Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mis à part Roland et Ferdinand.

Genre : Humor/Family

Note de l'auteur : Ahem. Je crois que je vais vraiment passer à la guillotine aujourd'hui... J'avais préconisé un bon rythme de publication pour ces vacances-ci, et j'y croyais vraiment ! Sauf qu'il y a eu un événement tout à fait indépendant de ma volonté qui à fait que je n'ai pas pu écrire pendant tout le temps libre que je croyais pouvoir avoir, et ensuite panne cruelle d'inspiration... 6 mois de publication régulière, ça me faisait déjà l'effet d'un miracle. Que ça dure plus longtemps c'était être un poil trop optimiste. Alors voilà, je vous demande humblement pardon pour vous avoir fait tant attendre, et j'espère que la suite ne vous décevra pas !


chapitre XVI : MISSING IN ACTION

Alphonse, depuis la disparition d'Edward, était en proie à la panique. Ils avaient cherché dans les quartiers avoisinant, questionné un nombre incalculable de passants, appelé à s'en décrocher les cordes vocales, sans succès. Edward était introuvable. Quand Roy fut totalement épuisé d'avoir traqué en vain la petite forme blonde, ils résolurent de retourner au QG afin de lancer une patrouille à sa recherche.

En arrivant là-bas, ils furent accueillis par une Riza fronçant les sourcils en ne voyant pas Ed sur leurs talons.

-Où est-elle ?

Roy lui répondit d'une voix fatiguée :

-Quelque part, dans la ville.

Il désigna vaguement les vastes rues que l'on pouvait voir à travers la fenêtre. Riza arma froidement son fidèle beretta en demandant d'un ton très calme, veillant à détacher chaque syllabe :

-Et comment se fait-il qu'elle soit « quelque part » ?

Le colonel baissa les yeux sur l'arme chargée et déglutit péniblement.

-C'est à dire... Enfin... On marchait vers le la-...

Le lieutenant en un seul mouvement attrapa le colonel par le col, l'amena de force à elle et lui apposa le canon du gun sur la tempe. Elle murmura à son oreille d'une voix glaciale :

-Si vous le compromettez, je ferai en sorte d'anéantir votre image par les quelques clichés qui sont en ma possession dans les dix minutes qui suivront cette entretien. Tout cela à titre posthume, bien entendu. Me suis-je bien faite comprendre ?

En une seconde, le colonel était devenu d'une pâleur affolante. Il balbutia une phrase d'acquiescement, suffisamment intelligible pour qu'Hawkeye en comprenne l'essentielle.

-Bien.

Elle le relâcha et s'adressa à Alphonse.

-Je suppose qu'il s'agit d'un manquement à tout vos devoirs d'adulte responsable pour finir.

La mention « adulte responsable » s'adressait surtout à Roy, Alphonse étant juste réprimandé pour n'avoir pas veillé plus attentivement sur son impulsif grand-frère. Évidemment, avec témoin, ce dernier point n'était pas exprimable à voix haute. Cependant le regard d'Hawkeye parlait pour elle, et heureusement pour la vie du colonel qu'il y avait des témoins en fait.

Alphonse ne s'embarrassa pas des sous-entendus et s'excusa très rapidement pour en venir au plus urgent.

-Serait-il possible de la retrouver avant la nuit ?

-Sans doute.

En cinq minutes, l'efficacité personnifié du nom de Riza avait mis sur le coup toute l'équipe du colonel. Ils se dispersèrent dans toute la ville et cherchèrent toute la fin de l'après-midi, puis toute la nuit, s'échangeant des informations les uns les autres avec toutes pour conclusion R.A.S., rien à signaler.

Au petit matin, harassés et morts de fatigue, Riza, Havoc et Alphonse, qui étaient restés en groupe pendant tout le temps des investigations, vinrent s'échouer dans un bar qui venait d'ouvrir, Riza et Havoc mourant de faim. Par un improbable hasard, ce bar-là se trouvait être celui de Roland qu'Edward avait quitté plus tôt dans la nuit.

Celui-ci les fit entrer sans difficulté dans le café, qui était pour le moment désert. En voyant leurs mines à tous les trois, il ne put s'empêcher d'engager la conversation.

-Eh bien, mais vous en faites des têtes messieurs dame !

Puis s'avisant de leurs tenues :

-Une mission qui s'est éternisée ?

Havoc, plus habitué que les deux autres à côtoyer les barmans, n'hésita pas à lui déballer leur déboire.

-On a perdu une petite fille hier après-midi et on l'a cherchée toute la nuit sans succès...

Roland afficha un sourire en coin à peine perceptible.

-Dites, des fois, ce serait pas une petite blondinette ?

Le petit groupe se redressa, mû d'un fol espoir, pas si fou que ça en réalité.

-Mais oui, justement !

-Avec une bouille charmante et une petite voix adorable qui lui ferait offrir le bon dieu sans confession ?

-Là vraiment ça dépend...

-Bon. Et de jolis yeux dorés ?

-C'est bien elle !

-Alors je sais où elle est, votre gamine.

Roland prit un bout de papier et griffonna à la hâte une adresse.

-Elle se trouve normalement chez le vieux Ferdinand. C'est un artiste peintre maintenant mais autrefois il était à l'armée. Évidemment, vous risquez peut-être de vous prendre un sacré sermon. Mais la gamine doit avoir passé la nuit chez lui.

Après mille remerciements, la petite troupe partit en courant jusque la demeure de l'honorable vieillard.

Alphonse sonna fébrilement et tous attendirent dans l'angoisse. Après un moment qui leur parut interminable, Ferdinand ouvrit, déjà intégralement vêtu et le manteau sur le bras, s'apprêtant apparemment à partir. A la vue des deux soldats et de l'armure, il eut un bref éclat de rire.

-Si vous venez la chercher, c'est un peu tard pour cela jeunes gens. Elle est repartit voilà une heure.

Tout trois s'exclamèrent à l'unisson :

-Par où ?!

-Mais vers le quartier militaire.

Il désigna une avenue d'un carrefour à quelques mètres.

-Par ce chemin-ci. Si elle n'a pas eu de contrariétés sur la route, elle devrait y être.

Riza demanda rapidement le téléphone et composa le numéro de la caserne.

-Oui lieutenant Riza Hawkeye à l'appareil, c'est pour une urgence. Est-ce que la petite Edwige est bien chez vous actuellement ?

Au bout d'un instant, elle fronça les sourcils.

-Bien. Prévenez le colonel Mustang. Il faut continuer à la chercher.

Elle raccrocha et se tourna vers Ferdinand, Al et Havoc.

-Elle n'est pas arrivée à destination.

Le regard des trois hommes s'assombrit. Riza ressortit rapidement dans la rue.

-Vite, si elle a des ennuis, il faut arriver à temps pour lui porter secours !

Ferdinand ferma en hâte la porte d'entrée et suivit la petite bande qui cavalait à toute allure vers l'avenue qu'avait emprunté Edward, priant pour qu'il ne lui soit rien arrivé de grave une énième fois.


Moins d'une heure plus tôt, peu après qu'Edward ait quitté Ferdinand non sans avoir mangé un savoureux petit-déjeuner, il marchait tranquillement et presque gaiement vers le QG. Première chose à faire dès que je suis arrivé, relancer le colonel. Quoique... Je me demande si ça serait pas plus simple d'aller dans le laboratoire désaffecté directement... Il s'arrêta brusquement. Voyons un peu, je n'ai aucune idée de la façon dont à procédé l'autre détraqué de la cervelle. Qu'est-ce qu'il avait fait déjà ? Hm... Il m'avait étourdi avant ça... Ça va pas être simple de m'en souvenir... Il y avait... Un éclair je crois... Oui oui, c'était bien ça, un éclair. Donc c'était de l'alchimie. Bon. Il n'a pas claqué ses mains l'une contre l'autre. C'est qu'il y avait un cercle sur place. Peut-être qu'en fait il cherchait à m'attirer exprès dans cette pièce précise, à cause du cercle... ça expliquerait pourquoi il n'a pas hésité un seul instant pendant la coure-poursuite. Il savait déjà où il voulait aller. Autrement j'aurais pu l'avoir. Parfait. A partir du QG, je m'orienterai vers les ruines. Il me suffira d'étudier le cercle pour trouver son inverse. Eeeeeeeet je retrouverai mon apparence normale ! Avec un très grand sourire, Edward reprit son chemin. Puis il s'arrêta à nouveau et sa joie s'évanouit d'un seul coup. Et si le cercle était hors de ma portée ? Physiquement... Je pourrais pas faire d'échafaudage pour l'atteindre... Même pas avec des bouts de bois à demi calcinés...

Retournant le problème dans tout les sens, Edward n'entendit pas tout de suite les bruits métalliques qui s'enchaînaient derrière lui. Quand il s'en aperçut, une vague d'espoir l'anima soudain. Il se retourna.

-Al ?

Sauf que ce n'était pas Alphonse.

-Gamine, c'est dangereux de se promener seule dans les ruelles sombres de Central, surtout en plain jour...

...Barry le boucher. Tel que son petit frère le lui avait décrit. Pas totalement sorti de ses réflexions et ayant prêté une attention extrêmement limitée à ce qu'il venait de dire, Edward reprit tout haut le fil de ses pensées :

-Non, en fait une armure c'est trop voyant. Quoique en fait on s'en fout, je pense pas qu'il soit nécessaire de miser sur la discrétion. Après tout il y a plus personne dans le bâtiment. Mais il est tellement délabré que ce serait dangereux d'y aller seul... C'est pas comme si je pouvais me permettre de mourir en laissant Al dans son état actuel, je dois vraiment retrouver ma stature corporelle normale pour poursuivre nos recherches. Et puis franchement être une petite fille n'est pas une sinécure... Bon, je laisse sur la touche Mustang et je vais chercher Maes.

Pendant toute sa tirade, Ed avait involontairement tourné en rond, devant un Barry qui n'avait rien compris à ce qu'il venait de débiter et qui commençait à se demander si cette gamine n'était pas un peu timbrée. Edward s'immobilisa d'un seul coup et braqua son regard sur le criminel en ferrailles.

-Oh et puis non, tu feras l'affaire.

Il empoigna le gant de Barry et le traîna dans les rues de Central jusqu'à proximité du QG avant de prendre la direction du laboratoire. Ledit Barry -qui était aussi un brin dérangé, il faut l'admettre- se laissa faire en se demandant si la suivre serait aussi marrant que de trancher une femme avec un hache-viande géant.


L'équipe de Mustang s'était rapidement déployé sur toute l'avenue qu'était sensé avoir emprunté Edward, sans trouver nulle trace de la petite. L'agitation dans laquelle était le quartier général parvint finalement aux oreilles des homonculus. Envy était allongé paresseusement dans le canapé, pris d'un ennui mortel quand Lust vint à aborder la nouvelle en passant dans le salon.

-Tiens au fait, il paraît que l'équipe de ce charmant colonel est en émoi depuis la disparition d'une des petites d'un de leurs subordonnés.

Le mot « petite » lui mis immédiatement la puce à l'oreille. Envy se redressa subitement.

-Quelle petite ?

-Je sais pas... Une blondinette il paraît.

Quasiment certain de l'identité de la blondinette, Envy se leva, feignant l'indifférence d'un « ah. » vaguement désintéressé puis sorti du salon.

-Tu ne crois pas que ce pourrait être...

-Si, justement. Je vais voir ça.

-Tu t'intéresses beaucoup à lui depuis qu'il a cette forme je trouve. Tu ne serais pas... attendri, par hasard ?

-Nan mais dans tes rêves la vieille !

Envy sortit de la demeure en claquant si brutalement la porte derrière lui qu'elle se décrocha à moitié de ses gonds. Sans accorder plus d'importance que ça aux propos de Lust, il se dirigea vers son domaine, soit les ruelles sombres et dangereuses dans lesquelles il était sûr de trouver les informations qu'il cherchait pour retrouver le Fullmetal, bien plus efficacement que son colonel et la petite troupe de chienchiens sous ses ordres.

Effectivement, en quelques minutes il avait devant les yeux mini Ed traînant Barry le boucher sans ménagement et en même temps en train d'échafauder des hypothèses complexes sur la composition du cercle qui l'avait rendu à cette apparence déplorable.

-Tu fous quoi au juste avec ta boîte de conserve armée, Fullnabot ?

Envy esquiva adroitement la poubelle que lui envoya Edward.

-JE SUIS PAS UN NABOT PALMIER DE MES...

-Oooooh, mais c'est qu'elle deviendrait vulgaire la petite chérie.

Passé le premier réflexe, la colère d'Edward se fit sourde et grondante tandis qu'il se dirigeait vers l'homonculus en martelant le sol.

-Tu vas ravaler tes dents la plante verte. J'ai de quoi t'en faire baver aujourd'hui.

-Ah ? Parce que tu as ramené ta copine c'est ça ?

En complet accord avec le terme, Barry adopta une pose de collégienne qui ne cadrait absolument pas avec son physique et prit une voix fluette pour ajouter :

-Mais c'est très vilain ce que tu dis là mon choupinou ! Elle pourrait te tirer les couettes pour la peine ! Et puis ta mini-jupe est tellement superbe, ce serait dommage qu'elle soit tâchée si tu tombais dans le caniveau par mégarde !

Il y eut un instant de flottement ahuri pendant lequel les deux autres le dévisagèrent bouche bée, avant que le visage d'Edward ne s'illumine et émette un ricanement machiavélique.

-C'est pas bête ça... De si beaux cheveux...

Envy eut d'un seul coup un mauvais pressentiment. Il recula lentement en ne quittant pas Edward des yeux.

-Pas touche à mes cheveux la môme.

Sourire sadique made by Ed en réponse.

-Oh que si... De toute façon tu n'as rien à craindre, tu peux les faire repousser quand tu veux non ?

Le visage d'Envy devint blême.

-N'y pense même pas.

-Trop tard.

Edward se jeta sur lui et se pendit littéralement à sa chevelure en enroulant fermement ses mains et poignets dedans. L'homonculus eut beau faire, Ed eut très vite l'avantage et parvint à l'immobiliser au sol pendant qu'il tirait sur chaque mèche à sa portée. L'armure contempla le spectacle que formait Envy criant de douleur et l'expression parfaitement sadique et jubilatoire de la petite fille.

-C'est effrayant une gamine en pleine action quand même...

Après plusieurs minutes de torture, Edward s'écarta satisfait de sa vengeance. Envy avait encore les larmes aux yeux quand il lâcha avec rage :

-Sale peste...

-C'est celui qui l'dit qui l'est ! Nah !

Ed lui tira la langue puis repris sa route aux côtés de l'armure, tout à fait enchanté de ce qu'il venait d'accomplir.

-Chibi !

-Quoi le palmier ?

-Tu n'aurais pas oublié quelque chose par hasard ?

Ed s'arrêta en fronçant les sourcils.

-Nan je pense pas...

-Moi je pense que si.

Envy se redressa lentement et pris la peine de s'épousseter avant de réciter presque sagement quelques paroles :

« Envy, pose-moi par terre !

-Non chibi.

-Pitié ! Je ferais tout ce que tu voudras !

-Tu le jures ?

-Oui je le jures, pour ces prochaines 24 heures seulement. »

Un large sourire étira les lèvres de l'homonculus.

-24 heures... Tu as encore deux petites heures à honorer Fullnabot.

Il ajouta en rendant son sourire presque gentil :

-Chacun son tour ma grande !

Edward fut frapper d'horreur en se rappelant sa promesse désespérée et en constatant qu'Envy avait malheureusement bien raison... Et qu'il devait lui obéir sur le champs.

Envy franchit tranquillement les quelques mètres qu'avait effectué Edward pour arriver à sa hauteur.

-Je passe l'éponge pour ce que tu viens de faire, enfin pour l'instant. Tu allais où au juste ?

Ed répondit de mauvaise grâce :

-Au laboratoire...

-Hm... Un nabot plutôt qu'une petite peste à mon service... Ça marche. Allons-y.

C'est ainsi que l'armure, l'homonculus et la fillette partirent à l'assaut des ruines maudites du laboratoire.

Ou de façon plus réaliste, Edward ravala un nouvel accès de colère et prit la tête du groupe avec un regard noir balancé à l'homonculus, Barry le suivit en fredonnant un petit air supposément joyeux et Envy fermait la marche en se recoiffant et en jurant de faire de ces deux heures un calvaire pour le chibi. Le tout dans des rues à la propreté douteuse tandis que des nuages noirs commençaient à s'amasser au dessus de leurs têtes, signe avant-coureur d'un orage plus qu'imminent, histoire de bien commencer cette nouvelle épopée.


P.S.: Le plus improbable trio qu'il soit possible de créer, assurément !