Et voilà le deuxième chapitre !

Secret service : maison de Ayakashi est un manga de Cocoa Fujiwara et est mon deuxième manga préféré après Black Butler. Je n'ai pas pu m'empêcher d'y glisser une référence. ^^

Bonne lecture !


CHAPITRE L : BIENVENUES A L'ACADÉMIE !

Ils ne retournèrent pas trop tard sur Aix-en-Provence. Après tout, chacun devait rentrer chez soi, puisque les déménageurs avaient transférés toutes les affaires dans les appartements de fonction respectifs.

Clémence était toute excitée et heureuse à l'idée d'emménager avec seulement Ronald, même si le lendemain elle partait pour l'Académie et que les Phantomhive résidaient pour le moment chez eux. Éric et Alan n'avaient qu'une hâte, retrouver leur intimité de couple. Grell ne le montra pas, mais elle était un peu triste de quitter l'appartement. Après tout, elle avait pris l'habitude d'être avec du monde et redoutait d'être à nouveau seule. Heureusement, Mortuaire lui tiendrait compagnie.

Emma ne savait pas trop ce qui allait se passer entre William et elle après leur dispute. Cookie et Gessie trottinaient derrière elle quand ils arrivèrent en vue du logement de fonction attribué au chef de secteur des Bouches-du-Rhône. Il s'agissait d'un quartier aux maisons typiques du début des années 1920 qui plut énormément à la brune. Bientôt, William s'arrêta devant l'une d'elles en déclarant que c'était celle-ci. Celle qu'il aimait observa la rue aux alentours et vit une magnifique Bentley Hight Point de 1939, bleu marine et blanche, puis elle regarda la maison dans laquelle elle allait habiter. Un petit jardin d'apparence coquette l'entourait, traversé d'un chemin de pierre qui menait jusqu'à un double escalier montant à la porte d'entrée. Celle-ci était surmontée d'une élégante marquise de verre. Le toit en double pente était très pentu et sûrement que les plafonds étaient hauts, comme dans n'importe quelle maison de ces années-là. Deux fines cheminées s'élevaient de part et d'autre. Les hautes fenêtres étaient toutes munies de rideaux.

Emma avait l'impression d'avoir remonté le temps entre le quartier, la voiture et William. Ce dernier avait une attitude rétrograde pour certaines choses, sans parler de son uniforme... Elle se tourna vers lui en riant et déclara en montrant la Bentley :

« Tu m'achèteras la même quand nous serons riches ?

-Tu en veux une ? demanda-t-il. Si tu veux, je t'en cherche une dès demain pour que tu possèdes la tienne...

-Tu n'es pas sérieux quand même ? lui demanda Emma, les yeux ronds.

-Eh bien si ! Celle-ci est à moi, mais si tu en veux aussi une...

-Quoi ?! Elle est à toi ? Je croyais que tu ne conduisais pas !

-Bien sûr que non, j'ai un chauffeur... Je les avais laissés à Londres en attendant, mais il semble que nous soyons ici pour longtemps, alors je les ai fait venir. De cette manière, Mr Verdiet pourra se concentrer sur son travail de Faucheur.

-Ok... Euh... Je plaisantais... Je n'ai pas besoin d'une voiture pour être heureuse, ma Twingo me suffit très largement pour le moment. Mais c'est gentil, merci. »

Ils entrèrent dans la maison et furent accueillis par la bonne. Emma fut très choquée de savoir qu'elle aurait une employée de maison d'autant que sa mère était femme de ménage et qu'elle-même l'avait été durant des travaux d'été.

« L'invité de monsieur s'est réveillé depuis peu, annonça l'Humaine après les avoir salué.

-L'invité ? s'étonna Emma. Quel invité ?

-Eh bien Luciano, répondit William. Qui veux-tu que ce soit ?

-Comment veux-tu que je le sache ?

-Vraiment, c'est logique, qui pourrait venir se reposer à la maison ?

-Tu recommences, grogna Emma.

-Je recommence quoi ?

-Avec ta logique, à rien expliquer. Ça aurait pu être un membre de ta famille, un ami... Je ne sais pas, moi !

-Tu ne veux pas qu'il reste ? s'inquiéta-t-il.

-Mais ce n'est pas le problème, soupira-t-elle. Bien sûr qu'il peut rester ! Mais c'est juste que tu aurais pu me le dire ! Mais je suis contente de voir que tu commences à tisser des liens avec des gens, poursuivit la brune, un petit sourire aux lèvres.

-Je vous jure ! Je ne suis pas un Démon asocial...

-Un Démon, non, s'amusa Emma. Mais cite-moi cinq amis...

-Là n'est pas la question, grommela-t-il.

-C'est triste... fit-elle en comprenant que son homme en était incapable. Elle le prit dans ses bras par la taille, ne pouvant atteindre tout à fait son cou, pour le consoler.

-Non, pourquoi ? s'étonna-t-il. J'ai des relations de travail, ma famille, Augure et toi. C'est bien suffisant, non ?

-La preuve que non, tu tisses des liens avec Luciano. »

William ne répondit rien, mais répondit à l'étreinte. Il ne pouvait pas lui avouer qu'il voulait simplement aider le jeune Prétorien. D'ailleurs, ce dernier descendait les escaliers pour les rejoindre.

« Tu te sens mieux ? lui demanda aussitôt l'Anglais en le voyant.

-Oui, j'ai pu dormir. Merci beaucoup de m'avoir proposé de m'accueillir, William...

-Ce n'est rien. »

Emma fut tout aussi étonnée que durant la matinée de les entendre se tutoyer, d'autant que l'Éthiopien avait appelé le chef d'équipe par son prénom et non monsieur comme il le faisait d'ordinaire.

Puis tout à coup, elle pensa à quelque chose et se tourna vivement vers William :

« Tu ne l'as tout de même pas fait venir pour nous chaperonner, j'espère ?!

-De quoi parles-tu ? demanda le brun sans comprendre.

-C'est logique, non ? Puisque tu aimes bien la logique...

-Oh ! Pour ne pas te déshonorer ! Non, certainement pas. De toute façon, une femme est plus à même de ce genre de chose et j'ai supposé que la bonne suffisait pour cela. Après tout, nous sommes adultes. »

Sentant le mal de crâne arriver, Emma déclara d'un ton blasé, sous le regard amusé de Luciano, que la bonne avait sûrement un prénom et qu'elle allait déballer ses affaires.

« Prends la chambre parentale, conseilla sérieusement William. Je me contenterais d'une chambre d'ami... »

.oOo.

« Cet appartement est plutôt acceptable... déclara Alexander en visitant celui qui avait été attribué à Ronald dans l'immeuble des logements de fonction des Shinigami. Du moins, il est plus que l'autre : nous allons avoir notre propre chambre même si nous devrons dormir ensemble, mon frère et moi.

-Oh ça va ! grogna Richard. Pense que moi aussi je vais dormir avec toi !

-Oui je sais, répondit son frère en toute naïveté. C'est bien le problème, nous allons encore dormir ensemble.

-Oui, tu as tout compris, railla le comte. Le problème, ce n'est pas que tu dormes avec moi, mais que moi je dorme avec toi ! Tu ronfles, je te rappelle.

-Tss ! Je ne ronfle pas ! Un Phantomhive ne ronfle pas !

-Alors je ne sais pas ce que tu es ! s'esclaffa le bouclé.

-Bon, on vous laisse vous installer ? sourit Ronald. Nous, on va prendre possession des lieux... »

Clémence gloussa comme une poule, rappelant étrangement Grell. L'Écossais glissa un baiser dans son cou et la prit par les hanches pour l'emmener dans la chambre.

« Tch... râla Alexander. Quels débauchés... Et ils ne sont même pas mariés...

-Moi non plus, je n'étais pas marié avec Céline, répliqua le comte d'un air abattu.

-Quoi ? Tu as coïté avec cette gueuse, mon frère ?! »

Richard lui lança un regard meurtrier avant de lui répliquer avec acidité :

« Si toi tu veux entrer dans les ordres, ce n'est pas le cas de tout le monde !

-Je ne désire pas entrer dans les ordres, répondit-il. Je veux juste reprendre les affaires familiales.

-Hein ?! Quelles affaires familiales ?!

-D'après toi ? Je suppose que tu n'en as aucune intention. Il est hors de question que je laisse les affaires de père péricliter.

-Les affaires ? fit prudemment Richard. Tu veux dire l'entreprise Phantom ou... ?

-Les deux. Je suppose que l'entreprise Phantom est une excellente couverture... Je te laisse la banque héritée de mère. Si tu veux, je te vendrais mes parts contre celles que tu détiens de la société.

-Tu rigoles j'espère ?! Non seulement je détiens toutes les parts de la société Phantom en tant que comte et aîné, mais en plus tu n'as même pas cinquante pour cent des parts de la banque ! Je te rappelle qu'Amber en possède vingt pour cent.

-Oui, mais si je te vends les miennes, tu en auras quatre-vingt.

-Je sais que tu n'es pas aussi bon que moi en maths, ironisa Richard, mais je suppose que tu te rends bien compte que quatre-vingt pour cent est plus petit que cent pour cent ! En plus, tu ne possèdes que quarante pour cent de la banque. Tu ne crois pas qu'il y a une légère différence ? Tu veux me vendre quarante pour cent d'une banque pour cent pour cent d'une société... Pas la peine d'être trader pour voir le problème... Surtout pour ce que tu veux faire de la société ! Une couverture pour la mafia, merci bien !

-C'est sûrement ce qu'elle est déjà.

-On n'est même pas sûr que père...

-Pense ce que tu veux. Personnellement, je ne vois pas pourquoi les descendants de Ciel, dont notre père, ne se seraient pas servi du monde de l'ombre pour leur propre profit, expliqua Alexander. Si tu ne veux pas continuer la tradition, je le ferais. Et puis, sans cela, nous ne nous vengerons jamais des Ferro.

-Tu penses toujours à cette vengeance ? soupira son frère.

-Bien entendu. Je ne les laisserais pas gagner. Tout comme nous ne laisserons pas Amber l'emporter.

-Nous ne savons même pas si les Shinigami régleront le problème de Sebastian durant notre vie !

-D'ailleurs... murmura tout à coup le blondinet à la limite de l'audible. Je ne trouve pas que les Shinigami prennent bien à cœur la recherche de notre sœur et de son majordome... Nous mourrons de vieillesse avant même qu'ils ne la retrouvent...

-En même temps, ce n'est pas leur but. Ils veulent nous éloigner d'elle et nous maintenir en vie. Ou plutôt, protéger nos âmes du Démon.

-Justement... J'ai pensé que... nous pourrions nous occuper du problème nous-même.

-Et comment ? rit Richard. En nous suicidant pour qu'ils n'aient plus qu'à faucher nos âmes ?

-Bien sûr que non ! Je pensais que... »

Il baissa encore plus la voix, obligeant son frère à se rapprocher de lui.

« Nous pourrions passer un Pacte nous aussi. Chacun un. Avec deux Démons, nous pourrions vaincre celui de notre sœur... En plus, tu as lu les carnets de Ciel : tu connais la cérémonie pour les invoquer... »

Richard s'horrifia et pâlit complètement.

« Tu es complètement fou ! hurla-t-il. Vendre nos âmes à des Démons ! Mais tu as perdu la tête ! Tu vendrais ton âme pour la sauver ?!

-Au moins je choisirais à qui je la donne. Du moment que ce n'est pas Michaelis et Amber qui l'ont...

-C'est hors de question que je fasse une telle horreur ! Passe un Pacte avec le Diable si ça te chante, mais je ne veux plus te voir ensuite ! s'emporta le comte. Tu vendrais ton âme ? Ce qui est le plus important en toi ?! Il faut être fou pour faire ça !

-On croirait entendre Undertaker...

-Parce qu'il a raison ! Il s'est battu pour nous sauver, il a risqué sa vie pour nos âmes et toi, tu donnerais la tienne au premier Démon venu ?! Tu n'as donc rien appris auprès des Shinigami ?

-Si ça peut me sauver la vie...

-Et une fois qu'il a accompli son objectif, il te tuera sans vergogne pour dévorer ton âme !

-Sauf si je spécifie dans le Pacte que je dois mourir de vieillesse, ou de n'importe quelle mort naturelle. Vois-tu, mon frère, j'ai beaucoup réfléchi. Le problème de Ciel, c'est qu'il n'a pas réfléchi en concluant son Pacte. Il aurait pu vivre vieux après sa vengeance. Certes, nous ne pouvons pas le blâmer : il était dans l'urgence. Mais si nous réfléchissons bien, un Pacte peut être très avantageux.

-Tu ne vends pas n'importe quelle marchandise, mais ton âme ! rétorqua Richard. À un Démon ! Le Pacte ne sera qu'à son avantage ! William a raison : ce ne sont que des bêtes sauvages qui connaissent les Humains depuis la nuit des temps ! Aucun Pacte ne sera à l'avantage d'un être Humain. Et si tu demandes à mourir de vieillesse, autant rester auprès des Shinigami qui eux feront tout pour nous préserver et faucherons nos âmes le moment venu !

-Mais un Démon réglera le problème d'Amber.

-Et tu ne vaudras pas mieux qu'elle, rétorqua durement le comte. Fais ce que tu veux, mais ne m'implique pas là-dedans. »

En colère contre son frère, Richard se dirigea vers la chambre des deux Shinigami, afin de voir s'ils n'avaient ps besoin d'aide pour ranger leurs affaires. Il espérait se changer les idées ainsi.

Alors qu'il posait la main sur la poignet, il entendit quelques gémissements qui lui indiquèrent que les deux amants ne rangeaient rien du tout et il fit demi-tour.

.oOo.

Grell se morfondait sur son canapé, les jambes repliées contre elle. Elle se sentait terriblement seule, elle qui avait pris l'habitude d'avoir toujours du monde autour d'elle. La solitude lui pesait et lui faisait terriblement peur. Elle avait toujours été affreusement seule. Maintenant qu'elle avait pu se faire deux amies, elle craignait de les perdre. Elle craignait qu'elles l'oublient. Elle savait qu'elle était stupide de penser cela, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Elle avait été seule trop longtemps.

Ruminant de sombres réflexions, elle se remit à penser à Undertaker. Sentant son cœur se serrer, elle se mordit l'intérieur des joues pour ne pas pleurer et se concentra sur Mortuaire qui grognait après sa balle en la secouant dans tous les sens.

La rousse sursauta quand son portable sonna. Elle regarda et vit qu'elle avait reçu un message d'Emma, lui redonnant du baume au cœur.

« C'est encore pire que ce que l'on imaginait ! William ne veut même pas dormir avec moi ! Et je suis sûre que Ronald et Clémence s'en donnent à cœur joie ! »

Grell ne put s'empêcher de glousser et répondit à la brune :

« Attends, on peut toujours leur couper toute envie ! On va bien s'amuser. »

« C'est facile pour toi ! Tu ne vas pas supporter Clémence toute la semaine si tu fais ça ! »

« Ouais, mais c'est drôle ! »

« J'avoue... »

Grell pouffa et décida d'inonder de message le couple, pendant qu'Emma prenait la même décision.

.oOo.

Emma et Clémence avaient rendez-vous le lendemain matin à sept heures aux locaux aixois des Shinigami, pour se rendre à l'Académie française en passant par les Portes. Cette dernière se situait à Fontainebleau et non à Paris-même comme elles le pensaient au début. Bien entendu, leurs âmes sœurs et leurs Kami les avaient accompagnées et elles eurent la surprise de voir le reste de l'équipe les attendre dans la cours de l'hôtel particulier occupé par les Shinigami.

Grell voulut prendre ses amies dans ses bras pour les féliciter, mais Clémence la repoussa en grognant.

« Pas après m'avoir embêtée toute la soirée d'hier !

-Oui, répliqua Ronald, vous étiez dégoûtantes toutes les deux !

-C'était fait pour ! gloussa Grell. Il n'y a pas de raison pour qu'Emma et moi nous nous soyons seules dans nos lits alors que vous faites vos parties de jambe en l'air ! Hu hu hu !

-Tout à fait d'accord ! confirma Emma en riant.

-Vraiment...

-Ignoble !

-Finalement, on s'en est bien sorti, sourit Alan.

-Oh ! Attends ! prévint la brune avec un sourire qui ne présageait rien de bon. Vous serez les prochains ! On a déjà tous les messages dégueulasses de prêts.

-Tu aurais mieux fait de te taire... grommela Éric.

-On n'aura qu'à éteindre nos portables et débrancher le téléphone... »

Tous se mirent à rire, hormis Ronald et Clémence qui grommelaient encore, William qui soupirait qu'ils allaient finir par être en retard et Alexander qui maugréait contre les couples homosexuels.

Alors qu'ils se dirigeaient vers les Portes, le petit blondinet arrêta le chef de secteur :

« Elles, elles vont à l'Académie. Mais moi ? Je me retrouve sans collège puisque je ne peux pas retourner à cette chose ignoble qu'était le collège de la Révolution... Comment va-t-on faire ? Je ne peux en aucun cas me permettre de perdre une année alors que je devrais actuellement être en troisième année à Weston, la meilleure école d'Angleterre et donc du monde.

-Je vous jure... Mais... C'est vrai, personne n'y a réfléchi, nota William. Vous auriez pu y penser plus tôt ! Vraiment !

-Ce n'est pas à moi de penser à cela ! se défendit Alexander. C'est votre travail que de réfléchir à ce genre de logistique.

-Mon travail ?! Je ne suis pas votre père ! répliqua le brun. Mon travail est de protéger votre âme ! Pas de vous materner comme un nouveau-né ! C'était à vous d'y penser !

-Eh bien voilà, fit Alexander en toute mauvaise foi, j'y ai pensé.

-Je vous jure ! s'agaça-t-il. Vous avez de la chance : étant professeur à l'Académie, je vais peut-être vous trouver une place.

-Je ne suis pas l'un des vôtres, répondit-il avec suffisance.

-C'est tout de même les nôtres qui vous protègent ! Alors vous ferez ce qu'on vous dit et rien d'autre. Vous n'avez vraiment rien à dire sur ce coup-là. »

Après un regard à glacer un iceberg pour le cadet des Phantomhive, William invita Emma a traversé la Porte vers Paris par une main dans le dos. Clémence et Ronald suivirent.

Cette dernière grognait sans cesse contre sa robe qui lui tombait aux pieds. Elle commençait même à dire qu'elle allait la découper à coup de Faux de la Mort quand Ronald la calma en lui disant que personne ne la verrait. Il ne s'agissait que d'une prérentrée et Emma avait promis de lui raccourcir la robe dès le lendemain.

« De toute façon, tu ne possèdes pas de Faux de la Mort, fit remarquer justement Alan. »

Les deux anciennes Humaines allaient se diriger vers la Porte menant à Fontainebleau, mais les deux Shinigami les en empêchèrent en désignant une autre Porte, située à côté de celle menant à la B.I.S. Sur elle-ci était indiqué « Académie ».

Ils se retrouvèrent alors sous un péristyle qui donnait sur un vaste cloître roman aux arches en pleins cintres. L'Académie datait du Moyen Âge. Les clefs de voûte étaient ornées de deux Faux croisées et les chapiteaux des colonnes étaient finement sculptés de scènes de fauches ou de combats contre les Démons.

Les deux jeunes femmes remarquèrent alors la porte qui se trouvait juste à côté de celle qu'elles venaient de passer.

« C'est quoi ? demanda Clémence à Ronald.

-La porte d'entrée, simplement, sourit-il. Ça donne sur la campagne de Fontainebleau, je crois.

-Oui, c'est cela. Venez, nous avons rendez-vous avec le directeur de l'Académie. Par contre... Emma, Clémence... Il ignore qui sont vos âmes sœurs et cela devra rester ainsi.

-Pourquoi ? s'étonna la brune.

-Je suis professeur ici. Nous n'avons pas le droit d'avoir de relations avec nos élèves, ce qui est parfaitement normal. Étant donné notre desmos, Emma, je ne romprais pas avec toi le temps de tes études mais...

-Encore heureux ! Merci bien ! s'exclama celle qu'il aimait, outrée. Tu m'aurais quittée ? J'espère que tu n'es pas sérieux ?!

-Bien sûr que si ! s'étonna-t-il en l'entendant réagir de la sorte. Pourquoi ne le serais-je pas ? Nous ne pouvons pas risquer de nous faire découvrir. Mais comme je te l'ai dit, nous nous serions remis ensemble à la fin de l'année. Et de toute façon, ça n'a pas lieu d'être puisque nous avons un desmos ! »

Emma lui jeta un regard assassin. Qui disait à William qu'elle l'aurait accepté, lui ?!

« Parce que tu crois sincèrement qu'après avoir traité une femme ainsi elle aurait encore voulu de toi ? Après lui avoir brisé le cœur de cette façon et pour une raison aussi stupide ? Le travail n'est pas sensé prendre le pas sur ta vie privée, sinon, tu finiras seul et malheureux ! Je n'ose pas imaginer quelle aurait été la catastrophe qu'est ta vie si je n'avais pas été là ! Et rompre pour se remettre ensemble même pas un an après juste pour le travail, ce n'est pas de la loyauté et de l'honnêteté envers ton employeur, c'est de la lâcheté ! Tu fuis pour ne pas avoir à choisir ! Je ne pensais pas que tu étais de ce genre là ! En fait, tu passes ton temps à te voiler la face ! Assume tes choix et vis ta vie ! »

Ronald et Clémence se regardèrent, sans rien oser faire. William remonta nerveusement ses lunettes, sans savoir quoi dire. Gessie regardait tristement sa maîtresse, ne sachant trop ce qu'elle pouvait faire pour arranger les choses. Skyfall s'était réfugié, terrifié, derrière une colonne et on ne voyait plus que ses yeux qui les observaient et ses oreilles qui dépassaient.

Le silence commençait à s'éterniser quand un Shinigami les rejoint.

« Ah ! Spears ! Knox ! Vous êtes là ! Et vous, vous devez être Emma Acquaviva et Clémence Curiel ?

-Oui, c'est nous, répondit cette dernière pendant que la brune ruminait ses pensées contre William.

-Bonjour ! salua le directeur. Soyez les bienvenues à l'Académie. Je suis Foulc Rousseau, le directeur de l'Académie française.

-Bonjour monsieur.

-Bonjour...

-Au fait, Mlle Curiel... Vous savez que vous n'êtes pas obligée de nos jours d'avoir une robe si longue comme uniforme... fit remarquer Rousseau. Ce n'est pas très pratique, surtout pour votre cours de Pratique...

-Je sais monsieur. C'est pour ça que nous avons amené une machine à coudre. M. Spears a accepté de nous la porter jusqu'au dortoir.

-Ah, très bien... Vous serez bien mieux ainsi. D'ailleurs, vous venez de rencontrer vos professeurs d'Éthique et de Gaélique, si vous prenez cette option.

-Hein ?! s'écria Clémence en entendant ces mots.

-Le Gaélique n'est qu'une option, répéta le directeur qui n'avait pas compris son étonnement. Vous devrez en choisir une parmi plusieurs et cette année le Gaélique en fait partie. M. Knox est venu me le proposer il y a quelques mois. Maintenant, M. Spears va vous emmener à votre dortoir puis vous faire visiter l'Académie. Cette après-midi, vous rencontrerez vos autres professeurs et vous choisirez vos options. Vous devez savoir que vous en aurez beaucoup plus que vos camarades de classes. Ils n'ont plus aucune langue. Vous, vous devrez les rattraper. »

Emma pâlit en entendant ça. Elle était nulle en langue, au contraire de Clémence à qui ça ne faisait ni chaud ni froid.

« À cet après-midi donc ! Je serais là aussi.

-Au revoir monsieur, firent les deux femmes à l'unisson.

-Knox, j'aimerais vous parler à propos de vos cours s'il vous plaît, pria Rousseau.

-Bien monsieur. »

Le directeur et Ronald se dirigèrent vers le bureau de ce dernier, de l'autre côté du cloître.

« Vous... Vous venez ? demanda William, toujours aussi nerveux. Les dortoirs sont de l'autre côté... »

Il prit la tête pour les guider, sans qu'Emma lui accorde un regard. Clémence dut d'abord rassurer son chaton avant qu'il accepte de les suivre.

Après avoir traversé tout le magnifique cloître, ils arrivèrent à une autre porte de chêne que William ouvrit. Elle donnait sur un nouveau cloître, beaucoup plus petit. Un large escalier se trouvait sur leur droite et le brun l'emprunta jusqu'au second et dernier étage. Ils débouchèrent sur un long couloir vide. De chaque côté, des portes à intervalles réguliers et assez espacés. Le brun s'arrêta devant la troisième porte à gauche pour l'ouvrir.

« Voici votre dortoir. Vous serez avec les deux autres filles de votre promotion, Abayrac et Deschanel.

-Tu connais déjà tes classes ? grogna Emma.

-B... Bien sûr... Depuis quatre ans. Ici, nous marchons par cycle académique qui durent cinq ans. Un cycle, c'est comme une année scolaire humaine pour vous... Vous entrez là en dernière année du dernier cycle. Votre transformation coïncidait avec.

-Mais... Mais on a quatre ans de retard alors ! s'épouvanta Clémence. Comment va-t-on faire ?

-C'est bien pour cela que vous avez plus de cours que les autres... »

Ils entrèrent ensemble dans la chambre qu'elles allaient désormais occuper. Sur le mur d'en face, quatre grands placards s'étalaient sur toute la longueur. Un escalier de bois grimpait le long du mur de gauche vers une grande mezzanine qui faisait un véritable étage, dans les combles. Sous cet escalier, des W.C. Contre le mur où se trouvait la porte, se trouvait un premier lit. Le deuxième était contre le mur droit.

Des velux laissaient entrer la lumière par le toit.

« Je crois qu'Abayrac et Deschanel dorment en bas. Vous pouvez prendre les lits de la mezzanine, renseigna William. E... Emma... Je te monte ta machine à coudre ?

-Oui, s'il te plaît. »

Ils montèrent tous les trois à l'étage. Clémence traîna, obligée de remonter ses jupons pour pouvoir les rejoindre. Deux lits se trouvaient là, de part et d'autre de la pièce. Contre la rambarde, un grand bureau s'étalait pour deux personnes. Le toit tombait un peu au-dessus de la tête des lits et le velux donnait sur la forêt de Fontainebleau.

Emma prit la couche près du mur, laissant celle à côté de l'escalier à son amie. Sa peur du vide ne lui permettait pas de s'en approcher autant. Pendant que Clémence s'installait, la brune interpella son compagnon qui allait les laisser tranquilles puis le rejoint au bas de l'escalier.

« Attends... Je ne veux pas que l'on se sépare ainsi. Je suis désolée pour ce que je t'ai dit tout à l'heure. Je ne le pensais pas vraiment, mais ce que tu as dit m'a fait réagir au quart de tour ! Je suis sur les nerfs en ce moment, comme tu as dû le remarquer, entre la rentrée, les cours, ce qui s'est passé entre nous ce week-end et notre future séparation. Je vais assez mal vivre le fait de ne pas te voir en semaine et de devoir jouer la comédie. Je n'aurais pas supporté que l'on soit aussi séparé à l'extérieur. Contrairement à ce que tu penses, cette idée de rupture est complètement débile, et le fait que tu ais pu l'envisager me fait très mal. Nous ne sommes ensemble que depuis quelque semaines, mais je ne peux pas imaginer vivre sans toi désormais.

-Mais je n'ai jamais envisagé la rupture avec toi... s'étonna-t-il.

-Si, tu l'as dit !

-Non, je disais, si nous n'avions pas eu de desmos, ce n'est pas la même chose. Je ne te quitterais pour rien au monde ! Je tiens trop à toi.

-Tu sais, même si nous n'avions pas eu de desmos, j'aurais été amoureuse de toi. Ça aurait été trop dur que tu me quittes !

-Oui, mais les choses auraient été claires : cela aurait été simplement pour le temps d'une année, pour tes études.

-C'est complètement stupide.

-Tu trouves ?

-Oui !

-Vraiment... Si je t'ai blessée, je suis sincèrement désolé, Emma. Ce n'était certainement pas mon intention.

-Je le sais. Ce n'est pas dans ta nature de vouloir blesser les autres, c'est l'une des raisons pour lesquelles je t'aime tant, sourit-elle, mais ça fait quand même mal de t'entendre dire ça.

-Excuse-moi.

-C'est bon, je te pardonne en échange d'un bisou ! rit-elle en le prenant dans ses bras. C'est le dernier avant longtemps.

-Je vous jure... Nous sommes à l'Académie et ici je suis ton professeur...

-Oui, je sais, mais personne ne peut nous voir ici ! Et je suis ta compagne avant d'être ton élève. S'il te plaît ! »

Il replaça ses lunettes mais se baissa quand même pour l'embrasser passionnément. Ils se séparèrent et Emma, tout sourire, retourna auprès de Clémence qui discutait avec Ronald par textos interposés.

« Alors ? Tu ne le pensais pas vraiment tout à l'heure ? taquina la plus jeune.

-Pas tout.

-Moi, j'ai même pas pu embrasser Ronnie avant qu'on se quitte...

-Tu as fait bien plus hier soir ! railla son amie.

-Même pas, à cause de vos messages dégueulasses à Grell et toi, on s'en est arrêté aux préliminaires...

-Ouais ben... C'est bien ce que je dis ! Tu en as fait bien plus hier avec Ronald que moi avec Will ! grogna-t-elle.

-Bah ça va ! Même s'il ne te touche pas, tu n'as pas dû te priver de te coller à lui toute la nuit !

-Tu rigoles ? s'énerva-t-elle. Il a pris la chambre d'ami et m'a laissée toute seule dans la chambre parentale ! »

Clémence éclata de rire.

« C'est une blague ? s'esclaffa-t-elle.

-Pourquoi tu crois que je me suis amusée à t'envoyer ces messages ? J'étais toute seule, laissée à l'abandon comme une vieille chaussette ! »

.oOo.

Les deux amies se rendaient au bureau du directeur pour rencontrer tous leurs professeurs. Le matin, elles avaient fait la visite de l'Académie avec William pour guide. Au rez-de-chaussée du premier cloître, le plus grand des deux, se trouvaient l'infirmerie, les bureaux de l'administration, la salle des professeurs, la cantine et les salles de classe des plus jeunes élèves. Les premiers et seconds étages contenaient les classes des autres cycles. Autour du second s'organisaient les dortoirs des internes ainsi que leurs vestiaires au dernier étage, les appartements de fonction des professeur et du personnel au premier. Les salles de détentes et d'équipements du rez-de-chaussée jouxtaient une bibliothèque. Celle-ci, bien que plus grande qu'une bibliothèque universitaire humaine, paraissait minuscule face à la ville que représentait la B.I.S.

Enfin, les cuisines se situaient dans le bâtiment de jonction entre les deux cloîtres, mais donnaient sur le bas du plus petit. Une double porte les séparait du réfectoire qui, bien que dans le même bâtiment, s'ouvrait sur le jardin clos le plus grand.

Par delà les bâtiments, à l'opposé de la porte d'entrée, on pouvait trouver un parc immense dont une grande partie était occupée par la forêt de Fontainebleau.

Il s'agissait du terrain d'entraînement.

Elles arrivèrent au bureau de Rousseau et Emma toqua. Quand le directeur les autorisa à entrer, elles découvrirent toute l'équipe pédagogique.

Ou plutôt, leur regard fut aussitôt attiré par un colosse presque aussi grand que William mais qui avait une musculature de pilier de rugby. Ses courts cheveux d'argent étaient en bataille et une barbe de trois jours de la même couleur complétait son visage d'un ovale tout en rondeur. Visiblement, il ne faisait pas grand cas de ses lunettes puisque ces dernières étaient rafistolées n'importe comment. Il émanait de lui une force inébranlable et beaucoup de sympathie, tant qu'on ne lui marchait pas sur les pieds.

De toute façon, il aurait fallu être fou pour chercher noises à un géant pareil.

« Ah ! Vous êtes arrivées ! »

Les deux jeunes femmes se tournèrent en même temps vers le directeur, assis à son bureau.

« Vous connaissez déjà votre professeur principal et professeur d'Éthique, William T. Spears, ainsi que le professeur de Gaélique, Ronald Knox. Je vous présente celui qui vous enseignera la Pratique, Raymond Darsier. »

Il montra le colosse argenté.

« Foulc et Maguelone Ortefage, qui vous enseigneront respectivement la Civilisation Humaine et l'Arabe, Gilles Malvrac, professeur de Théorie, Fernão Marinho, professeur de Portuguais, Anzu Yokohama, professeur de Japonais, Julien Fournier, professeur de Latin, Cyrielle Chevalier, professeur de Russe... »

La liste était longue et elles perdirent vite le fil, bien qu'elles continuèrent à saluer poliment chaque personne désignée. Rousseau leur donna ensuite toute la liste des langues qu'elles pouvaient choisir, ainsi que celle des options. Dans ces dernières, elles avaient le choix entre Latin, Gaélique, Musique, Grec Ancien, Littératures Humaine et Shinigami, Démonologie avancée, Arts Plastiques, Droit divin ou même Mathématiques.

« Vous devez savoir que normalement, vous devez prendre deux options, expliqua le directeur. Cependant, étant donné votre situation, vous pouvez n'en prendre qu'une. Après tout, vous devrez choisir cinq langues et vous aurez beaucoup plus de cours de Pratique que les autres étant donné votre retard. Vous nous ferez part de vos choix demain matin au plus tard et je vous donnerais vos emplois du temps.

« D'autre part, vous ne serez pas dispensé du mémoire de dernier cycle, même si les autres ont eu quatre ans de plus. Vous vous arrangerez avec vos directeurs de recherches pour savoir comment vous ferez.

-Au fait ! intervint Darsier d'une voix aussi grave que le laissait sous-entendre sa carrure. Vous devez savoir qu'ici, certains cours de Pratique sont ''surprises'', à mon bon vouloir, afin de vous apprendre à réagir n'importe quand. Ils pourront être aussi bien de jour que de nuit, et vous n'en saurez rien à l'avance... »

.oOo.

Clémence était affalée sur son lit et parlait depuis déjà une heure à Ronald avec son portable, Skyfall en travers de son ventre. Emma, assise au bureau pendant que Gessie dormait sur son lit, observait les feuilles de renseignements que leur avait fourni Rousseau comme s'il s'agissait de calculer la position du Soleil par rapport au centre de la galaxie dans deux milliards d'années. Le choix était trop difficile pour elle qui ne comprenait rien aux langues à part le Français.

« Déjà... marmonna-t-elle. Déjà, je vais prendre Arts Plastiques...

-À vendredi mon chéri ! Je t'aime ! Bisous ! »

Clémence raccrocha enfin et soupira à en fendre l'âme.

« Dire que je ne vais pas le revoir avant vendredi soir...

-T'es pas la seule à ne pas voir ton chéri avant vendredi et je ne vais pas voir Cookie-Didou non plus! grommela la brune, les yeux toujours rivés sur ses feuilles.

-Toi, il sera à l'Académie, tu auras des cours avec lui. Moi, il ne commence que mardi prochain... Et pour Cookie, bah il te reste Gessie.

-Oui, heureusement qu'elle est là. Comment ça se fait que Ronald soit prof, d'ailleurs ?

-Il voulait me faire la surprise, sourit Clémence. Dès que je me suis transformée, il a candidaté pour un an d'enseignement d'une option à l'Académie. Et comme il est Écossais, il a proposé le Gaélique.

-Il a été accepté ? s'étonna Emma. Alors qu'il n'a jamais enseigné et qu'il est encore mis à l'épreuve ?

-Apparemment, le juge Zang a trouvé que ce serait une bonne expérience pour lui et pour se remettre dans le droit chemin, rit-elle. Il a appuyé sa demande.

-Pourquoi tu rigoles ?

-Non, c'est juste qu'il le fait que pour passer un peu plus de temps avec moi.

-Alors je suppose que tu prends Gaélique comme option ?

-Bien entendu ! Et toi ?

-Je sais pas, Arts plastiques et Démonologie avancée peut-être. Les Arts plastiques me feront gagner des points et le cours de Démonologie à l'air très intéressant.

-On dirait que ta vie en dépend !

-C'est un peu le cas, non ?

-Fais voir les langues ! »

Clémence se leva et rejoint son amie pour regarder avec elle les différents cours proposés.

« J'aimerais bien prendre Russe ! J'ai toujours trouvé ça très beau !

-Bof... grogna Emma, encore un alphabet bizarre...

-Tu sais quoi ? Tu devrais prendre Japonais, conseilla Clémence. Déjà parce qu'Alan est à moitié Japonais et qu'il pourra t'aider et ensuite...

-Et ensuite ?

-Et ensuite parce qu'on pourra regarder les animes et lire les mangas en VO sans la moindre traduction ! dit-elle en éclatant de rire.

-Tu sais que t'es con parfois ?

-T'as pas d'humour ma vieille ! Non, mais sérieusement, le Japonais, je pense que c'est une bonne idée avec Alan. En plus, tu t'entends super bien avec lui, il ne verra pas d'inconvénient à t'aider.

-Bon... Japonais alors... Tu prends Russe, toi ?

-Oui, ça m'inspire bien.

-Tu sais quoi ? Je vais appeler Will, il me conseillera. »

Elle s'empara de son propre portable et chercha le numéro de celui qu'elle aimait. Ils restèrent eux aussi un long moment à discuter des différentes langues et des professeurs. Lorsqu'elle raccrocha, non sans lui avoir dit qu'elle l'aimait et qu'il lui manquait, elle se tourna vers Clémence :

« Je ne te conseille pas de prendre Russe ! Apparemment, le prof est un fou furieux et tu as intérêt à parler parfaitement sa langue avec lui. À part si tu as envie de lire Tolstoï en version originale dès le premier mois...

-Je vais choisir autre chose, je crois... »

Elles finirent par se mettre d'accord et prendre Japonais, Polonais, Chinois, Italien et Arabe. Elles avaient décidé de suivre les mêmes cours pour une question pratique. Ainsi, Clémence pourrait aider Emma plus facilement.

Lorsqu'elles se furent décidées, il était l'heure de manger.

Le repas se passa plus ou moins en silence. Elles étaient toutes les deux épuisées par leur journée et elles savouraient leur repas. Loin de la qualité des cantines humaines, ce que servait ce réfectoire était excellent et elles se régalèrent, ne s'attendant pas à quelque chose d'aussi bon.

Elles retournèrent bientôt dans leur chambre où leurs Kami les attendaient, en empruntant les couloirs complètement vides. Les autres élèves n'arriveraient que le mercredi. Après avoir discuté un peu, elles se glissèrent dans leurs lits respectifs et Emma décida de lire un petit peu, Gessie à ses pieds.

Entendant Clémence renifler, elle posa son livre et se tourna vers amie pour voir qui s'était mise en boule et caressait Skyfall qui ronronnait à perdre haleine. Elle avait les larmes aux yeux et son amie s'inquiéta :

« Clém', ça va ?

-C'est... C'est juste que... C'est la première nuit que je dors sans Ronnie depuis qu'on est ensemble, à part pour son assignation à résidence... I... Il me manque... »

Emma se retint difficilement de rire mais ne put tenir bien longtemps :

« Sérieux, on dirait Sôshi Miketsumaki...

-Qui ça ?

-Miketsumaki, de Secret Service, rit la brune. Il laisse même pas sa copine aller aux toilettes sans penser à se suicider parce qu'il est trop loin d'elle ! Tiens, je les ai emportés !

-Toi aussi tu as pris des manga ?

-Bien entendu ! Attends, je te trouve Secret Service, tu vas adorer. Au fait, tu as pris la suite de Prophecy ? Depuis que je te la demande...

-Ah oui, c'est vrai ! Oui, je l'ai prise... »


Prochain chapitre : "La cognée et le livre"
Au programme : De nouvelles rencontres, du cuir, des moustaches et de l'ADSL !

A la prochaine !