Merci beaucoup pour tous vos messages! Je suis ravie que cette fiction vous plait autant. Veuillez m'excuser pour le retard pris ces derniers temps! Je tâcherai de poster les prochains chapitres rapidement, mais la fin approche...
Cela faisait déjà un mois que Julia sentait les hommes du poste de police la suivre dans ses moindres déplacements. Un mois que son époux avait quitté la ville et qu'elle n'avait plus eu de nouvelle de lui si ce n'était la lettre qu'il avait laissé à leur ami avant de partir, un mois qu'elle avait l'impression de vivre en cage. Elle s'en accommodait après tout, mais elle n'avait qu'une hâte, qu'on lui annonce la prise de , et qu'ainsi elle puisse connaître à nouveau la liberté qu'elle aimait tant, et retrouver son époux qu'elle aimait encore bien plus.
Pourtant ce soir là, elle comptait bien fausser la compagnie de ses gardiens pour retrouver l'homme qu'elle aimait. Elle avait été étonnée et pourtant ravie de recevoir un simple mot de sa part le matin même.
8.50 P.M Entrée Est - Queen's Park
Julia avait été sur ses gardes et elle avait passé de longues minutes a étudier de près le mot, ainsi que l'écriture s'y trouvant. Elle l'avait comparé à celle d'une lettre de William que lui avait remis l'Inspecteur Brakenreid quelques semaines plus tôt. Elle n'avait aucun doute, ce rendez-vous avait été organisé par son époux. Elle savait qu'elle risquait sa vie, et celle du jeune homme, mais l'envie de le revoir et de se blottir dans ses bras était plus forte que tout le reste.
Ainsi elle était rentrée tôt chez elle, elle avait fait un brin de toilette, changé de robe et elle s'était maquillée avec soin. Puis, elle avait jeté un regard dans la rue pour y voir l'Agent Higgins de l'autre coté, lisant un journal. Elle soupira profondément et mit en place son plan. Elle quitta la demeure pour se rendre au centre ville, toujours consciente qu'il y avait un homme pour garder un œil sur elle. Elle fit plusieurs boutiques, sans jamais ne rien acheter. Puis, elle entra chez un fleuriste, elle se dirigea vers la vendeuse se trouvant à son comptoir pour prendre la parole à peine plus fort qu'un murmure.
-S'il vous plait mademoiselle j'ai besoin de votre aide. Vous voyez l'homme blond de l'autre coté de la rue? Demanda-t-elle en lui désignant Henry d'un mouvement de la tête. C'est un homme qui me courtise ardemment et je ne sais pas comment m'en défaire. Je souhaiterai filer sans qu'il me voit. Il me suit depuis des heures et vous savez ce que peut être un homme éconduit.
-J'ai une porte à l'arrière, lança la jeune femme en souriant, suivez-moi.
Julia lui sourit largement et la suivit à l'arrière boutique, se glissant entre les cartons, les caisses en bois et toutes sortes d'éléments disposés plus ou moins avec ordre. Elles débouchèrent sur une petite ruelle déserte et la jeune femme se tourna vers elle.
-Si vous voulez rejoindre Queen Street, prenez la première à droite et ensuite à gauche, vous déboucherez sur la rue et il ne devrait pas vous voir.
-Merci, répondit Julia.
-Je vous en prie, répondit la jeune femme en lui faisant un clin d'œil, bonne soirée.
-A vous aussi mademoiselle, fit Julia poliment avant de s'éloigner rapidement en sentant son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine.
Elle sentait l'excitation de revoir William monter un peu plus à chaque pas qu'elle faisait en direction du lieu du rendez-vous. Ses jambes tremblaient, ses mains étaient moites, son cœur semblait danser une danse effrénée et son esprit l'emmenait vers des horizons doux, délicieux et passionnels. Elle se souvenait lui avoir dit qu'il devrait savoir se faire pardonner son attitude, mais pourtant elle n'attendait que l'instant où ses lèvres toucheraient les siennes et qu'ils n'échangent un tendre baiser.
C'est le souffle court que Julia arriva au point de rendez-vous alors que la nuit était déjà tombée. Elle contourna le batiment pour se diriger vers le porche où elle vit une silouhette de dos. Elle ne put s'empêcher de sourire en voyant l'homme en haut des marches habillé en noir, un chapeau bien calé sur la tête.
-William? Dit-elle dans un souffle en s'arrêtant en bas des marches.
Il se retourna et lorsqu'elle croisa son regard, elle se figea sur place.
-Bonsoir Madame Murdoch, lança l'inconnu en souriant avant de sortir de sa veste une arme.
Il n'en fallut pas davantage pour Julia de remonter le bas de sa robe et s'élancer dans le parc en courant. L'homme la rattrapa rapidement et elle sentit l'air de la balle contre son oreille. Elle emprunta alors un chemin dans le parc, misant sur l'obscurité pour l'empêcher de viser juste pour la toucher. Elle slaloma entre les arbres quelques instants avant d'entendre l'homme étouffer un cri de douleur. Un autre coup de feu partit et un cri déchira le silence. Julia se figea sur place. Elle ne savait pas quoi faire, continuer de courir pour sauver sa peau ou se retourner pour porter secours à l'homme qui était intervenu et qui lui avait probablement sauvé la vie. Elle entendit un autre cri de douleur, et elle n'hésita plus. Elle fit volte-face dans la seconde pour voir deux silhouettes se livrer une rude bataille un peu plus loin. Elle se glissa derrière plusieurs arbres pour avancer sans être vu et se rapprocher d'eux. Elle respirait difficilement et avec autant de discrétion qu'elle le pu, elle ramassa l'arme qui se trouvait sur le sol. L'inconnu prit le dessus sur celui qui s'était interposé. Il prit un couteau pour se pencher vers lui et le diriger vers on cœur. Le jeune homme s'attendait à sentir la lame aiguisée se planter dans sa poitrine lorsque le coup de feu partit. Ils échangèrent un simple regard et l'instant d'après, l'agresseur s'écroula sur le sol à ses côtés, mort. Le jeune homme leva alors les yeux vers celle qui se tenait près de lui et qui n'avait toujours pas baissé le pistolet. Il lui accorda un timide sourire qui ressemblait davantage à une grimace de douleur et elle se précipita vers lui.
-George, lança Julia en se penchant au-dessus de lui, ne bougez pas, il vous a touché à l'épaule.
-Oui il semblerait, grommela George en posant sa tête sur le sol.
Julia examina tant bien que mal sa blessure et rapidement, elle lui ouvrit sa veste d'uniforme, suivit de sa chemise pour la lui retirer avec douceur mais difficilement.
-Comment saviez-vous que j'étais ici? Lança Julia pour le distraire. J'ai tout fait pour que Henry me perde de vue.
-Je le suivais lui, soupira George de douleur en lançant un regard vers l'homme étendu un peu plus loin.
-Qui est-ce?
-Alberto Garcia, un homme de main de . Nous savions qu'il était sans doute à votre recherche et qu'il tenterait de s'en prendre à vous. Mais nous ne pensions pas que vous prendrez le risque de le rejoindre de votre plein gré.
-Je croyais que c'était William, soupira Julia, j'ai reçu une note qui me demandais de le rejoindre ici ce soir et je n'ai pas hésité à me jeter dans la gueule du loup. Vous devez me prendre pour une belle idiote, ajouta-t-elle en riant doucement.
-Non, murmura George en la regardant, je comprends.
Ils échangèrent un autre regard et Julia se chargea de le soigner pendant quelques instants avant de faire un bandage et de reprendre la parole.
-Pouvez-vous vous lever et marcher?
-Je suis bien ici vous savez, mentit le jeune homme.
-Vous devriez aller à l'hôpital afin qu'on vous retire la balle. La blessure pourrait s'infecter.
George acquiesça et elle l'aida à se lever et à marcher jusqu'au téléphone publique le plus proche.
-Je suis désolé, murmura le jeune homme.
-Je ne vous en veux pas pour l'avoir sauvé la vie.
-Je ne parlais pas de cela Docteur.
-De quoi alors George?
-De vous avoir menti pour l'Inspecteur.
-Ce n'est rien, soupira Julia en lui souriant tendrement,je sais que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Pour tout le monde.
-Si, c'est important. Et ce n'était pas ce qu'il y avait de mieux à faire pour vous. Vous étiez la seule à ne pas le savoir et même si je ne l'ai appris que par hasard, je sais que l'on peut se sentir trahi. J'aurai dû vous le dire.
-Cela n'aurait rien changé.
-Vous n'auriez pas risqué votre vie, murmura George, et vous n'auriez pas tant souffert.
-Ce qui est fait, est fait, je suis en paix avec le passé. J'ai juste un peu peur pour l'avenir.
-Je suis sûr que tout s'arrangera Madame. Nous allons mettre la main sur et lorsqu'il sera en prison tout sera comme avant.
-Puissiez-vous dire vrai George, murmura Julia.
-Vous retrouverez l'Inspecteur, j'en suis certain.
Julia lui sourit simplement et ils continuèrent de marcher en silence jusqu'au téléphone. Ils composèrent le numéro et quelques secondes plus tard, ils furent mis en relation avec le poste de police. Ils détaillèrent le déroulement des événements et une ambulance fut envoyée. Lorsqu'elle s'éloigna avec, à son bord, l'Agent Crabtree, l'Inspecteur Brakenreid arriva à la hauteur de la jeune femme.
-Je vous préviens vous n'aurez plus une seule minute de répit, grommela-t-il à l'intention de Julia.
-Qu'allez-vous faire? M'emprisonner? Dit-elle en riant.
-Je reste avec vous jusqu'à demain, j'ai prévenu Margaret, et ensuite, ensuite nous verrons.
-Je ne suis plus une enfant Inspecteur, s'offusqua Julia, vous n'êtes pas mon père et je n'ai besoin de personne pour me surveiller.
-Ca je le sais Docteur, mais vous avez risqué votre vie ce soir et s'il vous arrivait de la perdre, Murdoch me tuera. Peut être ne tenez-vous pas à votre tête, mais moi si. Alors ne discutez pas et faites preuve de bon sens de temps en temps.
-De bon sens? Rétorqua Julia. Je ne suis pas certaine que vous en ayez eu lorsque vous avez mis en place ce plan stupide.
-Eh bien en attendant, je suis le seul à savoir où votre cher mari se cache, alors tenez-vous a carreau ma jolie ou vous ne le reverrez plus jamais.
-Croyez-vous que je ne puisse pas le trouver par moi-même?
-Je vous en crois tout à fait capable, grommela Brakenreid, maintenant, rentrons chez vous et pas un mot de plus sur cette affaire.
Julia soupira longuement en levant les yeux au ciel avant de suivre son ami vers le fiacre qui l'attendait un peu plus loin, sans même ajouter un mot de plus.
à suivre...
