Une suite un petite peu plus longue! Attention, encore un chapitre seulement après celui-là et c'est la fin!


Cela faisait une semaine que l'Inspecteur Murdoch était rentré chez lui, une semaine qu'il avait retrouvé son épouse, ses amis, son travail. La vie reprenait doucement son cours, et toute la ville savait à présent que l'Inspecteur avait feint sa mort pour faire tomber un des plus gros réseaux de trafic d'armes de Toronto. Pourtant, malgré tout cela, William gardait l'air sombre. Il savait qu'il avait commis une erreur en agissant de cette façon, qu'il avait fait souffrir son épouse au-delà de tout ce qu'il avait fait par le passé. Mais il n'avait pas pensé être autant rejeté par elle, pas de cette façon. Ils avaient parlé pendant des heures le soir de son retour et Julia avait fini par s'endormir dans ses bras, sans qu'il ne le remarque vraiment. Il l'avait regardé de longues minutes en silence, avant de se pencher vers elle pour la prendre dans ses bras et l'emmener dans leur chambre. Julia s'était à peine réveillée, mais elle s'était blottit contre lui à nouveau, sans un mot, et lui aussi tomba dans les bras de Morphée. Et depuis une semaine, ils ne faisaient que se croiser, soit le matin, soit le soir. Ils n'avaient passé aucun moment intime, Julia était bien trop fatiguée lorsqu'elle rentrait de ses longues heures de travail à l'asile. Ils prenaient le petit déjeuné souvent sans échanger un mot, pour se quitter avec un simple baiser et un "je t'aime" murmuré avant de passer le pas de la porte. Et tout cela chagrinait William, profondément.


Le jeune homme était assis à son bureau, le regard perdu dans le vide, repensant à cette dernière semaine lorsqu'un dossier s'échoua violemment devant lui et qu'il fit un bond. Il leva les yeux vers son supérieur qui lui sourit tendrement.

-Vous ne deviez pas prendre votre pause déjeuné? Demanda-t-il simplement.

-Julia a annulé, elle avait quelque chose d'important à faire, répondit William l'air sombre.

-Oh je vois, répondit Brakenreid en riant doucement.

-Quoi? Lança William d'un ton las.

-C'est pas le grand amour depuis votre retour, Madame Murdoch vous en fait voir de toutes les couleurs, hum?

-J'ignore ce qu'il lui prend.

-Elle est encore en colère, c'est une femme de caractère que vous avez épousé, n'oubliez pas.

-Elle n'était jamais aussi...distante, par le passé, elle me cache quelque chose Monsieur.

-Ne cherchez pas, elle vous fait mariner.

-Non, elle...elle me parle à peine, elle refuse que je la touche et...

-Je ne suis pas certain de vouloir en savoir plus, lança Brakenreid en se dirigeant vers la porte, offrez-lui des fleurs et invitez la à une de ses expositions que vous aimez tant. Surprenez la et soyez patient, ajouta-t-il en lui accordant un clin d'œil avant de s'éclipser sans en ajouter davantage.

William soupira profondément avant de se mettre au travail pendant de longues minutes. Puis, il leva les yeux de ses rapports, aussitôt sa signature apporté au dernier sur lequel il travaillait. Il était presque trois heures de l'après-midi lorsque William se leva enfin. Il prit son chapeau et sa veste pour quitter son bureau et se rendre dans celui de son supérieur.

-Je prends mon après-midi Monsieur, dit-il dans l'embrasure de la porte.

-Pourquoi?

-Je vais suivre votre conseil et surprendre mon épouse.

-N'oubliez pas le bouquet, et soyez à l'heure demain matin, ajouta Brakenreid en souriant et en forme.

William en fit autant et acquiesça avant de quitter le poste de police numéro quatre, d'un pas léger.


Il avait passé de longues minutes à arpenter les rues de la ville pour chercher tout ce dont il avait besoin. Il avait demandé à leur dame de compagnie de cuisiner le repas qu'il avait acheté, puis, il avait pris sa bicyclette vers l'asile pour aller chercher son épouse, même à cette heure encore tôt. Il arriva devant le bâtiment et se rendit à son bureau pour le trouver vide. Elle demanda alors à la jeune femme qui avait son bureau devant celui de son épouse mais il reçu pour toute réponse " Le Docteur est partie tôt aujourd'hui, elle a prit son après-midi."

Ce fut donc le cœur lourd et l'esprit embrumé que l'Inspecteur, quitta les lieux et reprit le chemin de leur demeure. Pourtant, au détour d'une rue, il vit cette silhouette qu'il connaissait bien, ses cheveux blonds, et il entendit son rire résonner. Il se figea sur place, voyant l'homme qui se trouvait à ses côtés, celui qui riait avec elle, celui qui la tenait étroitement contre lui. Le cœur de William brûla dans sa poitrine, la jalousie le gagna totalement mais il resta là, immobile pendant quelques minutes. Il vit son épouse se lover dans les bras du jeune homme, celui qui déposa un baiser sur sa joue et dont les mains prirent le chemin de son ventre, à peine une seconde avant que son épouse ne s'éloigne, en souriant, lui criant un " au revoir".

William sentit son sang ne faire qu'un tour, il vit son épouse continuer sa route à pied. Il croisa le regard de l'homme un peu plus loin qu'il connaissait bien et dont il avait envie de questionner d'une façon peu amicale. Mais il se ravisa. Il prit sa bicyclette et il fit demi-tour pour renter chez eux sans que son épouse ne le remarque, ne pouvant chasser de son esprit ce qu'il avait vu, Julia, la femme de sa vie, dans les bras de cet homme qu'il détestait, Isaac Tash.

Il avait fait le trajet rapidement. Il avait rangé sa bicyclette et il se trouvait assis à la table de leur salle à manger, devant une table prête, le souffle pourtant court d'avoir pédalé à toute allure et de sentir encore la colère l'habiter. Il avait les poings serrés et il attendait simplement. Il entendit la porte s'ouvrir et se refermer doucement, puis les talons de Julia sur le parquet.

-William? Lança-t-elle dans l'entrée, signe qu'elle avait vu son chapeau sur le porte manteau. Tu es là chéri?

Il ne répondit pas et il la vit entrer dans la pièce. Aussitôt un immense sourire se dessina sur ses lèvres et elle jeta un regard sur la table prête.

-William, reprit Julia, nous fêtons quelque chose?

Il se leva alors pour prendre l'immense bouquet de fleurs qui se trouvait sur la table pour lui tendre en souriant. Elle le prit et en fit autant.

-Nous fêtons simplement la chance que nous avons d'être ensembles, il y a un dîner à la cuisine et...

-William, coupa Julia en caressant sa joue pour plonger son regard dans le sien, tu as l'air étrange. Tout va bien?

-Oui, je...

Il ne termina pas sa phrase et il la prit dans ses bras pour fourrer son visage dans sa nuque.

-Je t'aime Julia, je t'aime tellement.

-Moi aussi William, répondit simplement Julia.

Il s'éloigna d'elle juste assez pour croiser son regard à nouveau, et il glissa ses mains de ses hanches à son ventre. Aussitôt, il sentit Julia se tendre et quitter son étreinte.

-Alors qu'avons-nous pour dîner? Dit-elle le plus innocemment du monde tout en quittant la pièce.

William ne répondit pas et la suivit dans la cuisine adjacente. Il la regarda simplement s'afférer à mettre les roses rouges dans un vase, puis, elle se tourna vers elle en souriant à nouveau.

-Pourquoi me regardes-tu de cette manière? Dit-elle doucement. Ai-je quelque chose de différent?

-Eh bien, non pas vraiment, mais cela faisait trois mois que je n'ai pas eu la chance de te regarder tout à loisir. Je te trouve superbe.

-Tu le peux depuis une semaine.

-Nous nous sommes très peu vu cette semaine, répondit William à regret.

Elle lui sourit tendrement et posa les fleurs sur la table pour venir déposer un baiser sur sa joue, puis, elle s'éloigna à nouveau, voulant quitter la pièce. Mais William la retint par le poignet aussitôt et il plongea son regard dans le sien.

-Julia je...je dois te parler, murmura-t-il.

-Je t'écoute?

-C'est à propos de...nous.

-De nous? Ne me dis pas que tu vas encore enquêter sur une affaire dangereuse et que tu...

-Non, coupa William, je voulais te parler de nous, de notre couple. Depuis que je suis revenu tu es distante avec moi, tu refuses que je te vois nue ou dans tes dessous, tu ne veux pas faire l'amour, tu t'éloigne dès que je veux te prendre dans mes bras.

-Je suis simplement fatiguée William, les jours sont durs à l'asile en ce moment et le soir venu je n'ai tout simplement pas la tête à cela.

-J'aimerai te dire que je te crois, mais ce n'est pas le cas. Tu me mens.

-Je ne mens pas.

-JULIA, fit plus fort William, je t'ai vu, je t'ai vu avec Isaac.

-Tu m'as suivi? Lança Julia en s'échappant de lui.

-Je voulais te préparer une surprise pour ce soir, pour espérer te reconquérir en pensant que tu agissais ainsi car je t'avais fait croire à ma mort, mais je ne pensais pas que tu voyais un autre homme.

-Un autre homme? Je connais Isaac depuis des années.

-Et depuis des années je suis persuadé qu'il est amoureux de toi, grommela William.

-Tu dis n'importe quoi, soupira la jeune femme, je n'ai pas d'histoire avec Isaac, il est mon ami et mon médecin, ni plus ni moins.

-L'accolade qu'il t'a donné semblait beaucoup plus intime qu'un Docteur à sa patiente.

-Tu es jaloux, et tu ne réfléchis pas quand tu es jaloux.

-Tu es ma femme Julia, et je ne supporterai pas qu'un autre homme ne te courtise, ne t'embrasse ou ne te touche.

-AUCUN HOMME NE L'A FAIT WILLIAM, s'emporta Julia.

-Isaac a...

-BON SANG MAIS JE N'AI JAMAIS VU UN HOMME PLUS OBTUS QUE TOI. A ton avis pourquoi je serai allé voir Isaac, pourquoi j'agis de cette façon depuis ton retour?

-Je l'ignore, justement.

-JE SUIS ENCEINTE WILLIAM, gronda Julia à bout de souffle, enceinte. De toi et de personne d'autre.

Il resta face à elle quelques instants, totalement perdu, incapable de dire quoique se soit, sentant son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine, et l'air lui manquer. Elle se trouvait devant lui, le souffle court, tentant de reprendre son calme, lorsque William approcha en un bond d'elle pour poser sa main sur son ventre. Cette fois, elle ne recula pas.

-Pourquoi tu ne me l'a pas dit plus tôt? Bredouilla le jeune homme.

-Parce que tu n'étais pas là, soupira Julia, parce que je ne savais pas quand tu reviendrai, parce que j'ignorai si cet enfant allait vivre ou nous. Les trois premiers mois sont les plus critiques. Je ne voulais pas te faire de peine, je voulais être certaine qu'il vienne au monde pour te l'annoncer. Je peux le perdre à n'importe quel moment et je voulais encore attendre pour te le dire. Peut être une semaine ou deux.

-Et voila pourquoi tu me rejetais, murmura William en souriant, tu avais peur que je le découvre.

-Ne crois pas que je n'ai pas voulu être intime avec toi, j'ai tellement voulu que tu me fasse l'amour depuis ton retour. J'ai lutté, j'ai lutté de toutes mes forces pour que cela n'arrive pas. Et j'ai été chez Isaac pour cette raison. Crois-tu vraiment que je te tromperais ?

-Non, je...tu ne me parlais pas et j'ai imaginé certaines choses.

-Mais pas les bonnes, répondit Julia en caressant sa joue.

-Je suis tellement heureux de m'être trompé, lança William en riant, tellement heureux d'apprendre cette nouvelle.

Ils échangèrent un sourire et l'instant d'après, William la prit dans ses bras pour l'embrasser langoureusement, leur coupant le souffle à tous les deux. Ils se séparèrent à peine et William perdit ses baisers dans la nuque de son épouse.

-William, gémit celle-ci les yeux fermés, s'il te plait, ne fais pas ça. Nous ne pouvons pas, pas encore.

-Combien de temps devrons-nous attendre? Murmura-t-il en plongeant son regard dans le sien.

-Isaac me conseille deux semaines, pour être certains que l'embryon est bien implanté, ensuite, nous avons parlé des conditions.

-Des conditions? Répéta William en levant un sourcil au plafond.

-Oui, nous devrons être prudents et faire cela avec douceur. Il existe un livre qui explique les différents positions qu'un couple peut prendre pour faire l'amour, bien que nous en connaissons certaines très intéressantes, dit-elle en rougissant, d'autres sont conseillées lorsque la femme est enceinte.

-Et Isaac t'as procuré ce livre?

-Il juge cela un peu trop "dépravé", dit-elle en riant, mais il m'a donné le titre et nous pouvons le trouver dans le quartier chinois, dans une librairie dont il m'a donné l'adresse.

-Mmmh donc j'ai épousé une femme " dépravée", murmura William sur ses lèvres avant de les embrasser.

-Je suis ouverte à de nouvelles découvertes, voila tout, répondit Julia en riant doucement en même temps que lui avant qu'ils n'échangent un long baiser, et je serai plus que ravie de les découvrir avec toi.

-Il me tarde de le faire, ajouta William, mais en attendant, profitons de cette soirée.

Puis, ils se séparèrent doucement et quittèrent main dans la main la cuisine pour rejoindre la salle à manger. William fit asseoir Julia à la table.

-Ne bouge pas, et laisse moi m'occuper de toi ce soir.

Elle acquiesça simplement et il déposa un baiser à la commissure de ses lèvres avant de se redresser et de quitter la pièce rapidement, un immense sourire barrant son visage.


à suivre...