Eh beh, merci pour les compliments, c'est trop gentil! C'est comme une drogue, j'en veux encore, encore! Alors voilà un nouveau chapitre pour vous ;)

D'ailleurs si vous avez un peu de temps et un niveau d'anglais plus que correct (ce qui n'empêche que vous aimez nous lire en français), n'hésitez pas à vous proposer sur le forum pour nous donner un coup de main, si ça vous dit. On commence à manquer niveau traducteurs (HP et TW). A très vite!

Traducteur: Yzanmyo


Chapitre 11
In Your Sleeping Arms I Hide A Truth


Note : les passages entre ** sont des souvenirs récents.

Le soleil d'hiver brillait à travers la fenêtre lorsque Naruto ouvrit lentement les yeux. Contrairement à plus tôt dans l'année, aucun bruit n'était audible à l'extérieur. Le seul bruit qui troublait le matin silencieux était le doux ronflement de Sasuke dans son cou.

* - Un peu d'espace peut-être ?

- Je suis juste en train de nous tenir au chaud, Shizuka ... *

Bon, peut-être qu'il avait craqué pour Sasuke la nuit dernière.

* - Faut garder la chaleur !, dit Sasuke.

- Duuuh ? *

Voilà comment Naruto se sentait en ce moment. Il se gratta la tête et essaya de chasser le sommeil de ses yeux. Il tourna la tête vers la gauche et vit que le réveil affichait 06h02. Il était sacrément tôt, mais tant mieux, il s'était réveillé à temps. Il pourrait du coup se faufiler hors de la chambre, prendre une douche, et nettoyer le vieux maquillage irritant qui s'étalait encore sur son visage.

Et peut-être ...

* - Tu me serres trop fort, imbécile !

Sasuke ricana dans son cou.

Naruto soupira.

- Pas de mains.

- Pas de mains...*

Et peut-être essayer de se débarrasser de l'érection dont il souffrait actuellement.

Naruto arrêta de se gratter la tête pour la frotter maladroitement. Ce n'était pas bon. Bien sûr que ça l'était, quand Sasuke était sur lui, son genou gauche pressant contre l'érection douloureuse du blond de la manière la plus agréable et éprouvante possible, son torse pâle drapé sur lui et ses cheveux noirs chatouillant sa joue. Naruto supposa que le scénario aurait pu être pire.

Pour commencer, Sasuke aurait pu être réveillé.

Respirant un peu plus fort pour cacher les soupirs qui voulaient sortir de sa bouche, Naruto essaya de se hisser de sous le beau gosse échoué sur son torse. Cependant, quand il le fit, Sasuke s'allongea encore plus sur lui, poussant un soupir et joignant un peu plus ses mains autour du cou de Naruto. Celui-ci laissa errer ses yeux vers le plafond dans une tentative désespérée pour obtenir de l'aide du grand Homme, là-haut. Il plissa les yeux et fronça le nez, tout en essayant de s'éloigner à nouveau.

Cette fois, Sasuke bougea son genou.

Naruto tenta de contenir son gémissement, en vain. Bon sang, Sasuke était un véritable allumeur quand il dormait. Naruto devrait se venger de lui plus tard, d'une manière ou d'une autre.

La troisième tentative fut toutefois un succès. Il fut presque surpris de la facilité avec laquelle il s'extirpa, Sasuke se plaignant de la perte, mais ne se réveillant pas (au grand soulagement de Naruto). Le blond se retrouva assis sur le sol dans le pantalon de pyjama noir et le t-shirt blanc qu'il avait emprunté à Sasuke (moulant sa poitrine toujours rembourrée), respirant profondément pour se calmer. Il lança un sale regard à la bosse qui déformait son pantalon avant de se lever. Il sentit ses cheveux longs dressés dans tous les sens, et râla silencieusement sur combien d'heures ça lui prendrait pour arranger tout ça.

Et là, il se maudit de réagir comme une fille.

Enfin... beaucoup trop.

Naruto récupéra sa robe et ses chaussures sur le sol. Bien sûr, Sasuke lui avait demandé pourquoi il n'avait pas enlevé son maquillage. Mais que pouvait-il faire ? « Désolé Sasuke, mais si je le fais tu verrais très probablement mes traits d'homme plus clairement. »

Exact.

Cependant, Sasuke avait raison. C'était vraiment désagréable de dormir avec du maquillage partout sur le visage. Naruto plia soigneusement la robe et l'emporta, ses orteils se recroquevillant au contact de l'air froid à l'extérieur de la couverture, et hors de la chaleur de Sasuke : ce même Sasuke qui était encore couché paisiblement dans son lit, ronflant comme il le faisait déjà quand Naruto s'était réveillé. Le garçon pâle dormait sur le ventre, son torse nu se fondant avec le linge de lit blanc et ses cheveux de jais reposant sur ses joues délicatement rosées. Il ressemblait à une belle poupée, couché là, comme ça, et Naruto ne put s'empêcher de lever une main pour le toucher.

Le corbeau se lova contre sa paume, l'accueillant avec plaisir. Le blond laissa voyager sa large main sur la joue de Sasuke et écarta les mèches sombres. Il sourit quand il vit la moue se former sur les lèvres douces qu'il avait revendiquées la veille au soir. Ces lèvres qui avaient été si parfaites contre les siennes dans le couloir. Ces mêmes lèvres qui lui avaient ricané tant de fois au visage, et ces mêmes lèvres qui avaient si bien souri pour Naruto et seulement Naruto. Il savait que s'engager avec Sasuke était probablement l'une des idées les plus stupides qu'il n'avait jamais eue. Mais il était amoureux de l'Uchiha et ne pouvait renier son cœur.

Peut-être, un jour. Mais pas maintenant. Pas quand Sasuke était sien et qu'il était à Sasuke.

Mais bon sang, comment allait-il se sortir de ce pétrin ? Comment pourrait-il se détourner de Sasuke ? On n'était qu'en décembre, Noël était dans quelques jours. Dans six mois, il devrait quitter cette école, sans Sasuke. Le brun avait encore une année à faire mais Naruto, lui, n'avait droit qu'à un an. Inutile de demander à Asuma pour une autre année. Et puis il ne ferait que repousser l'inévitable et, au final, devrait encore laisser Sasuke.

Au diable tout ça.

Naruto s'affaissa sur le lit à côté de Sasuke, toujours endormi. Il laissa reposer sa main hâlée sur le dos pâle et nu du brun, le caressant légèrement de haut en bas. Il drapa la couverture sur le garçon assoupi et soupira.

Suivre son cœur était une chose.

Faire la seule chose qu'on pouvait faire en était une autre.


Plus tard ce jour-là, quand Naruto trouva Chouji avec Shikamaru, Kiba et Hinata sur le trottoir sur le chemin du bâtiment de médecine, le blond laissa ses genoux heurter le sol en signe de profonde excuse. Il pouvait sentir la neige toucher son nez, fondre sur la pointe. Il pouvait aussi sentir la culpabilité se répandre sur ses joues, alors qu'il fermait les yeux.

- Je suis désolée d'avoir rendu le rendez-vous aussi nul Chouji ! Je sais que j'ai vraiment été horrible pour avoir fui comme ça, et ce n'est pas comme si je pouvais vraiment expliquer pourquoi et j'espère que tu n'es pas grave en colère contre moi parce que j'ai toujours vraiment, vraiment, vraiment envie d'être ton amie -

- Euh ... vraiment, Shizuka ... ça va, c'est bon…, essaya de répondre Chouji, mais la jeune fille sur le sol en face d'eux n'écoutait pas.

- Vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, vraiment... -

- Shizuka ?

- Eh, arrête ça, rétorqua Kiba tout en lançant à Shikamaru un regard interrogateur.

Shikamaru renifla et donna un coup de pied dans la neige vers Shizuka, ce qui la fit crier de surprise (ce fut un cri très masculin, ce qui ne passa pas inaperçu) et elle s'assit, jetant un regard furieux à Shikamaru.

- Shikamaru ! cria-t-elle, offensée. Tu ne vois pas que je fais mes excuses à Chouji pour avoir été un rendez-vous merdique ?

Enfin, c'est ce que Shikamaru aurait entendu, si Kiba, Chouji et Hinata, n'avaient pas tous hurlé sur lui en même temps, suivi d'une solide tape sur son épaule de la part de Kiba. Chouji aida Shizuka à se relever, et elle épousseta ses jambes et sa jupe couvertes de neige, reniflant dans la direction de Shikamaru, ce qui fit soupirer le garçon paresseux, et le fit se retirer dans un autre endroit. Shizuka se retourna ensuite vers Chouji, en prenant une profonde respiration, et continua comme si de rien n'était.

-Vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, vraim-

- C'est bon Shizuka. Vraiment.

- ment, vraiment désolée ! Naruto acheva enfin, avant de regarder le groupe qui roulait des yeux. Enfin, à part Hinata, mais parce qu'elle était trop polie.

- Quoi ?

- C'est bon, déclara Kiba à la place de Chouji qui avait la bouche pleine de chips.

- On t'a vue avec Mr. Touche-pas-au-bâton-dans-mon-cul.

Kiba s'arrêta pour retrouver son souffle puis reprit

- Et franchement, je pense que Chouji a juste été soulagé de voir que tu étais partie. Sinon, y aurait plus eu de bouffe du tout.

Chouji hocha la tête de concert avec Naruto, jusqu'à ce que la blonde se rende compte que c'était une insulte et frappa Kiba à la tête. L'amateur de chiens tomba la tête la première dans la neige. Hinata glapit alors qu'elle était témoin de la chute de son petit ami, mais ne put s'empêcher de rire un peu quand Kiba s'apitoya sur son sort. Naruto s'était depuis longtemps retourné vers Chouji, qui lui offrit poliment des chips.

- Je suis vraiment désolée Chouji, dit sincèrement Naruto.

Son tourment à propos de ce qu'il allait faire au sujet de Sasuke était une chose, mais le sentiment qu'il éprouvait pour Chouji était uniquement de la culpabilité. D'accord, ils avaient accepté d'aller au bal en tant qu'amis, mais ce n'était pas une raison pour ignorer le garçon joufflu.

- Ca va, vraiment, répondit l'enrobé.

- Chouji a rencontré une fille.

Naruto se tourna vers Shikamaru, oublié depuis longtemps, qui s'était finalement réveillé.

- Quoi ?

En revenant à Chouji, Naruto vit comment ses joues déjà roses viraient au rouge. Il sourit et lui donna un coup de coude sur le côté.

- Une fille, hein ?

Les joues de Chouji tournèrent écarlate et il bourra sa bouche pleine de chips pour éviter de répondre. Le doré sourit, et Kiba (qui s'était, grâce à Hinata, relevé de nouveau) renifla.

- Et l'Uchiha alors ? Il a eu un avant-goût d'un des célèbres mouvements de Nanohara ? demanda-t-il pendant que Hinata continuait à essuyer la neige sur ses cheveux bruns.

Naruto pouvait cependant voir qu'elle le regardait du coin de ses yeux, et il supposa que même elle était intéressée.

Maintenant qu'il y pensait, la plupart des conversations autour d'eux s'était arrêtées.

« Ça doit être mon imagination » pensa-il.

- Ben, pas exactement ... commença-t-il.

Ses pensées s'évadèrent jusqu'au baiser de la nuit dernière, et quel bonheur lui et son cœur avaient ressenti sur le moment. Tout ce qu'il voulait, c'était de ramper sous la couverture avec Sasuke et dormir tout le reste de l'année avec lui, bien serrés l'un contre l'autre.

- Twuch weupfh qhwaff (Tu veux quoi) ?

- Mec, euh ma pote, euh bref- Tu l'as vraiment embrassé ?

- Shi-Shizuka, je p-pensais que tu détestais M. Uchiha !

- Ah bon ?

- J'ai dit ça tout haut ?

Naruto gémit quand tout le monde eut terminé. Génial. Super. Ça, c'était embarrassant. Il essaya de cacher son visage dans ses mains, mais il ne put échapper aux questions.

- Oui, on s'est embrassés, soupira Naruto devant leurs expressions. Et oui, j'ai bien aimé. Je... on... on a passé la nuit ensemble..., marmonna-t-il vers le sol.

S'ils n'avaient pas été au milieu de la cour lorsque Naruto prononça ces mots fatidiques, Kiba aurait hurlé tel un loup vers le ciel, Shikamaru aurait baissé son menton, Chouji aurait laissé tomber son sac de chips et Hinata aurait pris une expression choquée qui n'aurait pas clairement été très loin de tomber sur le sol pour « se reposer les yeux ». Cependant, ils n'étaient pas seuls. Et avant que tout ceci ne puisse même commencer, deux cris aigus furent entendus, traversant toute la zone environnante, et atteignant probablement la ville d'à côté.

- Tu n'as pas osé !

- MENTEUSE !

Deux jeunes filles s'approchèrent du groupe. Sakura et sa copine blonde serraient les dents alors qu'elles s'approchaient. La blonde leva ses deux bras pour pousser Naruto. Celui-ci, qui fut à la fois surpris et pris au dépourvu, tomba fesses les premières dans la neige. Les deux filles se penchèrent allègrement au-dessus de lui. Sakura semblait prête à lui cracher au visage, ce qui le fit tressaillir et reculer, levant un bras devant lui pour se protéger.

- Ne t'avise pas de redire des mensonges pareils, lança avec mépris Sakura.

Juste au moment où son amie voulut ajouter quelque chose, Kiba s'interposa entre elles :

- Oh, fermez-la vous deux. Juste parce que l'Uchiha ne veut aucune de vous, sales moches, rétorqua-t-il (ce qui n'était peut-être pas la meilleure chose à dire, à y repenser).

Sakura ouvrit la bouche pour dire à Kiba d'aller se faire foutre, mais son amie la devança :

- Ha ! Non mais t'as vu sa face à elle ? Tu penses vraiment que notre Sasuke voudrait de quelqu'un qui ressemble à ça ?!

Kiba se tut et Naruto lui lança un regard furieux lorsque son ami canin eut effectivement le cran de lancer un regard évaluateur à "Shizuka". Le blond le vit déglutir et se retourner, mais Hinata rétorquait déjà :

- Je ne pense pas que M. U-Uchiha se soucie vraiment de ça, bégaya-t-elle comme à son habitude.

Cela fit d'elle le nouvel objet de leur attention, et les deux harpies se tournèrent vers la brune avec colère, les poings serrés. Dire que vous aviez passé la nuit avec LE Uchiha Sasuke était à éviter, au moins en la présence des membres les plus engagées de son fan-club : Haruno Sakura et Ino Yamanaka. Naruto avait parlé de Sasuke à Sakura pendant leurs cours communs, et il s'était rendu compte que la jeune fille aux cheveux roses avait un béguin assez inquiétant pour l'ébène depuis... Depuis toujours, et aujourd'hui encore. Rien que de dire qu'on l'avait croisé dans un couloir désert était déjà assez dangereux.

- Toi, la ferme, sale petite pute ! lança Sakura, rivalisant avec l'idiotie de Kiba.

Dire qu'Hinata était une pute énerva Shikamaru et Chouji, jusque là restés en retrait depuis l'arrivée des deux folles. Les deux ne tardèrent pas à exhiber leurs muscles (qui n'étaient pas si imposants que ça, vu leur réticence à bouger en général). Sans compter Kiba qui arborait une allure meurtrière, s'approchant des filles maintenant inquiètes. C'est là que Naruto réalisa qu'il fallait probablement intervenir.

Avant que Shikamaru, Chouji ou Kiba n'aient eu le temps de se jeter sur Sakura et Ino, le blond se leva péniblement du sol et les attrapa par le col (Kiba et Shikamaru dans sa main gauche et Chouji dans sa main droite) puis les projeta en arrière. Tous trois tombèrent dans la neige (Kiba pour la seconde fois en un jour) en râlant haut et fort, mais Naruto avait déjà bougé. Il posa chacune de ses mains sur une des fines épaules du duo féminin, comme il l'avait fait avec tant de criminels autrefois, se pencha entre leurs deux visages et leur chuchota à l'oreille :

- Que je passe la nuit avec Sasuke ou non ne vous regarde pas. Que Sasuke préfère une fille comme moi plutôt que comme vous, c'est votre problème. Compris ?

Sa prise se resserra sur leurs épaules, et leur souffle eut un accroc. Sakura resta parfaitement immobile, tandis qu'Ino hocha la tête avec hésitation. Naruto sourit en les laissant partir, appréciant la vision de leurs dos battant en retraite. Il n'en avait pas fini avec elles, oh non. Les filles comme ça n'abandonnaient pas un garçon comme Sasuke sans s'être battues plus d'une fois, mais au moins, pour le moment, elles étaient parties . Le blond se retourna vers ses amis : Hinata encore un peu pâle, mais cachant un sourire derrière le dos de sa main, et les trois bruns, debouts, en train d'enlever la neige de leurs vêtements.

- Même si j'avoue être impressionné par ta façon de faire flipper deux milliardaires comme ça, Shizuka, commença Kiba avec une ride entre ses yeux. Je pense que tu nous as attaqués plus que ce que t'aurais dû.


Lorsque Sasuke se réveilla, il remarqua deux choses. La première était qu'il était plus de 13h et qu'il avait raté la moitié de ses cours. En comptant le temps de se préparer, il manquerait aussi le troisième des quatre cours en tout et, tant qu'à faire, considérant le confort du lit, la parfaite température sous la couette, et la délicieuse sensation des draps propres contre son torse nu, il ne voyait vraiment aucun intérêt à quitter sa chambre aujourd'hui. La bulle de chaleur était toujours présente vers son cœur depuis la nuit dernière, et lui donnait l'impression d'être dans son monde. Il serait plus qu'heureux de rester étendu là pour le reste de la journée.

Cependant, cela le mena à la seconde chose qui le frappa au même instant : la raison pour laquelle son cœur se sentait aussi bien avait quitté le bâtiment (en tout cas, autant que Sasuke savait, cette raison avait quitté la chambre et le lit, mais c'était plus logique de supposer qu'elle avait quitté le bâtiment, chose qu'elle avait vraiment fait, mais que Sasuke ignorait).

Pendant une seconde, Sasuke fut presque sûr que la nuit dernière (et quelle nuit d'ailleurs) n'avait été qu'un rêve. Dire qu'il avait effectivement réussi à embrasser Shizuka, et qu'elle avait répondu à son baiser. Cela suffisait presque pour faire sauter son cerveau. Et le souvenir de son dos contre son torse pâle pendant qu'ils dormaient dans le même lit, l'un à côté de l'autre, semblait presque trop beau pour être réel.

Sasuke s'assit dans son lit et se racla la gorge. Bon sang, il n'avait pas dormi aussi longtemps depuis... Depuis jamais, en fait. Peut-être que les mois d'inquiétude avaient laissé des traces, mais là, c'était limite ridicule. Il espérait que ni Neji, ni Sai n'était venu le voir ce matin. Si c'était le cas, il n'arriverait jamais à leur faire oublier ça. La panne de réveil ne figurait pas dans le dictionnaire d'un Uchiha, et il n'était pas près de l'ajouter maintenant.

Il laissa errer sa main à l'endroit où le corps de Shizuka devrait être étendu. Il se demanda si cela avait été un rêve ou la réalité. Ce n'était pas vraiment quelque chose qu'on pouvait demander à quelqu'un : « Excuse-moi mais, tu as vraiment passé la nuit avec moi ? »

Argh.

Sasuke se frotta les yeux et laissa retomber sa tête sur l'un de ses oreillers. Il inspira, et une odeur inhabituelle caressa ses narines. Il respira plus fortement, appréciant la fragrance. Une main pâle rencontra l'oreiller, touchant deux cheveux blonds qui reposaient dessus. Sasuke sourit et jeta la couverture sur lui à nouveau, se blottissant plus profondément dans le tissu.

Réaliser que de merveilleux rêves étaient bien réels.

Fantastique.


Ok, il avait dit combien il regrettait à Chouji. Il leur avait également demandés ce qu'il devrait faire au sujet de Sasuke. Cette dernière chose avait été un véritable échec. Naruto ne voulait même pas réfléchir aux propositions honteuses que Kiba et Shikamaru avaient sorties, et cela n'avait fait qu'empirer lorsque Temari avait rejoint le groupe dans la bibliothèque. Mais tous avaient convenu que, même si Sasuke était l'un des plus grands salauds de l'univers, il était quand même M. LeBon pour Shizuka.

Le blond ne savait pas s'il devait considérer cela comme une bonne ou une mauvaise chose.

Et il était bien placé maintenant pour savoir que sortir avec l'Uchiha n'amènerait que des ennuis. Si on avait déjà imaginé sortir avec une rock star ou un acteur de renommée mondiale, mais à une échelle légèrement moindre (comme une école), on obtiendrait probablement l'idée de ce que ça pouvait être. Naruto était presque stupéfait (presque, parce qu'il en avait déjà sacrément marre) de voir à quelle vitesse une petite rumeur pouvait se répandre. Apparemment, quelqu'un avait vu Shizuka suivre Sasuke et sortir du bal. Et l'ami d'un ami d'un ami avait vu la très chère et tendre Shizuka se faufiler hors de la chambre de Sasuke très tôt ce matin. En vérité, les gens étaient même assez intéressés pour le questionner, et l'attendaient carrément à chaque porte.

Naruto soupira et se massa les tempes, rassemblant toute sa volonté (et son courage, surtout, il devait se l'avouer) et frappa à la porte en face de lui. Quand personne ne l'ouvrit ou répondit, il poussa la large porte et entra. Une douce sensation de familiarité, comme celle d'un foyer, le frappa comme une brise de printemps. Les murs clairs et les rideaux dorés semblaient accueillant et chaleureux. L'air frais passant par les fenêtres ouvertes était réchauffé par les radiateurs en dessous, qui fumaient presque de vapeur. Le bureau en face des fenêtres, et le plus petit qui était placé contre le mur sur le côté, étaient tous les deux vides. Le propriétaire du grand bureau se tenait devant lui. Au lieu d'être vêtue de son costume vert normal, la principale portait une tenue plus confortable (un pantalon large et un grand T-shirt), et dans sa main se tenait une tasse de thé, chaud et fumant. Ses cheveux blonds étaient lâchés librement sur ses épaules, et reposaient sur sa poitrine. Naruto sourit à la femme plus âgée, qui lui rendit son sourire.

- Qu'est-ce que tu veux, sale gosse ? demanda-t-elle d'un ton léger.

Naruto ferma les yeux et s'approcha d'elle, laissant son visage tomber dans les seins chaleureux de l'aînée alors qu'il la prenait dans ses bras, reposant son corps contre le sien, accueillant et doux. Des bras féminins se posèrent dans son dos et lui rendirent son étreinte. Il resserra sa prise contre sa poitrine.

- Je suis tombé amoureux, vieille peau.

- Oh, mon cher et tendre mioche.


Naruto ignorait la raison de sa visite chez Tsunade, alors qu'il aurait pu aller n'importe où ailleurs. Peut-être était-ce car elle était l'une des très rares personnes qui savaient qui il était vraiment, car avec elle, il n'avait pas besoin de faire semblant. Peut-être parce que, quand il était avec elle, lové dans sa poitrine, il se sentait cajôlé par la mère qu'il n'avait jamais eue.

Et c'était vrai. Tsunade était la première femme dans sa vie sur qui il pouvait compter. Quand il vivait avec Asuma, il ne logeait pas encore avec sa femme (à ce moment-là ils n'avaient pas été mariés bien sûr, et partageaient un enfant). La femme d'Asuma, Kurenai, l'avait, et probablement encore aujourd'hui, aimé. Mais il savait très bien qu'elle avait sa propre vie et son propre enfant, et il ne voulait pas interférer.

Tsunade était quelqu'un en qui il avait confiance : il pourrait toujours avoir son épaule pour s'y appuyer ou pleurer. Chaque fois qu'il la voyait dans la cour ou dans un couloir, il se nourissait de son sourire comme sa peau se nourissait du soleil lors d'un jour d'été. Chaque fois qu'ils parlaient, ces derniers mois, que ce soit pour se quereller ou discuter de choses vraiment importantes (comme la façon de s'habiller correctement, comment se coiffer pour le bal, la façon d'agir comme une fille pour tromper la Mafia et l'école, les messages d'Asuma – qui n'étaient pas si fréquents), il se sentait lui-même, Naruto Uzumaki, et non cette satanée de Nanohara Shizuka.

Être Shizuka, c'était comme être un voleur se faisant passer pour une princesse. Être Shizuka lui foutait la trouille, et le faisait se détester lui-même à faire semblant. Naruto ne voulait pas qu'on sache à quel point il se sentait mal d'être Shizuka. S'il le faisait, s'il disait à Asuma que c'était si dur pour lui, l'aîné pourrait tout arrêter en un instant. La dernière chance pour Naruto d'obtenir ne serait-ce que le plus petit contact avec la vie normale d'un adolescent partirait en fumée, brûlant le bout de ses doigts, hors de portée.

Mais il restait dans son lit chaque nuit, le corps trempé de sueur lorsqu'il se perdait dans ses pensées. Couché dans un lit aussi coûteux le terrifiait. Il avait peur que, s'il cassait quelque chose, il serait aussitôt renvoyé à la maison. S'il ne se comportait pas assez bien, il serait renvoyé, et ainsi de suite, encore, et encore.

Cependant, Naruto ignorait s'il voulait vraiment rester dans cette école, après tout. S'il le désirait, il pouvait tout simplement dire à Tsunade qu'il voulait rentrer chez lui, redevenir un agent de police officieux, comme avant, et oublier tout ça. Il laisserait Sasuke, peut-être encore tendrement endormi dans son lit, avec seulement le vague souvenir d'une jeune fille nommée Shizuka, comme une bribe de son enfance au fond de sa mémoire. Le brun ne saurait jamais ce qu'il se serait passé, mais peut-être, peut-être que c'était ce qui serait le mieux, pour tous les deux. Si Naruto continuait à voir l'Uchiha, il devrait un jour avoir à lui dire la vérité (cacher un pénis pendant toute sa vie serait difficile, aussi dur que quelque chose d'autre). Et où est-ce que ça les mènerait ? A dire à votre bien-aimé que vous êtes un homme ? A dire à quelqu'un que pendant tout ce temps vous lui avez menti sans pitié ? Sasuke (et n'importe qui) détesterait forcément cette personne (Naruto) après ça.

- Est-ce que tu vas fuir ?

Allait-il fuir ? Rentrer la queue entre les jambes et ruminer dans son lit ? Tout quitter en ne faisant qu'un simple geste d'au revoir ?

Sur le canapé, la main de Tsunade qui lui caressait les cheveux, la tête sur ses genoux, rendit ses yeux plus lourds. La douce pression sur sa chevelure à l'arrière de son cou le fit fredonner de satisfaction. Il se blottit plus confortablement alors que le sommeil le prit, ses légers ronflements remplissant peu à peu la pièce silencieuse.

Une porte cachée dans l'un des murs du bureau s'ouvrit, et Jiraiya entra. Avec ses yeux aux nuances grises, il regarda la poitrine de Naruto se soulever et s'abaisser, allongé sur les genoux de Tsunade, qui le caressait comme un chat. Il rassembla ses cheveux en une queue de cheval, dégageant son visage. Le grisé offrit à sa partenaire une autre tasse de thé et s'assit sur la table basse en face d'eux. La directrice lui sourit et, pour une fois, ne le disputa pas ou autre (Jiraiya était presque sûr que c'était à cause de l'enfant endormi sur ses genoux).

- Le gosse est amoureux, dit-elle après un certain temps.

Jiraiya avait toujours été emerveillé de voir à quel point une femme comme Tsunade pouvait parfois être douce et calme, et décida de se détendre lui-même.

- C'est ennuyeux, dit-il tout aussi tranquillement. Que va-t-il faire ?

La blonde secoua la tête pour toute réponse.

- Je ne sais pas, dit-elle après quelques nouvelles minutes de silence, tout en caressant le dos de Naruto. Il est tellement confus. Et apeuré.

Cette fois, ce fut au tour du grisé de hocher la tête.

- Je serais effrayé, moi aussi.

- Tu as peur de tout vieil homme, répondit Tsunade d'un ton taquin.

Jiraiya murmura quelque chose et la directrice lui demanda de répéter, mais le vieil homme tint sa langue. Qui sait, si un jour elle lui coupait.

Vieille sorcière.

- Il te ressemble, lorsque tu étais jeune.

La phrase avait été dite après un autre de ces longs silences, mais confortables.

- Il a tes cheveux hérissés.

- Ah ah, mais il a ton blond, rétorqua le gris.

La couleur de ses cheveux avait depuis longtemps disparu, il y a si longtemps, en fait, que la plupart des gens avaient oublié de quelle couleur ils avaient été. Peut-être qu'ils avaient toujours été blanc.

- Il est sûrement aussi têtu que toi aussi.

Tsunade sourit.

- J'espère vraiment qu'il n'est pas un pervers comme toi, dit-elle, ce qui fit ricaner Jiraiya.

Bien sûr que le garçon était un pervers. Ça s'était passé de père en fils depuis plusieurs générations.

- Et les yeux bleus d'Arashi.

Etre comme ça, comme la petite famille qu'ils étaient, c'était suffisant. Même si Naruto ne savait pas tout, il semblait malgré tout savoir qui étaient les gens à qui il était lié. Que le gamin tombe amoureux n'était pas si terrifiant, il y arriverait. Il le comprendrait lui-même, un de ces jours, et ils seraient là pour lui, tous les deux.

- Cet Asuma.

- Ouais.

Le silence emplit la pièce pendant de longues minutes, les deux aînés se perdant dans leurs vieux souvenirs. Les rideaux se soulevèrent sous le vent qui entra dans la pièce, et personne ne vit le sourire qui honora les lèvres du garçon blond.


Sasuke n'avait pas vraiment cherché Shizuka. Tout à coup, elle fut là devant sa porte, la main levée, comme si elle était sur le point de frapper. Sasuke l'avait coiffée au poteau, en ouvrant la porte environ une seconde avant qu'elle ne puisse toquer. Peut-être qu'il avait su qu'elle était là dehors, peut-être que c'était le destin (comme Neji aurait dit) qui jouait avec eux. De toute façon, elle était là et il était là, se regardant l'un l'autre de chaque côté du seuil.

- Bonjour, dit Shizuka avec un coup d'œil à ses vêtements.

Il était presque huit heures du soir, mais Sasuke n'avait pas bougé de sa chambre. S'il l'avait fait, tout le monde aurait vu un sourire sur son visage. Il aurait probablement été gentil (Sasuke fit une mine dégoûtée à cette idée) et ... accueillant avec les gens. Il ne pouvait pas et ne risquerait pas sa réputation. Il avait fait quelques devoirs, terminé quelques papiers, chassé un Neji et un Sai embarrassants hors de sa chambre puisque la première chose qu'ils avaient remarqué avait été l'odeur de Shizuka (Sasuke ne voulait pas savoir comment, par l'enfer, ils connaissaient son parfum), et passer le reste de son temps à rêver, rêver, et rêver de Shizuka. Maintenant, elle se tenait face à lui, se dandinant avec incertitude, son regard fixant par dessus son épaule gauche.

- Bonsoir, répondit Sasuke.

Elle fronça le nez et regarda autour d'elle. Certains étudiants traînaient dans le couloir, mais personne ne faisait attention à eux (du moins pas visiblement). Sasuke supposa qu'un milliardaire (comme les pauvres bougres dans les autres dortoirs les appelaient) était plus chic que cela.

- J'ai pensé Sasuke...

- ça a du sentir le brûlé, tu as fait frire ton cerveau ?

- ... Et peut-être qu'on pourrait essayer...

- Quelque chose que je comptais faire après notre baiser de la nuit dernière (la phrase fit tousser Shizuka avec embarras) ?

- ... Mais...

Sasuke pencha la tête de la même manière que Shizuka l'avait fait, sans vraiment vouloir copier son mouvement.

- Mais ?

Shizuka soupira et regarda enfin, de ses iris océan, directement dans les orbes charbons du brun.

- Mais nous devrions y aller lentement.

- Pour que ton cerveau puisse tenir le rythme ?

- Pour que mon cerveau puisse suivre, confirma Shizuka, avant qu'elle ne se rende compte de l'insulte et lui mette une tape sur la tête.

Sasuke ricana et lui offrit de venir dans sa chambre et, comme elle était sur le point d'entrer, elle fut arrêtée par deux voix familières.

- Comment oses-tu, sale petite garce ! dit Sakura, c'était à son tour de pousser Naruto ce jour-là.

Cette fois cependant, le blond était préparé et se tint immobile (comme si Sakura avait essayé de pousser un arbre), et ce fut elle qui tomba en arrière. Sasuke la suivit des yeux avec un air ennuyé.

- Tu sais, Kiba a défendu Hinata quand elles l'ont traitée de pute, dit Naruto au brun la mine sérieuse.

- A voir comment tu m'as plaqué au sol la nuit dernière, je pense que tu as une meilleure chance contre elles, admit Sasuke et il se frotta l'un de ses bras avec l'autre.

Le blond lui sourit, se baissa et prit de ses lèvres ce que Sasuke lui offrait volontiers.

Les deux mégères devinrent silencieuses alors que le baiser devenait plus chaud sous leurs yeux, les laissant bouche bée.

Le brun bougea, mal à l'aise (il n'aimait pas l'idée d'embrasser quelqu'un devant d'autres personnes), quelque chose que Naruto sentit et il le laissa s'en aller.

Sakura et Ino trébuchèrent en arrière, les yeux grands comme des soucoupes, avant de s'enfuir.

Le doré gloussa et alla dans sa chambre, pour revenir avec une couverture supplémentaire. L'ébène haussa les sourcils, alors qu'il entrait dans sa chambre, en encourageant le blond à le suivre.

Naruto sourit et tendit la couverture face à Sasuke, avant de la draper sur ses épaules alors qu'il se tenait toujours dans le couloir.

- Tu es terriblement collant quand tu dors tu sais, dit-il, ce qui fit marmonner quelque chose à Sasuke et détourner le regard, une touche de rouge couvrant tout à coup ses joues. Il posa le doigt sur l'épaule du brun en retour, ce qui divertit Naruto.

- Rien de plus à propos de ton frère ? demanda-t-il.

Sasuke secoua la tête. La vérité était, qu'en fait, il n'avait pas pensé à son frère une seule seconde. Pas une seule pensée de toute la journée, et il ne savait pas si cela devait le soulager ou l'inquiéter. Naruto hocha la tête.

- Qui penses-tu qu'il cherchait ?

Sasuke haussa les épaules et fit signe à Naruto de venir dans sa chambre. Naruto ne bougea pas plus, bougeant légèrement là où il se trouvait.

- Je ne sais pas, répondit Sasuke. C'est si important ?

- Allez, me dis pas que tu t'en fiches, dit Naruto.

Par l'expression du visage de Sasuke, Naruto comprit que le jeune corbeau en avait effectivement quelque chose à faire, après tout.

- Qu'est-ce qu'il fait ?

- Comment ça « qu'est-ce qu'il fait » ?

- Ben... Comme travail, demanda Naruto.

Sasuke se détourna pour plier des papiers sur son bureau, et Naruto décida finalement d'entrer dans la pièce. Alors qu'il plaçait un pied de l'autre côté du seuil, Sasuke répondit :

- J'en sais rien... Je pense que ... Je pense qu'il est en quelque sorte impliqué, d'une manière ou d'une autre, avec la mafia.

Naruto s'arrêta soudainement.

« - Je suis juste à la recherche de quelqu'un, petit frère. Mais ce n'est pas toi. » Les mots d'Itachi firent écho dans son esprit.

Naruto tira la couverture plus serrée autour de lui.

La mafia, hein ?

- Un problème ? demanda Sasuke, un soupçon d'inquiétude dans sa voix alors qu'il regardait par-dessus son épaule, vers Naruto qui semblait bloqué sur le pas de la porte.

- Non, croassa Naruto. Non, dit-il à nouveau après s'être éclairci la gorge.

Il marcha jusqu'à l'intérieur de la chambre du brun, vers l'Uchiha qui l'attendait, fermant la porte derrière lui.

- Pas du tout, acheva-t-il.


A suivre...

Encore merci à Yzanmyo et aux bêtas pour ce chapitre!