Salut !
Désolée de n'avoir pu publier ces derniers temps. Internet qui m'avait lâché depuis tout ce temps. .
Mais me revoici ! Vous aurez ainsi 2 chapitres ce soir ! ^^
Voici également un fanart réalisé par ma bêta-lectrice, Momo0302 :
htt*p:/* .*ne*t/fs71/f/2014/227/e/4/emma_and_william_by_momo0302-d7v8fh4*.j*pg
Bonne lecture à tous !
CHAPITRE XLIX : REVELATIONS
Le lendemain matin, Senior déjeunait tranquillement dans la salle à manger, comme à son habitude. La veille, sa fille, son beau-fils et ses petites-filles étaient repartis tardivement chez eux, et le manoir Spears s'était endormi assez tard.
C'était cependant dimanche et le Secrétaire d'État ne travaillait pas ce jour-là. Il avait donc décidé de se lever une demi-heure plus tard qu'à son habitude. Il était malgré tout le seul attablé, si on exceptait la présence silencieuse et discrète d'Harold.
Alors qu'il levait sa tasse de thé coupée d'un nuage de lait, son pigeon noir se posa sans cérémonie devant lui, sur la soucoupe.
« 1398-WTS ! s'exclama-t-il. En voilà des façons !
-Tu vas devoir t'y habituer, déclara le Kami par télépathie. Parce que ça sera comme ça jusqu'à ce que j'obtienne satisfaction.
-Que... Que tu obtiennes satisfaction ?
-Exactement. Mon cousin a eu droit à un véritable prénom et s'appelle Augure. J'ai décidé de faire grève jusqu'à ce que j'ai moi-même un vrai prénom.
-G... Grève ? répéta le chef de famille comme s'il n'avait jamais entendu ce mot.
-Parfaitement. Je vais faire grève.
-Mais un Kami ne fait pas grève !
-Eh bien, tu es rentré dans l'Histoire comme le Secrétaire d'État ayant succédé à Forester et celui qui a réconcilié l'Angleterre avec la Garde. Tu vas donc aussi être le premier Shinigami dont le Kami fait grève. Deux faits historiques dans ta carrière, c'est admirable, non ?
-Certainement pas ! Pourquoi tiens-tu tant que cela à changer de nom ? 1398-WTS, c'est très bien me semble-t-il !
-C'est ridicule. C'est un matricule, pas un prénom. Je n'ai rien dit jusqu'à présent parce que aucun d'entre nous n'en avait. Mais désormais, Augure a un véritable prénom. J'en veux un. Après tout, je suis le Kami du chef de famille !
-Eh bien, soupira Senior. Tu n'as qu'à t'en choisir un.
-Non, c'est aux parents ou aux maîtres de choisir, s'amusa 1398-WTS. Mais tu as intérêt à ce que cela me plaise.
-Dove ?
-Pigeon ? Ridicule.
-Golub' ?
-Pareil, mais en plus ridicule. On dirait Gollum.
-Mais c'est du Russe ! Et qu'est-ce qu'un gollum ?
-Oh, c'est un personnage du Seigneur des Anneaux. Augure m'a fait connaître hier soir en me parlant du surnom d'un membre de l'équipe, Gandalf. Du coup, il m'a raconté l'histoire qu'il a connu grâce à Emma. Mon cousin est en excellent conteur...
-Et ce Gollum est bien ? Il aime les pigeons ?
-Je suppose qu'il nous mangerait avec plaisir. Donc, d'un certain point de vu, il nous aime, oui, ironisa le Kami.
-Hors de question que tu t'appelles ainsi alors ! Euh... Taube ?
-Non...
-Paloma ?
-Un prenom idéal pour une femelle ! se vexa le Kami.
-Bidulgi ? Gezi ? Péristéri ? Piccione ? Columbae ? Pijon ? Kabutara ?
-Tu vas me passer toutes les manières de dire Pigeon, dans toutes les langues ? soupira 1398-WTS. Fais un effort voyons ! »
Senior, en désespoir de cause, se concentra et pensa à des prénoms qui pourraient convenir à un Spears.
« William ? Ou Phillip ?
-Tu te moques de moi j'espère !
-Ce sont nos prénoms dynastiques ! protesta le Secrétaire d'État.
-Ce n'est pas une raison. Cherche autre chose ! »
Senior soupira et se creusa la tête. L'imagination n'étant pas le fort des Spears, il proposa :
« Lord... Dove ? C'est ma dernière proposition ! Je ne peux pas faire mieux ! Sinon, trouve-toi quelque chose !
-Eh bien, va pour Lord Dove... C'est toujours mieux que 1398-WTS... »
.oOo.
William et Emma retrouvèrent le lendemain matin vers neuf heures trente le reste de l'équipe à l'hôtel où elle avait passé la nuit. Ils devaient ensuite aller visiter Big Ben et Westminster avant d'aller au Musée de Madame Tussaud dans l'après-midi.
Le chef d'équipe remarqua aussitôt l'absence de Luciano et l'ambiance tendue qui régnait sur la tablée du petit-déjeuner.
« Que s'est-il passé encore ? soupira-t-il en remontant ses lunettes. Qu'avez-vous fait à Luciano pour qu'il ne soit pas là ?
-Faut demander à Sutcliff ! répondit Éric. C'est de sa faute !
-Ce n'est pas de ma faute ! se défendit-elle. Je ne pouvais pas savoir qu'il allait réagir comme ça !
-Cela ne me dit pas ce qui s'est passé...
-Nous même on ne sait pas, Will ! Pardon, William, se reprit Grell en se souvenant que c'était désormais ainsi que l'appelait Emma.
-Disons que Grell a demandé à Luciano qui était Rhea, soupira Alan.
-Qui est cette Rhea ? interrogea William sans comprendre et en fronçant les sourcils.
-Rhea Silvia en fait, reprit Grell. Et c'est justement ce qu'on voulait savoir mais il s'est énervé.
-Et où est-il ? Luciano, je veux dire...
-Dans sa chambre, répondit Ronald.
-Je vais aller le voir. Si nous voulons faire tout ce que nous voulons, il faut qu'il vienne maintenant... »
Tandis que le brun montait retrouver l'Éthiopien, Emma se glissa à côté de Clémence qui était en face de Grell et se pencha vers ses amies, l'air sombre :
« Il va falloir que je vous parle... C'est à propos de Will et moi.
-Un problème ? demanda la rousse.
-Oui, mais je préférerais qu'on soit qu'entre nous.
-Ok, on verra ça ce soir alors... » proposa Clémence.
.oOo.
William toqua à la porte de la chambre de Luciano. Personne ne lui répondit, mais il savait grâce à la perception que le Prétorien était là. Il était d'ailleurs toujours étonné de sentir la puissance du métis. Il n'était pas très doué pour utiliser ce don. Même s'il percevait plus loin que la plupart de ses semblables, il lui était impossible de localiser précisément quelqu'un à vingt mètres près. En revanche, il pouvait savoir presque exactement où était Luciano grâce à la puissance de ce dernier.
Ce dernier était donc bel et bien dans sa chambre. Le brun insista :
« Luciano ? C'est moi, William T. Spears ! Ouvrez-moi, s'il vous plaît ! »
Bientôt, le Traqueur vint lui ouvrir. William fut étonné de le voir dans l'état où il était. Luciano paraissait complètement épuisé et à bout de nerfs, comme le prouvait ses larges cernes et le léger tremblement nerveux de ses mains, que le chef de secteur avait remarqué malgré la tentative de dissimulation du métis qui venait de croiser ses bras.
« Vous... Vous aller bien?
-Mmh... Pas dormi... marmonna l'Éthiopien. Quelle heure est-il ?
-Dix heures moins vingt. Nous devrions être en route pour Westminster... Hey ! »
William n'eut que le temps de rattraper Luciano alors que dernier trébuchait en voulant faire demi-tour. Le métis tenait tout juste debout et se laissa asseoir sur le lit. Les bras toujours croisés, il baissa la tête et ferma les yeux, essayant visiblement de calmer les tremblements de ses mains et de ses lèvres.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? s'inquiéta William en le voyant ainsi.
-R... Rien...
-Ne me mentez pas ! Vraiment... Comme si j'allais croire quelque chose d'aussi énorme... Avez-vous vu votre état ? »
Luciano se mordit violemment les lèvres. Les paupières toujours closes, il laissa échapper une larme.
« J'ai juste besoin qu'on me laisse tranquille... » souffla-t-il d'une voix faible.
William se sentit mal. Que devait-il faire ? Réconforter le Prétorien ? Aller chercher Emma pour qu'elle s'en charge ? Ses yeux tombèrent alors sur une boîte de médicaments qui se trouvait sur la table de chevet.
« Vous... Vous prenez des anxiolytiques ?
-Ça ne vous regarde pas ! » s'emporta-t-il tout à coup en prenant la boîte comme s'il pouvait l'effacer ainsi de la mémoire de William.
Ce dernier sentit son cœur se serrer en voyant ainsi Luciano. Le jeune Garde était vraiment dans un sale état... Il lui rappelait un peu ce petit pigeon tombé du nid et apeuré qu'il avait un jour recueilli puis élevé avec l'aide d'Augure. Il soupira. Il ne pouvait pas le laisser ainsi. Il allait aller chercher Emma, elle saurait quoi faire. Elle savait toujours quoi faire dans ce genre de situation.
« Ne bougez pas, soupira-t-il en remontant ses lunettes. Je vais chercher Em...
-NOOOON ! Non, su... surtout pas... s'il vous plaît...
-Mais Emma sait très bien...
-Non, supplia Luciano. Non... Par pitié... Personne ne doit être au courant...
-Mais...
-Si le Prétoire apprend mon état, murmura-t-il comme s'il lui en coûtait, je serais viré et je redeviendrais simple Faucheur... Je... Je ne peux pas me le permettre...
-Ne croyez-vous pas que vos supérieurs devraient savoir ?
-Je n'ai que mon travail... Il n'y a que lui qui me permette d'avancer. Être Prétorien, c'est tout pour moi. Je... Ce n'est même pas pour le simple prestige de porter l'insigne... »
William soupira et remonta ses lunettes. Ce n'était pas très réglementaire de ne pas signaler un tel problème au sein de son équipe. Il savait que Luciano était quelqu'un d'angoissé, mais à ce stade là c'était bien plus grave que tout ce qu'il avait pu imaginer. Il ne savait pas vraiment quoi faire. Cependant, si le métis refusait de parler à Emma, c'était à lui de le faire.
Pour commencer, il décida de s'asseoir sur le lit, à côté de lui. Il regarda à nouveau la boîte d'anxiolytiques et déclara :
« Vous savez qu'en tant que Shinigami cette chose ne vous fera pas le moindre effet ?
-De... quoi parlez-vous ? Oh, les médicaments... comprit-il. Ou... Oui, je sais.
-C'est comme les poisons, ça ne peut pas nous atteindre. Pourquoi en prenez-vous si vous savez que cela ne sert à rien ?
-C'était la première fois. Je voulais juste essayer, pour voir si ça me calmait un peu, même si je savais que c'était inutile. C'est simplement que... Enfin, je... je n'en peux plus... Je ferais tout pour... pour ne plus être stressé... Je...
-Ce n'est pas du simple stress, nota William. Je crois que c'est plus grave que cela... »
Luciano eut un rire nerveux, presque désespéré.
« Oui... souffla-t-il, le regard perdu et lointain. Oui, c'est plus grave.
-Vous savez alors ce que vous avez, n'est-ce pas ? s'intéressa le brun.
-Je... Oui... C'est... Si le Prétoire l'apprend...
-Je suppose que si le Prétoire a fait appel à Humphries et Sutcliff, même en tant que vacataires, ils ne vous diront rien : vous n'avez pas les épines de la mort et vous êtes plus sain d'esprit que Sutcliff. Cependant, je pense nos supérieurs devraient connaître vos angoisses, ne serait-ce que pour que vous ayez des missions adaptées, comme le fait de ne pas avoir à venir à Londres. Vous êtes mal depuis qu'on est ici.
-Ce ne sont pas de simples angoisses, répondit-il. J'aimerais que ça en soit, mais... Ça... Ça remonte à... à mes trente-six ans...
-Que s'est-il passé ? »
Luciano ferma à nouveau les yeux et se mit à trembler plus fortement en se mordant les lèvres jusqu'au sang. William ne savait absolument pas quoi faire.
« Augure... demanda-t-il silencieusement par télépathie. Aide-moi...
-Tu es où ? répondit le Kami. Je suis avec Gessie, moi...
-Dans la chambre de Luciano. J'ignore ce qu'il a... Il est complètement angoissé et...
-Si tu veux le calmer, pense à Emma, répondit le pigeon. Tu sais, quand elle calmait Grell ou Richard...
-Je ne vais tout de même pas le prendre dans mes bras...
-Adapte-toi... »
William coupa la communication muette avec Augure et se pencha vers Luciano qui allait vraiment de plus en plus mal. Si ça continuait, il allait faire une crise d'angoisse...
L'Anglais, ne sachant trop quoi faire, décida d'écouter son pigeon et posa une main qui se voulait apaisante sur l'épaule du Garde. Celui-ci sursauta violemment à ce contact et tourna brusquement un regard affolé vers William.
« C'est moi, calmez-vous, fit ce dernier avec toute la douceur qu'il était capable. Je n'en parlerais pas à la Garde. Que s'est-il passé ? »
Luciano parut se calmer légèrement.
« Parler vous fera sûrement du bien... » tenta le brun.
Le métis déglutit avec difficulté puis murmura du bout des lèvres :
« C'est... C'est mon père... Il... »
.oOo.
Un long silence suivit la discussion. William ne savait plus quoi dire. Luciano se sentait légèrement mieux.
« N'as-tu jamais pensé à te faire aider par un psychologue ? demanda l'Anglais pour briser le silence.
-Le Prétoire sera au courant et je ne peux pas voir un Humain...
-Mais le secret professionnel...
-Il ne marche pas dans la Garde. Pas pour ça en tout cas. C'est comme pour les épines de la Mort, le psy sera tenu de le signaler à mes supérieurs.
-Je vois... soupira William. Eh bien... Je t'aiderais. En attendant, si tu veux aller chez nous à Aix-en-Provence, c'est inutile que tu restes plus longtemps à Londres... Les déménageurs ont dû tout apporter dans la maison de fonction...
-Je... Je ne veux pas déranger...
-Tu ne nous dérangeras pas. Je suppose qu'Emma sera d'accord. Je ne veux pas que tu restes seul ainsi.
-Merci... » souffla Luciano dans un maigre sourire.
Ils se levèrent tous les deux pour descendre dans la salle à manger de l'hôtel où le reste de l'équipe les attendaient depuis une bonne heure. Luciano, visiblement à bout de force après sa nuit blanche, se tenait à la rampe et faisait attention à ne pas tomber dans les escaliers.
« Tout va bien ? demanda Emma.
-Oui, oui, répondit William. Luciano est simplement fatigué, il va rentrer. Quelle heure est-il ?
-Pratiquement onze heures, patron, répondit Ronald en regardant sa montre.
-Il est trop tard pour aller à Westminster et Big Ben, souligna Alan.
-Nous irons au Musée de Madame Tussaud cet après-midi alors, répondit William. Luciano, cela ira pour rentrer seul ?
-Ne t'inquiète pas... Ça va aller. » rassura-t-il d'une voix faible.
Emma s'étonna d'entendre l'Éthiopien tutoyer celui qu'elle aimait. Quelque chose avait dû se passer entre eux. Jusqu'à présent, certains membres de sa famille, Augure et elle étaient les seuls que William tutoyait et elle n'imaginait pas Luciano le faire sans que l'Anglais ne le fasse également.
Apparemment, Luciano allait vraiment mal. Sûrement que William l'avait réconforté lui-même. C'était étonnant qu'il ne l'ait pas appelé à l'aide comme il l'avait fait pour Richard. Peut-être quelque chose en rapport avec le travail et dont elle ne devait rien savoir... Elle ne voyait que cela.
Pendant ce temps, il fut décidé qu'ils resteraient sur place pour manger à midi et partiraient l'après-midi vers le musée. Luciano les quitta sous le regard inquiet de William. Ce dernier avait compris bien des choses quant au comportement étrange du Prétorien et à ses angoisses. Ce qu'il avait vécu dans son enfance l'avait marqué à vie... William allait d'ailleurs faire quelques recherches complémentaires pour savoir comment l'aider à surmonter tout cela et s'improviser psychologue. Il prévint alors les autres qu'il avait une course à faire et partit vers la librairie la plus proche pour acheter un ouvrage de psychologie.
.oOo.
Ils étaient déjà passé dans le grand salon de l'hôtel. Les Phantomhive, Éric et Ronald avaient entrepris une partie de billard sous le regard d'Alan qui encourageait son mari. Les trois femmes s'étaient installées sur les fauteuils pour discuter tranquillement, Skyfall ronronnant sur les genoux de Clémence, Gessie et Cookie demandant toujours plus de caresses à Emma et Mortuaire s'attaquant aux pieds des meubles.
« Tenez ! sourit Grell en tendant de petits paquets cadeaux à ses amies. C'est pour votre entrée à l'Académie ! Vous pourrez les porter là-bas, c'est autorisé... »
Intriguées, elles ouvrirent pour trouver d'élégants rubans de soie. Celui de Clémence était exactement le même que celui de Grell, rayé de rouge et blanc, tandis que celui d'Emma était complètement écarlate.
« Merci ! s'écrièrent à l'unisson les deux jeunes femmes.
-Il est magnifique ! continua la brune.
-Non, Skyfall ! On ne joue pas avec !
-Miii !
-NON ! »
Le chaton bouda et tourna le dos à sa maîtresse, sans pour autant quitter ses genoux.
« Merci beaucoup Grell ! sourit Clémence. On peut personnaliser l'uniforme alors ?
-Seulement le ruban et les collants pour les filles et la manière de porter la cravate pour les garçons. Enfin... quand je dis les collants, vous choisissez entre du noir et du blanc... N'essayez surtout pas de personnaliser autre chose ou vous aurez des ennuis... Surtout que vous aurez Willou en prof principal...
-Au fait... En parlant de Will... fit Emma en baissant d'un ton pour que les hommes ne l'entendent pas. J'ai besoin de vous parler de lui.
-Un problème ? »
Emma se retourna vers Alan qui venait de les rejoindre, laissant Éric se débrouiller tout seul avec ses calculs de trajectoire pour essayer de vaincre Richard qui gagnait à chaque coup.
« Plutôt oui... »
Elle était moins gênée d'en parler avec Alan que devant les autres hommes, mais elle avait tout de même du mal à expliquer la situation de la veille à ses amis.
Quant elle eut fini, rouge d'embarras, elle leva les yeux vers eux. Clémence semblait tout aussi perdu qu'elle, tandis que les deux autres Shinigami se regardaient d'un air amusé.
« Qu'est-ce qui vous fait rire ? demanda Emma. Je voudrais juste savoir ce que j'ai fait de mal avec lui et...
-Non, sourit Grell qui se retenait de rire, c'est juste qu'on parle de William. Ça semblait logique...
-Qu'est-ce qui semblait logique ? Il m'a laissée en plan, il est parti s'enfermer dans la salle de bain et a refusé de me parler ! J'ai dormi avec Gessie, je ne sais même pas où il est allé ensuite et...
-Hey ! Calme-toi ! apaisa Alan en la rejoignant pour la prendre dans ses bras alors qu'elle commençait à pleurer. Ce n'est rien ! Comme dit Grell, c'est parce que c'est William T. Spears dont on parle... C'est juste parce que tu es vierge...
-Quoi ?
-Il te respecte, déclara Grell qui se retenait difficilement de rire. C'est juste que tu vas devoir attendre le mariage avec lui...
-Mais il... Il a déjà eu des relations, non ?
-Ce n'est pas pareil. De son point de vue, je veux dire, s'empressa de rajouter Alan. Il est un peu vieille école... C'est tout.
-C'est tout ? s'esclaffa la rousse. Complètement oui ! Ce n'est pas un balais qu'il a là où je pense, mais au moins un arbre millénaire... Allez, rassure-toi Emma ! Pour lui, tu es pure et innocente et il va te préserver jusqu'au mariage ! C'est mignon, non ?
-Mais... Mais ça peut prendre des siècles avec lui ! s'épouvanta la brune qui sanglotait dans les bras d'Alan. Il ne m'épousera peut-être jamais ! Je veux des enfants, moi !
-Ne t'inquiète pas, il t'épousera un jour ou l'autre, déclara l'Américain. Tu es son âme sœur et pour lui, le mariage est très important.
-Mais il m'a quand même abandonnée ! Il m'a laissée toute seule sans rien me dire et...
-Ah ça ! rit Grell. Faudra lui demander. Mais il avait sûrement ses raisons. Et puis... Sa froideur le rend sexy, non ? Hu hu hu !
-Pas du tout !
-Humphries ?! s'écria William qui revenait de la librairie. Humphries, que faites-vous avec ma femme dans vos bras ?!
-Hein ? Mais que... Monsieur ? fit Alan sans comprendre ce qui se passait.
-Je pars à peine cinq minutes et voilà que vous lui sautez dessus ! s'emporta tout seul le chef de secteur. Vous n'avez vraiment aucune honte ! En plus, vous ne vous en cachez même pas ! Devant tout le monde ! Et personne ne dit rien en plus ! Je vous jure !
-Mais c'est n'importe quoi William ! répliqua Emma. Tu vois bien qu'on ne faisait rien de mal !
-Tu ignores ce qu'il avait réellement en tête !
-Toi aussi ! Sans parler qu'il y a Éric juste à côté ! Lui, il dit rien, tu vois !
-Monsieur, je vous jure que... tenta Alan.
-Ah vous, taisez-vous ! Vous en avez assez fait comme ça ! »
Il contourna le fauteuil où étaient Emma et Alan puis leva de force la première pour la séparer du second.
« Non mais ça va pas ?! s'énerva-t-elle en l'obligeant à la lâcher. Tu m'ignores toute la soirée d'hier et tu me fais une crise de jalousie maintenant?
-Mais euh... Emma, enfin... grommela-t-il en remontant ses lunettes et terriblement mal à l'aise. Ce n'est pas la même situation... Et puis... Tout de même... On ne parle pas de ces choses-là en public... Vraiment...
-En même temps, si tu ne m'expliques pas, il faut bien que je trouve des informations ailleurs.
-Ah... »
Il replaça correctement ses verres puis maronna :
« C'était pourtant logique, non ?
-Logique ? Certainement pas ! Tu as déserté les appartements !
-Vraiment ! Je ne suis pas un déserteur !
-Tu as tout de même fui.
-Bien sûr que non.
-Mais si !
-Mais non.
-Va te faire voir ! »
Elle fit volte face et partit en direction des toilettes, n'ayant nulle part autre où aller. Un instant interdit, William se reprit et la rattrapa au moment où elle s'enfermait dedans. Il toqua à la porte.
« E... Emma ? Tu es là ?
-Et où tu veux que je sois ?! C'est pourtant logique, non ?!
-Ouvre-moi s'il te plaît... Je voudrais entrer pour qu'on parle...
-Dans les toilettes ?!
-Ah oui... Eh bien sors s'il te plaît.
-Non ! Je fais comme toi, je déserte !
-Je ne suis pas un déserteur ! répliqua-t-il à nouveau. Ouvre, s'il te plaît...
-Eh bien reste tout seul devant ta porte ! Comme tu m'as fait hier !
-Vraiment ! Je t'ai dit que je voulais te parler et tout t'expliquer !
-Moi aussi je voulais te parler.
-Je vous jure... »
Il grommela un instant avant de commencer à lui expliquer son comportement de la veille, sans qu'elle ne l'interrompe. Il avait eu honte de ce qu'il lui avait fait alors qu'elle était vierge et pure. Il avait failli la déshonorer avant le mariage, pensant qu'elle ne l'était plus, comme beaucoup d'Humaines de son âge.
« Mais tu me prends pour qui ? grogna-t-elle à travers la porte des toilettes. Tu savais très bien que je n'avais jamais été amoureuse avant toi !
-Je n'y ai pas pensé sur le coup... Pardonne-moi Emma !
-Mais il n'y a rien à pardonner ! On arrive plus vierge au mariage de nos jours ! J'étais d'accord ! Tu n'as pas tenté de me violer quand même !
-Je désire faire cela bien, dans les règles ! C'est normal, Emma ! Je te respecte et je tiens à te le montrer !
-Et Hortense ?! T'as couché avec elle, j'imagine ?!
-Ce n'était pas la même chose... se justifia William. Elle n'était pas vierge, elle !
-Ça ne change rien !
-Bien sûr que si ! Tu devras attendre le mariage ! C'est une question de respect !
-On est majeurs, vaccinés, consentants, non ?! Donc, il n'y a pas de problème ! Ce n'est pas pour ça que tu ne me respecteras pas !
-Oui, mais tes parents...
-Mes parents s'en fichent ! coupa-t-elle. Ils pensent que c'est déjà fait !
-Ils n'ont donc aucune considération pour toi ?! s'offensa-t-il.
-Ça n'a rien à voir ! Tu n'as rien compris ! Les temps ont changé ! Et puis, le problème, ce n'est pas ça ! Tu aurais pu m'expliquer ce qu'il te préoccupait hier, au lieu de me laisser seule sans explications ! Je ne sais même pas où tu as dormi !
-J'ai dormi dans le salon de mes appartements, et je te l'ai dit, c'était logique pour moi ! Je pensais que tu l'avais compris... Vraiment. J'ai simplement eu honte de mon comportement envers toi. S'il te plaît, sors...
-Même si je t'aime, je ne comprends pas forcément tes réactions ! J'ai parfois besoin que tu me guides, je ne peux pas tout deviner !
-J'ai compris maintenant... Je ferais attention la prochaine fois. Mais sors s'il te plaît... »
Emma soupira et déverrouilla la porte pour le plus grand soulagement de son âme sœur.
« Idiot... » chuchota-t-elle.
.oOo.
Durant toute la visite du Musée de Madame Tussaud, Emma avait paniqué, pendant que Grell et Clémence jouaient les James Bond Girls avec les représentations des acteurs ayant interprété l'agent secret. Les poupées de cire rappelaient un peu trop à la brune des cadavres, surtout depuis qu'elle avait vu celles de Louis XVI et Marie-Antoinette, réalisées par Marie Tussaud à partir de leurs masques mortuaires. Quant à celles qui étaient animés... Elle avait cru revoir Jérôme Martin.
Les Shinigami, excepté William, s'amusaient ainsi à la voir stresser de partout et Grell avait tenu à l'emmener dans la Galerie des Horreurs, précisant qu'elle était obligée de passer par là pour sortir. Elle avait fait taire Clémence qui savait très bien que c'était faux, ayant déjà séjourné à Londres et à qui on avait déjà fait la blague.
Ils étaient ainsi devant la représentation d'une ruelle mal éclairée du Londres du XIXième siècle. Un homme tenant un long couteau était vêtu d'une longue cape et d'un haut de forme menaçait une jeune femme à terre.
« Qu'est-ce que c'est moche ce truc ! s'exclama la brune en voyant la scène et plus particulièrement la silhouette sombre et menaçante.
-Ah ça va hein ! grogna Grell.
-Ben quoi ? C'est vrai non ? Pourquoi vous rigolez, tous ?
-Tu n'as pas lu la pancarte ? rit Clémence.
-Bah non, ça fait longtemps que j'ai abandonné l'idée de lire les pancartes en anglais... Pourquoi ? C'est quoi ? Jack... The Ripper, d'accord... Je comprends... Mais c'est quand même moche. Désolée Grell.
-Oui, c'est atroce ! Il n'y a même pas de rouge ! Et puis je suis une femme ! Et en plus, nous étions deux !
-J'avoue... consola Emma.
-Console-toi, Grell ! taquina Clémence. Il y a le rouge du sang, sur le couteau...
-Mais non ! Ce n'est pas digne de moi ! Il en faut plus ! Beaucoup plus de sang ! Partout ! Sans parler qu'on dirait une pauvre petite chose ! Cette sale garce d'avorteuse ! Vous vous rendez compte ? Ils la font passer pour une victime, mais personne ne pense à l'enfant qu'elle a assassiné !
-Ah parce que toi, tu n'as assassiné personne peut-être ? rétorqua Éric. Peut-être qu'elles ont avorté, mais tu les as massacrées sans vergogne !
-Tsss... On voit que tu n'étais pas à ma place ! Tu t'en fous, tu veux pas d'enfant !
-Et qui te dit que je veux pas d'enfant ?!
-Tu auras quelques difficultés à en avoir, me semble-t-il... railla-t-elle. Tu es tout le temps en train de me dire que je ne connais pas mon sexe, mais je suis au regret de t'annoncer que ni toi ni Alan ne pourra tomber enceinte...
-Il y a un truc que tu ne sembles pas connaître mais qui s'appelle l'adoption ! Renseigne-toi avant de dire des âneries ! »
Tous les autres s'étaient éloignés d'eux pour les laisser se disputer ensemble devant la statue de Jack l'Éventreur. Même Alan en avait assez de leurs disputes et n'essayait plus de s'interposer entre eux.
Pendant qu'ils se crêpaient le chignon, Emma se collait à William inconsciemment, afin de se rassurer. Augure s'était posé sur son épaule et frotter son bec contre sa joue, afin de l'apaiser à sa manière.
Ils finirent par arriver dans une salle où une guillotine faisait office de porte. Lorsque William la franchit, le couperet s'abaissa. Emma hurla de terreur, faisant sursauter tout le monde.
« Ça va ? demanda le chef de secteur.
-Tu vas bien ?! Tu n'as rien ?! s'affola-t-elle.
-Bien sûr que non...
-Mais le couperet...
-Il est programmé pour tomber chaque fois que quelqu'un le franchit, expliqua Clémence depuis les bras de Ronald. Mais t'inquiète pas, c'est fait pour ! Il n'a jamais tuer personne...
-Ce n'est franchement pas drôle ! J'ai eu peur ! C'est bien des Anglais d'avoir un humour aussi merdique ! s'énerva-t-elle.
-De toute façon, ce n'est pas une simple guillotine qui va faire quoi que ce soit à un Shinigami, rassura William. Cela ne va pas me tuer. »
Cependant, faire franchir la porte à Emma fut des plus problématiques. Elle finit pourtant par le faire, bien obligée, et la visite se termina bientôt.
Pourtant, le musée était tellement grand qu'ils finirent par s'y perdre en cherchant la sortie. Heureusement, un gardien se trouvait là et le brun se dirigea vers lui pour lui demander des renseignements. Voyant qu'il ne daignait pas lui répondre, William s'énerva contre lui, jusqu'à ce que Alan lui fasse remarquer que ce n'était qu'une poupée de cire.
« Je vous jure ! C'est d'un mauvais goût... Augure, peux-tu partir en éclaireur pour trouver la sortie s'il te plaît ?
-Ça va, râla le Kami par télépathie, nous ne sommes pas perdus dans une immense forêt... »
.oOo.
Lorsqu'ils eurent enfin trouvé la sortie, ils flânèrent dans la boutique souvenir en attendant Grell et Éric qui n'avaient toujours pas fini de se disputer. Quand ils arrivèrent enfin, tous les deux entiers aux grands étonnements de l'équipe, ils étaient encore plus en colère qu'avant de se séparer du groupe.
« On s'est perdu ! expliqua le blond dans une fureur noire. À cause d'elle en plus !
-Mais ne dis pas n'importe quoi ! C'est toi qui n'a pas voulu m'écouter !
-Mais oui, c'est ça ! En plus, il y avait ce gardien à la noix !
-Si tu regardais mieux, tu aurais bien vu qu'il était faux !
-Et toi, si tu me l'avais dit avant que je m'en rende compte moi-même, au lieu de rire comme une débile, on serait sorti plus tôt !
-Ce n'est pas ma faute si tu es un Shinigami complètement abruti qui n'est pas capable de voir qu'il n'y a pas la moindre âme dans une poupée de cire !
-Bon, ça suffit vous deux ! intervint William qui s'était aussi senti piqué au vif qu'Éric. Vous commencez à m'énerver.
-Ignoble... Ils sont parfaitement insortables... Ils me font honte...
-Ah toi, Alex, ça va ! répliqua la rousse avec acidité.
-Alexander, je vous prie... »
Eh eh ! Vous vous attendiez à tout savoir sur Lulu, n'est-ce pas ? J'assume pleinement mon côté S, sur ce coup-là... XD
En même temps, j'avais dit que Lulu se confierait à Will, pas à vous... XD
Bon, avant de me faire pendre (sinon vous n'aurez pas la suite ! Et toc !) :
Prochain chapitre : "Bienvenues à l'Académie !"
Au programme : comme son nom l'indique, les filles arrivent à l'Académie. Mais aussi, Alex aura des pensées dignes de Ciel, du stress, des langues et Clémence découvre un nouveau manga.
Cette fois, je dis à tout de suite !
