Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.

Genre : Humor/Family

Note de l'auteur : Grand salut à tous mes lecteurs et lectrices qui ne m'attendaient plus depuis le temps ! Voilà après des années de hiatus mon cadeau de Noël à vous tous, la fin de Total War Princesses, avec en bonus l'illustration de la fic' dont vous pourrez retrouver le lien sur mon profil ! Bonne lecture et bonnes fêtes à tous, soyez heureux ! =3


chapitre XVIII : ONLY THE END

Ed s'accroupit au milieu des gravats et balança un petit caillou sur ce qui avait représenté son unique échappatoire, morose.

Je ne saurai pas le refaire...

Personne n'avait osé faire un commentaire autour de lui.

Il nettoya du plat de la main un bout du cercle à proximité, avec l'air de celui qui se demande si cette pauvre roche fragile représenterait un moyen assez fiable pour se suicider.

Un léger éclat au cœur des débris attira son attention. Il tendit la main pour s'en saisir.

Une fleur.

Il l'amena à lui.

Une aster.

Il la porta à la lumière.

'Blue Wonder' en plus.

-Colonel.

Mustang sursauta. Il hésita un peu à répondre, puis tenta finalement :

-Oui ?

-C'est officiel, je vous hais.

Avec la lassitude et la neutralité que résulte un désespoir profond et un abattement certain, fruit de l'acharnement du sort contre sa personne, Edward se leva, se retourna, puis avança comme un mini zombie direction la salle avec les cuves.

Si la vie n'est pas aussi cruelle qu'il y paraît, la chance me sourira et peut-être que je trouverai quelque chose... Un jour... Probablement...

Pour l'ironie, cet énième malheur avait donné à son visage plusieurs années supplémentaires. Nul ne le suivit.

Totalement en dehors du drame, Hughes déboula au pas de course devant lui.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé? On a entendu une explos-

L'air démonté du blond le convainquit pour une fois de se taire.

Ils restèrent immobiles, sans rien dire. Puis, comme prit d'une inspiration soudaine, Ed parla:

-Dites lieutenant, vous croyez que j'ai encore une chance de retrouver mon corps?

-Bien sûr.

Il leva la tête vers lui, et calmement, sans plus y rajouter aucune attente, demanda:

-Pourquoi ça?

Posément, Maes extirpa d'une petite sacoche qu'il traînait avec lui un dossier et le tendit à Ed.

-Ceci est le rapport des dernières recherches de feu notre scientifique de malheur. Il y manque les plus récentes, qui n'ont pas encore été archivées, et qui sont restées... Devine où?

-...Dans la salle aux cuves. C'est ça qu'il cherchait quand on l'a trouvé...

L'idée d'avoir malgré tout un début de vraie solution sous les yeux commença doucement à dérider l'alchimiste.

-Allons voir ça. Emmenez Alphonse, j'ai besoin de lui, mais personne d'autre. Vraiment personne.

-Compris! J'y cours!

Tandis qu'il observait le brun partir au galop dans l'autre sens, Ed bondit à son tour de son côté, mais contrairement à tantôt en y mettant la vitesse Mach 3.

A peine entré dans la pièce il sauta sur l'étagère comme un fou furieux et envoya se fracasser au sol toutes les éprouvettes qui l'empêchaient d'accéder aux dossiers. Tout de suite après les rapports sans importance les rejoignirent dans une envolée de feuilles, ainsi que les manuels mathématiques dont il n'avait que faire.

Ce fut au milieu de ce carnage que le rejoignirent Hughes et Alphonse.

-Woh, on fait le ménage ici à ce que je vois, fit remarquer le brun en contemplant le charmant tas de « trucs » qui avaient été des outils de laboratoires sagement rangés une seconde plus tôt.

Edward l'ignora purement et simplement. Il ne cessa de démolir le bel ordre des archives seulement après avoir mis la main sur un fin dossier en carton noir. Il le feuilleta, avec des gestes saccadés, puis bondit à bas de l'étagère au risque de se briser une cheville. Il courut à la première table qu'il trouva et farfouilla dans le pot à crayons où il dénicha un bout de craie délaissé. Pour son bonheur, ici aussi on avait jadis pratiqué de l'alchimie. Moins pour les potentiels cobayes, mais cette observation n'était pour l'instant pas du tout à l'ordre de ses réflexions.

Il extirpa du carton les seuls feuillets qui l'intéressait et se plongea dans la construction d'un nouveau cercle avec l'aide d'Alphonse.

Pendant qu'ils s'affairaient, Hughes jeta un coup d'œil curieux au reste du dossier. Sa bouche s'arrondit dans un « o » parfait en tombant sur la liste des effets secondaires de la transmutation.

-Ed, tu savais qu'à la base, les chercheurs avaient créé ce machin dans le but de soumettre n'importe quel être vivant?

Edward en cassa sa craie. Il releva la tête, les yeux écarquillés.

-Hein? Attends, t'as dit quoi là déjà?

-Que ça, dit-il en désignant les signes entremêlés à peine ébauchés, marchait normalement comme une sorte de charme, avec quelques conséquences imprévues supplémentaires. Genre la transformation en petite fille -il chercha dans les pages antérieures- l'une des nombreuses conclusions de ces messieurs étant qu'il était très difficile de s'opposer à une enfant. Bon ils ont accentué ça de bien des façons, hein, mais...

-Stop, deux secondes, pouce! Clama le blond. Donc si je comprends bien, leurs expériences... Visaient les humains?

-Bah oui. Sinon tu serais pas comme ça.

Pour la première fois, Ed envisagea sa transformation sous un nouvel angle.

-Mais alors... C'est de la transmutation humaine sans pierre philosophale... Et sans sacrifice?!

-Ouaip, et c'est un peu pour ça aussi qu'on nous avait demandé de coffrer le dernier chercheur. N'est-ce pas?

Edward commençait à avoir l'habitude des grands moments de solitude. Mais celui-ci fût particulièrement intense.

-Ne t'en fais pas, il est indiqué aussi que le transmuté avait également tendance à avoir des phases de régression, crut bon de rajouter Maes avec un grand sourire.

-...C'est rassurant ce que tu me dis là.

-...Mais ça explique tellement de choses.

Ed leva les yeux au ciel mais ne releva pas, retournant travailler sur son cercle.

-Tu me garderas le dossier de côté s'il te plaît?

-En guise de souvenir?

-Ouais, je l'encadrerai avec des rubans roses pour décorer ma chambre.

Le visage d'Hughes s'illumina et il s'apprêtait sûrement à dire que c'était une excellente idée en y incluant des photos souvenirs quand Edward l'arrêta d'un coup d'œil désespéré.

-Nan sans blague, j'en aurai sûrement besoin pour Alphonse.

-Ah...

Le militaire sembla trouver cela nettement moins drôle tout à coup.

-Fini!

Les deux frères s'écartèrent pour évaluer le dessin dans son ensemble.

-Il me semble que c'est correct. Les signes de croissance sont dans la bonne direction, la pointe du triangle est suffisamment aiguë... Bon, au pire, je me transforme en bambin, ça peut pas être pire que mon état actuel. Tu crois que tu pourras rectifier, Al, si c'est le cas?

L'armure hocha la tête dans un grincement approbateur.

Edward se plaça pour la troisième fois au milieu du cercle, faisant attention à ne pas l'effacer bêtement en traînant des pieds, et attendit avec une résignation de martyr que son frère active la transmutation.

Quand les gants claquèrent, la petite fille fut éblouie un instant avant de sombrer dans l'obscurité de l'inconscience.

Après un temps dont il n'eut pu dire la longueur, Edward rouvrit les yeux. Les murs de béton écroulés et les cuves seuls s'offraient à son regard. Il était allongé sur le sol humide et froid, tremblant par instant, le corps endolori par la chute inévitable qui l'avait fait se retrouver dans cette position.

Il tenta alors de reprendre appui sur ses bras. Le son d'un cliquètement métallique qu'il avait si souvent entendu autrefois parvint à ses oreilles.

Lentement, osant à peine y croire, il tourna la tête vers son bras droit. L'éclat argenté de son automail vint se refléter dans ses prunelles dorées.

Son regard parcourut fiévreusement ses autres membres, revenus à la normalité tant implorée telle qu'elle était il y a quatre jours. Les vêtements empruntés à Elysia s'étaient transformés et adaptés à ses proportions retrouvées, de sorte que tout ce qu'il s'était passé ces dernières heures puisse paraître un simple cauchemar, une illusion qui avait pris fin quand il avait ouvert les yeux.

Sa réaction finale ne fut pas l'étonnement, ni l'émerveillement, ni même encore les larmes. Il se contenta de rire à n'en plus pouvoir respirer, d'un rire frais et joyeux qu'il n'avait encore jamais manifesté jusqu'à ce jour.

Il y avait une part de soulagement dans ces quelques notes envoyées vers le ciel. Beaucoup d'auto-dérision aussi. Mais surtout une sensation étourdissante de délivrance, d'harmonie revenue après cette longue bataille dans le corps d'une gamine qui avait fait revivre plus que jamais des complexes qu'il préférait oublier. Alphonse avant tout, et il allait de nouveau être en mesure de trouver le moyen de lui rendre son corps.

Bon, il avait bien conscience qu'en attendant, vu de l'extérieur, il devait avoir l'air un peu dément tout de même, à se tenir les côtes dans un bout de bâtiment délabré et lugubre au possible. Mais ça, il s'en fichait un peu.

Il contempla le ciel bleu à travers le plafond en partie effondré. Son fou rire s'était calmé, mais il conservait encore une expression radieuse sur son visage salit par la terre et la poussière.

Maes lui tendit la main et l'aida à se relever. Quand Ed fut de nouveau sur ses pieds, une expression nostalgique s'esquissa sur le visage du brun.

-Ahlala, dur dur de les voir grandir...

-Niiiii-saaaaann!

Alphonse souleva dans les airs son frère aîné qui hurla de terreur en se voyant soudain propulsé du mètre et des toiles d'araignées auquel il s'était habitué à quatre mètres de hauteur avant d'être rattrapé et plaqué contre la carcasse toujours aussi imposante de l'armure.

Quand il récupéra son souffle, le blond lui rendit comme il put son étreinte et se laissa tomber sur ses jambes.

-Bon, c'est pas tout ça, mais on a une quête à reprendre!

Sous le regard ébahi d'Al et de Maes, Edward reprit les rapports du scientifique qu'il commença à décortiquer. Mais il s'interrompit vite.

-Elle vit où, votre grand-mère, Maes?

Le lieutenant-colonel mit bien cinq minutes à répondre à la question en complet décalage avec l'instant présent.

-Eeeeeuh dans une ville balnéaire du sud, pourquoi?

-Parce que je veux prendre des vacances. Changer d'air. Ne plus voir cette tête de gland de colonel avant plusieurs mois notamment.

Il se retourna vers lui avec un sourire entendu.

-Et profiter d'être loin pour venger une pauvre fillette innocente de l'oncle le plus pourri de l'univers.

Il y eut un silence, puis Maes lâcha un soupir fataliste.

-Je sens que j'ai pas fini de l'entendre râler...

-Je vous préparerai un transat et un cocktail à côté de mère-grand quand vous viendrez en congé.

-Vendu!

Le trio quitta en catimini le bâtiment en ruine et s'enfuit comme des voleurs en laissant en plan tout le bataillon qui devisait toujours dans la salle démolie par le colonel.

Le lieutenant accompagna les deux frères à la gare avant de rentrer chez lui pour consoler sa fille chérie de la perte de sa meilleure amie.

Les militaires finirent par rentrer chez eux après avoir conclu que les deux individus suspects avaient réussi à se tirer pendant le feu d'artifice.

Edward renoua plusieurs semaines plus tard par correspondance avec Ferdinand, s'attirant son amitié et le persuadant dans sa grande miséricorde d'épargner les soldats incompétents de Central en brûlant le rapport cinglant qu'il avait déjà rédigé.

En revanche, un vaste complot s'organisa dans le QG à coups de mystérieuses photos dégradantes du colonel qui fut corvéable à merci pour toute l'équipe jusqu'à ce qu'Hawkeye décide qu'on s'était suffisamment amusé et rende toutes les photos à la famille Hughes, qui les ressortit à la suite de nombreux réveillons sous le nez de leur pauvre victime.

Le dossier du scientifique ne fut d'aucune utilité après analyse, le vieux fou n'ayant eu que des considérations douteuses sur les gamines tout le long de ses notes et zéro pour la transmutation incroyable qu'il prévoyait.

Edward se fit aussi dégommer une nouvelle fois par Winry, quand il revint à Resembool, pour s'être fait porté pâle à sa dernière visite et les avoir inquiétées, elle et mamie Pinako.

Nombreux furent ceux pour finir à regretter la charmante petite Edwige, Lust et Envy les premiers, qui se surprirent à jouer encore à la poupée un an après les faits ainsi que, dans le secret de son âme torturée, le Colonel Mustang, parce qu'une fois de retour de ses vacances, Edward était revenu lui crier dans les oreilles juste pour la beauté du geste.

FIN

Et sur fond de soleil couchant, on retrouve Barry qui continue de trucider joyeusement des innocents, heureux de vivre et se fichant royalement du END un peu plus haut, parce que dans la vraie vie, ça se tranche pas au hachoir. CQFD.


P.S. (le grand P.S. de fin avant de tout fermer... Moment drama...): Merci à tous mes lecteurs et lectrices qui m'ont suivie jusque là ! Matsuyama pour être l'instigatrice de cette fic', just-Themys pour être une amie en or, sophiepieri, janetteaaa, Tsukiyo-Ran, Sneff, Nympha-san, MiuStein, Marabeilla, Mangetsuko, Kurohana Juri, Hikariki-Chan, Elsa Kisiel, yachiru-chan92, PititeYuki (une amie en or aussi qui a en quelques sortes bêta ce chapitre ;3 ), judith52370, nodoka95, Nekoyukichan, Aurore, kanda et Peter Queen pour qui j'ai beaucoup de regrets de ne pas voir inscrit, Peter si tu m'entends tu m'as également beaucoup motivé à écrire cette fin... Sans compter tous les anonymes qui n'ont peut-être pas eu le courage de commenter mais qui ont lu, et ça me suffit pour leur accorder toute ma reconnaissance !

Ah, et mention spéciale à Kumaneko-san, qui est en fait celle qui m'a obligée sans le savoir à écrire pour vous tous, Master Panda, si tu passes par là un jour, tu pourras te féliciter d'avoir fait ta bonne action pour toute l'année 2015 ! ;p

A la prochaine ! =)

N. Ofwood