Chap.6

Il était là, devant une de ses multiples étagères croulantes de livres, un bouquin à reliure de cuir entre les mains. Il tournait les pages lentement, ne se souciant guère de Zorro, assit devant son bureau qui attendait depuis un moment.

Celui-ci fixait son dos du coin de l'œil, s'abimant les rétines sur sa chemise rouge et son boléro noir, la courbe de sa nuque, l'implantation de ses courts cheveux noirs, la musculature fine et nerveuse visible à travers le tissu. Il pouvait le faire patienter ainsi des heures durant. Le chasseur se mordit la lèvre inférieure. Mihawk n'avait pas décroché un mot depuis l'explication qu'il lui avait donnée : la filature, le meurtre de la jeune fille, la recherche. Il avait omit plusieurs passages du bar -relativement croustillants pour certaines oreilles- puis avait exposé l'attaque au lance-flammes. Et depuis, silence complet.

Il inspira et expira lentement, se frottant les paumes quand Mihawk ferma son livre et tourna légèrement la tête vers lui.

_ Que s'est-il passé dans ce bar, Zorro ? demanda le brun calmement tout en rangeant son livre.

_ Ce que j'ai dit tout à l'heure.

_ Tu m'en as dissimulé des éléments. Je me doute de ce qui s'est passé, cependant je veux l'entendre. Si tu me mens par omission, je ne pourrai pas t'aider. Tu le sais et pourtant tu le fais.

Il se tourna complètement et le fixa intensément de ses prunelles dorées. Un frisson parcourut la colonne vertébral du chasseur ; ces yeux… les voir aussi neutres, à la limite du froid, alors qu'il les avait déjà vu si passionnés lui faisait toujours une impression étrange. Il déglutit et ferma les yeux un court instant.

_ Mihawk, si tu sais ce qu'il s'est passé, pourquoi tu… ?

_ Parce que tu n'es pas un menteur et que tu viens de me mentir. Comment veux-tu que je couvre tes arrières si je ne sais pas ce qu'il se passe. Résilier un contrat par « politesse »… tu te moque de qui ? Oserais-tu me prendre pour un con ?

_ Non ! C'est que…

_ Que quoi ? Tu penses que je suis un petit garçon incapable de faire la part des choses ?! Rappel-moi qui t'a sorti de ton dojo pour faire de toi ce que tu es ?! Qui t'as appris ce que tu sais ?! Qui était là pour essuyer le sang de tes premières transformations ?!

_ Toi ! Je sais assurément ce que je te dois ! Je t'en suis extrêmement reconnaissant et tu le sais très bien ! D'ailleurs je ne vois pas ce que ça vient faire là. Tu connais l'ampleur de ma confiance en toi, pourquoi soudainement tu te braque ?

_ Parce que ta confiance en moi ne va pas au-delà d'un certain point : tu n'as pas été capable de me dire clairement que tu avais couché avec ta cible.

Deux claques pour le prix d'une ! Zorro le fixa, stupéfié. Qu'il sache pour la nuit dernière ne le surprenait pas vraiment, mais qu'il mette sa confiance en doute… ! Là non, ça ne passait pas. Bon, c'était idiot de sa part de l'avoir caché, mais sur le moment, ça lui semblait une idée relativement potable… il s'auto-enfonçait là… bref !

_ Tu sais pourquoi je ne te l'ai pas dit… Ma confiance en toi n'a pas changé. Je ne voulais pas …

_ Me blesser ? Comme c'est charmant, remarqua-t-il sur un ton trop posé et neutre pour être normal. Je n'ai pas besoin de ta protection, Zorro. Cependant tu as besoin de la mienne. Alors à l'avenir, évite l'omission, reprit-il calmement.

Zorro déglutit en serrant les mâchoires tandis que Mihawk faisait le tour de son bureau pour s'assoir dans son fauteuil de velours sombre et boiserie de chêne.

_ Je sais que tu n'as pas besoin de ma protection, mais…

_ Ton contrat sera résilié dans l'après-midi. Dès qu'un autre se présentera, je t'en ferais part, comme habituellement. Je ne te cache pas qu'auprès des autres, cela sera pris comme un excès de zèle, ou de la couardise de ta part. À toi de gérer. J'ai vu que la pleine lune était pour bientôt. Ça ira ?

Zorro soutint son regard un instant, plongeant ses yeux dans ses prunelles dorées. Il ne savait pas comment prendre ces deux changements de conversations, l'indifférence par rapport à sa position parmi les autres et cette apparente inquiétude quant à sa transformation. Il n'arrivait toujours pas à prévoir ses réactions, même après toutes ces années .Il se leva et remit sa veste en place pour se donner une contenance.

_ Oui ça ira. Je suis un grand garçon, moi aussi, répondit-il en le regardant droit dans les yeux, avant de se tourner et de sortir. Il ferma la porte et garda sa main sur la poignée de cuivre, et déglutit. Bon… le contrat était résilié, il n'aurait plus à avoir affaire avec cet idiot de vampire blond. Il soupira et descendit en silence, se laissant aller à ses pensées.

Au pied des escaliers, il croisa Trafalgar, qui lui adressa un sourire moqueur et arrogant. Zorro le salua d'un hochement de tête par politesse, mais ne lui adressa pas la parole. Ils risqueraient de détruire la baraque sinon. Il sortit sagement et rapidement avant de croiser Smoker, avec qui il était sûr de s'pogner. L'Audi de Kidd n'était plus là. Il enfourcha sa moto, enfila son casque et démarra, sortant de la cour dans un crissement de gravier.

Tandis qu'il prenait la direction de la ville, l'image du blond s'immisça peu à peu dans son esprit. Comment en était-il venu à résilier un contrat, après juste une nuit passée ensemble ? Quelques conneries échangées et un acte sexuel des plus… embrasé. L'étroitesse de son cul y était-elle uniquement pour quelque chose ? Ou étais-ce la douceur de son grain de peau, l'odeur de celle-ci, enivrante et grisante, la profondeur de son regard hypnotique, la « tendresse » de ses caresses, les mots murmurés au creux de l'oreille, sa voix renversante, et ses lèvres… si magnétiques, sensuelles, charmeuses ; qui le cherchaient, le taquinaient, qui lui tenaient tête avant de s'abandonner… ? La nuit se déroula à nouveau devant ses yeux, réveillant en lui une chaleur sourde, situé relativement bas sur son anatomie. Plus les détails lui revenaient, plus il se rendait compte que Sanji lui plaisait dans son entier … autant physiquement qu'au niveau psycho et conversation. Il jura dans son casque quand il s'aperçut qu'il y pensait depuis environ une bonne demi-heure ! Il serra la poignée des gaz d'agacement et faillit s'envoyer dans une bétonnière.

Il pesta à nouveau et changea de direction : il devait se changer les idées.

OoOoO

La nuit avait engloutit la ville quand Zorro passa la porte de son appartement, son sac de sport sur l'épaule. Il ferma la porte avec précaution et déposa son fardeau sur le canapé avant de retirer sa veste et de s'étirer en se dirigeant vers la cuisine.

Il venait de passer sa fin d'après-midi et une bonne partie de la soirée au dojo, à se recentrer sur lui grâce à la méditation, à peaufiner son entrainement au kendo et à canaliser le Loup en lui. La relation avec cette partie de lui-même était relativement étrange : là où d'autres lycanthropes se faisaient dominer par leurs Bêtes, il cohabitait avec elle. Il était elle, elle était lui. Il la sentait en lui, enfouit, bien au chaud, sage. Elle ne prenait jamais le dessus sans son autorisation. En contrepartie, il la laissait s'exprimer au travers de son corps durant l'entrainement, lui permettant de se libérer, en quelque sorte. Il avait mis très longtemps avant d'y arriver.

Quand on apprend soudainement qu'on ne sera plus jamais comme avant, qu'à chaque pleine lune, on se recouvrira de poils lors d'une transformation d'une souffrance au-delà de l'imaginable, qu'on prendra plaisir à violer des vierges et manger des enfants, on avait de quoi faire la gueule et haïr cette nouvelle part de soi, bestial, inhumaine, monstrueuse… pendant un bon moment. Il l'avait niée, rejetée, exécrée, jusqu'à ce qu'elle lui sauve la vie, pour la première fois. Là, il avait commencé à comprendre que même si il ne la voulait pas, elle était là, elle faisait partie de lui et que si il y mettait un peu de volonté, ce vice pouvait devenir un sacré atout. A partir de ce moment-là, il avait commencé à l'apprivoiser. Il fut surpris de voir qu'elle n'attendait que ça, se dévoiler à lui, ne faire qu'un. Il s'était traité d'idiot de l'avoir ignorée aussi longtemps. La douleur en devenait légèrement plus supportable.

Il ouvrit le frigidaire, se demandant ce qu'il pouvait bien manger ce soir, quand le malaise lui crispa les muscles de la nuque. Il se tourna de profil brusquement, flingue à la main. Le canon de l'arme arriva entre les deux yeux de Sanji, situé à une distance de bras, qui lui souriait à nouveau comme une fleur. A la seconde même où leurs regards se croisèrent, le désir s'insinua sous leurs peaux.

Zorro écarquilla légèrement les yeux, l'adrénaline se répandit violemment dans son corps. Merde il ne l'avait pas senti ! Pour la première fois depuis longtemps, la panique refit surface.

Le blond ne se départit pas de son sourire et écarta d'un simple geste l'arme de son visage. Sa main pâle se posa ensuite sur la joue imberbe du chasseur.

_ Bonsoir Zorro, le salua-t-il, amusé, avant de se rapprocher, pressant son corps contre le sien, déposant ses lèvres taquines sur les siennes, pour un baiser mordant. Eberlué, il mit quelques secondes avant de réagir ; il passa son bras armé autour de sa taille et lui rendit son baiser avec fougue, s'emparant de sa bouche, la faisant sienne. Une sorte de poids s'envola de sa poitrine, sans qu'il comprenne pourquoi. Sanji passa ses bras autour de son cou, collant impérieusement son corps au sien, le baiser prenant une tournure plus sauvage et enivrée. A sentir l'empressement du blond, Zorro avait du mal à croire qu'ils s'étaient quittés tôt le matin. Il le plaqua contre un placard.

_ Qu'est-ce que tu fais ici ? Réussit-il à demander entre deux baisers passionnés.

_ J'enfile des perles, ça ne se voit pas ? répondit-il sur le même volume de voix, amusé.

_ Crétin. Comment tu m'as trouvé ?

_ Un magicien ne dévoile pas ses secrets, murmura-t-il d'un ton conspirateur.

_ Sanji… Personne ne sait où je crèche. Comment tu as fait ?

_ Ton odeur est particulière à cause de cette nuit : mon odeur, la tienne, la fumée, le sexe, le saké, ça fait un sacré mélange. Aaah…

Les lèvres de Zorro avaient glissées d'elles-mêmes sur le cou de Sanji, l'embrassant avec gourmandise. Il avait déposé son flingue sur le plan de travail, toujours à portée de main, pour le prendre à plein bras, rapprochant leurs anatomies au possible. Il glissa un genou aguicheur entre les jambes du blond. Sa langue goûta à nouveau au délice de sa peau, sur laquelle fleurait encore une légère odeur de fumée. Elle allait et venait le long de la jugulaire, faisant frissonner son propriétaire, qui se mordit les lèvres de plaisir. Le blond perdit ses doigts dans la courte chevelure verte et douce, exhalant de vaporeux soupires au creux de l'oreille du chasseur

_ Sanji, qu'est-ce que tu viens faire chez moi ?

_ Enfiler des perles, dit-il en riant de sa voix si sensuelle. Tu me manquais, j'avais besoin de te voire…. Et… J'aurai besoin de ton aide.

_ …

Il se redressa, lui faisant face, leurs fronts se frôlant. Il chercha la plaisanterie dans ses yeux. Il n'y trouva qu'un désir difficilement contenu et de la sincérité.

_ Mon aide ? Sanji, je suis censé te tuer, t'as oublié ?

_ Rassure toi, je m'en souviens : tu dois me faire l'amour avant, lui assura-t-il en faisant la moue

_ Alors pourquoi tu demandes mon aide ?

Sanji baissa la tête, son visage fut voilé par sa chevelure blonde.

_ Un chasseur a failli m'avoir cette nuit… Il a dit que ton contrat sur ma tête avait été résilié… ça m'a étonné… et soulagé. (Un sourire perça dans sa voix.) Je croyais que tu serais le seul à vouloir ma peau mais apparemment non… (Il leva les yeux vers lui, amalgame de bleu et de vert dans lequel Zorro se perdit) j'ai besoin de ta protection. Tu es le seul qui puisse m'aider.

Zorro déglutit en le fixant. Un ange passa dans sa tête, avant que plusieurs idées se percutent en même temps. Ça faisait beaucoup de renseignements et de présupposés en deux phrases. L'info était remontée vachement vite pour que Sanji se fasse attaquer le soir même. Comment s'était-il fait avoir ? Et comment s'en était-il sortit ? …Un vampire aura toujours plus de force qu'un humain, il y avait fort à parier que son agresseur soit mort ou dans un piteux état -proche de la décomposition. Soulagement et protection… lui faisait-il confiance à ce point ? Lui qui pas plus tard qu'au matin devait le tuer ? Ou alors…

_ Comment puis-je être sûr que ce n'est pas un piège ? lui demanda-t-il sur la défensive. J'étais censé te tuer …

_ Pourquoi voudrais-je me venger après la nuit qu'on a passé ensemble ? remarqua-t-il sur un ton doux et attirant. À aucun moment, je ne me suis sentit en danger en ta présence. Il posa ses mains sur le torse de Zorro, qui frissonna. Crois-moi, j'ai besoin de ton aide…

Le chasseur plissa légèrement les yeux. Bien que sa tête lui dise de se méfier, son instinct n'y voyait pas d'objection. Sa Bête ne s'était pas manifestée, ce qui était relativement bon signe. Il soupira et se pencha pour l'embrasser, lui happant la lèvre inférieure, s'emparant de sa bouche impérieusement. Sanji suivit quelques secondes après, ses mains s'accrochant au débardeur noir de son amant d'une nuit. Le baiser s'échauffa, les langues se rencontrèrent avec fougue et envie. Les mains de Zorro reprirent du service, glissant sous la chemise du blond, caressant sa peau de nacre, juste au-dessus des fesses. La cambrure attisa son envie de le peloter et de le posséder. Sanji recula doucement la tête, leurs lèvres reliées par un arachnéen fil de salive.

_ Je sens que tu as faim. Tu allais manger je crois… remarqua-t-il, un petit sourire en coin. Me laisserais-tu les fourneaux ?

Le chasseur haussa un sourcil, le rictus en coin.

_ Tu sais cuisiner ?

_ Si je te le propose, Marimo.

Le chasseur le foudroya du regard avant de se reculer, pour lui laisser la place.

_ Bien. Fais ce que tu veux, je ne savais pas quoi préparer.

Sanji eut un sourire moqueur et lui vola un baiser avant d'ouvrir les placards, les tiroirs et le frigidaire pour trouver denrées et ustensiles. Il évolua dans la cuisine sous le regard attentif et pour le moins voyeur de Zorro. Celui-ci détaillait chaque trait de sa physionomie, la courbure de ses épaules, la cambrure de son dos, la rondeur de ses fesses, sur lesquelles il avait une superbe vue, moulé dans un jean noir très seyant. Le souvenir de leurs contacts lui revint plus vrai que nature.

Le blond était en train de faire cuire du riz pour les onigiris et le Gyudon (donburi au bœuf) qu'il s'était mis en tête de cuisiner, tout en préparant les oignons et les prunes. Difficile de faire autre chose que du japonais, quand on a que ça sous la main. Zorro se leva et vint se placer dos contre le plan de travail, bras croisé, les yeux posés sur les mains de Sanji, qui s'activaient. La tension sexuelle était toujours présente.

_ Même si tuer un Maitre Vampire est un acte quasi suicidaire, je ne vois pas pourquoi on mettrait plus d'un chasseur sur ta tête… Qu'est-ce que tu as fait, Sanji ?

Celui-ci sourit et lui glissa un regard attractif.

_ Tu ne lâche pas l'affaire hein. …Oui je n'ai pas fait que ça. Je… me suis retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment.

_ Tourne pas autour du pot, dis-moi ce qu'il s'est passé

Le sourire de Sanji s'affaissa quelque peu. Il continua sa préparation, se concentrant sur ce qu'il faisait.

_ Quand je me suis échappé de ma chambre de dressage, j'étais dans un état second, raconta-t-il d'une voix blanche. Je venais de vider le corps de ma maitresse de son sang, et la puissance qui en découlait me tordait la chair. Un peu comme quand vous vous transformez… c'était horrible… la lucidité me rendait dingue : j'entendais tout, je voyais tout, je sentais tout… un cauchemar… j'ai réussi à me retrouver dans les couloirs du sous-sol, un vrai labyrinthe, mais je ne suis pas tombé sur la bonne porte. L'odeur m'y a sans doute amené… autrement, je n'y serais pas allé.

Sanji s'arrêta, prit d'un frisson, que Zorro interpréta comme du dégout. Attentif, il attendait la suite. Le blond reprit, s'attaquant à la découpe de la viande.

_ A l'intérieur… il y avait un … une sorte d'orgie vampirique … la nourriture était droguée. Des humains étaient là, à même le sol, nues, exsangues, le corps mutilé et couvert de sang, à lâcher des râles de bêtes qu'on étrangle. La moitié frôlait l'overdose, certain ne bougeaient même plus. (Il déglutit) Tu sais que le tabac ou les maladies n'ont pas d'emprise sur nous en elles-mêmes…

_ Oui. Il faudrait que le sang dont vous vous nourrissez soit contaminé…

_ C'est ça. Là c'était la drogue… et dans la salle, il y avait une dizaine de vampires drogués. J'en ai vue deux baiser au plafond … ou du moins ce qu'il en restait. Un humain drogué, c'est déjà pas beau à voir, mais alors là…

Les frissons le reprirent, plus fortement, au point qu'il fut incapable de continuer à découper la viande. Zorro réagit d'une manière qui l'étonna lui-même : il passa son bras autour des épaules de Sanji, le pressant doucement contre lui, lui faisant lâcher le couteau de sa main libre. Le blond déglutit et cacha son visage dans le cou du chasseur, son nez avoisinait la carotide battante de son amant d'une nuit. Les frissons ne s'arrêtèrent pas tout de suite. Il lui fallut 5 minutes pour se calmer complètement, durant lesquelles Zorro emplit ses poumons de l'odeur du vampire. .

_ Est-ce parce que tu as vu cette orgie que tu es poursuivi ? Le questionna Zorro calmement.

_ Pas pour ce que j'y ai vue, mais pour ce que j'y ai entendu… (Il se redressa légèrement, restant proche de lui). Quand je suis sorti, deux maitres parlaient d'en faire un commerce, pour asservir plus de vampires à leur cause. Ils m'ont vu et ont sans doute pensés que je faisais partit de l'orgie, car ils ne se sont pas formalisés de ma présence… Jusqu'à ce qu'ils découvrent ma maitresse morte… J'ai réussi à filer avant. Tu te rappel la fille dans la ruelle, la rousse, Nami… je l'ai rencontré une, deux semaines après, dans un bar. Jolie, adorable, cultivée, près de son fric, comme beaucoup de filles de la ville. On s'entendait très bien. Problème : une odeur de mort flottait sur sa peau, l'odeur qu'ont les vampires. Il s'est avéré qu'elle me traquait pour le compte de l'un des deux maitres qui m'avaient vu… J'ai fait celui qui ne se doutait de rien, jusqu'à avant-hier.

Zorro eut un léger sourire pour lui-même. Les proies ne sont pas toujours celle qu'on croit. Cette Nami passait pour une victime innocente et Sanji un tueur de sang-froid, la blague.

_ T'aurais pu choisir un autre endroit que la ruelle.

_ Je ne suis pas habitué à tuer, moi !

Zorro eut un sourire mordant.

_ Dis le gamin qui a déjà pris deux existences. Si tu continues sur cette lancée, tu ne pourras plus t'arrêter.

_ Toi, tu m'arrêteras.

_ Tu te reposes sur moi maintenant ?

_ J'ai besoin de ton aide…

_ De ma confiance tu veux dire.

Sanji baissa les yeux et détourna légèrement la tête.

_ J'ai besoin de toi, de ton aide, et de pouvoir te faire confiance.

_ Même si ça implique que je doive te tuer ?

_ Surtout si ça implique de me tuer. Tu es le seul à qui je peux demander ça… et le seul à qui j'ai envie. Rappel-toi juste qu'avant de me tuer, tu dois me faire l'amour.

Zorro eut un sourire amusé.

_ Termine de préparer à manger, je m'en occuperais après.

Il se pencha et l'embrassa. Leurs langues se rencontrèrent à nouveau sensuellement, le désir toujours assidu. Cette nuit également allait être longue…

A suivre…