Non me nous quittez pas pour l'autre monde chers lecteurs! Je sais que le suspense était insoutenable cette fois-ci mais votre patience va enfin être récompensée ;)
Merci à tous pour vos commentaires plus emballés les uns que les autres, c'est juste GE-NIAL!
Bonne lecture^^
Traducteur : Kiwi – Xyao
Chapitre 15
Oh Bugger! : Part 2
- Où ce petit connard est-il allé ?
- Trouvez-le !
Il écarta d'un coup sec une table hors de son chemin et la jeta derrière lui afin de ralentir ses poursuivants lorsqu'ils passeraient par la cuisine. Quand il s'était relevé avec l'aide de son seul bras gauche, quittant la dureté du sol, sa vision avait disparu pendant un moment. L'obscurité l'avait empêché d'évaluer correctement la distance jusqu'à la porte et il s'était jeté alors vers la porte ouverte la plus proche. Même si elle l'avait menée aux cuisines, ça l'avait quand même aidé à remplir son objectif, c'est-à-dire foutre le camp de là.
Un chef en colère essaya soudainement de l'arrêter avec une poêle, mais Naruto l'esquiva rapidement en se baissant, ce qui le fit heurter une serveuse (ses fesses, pour être exact). La pauvre fille hurla de surprise, avertissant ainsi encore plus de monde que quelque chose de bizarre se passait. Le blond quitta la serveuse aussi rapidement qu'il lui était apparu et esquiva à nouveau un autre objet volant supposé bloquer son chemin. Pendant qu'il l'évitait, la serveuse avait attrapé une grosse louche et elle frappa son épaule gauche. Naruto cria lorsque la louche entra en contact avec son épaule blessée, la balle se trouvait toujours à l'intérieur et il sentit son sang devenir chaud et poisseux sous sa robe blanche. La fille qui l'avait frappé vit tout à coup le sang sur son vêtement et cria une fois de plus lorsqu'elle réalisa qu'elle était l'auteur de la blessure.
Ce fut seulement lorsque l'Uzumaki s'écroula sur un plan de travail en acier que la porte de derrière fut violemment ouverte et que les trois gorilles entrèrent en criant sauvagement. Ils étaient rouge de colère, de frustration et d'embarras, puisque qu'ils avaient essayé tous les trois de draguer un mec.
- Il est là ! Hurla le premier à voir Naruto.
- Attrapez-le ! Ordonna le second. Les deux premiers se ruèrent dans la cuisine déjà pleine à craquer.
- Arrêtez-le ! cria le dernier, le plus bête, comme si le "attrapez-le" n'avait pas suffi.
Naruto s'arrêta pour reprendre son souffle lorsqu'une nouvelle vague de douleur traversa son épaule, agrippant le bureau jusqu'à se faire mal aux doigts. Il regarda rapidement autour de lui, et remarqua que plus personne ne bougeait dans la cuisine à part les trois mafieux qui continuaient de s'approcher. La pauvre serveuse qui avait essayé de fuir venait de se faire jeter négligemment contre un four. Le blond ferma les yeux et se mit à hurler.
- A l'aide ! Ils essaient de me VIOLER !
Les trois hommes s'arrêtèrent subitement, tant l'idée – pour chacun d'un entre eux – de violer un mec était si dégoûtante qu'ils en restèrent stupéfaits. Le personnel de la cuisine resta immobile jusqu'à ce qu'un chef ne retrouve ses esprits (sans réaliser que violer une fille dans un restaurant plein de monde n'était pas vraiment logique) et n'attaque l'un des hommes, autorisant par là même ses collègues à s'occuper des autres. Naruto vit une chance de s'échapper, ordonna à ses jambes de bouger et de fuir vers la porte. Il l'ouvrit violemment avec son pied droit, envoyant valser les deux battants contre les murs d'en face. A travers la pièce il vit la grande lumière verte où le mot « SORTIE » était inscrit et fit un pas vers elle..
Le bruit d'une fourchette heurtant le sol attira son attention et il remarqua que tout le monde le fixait.
Il jeta un rapide coup d'œil en arrière, vit les gars de la Mafia allaient prendre du temps pour sortir de là et ferma les portes derrière lui. Il avança rapidement vers la table où son petit ami était assis. Naruto constata que leur plat était déjà arrivé et que Sasuke n'avait pas cherché à l'attendre pour commencer. Sa fourchette plantée dans une pomme de terre s'était arrêtée à mi-chemin, entre sa bouche et son assiette, tandis qu'il observait l'air épuisé de son vis-à-vis et qu'il levait un sourcil.
- Qu'est-ce que t'as fait ? Demanda-t-il avant de prendre finalement sa bouchée.
Naruto entendit un bruit sourd derrière lui et se retourna rapidement, voyant une vieille dame qui s'était évanouie. Il réalisa que sa blessure due au coup de feu devait être aussi horrible que la douleur qu'il ressentait. Il sentit une goutte de sueur perler sur son front tandis qu'il se retournait vers le brun. Il lui adressa un faible sourire tout en essayant de reprendre son souffle.
- Je peux emprunter ta veste Sasuke ? Demanda t-il doucement, ayant peur de s'effondrer s'il utilisait trop d'énergie. Ce dernier plissa des yeux.
- Pourquoi ?
- Parce que j'ai froid, souffla Naruto.
- T'as une écharpe, rétorqua-t-il mais il retirait déjà sa veste. Son petit ami tendit la main pour la prendre mais Sasuke l'éloigna de lui.
- Tu m'aides pas là, le pressa le blond.
- T'as pas l'air d'avoir si froid que ça, marmonna l'Uchiwa mais il lui donna quand même la veste.
- Merci, chuchota amèrement Naruto alors qu'il enfilait la veste.
Il dut utiliser son bras droit pour faire entrer celui de gauche dans la manche et grimaça quand une autre douleur fulgurante traversa tout le haut de son corps. Il ne pouvait plus du tout bouger son bras gauche et il n'imaginait pas le nombre de nerfs que la balle avait dû éclater, maintenant qu'elle était douillettement enfouie dans son corps. Puis, soudain, il entendit un bruit alarmant, et une seconde plus tard, les portes s'ouvrirent sur le trio de goombas* couverts de soupe, s'exposant à la vue de tous. Naruto regarda Sasuke qui lui regardait les trois hommes, et sans réfléchir, il tendit la main vers lui. Il essaya de stopper son geste, mais il ne put qu'observer son bras bronzé s'élancer vers le brun et s'enrouler autour de son bras. Son mouvement attira l'attention de ce dernier et il le regarda enfin.
Ce que Sasuke vit le laissa sans voix. Sa bouche était déjà ouverte quand il tourna la tête, mais ses paroles moururent dans sa gorge lorsqu'il ses yeux rencontrèrent ceux de la jeune fille. Quand elle était sortie du restaurant tout à l'heure, elle avait agi presque normalement. A son départ, il s'était perdu dans ses pensées, réfléchissant sur ce qu'il allait faire, ce qu'il était en train de penser. Shizuka était un garçon ou était-elle juste une fille bizarre? Et pourquoi agissait-elle comme elle le faisait en sa présence ? Il n'avait trouvé aucune réponse à ses questions et lorsqu'on le servit enfin, il l'accueillit son plat avec soulagement et commença à manger pour se changer les idées.
- Où est allée votre charmante compagne M. Uchiwa?
La voix ne le surprit pas, et il leva les yeux sur un homme bien habillé (comme s'il y avait un seul homme ou une seule femme mal habillée dans ce restaurant, de toute façon) de l'autre côté de la table, ses mains repliés derrière son dos tandis qu'il affichait un sourire faux. Sasuke lança un regard en sa direction puis continua à manger.
- Elle avait besoin de prendre l'air, dit-il en s'intéressant à son plat l'air intéressé, attendant que l'autre parte. Il n'a pas cherché à savoir qui était cet homme, tout ce qu'il voulait était que Shizuka revienne. Mais l'homme ne partait pas et au bout d'un moment, ce comportement lui avait vraiment porté sur les nerfs et le brun avait alors relevé les yeux vers lui.
- Puis-je faire quelque chose pour vous aider ?
- En fait, je pense que oui, Monsieur Uchiwa, avait-il déclaré. Sasuke souleva un sourcil.
- J'espère que vous ne le prendrez pas mal mais je me demandais si vous voudriez bien me donner le nom de votre compagne, Monsieur."
- Et que ferez-vous de son nom, Monsieur... ?"
- Deidara, répondit l'homme, et Sasuke prit tout à coup conscience que c'était le propriétaire du restaurant. Il avait attendu patiemment qu'il finisse de répondre à sa question et avait émis un grognement lorsque Deidara ne daigna pas poursuivre.
- Vous la connaissez ? Demanda t-il, d'un air irrité et méfiant.
- Oui, lui répondit Deidara. Je pense que je l'ai déjà vu quelque part et je suis sûr que cela ne la dérangera pas que vous me dites son nom.
Cela fit réfléchir Sasuke. Serait-elle contrariée s'il lui disait ? L'homme avait peut-être quelque chose à voir avec la mafia et il se dit qu'il ne pouvait donc pas dévoiler son nom comme ça.
Cela lui fit comprendre autre chose. Si Shizuka était suivie par la mafia et menacée de mort, pourquoi n'avait-elle pas peur d'être dans une grande ville? Pourquoi était-elle venue ici sans se protéger et que ferait-elle si quelqu'un la reconnaissait ? Elle avait dû pensé à cela, d'autant plus qu'elle avait travaillé dans la mafia pendant longtemps. Ils l'auraient sûrement reconnue si elle avait travaillé pour eux, non ?
"Si elle n'était pas déguisée en ce moment même."
"Si elle n'avait pas été sûre que personne ne la reconnaîtrait dans cette grande ville remplie de mafieux."
"Si elle avait été absolument certaine que personne ne s'attende à ce qu'un garçon ressemble à une fille, par exemple?"
Sasuke avait difficilement mâché les aliments dans sa bouche et lança un regard noir à Deidara, qui attendait toujours à sa table. Puis il avait avalé et nettoyé sa bouche avec une serviette tout en grommelant.
- Nanohara Shizuka, avait-il répondu et le propriétaire avait souri.
- Je vous remercie, Monsieur Uchiwa. Et passez une merveilleuse soirée dans notre restaurant." Et sur ce, l'homme aux cheveux blonds s'était éloigné, laissant Sasuke d'une humeur massacrante.
Mais maintenant qu'il observait Shizuka, il ne savait pas du tout ce qu'il allait lui demander, lui dire tout court. Ses cheveux se collaient à son front, sa respiration était lourde et elle avait l'air pâle. Sa main était encore agrippée fortement à son bras et quand elle le tira, il la suivit sans un mot. Soudain, elle le traîna entre les tables, se dirigeant vers la sortie, et le brun entendit à peine les voix s'élever derrière eux.
- Là-bas ! Attrapez-les !
Il lança un regard par-dessus son épaule et vit les trois hommes qui étaient entrés dans le restaurant par les portes de la cuisine – la même porte d'où était venue Shizuka – balancer tous les meubles derrière eux, des tables, des chaises volaient, des cris résonnaient dans la grande salle. Shizuka accéléra et il ne protesta pas même quand elle a commença à courir.
Naruto ne savait pas pourquoi il avait entraîné Sasuke dans ce bordel mais son corps n'avait pas pu le quitter. Et qu'est-ce qui allait lui arriver, s'il – Naruto – perdait connaissance, seul dans cette grande ville ? Ce n'était pas le genre d'endroit où les gens qui vous voyaient en train de saigner dans une ruelle sombre, au bord de la mort, prenaient soin de vous et vous soignaient. Non, s'il était seul, il mourrait à coup sûr.
Mais si les trois mecs les attrapaient, Sasuke mourrait à coup sûr aussi.
Cependant, il ne s'attarda pas sur ces pensées lorsqu'il entendit les goombas se rapprocher. Il était sur le point d'ouvrir la porte d'entrée mais quelqu'un le fit pour lui. Quand il tourna la tête, le temps se ralentit soudainement. Le propriétaire du restaurant lui souriait avec satisfaction et ses yeux le regardaient d'un air à la fois amusé et cruel. Si le sang n'avait pas déjà déserté le visage de Naruto, il l'aurait fait à ce moment-là, mais ce ne fut pas suffisant pour l'empêcher de fuir rapidement.
Sasuke ne manqua pas le regard que jeta Deidara à Shizuka et quand il passa devant lui, toujours entraîné par la blonde, le propriétaire lui sourit, son expression changeant subitement. Il ouvrit la bouche pour dire à Deidara que Nanohara Shizuka n'était pas son nom, qu'il n'avait rien dit, mais celui-ci réagit avant lui.
- Je vous remercie, Monsieur Uchiwa. Je suis sûr que nous nous reverrons bientôt.
Et puis il sourit face au regard choqué du brun, alors qu'il était tiré hors du restaurant. Et, tandis qu'il fixait le vide et que Shizuka et lui disparaissaient dans la nuit, Sasuke n'était capable de penser qu'à une chose : tout ce qui se passait était de sa faute.
Seulement cinq minutes s'étaient écoulées lorsque Naruto s'arrêta et tomba contre un mur, s'agrippant aux briques – forçant ses jambes à le maintenir debout. Elles tinrent bon malgré la course, bien que le blond les sentît trembler sous lui. Il avait vraiment besoin de quelque chose pour arrêter l'hémorragie de son l'épaule et il sentait les pulsations de son cœur qui envoyait le sang jusqu'à son dos. Cependant, il était heureux que la balle soit toujours coincée à l'intérieur de son épaule. Cela permettait, si on oubliait l'horrible plaie qu'elle avait causée, d'empêcher que plus de sang ne s'écoule – la balle elle-même servait de garrot. Cela suffisait, pour le moment, mais il savait que ça ne durerait pas longtemps. Il ne savait pas en quoi la balle était faite et ce qui pouvait infecter son sang. Très vite, il laissa sa main se poser sur sa blessure et haleta lorsque ses doigts entrèrent en contact avec la tache rouge. Des points blancs brouillèrent sa vision, mais il se mordit l'intérieur de la joue et supporta la douleur. Quand il ôta sa main, il poussa un soupir de soulagement – la chair que la balle avait ouverte s'était refermée derrière elle et le saignement devrait probablement (avec un peu de chance) ralentir s'il ne bougeait pas trop.
Et c'était difficile de ne pas le faire, vu qu'ils étaient toujours poursuivis.
Il se tourna vers Sasuke qui s'était également appuyé contre le mur de briques. Sa respiration était loin d'être aussi hachée que celle de Naruto, mais celui-ci pouvait voir qu'il était sacrément fatigué. Courir comme ça, sans faire de pause, n'était bon pour personne, et le blond n'avait pas la moindre idée d'où ils pouvaient être. Il ne s'était pas préoccupé de la direction qu'ils prenaient, tant ils couraient pour sauver leur vie. Il ferma les yeux, et quand il les rouvrit, il trouva Sasuke en train de le regarder avec des orbes sombres et inquisiteurs.
- Pourquoi te suivaient-ils ? Demanda t-il, et le doré tourna la tête vers le ciel qu'il apercevait entre les toits. Il déglutit, sentant un goût ferreux – son sang – et répondit.
- Ils sont de la mafia. Du coin de l'œil, il vit Sasuke hocher lentement la tête, mais à sa grande surprise, le garçon aux cheveux noirs se tut.
Naruto fronça les sourcils. Est-ce qu'il lui cachait quelque chose ? Mais qui était-il pour poser cette question, alors que lui-même ne faisait que dissimuler ses secrets ? Et juste comme ça, l'Uzumaki laissa filer entre ses doigts l'information qui aurait été précieuse à détenir.
Il inspira et expira profondément, encore et encore. Son sang avait besoin d'oxygène, et il était le seul qui pouvait lui en fournir. Son épaule pulsait péniblement et il essaya de ne pas y penser. Il n'avait jamais été blessé par balle avant ça et ce n'était pas quelque chose qu'il voudrait endurer une nouvelle fois.
- Tu vas bien ? Demanda doucement le brun. Naruto se mordit la lèvre inférieure et hocha la tête.
- Juste un peu fatiguée. Et sonnée, je pense. Je suis désolée d'avoir gâché notre rendez-vous.
- T'inquiète pas.
Le silence s'installa à nouveau entre eux, et Naruto en était heureux. Il ne voulait pas perdre plus d'énergie. Il se concentra sur les voitures qui passaient et le bruit de la ville qui ne dort jamais. Il entendit une ambulance au loin et se rendit compte qu'il aurait pu faire n'importe quoi (n'importe quoi !) pour juste s'allonger à l'intérieur du véhicule et qu'on le soigne. Mais il savait qu'il ne pouvait pas – en partie parce qu'il n'y avait pas de téléphone dans les parages, et en partie parce qu'on le déshabillerait sûrement et qu'on se rendrait compte qu'il n'avait rien d'une fille... Oh et aussi en partie parce que l'hôpital devait reporter à la police tous les blessés par balle qu'ils accueillaient et que sa couverture serait alors définitivement fichue.
La peur d'être découvert lui fit plus facilement oublier sa douleur mais quand Sasuke le fit sursauter en parlant, il sentit la douleur une fois de plus.
"Cher Seigneur," pensait-il en jetant au ciel sombre un regard tout aussi obscur. "Vous devez vraiment me détester là".
- Shizuka... ? Je voulais te demander quelque chose...
Naruto ne savait pas s'il était béni ou maudit quand Sasuke fut coupé avant de pouvoir finir sa question. Une paire de voix se fit entendre à proximité et le doré n'eut pas besoin qu'on lui dise à qui elles appartenaient.
- Mais je suis sûr que je les ai vus courir dans cette direction, dit l'un d'eux, et Naruto était sûr que c'était celui qui était bête (et beau).
- Être sûr n'assure pas tes arrières, rétorqua une voix assurée et un soudain "aïe" leur fit comprendre que le débile avait été tapé par celui qui lui avait répondu.
- Non, je les ai vus aussi, affirma le troisième, et l'idiot grommela en direction du second. Ils ne peuvent pas être allés bien loin.
Sasuke cligna lentement des yeux vers Naruto et celui-ci hocha la tête. Aucun n'osait bouger et ils se collèrent le plus possible au mur, en espérant qu'il les aspirerait et les ferait passer de l'autre côté. Les voix se rapprochaient, et le blond n'osait même plus respirer. Il vit Sasuke faire de même, leurs poitrines s'immobilisèrent et il ferma les yeux pour qu'ils ne voient le blanc de ses yeux briller dans l'obscurité. Ses mains étaient serrées contre le mur, ses ongles le creusant profondément et silencieusement. Et il se trouva à prier Dieu pour que ses jambes le supportent encore une seconde de plus.
Puis des ombres traversèrent ses paupières et il sut que les hommes se tenaient sous le lampadaire qui éclairait l'entrée de l'allée où ils se cachaient. Il entendit des pas se rapprocher et l'ombre devant ses yeux s'agrandit.
- Tu penses qu'ils sont ici ? murmura une voix faible, sachant que ceux qu'ils poursuivaient pouvaient les entendre – et c'était le cas, clairement. Personne ne répondit et Naruto devina – tandis qu'il faisait appel à tous les pouvoirs divins qui pourraient le rendre invisible – que l'un d'eux avait soit acquiescé, soit fait non de la tête.
Puis, un grand bruit se fit entendre, celui d'un coup de pied contre une poubelle métallique remplie de la ruelle, s'écrasant sur l'asphalte en un bruit de ferraille. Les cinq personnes – les trois mafieux, Sasuke et Naruto – sursautèrent violemment.
- Bordel de merde ! Cria l'un d'eux, tandis que les deux jeunes garçons essayaient de se calmer, le cœur battant à tout rompre dans leur poitrine. T'essaies de me faire avoir une crise cardiaque ou quoi ?!
- Je ne l'avais pas vue. Qui a mis une poubelle dans une ruelle, sérieux ? Gémit le mec coupable.
- Eh bien, ramasse ! dit la troisième voix. Je déteste quand il y a des ordures partout. Celui qui avait accidentellement heurté la poubelle grogna et tendit la main pour mettre la main sur l'objet métallique. Depuis que le bruit les avait surpris, Naruto n'avait pas osé fermer les yeux à nouveau. Et maintenant, l'un des méchants était pratiquement à genoux, à cinq centimètres de Sasuke, qui le regardait avec de grands yeux. Il resta complètement immobile mais l'homme tendit la main et toucha sa jambe.
- Beeeurk ! C'est quoi ce truc ? dit-il en retirant sa main. Le blond pouvait imaginer à quel point Sasuke devait être paniqué en ce moment parce qu'il était sûr qu'ils étaient tous les deux dans le même état.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Il y avait quelque chose de chaud et dur, expliqua l'homme accroupi et il tendit de nouveau la main pour toucher le pauvre Sasuke qui ne bougea pas cette fois non plus (Naruto se sentait incroyablement fier de lui) jusqu'à ce que : Hé mais c'est quelque chose de viv… !
Et Naruto pouvait affirmer sans aucun doute qu'il n'avait jamais vu quelqu'un réagir aussi vite avant. Sans qu'il ne remarque quoique se soit, Sasuke déplaça sa jambe et donna un violent coup de pied sous le menton de l'homme, le faisant voler en arrière. Naruto n'eut même pas le temps de voir l'homme atterrir que le brun était devant lui – sa main gauche dans la sienne et courait comme si tous les démons s'étaient déchainés. Le blond ne réussit pas à retenir son cri quand l'Uchiwa tira sur son bras grièvement blessé, la douleur assombrissant sa vision une fois de plus. Les larmes lui montèrent aux yeux et il essaya de desserrer la prise du corbeau mais c'était inutile.
Les hommes derrière eux les avaient forcément remarqués et ils recommencèrent à se hurler des ordres. Et dans un dernier cri, Naruto dégagea son bras. Sasuke essaya de le rattraper et il l'aurait fait s'il n'avait pas entendu, tout comme le doré, un "clic".
D'un pistolet.
Et Sasuke n'eut pas le de temps de réagir, tout ce qu'il put voir avant d'être poussé loin de Shizuka fut ses yeux bleus flamboyants, presque rouges, avant qu'un tir ne retentisse dans la nuit. Il vit la blonde s'effondrer sur un genou, à bout de souffle, puis tout devint mortellement silencieux. Personne ne bougea.
- J'ai touché quelqu'un ? demanda une voix derrière eux. Le brun fit un pas hésitant vers la jeune fille agenouillée et tendit la main.
- Est-ce... Est-ce que ça va ? Demanda t-il et il eut l'impression que sa langue avait grossi et qu'elle était devenue bien trop grande pour sa bouche, ce qui le rendait presque incapable de parler.
Sasuke réalisa qu'il n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie. Et si Shizuka avait été touchée en plein cœur? Et si elle mourrait, le laissant seul au monde? Pourrait-il survivre sans elle, sans la seule personne qu'il aimait ? Peu importe qu'elle ait des secrets, si cela signifiait qu'il devait passer le reste de sa vie sans elle !
- Est-ce qu'elle a été touchée ? Fut la pensée qui traversait son esprit, encore et encore.
- ADN CORRESPONDANT, annonça soudainement la voix atone et métallique d'une femme dans la ruelle sombre.
- J'ai bien touché quelqu'un ! Exulta un des hommes mais avant que Sasuke ne puisse s'évanouir, Shizuka se redressa et enlaça ses doigts avec les siens en murmurant un petit mot d'une voix faible, qui ressemblait plus à un grognement qu'à quelque chose de significatif.
- Cours !
Et c'est ce qu'ils firent.
Avant que quiconque ne puisse réagir derrière eux (puisque l'un faisait la danse de la victoire et l'autre se frottait le menton), ils n'étaient plus là. Ils ne pouvaient plus courir aussi vite que tout à l'heure parce que les jambes de Naruto ne le lui permettaient pas. Si quelqu'un les avait aperçus, il n'aurait vu que deux gamins passant d'un coin d'une maison à l'autre, lentement. Mais c'était le mieux qu'ils puissent faire – que le blond pouvait faire.
Parce qu'on lui avait tiré dessus encore une fois.
Dans la même épaule mais un peu plus bas. Plus près de son poumon, mais il était sûr qu'elle ne l'avait pas percé. La balle avait traversé et il était heureux de porter la veste du brun qui ne lui permettait pas de voir sa blessure. Non pas que Sasuke eut le temps de le regarder lorsqu'il essayait d'aider Naruto à travers les rues. Mais si le corbeau avait jeté un coup d'oeil en arrière, il aurait vu la tache rouge s'épanouir comme une fleur sur la robe blanche. Le blond avait donc de la chance de porter cette veste.
Et ça faisait mal. Ça lui faisait tellement mal que les larmes menaçaient de couler sur ses joues, mais il se mordit la lèvre et il les retint. Il n'avait plus d'air dans ses poumons et chaque respiration qu'il essayait de prendre lui faisait mal. Mais tout ce qu'il pouvait faire, c'était de penser au brun qui essayait de le faire aller plus vite, de l'aider quand ses jambes se dérobaient sous lui, qui jeta son bras sur son épaule et le porta presque à une autre ruelle, le poussant par terre pour qu'il s'assoit.
- Tu es blessée ? Demanda-t-il d'une voix pantelante qui ressemblait seulement à un doux murmure. Naruto se retrouva en train de hocher la tête avant qu'il ne réalise ce qu'il faisait, et à la lumière du réverbère, il put voir le visage de Sasuke pâlir davantage, si cela était possible.
- Rien d'inquiétant, haleta-t-il, repoussant aussitôt la main d'un Sasuke inquiet. "Juste une égratignure."
Le corbeau était sur le point de dire quelque chose, de lui crier dessus en lui disant d'arrêter de mentir, lorsqu'ils entendirent une nouvelle fois leurs poursuivants. Il avait installé le blond derrière un grand conteneur vert qui sentait vraiment mauvais, mais lui-même se retrouvait assis en pleine lumière. Naruto regarda la manière dont les yeux du brun s'écarquillèrent et il se retourna rapidement. Quand il le regarda, il paraissait encore plus terrifié, faisant comprendre à Naruto qu'ils étaient là. Ce dernier ferma les yeux et se mordit la lèvre, s'appuyant un peu plus sur le mur derrière le conteneur qui le cachait très bien. Il était sur le point de lui dire que lui aussi devait se cacher, quand il sentit quelque chose se presser contre ses jambes. Très vite, il ouvrit les yeux et vit que l'Uchiwa tentait de se glisser entre le conteneur et le mur, lui tournant le dos et essayant de faire rentrer ses pieds.
De toute évidence, il n'avait pas le temps de trouver un autre endroit pour se cacher.
Et la place entre le conteneur et le mur n'était pas assez grand pour eux deux.
Sauf si Naruto écartait les jambes et laissait Sasuke s'installer entre.
Et cela créerait des problèmes.
Et les hommes se rapprochaient.
Et le sang s'écoulait de ses deux blessures par balle.
Et sa tête devenait lourde.
Et ses doigts s'engourdissaient.
Et il aimait Sasuke trop intensément.
Suffisamment pour que sa couverture soit grillée.
Et Naruto écarta les jambes.
Et Sasuke se nicha entre elles, dans l'obscurité rassurante.
Et Naruto repensa à toutes les fois où ils s'étaient embrassés.
Et Sasuke sentit le renflement contre le bas de son dos.
Et Naruto sentit son membre se presser dans le dos de Sasuke.
Et Sasuke mit un nom sur cette chose.
Et Naruto ferma les yeux.
Et les yeux de Sasuke s'écarquillèrent.
Et Naruto abandonna.
Et Sasuke se sentit soudainement nauséeux.
Et les hommes qui se tenaient de l'autre côté du conteneur, marchaient lentement à travers les ombres.
Et les deux jeunes garçons retinrent leur souffles, oubliant tout le reste. Les hommes s'étaient rapprochés et ils pouvaient les voir debout à trois mètres d'eux.
- Où sont-ils allés ? Demanda l'un d'eux doucement et alors que plus tôt, ils avaient pensé qu'ils étaient stupides – tous les trois – ils les voyaient finalement pour ce qu'ils étaient vraiment.
Des tueurs entraînés.
Naruto entrouvrit légèrement les yeux, en essayant de penser à quelque chose. Mais tout ce qu'il pouvait voir, c'était Sasuke, un conteneur, des pierres, et Sasuke. Le brun était la seule chose à laquelle il arrivait à penser, et ce n'était pas le bon moment, non. Il devait penser à autre chose.
Et après une dernière inspiration, il saisit une pierre et la jeta aussi fort qu'il le put. Et la pierre vola à travers la ruelle, frappant une poubelle de l'autre côté, en réveillant un chat endormi qui se sauva, terrifié.
- Là-bas !
Et Naruto ne s'était jamais senti aussi heureux de toute sa vie, car il l'était pour Sasuke et non pour lui, lorsqu'il entendit les hommes courir en direction du bruit émis par le caillou. Ils restèrent là où ils étaient (n'osant pas bouger) pendant dix minutes. La ville continuait sa vie comme si rien ne s'était passé, mais pour eux, ce n'était pas le cas. Le blond s'évanouit presque quand le corbeau s'éloigna lentement de lui. Il essaya de le regarder, de voir quelle expression se reflétait sur son visage et quelles pensées lui passaient par la tête. Mais Sasuke semblait mort et ses yeux étaient froids. Et subitement, il se jeta de l'autre côté du conteneur, et vomit.
En entendant le brun vomir, Naruto eut l'impression que la douleur qui broyait son cœur était encore pire que celle qu'il avait à l'épaule. Mais il savait qu'il ne pouvait pas s'effondrer maintenant. Car cela signifierait la mort. Et il devait survivre ; pourquoi ? il ne savait plus. Parce qu'il était sûr que sa vie était finie maintenant qu'il connaissait son secret.
Il serra les dents et fit abstraction de ses sentiments. Il se redressa, et tandis que Sasuke était occupé, il ôta le foulard qui pendait encore sous de la veste, ôta celle-ci, et enroula le foulard autour des grandes plaies rouges sur son épaule. Il trouva le portefeuille du brun dans la veste, le serra contre les deux trous dans son dos, puis utilisa le morceau de tissu pour le fixer, arrêtant ainsi le saignement. Il n'avait rien à mettre sur le trou de sa poitrine mais celui-ci était moins gros que celui dans son dos et de toute façon, s'il se mettait à saigner, il pourrait facilement y poser la main. Il remit rapidement la veste, ce qui était beaucoup plus simple à faire, maintenant que quelque chose maintenait ses blessures. Près de lui, un tuyau d'eau laissait s'écouler de l'eau froide qu'il récolta dans ses mains pour en boire et pour se nettoyer le visage. Quand il eut fini, il continua d'écouter la toux du brun qui essayait encore de vomir alors qu'il n'avait plus rien à régurgiter.
Et Sasuke ne s'était jamais senti aussi malade de toute sa vie. Shizuka était un garçon, un homme putain! Shizuka avait toujours été un garçon et elle ne lui avait rien dit. Tout prenait sens, mais il aurait préféré que ce ne soit pas le cas. Et il ne savait vraiment pas ce qu'il devait ressentir. Son corps semblait mort, engourdi, et il n'arrivait pas à réfléchir. Il ne savait pas quoi penser et c'était presque plus horrible que d'être dégoûté. Il rassembla sa salive et cracha avant de retourner vers Shizuka. Elle – il – semblait être dans le même état que lui, paralysé. Sa peau était grise et il avait l'air de se sentir affreusement mal. Mais Sasuke n'arrivait pas à penser, ni à ressentir quelque chose – que ce soit du dégoût, de la pitié ou du plaisir. Tout ce qu'il pouvait faire était de regarder Shizuka se soulever du sol la respiration haletante.
« Oh mon dieu, on lui a tiré dessus ? » pensa-t-il tout à coup. Mais le regard que la blonde lui jeta le fit abandonner.
Un jour, il y a longtemps, l'Uchiwa avait trouvé une arme sous son lit et elle l'avait vu. A ce moment-là, dans son regard bleu, il avait vu défiler pleins de choses effrayantes.
C'était dix fois pire à présent.
Et Sasuke n'avait jamais imaginé qu'il verrait ces yeux bleus, normalement vifs, aussi morts.
Oh, mais il oubliait !
Il s'en fichait ! Il s'en foutait !
Ses bras pendaient le long de son corps et alors qu'elle lui passait devant, Shizuka lui fit un signe de tête. Il le suivit, ne voyant rien de mieux à faire. Son cœur et sa tête lui faisaient mal. Il ne voulait pas l'accepter et tout son être lui hurlait de se réveiller pour qu'il réalise que tout ça n'avait été qu'un horrible cauchemar et qu'il verrait Shizuka, à ses côtés dans son lit, et enfouirait son nez entre ses omoplates.
Mais non. La vie était cruelle.
Donc, tout ce qu'il pouvait faire était de suivre Shizuka. La silhouette se dirigea vers une cabine téléphonique, appuya sur les touches, puis remit le combiné en place. Shizuka soupira et posa une main sur ses yeux, inspirant et expirant à plusieurs reprises. Puis il reprit le combiné, appuya sur quelques boutons, et cette fois, il plaça le téléphone près de son oreille, tourna la tête et regarda le brun. Celui-ci ne fit rien, à part rendre son regard à Shizuka.
- Oui, dit Shizuka, surprenant Sasuke. J'appelle en PCV... merci.
Un long silence passa et Naruto détourna son regard du brun, avant de poser sa tête sur la vitre.
- Neji, marmonna-t-il tout à coup. Sasuke fronça les sourcils. Pourquoi diable appelait-il Neji en particulier ? Appelle la limousine et dis-leur de venir nous chercher à, Naruto se calma, regarda le nom de la rue puis répondit à Neji. Fais juste ce que je te dis Neji. Non. Non. Oui, il est ici. Pas maintenant. Je te raconterai plus tard. Appelle-les, c'est tout, ok ? Merci.
Il soupira.
- Bonne nuit, et il raccrocha.
Il ne releva pas les yeux vers le brun alors qu'il le dépassait pour se diriger vers un banc à proximité et ajoutait :
- La limousine va venir nous chercher.
Sasuke acquiesça mais ne le suivit pas.
Tous deux s'installèrent finalement en silence sur le banc et quand la voiture arriva dix minutes plus tard, ils y montèrent sans un mot. Le conducteur leur demanda comment s'était passé leur dîner et Shizuka lui répondit que oui, les plats avaient été bons, et que oui, ils avaient passé un bon moment, et que non, ils s'étaient seulement baladés un peu étant donné que la nuit était si agréable.
Sasuke ne dit rien et fusillait le paysage qui défilait dehors alors que la forêt remplaçait la ville. La route était longue, et quand Sasuke demanda finalement au chauffeur l'heure qu'il était, il lui répondit qu'il était déjà minuit passé. Une demi-heure plus tard, ils arrivèrent à l'école et Shizuka remercia l'homme pour la soirée. Ils traversèrent le bâtiment principal en direction de leur dortoir, montèrent les escaliers et ouvrirent la porte. Aucun gardien ne patrouillait dans le couloir à cette heure – Neji s'en était assuré.
Naruto prit ses clés et ouvrit la porte, se figeant lorsqu'il vit Sasuke s'en aller vers sa chambre sans dire un mot. Il se mordit la lèvre et cria son nom. Le brun s'arrêta.
- Quoi ? Demanda celui-ci froidement. Le blond lui voulait demander tellement de choses, mais rien ne sortit de sa bouche. Au lieu de cela, il enleva rapidement sa veste et la lui jeta.
- Ta veste, répondit-il, avant de disparaître précipitamment dans sa chambre, abandonnant Sasuke seul, debout dans le couloir. Il garda la veste sale dans les mains, ne sachant pas quoi en faire. Il se décida finalement à entrer dans sa chambre et ferma derrière lui. Quand enfin il fut à l'intérieur, il s'appuya contre la porte et ferma les yeux en cognant fort l'arrière de sa tête contre le battant en bois, à trois reprises.
- Putain, murmura-t-il. Qu'est-ce qui venait de se passer, bordel ? Comment Shizuka avait-t-elle pu être un il pendant tout ce temps? Et qu'est-ce que son cœur ressentait, et qu'est-ce qu'il lui disait ?
Son cerveau lui disait de le haïr. De haïr Shizuka, ou quel que soit son nom, de ne jamais lui reparler. C'était un homme ! Sasuke avait aimé une jeune fille nommée Shizuka, pas un homme, putain ! Et Shizuka l'avait embrassé, touché, branlé, sucé, souri, aimé et lui avait fait se sentir digne. Elle avait fait tout ça sans lui dire qu'elle était un putain de mec !
Sasuke n'était pas gay. Il n'avait jamais été attiré par un mec.
Mais là encore... il n'avait jamais été attiré par une fille non plus, avant.
Juste... Shizuka.
Alors qu'est-ce qui lui faisait aimer Shizuka ? C'était ses seins ? Son corps ?
Non (il l'avait dès le départ trouvé bizarre).
C'était Shizuka qu'il aimait. Son sourire, son rire, ses yeux. Ce n'était pas son corps. Enfin, son corps aussi, peut-être, après.
Peut-être qu'il n'était pas attiré par son corps ?
Et s'il était attiré par sa personnalité ?
La façon dont elle l'avait fait se sentir entier alors qu'il se sentait vide depuis de nombreuses années ?
Pourquoi, pourquoi était-ce si dur, putain ?
Il jura à nouveau et jeta la veste sur une chaise. Puis il se dirigea vers la salle de bain, nettoya son visage, puis retourna à sa chambre après s'être essuyé. Son corps ne voulait pas, ne pouvait pas réagir. Il ne pouvait rien faire d'autre que de rester effondré au milieu de la pièce, en pensant : « Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? » Il laissa ses jambes s'écrouler sous lui et s'assit sur une chaise, regardant ses mains rougies.
Pourquoi était-ce si difficile d'aimer quelqu'un ?
Il fronça soudainnement les sourcils et regarda ses mains. Ils étaient vraiment rouges. Comme s'il y avait eu de la peinture rouge encore fraîche à l'endroit où il avait pris de l'eau dans la ruelle pour s'en asperger le visage. Y avait-il eu de la peinture fraîche dans la ruelle ? Il réfléchit. Mais il ne croyait pas. Alors qu'est-ce que c'était?
Du sang.
Du sang, lui disait son esprit.
Et ses yeux se dirigèrent vers la veste qui était posée sur la chaise et il la ramassa. Elle avait l'air un peu usée mais quelque chose de bizarre attira son regard. Un trou. Un petit trou à l'avant ainsi que dans le dos. Le vêtement entier était trempé de la même substance qui se trouvait sur ses mains.
Du sang.
Shizuka avait reçu une balle dans le corps.
Mauvais. Et il était maintenant seul dans sa chambre, avec un putain de trou dans l'épaule. Et sans s'en rendre compte, Sasuke s'inquiétait une fois de plus, et alla rapidement vers sa porte, l'ouvrit et la claqua derrière lui. Il courut à la chambre de Shizuka, et avant qu'il ne frappe à la porte, il entendit à l'intérieur un bruit de verre cassé. Il saisit ensuite la poignée et ouvrit la porte.
La première chose que Naruto avait faite après avoir fermé la porte, fut de cracher une longue série de mots qui ne sortent normalement pas de la bouche d'une personne civilisée. Ensuite, il s'était dirigé vers son bureau, avait lancé sa chaise contrele mur et jeté l'ordinateur portable par terre, la machine se brisant sous lui en morceaux, tout comme la chaise. Puis il cogna les murs et détruisit les photos qui s'y trouvaient et continua jusqu'à ce que sa chambre soit sans dessus dessous.
Et puis il s'était arrêté.
Et maintenant, il étais assis sur le canapé, les mains contre sa bouche, les coudes appuyés sur les genoux, essayant de calmer les battements de son cœur.
Fais chier. Qu'ils aillent tous se faire foutre. Que Sasuke aille se faire foutre.
Fais chier.
Il fit la grimace quand il sentit à nouveau la douleur pulser dans son épaule maintenant que la colère ne la dissimulait plus. Il ramassa son portable qui gisait par terre et ouvrit doucement le clapet du portable dont l'écran était cassé. Lui aussi avait souffert. Il l'examina pour voir s'il était mort, et quand il fut sûr que non, il composa le numéro du bureau de la principale. Après une quinzaine de sonneries, une voix fatiguée lui répondit.
"C'est quoi ce bordel ?" jura la voix et Naruto sourit tristement. Il inspira plusieurs fois pour calmer son cœur douloureux avant de répondre.
- Tsunade... c'est moi... Naruto... je... j'ai vraiment besoin de votre aide.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Je... je me suis fait tirer dessus.
La ligne se coupa et Naruto laissa tomber le téléphone. Il se dirigea vers la salle de bain, déchira sa robe et son soutien-gorge rembourré, puis enfila un pantalon de pyjama confortable. Il regarda son reflet dans le miroir et un ricanement se forma sur ses lèvres.
Son reflet était moche et repoussant.
Il arracha ses extensions sans se soucier de la douleur. Puis il se baissa et se lava le visage, le frottant jusqu'à ce que tout le maquillage ait disparu. Il releva ensuite la tête, son visage était parsemé de petites gouttelettes d'eau qui descendaient vers les six cicatrices visibles sur ses joues.
C'était mieux.
Il regarda le foulard qu'il avait autour de l'épaule et l'arracha. Le portefeuille de Sasuke tomba sur le sol, mais il ne lui jeta même pas un regard. Il attrapa l'une des serviettes vertes qu'il plaça sous l'eau chaude avant de la presser contre son épaule. Ça faisait mal, mais il devait le faire. Il nettoya les traces de sang sur sa poitrine et fit ce qu'il put pour celles de son dos. La serviette était d'une couleur rouge foncé quand il eut fini et il en passa une autre sous l'eau chaude et la serra doucement contre la plaie. Il savait qu'une balle était toujours logée à l'intérieur de lui et il a vraiment besoin de l'aide de Tsunade. Et s'il n'avait pas écouté Sakura, quand elle lui répétait qu'elle voulait devenir un grand médecin comme la principale ? Il se regarda dans le miroir, et sans réfléchir, le brisa avec son poing, déchirant son propre reflet. Puis il soupira et sortit de la salle de bain, la laissant telle qu'elle était, c'est-à-dire en désordre et ensanglantée.
Il sorti de la salle de bain en même temps que quelqu'un entrait dans sa chambre.
Sasuke et Naruto s'arrêtèrent et se regardèrent, sans bouger d'un pouce. Les yeux de Sasuke se focalisèrent sur le torse nu et bronzé du blond puis son regard s'attarda un peu sur le tatouage qu'il avait sur son ventre. Puis ses yeux se déplacèrent vers son visage et il remarqua les six cicatrices et que ses yeux étaient presque complètement démaquillés.
Ils se tenaient juste comme ça, se regardant l'un et l'autre, aucun d'eux n'osant bouger, jusqu'à ce que Tsunade n'arrive. Elle ne s'arrêta même pas quand elle vit Sasuke dans la chambre du blessé, se contentant simplement de fermer la porte derrière elle et de la verrouiller. Naruto détourna finalement les yeux, et regarda la principale. Elle lui fit signe de venir sur le lit, et il s'assit, tournant son épaule vers elle alors qu'elle était assise à ses côtés.
Ce fut à peu près à ce moment-là que Sasuke vit le sang, ruisselant sur la poitrine (plate) de Shizuka. Lorsque la blonde utilisa la serviette pour la nettoyer, il vit une grande blessure dont les contours étaient rouges et, quelques centimètres au-dessus, un renflement rouge.
- Elle est toujours à l'intérieur ? Lui demanda Tsunade.
- Oui, murmura Naruto en se mordant la lèvre inférieure. Il savait que ça allait faire encore plus mal à partir de maintenant.
- Stupide gamin, marmonna Tsunade dans un souffle, ramassant le sac qu'elle avait apporté avec elle. "Je n'ai rien pour calmer la douleur, mais il faut qu'on le fasse. J'ai dois d'abord arrêter l'hémorragie de la plaie avant qu'on puisse sortir la balle, ok ?" Ils hochèrent tous les deux la tête et elle commença à s'occuper de la première plaie – la nettoyant et l'enveloppant. Puis elle chercha dans son sac et attrapa une paire de pinces fines métalliques. Elle se dirigea vers la salle de bain, nettoya ses mains et enfila une paire de gants en caoutchouc. En revenant dans la chambre, elle passa près de Sasuke et commença à lui donner des ordres.
- Apporte de l'eau chaude, morveux. Et j'ai besoin de ton aide pour sortir la balle.
- Il... il en reste une ?
Tsunade acquiesça et le brun lança un regard effrayé à Naruto qui fit une grimace. Il laissa sa tête tomber en arrière lorsque la blonde s'assit à côté de lui à nouveau, nettoyant la plaie irritée. Sasuke revint avec de l'eau chaude et elle lui fit signe de s'asseoir de l'autre côté du blessé. Il lui donna le bol d'eau et s'installa nerveusement. Il n'osait pas regarder le blond dans les yeux et même s'il l'avait fait, ce dernier n'aurait rien vu car lui aussi était nerveux et avait baissé les yeux sur ses genoux.
- Je vais commencer maintenant, fut tout ce qu'annonça l'ancienne médecin. Puis Naruto sentit quelque chose s'insinuer dans son corps. Et pendant les dix minutes qui suivirent, il ne ressentit que de la souffrance, de l'inconfort et eut la nausée. Les pinces métalliques s'affairaient à l'intérieur de son épaule pour essayer de dégager et d'attraper la balle encore profondément enfouie. Il ne pouvait rien faire que de haleter et de crier de douleur, et quand Tsunade ordonna au brun de l'aider, il saisit sa main et agrippa son épaule droite.
- Tu peux le faire, murmura-t-il, encore et encore, et Naruto serra les dents, empoignant la main de Sasuke si fort que son sang ne l'irriguait plus.
- Je l'ai. Tiens-le tranquille pendant que je la sors.
Il hocha la tête et ferma les yeux brièvement, puis se rapprocha de Shizuka. Il passa un bras autour de son cou et plaça son visage dans le creux du sien, son autre main ne quittant jamais la main de Shizuka qu'il serrait désespérément.
- Tout va bien se passer. C'est bientôt fini. Il sentit Shizuka acquiescer contre sa nuque, et il hocha la tête à son tour vers Tsunade. Celle-ci fit également un signe de la tête, un air déterminé sur le visage.
Et elle la sortit.
Et Naruto cria.
Quand ce fut fini, Sasuke n'osa pas lâcher l'homme dans ses bras. L'ancienne médecin s'occupa de la plaie, y appliquant certains médicaments avant de lui faire un bandage qui couvrait tout son épaule et une partie de son torse. Le brun avait enfoui sa main et son visage dans les cheveux blonds. Il respirait l'odeur musquée de Naruto, mélangée avec du parfum. Celui-ci tremblait dans ses bras.
- Je ne veux pas te voir bouger pendant cinq jours. Tu as perdu beaucoup de sang et tu dois beaucoup manger. J'enverrai quelqu'un t'apporter un repas et je viendrai vérifier demain.
Naruto ne répondit pas mais Tsunade savait qu'il l'avait entendue, et elle s'éloigna après avoir laissé une boîte d'analgésiques sur sa table de nuit. Sasuke osa finalement le relâcher, mais même après avoir arrêté de s'enlacer, ils restèrent dans la même position.
- Ca va ?
Le blond hocha la tête faiblement – il n'avait plus du tout d'énergie depuis un moment déjà. Il leva les yeux vers Sasuke, et celui-ci vit les cernes sous ses yeux et les larmes qui menaçaient de tomber.
- Je suis tellement désolé, Sasuke, dit-il et posa une main sur la joue du brun. Ce dernier se dégagea.
- Ne me touche pas.
Il se mit soudain à ricaner. En entendant son rire, Shizuka prit l'allure d'un chien battu, la queue entre les jambes. Il s'éloigna de brun avec des yeux si tristes que Sasuke mit sa main sur son avant-bras. La tête de Shizuka se releva rapidement, le regard interrogateur.
- Embrasse moi.
Et Naruto s'éxécuta. Et Sasuke ferma les yeux en sentant la chaleur contre ses lèvres. Ils n'utilisèrent pas leur langue, laissant simplement leurs lèvres sèches se déplacer l'une contre l'autre. Il sentit une chaleur familière dans son bas ventre.
- Stop.
Et Naruto s'éxécuta. Sasuke se redressa, les mains crispées à ses côtés. Il voyait la question non formulée dans les yeux du blessé.
- Je ne sais pas. J'ai besoin de réfléchir. Je... je ne sais juste pas. Shizuka hocha la tête et baissa les yeux quand Sasuke se dirigea vers la porte. Plus tard..., ajouta-t-il lorsqu'il eut atteint la porte, il faudra qu'on parle. Sa main saisit la poignée et il se rendit compte que quelque chose l'empêchait de s'éloigner. Nanohara Shizuka, ce n'est pas ton vrai nom, hein ? lui demanda t-il.
- Non, répondit Shizuka d'une voix rauque (et Sasuke n'arrivait pas à comprendre comment il avait pu croire que cette voix était celle d'une fille).
- Tu t'appelles comment ? En l'absence de réponse, il faillit abandonner. Il soupira et tourna la poignée de la porte, quand tout à coup Shizuka prit la parole.
- Naruto ! Cria-t-il à moitié et quand l'Uchiwa se retourna, il se laissa retomber dans le lit. Uzumaki Naruto.
"Uzumaki... Naruto..." murmura-t-il, avant de quitter la chambre.
Et la porte se referma derrière lui.
* (NdT : les petits bonshommes méchants couleur marron de Super Mario)
A suivre...
Alors ça fait quoi maintenant que la grande vérité est enfin tombée? "Ouch" pas vrai?
Encore merci à Kiwi-Xyao et aux bêtas pour ce chapitre!
