Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mis à part Roland, Justine, Ferdinand et la fleuriste anonyme.
Genre : Humor/Family
Note de l'auteur : Pour une fois, j'ai une très bonne nouvelle à annoncer: n'étant pas physiquement en mesure de passer les examens du baccalauréat, mon année scolaire se finit officiellement le 15 juin, soit le jour de l'anniversaire de mon cher frère Yew qui va avoir 17 ans (est-ce vraiment une bonne nouvelle...)! J'ai donc 3 mois de vacances (ce qui, n'ayant pas de vacances du tout le reste de l'année, est bien peu, vous l'admettrez) pendant lesquels je vais pouvoir ENFIN publier à un rythme stable, je dirais à peu près toutes les semaines ou tout les trois jours. Je verrais suivant le sens que prendra l'histoire.
Alors pour ce qui est de ce chapitre, j'avais prévu de faire intervenir Envy pour qu'il explique l'affaire du kidnapping-qui-n'en-était-pas-un et qui avait intrigué nombre d'entre vous. Le problème, c'est que le faire intervenir aurait mis un terme à la nouvelle péripétie d'Edward, qui se fait sauver un peu trop rapidement à mon goût. Donc Envy viendra plus tard, au chapitre suivant ou après, selon mon bon vouloir. En attendant, je vais scrupuleusement tirer parti de la situation pour en faire voir de toutes les couleurs au Fullmetal (ne t'inquiète pas Flame Alchemist, je ne t'oublie pas. Commence tes prières dès à présent, tu n'auras pas le temps de les formuler quand je te tomberai dessus...).
chapitre XV : ALONE AGAIN
Dans la rue, Edward n'avait pas interrompu sa marche drastique, que suivait tant bien que mal son frère et le colonel. Ce dernier discutait à voix basse avec Alphonse.
-Est-ce qu'il t'a...raconté ce qui s'est produit hier?
-Il n'y a fait que de vagues allusions. Pour tout vous dire, je n'en sais pas davantage que s'il n'avait rien dit. La seule chose que je sais, c'est que pour lui, il s'agit d'une chose très grave. L'unique fois où je l'ai vu ainsi, c'est quand on a découvert la vérité sur la pierre philosophale...
Roy pâlit.
-Tu...Tu en es...sûr...?
Alphonse acquiesça.
-Il n'y a qu'à ce moment là qu'il manifestait un tel degré de préoccupation et d'amertume.
Roy réalisa alors réellement à quel point il avait été idiot en prononçant ce mot malheureux. Dans l'échange, il n'y avait pas tant fait attention...
« C'est l'âge qui te fais renoncer? »
En soit, la pique d'Edward n'était pas si méchante, à peine irritante et encore. Il avait eu tord de ne pas avoir repris son sang-froid à ce moment-là.
« Non, c'est de voir à quel point tu es bornée et lâche. »
« Bornée », ça allait, tout le monde savait que c'était une vraie tête de mule. Mais « lâche »... Certes, il était frustré qu'il s'esquive à sa question avec autant de persévérance. Cependant, ça ne justifiait pas l'emploi d'un mot si dur. S'imaginant ce que ce gamin avait dû vivre durant sa vie, en se remémorant chaque détail de sa connaissance, il ne pouvait pas exister de pire insulte à son encontre. C'était remettre en cause sa quête, sa raison de vivre, son être tout entier... Plus Roy y pensait, plus il se sentait mal. En se souvenant également de l'expression qu'avait eu Edward après, de ce que ses yeux criaient à son encontre, la rage et la haine qui animaient son être, juste après s'être démonté complètement, prouvant que l'accusation l'avait touché en plein cœur... Et puis les mots qui étaient sortis dans une sorte de grondement pour finir par un éclat de voix, qui avaient essayé de lui faire ressentir toute la douleur qu'il venait de souffrir lui-même, juste après lui avoir confié qu'il l'avait aimé comme un père, et était près de l'accepter en tant que tel, de tout son cœur, c'était certain...
« J'ai vraiment eu beaucoup de chance de me rendre compte avant que vous n'étiez qu'un beau salaud! »
...Ça faisait mal. Très mal.
-...Qu'est-ce que je peux être con.
Alphonse qui n'avait cessé de l'observer depuis le début de ses réflexions, le voyant devenir de plus en plus sombre, ne répondit rien. Mustang releva la tête pour dire un mot, ne serait-ce que quelques secondes à Edward, pour lui dire qu'il regrettait, sincèrement...
Il se figea sur place en constatant que la petite tête blonde avait disparu et qu'ils se trouvaient au milieu d'une foule. Les deux s'exclamèrent à l'unisson, avec une anxiété toute justifiée :
-Edward ! EDWARD !
Edward de son côté avait, tout en allongeant le pas, concocté des plans de vengeance à l'encontre de son « bâtard » de supérieur avec un talent machiavélique qui commençait à relever du grand art. Mais en réalité, cela ne le faisait sourire qu'à moitié. Maintenant qu'il s'était « à peu près » excusé, car on ne pouvait pas appeler ça des excuses vraiment valables, à son avis, il ne digérait pas le fait qu'il avait pu se laisser attendrir par les phrases toutes faites d'un adulte aussi perfide que le colonel Roy Mustang. Il faut vraiment que je retrouve mon vrai corps. Parce qu'en plus de m'humilier, ce corps commence à porter atteinte à mes capacités mentales. C'est pas bon... Il jeta un coup d'œil à sa montre, descellée désormais. La bibliothèque nationale vient de fermer. Où doit-on se rendre alors ? Il lança par dessus son épaule :
-Eh colonel, où va-t-on pour trouver les infos ? Il a travaillé à l'armée avant d'opérer dans le laboratoire non ?
Pas de réponse. Il se retourna.
-Eh ! Je cause...
Il stoppa net. Il n'y avait personne derrière lui.
-Al ! Colonel !
Silence de mort. Il blêmit.
-Oh non... Quand même pas...
Il courut dans la foule, criant à perdre haleine.
-AAAAAAAAAAAAL ! TONTON ROOOY ! ME LAISSEZ PAAAAS !
Il ralentit sa course, ne les voyant toujours pas, où que son regard se porte.
-...Me laissez pas...
Il regarda tout autour de lui, jetant des coups d'œil à des noms de rues qu'il ne reconnaissait pas, des boutiques inconnues, des carrefours emplis de monde, enfin un monde qui lui était étranger. En tout points. Il ramena ses bras contre sa poitrine, tremblant, les mains crispées sur les pans de sa veste, le visage inquiet et perdu. Il continua à marcher en appelant à voix haute son oncle et son frère. Ses appels se firent moins fort, plus espacés, au fur et à mesure qu'il perdait espoir que quelqu'un lui réponde. Il avançait au hasard, longeant les avenues, traversant la route en trombe et manquant se faire percuter par les voitures peu vigilantes, passant devant les enseignes en essayant toujours de reconnaître un nom, un repère. Il avait garde d'entrer dans les petites ruelles sombres, n'étant que trop conscient de sa faiblesse et des hommes qui y rôdaient.
Le soir commença à tomber. Edward réalisa alors qu'il avait marché toute l'après-midi sans discontinuer. Ses jambes le portait à grand peine et la faim se faisait cruellement sentir. Où vais-je pouvoir dormir ? Je ne peux pas demander l'hospitalité à n'importe qui, ce serait trop risqué... Il poussa un soupir à fendre l'âme, se laissant doucement sombrer dans le désespoir.
Devant un café dont on fermait les stores pour une soirée privée, un barman suivait la petite des yeux en s'étonnant de voir une enfant encore dehors à cette heure. Au soupir qu'elle poussa et au regard égaré qu'elle promenait sur les façades, il comprit qu'elle s'était perdue. En deux enjambées, le barman, qui était un solide gaillard heureusement pourvu d'une bienveillance indéniable, rejoignit Edward qui débutait à peine une crise de larmes.
-Dis ma grande, tu t'es perdue ?
Ed sursauta et se retourna. La physionomie du brave homme le rassura quelques peu. Il approuva de la tête sans oser parler. Le barman lui adressa un sourire en partie caché par sa barbe et lui montra son café.
-Il y a un téléphone dans mon bar. Tu pourrais appeler quelqu'un pour qu'il vienne te chercher ?
Ed hocha timidement la tête.
-Oui mais j'ai pas d'sous...
L'homme eut un geste négligeant de la main.
-T'inquiètes pas pour ça ma grande, je te laisse appeler gratis.
Edward lui adressa un regard débordant de reconnaissance. Le barman la prit par la main et l'emmena à l'intérieur. Il faisait bien chaud dans cet endroit. Un air de jazz emplissait l'espace et tout paraissait chaleureux et accueillant. Les clients étaient des habitués et s'interpellaient joyeusement entre eux dans l'atmosphère confinée du café. Un monsieur aux cheveux gris et qui dégageait une classe incomparable était accoudé au bar et discutait visiblement avec le barman avant qu'il n'aille la chercher. Il contempla la petite avec surprise.
-Mais qui est cette charmante enfant ?
Le barman eut un sourire en aidant Edward à grimper sur un des tabourets.
-Une adorable gamine qui s'est perdue dans la ville.
Le vieil homme eut un mouvement de tête compatissant.
-Tu rentrais de l'école ?
-Non, j'étais parti avec tonton Roy et mon frère Al quand je les ai perdus de vu... On était dans une foule et quand je me suis retourné ils étaient plus là. Je suis revenu sur mes pas mais je les ai pas retrouvés...
-Eh bien quelle aventure ! Mais attends, comment tu as dit qu'il s'appelait ton oncle ?
-Roy. Roy Mustang.
Le vieil homme eut une expression soucieuse puis se tourna vers le barman.
-Roland, Roy Mustang, ça ne te dis pas quelque chose ?
Roland posa le téléphone sur le comptoir avant de répondre.
-Si bien sûr. C'est ce colonel qui vient de l'Est du pays.
-Ah celui-là !
Le vieil homme se tourna à nouveau vers Edward avec un air désolé.
-Il a une sacrée réputation ton oncle. Ma pauvre petite, je te plains sincèrement.
Edward éclata de rire.
-C'est vrai que c'est pas un cadeau ! Mais bon, faut se contenter de ce qu'on a après tout.
Il composa le numéro, qu'il connaissait par cœur, toujours amusé de voir que la réputation de son supérieur n'avait pas besoin de lui pour se faire désintégrer.
Il laissa sonner. Une fois. Deux fois. Trois fois. Vingt fois. Toujours pas de réponse. Fronçant les sourcils, il retenta d'autres numéros. Même résultat. Après avoir épuisé son répertoire et n'avoir obtenu que la fleuriste, qui ne pouvait rien pour lui en fait, il raccrocha, dépité.
-J'arrive pas à le joindre...
Le vieil homme et le barman eurent un mouvement conjoint de révolte.
-En plus de ça il est totalement irresponsable ! Mais où va l'armée, on se le demande !
L'honorable monsieur se leva.
-Ma petite, si tu le veux bien je m'occuperai de te loger. Roland je lui payes le repas.
Roland fit un geste négatif.
-Pas besoin, c'est la maison qui offre.
Sur ces mots, il mit un plantureux et très alléchant repas sous le nez d'Edward. Ce dernier en avait les larmes aux yeux, louant au centuple la générosité des deux hommes.
-Merci beaucoup m'sieurs !
Il dégusta avec un plaisir inattendu les délices des plats que cuisinait une adorable bonne femme, qui se trouvait être l'épouse du barman et s'appelait Justine. Il ne tarda pas à faire l'éloge de ses talents en matière de terroir, amenant une joie fière sur le visage de la robuste cuisinière en chef.
Quand il eut fini son repas et écouté avec bonheur les chants d'une diva du jazz qui suscitait maint sifflements admiratifs et parfois osés de la part des habitués du bar, le vieux monsieur l'invita à partir, car même si sa maison n'était pas loin, il se faisait tard et Edward somnolait beaucoup. Il se leva volontiers et le suivit jusque sa demeure qui était une rue plus loin. Arrivé là-bas, il tenta encore de joindre quelqu'un sans résultat. Il s'écroula avec un soupir d'aise dans le canapé ultra moelleux et aussi confortable que les nuages du paradis, presque aussi vaste d'ailleurs, du monsieur qui l'avait accueilli et dont il avait retenu qu'on l'appelait Ferdinand. Il ne fit pas trop attention au reste, se pelotonna dans la couverture que le vieil homme lui avait donné et s'endormit après l'avoir entendu monter dans sa chambre.
J'espère que j'arriverai à joindre tonton Roy et Al demain matin...
Juste après il rejoignait le pays des songes tandis que la porte de la chambre du vieux Ferdinand se fermait quelque part au dessus de sa tête.
P.S.: Même quand Roy n'est pas là, il sait comment ne pas se faire oublier.
