Note : 1 - Afin de vous aider à vous repérer quant aux personnages de l'histoire que je sais nombreux (Hunger Games oblige), vous pouvez vous rendre dans le "chapitre" 9 ou plutôt "la page" de cette histoire.
2 - Vous pouvez dès maintenant, par review, voter pour votre personnage préféré, les points seront comptabilisés et influenceront l'histoire après le bain de sang – pour permettre une interactivité entre vous et moi, sachez que rien n'est encore décidé ! –
3 - Je tiens à remercier particulièrement les aides de créations de personnages. Merci à Delphine K. pour Nimue Zethar, Seith Helfryn, Dwayne Nichols et Elijah Wingles. Merci à Charly T. pour Sidney Schmitt, Jeremy Morgan, Biba Clarke, Bertha Laroux et Nonam Rodriguez. Merci à Elisa pour Evy Blake et Nekael Harper. Et enfin Merci à D. Would pour Vright Luciah et son père, Togg Luciah.
Chapitre II – Les adieux
Jeremy Morgan, district 5, joaillerie et pierres précieuses
J'ai la tête qui tourne, mes mains tremblent, mes yeux s'embuent de larmes. Mais je ne peux pas me permettre de pleurer, je ne peux pas être faible, je n'en ai pas le droit. J'entends encore et encore le cri de ma mère, ce cri déchirant, ce cri qui m'a ouvert le cœur, ce cri qui m'a giflé comme la réalité. Dix gardes nous escortent jusqu'à l'hôtel de ville, en silence, protégés par leur immense bouclier en plexiglas. Que croient-ils ? Que le peuple va se révolter parce que leurs enfants n'ont pas été touchés cette année ? Ils sont bien assez à trouver le système d'immunité totalement injuste. Vous savez ce que Moi, je trouve injuste ? Ma mère m'a eu alors qu'elle n'avait que quinze ans, c'était une mère adolescente, une mère enfant. Et lorsque j'avais deux ans, elle a été moissonnée. Elle a donné tout ce qu'elle pouvait dans ses jeux pour s'en sortir, pour retrouver son fils, pour l'élever et lui donner tout l'amour dont elle était capable. Et maintenant la moisson le lui enlève. Vous trouvez ça juste, vous ?
- Salut, ose une voix timide.
Je me tourne vers l'autre tribut, Leïa Gabin. Je ne lui ai jamais vraiment parlé au village des vainqueurs : c'est une fille timide et discrète, on ne la voit pas souvent, et même à l'école, ayant trois ans de plus qu'elle, je n'en ai jamais eu l'occasion. Elle est petite – je la surplombe d'au moins une tête –, maigre, fragile. Mais elle me sourit et des fossettes se creusent dans ses joues, sous des yeux d'émeraudes.
- Salut, je lui réponds.
Mais je n'ai pas la force de sourire, pas vraiment, pas sincèrement je fais de mon mieux. Elle rit légèrement.
- Comment peux-tu rire ?
Elle baisse la tête et regarde ses pieds en continuant d'avancer.
- Je suis malade. Les médecins m'ont trouvé une leucémie, on ne peut rien y faire, il ne me reste que deux mois devant moi, tout au plus. Alors ce n'est pas très grave si c'est moi qui meurs dans ses jeux.
Je suis frappée par son acceptation de la réalité. Je suis frappée par son fatalisme. Et plus encore, je suis frappée par ce sourire, si sincère et triste à la fois qui illumine son visage.
- A vrai dire, c'est plus pour toi que je suis désolée.
C'est à ce moment que je me jure de la protéger, dans les jeux, de la protéger le plus longtemps possible.
Nous arrivons devant l'hôtel de ville. Il n'y a personne pour moi, il n'y a que ma mère qui compte et je la verrais tout à l'heure, dans l'aérotrain qui nous mènera au centre du nouveau régime. Mon père est mort et je suis fils unique, je n'ai pas de famille, et apparemment, aucun ami non plus à en voir le vide du hall. Leïa se jette dans les bras de ses frères et sœurs, ses grands-parents la couvrent d'un regard compatissant, plein d'amour. Et je l'entends les rassurer, leur dire que ce n'est pas grave, qu'il vaut mieux que ce soit elle plutôt qu'une autre.
Présidente Lawens
Debout devant mon écran géant holographique tactile, dans la salle de contrôle, je regarde les tributs de cette année. Je suis bien contente que le jeune Elijah Wingles paie les fautes de sa sœur. Il était le seul tribut mâle possible et je dois dire que cette édition était faite spécialement pour lui : il y a deux ans encore, nous ne savions pas quoi inventer pour cette édition du repentir. L'année dernière, son idiote de sœur n'avait pas respecté les règles du jeu, elle avait même trouvé comment désactiver le système de caméra du coin où elle s'était dissimulée afin de pouvoir y rester tranquillement cachée tout le long de l'édition. Nous avions beau y envoyer des mutations génétiques, des tempêtes de feu : sans être certains de sa position, toutes nos tentatives sont restées vaines. Le public n'avait pas aimé de se voir duper si facilement. Et le responsable audiovisuel croupi maintenant dans le district 12.
Des coups sont frappés à ma porte, Nigel Mark ouvre la porte après mon accord et m'avertit qu'un ancien vainqueur exige de me parler au téléphone. Je me rends donc tranquillement dans mon bureau afin de prendre son appel.
- Présidente Lawens, j'écoute.
- Vous n'avez pas le droit ! rage une voix à l'autre bout du fil.
Je pensais que j'aurais le droit à bien plus de révoltes de la part des anciens vainqueurs, mais ils sont conditionnés pour tout accepter, même les nouvelles les plus rudes. Et ils savent qu'ils n'ont pas le choix, déjà trois anciens vainqueurs ont rejoint le district 12 sous ma présidence.
- A qui ai-je l'honneur ?
- Gavyn Helfryn. Vous n'avez pas le droit ! Le tribut que vous avez tiré au sort dans le district 4 n'est même pas de mon sang !
- Il porte pourtant le même nom que vous, Seith Helfryn, si je ne me trompe pas ?
- Son père est mon frère par alliance, ma mère ayant pris le nom de son père, je l'ai suivie, mais son fils n'a rien à voir avec moi, ce Seith Helfryn n'est pas vraiment de ma famille, nous n'avons aucun sang en commun !
- Vous jouez sur les mots.
Je vois tout à fait qui est cet ancien vainqueur. Depuis sa victoire, il ne cesse de se porter volontaire pour être mentor, et sous son aile, déjà trois tributs du district 4 ont gagné. J'ai également vu son coup de colère lors de la moisson cette année. La façon dont il a brisé les bocaux de verre m'a tout bonnement scandalisée ! Je rajoute immédiatement :
- Ne tentez rien de stupide Gavyn, ou je m'arrangerais personnellement pour faire tomber votre « faux » neveu dès les premières minutes du jeu.
Le silence à l'autre bout du fil semble présager qu'il m'a bien comprise. Je rajoute par politesse avant de raccrocher :
- Au revoir, monsieur Helfryn.
Evy Blake, district 1, la sécurité
Je marche la tête haute, fière. Je salue le peuple de mon district avec un sourire rayonnant. Certains viennent même me serrer la main et me lancer des encouragements. Je les accepte et les remercie, n'osant pas leur dire que je n'en ai pas besoin : je suis une tueuse née, maîtresse dans le maniement des armes aux corps à corps, à la lance et au trident. C'est mon instant de gloire, ou plutôt les prémisses de ma gloire future. Je rendrai fier mon père et ma famille, je conserverai la renommée de mon nom.
J'observe mon partenaire de district qui rayonne tout autant que moi. C'est un géant, un monstre de grandeur et de carrure, mais qui doit être très lourd aussi. Je suis souple, rapide, agile, je l'aurais sans même qu'il ne s'en rende compte. Il tourne la tête vers moi et me sourit. Je lui rends son sourire en papillonnant des yeux pour l'attirer dans mon premier piège : la souplesse, l'habilité et l'insoumission ne font pas tout, il faut également un peu de ruse. Je prends sa main dans la mienne et les lève haut. Victor pousse un rugissement de guerrier.
Nous sommes prêts à briller dans l'arène maintenant.
Sidney Schmitt, district 2, les arts
Papa et maman m'attendent dans le hall de l'hôtel de ville. Maman pleure et papa essaie de la réconforter. Lorsqu'ils me voient, ils se précipitent vers moi.
- Ecoute moi bien, ma chérie, dit ma mère, tu peux réussir, d'accord ? Tu es intelligente, tu peux revenir !
- Oui, renchérit mon père, avec tes dons en peinture tu pourras facilement te déguiser et attendre que la tempête passe, tu ne ressurgiras que lorsque le temps sera venu !
- Et dis-toi que manier un couteau, c'est comme manier les instruments de sculpture, me rassure ma mère. D'accord ? Tu n'auras qu'à imaginer que les autres candidats sont des bustes à sculpter, des statues, rien d'autre, et tu les tailleras comme tu tailles la pierre.
Je les écoute attentivement. J'ai envie de les croire, mais j'ai vu les autres tributs. Les tributs du 1 ne feraient qu'une bouchée de moi, tous les autres – même les filles – sont bien plus grands et plus forts que moi. J'éclate en sanglots et mes parents se joignent à mes pleurs.
Dwayne Nichols, district 8, informatique et technologie
Je vais tous les défoncer ! Je vais les viser avec un holosight, pour toucher en plein dans le mille et leur exploser le crâne. J'espère qu'il y aura aussi des silencieux, comme ça PAN PAN PAN, je les alignerai avant même qu'ils aient compris ce qui leur arrive. Je préfère tout ce qui est fusil d'assaut ou bien mitrailleuse- m4 ou mp5 feront l'affaire –, mais s'il faut le faire au 9mm, j'suis une bête aussi ! On verra ça suivant l'armement qu'il y aura dans l'arène. Je suis un tireur pro, le meilleur ! J'ai atteint tous les plus haut niveaux de tous les jeux auxquels j'ai joué, j'suis un psychopathe, t'entends ça, j'suis un psychopathe !
Je réajuste le bandeau noir que je noue toujours autour de mon front pour faire bonne impression. Les spectateurs m'acclament ! J'espère qu'ils iront voter pour me donner des points et qu'après ce round, bah, peut-être que je trouverais une carte spéciale que je pourrais revendre et avec toute la thune, acheter plein d'autres jeux. Et p'tête même que ça va me faire grimper sur le réseau international, ce serait vraiment trop cool !
J'suis dans le hall de l'hôtel de ville, ça doit être la hall d'attente avant le début d'une partie. La fille là, ça doit être ma coéquipière dans la partie. Elle est minuscule, elle devrait bien pouvoir se cacher ! Bon par contre si elle fait de la merde, BOOM, j'lui explose le crâne !
Y a ma mère qui débarque, qu'est-ce qu'elle fout là cette là ?
- Dwayne, murmure-t-elle en venant vers moi.
- Depuis quand tu joues aussi ? je demande
- Ce n'est pas un jeu, Dwayne, lance-t-elle d'une voix brisée.
- Qu'est-ce que tu racontes, bien sûr que si c'est un jeu, j'ai été sélectionné pour les affrontements nationaux, t'as pas compris ? Je vais gagner et monter dans le classement comme ça !
Ma mère se met à pleurer. Elle est stupide ou quoi ? C'est un jeu, rien qu'un jeu.
Vright Luciah, district 10, la finance
- Tu nous reviens en un seul morceau, hein !
- Mort, mais en un seul morceau, oui, ça peut se faire ! je lance en riant.
Je suis encore étonné devant le nombre de mes amis présents avant mon dernier départ. Ça me fait du bien de les voir tous, sans doute pour la dernière fois. J'avais besoin de graver ce souvenir pour les prochains jours, pour ne pas me perdre, pour ne pas oublier qui je suis. Tous me rassurent, me rappellent que je suis un mec génial.
- T'es hyper débrouillard ! Rappelle Fabi. Tu ne te souviens pas quand on avait été campé dans les bâtiments dévastés à l'arrière du district ? Les gardes du district 1 nous étaient tombés dessus et t'avais trouvé le moyen de nous sortir de là sans qu'on se fasse attraper !
- Et puis t'es intelligent, rusé comme personne, tu sauras mener une stratégie pour gagner, me rassure Yona.
- Pense surtout à te faire des alliés, c'est le plus important, n'importe quel mec fort peut être vaincu par trois faibles s'ils l'attaquent par trois côtés en même temps. Au crétacé, valait mieux être vélociraptor que Tyrannosaurus, mon gars ! explique Gaël, le féru d'histoire. Je lui réponds en souriant :
- D'accord, je me trouverais des potes vélociraptor, alors.
- Puis, je connais Aiko, elle est digne de confiance, me lance Fabi. D'ailleurs, je vais aller lui dire au revoir.
Mon amie s'éloigne pour rejoindre l'autre tribut du district 10 qui dit au revoir à ce qui semble être ses grands-parents. Lorsque mes autres amis partent enfin, il ne me reste que quelques minutes d'intimité avec ma mère. Elle me caresse la joue avec tendresse. Je ne peux pas la repousser, je sais qu'elle en a besoin, mais j'ai toujours eu du mal à accepter les contacts physiques.
- Loren n'est pas venue ?
Loren, c'est ma petite sœur. Mes parents étant généralement absents, j'ai été son modèle, son exemple et je l'ai élevé du mieux que j'ai pu. J'aurais aimé la revoir une dernière fois, lui donner tous les meilleurs conseils possibles et imaginables pour avoir une longue et heureuse vie. Je ne reviendrais pas, je le sais. Je l'accepte, mais j'aurais juste aimé lui dire adieu.
Seith Helfryn, district 4, les énergies renouvelables
Ça y est, j'ai dit au revoir à mes six frères et sœurs, ainsi qu'à mon père. Ils sont tous persuadés que je vais revenir. Moi aussi. Pas parce que je suis le plus intelligent, ou le plus fort, mais parce que j'ai confiance en Gavyn. Et parce que je ne me laisserai pas tuer sous ses yeux.
Lilly Meyer est à côté de moi. Je suis à la fois content et triste de la voir ici, avec moi. Content parce que je la connais un peu, je sais qu'elle est énergique et enthousiaste, agréable et loyale, triste parce qu'un seul d'entre nous pourra peut-être rentrer de ce périple. Elle me tend la main.
- Associés ? demande-t-elle.
- Associés, je lui réponds en la serrant.
La porte de la salle des fêtes s'ouvre enfin, c'est le moment de retrouver nos mentors. Gavyn ne me quitte pas des yeux tandis que je marche vers lui d'un pas affirmé. Je ne l'ai jamais vu ainsi. Ses cheveux châtains d'habitude toujours coiffés sont en bataille et des cernes se creusent sous ses yeux qui sont rougis. J'aurais aimé être seul avec lui. Le frère de Lilly, Jammy, qui a participé à l'édition Hunger Games il y a tout juste deux ans me fait un signe de salutation compatissant. Il avait gagné sous la protection de Gavyn, un mentor idéal. Mais je sais ce que je représente pour lui : une possible raison de la mort de sa sœur. Il détourne son sourire gêné de moi pour revenir à sa sœur. Contre tout-attente, Gavyn me serre contre lui, se moquant des caméras qui nous entourent déjà.
- Je te sortirai de là, d'accord ? Tu gagneras, je te le promets, tant pis pour notre famille, tant pis pour ce que tout le monde pourra en penser, je connais les gens du capitole, il est temps de révéler la vérité à tous.
Son étreinte se desserre et ses mains saisissent mon visage, il m'embrasse fougueusement, à la vue de tous. Je me sens rougir mais accepte son baiser avec plaisir. Il me lâche enfin et me rassure :
- On va y arriver.
Il pose la paume de sa main sur mon œil vert.
- Seith
Puis il retire sa première main et pose la seconde sur mon œil bleu.
- Helfryn.
Victor Emesis district 1, la sécurité
Mon oncle me frappe dans le dos, riant gaiement de mon engagement. Je suis fier de le rendre heureux et de porter son nom. Il est tout de même connu pour être l'un des plus jeunes commandants de la garde présidentielle.
- Rends fier ton district ! m'ordonne-t-il solennellement.
- Oui, chef !
- Ah, quel neveu j'ai là ! Ce n'est pas mon poltron de fils qui serait capable de se porter volontaire. J'aurais aimé que tu sois mon fils à sa place. Porte haut nos couleurs, tu rendras fier ton père et ta mère !
J'acquiesce d'un geste net de tête. J'ai été préparé depuis tout petit pour me présenter aux Hunger Games, il est venu le temps que je fasse mes preuves. Je suis prêt à tout affronter, je n'ai pas peur de la mort, je n'ai pas peur de tuer. J'embrasserai les risques les bras grand ouverts, je sauterai dans le vide, je me battrai contre les modifications génétiques : je suis prêt à combattre.
- Bonjour jeune homme.
Une main se tend soudainement vers moi. C'est Varus Blake, le père d'Evy. Je lui serre la main plus fébrilement que ce que je souhaitais. Cet homme est une légende. Il a gagné la 75ème édition des Hunger Games, il a vaincu à lui seul plus de vingt tributs adverses, c'est une machine de guerre. Un modèle, un exemple. J'envie soudain Evy de l'avoir comme conseiller, et je comprends à quel point elle sera redoutable. Mais c'est une fille. Je peux essayer de l'avoir ainsi. Elle me regarde, tente de scinder mes pensées. C'est une très jolie fille, ce sera une partie de plaisir, ma première victoire avant les jeux.
Diego Lonefer, district 11, la haute couture
Wanda et moi nous tenons la main avant d'entrer dans la salle des fêtes pour retrouver nos mentors. Qui aurait pu croire que ma meilleure amie et moi nous retrouvâmes envoyés dans une lutte à mort, nous qui nous pensions invincibles ?
- Souris aux caméras, donne ton meilleur profil, je conseille à mon amie.
Lorsque nous entrons, les caméras présentes dans la salle se tournent immédiatement vers nous. Wanda, dans sa longue robe à traîne nuageuse, passe une main légère dans les boucles de ses cheveux blonds et offre son sourire le plus commercial à ceux qui nous observent déjà derrière leur écran. Je suis aussi noir qu'elle est blanche et le contraste de nos mains serrées est saisissant, nous sommes l'ombre et la lumière, le jour et la nuit, comme les photographes de nos shootings aiment nous nommer. Je remets de l'ordre dans mes cheveux longs défrisés et lâche la main de mon amie pour rejoindre mon grand-père.
- Tu vas faire de moi une icône n'est-ce pas ? je lui demande après l'avoir serré dans mes bras.
- J'essaierai fils, j'essaierai.
Biba Clarke, district 7, la sidérurgie.
Ce qui me dégoute le plus, ça n'est pas ma nomination, je préfère la mienne plutôt que celle de ma sœur. Non, ce qui me ronge le cœur, c'est de savoir que je vais le revoir, que je vais être forcée à rester dans la même pièce que cette ordure. Allons laisse-toi faire, ne bouge pas.
Matthias Anderson, mon partenaire de district, semble bouleversé depuis que son nom a été tiré. Il a l'air tellement musclé et puissant que son attitude de petit chiot perdu en est presque ridicule. Mais il a quinze ans, ce n'est encore qu'un enfant. Je ne sais pas s'il serait intelligent de faire une alliance avec lui, une fois dans l'arène. Je reste alors silencieux, attends le moment fatidique.
Les portes s'ouvrent et je manque de m'évanouir. Biba, si tu bouges, je t'éventre. C'est un cauchemar, ce n'est pas réel. Sa simple présence me donne la nausée. Retire ton pantalon, tout de suite. Il me regarde et ses yeux me salissent. Matthias a déjà rejoint son père, moi, je ne bouge pas, le mien n'en est pas un. Sale garce, comment oses-tu frapper ton père ! Il s'approche néanmoins.
- Bonjour, Biba.
Sa voix me donne des frissons et je le revois, étendu sur le sol, du sang coulant doucement de la plaie que je lui avais faite en le frappant avec une brique trouvée sur le sol.
- Je voulais simplement te dire bonne chance, car je ne te serai d'aucune aide.
Et sur ces mots, crachés avec le sourire, il me tourne le dos et s'éloigne jusqu'à la porte de sortie où un garde l'empêche de sortir. Il reste alors debout, face à la porte, sans bouger. Je suis soulagée, s'il ne veut pas m'aider, alors je n'aurais pas à m'infliger sa présence. Mais je suis tout de même terrifiée. Terrifiée à l'idée d'être seule et abandonnée dans cette arène.
Puis, on nous annonce que l'aérotrain est arrivé dans notre gare et nous sortons de la salle des fêtes afin de monter dans notre wagon, le septième. Une fois dans l'espace clos, j'essaie de garder le plus de distance possible avec mon géniteur, mais sa simple présence me donne des sueurs froides et je commence à avoir du mal à respirer. Matthias vient vers moi.
- Mon père peut être un mentor pour nous deux, si tu le souhaites.
Je regarde celui qui est censé être mon adversaire et que je devine gentil et sensible. Il me fait de la peine. Ce ne sont pas vraiment les qualités attendues pour gagner un Hunger Games. Son père, un homme aux cheveux blancs d'une cinquantaine d'années m'offre un sourire compatissant.
- Oui, d'accord, merci.
Le train commence à freiner. Nous sommes bientôt arrivés au centre du nouveau régime.
Fin du chapitre II
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Prochain chapitre, la semaine prochaine (19/20 juin)
