Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.

Genre : Humor/Family

Note de l'auteur : Une semaine sans publication... De quoi me faire emmener directement au bûcher. J'implore votre clémence ! Je croule sous le poids des jobs, j'ai eu mon écrivain qui m'a appelée en urgence il y a deux jours car son éditrice lui a réclamé l'illustration de couverture, moi qui n'avait commencé en totale débutante à explorer photoshop que le matin même me suis retrouver à faire une illustration de pro en une journée (je remercie ma providentielle précocité qui m'a fait maîtriser le logiciel en 10 minutes)... Pour couronner le tout, après tout le travail que ça m'a pris (je n'avais même pas encore fait l'esquisse et pourtant en trois heures c'était coloriser et finaliser), ma chère collaboratrice m'a demander de modifier deux ou trois traits qui ne convenait pas, donc rebelote travail acharné, j'ai un problème de cervicales alors mes épaules me faisaient un mal de chien au bout de quatre heures de ce régime et j'ai été travaillé en bénévolat à une association qui revend des livres. Heureusement que je l'aime mon métier, sinon je crois que je me serais écroulé bien avant d'arriver à mon lit au soir. Au final, le texte est écrit depuis trois jours. Je pense qu'il est assez long, vu qu'il me prend 20 pages de classeur. Au programme : un complot qui n'en est pas un, un Alphonse devenu grand-frère temporairement, une épreuve aquatique et pour clore ce sympathique chapitre, un magnifique projet de chantage pour ce cher colonel. Let's start !


chapitre XIII : PRINCESS TAKES OVER

...Pourquoi hein ? Pourquoi c'est toujours sur moi que les pires tuiles tombent à chaque fois ? Elles pourraient pas aller voir le colonel un de ces jours ? Edward s'était renfrogné, les mains profondément enfoncées dans les poches de son pantalon en jetant des coups d'œils peu amène aux homonculus qui l'avaient traîné de force dans les sous-sols d'une sorte de bar bien louche qui ne devait leur servir de repère qu'occasionnellement, vu le nombre de toiles d'araignées qui jonchaient chaque objet de la pièce. Quoique de toute façon, il doutait fortement qu'ils aient une quelconque capacité ménagère.

-Bon clairement, vous me voulez quoi à la fin ?

Greed se dégagea du groupe et se planta devant lui.

-Ici c'est moi qui pose les questions Fullmetal nabot...

Il laissa un instant sa phrase en suspend pour en savourer la suprématie, ce qui permit à Edward de constater deux choses. Envy n'a rien dit... Le reste de la bande à l'air de passablement s'ennuyer, il n'y a que lui qui paraît machiavélique là...

-...Dites, le requin à part, c'est quoi le problème ? Vous ne m'amenez même pas à votre dirigeant ? Zéro torture, zéro menace, même un roman de gare c'est plus animé à côté...

Étant resté à l'affût des réactions d'Envy, puisqu'il était sensé être le plus cruel d''entre eux et faisait donc une parfaite référence, il put voir que celui-ci riait sous cape après avoir écouté son commentaire.

-Si tu savais pourquoi t'es là chibi...

Greed lui intima silencieusement l'ordre de se taire et se tourna vers Edward en tentant de faire illusion. Sauf que pour le coup, celui-ci commençait à être un tantinet agacé puisqu'apparemment il n'avait même pas été enlevé pour des raisons très sérieuses. Il croisa les bras, décidé à être imperméable à tout ce que dirait Greed par la suite.

-Écoute gamin, peu importe le pourquoi du comment, tu vas souffrir point barre.

-Ah ouais ? Eh ben dites donc, j'en mets du temps à souffrir. C'est moi qui suis devenu invincible ou c'est toi qui a un problème de connexion entre ton unique neurone et ce qui te sers de bras ?

-Petit merd...

-Stop, ta tête va finir par imploser, évite les efforts intenses le requin.

-J'vais t'fracasser !

Ed poussa un soupir désabusé.

-Aujourd'hui ou l'année prochaine ? Tu peux prendre rendez-vous avec ma secrétaire si tu veux.

-Ta quoi ?

-Ma secrétaire, s-e-c-r-é-t-a-i-r-e. Ah oui c'est vrai, le mot est trop long pour tes capacités intellectuelles. Je suis sincèrement désolé.

Le requin tourna vers ses congénères, en quête d'un soutien moral peut-être. Envy essayait de cacher son hilarité déjà bien présente et le reste de la bande se maîtrisait tant bien que mal, rendant Greed encore plus ridicule si possible qu'il ne l'était déjà. Ce dernier se mit dans une colère noire. Edward lui paraissait juste impatient de s'en aller.

-Tu vas crever !

-Des promesses, des promesses, toujours des promesses...

Son adversaire étouffait littéralement de rage mais ne passait pas à l'action. Finalement Edward en eût assez de cette fade confrontation et empêcha l'homonculus de lancer une nouvelle réplique.

-Non mais vous croyez que j'ai que ça à foutre ou quoi ? Vous n'en avez peut-être rien à carrer mais j'ai plus important ça faire que subir vos kidnappings à la noix pour je ne sais quoi sortis de vos cerveaux de tarés. Allez traquer quelqu'un d'autre et bon vent !

Sur ces mots, il prit délibérément le chemin de la sortie. Aucun des homonculus tenu à l'écart n'esquissa un geste pour l'en empêcher. Greed cependant tenta de l'attraper pas la manche. Edward dégagea son bras avec une indignation dédaigneuse.

-Et toi m'approches pas hein ! J'ai suffisamment perdu de temps comme ça !

Il partit en reclaquant distinctement la porte derrière lui. Envy laissa patauger Greed dans son désarroi quelques instants avant de déclarer d'une voix joyeuse :

-Bon, maintenant que tu t'es bien fait humilié, tu nous la payes, cette tournée générale ?


Edward erra un moment dans les bas-fonds de la ville avant de retrouver enfin l'allée où il avait laissé son petit frère. Celui-ci lui tomba dessus à l'instant même où il réapparaissait à la lumière.

-Ed mais où tu étais encore passé ?

-...Je me suis fait embarquer par une bande de demeurés, pour changer.

-Tu as encore eu des ennuis ?

-...En gros c'est ça.

-Tu n'es pas blessé au moins ?

-J'ai les poignets qui me font mal mais sinon ça va. On se dépêche de rejoindre tata Gracia ?

Alphonse s'étonna puis répliqua d'un ton amusé :

-Oui, allons vite chez tata Gracia !

Edward, cherchant d'abord ce qu'il y avait de drôle, adressa ensuite une moue boudeuse à son frère.

-Te moques pas de moi, si tu savais ce que j'ai vécu avec eux hier...

-Terrible ?

-Pire que ce que tu peux t'imaginer.

-Tu as joué à la poupée avec Elysia ?

-Ah nan, j'ai bataillé avec Elysia et les ours en peluche...

Un sourire satisfait se peignit sur ses lèvres à ce souvenir.

-Et on a massacré tonton Roy en même temps !

-Tonton Roy ?

-T'occupes, je comptes pas l'appeler comme ça la prochaine fois que je le verrais...

Edward reprit aussitôt une allure morose. Alphonse s'en inquiéta.

-Il s'est passé quelque chose avec le colonel ?

Ed releva la tête et lui lança un regard rempli d'amertume.

-Cet abruti... Je peux même plus le voir en peinture. Il me gonfle.

-Il a fait une remarque sur ta taille ?

-...Pas précisément.

-Tu m'en parles ?

-...Je sais même pas si ça vaut la peine d'en parler.

-Ça t'as marqué quand même.

-Ça m'a PAS marqué !

-...Edward ?

-Quoi ?

-Tu trembles.

Ed se crispa et ferma ses poings pour tenter de calmer la vague de sentiments négatifs qui tentait de prendre le dessus.

-Je trembles pas.

Alphonse posa une main chargée de compassion sur l'épaule d'Edward.

-Tu m'en parleras quand tu le jugeras nécessaire. Je ne veux pas t'obliger à ressasser un moment pénible.

-...

Ed essuya d'un revers de manche les larmes qui commençaient à couler de nouveau sur ses joues et releva la tête, déterminé à laisser tout ça de côté pour l'instant. Je ne dois pas donner à Al encore plus de sujets de préoccupations qu'il n'en a déjà, on verra ça plus tard.

-Allons-y, en plus je commence à avoir faim maintenant.

Il partit d'un pas quasi martial vers le prochain carrefour. Alphonse le suivit et le tint par la main. Edward le regarda avec une légère surprise.

-... ?

-Tu ne dépasses pas le capot des voitures, il faut bien que je sois à côté de toi pour traverser.

-Pas faux.

Il se sentait nettement moins rabaissé quand c'était Alphonse qui s'occupait de lui que quand c'était quelqu'un d'autre, après tout il avait toujours fait un peu figure de grand-frère quand il en avait besoin. ...Le comble...


Quelques rues plus tard, ils sonnaient chez les Hughes. Gracia leur ouvrit avec un sourire radieux.

-Entrez entrez ! Je viens à peine de préparer le déjeuner !

-Quoi ? Il est déjà midi ?

-11h58 précisément.

Edward lui adressa un coup d'œil blasé.

-Je comprends mieux pourquoi je crevais autant de faim...

-Tu as pris ton petit-déjeuner ?

-Rien du tout depuis la dernière fois que l'on s'est vu.

Gracia en lâcha le vase qu'elle venait de prendre pour en changer les fleurs.

-PARDON ?

Edward se jeta au sol et rattrapa in-extremis le pauvre vase qui avait faillit connaître la fin de son existence. Il le reposa gentiment sur la commode avant de se faire saisir au collet par Gracia.

-Il faut à tout prix que tu manges quelque chose, à ton âge il est totalement proscrit de jeûner aussi longtemps !

Elle le fit s'asseoir sur une chaise et lui servit une assiette bien garnie.

-Je ne veux plus en voir une miette !

Edward ne se fit pas prier, il engloutit avec avidité tout le contenu de sa porcelaine sous l'oeil attendrit d'Alphonse.

Soudain, son regard s'arrêta sur une pochette négligemment posée sur la table.

-...Naaaaaan... Il l'a vraiment fait ?

Il poussa son assiette vide sur le côté et se saisit de l'enveloppe. Il en déversa le contenu sur la table.

-Al ! Viens voir ça !

Son frère s'approcha et contempla les photos qu'Ed triait avec une joie manifeste. Il lui en tendit une qui lui attira un petit gloussement.

-Admire ce chef-d'œuvre !

Alphonse se saisit du cliché et l'observa. Roy avec une robe rose, un maquillage de clown et des chouchous parfaitement ridicule. Les deux frères se regardèrent et explosèrent de rire.

-C'est... C'est toi qui a fait ça ?

Edward reprit un peu son souffle et acquiesça vivement.

-Avec la collaboration d'Ely ! Attends, celle-ci n'est pas mal non plus !

Il désigna une autre prise avec un Roy ensevelit par les peluches et les deux petites avec des airs de conquérants mélangé à l'hilarité la plus complète.

-Ça c'est ce qui nous a motivé à lui faire subir les pires heures de sa vie.

Al observa attentivement les photos au fur et à mesure que son frère les lui présentait.

-Celle-là c'est quand j'ai noué ses lacets et qu'il a voulu se relever. Immanquablement il s'est pris l'assiette en pleine tronche. Là...

Arrêt sur image. Edward perdit toute sa joie en un instant.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

Sans répondre, Ed jeta la photo à l'autre bout de la table et partit dans la salle de bain. Alphonse se saisit discrètement du cliché et y vit Roy se faire embrasser sur la joue par une petite Ed aux anges.

-...Hm, il y a qu'on dirait un père et sa fille...


Edward se retrouva assis sur le bord de la baignoire, les jambes pendantes dans le vide, se triturant les mains avec une moue triste et agacée. Cette situation est invivable... Comment ça pourrait s'arranger d'ailleurs ? Il se sentait trop déçu par les agissements du colonel pour lui pardonner, et encore moins pour tenter de se mettre à sa place. Que faire... Je ne vais pas pouvoir l'éviter et le mépriser jusqu'à la fin de mes jours, et changer de supérieur n'est absolument pas envisageable. Après tout c'est le seul qui est au courant pour Al et moi, et les autres ne seront pas aussi indulgents... Il se mordit la lèvre inférieur tout en regardant le plafond. C'est pas évident. Il retourna la question dans tout les sens pendant dix bonne minutes avant de se décider à opter pour la seule solution envisageable. Il faut faire cesser cette comédie. Je vais aller tout dire à Roy et en profiter pour lui demander de l'aide afin de retrouver mon apparence normale. Il n'y a pas d'autre option. Laissant sa fierté en proie aux flammes de son colonel, il mit ses décisions dans la partie « affaires classées » de son cerveau pour enlever ses vêtements et prendre un bain.

Milles acrobaties pour successivement ouvrir le robinet, parfumer l'eau, choper les gants de toilettes sur l'étagère la plus haute, passer le bord de la baignoire pour entrer dans l'eau sans toucher le fond plus tard, Ed put enfin profiter un peu du répit que lui offrait l'eau chaude, sans pour autant pouvoir se détendre au maximum. Parce qu'il fallait aussi nager pour ne pas couler, hélas. Éclair de génie, Edward ôta quelques instants le bouchon de la baignoire pour faire baisser le niveau de l'eau à un niveau plus raisonnable avant de bloquer l'évacuation et pouvoir VRAIMENT tirer profit de cette pause bien trop éphémère à son goût. En sortant, il faudra ressortir cette damnée archive des « affaires classées » pour mettre ses objectifs à exécution. Rien que d'y penser parvenait à gâcher en grande partie le bonheur absolu que procure un bain d'ordinaire. En cherchant un dérivatif, il s'aperçut qu'il avait un joker dans sa manche. ...Eyyyh ! Mais je peux le faire chanter maintenant ! Les clichés compromettant pouvaient facilement servir à préserver SON honneur et SA personne s'il devait tout révéler à Roy. C'est avec un début de sourire démoniaque et en chantonnant qu'il entreprit d'enlever toute trace de saleté de son corps qu'il évitait à tout prix de regarder. Ça avait beau être de la catégorie enfant, ça restait quand même le corps d'une fille. C'était déjà suffisamment traumatisant comme ça. Il ne put quand même détacher son attention de sa chevelure que la transformation avait grandement embellie. Qu'est-ce qu'ils sont longs maintenant ! Ils parvenaient jusqu'à mi-jambe il me semble tout à l'heure... Chargés d'humidité, ses cheveux touchaient désormais le sol en une centaine d'arabesques dorées. Même ceux de maman ne me paraissaient pas si long... Ils arrivaient à quelle hauteur déjà ? Je pense que c'était au milieu du dos. Comme elle les attachait souvent, je n'en suis plus aussi sûr... Il ramena ses jambes contre lui et posa son menton sur ses genoux, perdu dans quelques rêveries nostalgiques. ...Est-ce que je moi ressemble ? Il laissa sa question s'ancrer dans son esprit sans même tenter de la résoudre. Il frissonna soudainement. Je commence à me les geler, il faut que je bouges. Il s'activa à frotter sa peau qui lui apparut plutôt pâle au final.

Quand l'eau fût noir et Edward étincelant, ce dernier voulut sortir de la baignoire. Avant de voir que même debout il n'atteignait pas le bord et qu'aucune prise ne s'offrait à lui pour tenter une escalade. Une voix de petite fille au supplice retentit dans la maison.

-Tata Graciaaaaa !

Gracia accourut aussitôt aux appels lancinants de la fillette. Elle la sortit doucement de l'eau et s'avança vers elle avec une serviette chaude.

-Je peux m'essuyer tout seul, merci quand même tata.

Gracia lui tendit la serviette éponge avec un sourire bienveillant avant de le laisser seul dans la salle d'eau. Edward s'empressa de s'envelopper dans la serviette en grelottant et à la limite de claquer des dents. Misère, j'avais pas si froid en sortant du bain avant ! Je suis vraiment pas solide... Il se sécha en hâte et s'habilla prestement. Tandis qu'il se coiffait, il contempla son reflet dans le grand miroir en pied qui trônait dans un coin. Ses mouvements se firent plus lent jusqu'à s'arrêter totalement . Il effleura du bout des doigts la surface glacée et lâcha dans un murmure :

-Maman... Tu me manques...

La forme des yeux était semblable, la taille naissante évoluait dans les mêmes courbes, les mains acquéraient la même finesse, la même mouvance habile, et la carrure souple et légère abondait également en ce sens. Trisha avait dû être ainsi, au même âge. Beaucoup de souvenirs émergeaient de cette simple image. Edward s'ébroua, comme au sortir d'un songe et chassa ce fantôme illusoire de son esprit. Il sortit donc propre et fringuant dans un tee-shirt et jean déjà lavés assortis d'une abondante chevelure soyeuse.

-Alphonse, tu peux me passer les photos avec l'enveloppe ?

Al accéda immédiatement à sa demande en détaillant sa craquante « petite sœur ».

-C'est presque dommage que tu ne portes plus ta robe.

-Aaah, t'as vu ça aussi ?

-Impossible de le rater.

Ed sélectionna les seules prises qui l'intéressait, les rangea dans l'enveloppe et enfila sa veste.

-Où va-t-on cette fois ?

Edward se retourna, un sourire espiègle sur le visage en guise de préambule.

-Soumettre mon colonel adoré pardi !


P.S.: Après une telle déclaration, je suppose qu'un certain militaire à dût ressentir un frisson de mauvaise augure qui ne résulte pas forcément de la tonne de dossier qui s'amoncèle sur son bureau...