Merci à tous pour vos commentaires, c'était mignon hein?
Je vous laisse avec la suite, bonne lecture!
Traducteur: HimeBluestar
Chapitre 13
Behind My Stuffed Bra We Find a Heart
Sasuke regardait la vingtaine de bus qui étaient alignés sur le parking du terrain de sport. Le parking était relié à une petite route irrégulière qui allait dans la forêt, et se terminait plus tard sur l'autoroute qui les conduirait en ville. Les bus avaient été loués, mais ils étaient quand même chers. Les sièges étaient neufs, larges et confortable, il y avait un accès à Internet, et il y avait un petit écran au dos de chaque siège, avec des films, des émissions télé et de jeux vidéo au choix, complété par des écouteurs et par cette télécommande vraiment cool qui était également une manette de jeu.
Les bus avaient été tunés. A fond.
Le corbeau déglutit deux fois de suite tout en regardant les bus qui ronronnaient, inspira par le nez puis expira par la bouche. Il n'avait pas dormi une seule minute la nuit dernière et il ne se sentait pas très bien. Il était sur le point d'aller dire à Neji qu'il allait sauter le voyage (avec les deux élèves qui n'avaient pas eu la signature de leurs parents et celui qui avait en fait une fausse) et juste regarder les bus partir sans lui. Mais il ne voulait pas vraiment louper ce jour non plus. Les deux années précédentes il s'était affreusement ennuyé (d'une certaine manière, il ne l'était pas cette année), et c'était la seule chose qu'il avait en fait vraiment attendu avec impatience. Il aurait le droit de se balader librement vu que tous les étudiants pouvaient passer leur journée comme ils voulaient il pourrait gaspiller un peu d'argent pour irriter son frère avant d'être sûr que ce bâtard mourrait d'une mort désagréable. Et cette année, il pouvait passer la journée avec Shizuka.
Shizuka, qui se tenait à ses côtés, chantonnait une chanson nulle qu'elle avait fredonnée durant toute la semaine, ce qui avait rapidement commencé à le déranger.
Regarder la blonde calmait un peu son inquiétude. Elle portait la robe brune qu'elle avait eue de Temari et elle avait l'air terriblement mignonne dans celle-ci (du point de vue de Sasuke. Le reste de l'école, mis à part Sai qui la voyait comme un intéressant sujet de peinture, dirait qu'elle avait plutôt l'air stupide). Elle portait une de ses vestes printanières par-dessus et comme elle était trop courte pour ses bras, elle avait retroussé les manches jusqu'aux coudes. Sur son épaule pendait un large sac que les professeurs lui avaient donné lorsqu'elle s'était mise au mauvais endroit au mauvais moment (elle était en train de discuter avec Neji). Il contenait de la nourriture pour un bus plein d'enfants. Le poids ne semblait pas la déranger, ce qui faisait supposer à Sasuke qu'il ne devait pas être si lourd après tout.
Jusqu'à ce qu'il voit deux garçons qui avaient du mal à porter un sac similaire, appartenant à un des autres bus.
Il déglutit à nouveau et fit face au ciel. Il ne faisait pas si beau que ça. Les nuages lourds remplissant le ciel menaçaient de déverser leur pluie et l'air menaçait de gronder. Ce qui était une bonne chose, comme ça le trajet en bus ne serait pas si terrible.
Soudain, il sentit une main qui agrippait la sienne. Ça le surprit et il retira sa main mais l'autre main la saisit fermement. Sasuke se détendit en voyant à qui la main appartenait.
-Est-ce que ça va ? lui demanda Shizuka, alors qu'elle regardait un des bus.
La réponse inexistante de Sasuke était une réponse suffisante.
-Ça va aller. On y sera avant que tu t'en rendes compte.
La nuit précédente, Naruto avait remarqué que Sasuke était nerveux, mais il n'avait pas compris pourquoi au début. Sa première idée avait été que Sasuke avait décidé de faire plus que dormir dans le lit et qu'il était nerveux à cause de ça. Mais lorsque rien ne se passa et que Sasuke continuait à s'agiter dans son lit, incapable de dormir, ça le frappa enfin. Sasuke avait peur des transports. Ce n'était pas le cas de Naruto, mais d'Asuma si : il quittait rarement la ville pour cette raison précise. Peu importait où ils étaient, c'était le fait d'y aller qui occupaient leurs esprits, d'une façon indescriptible. C'était la raison principale pour laquelle Asuma ne lui avait rendu visite qu'une fois, et c'était pour ça qu'il contacterait Naruto lorsqu'ils seraient arrivés en ville.
Alors, la nuit entière, Naruto avait essayé de réconforter Sasuke du mieux qu'il pouvait. Asuma prenait toujours une bière la veille, mais Naruto n'en avait aucune, et Sasuke était encore trop jeune pour boire. Il avait essayé de lui faire penser à autre chose, mais au vu des cernes sous les yeux de Sasuke, c'était évident qu'il avait échoué.
La seule chose à laquelle il pouvait penser maintenant, était ce que Kurenai –la femme d'Asuma- lui avait dit une fois lorsqu'elle était ivre.
Sasuke se retrouva entraîné ailleurs, jetant un œil au sac de provisions laissé derrière eux. Shizuka les plaça entre deux bus, regardant attentivement les fenêtres pour s'assurer que personne ne s'était installé avant tout le monde. Après avoir fait ça, elle pressa Sasuke contre un des gros bus bleus, le tenant immobile alors qu'il commençait à lutter.
-Mais qu'est-ce que tu fous ? demanda-t-il plutôt énervé.
Naruto lui répondit en grignotant son cou par-dessus sa chemise, suçant un point soigneusement choisi qui transforma la fin de sa phrase en gémissement.
-Je me débarrasse de cette nervosité une bonne fois pour toutes, marmonna-t-il dans le cou du corbeau.
Il déboutonna les trois premiers boutons de la chemise noire, révélant plus de peau. Le blond plongea ses dents dans le cou maintenant nu.
-Ah… a… arrê… arrête ça, essaya-t-il de protester, mais ça ne servit à rien.
Shizuka l'avait piégé avec son bras droit, son corps se tenait à son côté. Cependant, il ne pouvait trouver la force de la repousser, pas avec cette pression croissante dans son pantalon. La vérité, c'était qu'ils n'avaient jamais rien fait de tel auparavant. Evidemment, ils s'étaient embrassés, mais c'était tout. Pas qu'il s'en plaigne mais merde –Sasuke était un gars quand même. Un gars avec des besoins. Et c'était un de ses besoins qui fleurit lorsque Shizuka laissa sa main voyager le long de son torse jusqu'à sa ceinture ornée de rivets, l'ouvrit et commença à masser son membre de l'extérieur de son pantalon, le touchant parfois à travers le zipper ouvert.
-Di… dieu…
Naruto aurait souri s'il n'avait pas senti cette même pression grandir sous sa robe. C'était pour ça que la position était bien –Sasuke ne pourrait ni voir ni sentir son érection. Il aurait seulement besoin de se calmer lorsqu'il en aurait fini avec Sasuke. Mais avec les grognements mêlés aux gémissements qu'il produisait, Naruto se demanda s'il tiendrait jusque-là lui-même. Et voir le visage de Sasuke lorsqu'il plongea sa main dans son boxer et attrapa sa queue palpitante était un vrai délice.
-Nnngh… oui…
Les mouvements de traction devinrent des mouvements de pompage dont la vitesse était agréablement lente et les hanches de Sasuke bougeaient en rythme avec la main de Naruto. Il alternait entre faire des pompages rudes et jouer avec le bout, et parfois sa main descendait pour aller caresser les bourses de Sasuke. Il n'était pas petit là en bas, ça c'était sûr.
-… ah… plus fort, murmura-t-il. Plus fort…
Naruto lui obéit et pompa le membre plus fort, devant user de son autre main pour maintenir Sasuke debout. Sa propre bite sursautait, mais il l'ignora.
Sasuke ne s'était jamais senti aussi bien de toute sa vie. Bien sûr, il s'était masturbé, mais seulement quelques fois. Il s'était senti ridicule lorsqu'il s'était allongé –seul– dans son lit et qu'il s'était fait plaisir. Ce n'était pas son truc. Mais maintenant que c'était Shizuka qui le faisait, c'était merveilleux. Ses cuisses frissonnèrent et si elle ne l'avait pas retenu avec sa forte poigne, il serait tombé sur le sol dur. Il sentit la chaleur se regrouper à la base de son abdomen, lui indiquant qu'il était proche.
-Ah… je… je viens !
Il frissonna, et à la dernière seconde avant qu'il ne le fasse, Shizuka attrapa la tête de sa bite dans sa paume. Sa semence alla atterrir dans la main qui l'attendait, et Sasuke retint le cri qui faillit sortir.
Il lui fallut du temps avant de récupérer de son orgasme, mais lorsqu'il eut fini, une paire de lèvres gourmandes rencontrèrent les siennes. Lorsque le baiser prit fin, il regarda Shizuka à travers des yeux à moitié fermés et gémit lorsqu'elle lécha son sperme sur sa main. Cette simple vue lui donna envie de jouir encore une fois, mais il était épuisé. Lorsque sa main fut nettoyée, elle ferma son pantalon et l'arrangea un peu de là où elle était, pressant toujours son corps contre le bus. Sasuke lui fit un faible sourire et frotta son nez dans son cou, le grignotant pour lui montrer sa gratitude.
-Merci, murmura-t-il, réussissant à envoyer un frisson à travers son corps avant qu'elle ne le repousse.
-Va nous chercher de bonnes places, dit-elle en souriant, je te rejoins tout de suite.
Sasuke lui rendit son sourire et s'éloigna, fredonnant une chanson qui semblait avoir apparu dans son esprit.
Derrière lui, Naruto se tenait, haletant. Dieu que ça avait été chaud. S'il avait été si excité rien que de faire jouir Sasuke, il ne pensait pas pouvoir gérer si c'était l'inverse. Il regarda son érection, content d'avoir pu la cacher à Sasuke. Il devait s'en débarrasser maintenant, mais la douche froide était impossible. Ça lui laissait donc deux possibilités. Soit il pouvait attendre, mais il n'avait pas trop le temps, soit il pouvait penser à quelque chose d'horrible.
La première pensée qui lui vint à l'esprit fut Asuma, nu et qui portait seulement un slip rose. Cependant, Asuma n'était pas l'homme le moins attirant du monde, alors ça ne marcha pas.
Dieu, Naruto combattit l'envie pressante de se toucher. Que faire, que faire ?
C'est là que ça le frappa.
Lee !
Lorsque Naruto monta dans le bus quelques instants plus tard pour chercher Sasuke, il était comme neuf. L'image de Lee avait fait des merveilles, et Naruto était plutôt fier de lui. Il repéra Sasuke à un siège côté fenêtre, placé derrière Sakura et Shikamaru qui avaient eu la malchance d'être placé l'un à côté de l'autre. Vu que ni Temari, ni Gaara n'avaient été autorisés à rejoindre les autres étant donné qu'il n'avait pas de signatures, Shikamaru se sentit plutôt seul, mais garda ce sentiment pour lui. Naruto supposa que Sakura allait au moins garder ses yeux ouverts, avec tout son blabla.
-Shizuka !
Sakura plaça ses mains sur le siège pour regarder Naruto alors qu'il s'asseyait à côté de Sasuke qui portait un petit sourire satisfait sur les lèvres.
-Qu'as-tu fait à ce cher Sasuke ! Il chante !
Naruto ouvrit sa bouche puis la referma quelques fois, essayant de trouver un mensonge. Il n'eut pas le temps de trouver quoique ce soit cependant, car Sakura ouvrit sa bouche encore une fois.
-Oh non ! Tu n'as pas fait ça ! Je ne veux pas savoir ! Sasuke ! Oh dieu !
Sa voix haute perchée emplit le bus, faisant grogner d'autres étudiants. Shikamaru cacha ses rougeurs en s'enfonçant plus profondément dans le siège, Naruto et Sasuke suivant son exemple.
-Quelle galère…
-Ça n'était pas si évident, murmura Sasuke.
-Mais bien entendu, répondit Shizuka.
-Ce n'est pas si rare de m'entendre chanter, poursuivit-il après un moment de marche silencieuse.
-Bien sûr que non.
Sasuke lança un regard suspicieux à Shizuka.
-Mais j'étais vraiment coincé dans cet arbre jusqu'à ce que les pompiers viennent me chercher.
-Bien sûr, Sasuke. Si tu le dis.
-Tu n'as pas écouté un mot de ce que j'ai dit ! hurla-t-il presque.
-Hein ? dit Shizuka et tourna sa tête vers lui.
Ils marchaient dans un petit parc dans le centre-ville, une des seules indications qu'une forêt feuillue avait existé ici il y a longtemps. Les arbres n'étaient pas complètement en fleur. Même s'il avait fait très chaud pour un mois de mars. Le temps ne s'était pas amélioré mais il n'avait pas empiré non plus. A en juger par les petits bouts de ciel qu'on pouvait voir à travers le quartier résidentiel des gratte-ciels et les nuages sombres au-dessus de leurs têtes. D'anciennes feuilles étaient réapparues à travers la neige depuis longtemps fondue. On se serait cru au milieu de l'automne. Une balançoire se trouvait dans un endroit presque caché par les arbres. Sasuke réalisa que même si le parc était en mauvais état, il devait être magnifique en été.
Naruto avait lui aussi bien regardé le parc, mais pour une raison bien différente de Sasuke. Il regardait le parc de la façon dont on regarde toujours un nouvel endroit, mais tout ce que Naruto voyait étaient des souvenirs. C'était le parc dans lequel il avait joué lorsqu'il était petit. Lorsque son père et Asuma se parlaient sur le vieux banc abimé par là, et aussi après l'assassinat de son père, lorsqu'il habitait encore chez Asuma. Il se souvint passer par ce parc jour après jour lorsqu'ils quittaient le poste de police après une longue journée de travail. Et même lorsqu'il eut déménagé, il était parfois revenu ici.
Ce n'était pas le plus bel endroit, mais pour un enfant de la ville sans ami comme lui, ça avait été son sanctuaire.
-Je suis désolé, soupira-t-il, s'asseyant sur un banc un peu moins pourri que les autres.
Sasuke le rejoignit après l'avoir épousseté, son dos tendu comme s'il avait peur qu'il cède sous son poids.
-C'est juste que…
Qu'est-ce que c'était au juste ? Etait-il triste d'être ici ? Ou est-ce que c'était agréable d'enfin voir quelque chose qui avait un lien avec sa vraie vie, une vie qu'il n'avait pas vécue depuis un plus d'un an maintenant. Presque un an auparavant, il avait été sous couverture dans la base d'Orochimaru dans le monde souterrain. Et Naruto ne savait pas quels étaient ces sentiments qui hurlaient en lui. Plus que tout, il voulait aller à l'appartement d'Asuma et dormir pour s'échapper de ce putain de monde, mais au lieu de ça, il soupira et s'adossa contre le banc, qui craqua dangereusement.
-J'habitais ici, dit-il, mettant ses mains dans les poches de son nouveau blouson orange vif.
Une semaine avant le voyage, Tsunade lui avait donné une enveloppe lorsqu'ils se s'étaient rencontrés dans les couloirs. Elle lui avait dit qu'il s'agissait de son salaire de la station de police pour les mois qu'il avait été à l'école. Et alors qu'il avait du mal à subvenir à ses besoins avec le même salaire lorsqu'il vivait seul, recevoir presque cinq mois en une fois et sans rien pour le dépenser, ça faisait beaucoup d'argent. La première chose qu'il avait faite après être arrivé en ville et s'être installé dans les chambres avait été d'emmener Sasuke dans un somptueux centre commercial dans tous ses magasins préférés. Ils avaient laissés les sacs aux magasins, qui les enverraient à l'école plus tard dans la semaine, mais le blouson était resté.
-Dans cette maison là-bas, dit-il en pointant un des appartements dans un immeuble ennuyeux.
Sasuke suivit son doigt et plissa les yeux. Naruto comprit. Le bâtiment n'avait rien d'exceptionnel, et il avait l'air assez gris. Ça avait l'air d'un bâtiment de ville ordinaire.
Rien d'exceptionnel.
-Ça a l'air… sympa, dit Sasuke, bien que ce soit évident qu'il ne le pensait pas.
Il comprit vite et changea de sujet.
-Tu ne m'avais jamais dit que tu vivais dans cette ville.
Naruto haussa les épaules.
-Non... en effet. Je crois que ça me manquait trop.
Naruto et Sasuke se turent et regardèrent l'immeuble où Naruto avait vécu. Les pies croassèrent dans les arbres et Sasuke laissa cela de côté.
Pour le moment.
Lorsqu'ils se levèrent des bancs dix minutes plus tard, Naruto le vit. Asuma se tenait de l'autre côté de la balançoire, se cachant derrière les arbres sans feuilles. Il portait son habituel manteau marron clair, les mains enfouies profondément dans ses poches, son éternelle cigarette à la bouche, à sa place habituelle. Il portait un chapeau assorti à son manteau –certainement une des dernières idées de Konohamaru. La barbe était en place, et l'œil observateur était visible. Naruto ne l'avait pas vu depuis des mois, mais malgré tout rien n'avait changé. Et ça l'effrayait, parce qu'il n'avait fait que changer de plus en plus, intérieurement et extérieurement. Mais Asuma restait le même.
Il lui avait manqué. Il connaissait ce sentiment et cela faisait maintenant un moment que le vieil homme lui manquait énormément. Les petites lettres n'étaient pas suffisantes.
-Sasuke, dit-il.
Lorsqu'il sut qu'il avait l'attention de l'autre, il continua.
-J'ai quelque chose à faire. Seul. Est-ce que ça te dérange de retourner à l'hôtel sans moi ? Je serai de retour au plus tard pour le dîner, crois-moi, dit-il avec un sourire incertain.
Sasuke le regarda, se demandant sûrement ce qu'il avait encore prévu ce coup-ci. Il n'avait pas l'air de vouloir quitter Naruto, mais celui-ci ne lui laissa pas le choix lorsqu'il commença à marcher à reculons. Sasuke hocha la tête et partit, suivant Naruto du regard jusqu'à ce qu'il ne soit plus en vue. Naruto relâcha sa respiration qu'il n'avait pas réalisé avoir retenu et regarda Asuma.
Du moins, là où Asuma aurait dû se tenir, s'il n'avait pas bougé pour se trouver derrière lui.
-Ton petit ami ? demanda-t-il avec sa voix sombre ennuyée.
Naruto, qui ne l'avait pas vu venir, fit un bond de trois mètres dans les airs.
-Aaaaahhh ! hurla-t-il en retombant sur le sol. Putain de bâtard ! Qu'est-ce que c'est que ce bordel ! Tu peux pas te faufiler derrière les gens comme ça ! C'est putain de bizarre !
Puis il sembla soudain réaliser ce qu'Asuma avait dit.
-Et qui a parlé de petit ami ? murmura-t-il vers le sol.
Asuma posa sa grande main dans le dos du garçon plus petit et le tapota fort, ce qui faillit le faire tomber en avant. Bien qu'il ait pu empêcher sa chute, il perdit toutefois son souffle à cause de l'impact. Asuma resta immobile à rire de bon cœur pendant que Naruto toussait sur le sol en tenant son cou désespérément. Puis il regarda vers Asuma et sourit, et celui-ci le lui rendit.
-C'est bon de t'avoir ici, Shizuka, dit-il.
-C'est bon de te voir, vieil homme, répondit Naruto.
Et puis ils s'étreignirent.
Quelques heures plus tard, lorsqu'ils eurent eut assez de temps pour rattraper le temps, ils calmèrent leur respiration qui était devenue difficile à force de rire et s'assirent pour un peu de paix et tranquillité dans l'ancien appartement d'Asuma. Même si Kurenai et lui avaient emménagé ensemble et qu'ils avaient une maison située pas très loin à l'extérieur de la ville, il gardait quand même le bail pour l'appartement. C'était une dépense supplémentaire, mais Naruto pensait qu'Asuma en avait vraiment besoin. Pour être seul parfois. Et Kurenai le comprenait aussi. En ce moment, il vivait dans l'appartement car sa chère femme et son fils passaient actuellement leur temps dans la maison de sa mère, puisque c'était la fête du sport pour Konohamaru, mais Asuma avait encore du travail de son côté.
-J'arrivais pas à rester tout seul dans la grande maison, avait-il murmuré à Naruto, buvant du café d'un mug usé. C'est grand quand t'es seul.
-Et silencieux, ajouta-t-il après un long silence.
Naruto s'était contenté d'hocher la tête, comprenant ce sentiment.
Maintenant, ils étaient à nouveau assis en silence, ils regardaient droit devant eux sans fixer quelque chose en particulier. Naruto savait qu'il devrait bientôt retourner à l'hôtel – auprès de Sasuke – avant que quelqu'un ne s'inquiète. Naruto savait que ces deux jours étaient tout ce qu'il aurait de sa vie normale. C'était la première fois en tout une année qu'il avait deux jours pour lui et ça lui donnait envie de vomir. Tout ce qu'il voulait, c'était aller à son appartement (qui se trouvait de l'autre côté de la ville) et dormir dans son propre lit délabré. Il voulait se coucher sur les genoux d'Asuma comme lorsqu'il était enfant pendant qu'Asuma regardait la télé. Pas qu'il voulait à nouveau être petit. Plus jamais. Mais il voulait que tout redevienne normal.
-De quoi est-ce que tu voulais parler, hein ? demanda-t-il, fronçant le nez parce qu'il devait le demander.
Asuma tira sur sa cigarette et commença à parler du coin des lèvres, comme il faisait toujours lorsqu'il ne voulait pas expirer la fumée tout de suite.
-On sait qui est après toi, dit-il.
Naruto ferma les yeux et son cœur accéléra (oh, pourquoi n'était-ce pas à cause de Sasuke cette fois ?). Il laissa son corps s'enfoncer plus dans le canapé.
Uchiha Itachi.
-Uchiha Itachi, dit Asuma.
Naruto hocha la tête, ses yeux toujours fermés. Il voulait s'échapper de la réalité.
-Tu n'as pas l'air surpris, fit remarquer Asuma.
Naruto hocha simplement la tête et enfonça son visage dans ses mains. Son monde arrivait à sa fin.
-Tu dois me dire ce que tu sais, continua le plus vieux, son ton prenant les inflexions du policier qu'il était.
Naruto était immobile à l'exception d'un lent mouvement d'avant en arrière qu'il faisait sur son siège.
-Naruto !
-La ferme ! hurla Naruto. Juste… la ferme, marmonna-t-il ensuite.
Asuma ferma la bouche et se recula dans le canapé (il ne se souvenait pas s'être penché en avant) et passa une main dans ses cheveux. Il ne savait pas quoi faire, pas plus que Naruto.
Naruto avait poussé leur relation jusqu'à ses limites et il en était bien conscient. Déjà à Noël, il avait réalisé qu'il ne pouvait pas être avec Sasuke, qu'il n'était pas bien pour Sasuke ou Sasuke pour lui. Mais il avait continué. Voir Sasuke chaque jour, être proche de lui, voir son merveilleux sourire lorsque Naruto faisait quelque chose de stupide – et voilà, Naruto était coincé.
Mais que pouvait-il faire alors que, dès son réveil et toutes les heures suivantes, tout son être mourrait d'envie d'être avec Sasuke, tous ses membres et son cœur aussi ? Il ne pouvait pas s'éloigner de Sasuke même si c'était pour son bien et à cause de ça il était le plus horrible et égoïste des bâtards vivants sur la terre. Et aujourd'hui, lorsqu'ils avaient été faire du shopping, Naruto avait ressenti quelque chose qu'il n'avait jamais ressenti auparavant. Il avait eu l'impression d'avoir une famille, pour une fois dans sa vie. Même si la famille ne contenait que Sasuke et lui, ils étaient tout de même la petite famille dont chacun d'eux avait besoin.
Contenant Uchiha Sasuke.
Et Nanohara Shizuka.
-Il est venu à l'école, dit-il. Une semaine avant Noël. Il disait qu'il était venu pour quelqu'un. Il ne m'a pas trouvé par contre, mais il est sur ma trace. Il y avait quelqu'un avec lui, mais je ne l'ai pas vu clairement et je ne l'ai pas revu depuis.
-Uchiha Itachi est venu à ton école ?
-Oui.
-Et il te cherchait ?
-Ouais...
-Et tu lui as parlé ?
Naruto marmonna dans ses mains qui recouvraient maintenant sa bouche.
-Quoi ?
-J'ai dit qu'il ne m'a pas parlé. J'étais juste… là.
-Allez, Naruto, tu as 17 ans. Dis ce que tu sais, bordel ! hurla presque Asuma, avant de se calmer.
Il savait comme c'était dur pour Naruto, mais parfois c'était dur pour lui aussi.
-Il a parlé à son petit frère, Uchiha Sasuke, chuchota Naruto et il ferma les yeux.
-Son petit frè… ce garçon ?
Naruto hocha la tête.
-Et tu… ?
Un autre hochement.
Asuma laissa ses épaules tendues se relâcher et soupira.
-Je l'aime Asuma. Je sais que c'est stupide et que ça ne fait que compliquer les choses… mais moi, et mon putain de cœur, on l'aime. Je ne peux pas imaginer un jour sans lui. Et je sais que ce n'est pas un de ses stupide béguins qui s'en vont après quelques mois, je les connais ceux-là. Avec Sasuke…
Il tourna la tête vers Asuma et l'homme fixa les yeux vides de Naruto.
-Sasuke est ma famille, Asuma. On ne se connaît pas depuis longtemps, mais il est ma famille.
Ce fut au tour d'Asuma de fermer les yeux. Il avait vu Naruto grandir, merde c'était lui qui avait fait n'importe quoi pendant l'enfance du garçon. S'il avait su comment élever un enfant il y a 12 ans, s'il s'était battu pour garder Naruto lorsqu'il était enfant, il aurait eu une toute autre vie. Mais Naruto ne le lui avait jamais reproché. Il ne l'avait jamais confronté à la vérité, même si Asuma la connaissait. Et comment pouvait-il maintenant refuser une famille à Naruto ? Il ne pourrait jamais faire ça. Mais les choses étaient vraiment compliquées.
-Est-ce qu'il connaît ta vraie identité ?
-Non.
Ce qui signifiait qu'Uchiha Sasuke était amoureux de Nanohara Shizuka.
-Oh dieu… Naruto… oh dieu…
Et Naruto put se reposer sur les genoux d'Asuma, dormant nerveusement pendant qu'Asuma jouait avec ses longs cheveux blonds. Il avait besoin de les rafraîchir un peu, et Asuma coupa les pointes. Puis Asuma dit qu'il faisait maintenant froid dehors et enroula une écharpe autour du cou mince de Naruto. Ses yeux s'attristèrent lorsqu'il vit combien Naruto avait maigri, il demanda s'il s'entraînait assez. Naruto haussa simplement les épaules.
-Naruto…
-Je ne le ferais pas.
Asuma haussa les sourcils.
-Je ne resterais pas proche de Sasuke juste pour obtenir des infos sur son frère. Je ne demanderais pas cette info, et ce ne sera pas la raison pour laquelle je resterais avec lui. On ne fait pas ça à sa famille.
Ce fut la seule fois où Naruto fut si proche de dire à Asuma qu'il avait foutu sa vie en l'air.
-Ton père serait fier de toi.
Naruto hocha la tête.
-Fais attention à toi.
-Toi aussi.
Et alors que Naruto atteignait la fin des marches, prêt à ouvrir à nouveau la porte qui le séparait du monde, Asuma hurla derrière lui.
-Et rappelle-toi Shizuka, nous sommes plus proche que tu ne le crois !
Naruto ne s'embêta pas à lui demander ce qu'il entendait par là.
Il faisait vraiment froid lorsque Naruto sortit de l'immeuble. Le vent n'entrait pas dans la ville, mais il savait que ça apportait assez de froid pour tout geler. Il enroula ses bras autour de son corps, maudissant sa robe et les fins collants qu'il portait. Il était content que le blouson qu'il ait acheté soit assez chaud, mais il faisait vraiment froid… là en bas.
-Shiiiiizuuuuuukaaaa ! Shiiiiiizuuuuuuuukaaaaaaa !
Les cris venaient de sa gauche, et lorsqu'il tourna sa tête vers la source, il vit Sakura et Ino qui couraient vers lui.
Les trois derniers mois avaient filé avec une rapidité surprenante, pour eux tous. Tandis que Naruto avait plus de problèmes dans sa relation avec Sasuke, Ino et Sakura étaient devenues membres de leur groupe grandissant. Les deux filles n'étaient pas aussi terribles qu'elles en avaient l'air, et à la surprise de Naruto (et tout le monde), ils les aimaient bien. Sakura était attentionnée sous son côté pétasse. De même pour Ino, mais elle était plus une mère poule veillant sur eux, et Naruto était sûr qu'un jour, elle serait une bonne mère. C'est ce qu'elle semblait penser aussi et elle avait déjà jeté son dévolu sur le père de ses futures enfants –pauvre Chouji, qui n'avait rien à dire à ce sujet (pas plus que Shikamaru, qui avait eu Ino sur le dos depuis le premier jour, le pourchassant lorsqu'il était trop fainéant). Elles semblaient avoir toutes les deux abandonnées Sasuke… en quelque sorte. Maintenant qu'elles connaissaient mieux Sasuke (et que Sasuke les acceptait à sa manière, ce qui était quand même mieux qu'avant), elles se faisaient de l'argent sur son dos à la place. Elles prenaient des photos lorsqu'il s'y attendait le moins et les vendaient pour des sommes incroyables. Maintenant, Ino semblait avoir oublié Chouji pour un moment et Sakura semblait s'être échappée de Lee qui la chasser sans arrêt (il avait le béguin pour elle depuis des années, désespérant Gaara, vu qu'il venait juste de se trouver un ami avec qui il voulait être).
-Où est-ce que tu étais ? demanda sévèrement Ino alors qu'elle lui donnait un coup sur la tête. Et qu'est-ce que tu as fais à tes cheveux ?
Naruto tira sur les brins raccourcis qui tombaient sur ses épaules. Ça n'était pas aussi court que ce à quoi il était habitué, mais c'était quand même bien plus confortable.
-Est-ce que c'est moche ? demanda Naruto.
Mais en vérité, il ne s'en souciait pas trop. Du moment que ça lui plaisait.
Et puis… peut-être aussi Sasuke.
-Je crois que… ça va..., dit Sakura après un court silence.
Naruto grimaça intérieurement vu que son mensonge était tout à fait visible. Les filles le regardèrent de la tête aux pieds avec des regards désapprobateurs, et Ino secoua la tête sans s'en rendre compte.
-Peut-être qu'on pourrait l'aider ? entendit-il Sakura chuchoter.
Ino hocha simplement la tête.
-OK ! S'écria soudainement Sakura, récoltant ainsi plusieurs regards de passants. On va te rendre belle pour Sasuke !
Lorsqu'elles eurent fini, il faisait encore plus sombre qu'avant. Les magasins étaient encore ouverts, pour la plupart, mais lorsque Naruto, Sakura et Ino sortirent du dernier, ils fermèrent la porte derrière eux. Il n'était vraiment pas si tard que ça, mais Naruto avait l'impression qu'ils avaient fait ça pendant des heures. Lorsqu'il avait fait du shopping avec Sasuke plus tôt, ça n'avait pas pris longtemps, mais Ino et Sakura réfléchissaient à ce qu'elles faisaient. En fait, elles assortissaient tout. Même les chaussures !
Maintenant, elles étaient là et observaient leur chef-d'œuvre. Après de nombreux non et mais, Naruto avait réussi à garder ses cheveux de la façon dont Asuma les avait coupés. Maintenant, il portait un t-shirt à manches longues vert clair dont le motif était de petites marques de mains noires imprimées sur le tissu doux. Il portait une jupe qui tombait jusqu'à ses genoux, elle était blanche avec des petits oiseaux verts, bleus, oranges et jaunes dessus, une petite forêt faisait la bordure. Le modèle était brodé. Naruto se sentait ridicule, mais apparemment, c'était ce qui était à la mode maintenant. Il portait des collants élastiques de couleur crème (et elles lui avaient aussi fait acheter une paire brun foncé), et il avait une nouvelle paire de chaussures, de couleur brun clair. Il portait encore son blouson orange vif.
-Tu as l'air génial !
Sakura applaudit et elle rayonnait sous la lumière du lampadaire. Ino semblait également heureuse. Naruto acquiesça mollement la tête et sourit lui aussi. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait supporté ça ! S'il était encore un policier, bordel, même au sein des quelques amis qu'il s'était fait dans la Mafia, il aurait eu peur de montrer son visage car il était certain que tout le monde se moquerait de lui.
-Shizuka ?
-Quoi ? demanda-t-il, sorti de ses pensées.
-Je te demandais s'il y avait quelque chose d'autre que tu voulais faire ?
Naruto resta immobile un moment, les bras le long du corps, réfléchissant. Puis un sourire triste se dessina sur ses lèvres.
-Oui… en fait… il y a quelque chose.
Sasuke était en colère. Non. Sasuke était au-delà de la colère. Il grinçait des dents alors qu'il zappait les chaînes disponibles sur la télé qui se trouvait dans sa chambre à lui et Shizuka. Shizuka.
Merde.
Bordel de merde.
Elle était partie depuis des heures, sans lui envoyer le moindre message sur son portable. Comme s'il ne l'avait pas vu partir avec cet homme et entrer dans ce bâtiment. Qui était-il, et qu'est-ce qu'il avait à voir avec Shizuka ? Mais après tout, Shizuka n'était pas n'importe qui. Mais putain de merde pourquoi avait-elle suivi ce vieil homme ? Et s'il était cet ami dont elle avait parlé, était-ce si dur de lui faire savoir ? Non, Sasuke était sûr que Shizuka avait plus de secrets qu'elle ne le laissait croire. De grands secrets.
Mais pourquoi ne lui faisait-elle pas confiance ? N'avait-elle pas remarqué comme c'était dur pour lui, d'essayer de toujours paraître bien devant elle, tandis que son cœur souffrait à l'idée qu'elle ne veuille pas lui dire ses secrets. Il souhaitait qu'elle lui dise la vérité pour une fois, peut-être même qu'elle pleure sur son épaule (mais Sasuke doutait beaucoup qu'elle puisse un jour faire une chose pareille). Mais non, elle jouait un rôle, même s'il avait senti que quelque chose la tracassait depuis Noël. Etait-ce à cause de quelque chose qu'il avait fait ? Peut-être qu'il n'aurait pas dû lui donner ses boucles d'oreilles, mais elle lui avait prêté le collier de son père. Le collier qui pendait encore à son cou, son poids lui rappelait Shizuka, son sourire, et son doute manifeste en lui.
Peut-être… peut-être n'étaient-ils pas bons l'un pour l'autre. Sasuke ne s'était jamais senti aussi heureux de toute sa vie (peut-être pas dans l'immédiat, maintenant qu'elle était absente) mais depuis qu'il l'avait rencontrée, et pour la première fois depuis longtemps, il avait l'impression d'avoir un point d'ancrage. Mais si Shizuka n'était pas heureuse, pouvait-il l'être ? Est-ce qu'il voulait qu'elle se sente mal à l'aise dans leur relation, qu'elle ne… l'aime pas autant que lui… l'aimait ?
Oui, Sasuke l'aimait vraiment. Mais ne devrait-on pas vouloir que celui qu'on aime soit heureux ? Ou était-il à ce point égoïste ?
Sasuke le pensait. Il avait toujours était égoïste, et il resterait probablement égoïste.
Mais comment pouvait-il être heureux lorsqu'elle ne l'était pas ? Si chaque fois qu'elle souriait, elle faisait semblant ? Pour son bien ? Voulait-il vraiment ça ?
Il jeta la télécommande sur la porte et grogna. Lorsque le son de quelque chose se brisant ne fut entendu, le seul son qui parvint à ses oreilles fut un bruit mou et le gémissement de quelqu'un. Il regarda rapidement de là où il était couché sur le lit, voyant Shizuka se plier en deux, tenant son aine qui souffrait.
-Mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Réussit-elle à dire. Qu'est-ce que t'as avec mon… putain…
Sasuke leva à peine un sourcil.
-Rien du tout finalement.
Shizuka remarqua le ton irrité et en colère, et elle se redressa avec précaution, la télécommande dans sa main.
-Qu'est-ce qui te fait chier ? demanda-t-elle.
Et bien qu'elle l'ait demandé de façon plutôt crue, Sasuke pouvait voir qu'elle était inquiète. Mais il l'ignora.
-C'est pas tes affaires. Où tu étais ? cria-t-il presque.
Elle fronça les sourcils.
-J'ai fait du shopping. Avec Ino et Sakura. Tu peux leur demander si tu ne me crois pas, dit-elle lentement, comme s'il était une bombe à retardement.
Et d'une certaine manière, il supposa que c'était le cas mais il décida d'ignorer aussi ça.
-Non, je ne te crois pas merde ! Dis-moi la vérité !
Bon, maintenant il était en train de hurler, et l'hôtel tout entier pouvait probablement l'entendre. Mais il ne pouvait s'en empêcher. Elle lui mentait en face ! Il la regarda furieusement mordre sa lèvre inférieure, avant qu'elle ne réponde.
-Peut-être qu'on devrait en reparler demain…
-Tu m'expliques maintenant. Si j'accepte de parler demain, on n'en reparlera jamais. Crache le morceau, Nanohara.
Alors qu'il finissait de parler, ses yeux semblèrent s'attrister. Qu'est-ce qui la rendait triste ? Qu'il soit en colère contre elle ? Non, ce n'était pas ça – elle était plus forte que ça. Peut-être…
Son nom ?
Il avait presque envie d'abandonner, mais il était allé si loin maintenant, et le feu brûlait encore dans sa poitrine. C'était maintenant ou jamais, et Sasuke préférait que ce soit maintenant. Il la regarda d'un œil noir alors qu'elle détournait la tête.
-Je ne sais pas de quoi tu parles, murmura-t-elle.
Soudain, Sasuke fut à nouveau furieux.
-Bordel, ne crois pas que je ne t'ai pas vue partir avec ce… avec cet homme, Nanohara ! C'était son appartement depuis le début, pas vrai ? Pourquoi tu l'as suivi ? Qu'est-ce que tu as fait là…
Il fut soudainement coupé lorsqu'un poing rencontra sa mâchoire, le renvoyant sur le lit de l'hôtel. Il se mordit la langue et sentit sa bouche s'emplir de sang. Il toussa et se redressa, cracha le liquide rouge sur le sol, se fichant du fait que le personnel de l'hôtel se plaindrait plus tard. Il toucha avec précaution sa joue déjà enflée, grimaçant face à la forte douleur qui s'y répandait. Sasuke laissa ses yeux errer sur le visage de Shizuka. Elle haletait lourdement, et le fixait cruellement, serrant les dents.
-Comment est-ce que t'es en train de m'appeler, Uchiha ? Une putain ? C'est ce que je suis pour toi ?
Sasuke n'avait jamais entendu le ton de sa voix être aussi funeste auparavant. Sa voix ne montrait aucune émotion, mais il pouvait voir dans ses yeux qu'il l'avait profondément blessée.
-Qu'est-ce que je devrais croire ? demanda-t-il, alors que la douleur qu'il ressentait en parlant le faisait grimacer. Tu ne me racontes jamais rien ! Je n'ai pas le droit de te toucher ! Tu ne me dis jamais rien, tu n'expliques rien ! Tu te balades avec un mec inconnu et disparait pendant des heures ! Je ne te comprends pas ! Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?
Elle semblait prête à contre attaquer, mais se mordit l'intérieur des joues à la place. Puis elle regarda par la fenêtre, comme si elle cherchait les réponses là dehors. Ensuite elle le regarda de nouveau, soupira et jeta la télécommande qu'elle avait encore dans la main gauche sur le lit et alla vers le minibar. Là, elle prit une canette de Coca froid, qu'elle ramena avec elle tandis qu'elle s'asseyait sur le lit, à côté de lui. Elle enleva gentiment sa main de sa mâchoire rougie et la remplaça par la canette froide, et il ferma les yeux à la sensation. Il tenta de se déplacer mais elle le stoppa avec son bras fort.
-Pardon, dit-elle doucement après un moment. C'est juste… que je ne sais pas par où commencer.
Sasuke fit la moue tandis qu'elle caressait ses joues, se maudissant d'être si faible.
-Commence par le début.
Shizuka soupira et hocha la tête, même s'il ne la regardait pas.
-Sasuke… tu te souviens quand je t'ai dit que mes deux parents étaient morts ?
Sasuke hocha la tête et ses épaules se relâchèrent.
-Mon père est mort quand j'avais 5 ans. Je crois que je ne comprenais pas ce qui se passait à ce moment-là. On n'est pas censé savoir, je crois. C'est seulement à 9 ans que j'ai compris que je n'avais plus aucun proche vivant dans mon entourage. Ni ma mère ni mon père n'avaient de frères ou sœurs et mes grands-parents étaient morts depuis longtemps. Je ne les ai jamais rencontrés.
Elle se tut un moment, comme si elle essayait de se rappeler un temps depuis longtemps oublié.
-Mon père était un policier et il est mort dans l'exercice de ses fonctions. J'étais là. Il m'emmenait souvent au travail avec lui, vu qu'on n'avait pas assez d'argent pour engager une baby-sitter. Il disait que de cette façon, je deviendrais un grand garçon. J'avais vu des corps morts auparavant, alors je n'ai rien ressenti de différent en voyant le sien.
-Son partenaire m'a pris sous son aile. Lui et mon père étaient amis depuis qu'ils étaient enfants, alors je crois qu'il pensait que c'était son devoir. Il s'appelle Sarutobi Asuma. C'est… c'est l'homme que je suis allée voir aujourd'hui. Je ne l'avais pas vu depuis septembre. Tu te souviens de la première fois où on s'est vu ?
Sasuke hocha la tête, il se sentait soudain très honteux. Shizuka lui sourit.
-T'inquiètes pas, tu ne pouvais pas le savoir, Sasuke, dit-elle doucement. Cependant, Asuma avait une copine et un enfant. Il ne vivait pas avec eux. Il disait qu'il n'était pas prêt pour avoir une famille. Mais finalement, il a cédé et l'a épousée et ils ont acheté une maison en ville. Ils ont déménagés depuis ils vivent dans la banlieue. Kurenai ne travaillait pas, et Asuma n'était pas chef de la police comme aujourd'hui, alors il n'avait pas un bon salaire à l'époque. Et ils avaient déjà un enfant –Konohamaru. Alors pourquoi me garderaient-ils ? se demanda-t-elle amèrement et Sasuke se sentit la personne la plus horrible au monde. Elle secoua la tête comme si elle savait ce qu'il pensait.
-Je le suivais toujours au boulot. La station de police devint ma seconde maison et je ne suis jamais allée à l'école. Ils m'ont appris à lire, à écrire et à travailler à la station de police. C'est pour ça que j'ai trop de cours –on ne m'a jamais appris l'histoire ou la religion. Asuma m'a appris les maths, mais je suis encore nul parce qu'il n'avait jamais le temps de s'y attarder. Cependant, ce que j'ai le mieux appris à faire, c'est devenir policie…ière.
-Ils m'ont viré de la maison quand j'avais 9 ans. C'est là que j'ai compris que j'étais vraiment seule. Pas même Asuma ne me voulait encore à l'époque. On a pris soin de moi, dans plusieurs maisons d'accueils. En 4 ans, j'avais vécu dans 9 endroits différents, chacun pire était que le précédent. Personne ne m'aimait vraiment. Je crois qu'ils s'occupaient de moi parce qu'ils recevaient de l'argent en échange. Je passais toujours à la station de police et ça ne prit pas longtemps avant qu'ils ne me donnent de petites missions. Comme délivrer quelques papiers, surveiller ce criminel là-bas, avoir l'air mignon pendant qu'on interroge ce tueur et d'autres trucs. Je savais déjà me battre et comment utiliser un pistolet.
Sasuke tourna la tête, la regarda et elle hocha la tête. Voilà pourquoi elle avait une arme. Et c'était pour ça qu'Asuma l'avait au départ.
-Shizuka, commença-t-il, sachant combien il l'avait blessée.
-Non, Sasuke. Tu as raison. Si je ne te dis pas maintenant, je ne le ferais jamais.
-Comme je disais, j'ai commencé à travailler à la station de police. Je vivais avec des personnes horribles, des gens dont je ne veux ni parler ni me souvenir. Aucun d'eux n'était sympa. Lorsque j'ai eu 13 ans, je me suis sauvée de la maison dans laquelle je vivais à ce moment-là, je me suis trouvée un appartement très bon marché dans un endroit où je ne veux plus jamais remettre les pieds et j'ai commencé à vivre par moi-même. Je travaillais à la station de police, officieusement, mais ils me donnaient quand même un salaire. Ils avaient besoin de moi et je savais déjà tout faire. J'avais grandi là, après tout. Après un moment, j'ai gagné assez pour me trouver un nouvel appartement, et tout allait bien, jusqu'à il y a un an et demi. Je savais qu'ils avaient eu des soucis avec la Mafia ces derniers temps, mais je n'avais jamais vraiment travaillé sur un cas comme ça. Alors, ils avaient besoin de quelqu'un pour bosser sous couverture. Quelqu'un qui savait comment faire un travail de flic, qui savait faire semblant. Et quelqu'un qui n'était pas enregistré dans la base de données de la police. Quelqu'un comme moi.
Sasuke sentit son cœur s'accélérer. Comment la police pouvait-elle se servir de quelqu'un comme ça ? Shizuka n'avait même pas 18 ans et ils l'avaient donné à la Mafia comme ça ? C'était complètement dingue !
-Pendant environs cinq mois, j'ai fait des recherches et me suis préparée. Je me suis fait un nom dans le monde souterrain. Lorsque le moment vint, je fus engagée par le plus gros patron de Mafia de la ville –Orochimaru. Je travaillais avec eux, découvrais leurs secrets, parlais à la police de leurs plans, les ai trahis. J'étais là bas depuis six mois. C'était il y a un an maintenant. Mais à la fin de l'été, ils m'ont percé à jour. On avait déjà prévu ça, alors des agents étaient prêts. On est entré, on les a arrêtés, et maintenant ils purgent des peines de plusieurs années en prison.
-Asuma était encore inquiet pourtant. Maintenant qu'il était chef, il s'était rendu compte qu'envoyer un ado de 16 ans travailler sous couverture dans la Mafia n'était pas la plus brillante idée de l'histoire. Alors il m'a envoyé à l'Université Spéciale de la Forêt Caduque.
Shizuka se tut et regarda fixement devant elle, ne sachant plus que dire à partir de là. Sasuke non plus ne savait pas. Elle tenait encore la canette contre sa joue, la substance, qui était froide au départ, se réchauffait.
-Je suis désolé, dit Sasuke après un moment.
-Ne le sois pas. Ce n'est pas ta faute.
-Je suis désolé de t'avoir traité de trainée.
Shizuka commença alors à ricaner, et Sasuke lui donna des coups de coudes dans les côtes.
-Arrête ça, dit-il lorsqu'elle commença à éclater de rire, mais ne put s'empêcher de sourire.
-J'y peux rien. L'idée que je sois une pute est ridicule !
Sasuke ne pouvait qu'approuver, et se tourna pour la regarder pour la première fois ce soir, sans le rouge dans ses yeux.
-Tu as l'air différente, dit-il.
-J'ai coupé mes cheveux, répondit-elle.
Sasuke inclina la tête et fronça les sourcils.
-Non, ce n'est pas ça, dit-il et il dégagea ses cheveux blonds, qui étaient rêches, de son visage.
Ses oreilles étaient un peu rouges et un peu gonflées, mais ce n'était pas ce que Sasuke regardait. Les nouveaux trous devaient avoir été percés seulement une demi-heure plus tôt et les diamants brillaient quand elle bougeait.
-C'est magnifique, dit-il en touchant les anciennes boucles d'oreilles de sa mère.
Elle lui sourit simplement, de son sourire ridicule qui la faisait ressembler à un renard.
Naruto relâcha tout à coup sa respiration, il ne s'était pas rendu compte qu'il l'avait retenue. Il avait tout raconté à Sasuke. Presque tout. Ça serait la parfaite occasion de lui dire la vérité. Mais comment pouvait-il ? S'il lui disait, il perdrait Sasuke pour de bon. Il dégagea les mèches de son visage et toucha l'endroit où le pendentif était accroché au cou pâle. Sasuke lui sourit et se pencha vers l'avant jusqu'à ce que leurs nez se touchent. Puis il mit une main sur l'épaule de Naruto et le poussa jusqu'à ce que son dos touche le lit et là leurs lèvres se rencontrèrent.
Naruto avait cru que si l'on embrasse quelqu'un trop souvent, on finit par s'en lasser au bout d'un moment. Ça avait toujours été comme ça. Sauf avec Sasuke. Le brun rendait son corps aussi mou que de la gelée, faisait palpiter son cœur de plus en plus à chaque fois (parfois Naruto avait peur de s'évanouir). Sasuke pressa ses lèvres plus ardemment contre les siennes et Naruto ouvrit la bouche, laissant Sasuke dominer le baiser pour une fois. Il avait si bon goût, sa bouche pareille à une caverne chaude était si accueillante. Mais il jouait avec la langue de Sasuke uniquement dans sa propre bouche, gémissant quand le baiser devint plus profond et aimant.
Sasuke mordilla sa lèvre inférieure avant de se retirer, un sourire niais sur ses lèvres.
-Je me sens plus proche de toi maintenant, dit-il doucement, comme s'il se sentait étrange de dire et de ressentir ça.
Puis il embrassa la joue de Naruto et murmura à son oreille.
-Mon frère…
-Tu n'as pas à me le dire si tu ne le veux pas, dit rapidement Naruto.
-Je veux le faire, répondit-il et il suça le lobe de Naruto, ce qui le fit gémir.
-Vouloir parler de ton frère pendant que tu me pelotes est un peu bizarre, expira-t-il.
Sasuke se contenta de ricaner à son oreille, mais se recula de quelques centimètres.
-Mon frère a tué ma famille, dit-il sans mâcher ses mots.
Naruto le regarda les yeux grands ouverts.
-Oh, fut tout ce qu'il put dire.
Sasuke hocha la tête et posa sa tête sur le lit à côté de celle de Naruto.
-Ça s'est passé quand j'avais 13 ans. Je rentrais de l'école, et presque toute la maison était morte. J'ai croisé Itachi à la porte, du sang partout sur lui. Je lui ai demandé ce qu'il s'était passé, mais je n'ai jamais eu de réponse. Lorsque je suis entré, ils étaient allongés là. Ma mère dans la cuisine et mon père dans l'encadrement de la porte de la cuisine. C'était si rare qu'ils soient à la maison en même temps et je crois qu'Itachi n'attendait que ça pour agir. Lorsque je suis ressorti, il était parti.
Naruto le regarda simplement, l'encourageant à continuer.
-Lorsque je l'ai vu la fois suivante, il avait amené un gang entier. Je vivais chez ma tante à l'époque. Il m'a dit que je ne pouvais pas vivre là et m'a envoyé à l'Université Spéciale de la Forêt Caduque. J'avais 15 ans à l'époque. Je dois me venger de lui, non ? demanda-t-il, suppliant.
Naruto ferma les yeux et les rouvrit après quelques secondes.
-Est-ce qu'il en vaut la peine ? demanda-t-il mais Sasuke ne répondit pas.
A la place, il se releva, marcha jusqu'à la fenêtre et regarda dehors. Naruto regarda l'horloge et remarqua qu'ils devraient probablement aller dormir, ils allaient passer une autre journée en ville. Et Naruto avait vraiment besoin de dormir, ses paupières commençaient à se faire lourdes sur ses yeux. Il tourna le dos à Sasuke alors qu'il changeait de t-shirt pour un plus grand dans lequel il pourrait dormir, son soutien gorge encore en place. Il était habitué à dormir avec maintenant, même s'il aurait préféré ne pas avoir à le faire. Puis il enleva ses collants, mit un pantalon de pyjama sous sa jupe avant de l'enlever aussi. Il se glissa sous la couverture chaude et regarda Sasuke tirer son t-shirt bleu foncé par-dessus sa tête, ses muscles tentants jouaient sous la peau de son dos.
-Quand Itachi était à l'école pour Noël, demanda soudainement Sasuke à voix basse. Est-ce que c'était toi qu'il cherchait ?
Naruto resta allongé dans le lit un moment sans rien dire, ouvrant et fermant sa bouche.
-Non, mentit-il enfin. Je ne crois pas.
Sasuke s'avança, le rejoint dans le lit et enlaça le dos de Naruto avec son corps comme il faisait toujours.
Les oreilles de Naruto pulsaient encore à cause de la douleur tandis qu'il posait sa tête sur l'oreiller mais il l'ignora.
A suivre...
Pas mal aussi hein?
Ca chauffe, à tous les niveaux^^
Encore merci à HimeBluestar et aux bêtas pour ce chapitre!
