pas puis se tourna à nouveau vers lui :

« D'ordinaire, je ne suis pas du genre à m'afficher ainsi, comme tu dis. Mais ton ex, cette femme odieuse, m'a vraiment énervée et je tenais à lui faire comprendre que c'était désormais moi ta compagne. C'est tout.

-Je...

-Ne dis rien, coupa-t-elle. Tu es très possessif, alors tu peux me comprendre, non ? »

William ne répondit rien. Il savait qu'il ne pouvait rien dire de plus à ça.

.oOo.

Clémence posa Skyfall par terre. Le chaton se frotta contre ses jambes, pendant qu'elle ouvrait les trois verrous de la porte d'entrée. Les autres attendaient, Alexander commentant la B.I.S : elle était intéressante mais bien trop grande et l'on s'y retrouvait pas. Pour lui, elle était mal agencée, au contraire de la bibliothèque des Phantomhive à leur manoir. Emma s'énerva aussitôt, toujours en colère à cause d'Hortense. Elle défendit aussitôt la B.I.S, bien qu'en reconnaissant que la section enfance était mal pensée.

Clémence ouvrit la porte et son chat s'engouffra à l'intérieur pour se retrouver aussitôt museau à truffe avec Mortuaire. Le chiot resta un instant interdit. Puis il se mit à aboyer comme un dément, espérant faire fuir le Kami.

Au contraire, celui-ci s'arque-bouta sur ses petites pattes et fit le gros dos en feulant. Sa maîtresse ne put s'empêcher de rire en voyant ses longs poils encore plus ébouriffé que d'ordinaire. Juliet et Cookie prirent peur et partirent en courant se réfugier dans un coin, pendant que Gessie se cachait derrière Emma qui tempêtait encore contre Alexander. Mortuaire, en revanche, aboya de plus belle mais se mit à reculer, pendant que le chaton gagnait du terrain, le pelage hérissé.

« MORTUAIRE ! La ferme ! cria Grell en arrivant. Oh ! Des Kami ! Ils sont mignons ! »

Grell voulut se pencher vers Skyfall, le plus proche d'elle, mais le chaton était toujours surexcité et lui souffla dessus, d'autant qu'elle avait l'odeur du chiot sur elle.

« Ah non ! Je t'ai déjà dit de ne pas faire ça Skyfall ! gronda Clémence en entrant.

-Ah, c'est le tien ? demanda la rousse.

-Oui...

-Et pourquoi Skyfall ?

-Tu le sais : je suis fan de James Bond ! Alors il a pour nom le titre de mon préféré. Et puis, je trouve que c'est classe Skyfall...

-Hu hu hu ! gloussa-t-elle. Et l'acteur est pas mal, surtout torse nu...

-J'avoue...

-Moi, intervint Emma, je préfère largement Pierce Brosnan !

-AAAAAH ! minauda la rousse. Ouiiiii ! Il est sexy aussi !

-C'est sûr ! confirma Clémence. Mais niveau interprétation, je préfère Daniel Craig. Il est plus proche du livre.

-On s'en fout du livre ! rétorqua Grell en gloussant. On parle de plastique... Un grand brun aux yeux bleus... Hu hu hu ! La classe !

-Bleu-gris ! reprit Emma. Et il a un tel humour ! Sans parler de ses cheveux... Ils doivent être doux.

-Je suis d'accord, confirma Clémence. Il a vraiment de trop beaux yeux...

-J'en ferais bien mon quatre heures !

-Ah non ! C'est mon acteur préféré ! Trouve-toi en un autre ! protesta Emma. Toi aussi Clémence !

-Moi, de toute façon, mon préféré, c'est Liam Neeson, rassura la jeune femme.

-Et moi Matt Bomer ! Je regarde White collar juste pour lui !

-Il est super beau aussi ! confirma Clémence.

-Non mais vous allez arrêter ? grogna Ronald. Tu veux pas que je métamorphose pendant que tu es ?

-Tu ferais ça pour moi ? rit celle qu'il aimait. Ça serait toujours mieux que Gandalf ! »

L'Écossais grommela tout seul, tandis que William demandait d'un ton jaloux à Emma de ne plus parler de ces acteurs.

« Rho, ça va ! C'est quand même toujours toi le plus beau et je les rencontrerais jamais...

-J'y veillerais personnellement. »

Levant les yeux au plafond, Emma entraîna ses amies dans sa chambre pour discuter tranquillement. Les Kami et les chiots les suivirent, sauf Juliet qui resta avec Alan.

« Bon, les filles ! déclara sérieusement Emma. Réunion de guerre maintenant !

-Hu hu hu ! gloussa Grell. Tu veux qu'on cherche un moyen de rencontrer nos acteurs supers sexy ?

-Non ! répondit la brune. Je suis sérieuse là ! C'est au sujet de Luciano.

-Bah, on reste toujours dans le sujet des mecs canons... commenta Grell. Qu'est-ce qui se passe ?

-Il a une copine qui s'appelle Rhea ! lança Clémence.

-Quoi ?! Il est en couple ?! s'exclama la rousse. Pas possible ! En même temps, un bel homme comme ça, il doit attirer les foules...

-Mais tu n'as pas envie d'en savoir plus sur elle ? appâta Emma. On a juste entendu une conversation où elle était mentionnée, on en sait pas plus.

-Moi, j'ai vraiment envie d'en savoir plus en tout cas ! continua Clémence.

-Ah mais c'est pareil de mon côté ! sourit Grell. Ça me changera de cette abrutie de psy que j'ai dû aller voir... On le questionne pendant notre week-end à Londres ?

-Oui, bien sûr ! Mais pas pendant l'anniversaire de Richard à mon avis...

-Et il nous faut un plan d'attaque... »

.oOo.

Le vendredi arriva, attendu avec beaucoup de joie. Ils préparaient tous le week-end à Londres quand quelqu'un toqua à la porte. Ronald alla ouvrir pour trouver Lucien, le chauffeur habituel de William, tenant deux paquets.

« Bonjour ! salua le nouveau venu. Je suis bien au domicile de Clémence Curiel et Emma Acquaviva, n'est-ce pas ?

-Oui, c'est cela !

-Tenez, ces paquets sont pour elles ! Ça doit être les uniformes et les lunettes de l'Académie, au vu du blason qu'il y a dessus...

-Ah oui, ça doit être ça ! Merci beaucoup ! »

Après avoir pris congés de Lucien, Ronald tendit un paquet au hasard à Clémence en lui annonçant ce que c'était.

« Il est pour Emma, celui-là... nota-t-elle.

-C'est pas grave, répondit-il en apportant le deuxième colis à Emma. Vous faites la même taille de toute façon et les uniformes sont tous les mêmes ! Tiens, par contre, ce sont tes lunettes.

-Merci ! »

Il revint bientôt dans la chambre où sa petite-amie commençait à ouvrir le paquet.

« J'ai hâte de te voir en écolière... » lui glissa-t-il à l'oreille malicieusement en l'embrassant dans le cou.

Elle se mit à rire et le fit sortir, le temps qu'elle passe l'uniforme de l'Académie.

De son côté, Emma regardait la robe d'uniforme. Elle était très belle. Elle était noire et évasée avec des volants en bas. Elle devait arriver juste au-dessous du genoux. Un petit liseret blanc parcourait la jupe, au-dessus du premier volant. Un petit gilet blanc et court, avec un joli col claudine, remontait sous la poitrine pour compléter l'uniforme.

Elle se retint de pousser un cri de joie en voyant les richelieus noires et vernies. Elle déchanta cependant aussitôt en voyant le talon de six centimètres... Contrairement à Clémence qui était toujours haut perchée, elle n'aimait pas les talons et avait très vite mal aux pieds avec. Elle allait souffrir...

Elle s'empressa de tout passer, mais hésita en voyant les collants blancs légèrement transparents qui allaient avec. N'aimant pas du tout ce style, elle prit des noirs opaques dans son armoire. Une fois prête, elle sortit de la chambre et rejoignit les autres au salon. En la voyant, William s'exclama :

« Mais qu'est-ce que cet uniforme ?!

-Quoi ? »

Emma fut déçue de voir que celui qu'elle aimait n'appréciait pas son uniforme. À ce moment, Clémence arriva en grognant :

« J'te jure, Ronnie ! Tu fantasmes vraiment sur cette horreur ? »

Ils se tournèrent tous vers la nouvelle venue. La plupart éclatèrent de rire, hormis Ronald qui écarquilla les yeux et William qui s'exaspéra.

Contrairement à Emma, la robe de Clémence lui arrivait sur les pieds, ce qui n'allait absolument pas avec sa coupe évasée.

Quand la jeune femme vit l'uniforme de son amie, elle eut un cri de surprise :

« Pourquoi elle peut avoir un jolie robe, elle ?!

-Curiel, vous portez la robe qui était destinée à Emma... Vraiment... Comment avez-vous pu confondre les colis ?

-Tu... Tu as vraiment envisagé que je pouvais porter ce genre d'immondice ?!

-Ah, mais tu vas la récupérer ! s'écria Clémence. C'est hors de question que je reste comme ça !

-Oui, elle est parfaitement immonde... confirma Ronald.

-Bien sûr que non ! défendit William. Elle est parfaite pour Emma !

-Parfaite pour moi ?

-Oui, cela va de sois : regarde ! On ne verra pas tes jambes de cette manière. Tu seras bien couverte, contrairement à celle que tu as là. Les hommes ne te regarderont pas comme ça. Je serais plus tranquille.

-Mais c'est tout à fait convenable une jupe arrivant au-dessous du genoux ! Et ton chiffon n'est pas pratique ! Je vais marcher dessus et tomber dans les escaliers avec !

-Non, tu t'y habitueras vite, rassura William. Tu verras.

-Même en rêve je ne mettrais pas cette chose !

-Ah mais si ! protesta Clémence. Tu ne crois tout de même pas que je vais la garder !

-Tu fais ce que tu veux, mais je ne la mettrais pas ! Et je te la retoucherais si tu veux, il n'y a pas de soucis.

-Et pourquoi tu ne la retoucherais pour toi ? grogna la jeune femme.

-Tu l'as déjà sali avec ton ADN, rit-elle. Tu dois la garder, c'est ton destin !

-Mon destin de rien du tout ! Je te rappelle que nous sommes maintenant des Shinigami et que nous ne sommes plus destinées à rien !

-Nous étions Humaines, nous sommes devenues Shinigami ! C'est que nous y étions destinées ! Donc, ça marche encore pour nous ! Tu étais destinée à l'avoir !

-Nous n'y étions pas destinées ! protesta Clémence. Ça n'a rien à voir !

-Si ! assura Emma en riant. C'était à toi de l'avoir ! La preuve, tu l'as eu ! C'est un signe !

-Un signe de rien du tout, oui !

-Si !

-Non !

-Mais si !

-Mais non ! C'est juste que Ronald est débile !

-J'avoue, reconnue Emma. Mais ça va dans mon sens, donc c'est cool...

-Hey ! grogna le blond. Je ne suis pas débile ! C'est juste que...

-Si ! contredit Clémence en s'en prenant à lui. Je t'ai dit que ce n'était pas le bon colis ! Mais non, il faut que tu n'en fasses qu'à ta tête ! Et je me retrouve avec cette horreur !

-Ce n'est pas une horreur ! Elle est tout à fait convenable pour une jeune femme pure et innocente telle qu'Emma ! Luciano, qu'en pensez-vous ?

-Euh... »

Le métis, mal à l'aise, regarda Clémence de la tête aux pieds en se mordillant la lèvre. Pour rien au monde, il aurait voulu être pris à parti.

« Du moment que ça plaît à la personne qui le porte, tenta-t-il avec prudence, et que ce n'est pas vulgaire...

-Mais ça ne convient pas à Emma, une jupe aussi courte, insista William. N'est-ce pas ?

-Mais si, ça me convient ! intervint la brune, sauvant Luciano. C'est pile la taille qu'il me faut ! Ni trop long, ni trop court !

-C'est bien trop court... répliqua le brun.

-Et les femmes en tailleur ? C'est cette longueur !

-Oui, mais ce n'est pas pareil. Tu n'es pas toutes les femmes, Emma.

-Si c'est pour être habillée comme un sac, je préfère être comme les autres, grogna-t-elle.

-Ce n'est pas un sac...

-Emma ! intervint Clémence. Tu as toutes les raisons de la porter ! Regarde : tu plairas à ton homme comme ça ! Moi, Ronnie me trouve immonde, je me trouve immonde...

-Oui, mais si je porte un uniforme différent des autres, tout le monde me verra. N'est-ce pas, Will ?

-Emma, sourit Alan, tu marques un point, là...

-Merci Alan !


-Vous n'êtes que mon employé, Humphries, grommela William. Ne vous mêlez pas de mes affaires de couple...

-Oui, mais il est mon ami ! coupa Emma. Alors il peut donner son avis ! Regarde la vérité en face : je me fondrais dans la masse. Et toi, Clémence, je te la reprendrais dès que possible.

-Mais quand ?! On part à Londres puis c'est la rentrée ! Je vais devoir au moins passer une semaine avec cette chose informe !

-Désolée !

-Je te déteste ! Et je te méprise ! Tu me le paieras, crois-moi ! Et toi aussi Ronald !

-Pas de menace au sein de mon équipe Curiel !

-Oui, c'est ça ! s'écria-t-elle, en colère. Ce n'est pas ma faute si cette robe est atroce ! Si encore les autres avaient le même... »

William lui lança un regard noir, lui signifiant qu'il valait mieux qu'elle ne dise rien de plus.


Prochain chapitre : « From London with love »
Au programme : une rencontre inattendue pour Emma, un cours sur l'Histoire des Shinigami et une nouvelle dispute.

A la prochaine !