Bonjour, bonjour.
Mon dieu que ça fait longtemps ! je ne suis même pas sûre qu'il y ait encore quelqu'un pour lire cette histoire…
Que j'explique ma soudaine disparition : tout d'abord, j'ai commencé mon année de M2 / prof stagiaire. Concrètement, je passe mon année de Master 2 (avec tous les devoirs et les évaluations que ça inclut) et en même temps j'ai deux classes avec au total 5 niveaux. Ouais, ouais, je raconte ma vie, mais que vous compreniez…
De plus, j'ai mis cette fic en pause parce que j'avais laissé de côté le roman que j'écris, pour elle. Bonne nouvelle, mon roman est terminé. Je profite de la période de latence qu'est la relecture pour revenir vers vous 3
(je vous conseillerai de relire brièvement le chapitre précédent pour vous remettre dans le mou.
Petit rappel des groupes restants :
Evy – Victor
Nekael – Wanda – Sidney
Nimue
Seith – Lilly – Jeremy – Leïa
Vright – Exodus
Nonam – Jarod
(je vous rappelle également que deux de ces personnages sont déjà morts, et ils faisaient partis de mes préférés…)
Gavyn Helfryn
Mon cœur s'arrête en même temps que l'image. Je me précipite sur l'écran géant qui décore la salle à manger de l'hôtel de ville et me retient de le bombarder avec mes poings. C'est impossible, ils ne peuvent pas nous priver de l'image ! Je ne comprends pas ce qu'il se passe, je maudis tout ce satané matos informatique en grinçant des dents.
Puis l'image revient et mon souffle se calme lorsque le visage de Seith apparait à l'écran. Je pousse un soupir de soulagement avant d'entendre un cri de douleur juste à côté de moi. Ses genoux tombent au sol en même temps que sa raison. Ses traits se crispent et sa peau pâle devient rouge de fureur. Il se relève brusquement et se précipite vers l'écran, attrape une chaise en bois au passage et l'explose. Littéralement. Le visage endormi de Lilly disparait, tout comme le filet de sang qui coule de sa bouche ou son crâne déformé. On n'a même pas entendu le coup de canon.
Jammy peine à retrouver sa respiration et je le maudis intérieurement de m'avoir privé de mon Seith : il pourrait lui arriver quelque chose à tout moment et je pourrais le manquer. Je pourrais ne plus jamais revoir son visage adorable, son sourire sublime. Les pensées me manquent et je laisse le frère de Lilly derrière moi.
Quelques secondes à peine se sont écoulées que j'entends un hurlement. Du verre qui se brise. Des armes qui tirent à n'en plus pouvoir.
Qu'as-tu fait Jammy ? Qu'as-tu fait ?
Nimue Zethar, district 3.
Je sais que je viens des déesses. Vous savez comment je le sais ? Parce qu'on ne peut pas saigner autant sans souffrir et vivre encore. J'ai l'abdomen lacéré et pourtant je ne sens rien. Mes vêtements sont couverts de sang et, pourtant, je marche encore. Je suis invulnérable.
Je suis immortelle, je suis l'infinie et le toujours.
Je peux tous les tuer et faire régner ma volonté sur le monde. Oui, je pourrais diriger le monde, si je le voulais. Je pourrais devenir une reine divine.
Je les observe. Ils sont là, juste devant moi. La fille est dans un sale état mais elle ne chouine pas. Son visage a doublé de volume. Qu'elle est laide ! Si elle savait comme elle est laide. Je suis tellement plus belle, si vous saviez.
Je suis des yeux dans la nuit et je brille, telle des lucioles perdues dans un buisson.
Je ne suis rien, je suis tout. Je suis la vie, je suis la mort.
Et sur leurs visage endormis je poserai le joug de mon dernier jugement.
Vright Luciah, district 10
Exodus se lave les mains dans un mince court d'eau tandis que je l'observe. Il laisse le liquide emporter avec lui les traces de ce qu'il a fait.
En voulant nous échapper du nuage de fumée, nous avons retrouvé le quatuor des districts 4 et 5. Il est rentré dans l'une des leurs et, sous la panique, n'a rien trouvé de mieux à faire que de prendre l'une des pierres sur le sable et de la lui exploser sur le crâne pendant que les autres cherchaient encore à comprendre ce qui leur arrivait.
Je frémis. Je ne peux pas rester avec lui, ce mec est un tueur. Il lève soudain ses yeux noirs vers moi et hoche la tête en montrant mon sac à dos de l'index :
- Y a quoi là-dedans ?
Mais je suis incapable de le poignarder dans le dos et, si je m'enfuis, il aura vite fait de me rattraper. Alors je m'assieds et j'ouvre le sac, l'air de rien.
- Des bâtonnets de viande séchée. T'en veux ?
Il hausse un sourcil circonspect mais s'approche finalement. Sans dire un mot, il tend la main et attend que je lui tende l'une des barres de protéines. Son regard est étrange : il me fixe sans vraiment me fixer. Comme s'il n'y avait plus rien à l'intérieur de lui.
Alors, je décide d'attendre et de ne surtout pas fermer les yeux cette nuit. Attendre le meilleur moment pour lui tourner le dos.
Victor Emesis, district 1
Evy dort. J'ai bandé son bras comme je l'ai pu. Je suis assis contre un arbre et j'attends qu'elle se réveille ou qu'elle meurt. Même si je préfèrerais la première solution, la seconde ne me gênerait pas. Je suis capable de tous les tuer moi-même, sans l'aide de personne. Mais avec Evy, ce serait plus facile. Enfin, au début. Maintenant et sans doute plus tard mais sans doute pas à la fin. Quand seulement l'un d'entre nous pourra survivre.
J'ouvre le sac et en sort un sachet de madeleine et une gourde pleine d'eau. C'est du luxe ici. Ma partenaire de district parle dans son sommeil et gémit. Après avoir mangé et bu, j'essaie de me reposer : en vain. Je suis encore trop excitée par la journée qui vient de se dérouler, trop engorgé de toute l'adrénaline que mon corps a sécrété pour me sauver du requin.
Alors que je suis incapable de fermer les yeux et que je me concentre sur tous les bruits alentours, j'entends un « bip » répété. Je comprends tout de suite de quoi il s'agit : comment ai-je pu penser que Varus Blake laisserait sa fille mourir ?
Je me lève et laisse Evy derrière moi pour aller récupérer la boîte en me concentrant sur le bruit pour savoir quelle direction prendre.
Je m'arrête. J'ai entendu un craquement, juste derrière un arbre, vers le « bip ». Je serre plus fort mon katana dans ma paume. Quelqu'un est là et peut-être même que ce quelqu'un nous observe depuis un moment. Je vois une ombre bouger légèrement et un tintement métallique retentit : le colis est livré.
Je me précipite vers le bruit en brandissant mon katana, prêt à tuer tout ce qui se trouve sur mon chemin. Qu'ils s'y mettent à quatre, je pourrais tous les achever.
En la voyant, je m'arrête. La folle du district 3 me regarde avec ses grands yeux bleus et me sourit. Elle est couverte de sang et pue salement.
- Je suis un peu fatiguée, dit-elle.
Je pourrais la transpercer en un instant et pourtant, étrangement, j'hésite. Ce n'est pas réel : comment peut-elle être debout avec les entailles qui parcourent son torse, avec tout le sang qu'elle a perdu ? Elle s'éponge le front, le colis est dans sa main.
- Tu sais, tu vas mourir.
Alors que je m'apprêtai à me jeter sur elle, je m'arrête brusquement. Elle ne fait que retarder l'inévitable et pourtant je l'écoute.
- Je le vois, tu vas mourir. Tu vas mourir dans le sable et tu vas agoniser pendant des heures. Ça va être douloureux !
Je serre mes mâchoires et, avant que j'ai pu esquisser le moindre geste, elle tombe par terre. Ses blessures ont finalement eu raison d'elle. Il est impossible qu'elle guérisse. En prenant le paquet dans sa main, je réalise qu'elle est brûlante de fièvre : elle va mourir.
- Je ne pense pas, je lui réponds finalement. Par contre, toi, oui.
Et je la laisse ainsi puisqu'elle ne représente aucune menace.
Lorsque les photos des tributs morts apparaissent dans le ciel, Nimue n'y est pas. Il faut attendre encore trois heures avant d'entendre le coup de canon.
Leïa Gabin, district 5
Cela fait déjà plus de vingt-quatre heures qu'il n'y a pas eu de coup de canon. Les juges nous laissent tranquilles pour l'instant : ils ont eu assez de morts comme ça avant-hier. Il fait jour depuis peu lorsque je m'extirpe de mon sac de couchage. Seith est couché à même les feuilles, il regarde le ciel.
- C'est comme ça que tu montes la garde ? je lui demande pour détendre l'atmosphère.
Mais il ne répond pas. Il pense encore à Lilly, qu'il avait promis de garder en vie et qui a filé entre ses doigts en un instant. Je préfère ne pas y penser. C'est sans doute égoïste de dire ça, mais je préfère elle que Jeremy. Et pour que Jeremy vive, il faut bien qu'eux meurent, à un moment ou un autre.
Il dort encore, recroquevillé sur lui-même, son sac-à-dos serré dans ses bras. Il aurait presque l'air paisible si son visage n'était pas tâché de boue et que des feuilles mortes ne s'étaient pas agrippées aux mèches de ses cheveux. J'approche mes doigts pour les lui retirer avant de réaliser mon geste : Non, Leïa, ce n'est pas le moment.
Alors je m'assis à côté de lui et je me retiens de cracher mes poumons pour ne pas le réveiller.
Lorsqu'il ouvre les yeux, il doit être midi. Il s'étire longuement avant de faire claquer sa langue contre son palais.
- On a quelque chose à manger ? demande-t-il.
Seith hoche la tête.
- On n'a plus rien.
Sa voix est égale, sans intonation, comme si rien de tout cela n'était grave. Je décide alors de me lever et m'assieds à côté de lui. Je le prends par les épaules et le force à me regarder :
- Pourquoi est-ce que t'es encore en vie ?
- Parce que j'ai de la chance, répond-t-il.
- Non, ce n'est pas la bonne réponse. Pour quoi est-ce que tu es encore en vie ?
Il me regarde en fronçant les sourcils, comme s'il ne comprenait pas. Je finis par secouer la tête.
- Laisse-moi poser ma question différemment, je reprends. Pourquoi est-ce que tu te bats pour rester en vie ?
- Pour Gavyn.
Sa réponse est, cette fois-ci, claire, rapide et précise.
- Alors, lève-toi, on doit aller chercher de la nourriture.
Peut-être ne devrais-je pas l'aider ainsi, peut-être serait-ce plus simple de le laisser au bord de la route. Après tout, il est un obstacle qui sépare Jeremy de chez lui. Mais s'il m'arrive quelque chose, il ne pourrait pas survivre tout seul et Seith serait là pour le protéger.
Wanda Jones, district 11.
- Dis, comment on va faire ? je demande.
Nekaël tourne son visage vers moi et fait voler au passage ses cheveux châtains.
- Faire quoi ?
- S'il ne reste plus que nous deux ?
- T'en fais pas, répond-t-il simplement. T'en fais pas.
Je reste un instant sans rien dire avant de reprendre :
- Je ne pourrais pas te tuer.
- Moi non plus, dit-il d'une voix douce.
Silence. Je tousse légèrement, sans doute à cause des résidus de la fumée toxique qui a tuée Sidney.
- Ils enverront quelque chose alors, pour tuer l'un d'entre nous.
Nekaël hoche la tête en silence.
- Et pour me protéger ? je demande finalement. Tu serais capable de tuer quelqu'un ?
Il ne répond pas tout de suite, ses yeux se ferment et les traits de son visage se crispent. Il semble poser le pour et le contre.
- Sans doute, Wanda, répond-t-il finalement en plantant ses yeux dans les miens. Sans doute.
Fin du chapitre XI.
N'hésitez pas à laisser vos impressions (surtout pour que je sache si ça vaut le coup que je reprenne cette histoire pour de bon ou si mes quelques lecteurs jusqu'à maintenant m'ont finalement lâchée après mon absence xD), et comme d'habitude, c'est un plaisir.
