Coucou tout le monde !
Vous avez passé une bonne semaine ? Bon week-end ? De mon côté nickel, avec ma compagne, nous avons fêté nos 10 ans ! Trop contente :)
Bon, étant pas très fortiche pour l'intro de chaque chapitre (comme vous avez dû le remarquer^^) Passons aux choses sérieuses et bonne lecture ! :)
Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis son retour au manoir et Regina restait cloîtrée à l'intérieur, avant tout pour se reposer mais ne souhaitait, également, ne voir personne. Elle en avait profité pour fouiller sa maison de fond en comble, mais devait se rendre à l'évidence, des d'affaires de la blonde se trouvaient dans chaque recoin. Ces découvertes additionnées aux coups de fil qu'elle recevait le soir, venant de certains habitants, appuyaient les dires de son fils. Cela n'empêchait pas la brune de penser le contraire et la plongeait irrémédiablement dans une profonde confusion. À chaque fois, qu'elle tombait sur des objets illustrant sa vie de couple antérieur, comme des albums, des cassettes de vacances, elle allait les entreposer dans un coin de sa chambre, ne voulant pas les voir, pas pour l'instant.
En ce milieu d'après-midi, Regina s'allongea sur le canapé, elle venait de finir le ménage, son corps lui réclamait du repos même si elle se rétablissait peu à peu, la douleur persistait au niveau des côtes. La brune ferma les yeux quelques instants, elle se sentait tellement épuisée, faut dire que le peu d'heures de sommeil à son actif accentuait grandement son état de fatigue. Chaque soir, les bras de Morphée la bouder jusqu'à très tard dans la nuit, l'obligeant à s'assommer de somnifère à certains moments mais même avec cela, elle ressentait un manque pour passer une nuit complète et agréable.
Regina ouvrit les yeux, si elle faisait une sieste maintenant, cela ne l'arrangerait pas pour ce soir. Elle se redressa et alluma la télé, elle ne le faisait que rarement en général mais là, elle sentait un besoin d'évasion et un livre lui demanderait trop d'effort de concentration. Zappant sur les chaînes, elle tomba sur un film où régnait manipulation et traquenard, soudain, une idée germa dans l'esprit de la brune. Peut-être que toute la ville se trouvait sous l'emprise d'un sort depuis toutes ses années ? Et qu'elle en soit sortie grâce à son accident ? Oui, mais dans ce cas de figure, elle devait déterminer lequel, par qui et pourquoi ? Toutes ses questions restaient sans réponses, surtout qu'à l'écoute de sa magie, il n'y avait pas raison de s'inquiéter… Rapidement, la brune secoua la tête, obligatoirement, elle subissait encore les effets secondaires de son accident car cette idée pouvait expliquer beaucoup d'incohérence dans cette ville qu'elle ne reconnaissait plus. Un petit sourire narquois naquit sur ses lèvres, elle profiterait de cette amabilité. Dans un premier temps pour assouvir sa vengeance puis dans un deuxième temps, elle voulait jouer un peu avec tous ces gens si avenants et en apprendre sur leur faiblesse.
D'un bond, elle se leva complètement revigorer par cette idée alléchante. Profitant de l'absence d'Henry, elle prit son long manteau beige et sortit.
Emma affalée dans le canapé, regardait la télévision depuis son réveil. Elle n'en décollait que pour le strict nécessaire et sa sortie quotidienne au Granny's. Depuis sa dispute avec Regina, elle n'allait plus travailler, ne pouvant s'occuper des problèmes des autres alors que les siens l'accaparaient entièrement, corps et esprit. David ne lui en tenait pas rigueur et se chargeait entièrement de la tâche. Il pouvait être si gentil.
Ces longues journées se rythmaient par des crises de larmes et de colère, où elle voulait tout casser dans l'appartement. Henry la tenait au courant de l'évolution de la mémoire de la brune, mais c'était insuffisant pour elle. Plusieurs fois, Emma voulut aller la voir au manoir, mais se décourageait aussitôt le pas de la porte, passé. Comment faire pour la reconquérir ? Surtout si elle redevient cette femme froide, sarcastique qui l'insupportait à l'époque tout en la faisant vibrer. Comment contrôler son envie de la serrer dans les bras ? Contrôler ses sentiments explosant dans son coeur à la moindre pensée pour Regina ?
Emma recommença à pleurer à chaudes larmes en réfléchissant et s'enfouit plus profondément dans sa couverture, ne supportant plus cette situation, ne supportant plus son comportement. Elle ne trouvait pas ce courage pour aller de l'avant et bousculait ce destin tragique se traçant devant elle.
Une heure plus tard, Emma finissait de se maquiller. Elle devait rejoindre Ruby à sa pause de l'après-midi, une véritable amie pour le shérif passant beaucoup de temps ensemble depuis qu'elle vivait de nouveau chez ses parents. Ruby savait tout sur le changement de la mairesse et renseignait en même temps les autres habitants. D'un accord commun, ils avaient décidé de rester aimables et avenants envers elle, d'aider, dans la mesure du possible, leur ancienne reine à retrouver la mémoire. Une fois prête, elle sortit en claquant la porte, après avoir enfilé son éternelle veste rouge qui commençait sérieusement à s'user.
Regina gara sa voiture près du restaurant. Un prêt en attendant la réparation de la sienne. Elle ouvrit la portière et perchée sur ses hauts talons, parcourut les dernières mètre la séparant de l'entrée. L'allure fière, la démarche sûre avec un air joueur sur le visage, Regina pénétra majestueusement à l'intérieur. Un petit sourire prétentieux s'afficha sur ses lèvres quand elle attira tous les regards en faisant claquer ses talons sur le carrelage. Elle balaya la salle des yeux, grisée par la simple idée de sa supériorité, mais ne voyant que des gens souriants, des visages heureux de la voir, la brune se sentit légèrement déstabilisée. Tout cela était vraiment très étrange et nouveau pour elle, mais ne faisant toujours rien paraître, elle prit place au comptoir du restaurant.
Ruby s'avança, tout sourire et lui demanda :
« Madame le Maire, ça fait plaisir de vous voir en pleine forme ! »
« Bonjour, Miss Lucas. » Répondit la brune, d'un sourire léger mais poli.
« Alors comment allez-vous ? » Demanda la louve en posant ses coudes sur le comptoir.
« Pourriez-vous plutôt prendre ma commande, seul but de ma visite dans votre établissement. »
Ruby se redressa immédiatement, un peu surprise malgré les avertissements de la blonde. Regina, quant à elle, ricana intérieurement, elle sentait que ce petit jeu allait grandement l'amuser.
« Oui. Oui. Je vous écoute ? »
« Un café, s'il vous plait. » Dit-elle en lui adressant un sourire qui se voulait sincère.
La brune se devait de rester un minimum aimable sinon ça serait moins drôle.
« Je vous apporte ça ! »
La serveuse alla avertir sa grand-mère de l'arrivée de son amie puis mit en route la cafetière pour sa commande.
Pendant que Regina attendait en regardant son reflet dans le miroir, un homme, petit et trapu s'avança vers elle.
« Madame le Maire ? »
« Oui ? » Elle se retourna vers son interlocuteur.
« Je voulais vous dire... Au nom de mes frères et de moi-même, nous sommes contents de vous savoir, saine et sauve. »
Elle plongea son regard dans le sien, elle ne pouvait voir que sincérité et respect, aucune animosité, sur son visage, dans son comportement. Une nouvelle vague de sentiments contradictoires ébranla Regina, elle se sentait autant écoeurée que touchée par ce geste.
« Et bien, je vous remercie de votre sollicitude. »
« Si vous avez besoin d... »
« Je vous ai remerciée, non ? Maintenant que je vais bien, laissez-moi prendre mon café en paix, je vous prie. »
« Oui, madame. Bonne journée. » Dit grincheux, arborant un petit sourire sympathique.
Il s'éloigna et lança un « au revoir » à l'attention des personnes présentes dans la salle tout en remettant son bonnet sur le crâne. Regina le regarda partir et quand elle se retourna sur le comptoir pour boire son café apporté entre-temps par la louve, elle tomba nez à nez avec Granny, également tout sourire.
« Bonjour, très chère. Je sais que tu souhaites être tranquille pour boire ton café. »
Aucune réponse de la part de la brune, ses yeux parlants d'eux-mêmes.
« Mais j'aimerais que l'on se voit, une heure ou deux, pour discuter… »
« Nous verrons... » Répondit-elle, hésitante.
« Quand tu auras le temps, bien entendu ! » La vieille dame posa une main sur le bras de son amie et ajouta, le regard doux. « Et sache que je suis là, si tu as besoin de quoique ce soit. »
Regina se ressaisit rapidement après cette sensation de flottement et de confusion.
« Puisque que vous le dites, j'aurais une chose à demander ? »
« Oui ? »
« Pourriez-vous cesser cette familiarité qui m'exaspère ! »
Un instant surprise, Granny lui répondit avant de s'éloigner vers les cuisines.
« Comme vous voudrez, très chère, mais ce ne sera pas facile ! »
Finalement, le petit jeu de Regina tournait au vinaigre. Elle devait bien se l'avouer, ils ne réagissaient pas de la manière qu'elle souhaitait. Dans un sens, cela l'embarrassait d'être aussi cassante sans avoir le résultat escompté, sans oublier tous ces sourires chaleureux qui la déstabilisaient encore plus. Tout en réfléchissant à ses prochaines actions car elle ne comptait pas s'arrêter là pour autant, Regina sirota son café.
Soudain un long frisson apaisant parcourut le corps de la brune. Elle posa délicatement sa tasse, tout en ressentant encore les effets de ce frémissement puis elle tourna la tête en direction de l'entrée du restaurant et plongea immédiatement son regard chocolat dans le vert profond du shérif. Une chaleur s'insinua doucement en elle, traversant chaque muscle, chaque cellule de son être. Sans s'en rendre compte, un léger sourire se dessina sur sa bouche. Elle ne détourna pas les yeux de cette vision, savourant cette sensation, profitant une fraction de seconde de cette sérénité.
Ne s'y attendant pas du tout, Emma s'était figée sur place en voyant à l'intérieur du Granny's, sa femme accoudée au comptoir. Elle oublia de respirer quand elle soutint le regard brillant de celle-ci. La blonde se perdit rapidement dans ses prunelles, oubliant la porte vitrée les séparant, sentant juste son cœur s'accélérer autant que sa respiration. Une vague énergique, revigorante s'abattit sur elle, et celle-ci comprit la raison de son futur combat. Se battre pour revoir ce magnifique sourire, ce merveilleux regard, lui appartenant, destinés qu'à elle et pour le restant de ses jours.
Une deuxième sensation se fit sentir dans le corps de Regina, désagréable cette fois-ci, ce qui la fit détourner les yeux. Elle fixa quelques secondes sa tasse afin de discerner au mieux ses émotions. Emma ressentit une profonde douleur une fois le contact visuel rompu mais ne se démonta pas pour autant, tout son courage enfin retrouvé. Elle s'avança et entra dans l'établissement, sans un regard pour les autres, elle alla s'asseoir à ses côtés. Elle fit un signe rapide à Ruby puis reporta immédiatement son attention sur sa voisine. Totalement absente, déstabilisée, Regina ne se rendit pas compte de sa présence.
Emma la détailla attentivement, respira à pleins poumons son parfum enivrant, dieu qu'elle aimait cette femme.
« Tu veux bien que je prenne un café à tes côtés ? »
La brune sursauta légèrement, le son de sa voix la sortant de ses pensées. Elle porta son attention sur son interlocutrice.
« Je vous demande pardon ? »
« Tu veux bien prendre un café avec moi ? » Redemanda la blonde, d'une voix plus assurée.
« J'ai bientôt fini le mien, mais faites comme bon vous semble. » Répondit la brune en portant le café à ses lèvres. « Un café ? Je pensais que vous étiez chocolat chaud et cannelle... »
« Dis-moi, tu t'en souviens bien ! » Elle lui sourit. « En ce moment, j'ai seulement changé de boisson... »
« Je vous félicite, enfin vous devenez adulte ! »
« Merci mon amour ! » S'exclama Emma, en rigolant.
Regina la fixa de nouveau, interloquée, des frissons la saisissant. Elle pouvait encore entendre cette petite voix au fond d'elle lui réclamant la présence de la blonde.
« Merci Rub' »
La serveuse repartit aussitôt la commande apportée, mais s'installa correctement pour suivre le déroulement de leur rencontre comme la plupart des personnes présentes.
« Miss Swan. Je ne vous permets pas de me nommer ainsi. » S'indigna la brune, reprenant ses esprits.
« Alors là, j'ai bien peur de ne pas en être capable, bébé ! » Dit la blonde dans un sourire éclatant. « Désolée de te décevoir mais je continuerais ! »
« Voulez-vous vraiment jouer à ce petit jeu avec moi ? »
« Plutôt deux fois qu'une, je dirais même. »
Sur ces quelques mots, un regard brillant anima les deux femmes, leur cœur battant la chamade, sous le défi lancé.
« Vous croyez vraiment que je pourrais succomber à vos charmes ? »
« Évidemment ! Je te connais par cœur, je sais tout ce que tu aimes... »
« Vous semblez si sûre de vous ? »
« Je le suis, mon amour ! »
« La femme que vous aimiez n'est plus, Miss Swan... »
Regina sourit en coin, voyant clairement le petit effet de sa phrase sur le visage de la blonde. Elle était allée peut-être un peu loin ? Doutant soudain, la brune s'énerva toute seule, ne se comprenant pas. Malgré le coup de poignard reçu, Emma ne se découragea pas et murmura à son oreille :
« Je n'en suis pas si sûre que toi... »
Ce fut le coup de grâce pour la reine qui perdit pied en sentant le souffle chaud dans son cou. Les yeux clos, un tourbillon de sensation l'envahit, lui déclenchant un long frémissement. Son cœur manqua un battement avant de devenir anarchique. Elle ne maîtrisait plus rien surtout quand la blonde continua de souffler chaudement contre son cou, ses lèvres à quelques centimètres de sa peau frissonnante. D'un coup, elle ne ressentit plus rien, elle ouvrit les yeux et elle put apercevoir la blonde placée dans son dos pour lui murmurait :
« Ton esprit peut m'oublier... Mais pas tes émotions en ma présence, pas ton corps... »
Les yeux de Regina papillonnèrent quelques secondes, totalement déstabilisée. Emma arbora un sourire, à la fois malicieux et coquin quand elle planta son regard dans le sien à travers le miroir. Mais contre toute attente, la brune finit doucement son café, se leva pour remettre sa veste sur ses épaules avant de s'avancer à quelques millimètres du shérif.
« Ne soyez pas si confiantes, Miss Swan... » Dit-elle d'un ton sec et froid en totale contradiction avec les émotions se déchaînant dans son corps.
Puis elle sortit calmement, ses talons claquant le sol.
Emma resta inerte, arborant toujours un petit sourire, fière et satisfaite de ce qu'elle venait de provoquer chez Regina. Certaine que celle-ci n'était pas indifférente malgré son comportement.
Ruby arriva près de la blonde et passa son bras sur ses épaules.
« Un autre café ? »
Cette voix la tira de ses pensées, elle lui donna un léger coup dans le ventre et lança en reprenant place sur le siège de bar :
« T'en que tu m'accompagnes ! »
Elles se mirent à rire et Ruby arriva vite avec les deux cafés, elle prit un tabouret traînant sous le comptoir puis s'assit.
« Alors ? » Demanda-elle, curieuse.
« Tu n'as pas tout suivi depuis ton perchoir là-bas ? » Répondit la blonde, en pointant du doigt, la place qu'occupait généralement celle-ci.
« Hey ! Non, j'ai eu que les images, pas le son à cause du bruit de Granny derrière en cuisine ! Je veux tout savoir. »
« Dommage pour toi alors ! » S'exclama Emma en rigolant.
« Ah non ! Ne me fais pas ça, Emma, tu sais que j'aime tout savoir surtout que c'était chaud ! » S'écria la louve, déjà au bord de la crise de nerf.
« Tu vois pas que je te fais marcher ! Tu tombes toujours dans le panneau, sérieux ! »
« Tu vas voir toi ! La prochaine fois, tu vas tâter de mes crocs ! »
La blonde reçut une tape de la part de sa meilleure amie avant de partir en crise de fou rire qui résonna dans toute la salle. Elles poursuivirent leur conversation dans une ambiance détendue, Emma expliquant sa drôle de conversation. Elle le savait, un long travail de corps à corps l'attendait avec son épouse, mais tout en regardant la tasse vide, la blonde s'en sentait capable, à présent. La force de son amour vibrant dans tout son corps.
Pendant ce temps...
Regina roulait dans les rues désertes de Storybrooke, essayant de fuir ses émotions qu'elle ne pouvait concevoir, ni déchiffrer. Complètement perdue dans ses pensées, elle se sentait déboussolée par le battement de son cœur, par les frissons, par la chaleur engourdissant ses muscles en sa présence. Des images de la blonde plein la tête, Regina se souvenait de ces quelques mots murmurés d'une voix suave, de ce souffle brûlant contre sa peau, une bouffée de chaleur soudaine l'envahit, réminiscence d'une sensation déjà éprouvée peut-être. Alors que la brune s'enfonçait dans un tendre rêve se laissant bercer par ses émotions, par cette douceur, une violente douleur serra sa poitrine. Elle se gara rapidement pour reprendre son souffle, mais l'étau n'était déjà plus. Secouant la tête, Regina se remit en route, énervée, ne comprenant vraiment pas ce qu'il lui arrivait. Elle jeta un œil à l'heure qu'affichait sa voiture et décida de rentrer chez elle, Henry allait bientôt sortir de l'école.
Samedi matin...
La chambre baignait dans une généreuse luminosité, les stores cependant filtraient à peine les rayons du soleil. Emma bougonna contre ses pseudos volets qui laissaient passer trop de lumière à son goût puis se tourna dos à la fenêtre mais trop tard, elle était réveillée. Elle se mit sur le dos puis tourna la tête sur la place vide à ses côtés. Une pointe de douleur transperça son cœur et fit briller ses yeux, le manque ne la quittait jamais et la poursuivait jusque dans ses cauchemars. Emma se demandait depuis combien de temps, elle n'avait pas passé une nuit agréable, reposante. Mais au lieu de se morfondre de bon matin, le shérif chercha dans son lit, la nuisette préférée de Regina, subtilisée à son départ du manoir. Elle la porta à son visage et respira à pleins poumons, ingrédient indispensable pour passer une journée à peu près correcte.
Une fois passée sous la douche pour sortir totalement de sa torpeur, Emma entra dans le salon, ne voyant personne, elle regarda l'heure. Midi.
« Ma pauvre fille, tu exagères sérieux ! » Râla-t-elle.
Elle s'avança dans la cuisine et vit un message, elle le prit entre ses doigts pour le lire :
« Ma chérie, ton père et moi sommes partis manger au Granny's, nous rentrerons en début d'après-midi. Nous avons préféré te laisser dormir vu que tu manques de sommeil, sinon, tu trouveras ton repas dans le frigidaire. Bisous. Maman. »
Un large sourire se dessina sur ses lèvres, quelle gentille attention, elle replaça le mot et sortit son repas. Une fois le tout réchauffé, elle s'installa au comptoir et attaqua son assiette. Tout en mangeant, Emma se souvint de ses derniers jours ici... Mary-Margaret faisant tout pour la soutenir moralement, s'occupant également de l'intégralité de l'appartement avec l'aide de David. Elles avaient plusieurs fois discuté le soir, un thé accompagnant leur conversation, jusqu'à très tard dans la nuit, même si ça coûtait plus cher à la petite brune qui travaillait le lendemain.
Puis, elle remonta dans le temps se rappelant les évènements marquant de leur relation.
...Début du Flash Back...
La blonde tourna doucement la clé dans la serrure puis entra à pas de loup dans l'appartement plongé dans l'obscurité. Elle enleva sa veste, la posa délicatement sur le porte-manteau et alors qu'elle se dirigeait toujours aussi silencieusement vers sa chambre, sans tituber, la cuisine s'alluma.
« C'est à cette heure-ci que tu rentres ? »
Emma souffla d'exaspération et alla s'affaler lourdement sur le canapé. Sachant d'avance, le savon qu'elle allait se prendre puis lui répondit :
« Oui et alors ? »
« J'aimerais être prévenue quand tu comptes passer la moitié de la nuit dehors ! Je m'inquiète ! »
« J'étais avec des copines ! Je n'ai pas vu le temps passer, ok ? » Râla la blonde, les yeux fermés.
« Et en plus, tu es ivre ! »
Mary-Margaret lança un regard noir à sa fille quand celle-ci planta ses yeux vitreux dans les siens.
« Ouais, ben, je vais aller me coucher moi... Je suis crevée... »
« Heureusement que demain, tu ne travailles pas et que Henry n'est pas là pour voir ton état déplorable. »
« Justement, j'ai le droit d'en profiter, merde ! Je ne vais pas non plus te demander la permission ou toi me donner un couvre-feu ! » S'écria la blonde tout en se levant.
« À ce rythme-là, tu vas y avoir droit ! »
« Tu me gonfles ! Bonne nuit. »
Emma n'écouta plus rien et claqua violement la porte au nez d'une Mary-Margaret au bord de la crise de nerf, avant de s'endormir encore habillée.
Le shérif venait de finir de débarrasser la table avec son fils, ils allèrent se mettre devant la télé en attendant le film du soir. Tandis que David était parti sous la douche, Blanche finissait de ranger la cuisine. Henry blotti aux creux des bras de sa mère, zappait sur les chaînes pour passer le temps. Fixant bêtement l'écran, Emma faisait la tête, elle venait encore de se faire reprendre sur son langage, un peu plus tôt à table. Elle n'en pouvait plus du comportement qu'adoptait son ancienne colocataire, maintenant à chaque fois soirée, elle s'attendait à se faire remonter les bretelles pour X raison. David essayait tant bien que mal de faire tampon entre elles mais Emma en avait plein le dos et prenait presque un malin plaisir à faire sortir Mary-Margaret de ses gonds. Son fils bougea dans ses bras, il la tira de ses pensées.
« Tu t'impatientes ! » Dit-elle dans un sourire.
« Oui, je veux que ça commence ! »
« Tu me fais penser à Regina quand tu réagis comme ça. »
« Tu parles, toi aussi, tu n'es pas du genre patiente ! » S'exclama-t-il avant de se jeter sur elle.
Une bataille de chatouille démarra sur le canapé. En regardant son fils, sous elle, rire aux éclats, Emma fut émue, il avait le don de lui remonter le moral, de la faire sourire. Elle aimait ces moments avec lui.
D'un coup, le film du soir fut annoncé, ils s'arrêtèrent aussitôt pour fixer l'écran. Durant le programme, Mary-Margaret ainsi que David les rejoignirent rapidement, un silence presque religieux s'installa, tous pendus à l'écran, jusqu'au générique de fin.
La blonde envoya son fils se préparer pour le coucher et en profita pour se servir une tasse de chocolat tandis que ses parents vaquaient à leurs occupations.
« Emma ! »
« J'arrive ! » Cria-t-elle tout en se dirigeant vers la chambre.
Elle trouva Henry déjà emmitouflé sous la couette qui la regardait de ses petits yeux fatigués. Le shérif s'assit sur un des côtés de son lit et lui caressa le visage.
« Bonne nuit gamin... »
« Emma, j'ai une question à te poser... »
« Oui ? »
« Combien de temps ça va durer ? C'est ta mère, combien de temps avant que vous fassiez la paix ? »
« Henry... C'est plus compliqué que ça... Il y a plein de choses qui rentrent en compte. » Dit-elle dans un souffle.
« Mais... »
« Tu es un petit garçon intelligent, alors tu dois savoir que des fois entre deux grandes personnes, le contact peut être difficile. »
Il hocha la tête, comprenant sans vraiment comprendre, mais la fatigue l'emportait sur sa curiosité. Il lui souffla un « bonne nuit » avant de s'endormir. Emma sourit et après un baiser sur son front, elle sortit de la chambre.
Blanche buvait un thé au comptoir et attendait que sa fille revienne. Quand celle-ci prit place, elle put voir dans ses yeux verts l'énervement autant que l'abattement. Elle respira un bon coup et se lança d'une petite voix :
« Emma, j'aimerais te parler... »
« Je t'écoute... » Répondit la blonde, déjà distraite.
« Pourquoi tu sembles toujours morose, triste ici ? »
« Encore ! Mais t'as toujours rien compris à l'évidence ! » S'exclama-t-elle exaspérée se braquant immédiatement.
« On ne peut pas discuter calmement avec toi ! » S'écria à son tour Blanche.
« Attends, c'est toi qui viens toujours me chercher pour me parler de ça ! Je n'ai pas de réponse, ok ? »
David débarqua à ce moment-là, il souffla d'exaspération et attendit le bon moment pour intervenir, il n'en pouvait plus de cette animosité entre les deux femmes de sa vie. Elles ne lui prêtèrent pas attention et continuèrent leur discussion qui devenait une guerre de tranchée.
« Mais il doit bien avoir une raison ! J'en suis sûre ! »
« Tu me gonfle ok ? Toujours sur mon dos ! Plus de six mois passés ensemble et franchement j'arrive au bout de ma patience avec toi ! » S'écria la blonde, debout les mains sur les hanches.
« Évite de prendre une posture à la Regina, tu es ridicule. » Ironisa Mary-Margaret faisant des petits cercles en l'air, la pointant du doigt.
« Voilà de quoi je parle ! Tu ne peux pas t'en empêcher ! »
« Bon ça suffit toutes les deux ! » S'exclama David d'une voix puissante et rauque.
Elles l'observèrent quelques secondes, interdites.
« D'une, vous allez réveiller Henry et de deux, vous n'arriverez jamais à vous comprendre en criant ! » Ajouta-t-il, plus doucement.
« Mais il faut bien... » Essaya la petite brune.
« Stop Blanche ! Arrête un peu de faire ta tête de mule et ouvre les yeux. Tu es toujours là à reprendre Emma pour un rien ! »
« Merci Da... »
« Toi, ne commences pas non plus, tu n'es pas mieux ! Fais des efforts au lieu de t'amuser à faire enrager ta mère ! »
Finalement, ce fut le dernier à crier dans l'appartement. Les deux femmes le regardèrent, bouche bée.
« Bon maintenant, chacune dans sa chambre ! Pire que des gosses. » Reprit-il plus doucement le calme revenant en lui.
Elles s'exécutèrent en silence toutes penaudes. Il respira profondément en entendant les portes claquer et rangea la cuisine avant d'aller lui-même dormir.
« Tu n'es pas ma mère ! » Cria Emma, à bout de souffle.
« Si ! Justement ! » S'époumona la princesse.
Elles se regardèrent tristement, fatiguées. Cela faisait plus d'une heure qu'elles se disputaient, la cause, le programme télé de l'après-midi tandis que David et Henry étaient partis en balade entre hommes. La conversation avait vite dégénéré pour finalement revenir sur leurs désaccords « Mère-Fille » à se cracher les pires reproches.
« Tu crois que je le sais pas... » Avoua dans un murmure la blonde.
« Alors, pourquoi ? Je veux juste te comprendre... »
« J'ai vécu plus de vingt-huit ans sans en avoir une... Essaye de comprendre, que je me suis toujours débrouillée seule... J'ai du mal à m'y faire... »
« J'aimerais tellement rattraper tout ce temps... Je m'en veux horriblement... » Chuchota la petite brune tout en baissant la tête.
Les barrières de protection tombèrent une à une. Enfin, elles arrivaient à parler normalement.
« Je ne suis plus une enfant... Il faut jouer une autre facette du rôle de mère... Devient une amie, c'est le mieux pour l'instant... »
« Je fais encore tout foirer... Je suis vraiment nulle...» Dit Blanche au bord des larmes.
« Je ne suis guère mieux sur ce coup... On va essayer d'arranger ça, ok ? »
« Tu as raison ma chérie... »
Emma releva des yeux brillants d'espoir sur sa génitrice. Mary-Margaret soutint ce regard avec la même intensité puis se jeta dans les bras de sa fille. Leur étreinte fut libératrice de toute tension puis elles allèrent s'asseoir sur le sofa. Il était temps de discuter, vraiment...
... Fin du Flash Back...
Emma sourit largement à ses souvenirs et ceux qui suivirent. De nombreuses discussions avaient suivi celle-ci, la blonde racontant son passé dans les familles plus ou moins accueillantes, l'enfer de l'orphelinat, expliquant ses fugues et ses délits jusqu'à sa majorité. Mary-Margaret avait écouté attentivement ses récits, ne perdant pas une miette de cette vie manquée. Cette dernière lui avait ensuite confié la douleur de perdre sa mère, les erreurs de son passé. Un point commun leurs sautèrent aux yeux dans une de leur conversation. Elles avaient connu l'horreur d'abandonner leur propre enfant, ce lien les rapprocha davantage. Et puis au fur à mesure, des mois, de leur délivrance mutuelle, un lien indescriptible s'était créé sans qu'elles n'en prennent conscience. Une véritable relation, Mère-Fille adaptée à leur caractère et situation.
A suivre... Merci et a bientôt :)
