Vous avez hâte de savoir comment il va réagir hein?! Encore un peu de patience, vous ne serez pas déçus ;)
Bonne lecture de ce nouveau chapitre!

Traducteur: ninou07000


Chapitre 12

Run Like a Girl and Scream Like One Too


Sasuke pouvait la sentir au creux de son estomac lorsqu'il se réveilla ce matin-là. Une faible sensation de papillons qui volent en cercle, l'excitation rampait jusqu'à ses bras. Il ne savait pas pourquoi il adorait toujours cette journée-ci précisément. Il avait été seul à chaque Noël depuis ses treize ans, pourtant son sentiment à l'égard de cette journée restait le même. Sasuke se sentit sourire et changea rapidement d'expression, seulement pour se blottir un peu plus contre la personne dans son lit, Shizuka. Elle était à ce moment-là endormie, son dos pressé contre le corps du brun.

Shizuka se rapprocha et Sasuke enfouit son visage entre ses omoplates, respirant son odeur matinale. Son corps était ferme contre le sien et il aimait le mélange de son odeur avec la sienne – elle empruntait toujours ses vêtement pour dormir… et ses boxers. D'ailleurs, de manière assez bizarre, Shizuka portait toujours des boxers. Ils étaient affreux : ils étaient très colorés et il y avait des tourbillons et des feuilles dessus. Sasuke lui avait demandé pourquoi elle en portait et elle lui avait répondu : « parce qu'ils sont amples ». Sasuke aurait dû le voir venir.

Sasuke laissa un sourire ourler ses lèvres, puisque personne ne pouvait le voir, avant de passer au-dessus de Shizuka pour se lever. Il s'agenouilla face au visage endormi de sa petite amie (qui ronflait et bavait un peu) et enfonça son doigt dans sa joue. Un pli se forma entre ses sourcils clairs, mais elle continua de dormir comme si rien ne s'était passé. Sasuke fronça les sourcils (il n'aimait pas être ignoré) et pinça ses joues. Cette fois, elle poussa une plainte mais sa respiration resta profonde. Sachant qu'elle s'énerverait s'il la touchait trop (il avait appris pas mal de choses la semaine dernière en dormant avec elle), il choisit la solution la plus drastique qu'il pouvait imaginer.

Il plaça sa bouche près de son visage et lui mordit le nez.

Un marmonnement se fit entendre et le corbeau relâcha son nez. Il la regardait avec curiosité pour savoir s'il l'avait réveillée ou non. Shizuka plissa son nez et ouvrit son œil droit, aperçut Sasuke et le referma aussitôt .

Un ronflement caractéristique emplit la chambre.

Sasuke ricana et frappa la tête de la blonde, le « aïe » qui s'échappa de sa bouche fut impossible à arrêter. Vaincue, Shizuka se redressa sur le lit et frotta ses yeux. Sasuke s'était toujours demandé pourquoi elle n'enlevait pas son maquillage mais il n'osait pas lui poser la question. Il supposait qu'elle nettoyait simplement son visage tous les matins et remettait tout de suite son maquillage.

Pour dire vrai, Sasuke n'aimait pas vraiment le maquillage de Shizuka. D'une part parce qu'elle en mettait beaucoup (pas qu'il ne lui allait pas mais quand même) et d'autre part parce qu'il ne l'avait jamais vue sans. Durant toute l'année (même pendant la semaine où ils avaient été… ensemble ? - il supposait qu'il pouvait dire ça) elle avait été maquillée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Est ce que beaucoup de filles faisaient ça ? D'accord, ça lui donnait un air charmant (drôle) et elle était mignonne (d'une certaine façon) mais elle ne pouvait pas être si moche que ça en dessous, si ? Putain, elle devrait savoir qu'il l'aimerait quand même.

Non pas qu'il lui ait dit qu'il l'aimait bien...

Elle l'avait sûrement deviné.

Non ?

L'Uchiha reprit ses esprits lorsqu'il se rendit compte qu'on l'observait. Shizuka était réveillée, et elle se demandait probablement pourquoi Sasuke s'était réveillé le premier. Il n'avouerait jamais qu'il aimait vraiment Noël.

Jamais.

« Habille-toi » fut la seule chose qu'il dit.

Naruto regarda Sasuke marcher à travers la chambre, enfilant un jean noir serré (soigneusement plié dans l'armoire) et un col roulé vert et noir à manches longues qui descendaient jusqu'au dos de ses mains sans toutefois couvrir complètement ses doigts. Le blond aurait dû se douter que c'était la manière dont Sasuke s'habillait lorsqu'il ne portait pas de vêtements de cérémonie ou d'uniformes. Pourtant il l'aurait mis dans le groupe des gens qui portent des costumes et trucs dans le genre. Voir le brun se vêtir normalement était presque effrayant.

Naruto se rendit compte que ses anciennes fringues lui manquaient : les baggy en jean confortable, les sweat à capuche, les T-shirts et tout le reste. Maintenant, tout ce qu'il pouvait porter, c'était l'éternel uniforme scolaire et c'était tout. Aujourd'hui et pour le reste de la semaine, alors que tous les élèves ont une semaine de vacances et d'activités scolaires, il serait encore là à se promener en uniforme. Ce n'était pas comme s'il pouvait porter la robe qu'il avait mise au bal de Noël et c'était la seule autre chose qu'il avait.

- … On doit d'abord passer chez Neji et puis, je dois aller voir Sai, dit Sasuke, se rendant compte que le blond ne l'avait pas vraiment écouté. Il leva un sourcil en direction de Naruto (comme s'il n'avait pas envie de dire autre chose) et Naruto lui répondit.

- Oui, je vais voir si je peux trouver les autres.

Un peu moins de la moitié des étudiants étaient rentrés chez eux pour les vacances, puisque la plus grande partie d'entre eux passaient leur temps libre à l'école. C'était dû au fait que la plupart de leurs parents avaient beaucoup de chose à faire pour leur travail. Et les parents, qui n'avaient pas le temps d'avoir leurs enfants à la maison pour la semaine, étaient venus à l'école pour la journée. Sasuke et Naruto étaient deux des étudiants (malheureusement nombreux) à n'avoir pas du tout reçu de visites, puisque aucun d'entre eux n'avait de parents.

Bon, Naruto avait Asuma et sa famille, mais ils ne pourraient pas venir le voir lorsqu'il était comme ça. Il ne pouvait pourtant pas empêcher le fait que la seule chose qu'il avait de plus proche d'une famille lui manque.

Mais maintenant… il avait Sasuke. Pour combien de temps, il ne le savait pas mais pour le moment, il l'avait. Il regarda son petit ami disparaître dans la salle de bain et il revint les cheveux coiffés dans un style en cul de canard et un chaîne d'argent accrochée autour du cou.

- Habille-toi, dit-il à nouveau, et Naruto (qui pesta contre Sasuke et son putain d'empressement) commença à faire ce qu'on lui avait dit. Il tendit le bras pour prendre son uniforme scolaire mais fut arrêté par une main pâle. Celle-ci s'enroula autour de son poignet et le blond aima la sensation de picotement qu'il ressentit lorsque leur peau se rencontra. La main de Sasuke semblait si belle et délicate contre la sienne qui était large et mate.

- Tu ne vas pas encore porter ton uniforme scolaire, Shizuka.

Naruto se dégagea et, offensé, regarda l'Uchiha avec colère.

- Je n'ai rien d'autre, marmonna-t-il en détournant le regard.

Les yeux de Sasuke s'élargirent pendant une seconde mais il se rappela que quelqu'un le regardait et reprit alors son expression habituelle de froideur.

Naruto se mordit la lèvre inférieure, il détestait avoir l'air aussi pathétique. « Quel genre de fille possède seulement un uniforme scolaire ? » Pensa-t-il en soupirant et en baissant la tête.

- Ça ne me dérange pas que tu m'en empruntes quelques uns. Tu as déjà dormi avec alors où est le problème ?

Sasuke ne se voyait pas lui poser des questions. Comment demander à une fille pourquoi elle n'a pas de vêtements ? Elle lui avait dit que son père et sa mère étaient morts, mais elle avait sûrement quelqu'un pour s'occuper d'elle, non ? Déjà, c'était quelqu'un d'incroyablement riche, puisqu'elle était dans cette école. Il sourit quand il vit son visage s'illuminer (un peu comme si elle venait seulement de réaliser que c'était effectivement Noël).

Le corbeau se retourna et fouilla dans son armoire. Il y trouva quelque chose qui devrait lui aller (elle était plus grande que lui, après tout) et le lui lança.

- Je vais attendre dehors, dit-il et Shizuka hocha la tête.

Naruto le regarda mettre ses chaussures et ramasser un énorme rouleau et un livre tandis qu'il sortait puis il examina les vêtements que Sasuke lui avait lancés. C'était un jean gris clair qui serait certainement plus moulant sur lui. Le pantalon était vraiment trop long pour Sasuke mais ça lui permettait d'obtenir l'effet plissé qu'il recherchait sur les chevilles. Du coup, il irait à Naruto. Avec ça, Sasuke lui avait donné un T-shirt (qui était probablement ample pour lui mais qui irait bien au blond) manches trois-quarts. Le T-shirt était décoré d'un ancien éventail japonais aux couleurs gris et bleu qui allait de l'omoplate gauche jusqu'au bas du torse. Naruto eut un sourire et enfila les vêtements après avoir vérifié que son soutien gorge rembourré tenait. Puis il alla dans la salle de bain pour se laver le visage et remit rapidement du maquillage. Le fond de teint était la chose la plus importante car elle cachait ses cicatrices en forme de moustache, mais il ajouta quand même un peu de mascara et de gloss. Quand il eut terminé, il rejoignit son petit-ami qui faisait les cents pas derrière la porte.

Le corbeau sourit quand il vit Shizuka et s'arrêta. Elle était vraiment jolie dans ses vêtements et il était surpris de voir qu'elle était en fait moins maquillée que d'habitude. Peut-être était-ce le fait que ce soit la première fois qu'il la voyait si peu maquillée, ou peut-être qu'elle était juste jolie, mais Shizuka était vraiment belle quand elle n'était pas recouverte de maquillage. Elle avait l'air plus alerte et plus jeune, comme si elle n'essayait plus de cacher quelque chose sous d'épaisses couches de maquillage. Sasuke resta impassible lorsque Shizuka s'approchait de lui et elle lui fit un petit sourire en s'arrêtant en face de lui.

- Bonjour, chuchota-t-elle et elle frotta son nez (qui n'avait plus de trace de dents) contre le sien, comme un baiser Esquimau.

Sasuke ferma les yeux et répondit de la même manière avant qu'il ne pose ses lèvres contre les siennes. Presque immédiatement, elle ouvrit sa bouche et mordilla sa lèvre inférieure, la tirant vers elle jusqu'à ce qu'il ouvre sa bouche. Quand il s'exécuta, Shizuka laissa sa langue se promener, en caressant celle de Sasuke et en la persuadant de danser avec elle. Elle gémit lorsqu'il en suçota l'extrémité mais la laissa dominer le baiser à peine quelques secondes plus tard. Non pas qu'il s'en souciait vraiment. Le brun aimait souvent dominer ce qu'il se passait, être celui avait tout sous son contrôle. Mais avec Shizuka, il estimait que, peut-être, le contrôle n'était pas si important, après tout. En fait, quand il l'embrassait, il était heureux que ce soit elle qui mène la danse car il tenait à peine sur ses jambes pour être capable de faire quoi que ce soit.

Et qu'il soit obligé de pencher sa tête en arrière tout le temps n'aidait pas non plus.

Naruto relâcha les lèvres de Sasuke avec un « smack » sonore avant de donner aussi à son petit nez un gros bisou. Il regarda, amusé, la manière dont son petit-ami fit presque (presque) la moue lorsqu'il se recula, puis le brun remplaça cette expression inhabituelle par un sourire narquois.

- Tu ne contrôles pas tes mains, hein ? Demanda l'Uchiha et Naruto réalisa qu'il avait ses deux mains posées sur la taille de Sasuke. Les siennes, par contre, pendaient à ses côtés.

Naruto lui rendit son sourire narquois.

- Dis celui qui me colle dans le lit, rétorqua-t-il, et comme la dernière fois, le corbeau rougit. Le blond eut un petit rire, se retourna et se dirigea vers la chambre de Neji plus loin dans le couloir.

- Tu viens ou quoi ? Demanda-t-il et Sasuke quitta ses pensées et le suivit.

Quand il arrivèrent à la porte, Sasuke reprit la tête des opérations et frappa bruyamment à la porte. Alors que personne ne répondait, il frappa de nouveau, mais le duo fut seulement accueilli par le silence. Le brun semblait vraiment irrité et était prêt à s'en aller. Mais Naruto voulut persister, alors il appuya sur la poignée et ouvrit la porte déverrouillée.

Elle s'ouvrit et ce qu'ils y trouvèrent derrière fit ouvrir grands les yeux à Sasuke, choqué, et fit sourire largement Naruto. Ils virent – Naruto amusé et Sasuke terrifié – Neji reculer brusquement loin d'une jeune fille chinoise, dont les jambes étaient écartées, et prendre la couverture avec lui pour se couvrir en laissant la jeune fille nue sur le lit. Elle hurla (sur Neji) et saisit un oreiller qu'elle mit contre son corps alors qu'elle se redressait. Neji s'enroula dans la couverture et jeta un regard noir au couple sur le pas de la porte et aux gens qui passaient dans le couloir.

- Putain, vous comprenez pas quand personne ne vous ouvre la porte ?! Cracha-t-il, avant de réaliser sa position. Et fermez cette putain de porte !

Naruto ricana et rentra dans la pièce, entraînant l'Uchiha avec lui et ferma la porte. Sasuke paraissait toujours terrifié et regardait Neji et la fille qu'il connaissait sous le nom de Tenten. Il n'avait jamais entendu Neji jurer de sa vie et il pouvait encore voir son érection à travers la couverture. Toutefois, il se sentit plus désolé pour Tenten qui essayait toujours de se couvrir grâce à l'oreiller, ce qui ne fonctionnait pas vraiment.

Sasuke rougit lorsqu'un de ses seins s'échappa de derrière le coussin et il entendit Shizuka grogner à côté de lui. La blonde marcha jusqu'au canapé de Neji et donna à Tenten le chapeau qui traînait par là et elle lui fit un sourire reconnaissant.

- Ça annonce une belle journée ! s'exclama joyeusement Shizuka, ce qui fit encore plus rager le brun aux cheveux longs, alors que Tenten semblait amusée, maintenant qu'elle avait quelque chose pour se couvrir. Shizuka s'assit et se présenta à la brune qui fit de même, tandis que Sasuke jeta un coup d'œil à son ami.

- Joyeux Noël, dit-il.


Dix minutes plus tard, lorsque Neji et Tenten furent en mesure de s'habiller rapidement, Naruto et Sasuke s'installèrent côte à côte sur le canapé. La brune s'assit confortablement sur le lit en croisant les jambes (une position qu'imita immédiatement Naruto), tandis que Neji s'appuya sur son bureau, les bras croisés sur sa poitrine. Son excitation s'était calmée au grand soulagement de Sasuke.

- Et donc ? demanda Neji.

Sasuke marmonna dans sa barbe tandis que Naruto rayonnait comme un soleil. Si la journée commençait par quelque chose d'aussi drôle, il se demandait vraiment ce qui pourrait l'être plus encore.

- Quoi ?

- J'ai seulement dit que je voulais te donner ton cadeau de Noël, dit Sasuke, un peu plus fort cette fois.

Il ramassa le livre et le donna à Neji. Celui-ci le prit et sourit puis ouvrit le tiroir et lui donna aussi un livre qui était emballé. Sasuke l'ouvrit et sourit.

C'était le même livre.

Tenten roula des yeux et Naruto dissimula son rire derrière sa main, jusqu'à ce que quelque chose attire son attention. Alors que les deux garçons continuaient de discuter du livre et de son auteur, le blond se dirigea vers son but, incapable de le lâcher des yeux ne serait-ce qu'une seconde. Comme s'il était en transe, il se laissa tomber devant l'objet et tendit la main comme pour le vénérer.

- Wooooooo !

Les autres dans la salle se turent et regardèrent vers l'endroit qui était la source de l'exclamation impressionnée et jalouse de Shizuka. Elle s'agenouilla en face du réfrigérateur de Neji, la bouche grande ouverte.

- Neji, dit-elle sans les regarder, incapable d'en détacher son regard. Ton frigo est tellement plus grand que le mien !

Elle passa sa main sur sa surface.

Les trois paires d'yeux se détournèrent rapidement et le garçon aux yeux couleur nacre reprit la parole.

- Au fait, continua-t-il en se grattant la tête. Quelque part dans la chambre, on put entendre la porte du frigo s'ouvrir. Je ferais mieux de vous le dire maintenant, comme ça vous pourrez éviter la réunion. En mars, toute l'école fera un voyage de deux jours en ville. On se retrouvera à sept heures du matin et on restera toute la journée et une nuit. Les repas (« oh je ne manquerais pas ça », s'exclama Naruto mais personne ne l'écoutait) et le reste est déjà payé, mais ce n'est rien d'inhabituel pour nous.

- Un voyage de deux jours ? demanda le brun et il jeta un coup d'oeil vers Shizuka qui avait ouvert un paquet de crevette assez cher et une bouteille de cidre. C'est toi qui t'occupes de la répartition des chambres ?

Son ami hocha la tête et Sasuke sourit. Il ne voulait pas être séparé de Shizuka, ce serait-ce qu'une seule nuit.

- Pourquoi tu nous dis ça aussi tôt ?

Neji lança un regard à Shizuka mais ne sembla pas voir ce qu'elle faisait.

- Il faut la signature des parents ou tuteurs pour les étudiants de moins de dix huit ans, répondit-il ce qui fit tressaillir Sasuke. Son anniversaire n'était que cet été et ce n'était pas comme s'il allait demander à son fou et malade de frère, une autorisation pour un voyage scolaire.

- Mais ne t'inquiète pas – je me suis occupé des vôtres…

Il laissa sa phrase en suspens et regardait toujours Shizuka (qui était occupée à engouffrer une énorme baguette dans sa bouche tout en tenant une saucisse dans une main, tandis que l'autre piquait le reste de nourriture du frigo d'ailleurs personne ne savait, à part Neji, pourquoi il gardait ce genre de nourriture dans son frigo.)

- Et pour Shizuka… la principale Tsunade a signé la sienne.

Il lança à son ami un regard interrogateur qui lui fit détourner les yeux. La principale ? Ca voulait dire que Shizuka n'avait aucun tuteur quel qu'il soit ? Sinon, pourquoi la principale signerait la sienne ? Ce n'était pas comme si Tsunade pouvait se promener et signer les formulaires de tout le monde, alors pourquoi celui de sa petite amie ? Il avait compris que Neji lui posait silencieusement la question mais il ne connaissait pas la réponse. Tout à coup il eut besoin de sortir de la chambre et se dirigea vers Shizuka pour lui attraper le bras.

- J'arrive, j'arrive, dit-elle en se libérant de sa prise.

Sasuke se retourna vers Neji et Tenten et leur fit un signe de la tête.

- Joyeux Noël.

- Joyeux Noël, dirent à l'unisson Tenten et Neji.

- Joyeux Noël, cria joyeusement Shizuka, avant de quitter assez rapidement la chambre, suivi de près par Sasuke.

Ils fermèrent la porte dans un bruit sourd et Neji poussa un soupir. Enfin. Il se dirigea vers Tenten qui se retourna et lui donna une tape sur la poitrine pour s'être enroulé dans la couverture en la laissant nue. Neji sourit et se pencha pour l'embrasser, ce qu'elle accepta avec plaisir.

Tes amis sont intéressants, dit-elle passant ses doigts dans ses cheveux qui coulaient librement sur ses épaules.

Elle s'empara du col de son T-shirt, lui enleva et embrassa son torse glabre avant de baiser une nouvelle fois sa bouche. Avec un sourire narquois, il la repoussa sur le lit où elle était assise et s'allongea sur elle tandis que son désir augmentait à nouveau dans sa poitrine. La brune prit une poignée de ses cheveux noirs et l'attira à elle afin que sa bouche puisse atteindre son cou. Elle mordilla sa pomme d'Adam et il releva la tête pour lui donner un meilleur accès.

Puis quelque chose lui fit froncer les sourcils.

- Tenten ?

- Hum ?

- Est-ce que quelqu'un a volé mon réfrigérateur ?


Sasuke attendit patiemment que Shizuka range ses nouvelles affaires dans la chambre. Lorsqu'elle ressortit, elle portait sur les lèvres un large sourire de renard.

- Imagine la quantité de nourriture qu'on peut garder dans notre chambre maintenant ! S'exclama-t-elle en s'extasiant sur le cadeau de Noël que lui avait fait Neji sans le savoir.

Sasuke la suivit dans les escaliers. La chambre de Sai était un étage au-dessus du leur, dans le même couloir que les chambres d'Ino et Sakura. Quand ils arrivèrent à sa porte et frappèrent, une voix leur cria d'entrer. Naruto n'avait jamais été non plus dans la chambre de Sai et était surpris de voir combien elle était grande, même si elle était très encombrée.

Le plancher était couvert de différentes couleurs de peinture et des tableaux à moitié achevés étaient appuyés contre les murs. D'autres étaient finis et un ou deux séchaient sur des chevalets disséminés ici et là. Sai était assis dans un coin de la pièce et peignait une forêt de conifères dont le sol était brun, comme mort. Il était, comme tous ses autres tableaux, magnifique. Il portait un T-shirt usé avec des taches vertes dessus, ses manches étaient retroussées jusqu'aux coudes pour ne pas le gêner. Ses cheveux étaient tirés en arrière par une écharpe rouge qu'il avait nouée autour de son front mais Naruto pouvait toute de même voir un peu de peinture sur ses cheveux noir de geai.

L'artiste en herbe se tourna vers eux, les saluant de ses yeux noirs (avec lesquels il regarda le corps de Shizuka et détailla ses habits) et sourit d'un sourire que le blond jugea sincère. Naruto lui souhaita un Joyeux Noël et Sai se sécha sur la serviette à côté de lui.

- Vous avez été voir Neji ? demanda-t-il

- Ouais, répondit Sasuke et en observant plus attentivement, on pouvait voir une légère rougeur sur ses joues.

La malédiction d'avoir la peau pâle. Le brun lui fait un grand sourire, comme s'il savait déjà sur quoi ils étaient tombés lorsqu'ils y étaient allés (ce qui était probable – Sai était parfois un peu effrayant), puis il redevint par la suite sérieux.

- Il vous a parlé de la sortie scolaire ? demanda-t-il en jetant un coup d'œil vers Naruto.

Le blondinet, qui au moment où Neji avait parlé du voyage vidait son réfrigérateur, les regarda avec confusion en penchant la tête sur la gauche. De quoi étaient-ils en train de parler ? Mais il vit son petit ami approuver d'un signe de la tête et Sai ne quitta pas des yeux le corbeau.

Sasuke grinça presque des dents. Ainsi, Neji avait aussi parlé de la signature du principale avec Sai. Est-ce qu'il avait vraiment eu besoin de l'ouvrir ? Sasuke haussa les épaules et l'artiste laissa tomber immédiatement. En soupirant, Sasuke lui tendit le rouleau que son ami prit avec plaisir.

- Merci Sasu ! Dit-il en souriant et toucha du bout des doigts le tissu. Je n'avais plus d'endroit pour stocker mes peintures depuis des semaines ! J'ai dû peindre sur le recto d'anciens tableaux ! Ajouta-t-il en riant.

Naruto regarda de plus près une de ses peintures et son recto mais celle-ci était vierge derrière.

- Pourquoi tu ne t'en achètes pas toi-même ? demanda-t-il à Sai. Celui-ci sourit et retourna à sa peinture en ramassant à nouveau le pinceau.

- Parce que c'est vachement plus drôle de les avoir par Sasu, répliqua-t-il, provoquant un « tsk » de la part de son ami puis tourna le dos et fit de la place en poussant quelques dessins.

Sai sourit et fit un clin d'œil à Naruto et le blond se tourna vers Sasuke et sourit. Ce dernier se retint de lever les yeux au ciel.

- Est-ce que tu as déjà accroché mon cadeau ?

Sasuke détourna les yeux et secoua la tête et l'Uzumaki put voir un sourire orner les lèvres du brun alors qu'il retournait à sa peinture. Le corbeau traversa la pièce.

- A plus tard, dit-il en ouvrant la porte.

Sai fit un signe d'au-revoir avec son pinceau mais ne dit rien de plus.

Naruto suivit l'Uchiha en silence. Ils descendirent les escaliers et sortirent du bâtiment. C'était une chaude journée, même si on était en plein milieu de l'hiver, si bien qu'aucun d'eux n'avait besoin de manteau. Ils marchaient côte à côte, assez proches l'un de l'autre, cette proximité réchauffait leur corps et les rendaient complètement confus.

- Qu'est-ce qu'il t'a donné ? Lui demanda tout à coup Shizuka.

Sasuke ne répondit pas tout de suite. Qu'allait-il lui dire ? « Un dessin de toi » ? La honte. Sous son lit, il avait un dessin de sa petite amie en train de jouer du piano et il avait peur qu'elle le voit. Il ne savait pas du tout comment elle réagirait.

- Un dessin, murmura-t-il, et elle ne posa pas plus de questions.

De toute façon, Sasuke éviterait sûrement de répondre. Ils se dirigèrent vers le seul bâtiment dans lequel le blondinet savait que l'un de ses amis (Shikamaru) vivait et lorsqu'ils frappèrent à la porte, il ne s'embêta pas à attendre la réponse. Il savait que Shikamaru était trop paresseux pour marcher et ouvrir la porte ou alors pour leur hurler d'entrer. Cependant, la porte était fermée à clef.

- Et maintenant ? demanda Naruto, le brun se contenta de hausser les épaules.

C'était bizarre que Shikamaru ne soit pas dans sa chambre à cette heure-ci de la journée étant donné que le fainéant se levait en général dix minutes avant que les cours ne commencent. Combien de temps était-il capable de dormir lorsqu'il n'y avait pas cours, l'Uzumaki ne voulait même pas y penser. Ils sortirent une nouvelle fois dans le froid matinal, leurs mains se cognaient l'une contre l'autre puis le brun attrapa la main chaude de Naruto et la tint. Ce dernier sentit une rougeur couvrir ses joues et sourit à l'initiative de Sasuke.

- Oi ! Les tourtereaux ! Par ici ! S'exclama une voix, celle de Kiba, qui avait la moitié de son corps penché dans le vide, à une fenêtre.

On pouvait voir Temari derrière lui qui essayait de le tirer à l'intérieur. Naruto sourit et entraîna son petit ami par la main et lorsqu'ils prirent le bon couloir (le premier au quatrième étage), Hinata les attendait à la porte et leur faisait coucou. Sasuke essaya de se détacher de l'emprise de Naruto, mais celui-ci ne se sentait pas de relâcher sa main maintenant. Ils entrèrent dans la chambre, suivis d'Hinata qui ferma soigneusement la porte. Sur le lit se tenaient Kiba et Shikamaru, Temari était debout près de la fenêtre maintenant fermée et Gaara était allongé sur le canapé, les yeux fermés. Choji était assis en face de la télévision, et, au milieu de la chambre, il y avait un petit sapin décoré avec des bonbons en forme d'os de chien.

Naruto supposa que c'était la chambre de l'Inuzuka.

Sur le lit, il y avait un nouveau personnage qui s'ajoutait à leur groupe toujours plus important. C'était un grand chien blanc et brun à peu près de la même taille que son ami et Naruto reconnut Akamaru qui était le chien préféré de Kiba. Akamaru agita sa queue lorsque les deux personnes entrèrent dans la chambre et sauta du lit pour les accueillir.

- Bonjour mon petit pote ! lui dit l'Uzumaki en le grattant derrière les oreilles avec ses deux mains. Tu rends visite à ton maître pendant les vacances hein ? Oh ! Pas là ! Arrête ! Allez ! Oust !

Il essaya de repousser l'animal quand soudainement il fourra son museau entre ses jambes, ce qui le rendit très mal à l'aise. Kiba rit et demanda à Akamaru d'arrêter ce qu'il fit tout de suite. Naruto frotta son pantalon (enfin, celui de Sasuke) et jeta un regard offensé au gros chien. Cependant, lorsque Akamaru alla vers Sasuke pour lui dire bonjour, il rencontra seulement ses yeux sombres et il recula vers son maître la queue entre les jambes.

Sasuke sourit d'un air victorieux.

Kiba consola son chien en lui tapotant la tête et lui donna un bonbon qui se trouvait sur le lit puis il prit la parole.

- C'est cool qu'on vous ait vus, dit-il. On a des cadeaux pour vous !

Shizuka pâlit immédiatement mais seul Sasuke le remarqua (puisqu'il la regardait tout le temps). De Kiba elle reçut un petit chien fait en verre (qui était probablement cher) de Shikamaru un jeu d'échecs (cher aussi vu qu'il était fait en porcelaine) de Choji un chèque cadeau pour un restaurant (les yeux de Naruto s'élargir à la vue du montant) Hinata lui donna un joli collier (il en resta bouche bée) et Temari lui donna une belle robe marron à la mode (il n'osait presque pas y toucher). Sur le canapé, Gaara se réveilla et lui tendit une petite boîte qui contenait un bracelet en or décoré de motifs de fleurs (le blond l'effleura de ses doigts, n'osant même pas le prendre). Dans sa vie, il n'avait jamais eu d'aussi beaux cadeaux, sans parler du prix qu'ils avaient dû coûter. Il pâlit un peu plus et déposa la boîte de Gaara sur le sol avec les autres. Un frisson parcourut son dos.

- Je ne peux pas les accepter, déclara-t-il calmement en ramassant la figure de chien en verre.

- Et pourquoi pas ? Lui demanda Shikamaru.

Naruto leva les yeux et vit que tout le monde le regardait.

- Je n'ai rien à vous offrir.

- Shizuka, dit Kiba quand il eut terminé sa phrase. Si tu veux vraiment nous offrir quelque chose tu peux nous le donner plus tard.

- Mais… répliqua-t-il en les regardant droit dans les yeux, je n'ai pas d'argent.

La chambre fut silencieuse pendant trois, quatre, cinq secondes, avant que tout le monde n'éclate de rire, sauf Sasuke et Gaara (le gloussement de Shikamaru fut compté parmi les rires). Ils rirent jusqu'à ce que Hinata comprenne soudain que Shizuka était en fait sérieuse et elle donna un coup de coude dans les côtes de Kiba. Il s'arrêta aussi, suivi par les autres et ils l'observèrent tous d'un air confus .

- Tu veux dire quoi par « je n'ai pas d'argent » ?

- Tes parents t'ont coupé les vivres ?

Sasuke regarda Shizuka se mordre les lèvres. Même s'il voyait bien que cette situation la mettait mal à l'aise, lui aussi se demandait de quoi elle parlait. Tout le monde dans cette école avait de l'argent, et même les plus pauvres (si on pouvait parler de « pauvres » pour quelqu'un d'ici) étaient millionnaires.

- Non, dit-elle enfin. Je ne suis pas riche du tout.

Ce fut à ce moment que Naruto réalisa son erreur. « Merde ! » pensa-t-il. Tout le monde avait de l'argent ici ! Il baissa les yeux sur ses genoux, tout à coup gêné d'être pauvre. Comment allait-il se sortir de ce pétrin ?

- Mais, rétorqua la blonde. Tu as sûrement un peu d'argent. Sinon comment aurais-tu été acceptée dans cette école ? Naruto hocha la tête – il ne pouvait pas leur mentir à ce sujet.

- Mon… ami m'a fait entrer dans cette école. Je suppose qu'il a des contacts.

« Ça doit être un putain de bon contact », pensa Sasuke. Elle vivait après tout dans le dortoir des milliardaires. Mais pourquoi n'en avait-elle pas parlé plus tôt ? Mais maintenant que le brun y pensait, elle agissait parfois comme une sorte de lapin effrayé comme si elle avait peur de casser quelque chose. Il avait vu sa robe suspendue dans sa chambre, comment tout, sous les piles de livres, semblaient étrangement intacts. Comment elle essayait de faire le lit quand ils se réveillaient – elle ne savait pas le faire, de toute évidence, mais elle essayait à chaque fois.

Comment elle enfouissait son nez dans les draps de soie, frottant précautionneusement ses joues contre le tissu.

Et qui était son ami ? Tout ce qu'il savait d'elle, c'était que ses parents étaient morts mais rien de plus. Bien sûr, elle avait du être prise en charge lorsqu'elle avait cinq ans, n'est-ce pas ? Peut-être que son ami était cet homme étrange qu'elle avait rencontré en dehors de l'école, un soir très tard, il y avait plusieurs mois ? Celui qui lui avait donné cette arme terrifiante qu'il avait trouvée sous son lit ?

Pourquoi agissait-elle comme si c'était un grand secret ?

Mais Sasuke ne pouvait pas le lui reprocher, après tout. Ce n'était pas comme s'il s'était ouvert et qu'il lui avait parlé de son enfance. Il ne lui avait pas parlé de ce que Itachi lui avait fait, à lui, à eux. Il ne lui avait pas raconté sa vie avant ça. Alors, comment pourrait-il être celui qui la jugeait ? Et à quoi pensaient ses amis à l'interroger comme ça ? Sasuke serra les dents derrière ses lèvres closes, prêt à cracher toutes sortes de paroles méchantes et cruelles à ces soi-disant amis lorsque Shizuka prit la parole.

- Je sais ce que je peux vous donner ! s'écria-t-elle, un sourire rayonnant sur les lèvres qui illumina la pièce comme si, soudain, l'été était arrivé, en plein hiver.


Shikamaru observait curieusement Shizuka du coin de l'œil. Elle s'assit avec les autres derrière un immense tas de neige en laissant sa tête le dépasser. Sa large mâchoire était crispée par la concentration et ses yeux bleus parcourait l'espace devant eux tout en étant habitués à garder une grande zone sous surveillance en même temps. Elle changea de jambe d'appui et le garçon flegmatique observa la manière dont pas un seul flocon de neige ne se souleva sous les chaussures marrons de l'école, à peine recouvertes par le jean super cher qu'elle avait emprunté à son copain. Tandis que de la fumée s'échappait des nez et bouches de ses camarades, il n'y avait aucune trace lorsqu'elle expirait.

Comme un soldat entraîné.

Shikamaru n'était pas stupide. Il était paresseux, mais personne ne pouvait dire qu'il était stupide. C'est ainsi qu'il avait capturé le cœur de Temari et c'est pourquoi il valait mieux l'avoir comme ami plutôt qu'ennemi. Mais Shizuka le faisait se sentir stupide, elle qui semblait cacher tellement de choses.

Choji avait été le premier ami de Shikamaru. Il avait été capable de lire en lui tout de suite. Voir Choji marcher tout seul lui avait fait comprendre que le garçon joufflu l'était – un exclu. Shikamaru avait toujours eu des complications à cause de ses goûts. Kiba avait également été facile à lire. Derrière ses grognements et sa voix criarde, il voulait seulement que les gens l'aiment, même s'il n'était pas très doué avec les autres. Kiba était un de ces types qui devenait fou et parlait à ses animaux (en l'occurrence aux chiens, pour lui) s'il restait seul trop longtemps. Il était important de donner à l'Inuzuka l'attention dont il avait besoin.

Comme un chien, en fait.

Temari avait été facile à lire aussi - elle était un peu comme sa mère. Hinata vivait dans l'ombre de son cousin et c'était une bonne chose qu'elle ait rencontré Kiba. Hinata avait besoin de prendre soin de quelqu'un, quelqu'un qui la regarderait comme un chien lèverait les yeux vers son maître. Kiba avait besoin de quelqu'un pour prendre soin de lui, le nourrir et pour lui tapoter la tête.

Le petit frère de sa petite amie, Gaara (son autre frère est allé dans une autre école qui enseigne la manière de créer de l'art sous différentes formes) avait presque été trop facile à lire tout comme l'Uchiha. Tout les deux agissaient avec indifférence, même si, pour Shikamaru, leur regard montrait qu'ils observaient toujours prudemment les choses et qu'ils avaient un contrôle sur tout, qu'ils testaient et décidaient de tout. Ces deux-là n'était pas fait pour s'entendre. Celui qui était un peu plus délicat à déchiffrer était Sai. D'un côté, il semblait être une des personnes les plus ouvertes au monde et de l'autre, il y avait une telle part d'ombre cachée derrière ses yeux que Shikamaru avait en fait eu du mal à le comprendre. Mais la seule fois où il avait vu l'artiste regarder Shizuka lui avait révélé quelques uns de ses secrets. Il était du genre à s'attacher aux autres en nouant un lien avec eux. Shikamaru avait vu certaines de ses œuvres lorsqu'il avait été possible pour tous les étudiants en art de les montrer dans un célèbre musée. Toute l'école avait été invité au vernissage. Il avait vu une peinture du cousin de Hinata, Neji, et le lien qu'il partageait avec Sai était exprimé par le portrait. Le brun aux yeux très clairs était quelqu'un que Shikamaru ne connaissait pas vraiment, mais il voyait quand même que Neji croyait en quelque chose, qu'il acceptait les choses après les avoir testées, comme si c'était censé se passer comme ça.

Mais la blonde, Nanohara Shizuka, troublait Shikamaru au plus haut point. Quand il observait la manière dont elle bougeait, dont elle agissait, il n'y décelait rien. Elle était comme vierge, et en même temps, elle semblait cacher plus de choses dans son petit orteil que ce que Sai cachait dans tout son corps entier.

Comme si tout ce qu'elle était, était un mirage qui recouvrait quelque chose.

Même la façon dont elle marchait. Elle ne bougeait pas comme une fille, même si elle essayait. Elle portait du maquillage tous les jours, même si elle ne semblait pas se soucier de son apparence. Son niveau de langage était encore plus horrible que celui de Temari et de sa mère réunies et elle avait la plus étrange voix - comme une jeune fille qui endurerait la mue des jeunes adolescents.

Et tous ces détails le faisait s'interroger…

Shikamaru donna un coup de coude à Gaara dans les côtes (il était celui qui était le plus proche) et il reçut un regard meurtrier. Shikamaru était toujours en train d'observer la jeune fille et ne le vit pas.

- Gaara, l'interpella-t-il. Est-ce que tu crois que Shizuka pourrait être un...

Il allait demander son avis au roux (qui lui n'avait rien demandé) lorsque tout à coup Shizuka siffla à voix basse.

- Elles sont là ! Tenez vous prêts !

Shikamaru et les autres tournèrent leur tête vers l'endroit où les yeux de Shizuka étaient fixés et virent deux filles marcher dans la cour. Haruno Sakura portait un manteau rose avec un col à fourrure blanche (fausse) et Yamanaka Ino portait la même chose, mais le sien était violet. Leurs minces jambes étaient seulement vêtues d'un collant fin également qui disparaissait dans de mignonnes bottes marron. Elles parlaient et souriaient et même Gaara se sentit un peu désolé pour elles.

- Les boules de tout le monde sont prêtes ? chuchota Naruto. Cette phrase fit rire Kiba comme un ado pré-pubère avant que le roux ne lui jette un regard qui le fit taire. A la place il hocha la tête et la blonde sembla satisfaite.

- Tenez-vous prêt… En position... Shizuka leur fit un sourire de renard. GO !

La seule chose que Sakura et Ino purent voir avant d'être littéralement bombardées de boules de neiges furent huit personne floues et quelque chose qui ressemblait à un loup, ce qui eut pour résultat de les faire crier et d'essayer de bloquer les tirs.

Même Sasuke lança des boules de neige (il s'en prenait à elles pour toutes les fois où elles avaient essayé de le séduire) et Gaara était plus qu'heureux de pouvoir essayer ses gestes meurtriers encore une fois (bien que personne ne puisse mourir). Hinata avait convaincu tout le monde de faire des boules peu compactes et seule Temari avait été contre mais après le regard suppliant de la brune, elle accepta. Choji était très occupé puisqu'il mangeait en lançant des boules de neige à chaque chips avalées mais il s'en sortait plutôt bien.

- Arrêtez ! Cria Sakura alors qu'elle tentait de se mettre à l'abri derrière Ino. Elle échoua lamentablement parce que Ino tentait elle aussi de se protéger derrière son amie, ce qui les faisait courir en rond.

- Jamais ! Vous allez devoir nous battre si vous voulez nous arrêter ! Rétorqua Naruto en criant pour les provoquer. Sakura s'arrêta brusquement, au même moment que Ino et elles les regardèrent dans les yeux avec un sourire narquois.

- Ah ouais ? Crièrent-elles.

- Oh ouais ! Répondit Naruto. Enfin, c'était ce qu'il aurait crié, s'il n'avait pas reçu soudainement une boule de neige dans la bouche. Il tomba à genoux en crachant de la neige fondue. Sasuke s'arrêta une minute afin de s'assurer que sa petite amie (petit ami) allait bien, mais il reçut une boule de neige dans la tête et il tomba lui aussi dans la neige. Sakura cria pour sa victoire.

- Prenez ça, bande de nazes !

La bataille de boules de neige continua et rapidement le maître chien se mit à en jeter sur Hinata. Temari en lança une dans le dos de son frère qui lui rentra dans le col de son haut ce qui lui fit pousser un cri de fille assez drôle. En peu de temps, cela se transforma en bataille générale, Naruto et Sakura firent équipe contre Sasuke qui se jeta derrière Akamaru tandis que le chien poursuivait une Ino rieuse. Son rire contamina tout le monde et d'un coup, ils furent tous en train de rire et de lancer des boules de neige (ou en train de mordre, pour Akamaru). D'autres étudiants se joignirent à eux, et avant d'écraser une boule de neige sur l'estomac de Naruto, Sasuke put voir Tenten entraîner un Neji réticent dans la bataille.

- Quelle vue magnifique de la jeunesse ! dit soudainement une voix retentissante et l'Uchiha le reconnut : c'était le garçon qui habitait la chambre à côté de celle de Shizuka. Gaara jeta immédiatement une boule de neige sur sa coupe au bol.

Le pauvre professeur Umino les repéra et se précipita pour essayer désespérément de les arrêter.

- Il est interdit de se battre dans cette école ! Arrêtez- ça immédiatement ! Arrêtez !

Il repéra la jeune fille impolie, Nanohara se souvint-il, et soupira.

Cette fille n'apportait que des problèmes.


Plus tard, quand tout le monde fut parti, Naruto s'assit avec Sasuke sur un blanc à l'extérieur de la grande salle à manger. Trop fatigués, ils s'étaient dirigés vers la cuisine et avaient demandé un chocolat chaud que le personnel de cuisine se fit un plaisir de leur donner. Ils avaient passé toute la journée dehors, il étaient trempés et congelés, mais ils s'étaient bien amusés. Tellement amusés que même Gaara s'était fait un nouvel ami – le voisin de chambre de Naruto, Rock Lee. Ce dernier les avaient suivis avec Sakura et Ino.

Et ça avait été en fait très sympa.

Maintenant tout le monde étaient parti. Hinata avait suivi Kiba au moment de retrouver la mère et la sœur de son petit ami pour qu'elles viennent récupérer Akamaru. Shikamaru avait embarqué Temari (qui avait amené Gaara) pour aller dîner avec son père (ils prirent à emporter). Sakura et Ino avaient suivi Chôji et avaient exigé qu'il leur fasse le repas (elles n'avaient pas mangé quelque chose préparé par un apprenti chef) et Lee s'était joint à eux car il n'avait rien d'autre de mieux à faire. Il leur avait dit par contre qu'il allait danser autour du plus grand arbre de Noël de l'école avec Gai, l'un des professeurs de sport.

Maintenant, Naruto et Sasuke étaient assis seuls pour se reposer et reprendre leur souffle au vu de leur journée mouvementée.

- C'était un bon Noël ? demanda Naruto les yeux fermés mais un sourire accroché aux lèvres. L'Uchiha l'observait de là où il était, tourné dans sa direction. Il était à cheval sur le banc tandis que le blond avait son dos appuyé contre le couloir était assez sombre même si certaines lumières étaient allumées. Le grand arbre de Noël à côté d'eux les éclairait également et l'odeur du sapin envahissait les narines de Naruto.

Sasuke hocha la tête avant de répondre.

- C'était vraiment différent. Non pas que je me plaigne – c'était amusant.

Le sourire de Naruto s'élargit encore plus. C'était agréable d'avoir la chaleur du brun à côté de lui comme ça. Sasuke n'était pas seulement quelqu'un qu'il pouvait embrasser ou dont il se sentait attiré – il était aussi son meilleur ami.

Mais là encore, les amis ne se mentaient pas comme Naruto mentait à Sasuke. Mentir au brun répandait un goût amer dans la bouche du doré.

Est-ce que Naruto était vraiment bien pour Sasuke ?

Puis il fut frappé par quelque chose.

Il ne pouvait pas s'éloigner de Sasuke parce qu'il ne le voulait pas. Il ne le pouvait pas. Ses sentiments pour le brun étaient trop forts. Le sentiment d'avoir enfin quelqu'un dans son cœur quelqu'un à protéger et qui nous protège quelqu'un qui vous comprenne parfaitement quelqu'un qui ne vous pose pas de questions avant que vous ne soyez prêt à en parler quelqu'un qui vous respecte. C'était exceptionnel et Naruto savait qu'il ne pourrait jamais ne pas vouloir cela.

Mais Sasuke aimait Nanohara Shizuka. Pour lui, Naruto Uzumaki était quelqu'un qui n'existait même pas.

Il n'était pas bien pour Sasuke. Le brun ne pourrait jamais avoir une belle vie avec lui. Naruto ne le laisserait jamais être avec quelqu'un qui lui avait autant menti que lui-même l'avait fait. Il ne l'aurait jamais exposé à cela. Alors, pourquoi le faisait-il ?

La réponse était vraiment facile.

Naruto aimait Sasuke.

Il aimait Sasuke de tout son être et de tout son cœur, si fort qu'il ne pouvait pas s'en aller. N'en était pas capable. Même s'il le fallait.

Serait-il capable de s'éloigner du corbeau, si c'était pour son bien ?

- Je voulais te donner quelque chose, annonça l'objet de ses pensées.

Shizuka tourna la tête et il fut surpris de voir qu'elle avait les larmes aux yeux. Pourtant, elles disparurent presque immédiatement et Sasuke pensa qu'il avait rêvé. De la poche de son jean, il sortit une petite boîte et la donna à la jeune fille. Celle-ci l'ouvrit et découvrit une petite paire de boucles d'oreilles en diamants dont la monture était en or.

- Je sais que tu n'as pas les oreilles percées, mais je voulais te les donner. Je… n'ai pas eu assez de temps pour t'acheter quoi que ce soit. C'est l'une des vieilles paires de ma mère.

Il détourna les yeux en rougissant et ne voulait pas qu'elle le voit ainsi et se gratta l'arrière de la tête d'un geste maladroit, gêné.

Toujours assise, la blonde resta parfaitement immobile à côté de lui, la boîte encore dans la main. C'était comme si elle osait à peine les toucher et lorsqu'elle releva sa tête vers lui, Sasuke ne put déceler aucune émotion sur son visage.

- Je ne peux pas accepter les boucles d'oreilles de ta mère, dit-elle en les lui rendant .

Le brun refusa de les reprendre.

- Prends-les, ordonna-t-il pour qu'elle ne puisse objecter un quelconque argument.

Elle regarda autour d'elle puis leva ses mains vers sa nuque et y manipula quelque chose. Elle sortit un collier qui était caché par le T-shirt emprunté à Sasuke, sur lequel il y avait un éventail.

C'était un tout petit truc, vraiment. Il s'agissait d'une fine chaîne en argent qui n'était probablement pas du tout en argent. Un pendentif y était accroché : c'était une pierre de cristal bleu qui ressemblait presque à du verre, entourée de deux perles rondes. Elle la posa dans sa main et la caressa de son pouce avant de la donner à Sasuke.

- Je ne peux pas te le donner mais je veux que tu l'aies quelque temps, Sasuke. Il était à mon père.

Le brun prit le collier dans ses doigts pâles en y faisant attention, le tenant comme si c'était le bijou le plus précieux du monde. Et pour Naruto ça l'était. Il observa la manière dont le jeune garçon aux yeux noirs l'attacha autour de son cou, la pierre roula pour venir s'échouer sur son cœur.

Le corbeau posa une main dessus et sourit à la lumière de l'arbre de Noël.

Le cœur du renard manqua un battement.


A suivre...

Pffiou, j'ai dû refaire la mise en page des dialogues (tous les tirets avaient disparus!) au dernier moment, j'espère que je n'ai pas fait d'erreur et que c'est lisible... N'hésitez pas à me dire là où je me suis trompé si c'est le cas ;)

Encore merci à ninou07000 et aux bêtas pour ce chapitre!