Et me revoilà pour l'avant dernier chapitre! Un peu plus long que d'habitude, profitez-en bien! Attention ça chauffe!
Bonne lecture ;)
Traducteur : Yzanmyo
Chapitre 17
Kill
Sasuke pouvait voir dans ses yeux que Naruto n'avait jamais imaginé de sa vie que ce serait si gênant d'être debout en face de lui, quelques semaines plus tard. Et lui non plus, bien qu'il essayait de le cacher en grognant, la main dans ses cheveux, tirant ses mèches vers l'arrière. Il changea de jambe d'appui et détourna les yeux, regardant le monde immobile derrière ses fenêtres. La fraîcheur du printemps se transformait en chaleur, l'été se rapprochait à grands pas. Ils savaient tous deux qu'il serait bientôt là dans toute sa splendeur et cela signifiait aussi qu'il les séparerait.
Le brun ne savait pas s'ils seraient capables de gérer un truc comme ça. Il ne voulait pas imaginer ce que ce serait de ne pas voir Naruto pendant peut-être plus d'un an. Est-ce que leur relation survivrait à une telle chose ? Est-ce que Sasuke trouverait quelqu'un d'autre ? Ou pire, Naruto trouverait quelqu'un d'autre ? Ces pensées le rendirent plus nerveux et de plus mauvaise humeur qu'il ne l'était déjà.
On était bien quelques semaines plus tard, c'est ça. Tout c'était passé il y avait quelques semaines maintenant et le temps qui s'était écoulé depuis avait été mouvementé. Les examens scolaires avaient commencé presque immédiatement après que Sasuke ait découvert qui était vraiment Naruto et ils n'avaient presque pas pu se voir à cause de tous les contrôles qu'ils avaient eus. L'Uchiha, dans son avant-dernière année, avait eu à faire face à des examens vraiment difficiles et le blond, qui avait pris beaucoup de cours, était jusqu'au cou dans ses tests, en plus de tous ses devoirs qu'il n'avait pas pu faire puisqu'il avait été cloué au lit et tout cela faisait qu'il avait du travail par-dessus la tête. Sasuke était donc occupé par ses études tout comme l'était Naruto, surtout depuis que le blond avait, à la place, pris l'habitude de sauter les contrôles pour manger ou pour déranger son petit ami lorsqu'il travaillait.
Quelques semaines plus tôt, le brun s'était demandé comment Naruto pouvait avoir autant de temps libre alors que lui n'en avait manifestement pas. Quand il en avait parlé plus tard à Sakura, pour une raison bizarre qu'il n'arrivait pas à se rappeler, elle lui avait dit que «Shizuka » avait déjà manqué deux épreuves mineures en médecine. Plus tard cette nuit-là, Naruto avait dû faire face à un Sasuke du type « volcan-en-éruption-vraiment-vraiment-très-en-colère », qui lui avait fait reprendre tous les tests qu'il avait séchés le lendemain et cela avait été beaucoup plus difficile à faire pour le brun que ce qu'il n'avait pensé.
Tout ce qu'il voulait maintenant, c'était apprendre à connaître le garçon une nouvelle fois et se faire plus de souvenirs avec Naruto en tant que mec avant que l'été ne les rattrape. Mais le temps avait filé et aujourd'hui c'était leur dernier jour d'examen. C'était aussi la première fois depuis quelques semaines qu'ils avaient une soirée de libre à passer ensemble.
Et c'était aussi le premier jour d'une nouvelle semaine et le corbeau pouvait compter les semaines qu'il restait avant l'été sur les doigts d'une main.
Mais maintenant, alors qu'il changeait à nouveau de jambe d'appui et regardait le blond qui se mordait la lèvre inférieure de l'autre côté de la pièce, il faisait de son mieux pour ne pas y penser. Au lieu de cela, il regardait Naruto alors qu'il se tenait en face de lui. Tout ce temps qu'ils avaient passé séparé, sans avoir le temps d'être intimes, l'avait rendu nerveux comme une jeune écolière peu avant son premier rendez-vous. Et son petit ami semblait ressentir la même chose.
Celui-ci réalisa soudain que Sasuke le regardait, relâcha la lèvre qu'il mordillait et lui fit un petit sourire à la place. Le brun laissa son regard errer sur son corps pendant que le blond passait sa chemise par-dessus sa tête et faisait glisser sa jupe le long de ses cuisses. Il continua à le regarder alors que celui-ci le dépassait et entrait dans la salle de bain, fermant la porte derrière lui. Ce ne fut que lorsque le corbeau entendit le claquement de la porte qu'il laissa errer son regard vers le sol et commença à retirer ses propres vêtements. Il déboutonna sa chemise et retira son pantalon. Au moment où il était à la recherche d'un bas de pyjama, Naruto rentra dans la chambre.
Il ne portait plus son maquillage de la journée qu'il avait déjà en quittant sa chambre (et même dans celle-ci, il devait le garder la plupart du temps, car Naruto était un garçon avec de nombreux amis et de nombreux visiteurs. Le fait d'être avec Sasuke la plupart du temps faisait qu'il avait encore plus de visiteurs et quand ce n'était pas un membre du fan-club, c'était quelqu'un qui avait besoin d'aide pour ses études. Dommage, parce que Sasuke ne voulait être le tuteur que de l'Uzumaki).
Le brun sentit presque son cœur fondre quand il vit les marques en forme de moustaches caractéristiques de son petit ami sur chacune de ses joues et ses yeux qui renfermaient tant de bleu clair en eux lorsqu'ils étaient débarrassés du fard à paupières noir qui les entouraient. Naruto fit un léger sourire avant de se retourner mais Sasuke put quand même voir la grimace qu'il fit en retirant les extensions qui étaient fixées à l'arrière de sa tête. Il réalisa soudain qu'il était debout presque nu car il ne portait que son boxeur et ses chaussettes et se pencha pour retirer celles-ci. Quand il se releva, Naruto était en train d'enlever son soutien-gorge et il soupira presque de satisfaction quand son regard se fixa sur le corps parfait bronzé en face de lui.
Il n'avait pas eu la chance de le voir depuis ce jour-là, celui où ils avaient mis au clair la question du genre de Naruto et leurs sentiments et il ne s'était pas rendu compte qu'il avait à ce point eu envie de le revoir. Les muscles jouèrent sur ses bras quand il essaya d'atteindre le fermoir du soutien-gorge et Sasuke ouvrit la bouche et faillit gémir au moment où le bout de tissu tomba, dévoilant ainsi le large torse de son petit ami. Il suivit la manière dont le soutien-gorge était en train de tomber mais son regard s'arrêta à l'estomac tatoué. Le tourbillon l'enchantait, c'était le mélange de l'encre noire et de la peau bronze et il encerclait le mignon nombril au milieu. L'idée de mettre un pantalon disparut de son esprit quand Naruto s'approcha de lui, une légère rougeur sur les joues. Il posa une main sur la joue du corbeau et fit un petit sourire.
- On va se coucher ?
Sasuke hocha la tête, sans plus se soucier du tout de son histoire de pantalon, se coucha dans le lit avec Naruto et tira la couverture sur eux. Au lieu de tourner le dos au brun, l'Uzumaki plaça son visage aussi près que possible de celui de son vis-à-vis. Ce dernier pouvait voir les mouvements des longs cils blonds alors que Naruto fermait et ouvrait lentement les yeux. Il était lui-même en train de se rapprocher et put sentir les jambes rugueuses de Naruto appuyer contre les siennes, échangeant leur chaleur corporelle comme jamais auparavant.
Il déglutit avant que ses mains ne partent à la recherche de celle du blond sous la couverture. Il les trouva à mi-chemin et quand Naruto se rapprocha un peu plus, elles furent coincées entre leurs torses. Le brun pouvait sentir les battements de cœur de son compagnon à l'endroit où sa main reposait contre l'autre torse nu. L'Uchiha sourit quand il sentit les battements devenir plus rapides, comme si leur proximité rendait le blond aussi extatique qu'il ne l'était lui-même. Mais cette pensée disparut soudainement de son esprit quand le pied froid Naruto prit contact avec sa jambe. Il chassa le pied et renifla.
- Tu as les pieds affreusement froids.
- Vraiment ? demanda Naruto et il l'embrassa.
Sasuke l'embrassa en retour, gémissant quand la langue de Naruto vint jouer avec la sienne. Il laissa la sienne hors de sa bouche et se réjouit du gémissement qu'il obtint. Naruto arrêta assez rapidement le baiser et soupira de contentement.
- Dors, ordonna-t-il à Sasuke.
Celui-ci laissa ses yeux errer vers la fenêtre. Il y avait de la lumière à l'extérieur car c'était la fin du printemps et il se demanda s'il devait fermer les rideaux pour empêcher la lumière de rentrer dans la pièce. Mais quand le blond entoura sa taille svelte de ses bras, il décida qu'il ferait ça un autre jour. Ce fut la dernière pensée qu'il eut avant de s'endormir, se sentant plus en sécurité que jamais auparavant.
Peut-être que c'était à cause du soleil matinal que Haruno Sakura ne pouvait pas dormir. Peut-être que c'était parce qu'elle était allée se coucher trop tôt hier soir, quand elle n'avait rien trouvé de mieux à faire.
Mais peut-être que c'était à cause de ce sentiment qu'elle éprouvait dans le creux de son estomac, qui la faisait se tourner et retourner dans son lit avant de comprendre qu'elle n'arriverait pas à se rendormir.
Sinon, Sakura aurait été heureuse d'être éveillée. Elle n'avait jamais vraiment été une personne du matin. Une fille comme elle avait besoin de sommeil pour être belle, comme ça elle serait belle pour...
Pour qui, maintenant ?
Avant d'aller à DFSU, elle savait déjà qui était Uchiha Sasuke. Le garçon était connu dans tout le pays et même aussi dans certaines régions hors de celui-ci. Elle se souvint qu'elle avait recueilli tout ce sur quoi elle pouvait mettre la main et qui avait quelque chose à voir avec lui. Ce n'était pas un secret (même si elle avait voulu que c'en soit un) que Sasuke Uchiha avait été la raison pour laquelle elle avait choisi d'aller à DFSU à l'origine.
Non pas que l'école elle-même n'avait pas attiré son attention. Aller à l'école dont la principale était le grand docteur Tsunade, elle-même, avait été le choix parfait pour Sakura. Mais malgré ça, elle ne pouvait nier la vérité.
Elle avait été véritablement obsédée par l'Uchiwa.
Comment cela lui était venu ?
Eh bien, Sakura était une jeune fille brillante, elle savait aussi que sous son côté garce, elle était tout à fait incroyable. Il y a des années, elle l'avait vu dans les journaux. Elle se souvenait que sa mère prenait son petit déjeuner de l'autre côté de la table son père ne faisait plus partie de ce tableau depuis longtemps. Elle avait lu un article sur un chat qui avait hérité d'une somme d'argent folle et elle se demandait qui diable ferait ça. Et qui aurait l'argent quand le chat ne retomberait pas sur ses pattes ? Elle avait reniflé, ce qui était inapproprié pour une lady (sa mère lui avait d'ailleurs lancé un regard d'avertissement), puis tourné la page. Et il avait été là, le futur mari de Haruno Sakura, le jeune Uchiha Sasuke.
La photo était en noir et blanc et à la seconde où elle avait posé ses yeux sur la plus jeune personne de la photo, elle avait été hypnotisée. Il avait fallu plusieurs minutes avant que Sakura n'en vienne à lire l'article et quand elle eut fini, elle avait pleuré pendant plusieurs heures. Où allait le monde si un garçon si beau et étonnant avait ce genre de destin horrible ? Bon sang, qui pouvait vouloir lui faire du mal ? Sa mère l'avait grondé en lui disant que les larmes n'étaient pas bonnes pour la peau, mais elle n'avait pas écouté. Lorsque plus tard, elle avait retrouvé ses esprits, elle avait fait un vœu qu'elle – la tout à fait incroyable, belle et charmante Sakura – ferait du pauvre Uchiha Sasuke le plus heureux des hommes. Et quand la jeune fille avait fréquenté la même école que lui et l'avait vu en personne alors qu'il descendait seul les marches du bâtiment principal, elle était tombée par terre – évanouie pour les dix minutes suivantes.
Il lui avait fallu beaucoup de temps avant d'avoir le courage ne serait-ce que de lui sourire.
Elle était la fille parfaite. Elle, avec ses cheveux roses et sa peau parfaite, aurait été la femme parfaite pour se montrer au bras du brun et elle lui aurait donné des enfants, les plus sublimes du monde.
Et tout allait bien, jusqu'à ce que cette salope de Nanohara Shizuka ne dise à tout le monde comment elle avait couché avec l'Uchiha.
- Menteuse ! avait crié Sakura.
Sasuke était bien trop beau et intelligent pour coucher avec un laideron comme Shizuka. Elle avait voulu griffer le visage de la blonde, le détruire jusqu'à ce que le garçon qu'elle aimait ne puisse plus jamais la reconnaître ou lui donner un coup d'œil qu'il passait devant elle.
Mais Shizuka s'était avérée plus que digne.
Et elle avait aussi prouvé que la beauté n'était pas tout, alors que cela avait été un dogme pour Sakura, jusqu'à maintenant.
Maintenant, quand elle posait les yeux sur l'Uchiha, elle se sentait comme si elle le regardait avec les yeux d'une mère. Elle pouvait voir dans ses yeux qu'il n'était plus le même garçon depuis qu'il avait rencontré la blonde et elle avait vraiment aimé ce qu'elle avait vu. Et Shizuka n'était pas la pire fille qui soit... peut-être juste un peu... originale. Mais si le jeune homme était heureux avec elle, Sakura supposait qu'elle l'était aussi.
Toutes ces pensées traversèrent son esprit alors qu'elle était assise sur le lit, tirant la moitié de sa couverture pour mieux couvrir son corps nu. Sur le mur d''en face, un grand miroir était accroché et c'était avec légère satisfaction qu'elle regardait ses cheveux roses boucler en tombant vers ses seins d'une façon des plus charmantes. Sa peau pâle allait très bien avec ses yeux verts, tout comme ses lèvres roses avec ses cheveux. Sa taille était mince et son corps puissant.
Il y avait quelques mois, tout cela appartenait à Sasuke Uchiha. Maintenant, étrangement, il lui appartenait. Pour la première fois depuis très longtemps, ses seins étaient à nouveau les siens, ainsi que son estomac et le reste de son corps. Cela l'effrayait complètement, mais en même temps, elle ne s'était jamais sentie aussi libre avant. Elle sourit faiblement à son miroir et se leva, laissant tomber la couverture derrière elle. Elle regardait ses tétons roses se durcirent fièrement comme pour la saluer. Elle regarda son ventre soyeux avec son nombril mignon et les boucles molles autour de son sexe. Elle était belle et tout cela était à elle.
Dans son dos, Rock Lee se déplaça dans le lit. Elle l'entendit grogner pour chasser le sommeil de son corps alors qu'il s'étirait, elle suivait ses mouvements dans le reflet du miroir. Son corps musclé et bronzé bougea jusqu'à ses orteils qui se tordirent aussi loin qu'ils le pouvaient. Puis il se détendit et lui jeta un œil par-dessous sa frange.
- C'est normal d'être devant le miroir, nue et de s'observer? marmonna-t-il, le sommeil ne l'ayant pas encore quitté.
Elle lui sourit et sauta sur lui, le faisant grogner.
- Aujourd'hui, ça l'est.
Quand il ouvrit les yeux qu'il avait fermé brièvement, elle vit qu'il attendait plus que cette simple réponse.
- Je viens de réaliser que ce corps est à moi et à moi seule, marmonna-t-elle, un peu gênée.
Lee eut un petit rire et enfouit sa tête dans l'oreiller, tendant une main bronzée pour serrer confortablement sa cuisse blanche.
- Je me demandais quand tu t'en rendrais compte, dit-il doucement.
Elle eut l'air abasourdi pendant une seconde, puis elle eut un rire sonore et se battit avec lui dans le lit.
Oui, son corps était le sien, fort et beau. Et quand elle chevaucha Lee dans le lit et regarda ses joues se couvrir d'un rouge adorable, elle n'aurait pas voulu qu'il en soit autrement.
- Tu ne peux pas dormir toute la journée, tu sais ! cria Ino à travers la porte en même temps qu'elle la frappait à plusieurs reprises.
Sentant qu'elle commençait à blesser ses doigts, elle les regarda tristement, et décida de taper à coups de pieds au lieu d'utiliser ses mains. Elle n'eut à le faire que trois fois avant que la porte ne s'ouvre presque sur son précieux visage, et elle cria avec colère. Dans l'entrebâillement, un Shikamaru fraîchement réveillé apparut, les yeux même pas encore ouverts.
- Quoi? dit-il de son ton ennuyé habituel, mais Ino se trouva satisfaite que, même s'il ne voulait pas le montrer, il soit plutôt irrité et en colère contre elle.
Ses cheveux pendaient librement sur ses épaules, pointant dans tous les sens suite au combat nocturne que sa tête avait mené avec l'oreiller. Il portait un tee-shirt blanc et un boxeur gris (Ino découvrit que ce dernier était décoré de trous ici et là), ainsi qu'une paire de chaussettes sales — sérieux, qui portait encore des chaussettes pour dormir ? La seule preuve qui montrait qu'il était irrité et en colère contre elle, c'était la façon dont ses mains se serraient contre ses flancs. Ino eut un sourire narquois.
- Il est neuf heures, déclara-t-elle.
Un tressaillement parcourait un de ses sourcils marrons.
- Je n'ai pas de cours avant quatorze heures.
- Je sais, ricana Ino en voyant les yeux de son ami s'entrouvrir, une lueur dangereuse à l'intérieur.
La seconde d'après, la porte se refermait devant ses yeux et avant qu'elle ne puisse même avoir la chance de protester, elle entendit la porte se verrouiller. Elle jura et ferma les yeux pendant quelques secondes, avant de recommencer un combat avec cette dernière.
Pendant ce temps, Iruka Umino marchait à travers le bâtiment des enseignants, en sirotant sa tasse de café. Il se gratta la tête avec son autre main, qui était pleine de papiers. L'action provoqua la chute de certains qui glissèrent sur le parquet ciré. Le brun jura dans sa barbe et regarda rapidement les alentours pour s'assurer que personne ne l'avait entendu. Puis il se pencha et les rassembla, ce qui lui fit renverser du café sur le sol. Le professeur ferma les yeux et gémit. Ça allait être un de ces jours-là, aujourd'hui. Il remporta les papiers et les posa sur la tablette d'une fenêtre à proximité et partit à la recherche d'un chiffon. Lorsque tout le café fut nettoyé sur le sol, il rassembla les papiers sur la fenêtre et les prit dans ses mains.
Mais il ne partit pas, non. Il se tenait devant la fenêtre et regardait le premier jour du début de l'été. Un petit vent allait d'un bâtiment à l'autre et agitait les feuilles sur les arbres de son souffle. Il sourit chaleureusement devant ce tableau et aussi aux étudiants qui marchaient plus bas. Les examens finaux étaient terminés et quelques semaines de détente les attendaient. Il était fier de ses élèves, aucun n'était recalé cette année et c'était assez incroyable. Même cette Nanohara Shizuka, qui avait été plutôt le genre de fille hasardeuse, avait réussi à s'en sortir. Iruka était à peu près sûr que ça avait quelque chose à voir avec son petit ami Sasuke Uchiha — l'un des meilleurs élèves qu'il ait jamais eu. Il était un peu perplexe de voir que ces deux-là s'étaient trouvés — la première fois qu'il les avait vus ensemble, ils étaient au milieu d'une grosse dispute —, mais il devina que l'amour était aveugle après tout.
Ou du moins Sasuke l'était.
Iruka rougit presque quand il eut ces pensées mesquines et se racla la gorge, comme si quelqu'un l'avait entendu. Pour cacher cela, il posa ses yeux sur les amis du couple. Lorsque cette année avait commencé, ces personnes n'auraient même pas échangées un coup d'œil, mais quelque part cela avait changé.
Il y avait Nara — un garçon paresseux, mais incroyablement intelligent — qui se chamaillait avec Ino Yamanaka, elle-même se tenait en face de Chouji, le mangeur de chips — qui regarda ses fesses de la même façon qu'il regardait ses chips. A côté de la blonde se tenait Temari, les bras croisés sur sa poitrine et qui souriait largement à la vue de son petit ami se faisant gronder par la femme beaucoup plus petite. Dans l'herbe, Haruno Sakura était assise avec son petit ami obsédé, Rock Lee, et à côté d'eux Gaara le rouquin était assis l'air très à l'aise. Iruka regarda Neji et Tenten, sa petite amie, se diriger vers les trois assis dans l'herbe, et le brun aux longs cheveux se pencha pour dire quelque chose à Lee. Cela fit hurler Lee, faussement offensé, et il lui saisit les jambes, provoquant une chute violente chez le Hyuuga. Ce dernier se mit à rire et se frotta le dos et sa cousine, Hinata, se dirigea vers lui et l'aida à se relever, suivie de près par Kiba. Sai se tenait à quelques mètres et ricana, ses mains enfoncées profondément dans ses poches et sa chemise tachée de peinture aux couleurs différentes.
Iruka n'avait aucune idée du pourquoi ni du comment ces adolescents s'étaient autant rapprochés en seulement un an. Quelque chose s'était évidemment passé, mais il ne savait pas quoi. Par exemple, avant, le Hyuuga ignorait complètement sa jeune cousine, mais maintenant, ils se parlaient comme des frères et sœurs. Et maintenant qu'il n'avait plus Sasuke pour l'occuper et le distraire de bien des manières, il avait laissé la jeune fille Tenten entrer dans son cœur et cette relation se passait bien.
M. Umino avait toujours été intéressé par les comportements sociaux et les sentiments des gens.
Mais cela, il ne pouvait pas le comprendre.
La différence entre dormir tout en essayant de garder le contrôle et dormir comme un bienheureux était assez grande. Avant, à l'exception de la première nuit qu'il avait passé avec Sasuke, Naruto s'était allongé comme si une bombe avait été placé juste derrière lui, prête à exploser s'il bougeait trop. Mais ces dernières semaines, il avait dormi seul dans son lit et ses vieilles habitudes de sommeil étaient revenues, et maintenant, alors qu'il se trouvait sur le corbeau, entre ses jambes écartées, il était prêt à faire une joyeuse danse pour fêter ça.
Il leva la tête pour avoir une meilleure vue de l'Uchiha allongé sous lui et sourit quand il regarda un filet de bave faire son chemin le long de son menton. Naruto utilisa la couverture pour l'essuyer, et quand il le fit, celui-ci se réveilla. Au début, ce n'était pas plus qu'un battement bref des paupières, mais lentement et sûrement elles s'ouvrirent, et son petit ami le regarda avec une expression bizarre.
- Qu'est-ce' tu fais ? marmonna-t-il, inutile de parler plus fort puisque le blond était tout près de son visage.
- J'essuie ta salive, répondit-il avec un sourire tout en terminant son travail. Il laissa son corps reposer sur celui de Sasuke. Il aimait la sensation du torse nu du jeune homme pâle pressé contre lui, sentant les contours de son estomac sous le sien. Leurs jambes poilues étaient enchevêtrées sous la couverture. Il pouvait sentir les ongles des orteils de Sasuke contre le dos de ses pieds. Il pouvait sentir son souffle contre sa joue et il pouvait sentir l'érection matinale de l'autre appuyée sur la sienne.
- Je ne bave pas, déclara Sasuke.
- Bien sûr que si, l'informa Naruto. Comme c'était marrant.
- Tu es celui qui bave, rétorqua-t-il, et après une seconde de réflexion, ajouta : et celui qui ronfle.
- Je ne ronfle pas ! protesta le blondinet.
- Ça m'a empêché de dormir toute la nuit, mentit assez bien Sasuke.
- Eh bien... Naruto essaya de trouver quelque chose de mieux, et réussit : tu es celui qui pète !
- Le quoi ?
- Celui qui pète !dit Naruto avec une certaine fierté.
- Je ne fais pas ce genre de chose ! se défendit Sasuke.
- Oh, mais si, tu le fais, Sasuke-bâtard ! Dès que tu t'endors, ça commence ! J'ai cru que tu allais m'expulser par la fenêtre hier ! Naruto alla aussi loin dans ses taquineries, seulement parce que l'autre l'avait soudainement attaqué.
Ça ne dérangeait pas du tout Naruto — qui se plaindrait d'avoir un Sasuke à moitié nu qui se jetait sur lui ? Il rit quand le brun essaya de le faire tomber du lit, mais échoua lamentablement. Il apprécia sa position, son petit ami se trouvait sous lui, ses mains étaient piégées par les siennes et maintenant au-dessus de sa tête. Ses jambes étaient maintenant de part et d'autre de celles du corbeau au lieu d'être entre elles. Il eut un petit rire humble.
- Mon Dieu, mon Dieu. Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
Sasuke grogna et essaya de se libérer.
- Tu as une horrible haleine le matin, Uzumaki, rétorqua-t-il à la place.
- La tienne n'est pas terrible non plus, répondit Naruto, et il posa ses lèvres sur celles de son vis-à-vis.
Le baiser s'avéra n'être rien de plus qu'une légère bise sur ses lèvres charnues. Naruto se recula en le regardant et répondit au sourire satisfait qui ornait les lèvres du brun. Il avait presque l'air d'un chat en train de ronronner. Puis il sentit soudainement une pression grossir de plus en plus lentement autour de son aine, et il s'éloigna brusquement de son amour. Sasuke le suivit des yeux pendant qu'il courait dans la salle de bain.
- Je dois pisser ! cria Naruto avant de fermer la porte.
Sasuke gloussa et leva les yeux vers le plafond. La chaleur du blond disparut rapidement, mais cela ne le fit toujours pas changer d'humeur. Il n'avait pas dormi aussi bien depuis des semaines et son corps exultait de bonheur d'être aussi bien reposé. Il ferait n'importe quoi pour dormir comme ça tous les soirs.
Oui, il ferait sans doute n'importe quoi pour dormir comme ça tous les soirs avec Naruto.
Mais l'été approchait. Sasuke rentrerait chez sa famille et Naruto repartirait en ville. Et quand l'automne arriverait, il commencerait sa dernière année à l'école.
Sans Naruto.
Mais Sasuke ferait n'importe quoi pour rester avec lui.
Mais qu'y avait-il à faire ? Que pouvait-il faire et est-ce qu'il serait capable de le faire ?
Un sentiment le transperça soudain, et il s'assit sur le lit, les yeux fixés sur la porte des toilettes. Puis il sortit de son lit et frappa fort à la porte.
- Dépêche- toi, dobe ! Tu ne peux pas y passer toute la journée ! Cria-t-il, il tenait son entrejambe d'une main et espérait vraiment pouvoir se retenir.
Les sourcils de Sasuke tiquèrent pour la troisième fois en quelques minutes selon Naruto.
Cela le fascinait.
Le brun avait des sourcils parfaits. Ils étaient minces et avaient une belle ligne, mais la plupart du temps, ils étaient froncés pour montrer son irritation. Ils étaient parfaitement assortis à ses cheveux et à ses yeux, et Naruto se demanda vaguement s'il faisait quelque chose pour qu'ils soient aussi parfaits. Peut-être un truc... de fille.
L'Uzumaki ricana.
- Quoi ? grogna Sasuke pendant qu'il détournait les yeux.
Naruto sourit et secoua la tête, ne prenant pas la peine de répondre. Ils étaient assis l'un à côté de l'autre, prenant un bain de soleil. C'était Naruto qui avait insisté pour qu'ils le fassent, il n'avait pas pu bronzer une seule fois cette année. Il aimait la sensation du soleil sur sa peau. C'était dommage que son visage soit recouvert de maquillage. Mais il avait retroussé ses manches et avait ouvert la plupart des boutons de son col.
Sasuke avait l'impression d'être prêt à partir pour la neige à chaque seconde, car il était presque caché derrière le banc pour s'éloigner du soleil. Naruto plissa les yeux et sourit à nouveau, ce qui sembla irriter encore plus son petit ami.
- Ne fais pas ça, grogna-t-il.
Le blond fronça les sourcils et ferma les yeux de confusion.
- Ne fais pas quoi ? demanda-t-il.
- Ne lui ressemble pas.
Celui-ci pencha la tête et fronça le nez, ce qui lui donna un air vraiment stupide. Enfin, c'était Naruto, après tout.
- Lui ?
- Naruto, répondit Sasuke et il rougit en se grattant le bras, embarrassé.
- Eh bien eeeeuh ! Je suis Naruto ! rétorqua-t-il et i s'appuya contre le dossier du banc sans quitter le jeune garçon à la peau pâle des yeux. Une seconde après, il réalisa son erreur et regarda autour de lui, s'assurant que personne n'était près d'eux.
- Non, tu es Shizuka.
Naruto rouvrit les yeux et le regarda, essayant de comprendre ce qu'il sous entendait. D'une certaine façon, il supposait que l'Uchiha avait raison – là maintenant, il était Shizuka. Mais Sasuke ne le voyait sûrement plus comme Shizuka, non ?
- Tu connais notre accord Uchiha. Tu dois faire avec.
- Eh bien... très bien, grogna-t-il.
Naruto soupira et détourna son attention vers le soleil, quand le brun marmonna.
- Quoi ?
- J'ai dit, répondit le brun lentement, je veux Naruto.
Celui-ci renifla.
- Eh bien, tu ne peux pas l'avoir.
- Mais je le veux.
Même si Sasuke essayait de paraître irrité, il ressemblait plus à un enfant gâté pour Naruto.
- Pas de bol, grogna le blond.
Le corbeau lui jeta un regard glacial que son interlocuteur ne tarda pas à le lui retourner.
Shikamaru était encore assez grincheux d'avoir été arraché à son lit comme ça. Il se demandait quel était le problème d'Ino. Ne devrait-elle pas plutôt réveiller Chouji comme ça ? Il était sûr que ça ne le dérangerait pas. Shikamaru lui-même ne le serait pas. Et tout ce harcèlement ! Et Temari, qui était censée être sa charmante petite amie, semblait penser que c'était amusant ! Ça le soûlait grave !
Mais bon. Ce qui était passé était passé et il ne pouvait rien faire pour changer cela. Ce soir, il demanderait à Lee s'il pouvait dormir dans sa chambre, puisque celui-ci dormirait probablement avec Sakura.
Mec, pourquoi tout le monde découchait de nos jours? Il supposait que le printemps avait quelque chose à voir avec ça mais c'était ridicule. Mais ils étaient plus vieux maintenant et c'était sûrement l'un des effets de l'âge.
Il soupira et s'arrêta sur la place qu'il était en train de traverser, au milieu d'une des cours où il y avait de la pelouse. Normalement, Chouji aurait du traîner avec lui en ce moment, mais il était trop occupé à essayer d'impressionner Ino. Temari n'avait jamais vraiment eu de prédilection pour le calme, alors elle était allée au bâtiment d'entraînement, suivie de près par Lee. Kiba, qui était aussi l'une des personnes avec qui il traînait la plupart du temps, était avec Hinata quelque part, à faire quelque chose, pour le plus grand désespoir de Neji. Ça ressemblait à de la surprotection et Shikamaru pensait qu'il n'avait rien le droit de dire étant donné qu'avant, il ne s'en préoccupait absolument pas. Mais d'après ce qu'il avait entendu de son père, les Hyuugas étaient bizarres.
Quelque chose dérangeait le génie mais il ne pouvait pas mettre le doigt dessus. Quelque part dans le creux de son estomac, quelque chose n'allait pas. Peut-être que c'était quelque chose dans l'air. Peut-être que le mal de tête qu'il avait depuis ce matin n'était pas à cause d'Ino, mais d'une tempête qui approchait ? L'air était plutôt lourd. Il l'était devenu avec l'approche de l'été, supposa-t-il.
Il était sur le point de mettre sa main dans ses poches de pantalon pour attraper le paquet de cigarettes qu'il avait là (il savait que les étudiants avaient interdiction de fumer à l'intérieur de l'école, mais le brun avait toujours été le genre de personne qui ne se souciait pas vraiment de ce genre de choses), quand il entendit des voix en colère qui approchaient. Contre son gré, il tourna la tête dans la direction des voix et il vit Shizuka et Sasuke qui marchaient dans l'herbe en parlant fort. Le visage de l'Uchiha était presque rouge de colère et les yeux de sa petite amie luisaient presque de rouge, secouée par la même émotion. Le garçon aux cheveux noirs suivait la blonde, marchant sur ses talons alors que celle-ci tentait de lui échapper. Quand ils furent assez proches, Shikamaru put entendre ce qu'ils disaient.
- Je ne te veux pas toi ! cria Sasuke avec colère repoussant sa frange qui était tombée devant son visage.
Shizuka avait l'avantage d'avoir des jambes plus longues et le brun devait faire un gros effort pour tenter de suivre son rythme.
- Eh bien, je suppose que tu vas devoir faire avec moi pour le moment, grogna la jeune fille de nouveau, tout en lançant un regard vraiment énervé à son petit ami.
Sasuke Uchiha tourna son regard tristement célèbre vers elle et elle grogna.
- Mais je ne veux pas de toi ! Je veux Naruto !
«Naruto ? » se demanda Shikamaru.
- Eh bien, il n'est pas ici !
- Eh bien, va le chercher ...!
- Désolé, mais il n'est pas là aujourd'hui !
Sasuke eut l'impression qu'il allait taper du pied et hurler mais il se contenta de grogner.
- Très bien, je suppose que je dois faire avec toi alors !
Et sur ces mots, il s'approcha d'elle, lui pencha la tête et l'embrassa. Shizuka ne donna pas l'impression qu'elle s'en souciait puis finalement lui rendit goulûment son baiser. Shikamaru grogna, retourna le paquet pour prendre une cigarette et l'alluma.
Il avait vraiment besoin de se calmer là.
- Tu fumes ?
Le génie ouvrit les yeux et cria presque quand il vit le visage de Shizuka à quelques centimètres du sien. Il ne l'avait pas entendu arriver. Il sentit un souffle chaud sur son autre joue et quand ses yeux rencontrèrent ceux de Sasuke qui était tout aussi proche que Shizuka, il hurla.
Un peu.
- Putain, c'est quoi votre problème ! leur cria-t-il, irrité qu'ils aient réussi à le perturber comme ça. La blonde ricana puis devint complètement sérieuse.
- Tu va mourir si tu fumes, dit-elle et il ne fut capable que de voir ses yeux bleus choqués qui le transperçaient. Il déglutit.
- Co-comme si je n'étais pas au courant de ça, bégayat-il.
- Tu veux mourir ? Demanda Sasuke de son autre côté.
Le fumeur tourna la tête et vit les yeux noirs, et se demanda vaguement si Sasuke n'était pas la mort elle-même venant le chercher. Il secoua lentement la tête.
- Je suis content que tu sois d'accord.
Shikamaru regarda la manière dont la bouche de l'Uchiha se transforma en un sourire effrayant.
- Shizuka ?
Celle-ci enleva doucement la cigarette qui était tombée sur le côté de sa bouche et l'agita devant ses yeux.
- Alors je suppose que tu ne nous en voudras pas si on fait cela, murmura le corbeau.
Il ferma les yeux quand il vit la blonde broyer la cigarette dans un nuage de poussière de tabac dans sa main, ne faisant pas même attention au fait de s'être légèrement brûlée.
- Qu'est ce que vous voulez ? Gémit-il, et il tomba sur le sol.
Shizuka ricana et Sasuke sourit, satisfait de leur succès.
- Rien, vraiment. On passait par là et on t'a vu essayer de te tuer. C'était notre devoir de te sauver la vie, dit gaiement Shizuka.
Le garçon paresseux lui lança un regard sombre.
- Merci, dit-il, la voix dégoulinante de sarcasme.
- Mais de rien, sourit Sasuke.
Shikamaru n'avait pas vu jusqu'à présent le rouge à lèvres qui avait débordé sur les lèvres de Sasuke à cause de son baiser avec Shizuka. Cela rendit sa journée un peu plus sympathique.
Il s'abstint de dire quelque chose.
Ensuite, l'Uchiha se redressa, suivi de près par sa petite copine. Shikamaru observa la manière dont ils se déplacèrent en une synchronisation parfaite. Ils n'avaient pas besoin de regarder l'autre pour savoir quelle direction ils allaient prendre. La main de Shizuka se balançait à quelques millimètres de celle de Sasuke sans pourtant la toucher. Toute son attention était focalisée sur le garçon Uchiha et seulement sur lui. Le génie regarda la façon dont le garçon leva les yeux vers elle et sembla presque humain.
Shikamaru se demanda si lui et Temari ressemblaient à ça. Mais leur relation n'était pas aussi fusionnelle. Il aimait Temari, bien sûr. Et il était absolument certain qu'elle l'aimait aussi.
Mais entre ces deux-là, il y avait quelque chose d'autre. Comme s'ils étaient amants (Shikamaru ne savait pas s'ils l'étaient déjà, mais pour lui, son ami avait l'air d'être très pervers alors ça ne l'aurait pas surpris). Comme s'ils étaient les meilleurs amis du monde (Shikamaru n'en doutait pas). Presque comme s'ils étaient une petite famille.
Il savait que Sasuke n'avait pas de famille. Son histoire était bien connue de tous à l'école, aussi bien ceux qui voulaient être au courant, que ceux qui ne le voulaient pas. Mais Shizuka, il n'en savait rien. Elle leur avait dit qu'elle était pauvre. Elle leur avait dit qu'elle avait un ami. Mais rien de plus. La seule chose qu'il savait, c'était qu'elle n'était pas n'importe quelle fille. Et plus le garçon paresseux la regardait, l'observait, plus il devenait certain qu'elle n'était définitivement pas comme les autres.
Le téléphone portable de celle-ci sonna. Elle glissa sa main entre ses seins et le chercha un petit moment puis en retira l'objet vibrant et sonore. Sasuke leva les yeux au ciel et Shizuka mit le téléphone à son oreille.
- Shizuka à l'appareil ! Elle se tut pendant un moment.
- Oui ? Allo ? Je... Je ne vous entends pas... Elle lança à Sasuke un regard inquiet et celui-ci fronça les sourcils.
Qu'est-ce qui pouvait bien être en train de se passer ?
- Asu - Asuma ! Je ne t'entends plus ! Asuma !
Elle laissa finalement retomber le téléphone à ses côtés et il devina que la ligne avait été coupée. Elle prononça calmement quelques mots à Sasuke, et celui-ci eut l'air plus inquiet à chaque mot qu'elle rajoutait. Il lui répondit d'une voix tout aussi calme et elle hocha la tête. Shikamaru aurait aimé avoir des super-oreilles. Lentement, il se releva et commença à marcher vers eux, quand une voix l'arrêta.
- Mademoiselle Shizuka ! Vous devez aller dans le bureau de la directrice ! Shizune, la directrice adjointe, courut vers eux, l'air inquiet. Le principal veut vous parler.
La jeune fille blonde jeta d'abord un coup d'œil à la brune puis à Sasuke. Elle suivit la directrice adjointe, et comme elle se hâtait à sa suite, le jeune Uchiha lui emboîta le pas après une seconde de réflexion.
Ils laissèrent Shikamaru qui les suivit du regard jusqu'à ce qu'ils disparaissent de sa vue.
Naruto ne savait pas pourquoi son cœur tambourinait si fort dans sa poitrine. Il savait que quelque chose se passait, mais il n'avait aucune idée de ce que ça pouvait être. L'appel qu'il avait reçu d'Asuma n'avait pas arrangé son appréhension. Il n'avait pas entendu quoi que ce soit de ce que l'homme avait dit et il avait parlé comme s'il était au volant, ou quelque chose comme ça. Mais pourquoi le serait-il ? Le blond savait que l'homme détestait voyager si ce n'était pas pour quelque chose de vraiment important.
Et cette pensée ne l'aida certainement pas à se sentir mieux.
Alors bordel qu'est-ce qui se passait ?
Après de nombreuses hésitations, Sasuke fut autorisé à le suivre dans la pièce. Shizune n'était pas vraiment d'accord mais Naruto lui avait assuré que le brun connaissait tous les détails. Pourtant, ce n'était pas suffisant pour la directrice adjointe, mais celui-ci lui avait lancé l'un de ses regards noirs. Et maintenant, tous les deux étaient assis sur le canapé qui se trouvait le long d'un des côtés de la salle, attendant tranquillement l'arrivée de Tsunade. La pièce était silencieuse au point de devenir angoissante et Naruto savait que son petit ami était aussi nerveux que lui. Il pouvait le voir à la façon dont son pied frappait continuellement le sol.
Le blond en fit de même.
C'était étrange. La pièce était belle tout en était angoissante. Les grandes fenêtres permettaient au soleil d'y entrer et il faisait chaud. Deux fenêtres était ouvertes et les lourds rideaux bougeaient à cause du léger souffle du vent. Certains papiers voletèrent sous la brise mais aucun des deux garçons ne prit la peine de les ramasser. Alors, quand Shizune entra peu après dans la salle, suivie par Tsunade, la directrice aux gros seins, elle les ramassa avant qu'elle ne reparte à nouveau, son regard empreint d'inquiétude. La blonde avait le visage rouge de colère ou d'épuisement. Ses yeux brillaient dangereusement et Naruto ferma les yeux et commença à respirer plus lourdement. Il n'aimait pas cela. Il n'aimait pas cela du tout.
Soudain, il sentit une main se poser sur la sienne. Elle était un peu sèche et elle saisit la sienne d'une manière apaisante, comme si ce simple geste pouvait emporter toutes les appréhensions que Naruto ressentait à l'intérieur de son corps en ce moment. Et ça fonctionna en partie. L'Uzumaki ouvrit les yeux et sourit chaleureusement à Sasuke, mais les coins de sa bouche tombèrent quand il vit le visage triste que le brun arborait.
Ce dernier n'aima pas le sourire que le blond lui avait donné. Une partie de lui était heureuse qu'il ait au moins essayé, mais l'autre partie de lui, la plus grande des deux, était triste qu'il ne puisse pas réussir à lui faire faire un vrai sourire. Tout à l'heure, lorsqu'ils s'étaient disputés, il n'avait pas été sérieux, pas vraiment. Il n'aimait simplement pas l'idée que Naruto soit forcé d'agir comme Shizuka alors qu'il se cachait juste sous un maquillage. Il détestait quand « Shizuka » lui souriait, c'était comme si elle lui volait Naruto. Mais là tout de suite, le blond pouvait bien ressembler à ce qu'il voulait, aussi longtemps qu'il ne faisait pas cette tête. Il ferma les yeux brièvement et leva les yeux vers Tsunade qui s'était arrêtée en face d'eux. A côté de lui, Naruto suivit son exemple.
La directrice regarda les deux garçons sur son canapé. Elle n'aimait pas l'idée de les avoir tous les deux en même temps. Le gamin était en danger et le morveux était en danger à cause de ça. D'un côté, il était en quelque sorte en danger aussi, mais pas de la même manière. Pas aujourd'hui, du moins. Il était intéressant de noter que ces deux-là étaient inséparables. Shizune lui avait dit qu'elle avait essayé d'éloigner Sasuke dans une autre pièce et ajouté qu'ils avaient fait valoir leur droit de rester ensemble. Elle n'avait rien pu faire d'autre qu'abdiquer. Eh bien... quand les gamins tombaient amoureux, ils le faisaient assez bien au moins. Tsunade se demanda vaguement ce qu'elle serait en mesure d'endurer encore en une année. Puis elle soupira et prit la parole.
- Je veux que vous m'écoutiez attentivement tous les deux, dit-elle en lançant à Naruto en particulier un regard sévère et ses yeux maquillés devinrent encore plus grands.
- Je veux que vous restiez ici. Vous n'êtes pas autorisés à quitter cette salle du tout, à moins que je ne vous le dise. Il faut que ce soit moi qui vous le dise. Je m'en moque si vous devez rester ici pendant des jours car vous le ferez. C'est bien compris ?
- Pourquoi ? Demanda Naruto.
Il ne pouvait pas accepter une chose pareille, sans savoir ce qu'il se passait. Lorsque la blonde ne regarda que lui, il répéta sa question.
- Pourquoi devons-nous rester ici, Tsunade ?
Tsunade tressaillit entendant son nom dit sur ce ton-là, et avant qu'elle ne réalise ce qu'elle faisait, elle commença à prononcer des paroles qu'elle s'était promise de garder secrètes pour le moment.
- Parce que nous avons des visiteurs indésirables en ce moment et qu'il est vraiment important de vous maintenir en lieu sûr. Cela aurait été mieux si nous avions pu vous séparer, mais vous êtes des gamins têtus et si vous êtes prêt à risquer votre vie pour être ensemble, ça me va.
Elle vit la manière dont la main de Sasuke serra plus étroitement celle de Naruto de manière inconsciente. Elle continua.
- En ce moment même, Jiraiya essaye de gérer la situation avant l'arrivée de la police et elle est en chemin. Donc tout va bien se passer mais tout ira pour le mieux si vous restez ici.
Le gamin hocha la tête doucement et le morveux fit de même. Tsunade se demanda brièvement si ce qu'elle leur avait dit était bien entré dans leur tête. Mais elle n'avait pas le temps pour ça maintenant. À l'heure actuelle, Jiraiya avait besoin d'aide et elle ne tarderait pas à le rejoindre. Elle leur sourit chaleureusement comme pour souligner ce qu'elle venait de leur dire. Puis, elle se détourna rapidement et retrouva Shizune à la porte. Celle-ci chuchota quelque chose à la femme blonde, lui faisant froncer les sourcils. Puis elle disparut, et la brune ferma la porte derrière elle.
Elle traversa la pièce et disparut dans une pièce de l'autre côté. Elle disparut pendant quelques minutes, et durant ce laps de temps, Sasuke commença à caresser la main tannée de son petit ami.
- C'est Itachi, hein ?
Celui-ci hocha lentement la tête.
- Je suppose. Il est peut-être même venu ici lui-même cette fois. Il aurait tout aussi bien pu envoyer quelques autres mafieux me chercher.
Ils sortirent de leurs pensées quand la porte par laquelle Shizune avait disparu s'ouvrit. La brunette apporta un plateau avec de la nourriture et le posa sur la table en face d'eux, et leur fit un sourire heureux avant de partir s'asseoir derrière son bureau. Elle jouait avec des papiers et regarda les deux garçons qui commençaient à prendre la nourriture et à faire des sandwiches.
Naruto jeta un regard à l'horloge.
13h40.
Il devina qu'il faudrait un certain temps avant qu'ils ne puissent quitter la pièce.
Pendant les heures suivantes, ils n'entendirent rien. S'il y avait des problèmes dans la cour d'école, ils devaient être du genre très civilisés et polis, parce que tout était terriblement calme. Sasuke mourrait d'envie d'aller regarder par la fenêtre, pour voir si quelque chose était en train de se passer. Mais Shizune veillait sur eux comme un loup regardait sa proie pendant une nuit d'été et l'Uchiha n'était pas d'humeur à jouer avec son destin aujourd'hui.
Ses fesses commençaient à lui faire mal à force de rester assis pendant plusieurs heures. Il savait que ce serait mieux s'il se levait — en ignorant les yeux vigilants Shizune — et marchait un peu. Mais cela voudrait dire qu'il devrait réveiller Naruto endormi contre lui et il ne le voulait pas.
Le blond ronflait sur ses genoux, ses bras enroulés autour de sa taille. Le corbeau était appuyé contre l'accoudoir gauche et son petit ami était allongé sur le ventre entre ses jambes. La jambe gauche du brun était peu à peu repoussée vers le bord du canapé, celle de droite était coincée entre Naruto et le dossier du meuble. Les deux jambes de Naruto reposaient sur l'accoudoir droit, car il était beaucoup plus grand que le canapé était long. Naruto blottit son visage contre l'aine de Sasuke le forçant à se racler la gorge. Il eut droit à un autre regard de la part Shizune. Il soupira et regarda par la fenêtre.
Le monde extérieur était devenu sombre — sombre comme il l'était pendant les périodes plus lumineuses de l'année et Sasuke sut, grâce à ce fait et à l'horloge, qu'il avait raté ses derniers cours de la journée. Le seul bruit qu'on entendait était celui du crayon de Shizune qui s'affairait sur une feuille de papier et le vent dehors. Les fenêtres étaient désormais fermées et Sasuke lui était en reconnaissant car il n'avait pas une couverture dans laquelle les enrouler.
Puis, soudain, le téléphone sonna, et sans attendre un autre signal, Shizune appuya le récepteur contre son oreille. Elle hocha la tête à quelques reprises, mais ne répondit pas à la personne à l'autre bout du fil. Elle lança un coup d'œil à l'horloge, et rompit la communication en raccrochant. Elle se hâta de se lever, de mettre sa veste sur ses épaules minces et ramassa ses clés.
- Je dois y aller maintenant, murmura-t-elle à Sasuke, faisant attention à ne pas réveiller Naruto qui dormait toujours. Soyez sages.
Puis elle passa la porte et le brun leva les yeux au ciel en entendant qu'elle la verrouillait. Naruto aussi avait dû l'entendre, puisqu'il commença à bouger entre les jambes de Sasuke. Il tourna la tête vers le haut, et l'Uchiha ne put résister à la tentation de passer une main dans ses cheveux et de les lui caresser doucement. Le blond sourit et regarda vers le bureau de Shizune, et soupira de soulagement.
- Elle est partie ?
Sasuke hocha la tête.
- Enfin.
Et sur ce, Naruto se dégagea de lui et s'étira vers le plafond comme un chat. Sasuke suivit son exemple, et quand le blond détourna les yeux, il massa rapidement ses fesses.
Lorsque celui-ci se retourna, il les lâcha très vite.
- Merde ! J'en peux plus de cette situation !
Le brun ne répondit pas mais il était totalement d'accord avec lui. Il en avait marre de ce jeu d'attente et il voulait que quelque chose se passe bientôt. Très bientôt. Il se demanda ce qui se passait là-bas et qui prenait si longtemps. Naruto soupira et posa une main dans sa tignasse blonde.
- Je n'ai jamais été bon pour rester tranquille, marmonna-t-il avant de marcher jusqu'à la fenêtre.
Sasuke le regarda alors qu'il mettait tout son poids sur sa hanche gauche. Cela le surprenait que l'Uzumaki, tout en paraissant très viril, pouvait aussi paraître si féminin. Il n'était pas beau d'une manière féminine, mais au moins comme une femme. La façon dont il marchait et la façon dont il parlait. Il se demanda s'il l'avait acquis facilement au début. Il ne savait pas combien de temps il avait fallu à Naruto avant qu'il ait pu se comporter comme une vraie fille. Mais là encore, peu de gens étaient du genre à accuser les autres de marcher comme une drag-queen.
Il pouvait voir le reflet de Naruto dans la vitre puisqu'il faisait nuit dehors. Ses yeux parcouraient le monde extérieur terne pour essayer de voir quelque chose, n'importe quoi. Ses sourcils blonds se froncèrent sous la concentration. Le blond plissa les yeux et regarda de plus près, comme s'il pourrait mieux voir ainsi.
- Il pleut, dit-il à Sasuke.
Celui-ci ferma les yeux pendant quelques secondes et se concentra sur son ouïe. Il pouvait entendre le léger bruit de la pluie frappant le verre. Quand il rouvrit les yeux, il put voir l'eau couler le long de la surface lisse. L'Uzumaki jouait avec le crochet et ouvrit la fenêtre et soudain tout devint beaucoup plus vivant.
Le vent s'engouffra dans la pièce, apportant avec lui de l'eau. Le son de la pluie d'été devint plus fort et Sasuke remarqua que ses bras commençaient à se couvrir de chair de poule. Naruto ne bougea pas malgré la météo sauvage.
Au lieu de cela, il ferma les yeux et il y fit face. Il aimait la sensation de la pluie frappant son visage, c'était presque aussi bien que lorsque le soleil le faisait. Il sentait le vent dans ses cheveux longs, lui faisant regretter ses cheveux courts. Le vent se prit dans sa jupe, elle s'agita autour de lui et caressa ses jambes. Il reçut des gouttes d'eau dans les yeux et son maquillage se mit à couler. Il posa une main sur ses yeux et les frottas une fois, juste pour voir que la manche de sa chemise blanche était complètement barbouillée de noir et d'orange. Souriant, il tendit ses mains en forme de coupe et récolta de l'eau avec laquelle il éclaboussa son visage. Il ferma les yeux et se mit à rire.
- J'en ai marre de tout ça, murmura-t-il plus pour lui que pour Sasuke.
- Putain, j'en ai vraiment marre, ajouta-t-il un peu plus fort.
- Qu'est ce que tu vas faire ? répondit Sasuke.
Naruto se retourna et regarda le brun. Ses yeux étaient presque aussi froids que lors de leur première rencontre lors de cette nuit sombre. Il se souvenait que son regard n'avait fait que le frôler et la seule chose vraiment visible était le blanc de ses yeux. Ça n'avait pris qu'une seconde, mais ça avait suffi. Il savait qu'il n'était pas tombé amoureux de Sasuke à ce moment-là, non. Mais ça avait déclenché quelque chose.
Maintenant, il regardait dans ces yeux à nouveau. Cette fois, ils n'étaient pas complètement froids. Il savait que Sasuke l'aimait. Il savait qu'il était sérieux. Qu'est-ce qu'il allait faire à ce sujet ? L'Uchiha en était-il aussi malade que lui ? Était-ce le moment de mettre fin à tout ça, une bonne fois pour toute ?
- Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Ce que je vais faire ? Naruto jeta un regard par la fenêtre ouverte à nouveau. Et quand il se tourna vers le garçon à la peau pâle, celui-ci lui rendit le sourire méchant qu'il lui avait fait.
- On va mettre fin à cette connerie.
Réussir à ouvrir la porte ne fut pas difficile du tout. Avec la force de ses talons, Naruto avait à peine tapé dedans et elle s'était ouverte à la volée. Ça n'avait pas été difficile de sortir de l'immeuble non plus car aucune âme qui vive était dans les alentours. Quand ils se mirent à courir à travers la cour de récréation, le blond réalisa que c'était la première fois qu'il la voyait vide. Aucune âme qui vive, à l'exception d'eux deux, la traversait. Personne non plus n'utilisait les bancs. Pas même une lumière ne filtrait à travers les fenêtres. Et le seul bruit qu'ils entendaient était celui de la pluie qui frappait le sol et eux-mêmes.
Ses cheveux étaient déjà trempés, tout comme son uniforme. Le maquillage sur son bras s'étalait et il sut que les dernières traces de celui-ci sur son visage avaient disparues. Sasuke avait presque l'air dans le même état. La coiffure en cul de canard qu'il avait toujours à l'arrière de sa tête avait été aplati par l'eau. Les gouttes d'eau coulaient sur son visage et se réunissaient à la pointe de son nez et de son menton, mais il ne semblait pas s'en apercevoir.
Naruto forçaient ses membres à aller de plus en plus vite et il était heureux d'avoir continué son entraînement. Le brun n'était pas aussi solide mais au moins il suivait. Le sang affluait à travers leurs corps, l'adrénaline était entrée en jeu.
- Ton arme, déclara soudainement Sasuke dans un souffle.
- Quoi ?
- Ton... pistolet... on a besoin de ton arme ! Reprit-il en s'arrêtant et le blond fit la même chose quelques pas plus loin. Je vais aller le chercher.
- Non, c'est trop dangereux.
- On en a besoin Uzumaki.
Celui-ci ferma les yeux. Cela dit, ils avaient vraiment besoin de l'arme à feu. Il déglutit deux fois avant de répondre.
- Très bien. Va la chercher. Mais quand tu y seras, restes-y. Je vais te rejoindre. Je te le promets.
Le corbeau n'eut pas besoin d'en entendre plus, il se retourna et courut vers le bâtiment où se situaient leurs deux chambres. Naruto le regarda partir, ses pieds éclaboussaient la nouvelle boue faite autour d'eux, jusqu'à ce qu'il ne disparaisse au coin d'un bâtiment. Il resta là jusqu'à ce qu'il ne puisse plus entendre que le son de la pluie puis se détourna et commença à courir dans la même direction que précédemment. Ça allait bien se passer pour Sasuke.
Maintenant, tout ce qu'il avait à faire, c'était faire travailler son cerveau.
L'endroit le plus sûr pour eux avait été dans le bureau de la directrice. Pourtant, il savait que ce n'était pas le lieu le plus sûr dans toute l'école. L'endroit le plus sûr c'était la salle de tir, celle qui était enfoncée dans le sous-sol. L'endroit était à la fois insonorisé et avait des armes. Cela aurait été le meilleur endroit et il savait que Tsunade était également au courant.
À moins que ce ne soit parce qu'ils auraient été trop près des intrus.
Il y avait deux façons d'entrer dans l'école, sauf si vous preniez le chemin par la forêt (et le blond était à peu près sûr que les mafieux n'avaient pas préparé leur kit de survie et l'avaient traversée). La première façon d'y entrer, c'était par l'entrée du bâtiment principal. La seconde était derrière l'école, au terrain de sport, que tous les bus utilisaient pour se garer, ainsi que les étudiants au début de la nouvelle année scolaire. Naruto n'avait pas vu de voiture près du bâtiment principal et il était probable qu'ils étaient venus par l'autre côté.
Mais ce qui le gênait, c'était qu'il n'y avait aucun signe de lumières bleues clignotantes. La police aurait dû être là maintenant, non ? Le seul endroit où ils pourraient se retrouver sans être vu du reste de l'école était derrière la tribune, à la grande arène. Ce n'était pas un endroit où il était allé souvent, il y avait été pour regarder le match de football annuel. Il changea de direction et quand il tourna au coin de l'édifice des arts martiaux, il laissé échapper un souffle en voyant les lumières clignotantes au loin. Lorsqu'il s'approcha, l'Uzumaki put entendre des voix, et finalement, il put même entendre ce qu'elles disaient.
- Nous n'en trouvons pas plus de trois, Madame. Êtes-vous sûre qu'ils étaient plus nombreux ?
- Je ne sais pas, mais on ne peut pas en être sûr. Tant que mes étudiants sont en danger, je ferai tout ce que je peux avant d'abandonner.
- Madame, vous devez comprendre notre situation. Nous avons des agents qui couvrent tout le périmètre (Naruto renifla. Il n'en avait pas vu un seul sur son chemin jusqu'ici. Asuma avait-il donné les bonnes instructions ?) et nous avons la situation sous contrôle. S'il vous plaît, calmez-vous.
- Tu me dis de me calmer depuis ton arrivée, toi fils de pute ! Je ne vais pas me calmer !
Tsunade et le policier continuèrent de parler mais Naruto cessa d'écouter. Quelque chose ne tournait pas rond ici. Et normalement, tout devrait aller si Asuma était impliqué et il l'était. Quand il l'avait appelé, le blond n'avait pas entendu ce que l'homme avait dit, mais il avait entendu le bruit de voiture et quelqu'un conduire. Il devait être là mais si c'était le cas, il n'aurait pas dû laisser quelque chose comme ça se produire.
Ils avaient attrapé trois d'entre eux. Trois mafieux. Est-ce qu'ils en auraient envoyés seulement trois cette fois ? D'aussi loin que Naruto s'en souvienne, il y en avait eu seulement deux la dernière fois. Mais cette fois, ils étaient sûrs qu'il était réellement ici. Ils avaient un nom et ils avaient un visage.
Itachi ne serait pas pris si facilement par la police. Elle avait souvent failli l'avoir mais il avait toujours trouvé un moyen de lui glisser entre les doigts.
Que faire s'il n'était pas arrivé avec les autres ?
Un homme comme Itachi était assez intelligent pour savoir que la police l'attendrait. Il savait qu'il ne serait pas en mesure de passer ici. Mais qu'avait-il pu faire d'autre ?
«Réfléchis, Naruto,» s'ordonna-t-il à lui-même.
Sasuke.
Cette pensée lui glaça le sang. Elle bloqua son souffle dans sa gorge. Elle fit s'engourdir ses doigts et ses jambes mais elles commencèrent tout de même à se déplacer de leur propre gré.
Il manqua de trébucher et failli glisser sur le sol mouillé. Son cœur tomba au fond de son ventre. Il jura quand il glissa dans la boue et retira rapidement ses chaussures et ses chaussettes. Le sol était froid et humide à cause de la boue, mais avec l'aide de ses orteils, il avait une meilleure prise sur la surface glissante. Il sentait la boue s'accumuler sous ses ongles de pieds mais il n'avait pas le temps de se préoccuper de cela. Le monde n'était pas en accord avec son humeur.
Pour lui, il était en train de devenir aussi sombre que la nuit alors qu'en réalité, l'été l'avait transformé en un monde de lumière. Le ciel nuageux et les lourdes gouttes qui descendaient du ciel rendaient tout cela semblable à n'importe quel autre jour. Il pouvait tout voir clairement, et ce fut peut-être à cet instant qu'il remarqua à quel point tout était alarmant et effrayant quand il n'y avait personne. Mais il ne pouvait se soucier de n'importe quoi d'autre. Tout ce qui le préoccupait c'était Sasuke. Sasuke, qui était en danger maintenant.
Itachi était une personne intelligente. C'était le genre de personne qui avait des centaines de gens sous ses ordres, prêts à être utilisés ou sacrifiés. Il savait qu'il ne serait pas en mesure d'entrer dans l'école avec les autres. Il savait que si Sasuke avait été celui qui avait parlé de lui à ce type, Deidara, il l'aurait probablement dit à Naruto. Et si Naruto savait, la police le saurait aussi.
«Oui, Itachi était une personne intelligente,» fut tout ce qu'il put penser alors qu'il accéléra et bougea ses membres. « Bouge », s'ordonna-t-il à lui même et ses jambes l'écoutèrent et lui obéirent, accélérant encore plus.
Il pouvait sentir la douleur brûlante irradier depuis ses pieds jusqu'à ses cuisses mais il l'ignora. Tout ce qu'il pouvait voir, c'était Sasuke : Sasuke entre les mains d'Itachi.
Ce serait si facile de se faufiler dans l'école. Il n'y avait que quatre personnes ici qui savaient qu'il était un type mauvais : Sasuke, Tsunade, Jiraiya et Naruto lui-même. Tous les autres ne le verraient que comme un visiteur ordinaire.
Surtout qu'il était la copie de Sasuke en un peu plus âgé. Il n'y aurait donc aucun doute sur le fait qu'il voulait juste rentre visite à son cher petit frère.
Et le blond savait qu'il était trop important aux yeux d'Itachi pour qu'il le tue.
Mais la même chose ne valait pas pour Sasuke.
Sasuke referma la porte derrière lui aussi silencieusement qu'il le put. Il savait qu'il y avait une raison au fait que peu de gens soient en train d'errer dans le bâtiment. Pendant cette période de l'année, les élèves se couchaient en général tard. L'an dernier, lorsque les tests avaient été finis, il y avait eu une fête tous les soirs. Mais à cet instant, c'était aussi mort qu'un cimetière et le brun ne voulait pas déranger les morts qui reposaient de leur dernier sommeil.
Il courut jusqu'à la porte de Naruto quand il réalisa soudain qu'il n'avait pas pris la clé.
- Fais chier ! jura-t-il et il frappa la porte de toutes ses forces, ce qui la fit à peine grincer ses gonds. Il essaya encore mais il savait qu'il serait incapable de l'ouvrir d'un coup de pied comme Naruto l'avait fait plus tôt. Quand il en aurait fini avec tout ça, il faudrait sérieusement qu'il fasse quelque chose pour avoir un corps aussi fort et en forme que celui de son petit ami.
- Que faire, que faire ? Se murmura-t-il à lui-même.
Il pouvait aller dans sa propre chambre mais ça ne servirait à rien. Il ne serait pas capable d'aller ensuite de sa chambre à celle de Naruto. C'était trois chambres plus loin !
Mais alors, une idée le frappa. Il y avait un chemin. À l'extérieur. Celui que le blond avait utilisé quand il avait fait sa farce à Sasuke. Ça devrait probablement marcher. C'était vrai, il était plus fort et plus athlétique que lui, mais ça ne pouvait pas être impossible, n'est-ce pas ?
L'Uchiha entra dans sa chambre et ferma la porte derrière lui. Il ôta sa veste et ses chaussures et grimpa sur le bureau, après avoir déplacé son ordinateur portable. En ouvrant la fenêtre, il réalisa que la pluie n'avait pas faibli, bien au contraire. Peut être que c'était une mauvaise idée ? Mais Naruto avait vraiment besoin d'une arme et s'il était le seul capable d'aller la récupérer, il le ferait. Alors qu'il grimpait sur le rebord de la fenêtre glissante, il se demanda ce que Naruto faisait en ce moment. Il pria Dieu que personne ne l'ait trouvé et qu'il allait bien. Il avait promis de le rejoindre et il avait intérêt.
Déglutissant plusieurs fois, il posa son pied sur le rebord et se rendit compte alors qu'il était plus trempé qu'il ne s'y était attendu. Il était chanceux d'être encore en chaussettes, parce que ça rendait la surface moins glissante. Il vérifia qu'il pouvait y grimper en toute sûreté et quand il comprit qu'il ne glisserait pas, il y mit tout son poids. Quand rien de catastrophique n'arriva, il sortit sur le rebord extérieur et attrapa d'une main le châssis. Quand il fut complètement dehors il sentit le vent avec plus de force qu'auparavant. Il leva ses yeux vers le ciel pour remercier peu importe qui était là haut et commença à glisser le long de la corniche.
Peut-être que c'était une bonne chose après tout, que ce soit à ce point trempé. Lorsque ses chaussettes furent complètement mouillées, elles glissèrent parfaitement bien sur le rebord en bois. Mais pour ses mains, c'était une autre histoire. Il n'arrivait pas à avoir une bonne prise et plusieurs fois il failli la perdre. Il jura dans sa barbe et planta ses ongles dans le bois, se maudissant de les avoir coupés ce matin même. Il jeta un coup d'œil sur le côté pour voir jusqu'où il avait avancé et hurla presque de colère quand il réalisa qu'il n'avait avancé que de trois pas voire moins. Au moins, on ne le voyait plus de la fenêtre et cela lui ferait remercier le ciel un peu plus tard.
Sasuke se figea quand il entendit la porte à l'intérieur de sa chambre s'ouvrir. Merde, pourquoi ne l'avait-il pas fermée à clé ? Et qui pouvait bien entrer dans la chambre de quelqu'un d'autre comme ça ? Il ferma les yeux et retint son souffle, conscient que celui qui était dans sa chambre ne pourrait pas l'entendre grâce à la pluie et il continua à s'éloigner de la fenêtre encore ouverte en glissant. Se pencher et la fermer maintenant serait probablement un peu suspicieux.
Il tendit l'oreille au cas où quelqu'un dirait quelque chose mais tout ce qu'il pouvait entendre était le bruit d'au moins une personne qui se déplaçait. Leurs chaussures frappaient le sol doux et il entendait le bruit du tissu de leurs vêtements alors qu'ils bougeaient. Soudain, quelqu'un prit la parole.
- Bon, il n'est pas là. Mais il y était, murmura une voix familière, juste assez fort pour que Sasuke l'entende.
- La porte était ouverte et la fenêtre aussi, ajouta une voix au timbre plus grave.
Sasuke se lécha les lèvres et fit bouger ses jambes plus vite. Il pouvait entendre les bruits de pas se rapprocher, et quand il regarda de l'autre côté, il vit que la prochaine fenêtre n'était plus si éloignée. Il se dépêcha et au même moment où il vit une main se tendre vers l'extérieur, il se jeta dans l'encadrement qui lui permettrait de se mettre à l'abri. Il respira profondément et ferma les yeux, priant pour avoir été assez rapide.
- J'ai cru entendre... fit la voix familière, et tout à coup Sasuke la reconnut.
Itachi.
Mais que faisait-il dans sa chambre ? N'en avait-il pas après Naruto? Ce n'était pas comme s'il n'était pas soulagé qu'Itachi n'ait probablement pas attrapé Naruto, mais comment la propriétaire et la directrice avait-elle laissé le plus grand malfrat se promener dans leurs dortoirs ? N'étaient-ils pas censés savoir comment gérer ce genre de situations (Sasuke retira ce qu'il venait de penser car un propriétaire normal et un directeur d'une école n'avait en général pas à faire à la mafia). Il essaya de se faire aussi petit que possible en se serrant encore plus contre la vitre. Il voulait sauter dans sa chambre et régler ses comptes avec Itachi une bonne fois pour toutes, mais là, il était sans défense. Putain, ça faisait chier.
- Sûrement juste la pluie, murmura le compagnon d'Itachi et Sasuke fut surpris de se voir hocher. Itachi ne répondit pas mais quand le brun jeta un œil au coin du mur il vit la manche d'un costume sombre attraper la poignée de la fenêtre et commencer à la refermer pour empêcher la pluie de rentrer.
Puis quelque chose qui ressembla à un désastre se produisit.
Alors que le jeune Uchiha était assis, appuyé contre la vitre, il n'avait pas remarqué que quelqu'un était dans la chambre. Il ne remarqua pas que quelqu'un tournait la poignée et ouvrit doucement les battants de la fenêtre contre laquelle Sasuke n'était plus appuyé. Et quand la fenêtre s'ouvrit tout près de lui, il ne put que se figer et laisser sa tête tomber sur le côté, il ferma les yeux et dit :
- Putain .
- Sasuke ! Qu'est ce que tu fais là ?!
Celui-ci imagina que le bras orné du costume noir s'était interrompu en entendant son prénom et se représenta le regard ébahi placardé sur le visage de Rock Lee lorsqu'il l'avait aperçu au dehors, sur sa fenêtre, dégoulinant d'eau comme s'il avait été un chat trempé. Il tourna sa tête vers Lee et sourit.
- Je suis juste de passage, Lee. Ça ne te dérange pas si je m'assois ici, n'est ce pas ?
A la vue du sourire mauvais du brun, Lee fit un pas en arrière en secouant la tête rapidement et en lui rendant un faible sourire.
- Merci, dit Sasuke d'une voix mielleuse.
La seconde d'après, il entendit un horrible bruit sourd sur la porte de Lee et il comprit que maintenant, il pouvait soit resté assis ici et se faire tuer soit il pouvait faire quelque chose et se faire tuer un peu plus tard.
Son instinct lui fit choisir la seconde option.
Naruto entendrait définitivement parler de tout ce qu'il avait fait pour lui.
Il se balança par la fenêtre et laissa un Lee aux yeux écarquillés qui n'avait pas l'air de savoir comment réagir face à cette situation – regarder un Sasuke en mode singe ou l'intrus inconnu, qui venait d'abattre sa porte avec fracas et qui ressemblait à un requin, pensa-t-il. Quand il se retourna pour regarder à nouveau vers l'endroit où Sasuke en mode singe se trouvait, il était parti et le garçon aux sourcils épais se demanda s'il ne l'avait pas tout simplement imaginé. Haha, ha, bien sûr qu'il l'avait imaginé ! Comme si Sasuke s'asseyait à sa fenêtre alors qu'ils étaient au premier étage ! Mais ce nouveau constat ne changea pas le fait que l'homme à la face de requin fit son chemin, traversant la pièce en deux grandes enjambées dans le seul but de presque se jeter lui-même par la fenêtre, quand il essaya de voir au dehors.
Sasuke avait fait un long saut par dessus le rebord. Il était surpris de voir que son cœur battait d'une façon calme et tranquille. Peut-être que le fait que cela aboutirait en effet à une impasse l'aidait à rester calme. Qu'avait-il à perdre? Il avait certainement plus à gagner et le prix de ses efforts était proche.
Il ne savait pas comment il avait fait pour arriver aussi vite à la fenêtre de Naruto. Mais quand il y arriva il utilisa les forces qu'il lui restait pour casser la vitre avec son pied, il passa sa main au travers et ouvrit la fenêtre. Les battants s'écartèrent et Sasuke sauta à l'intérieur de la chambre, ne prêtant pas attention aux objets qui se trouvaient sur le bureau et qu'il éjecta en marchant dessus. Il sauta sur le sol et regarda autour de lui, essayant de se situer dans la chambre et de voir ce qu'il allait faire ensuite. Il s'agenouilla sur le sol et regarda sous le lit, mais comme il l'avait supposé, Naruto avait trouvé un autre endroit où cacher le pistolet. Mais où ? Où quelqu'un cacherait-il une arme s'il en avait une ? Les tiroirs par exemple étaient un bon endroit, mais Naruto n'en avait aucun. Alors où ?
Dans les navets, le héros le mettait souvent sous l'oreiller. Mais c'était trop évident. Le blond ne cacherait bien sûr jamais un objet pareil dans un endroit aussi évident. Il était bien trop intelligent pour ça.
Les sourcils de Sasuke tiquèrent.
Il leva les yeux au ciel et se redressa, ayant l'oreiller juste devant ses yeux. Il soupira, alors qu'il le soulevait en révélant le pistolet en dessous. Il le prit dans ses mains et était sur le point de soupirer encore, quand il entendit des voix fortes à l'extérieur de la chambre. Il se jeta sur le sol et rassembla ses genoux tout contre son corps, essayant de se protéger. Il n'avait jamais utilisé d'arme à feu avant, mais il savait que ses mains devaient être stables. Il posa donc ses coudes sur ses genoux et pointa l'arme vers la porte, à l'endroit où il supposait que le torse était.
Les voix à l'extérieur se turent. Il n'entendit plus rien à part la pluie et sa respiration lourde. Il sentit de l'eau dégouliner sur son front, mais il ne sut pas si cela était des gouttes de pluie ou sa propre sueur.
Puis la porte s'ouvrit et sur le seuil ne se tenait nul autre que l'homme ressemblant à un requin accompagné de son frère aîné. Le grand homme regarda la pièce, essayant de comprendre la situation. Quand il vit Sasuke assis sur le sol avec un revolver pointé sur eux, il sortit rapidement le sien (qui était plus gros) et le pointa en retour sur l'adolescent. Une main pâle fut posée sur son bras, lui faisant baisser les mains et l'arme, mais ses petits yeux restèrent fixés sur Sasuke.
- Il ne va pas tirer, déclara l'aîné Uchiha. Il est trop faible pour ça.
Et le plus jeune des frères se mordit la lèvre inférieure, essayant de garder le contrôle sur ses bras tremblants et sur ses larmes qui menaçaient de couler. Il ne voulait pas cela. Après tout ce temps, merde, il ne voulait pas être là, les yeux dans les yeux avec son frère, tenant un putain de revolver entre ses mains et ne pas être capable de le tuer, après toutes ces années.
« J'en ai marre de tout ça. »
« Putain, j'en ai vraiment marre. »
Les précédentes paroles de Naruto le frappèrent comme un train l'avait heurté. Lui aussi n'en pouvait plus de tout ça. Il en avait assez de ce jeu, de toute cette merde, et tout ce qu'il voulait c'était que ça se termine enfin.
Il allait mettre fin à la vie d'Itachi, une bonne fois pour toutes.
Ses doigts se déplacèrent et il retira la sécurité sur le pistolet. Itachi secoua sa tête mais Sasuke sourit. L'homme requin sembla réaliser que quelque chose n'allait pas et essaya de dire quelque chose au moment où le jeune garçon pressa doucement son doigt la détente.
Il ne voyait que le visage d'Itachi.
Mais quand il rassembla finalement assez de courage pour appuyer sur la détente, un grand bruit fit voler en éclat sa concentration et tout comme celle de ceux qui étaient debout sur le seuil de la pièce. Sasuke sursauta et laissa tomber l'arme, essayant immédiatement de la reprendre en main. Les deux personnes à la porte avaient perdues tout intérêt pour lui et étaient toutes les deux en train de regarder à leur droite puis elles disparurent de sa vue. Il haleta tout en jurant une nouvelle fois — il ne saurait dire pour la n-ième de fois de la journée — et quand il mit finalement la main sur le pistolet tombé sur le sol, il se leva en trébuchant et se dirigea vers la porte.
Le couloir était brillamment éclairé et pourtant, les silhouettes des quatre personnes qui se trouvaient là, l'assombrissaient de leurs ombres effrayantes. Itachi et son ami n'étaient pas allés bien loin et se tenaient parfaitement immobiles en regardant la porte d'entrée. Le jeune Uchiha put voir son amour qui se tenait dans l'obscurité, il portait un uniforme scolaire boueux, il était pieds nus, sans maquillage à part quelques traces noires autour des yeux, ses cheveux aplatis par la pluie et ses yeux bleus étaient presque noirs de colère.
Il fit un pas en avant, puis un autre jusqu'à ce qu'il s'approche d'eux à un rythme calme et gracieux. Ses pieds nus laissaient des traces de boue sur le tapis et le corbeau vit qu'ils étaient abîmés et ensanglantés. Avait-il couru jusque-là comme ça? Sasuke fit quelques pas hésitants vers la porte, se rapprochant à la fois de Naruto et des deux gangsters.
Quand le blond arriva à Itachi et son partenaire, il les ignora et les dépassa, marchant vers le garçon qu'il aimait. Celui-ci ferma les yeux quand il sentit le corps de Naruto si proche du sien à nouveau. Il n'avait pas vraiment réalisé à quel point il avait été effrayé jusqu'à maintenant et la présence du blond fut comme une gifle qui le ramena à la réalité. Elle réchauffa son sang malgré son corps gelé et il leva une main pour toucher son cou. Sa peau était froide et le corbeau se demanda comment il était possible qu'il soit pourtant à ce point brûlant.
Sasuke laissa échapper un souffle fantomatique lorsque Naruto se pencha et l'embrassa sur les lèvres. Il ferma les yeux quand il sentit la peau douce de son amour contre la sienne, le sentiment de douceur et les picotements qu'elle provoqua sur la sienne. Il sentit le coin de la bouche de l'autre contre la sienne tandis que Naruto lui caressait le visage avec le sien. Et pendant un moment, il oublia tout à propos de son frère et de la mort.
- J'ai eu si peur d'arriver trop tard, murmura le blond et Sasuke dut serrer ses dents pour ne pas pleurer. Il ne l'avait jamais entendu parler sur ce ton-là, il n'avait jamais imaginé qu'il puisse sembler si effrayé.
- Uzumaki Naruto, je suppose, dit une voix froide derrière Naruto..
Celui-ci attrapa le menton du brun, relevant sa tête afin qu'il ne puisse que regarder son visage. Les yeux de Naruto étaient emplis de tendresse quand il prononça ces mots « Tout ira bien » puis, aussi soudainement qu'un éclair s'abattait du ciel, son regard s'emplit de dureté et le blond se retourna.
- Uchiha Itachi.
Naruto était de profil pour montrer à Itachi combien il le méprisait.
- Tu m'as mis très en colère.
- Vraiment? demanda Itachi amusé. Dis-moi comment.
Lorsqu'il reprit la parole, la voix du blond ne paraissait pas appartenir au monde des vivants.
- Tu m'as obligé à me cacher. Tu as pris ma fierté. Tu as essayé de me tuer... Tu as réellement essayé de mettre fin à ma vie. Tu m'as tiré dessus. Tu m'as pourchassé, tu as essayé de m'attraper... Tu n'avais pas réussi jusqu'à présent. Tu as gâché ma vie. Tu m'as fait rester loin de chez moi et de mes proches pendant trop longtemps. Et le pire, tu as fait du mal à la personne qui signifie le plus pour moi. Tu as tué sa famille et tu ne le regrettes même pas. Tu lui as gâché la vie et ça, c'est pire que de t'en prendre à moi.
Itachi jeta un coup d'œil à Sasuke qui était à côté du blond mais la voix de ce dernier ramena son regard vers lui.
- Tu n'as pas le droit de le regarder. Il est à moi et tu ne mérites même pas d'être dans la même putain de pièce que lui. C'est pourquoi je t'offre une dernière chance de foutre le camp d'ici avant que je ne te tue.
L'aîné des Uchiha leva les yeux vers lui et Naruto comprit par ses yeux et le sourire naissant sur ses lèvres que cela allait se terminer maintenant.
Avant que tout le monde n'ait eu le temps de réagir, le blond se jeta sur Itachi qui écarquilla brièvement les yeux lorsque le corps de son opposant entra en collision avec le sien. L'homme se sentit perdre l'équilibre et tomber à la renverse sous le poids de l'autre qui grognait et se comportait comme un animal. Mais en même temps que ses fesses entraient en contact avec le sol, la masse de la personne pesant sur lui disparut.
Naruto avait seulement senti des bras l'encercler avant d'être jeté contre le mur à sa gauche. Il gémit quand son dos frappa durement, mais il n'eut même pas eu le temps de se ressaisir que le grand homme, connu sous le nom Kisame, l'attaqua de toute sa force et puissance. Une main s'enfonça dans son cuir chevelu et frappa sa tête durement dans le mur plusieurs fois avant qu'il ne replie ses jambes et pousse l'homme loin de lui. Quand ce dernier fut par terre, Naruto utilisa sa jambe pour le frapper au visage avec autant de force qu'il le pouvait, puis l'attaqua en le chevauchant et en le frappant à trois reprises au visage. Kisame gémit et le blond se recula pour se mettre en sécurité. Si l'homme pouvait encore rester conscient après trois coups comme ça, il était clair qu'il allait perdre. Soudain, Sasuke fut à nouveau à ses côtés et l'aida à rester debout.
Naruto toussa et un peu de sang éclaboussa le sol. Il n'avait pas pensé que l'autre homme serait si fort, putain.
Itachi se leva paresseusement et enleva un peu de poussière inexistante de son costume. Il lança un regard à Kisame qui se releva et qui essuya sa bouche, essuyant ainsi la traînée de sang qui y coulait. Naruto ferma les yeux. « Putain de merde ».
Puis il sentit soudainement un mouvement à côté de lui et jetant un œil dans cette direction, il vit des bras pâles qui brandissait une arme et visait Itachi.
- Un pas de plus et je tire.
Itachi ricana.
- Tu ne vas pas tirer, petit frère. Tu n'as jamais eu de couilles quand tu étais petit. T'étais toujours dans mes pattes à pleurnicher. Tu t'en souviens ?
Naruto regarda les bras de son amour trembler. Itachi plissa les yeux.
- Et quand tu es rentré et que tu vas vu notre père et notre mère massacrés, tu n'as jamais eu le courage de dire à quiconque que c'était moi. Et maintenant, tu vas me tuer ? Ne me fais pas rire.
- Je vais te tuer, murmura Sasuke. Cette fois, je ne te laisserai pas t'en sortir.
Il déplaça ses pieds et assura sa prise sur le pistolet.
- Ne fais pas ça.
Sasuke tourna la tête et regarda Naruto. Ce dernier avait les yeux fixés sur Itachi et Kisame.
- Ne fais pas ça.
- On doit mettre fin à tout ça.
- Ne le tue pas.
Itachi sourit et le cadet baissa le pistolet. Il visa ensuite la tête d'Itachi pour s'assurer que la balle qui s'enfoncerait profondément à cet endroit ne laisserait aucune chance de survie à son frère.
- Je vais le tuer, dit-il, déterminé. Il posa son doigt sur la gâchette.
Naruto sourit.
- Très bien. Tue-le. Tire-lui dessus.
Naruto prit une grande respiration tandis qu'il se plaçait derrière Sasuke, plaçant ses bras sur ceux du brun. Il emmêla ses mains avec celles de son amant, les plaçant autour de l'arme et mit son doigt au-dessus de celui de Sasuke sur la gâchette. Il se pencha, posant sa tête sur son épaule gauche.
- Tue-le Sasuke. Appuie sur la détente. Tire jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de balles. Regarde chaque balle percer son corps.
Naruto fit bouger leurs bras, visant différentes parties du corps en face d'eux à chaque fois.
- Regarde. Deux à l'épaule où il m'a tiré dessus. Une dans l'estomac pour que tout le monde voit ses entrailles se vider. Une dans sa tête pour qu'on en finisse. Deux dans chaque jambe comme ça il n'aura aucune chance de fuir même s'il essaye. Une dans son entrejambe, juste pour le voir perdre sa dignité, comme il l'a fait pour moi. Et une dans son cœur pour avoir tué ta famille.
Naruto laissa le pistolet à l'endroit du cœur d'Itachi. Celui-ci avait perdu son sourire quand il avait mentionné son entrejambe.
- Alors, lui chuchota Naruto à l'oreille, on va le regarder se tordre et mourir sur le sol. On peut en rire si tu veux. On peut le frapper, lui faire encore plus mal. Nous pouvons lui pisser dessus. C'est ça que tu veux, Sasuke ? C'est comme ça que tu veux te venger ?
Rien n'avait rendu plus malade Sasuke que ce qu'il venait d'entendre. Son estomac se tordait et de la sueur froide coulait sur son front. Et pendant tout ce temps, il regardait les yeux apeurés d'Itachi. Et désormais, lorsqu'il vit que son regard allait de gauche à droite, effrayé, il réalisa quelque chose. Itachi était un simple humain. Durant sa vie entière Sasuke l'avait vu comme quelque chose d'autre, quelqu'un de plus grand et plus puissant que les dieux et les immortels.
- Il n'en vaut pas la peine, Sasuke, chuchota le blond, si tu - on - tires maintenant, on va aller en prison. Peut-être pas moi, mais toi, c'est presque sûr. Si on tire maintenant, tu vivras toute ta vie en sachant que tu as tué ton frère. Tu vivras le reste de ta vie en sachant que tu as tué le dernier membre de la famille qui te reste.
Naruto baissa les mains quand celle de son petit ami se baissèrent et il entendit un sourire dans sa voix quand il prit finalement la parole.
- C'est pas lui ma famille, Naruto. Toi oui. Mais tu as raison. Il ne vaut pas la peine d'être tué. Je préfère mourir plutôt que d'aller en prison à cause de lui. Il ne détruira plus ma vie.
Et quand Sasuke prononça ces mots, une vague de soulagement parcourut Naruto et il sourit. Sasuke pensait qu'il était de sa famille, tout comme Naruto pensa de lui. Il lâcha complètement le pistolet quand il remarqua que Sasuke l'avait déjà fait et l'arme tomba lourdement le sol.
- Je t'aime, murmura-t-il à Sasuke et l'entoura de ses bras tout en restant derrière lui.
- Je t'aime aussi, répondit celui-ci dans un murmure aussi calme.
- Eh bien, c'est mignon, dit Itachi quand il récupéra son sang froid. Kisame ! Tue-les.
Le requin sourit méchamment et leva son pistolet et en même temps qu'il l'arma, deux bruits identiques y firent écho et une voix rauque remplit la salle.
- Laisse tomber ton arme avant que je ne t'explose la cervelle.
A suivre... Mercredi prochain pour la conclusion!
Encore merci à Yzanmyo et aux bêtas pour ce chapitre!
PS: Tsuki SUMI, aucune idée de ce que je voudrais vraiment, le nom de l'équipe en une jolie police ou avec un joli fond? Je ne sais pas mais si tu es inspirée alors n'hésite pas, je suis sûre que ça sera très bien et très joli! Merci de ta proposition, j'attends de voir ça avec impatience ;)
