Coucou tout le monde !
Vous allez bien^^ Moi, je tiens à vous remercier pour votre soutien et vos encouragements^^ Pour vos rewiews, vos favorites et les followers ! Vous êtes super :)
Un grand merci aussi à ma bêta SwanQueen20 ! (Je ne le marque pas à chaque fois, mais elle est formidable)
Maintenant, passons aux choses sérieuses et je vous souhaites une bonne lecture ! :)
Le lendemain, au manoir...
Regina lisait un bon livre dans son bureau confortablement installée dans un large fauteuil. Depuis sa conversation avec le shérif, elle essayait par tous les moyens de se changer les idées. Elle avait acheté plusieurs livres à la bibliothèque tout en se défoulant et questionnant cette pauvre Belle qui, d'après ses réponses, filait le parfait amour avec sa bête. Elle comptait également reprendre son travail de Maire, dès lundi. Tout était bon pour éviter de penser à Emma, pour éviter de ressentir ces sentiments contradictoires et finalement dévastateurs pour son équilibre psychologique.
Elle essayait aussi simplement de reprendre place dans ce monde inconnu, ses souvenirs lui faisant encore défaut. Le son de la porte sortit Regina de sa lecture, elle releva sa tête sur son fils, posa sur lui un regard doux et protecteur. Un sourire élargit ses lèvres quand elle lui demanda :
« Tu as besoin de quelque chose, mon chéri ? »
« Non, non, rien... »
« Tu en es sûr ? » Redemanda-t-elle, en retirant ses lunettes.
Il rentra totalement dans le bureau, mal à l'aise, et vint s'asseoir en face de la brune.
« J'aimerais, si tu voulais bien, qu'on regarde quelques photos ensembles... » Annonça-t-il d'une petite voix tout en lui montrant l'album.
« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée... » Avoua-t-elle avec une pointe de crainte dans la voix.
« Tu es sûre ? Il y a des photos que de nous deux, ça pourrait vraiment t'aider à retrouver la mémoire, je pense... »
« Une prochaine fois, d'accord, laisse-moi encore un peu de temps... »
Il hocha la tête, déçu de la réponse. Plusieurs jours déjà qu'il tentait de parler du passé à sa mère, mais il n'y parvenait pas. Il ne voulait pas la brusquer, mais malgré le bonheur qu'il avait de la retrouver, un autre problème survenait. Ils n'étaient plus une famille. Il brisa le petit silence s'installant dans la pièce, des réminiscences lui revenant en tête.
« Maman, je m'excuse... »
« Pardon ? » Demanda la brune, les sourcils froncés.
« Je ne te l'ai jamais dit mais depuis ton coma, ça m'obsède... »
« De quoi veux-tu parler ? Explique-moi Henry... »
Il prit une profonde inspiration, se sentant coupable de certaines de ses actions.
« Depuis que tu m'as parlé de la période de notre vie où ta mémoire s'est arrêtée, je me suis rappelé comment j'étais avec toi... »
« Ah... Oh... Ne t'inquiète pas pour cela... » Affirma-t-elle dans un sourire.
« Si, c'est grave, maman. J'ai été ignoble avec toi... Je ne me rendais pas compte, j'étais jeune, mais ça n'excuse pas tout ! » Un sanglot brisa sa voix, il poursuivit tout de même. « Tu as toujours été là pour moi, sans faillir et m'a donné tout ton amour... Je n'avais pas le droit de te dire ce genre de choses... Je regrette, maman, pardonne-moi... »
Henry retint ses larmes de toutes ses forces. Il en avait marre de ne faire que ça depuis 3 semaines. Regina fixait son garçon en proie à une lutte intérieure intense. Jamais, elle ne se serait attendue à une telle déclaration, certes, pour lui, ces évènements remontaient à quelques années mais pas pour elle. Des paroles lui revinrent en mémoire ; Tu n'es pas ma mère, Tu es la méchante de l'histoire, Tu n'es rien pour moi. Ces quelques mots entendus effacèrent en un instant les précédents, il venait de lui faire un merveilleux cadeau sans s'en rendre compte. Son cœur se déchira quand elle vit une larme couler sur sa joue, elle se leva pour le serrer fort dans ses bras et lui murmura :
« Merci mon chéri... »
« Tu ne m'en veux pas ? » Il releva la tête tout en savourant cette étreinte.
« Comment le pourrais-je ? Tu es et restera mon bébé... Le fait que tu le reconnaisses est déjà beaucoup pour moi... »
« Je t'aime maman. »
Regina le fixa, le souffle coupé et son cœur battait la chamade. Elle sentit le bonheur envahir son corps tandis que ses mots résonnaient comme une belle mélodie dans son esprit.
« Je t'aime plus que tout mon chéri. »
Elle lui sourit tendrement alors que ses yeux brillaient d'une nouvelle étincelle. Il se leva pour mieux la serrer dans ses bras. Enfin tous deux soulagés, ils restèrent quelques minutes dans cette position, savourant la chaleur de l'autre, heureux tout simplement. Un événement important venait de se régler pour chacun. Henry, après un large sourire, laissa sa mère reprendre sa lecture.
Une heure plus tard, Regina entendait râler l'adolescent dans toute la maison. Elle lâcha pour la deuxième fois son bouquin et se précipita dans le salon, d'où provenaient les noms d'oiseaux.
« Henry, qu'est-ce que tu cherches ? »
« Mes clefs de voiture ! » Il retourna les coussins du canapé et ajouta : « Putain, je vais être en retard ! »
« Ton langage, Henry ! » Reprit la mairesse.
D'un coup, la brune hoqueta de surprise.
« Tes clefs de voiture ? Comment ça ? » S'exclama-t-elle, très étonnée.
« Heu... Je... » Bafouilla Henry, droit comme un piquet comme s'il était en faute.
« Tu m'aurais caché des pans de ta vie ? » Demanda-t-elle suspicieuse.
« J'ai omis certains passages, certes... » Il baissa la tête, soudainement mal à l'aise.
« Je t'écoute. »
Vu le ton sec de sa mère et son regard, il savait qu'il devait se jeter à l'eau. L'aveu semblait presque pire qu'il y a un an, quand il lui avait déjà annoncé.
« J'ai le permis de conduire depuis un petit moment... »
« Quoi ?! » Elle n'en revenait pas.
« J'ai aussi une petite amie... » Finit-il d'une traite, autant tout dire maintenant.
« C'est bon ? Tu as fait le tour là, car je ne supporterais guère plus avant l'évanouissement ! » S'exclama-t-elle, abasourdie par ces révélations.
Elle fit les cents pas devant lui tout en portant sa main à son front, l'angoisse prenant le dessus. Elle tenta tant bien que mal d'analyser la situation.
« Tu sais maman, j'ai dix-sept ans maintenant... »
« Toi, tu t'assieds et tu réponds à deux simples questions ! »
Il s'exécuta immédiatement, tendu au maximum.
« Nom de ta copine ? Quelle est ta voiture ? »
« Grace et l'ancienne voiture d'Emma. »
« Ce vieux tacot ! Mais tu veux te tuer ? » Dit-elle, les yeux écarquillés tout en arrêtant son marathon à travers le salon.
« Tu avais réagi de la même manière quand Emma te l'avait annoncée, mais je t'assure, elle marche bien cette bagnole. »
« Pas étonnant que je réagisse pareil, je n'ai pas changé d'avis sur ce tas de ferraille ! »
Elle souffla d'exaspération et tenta de retrouver un semblant de calme. Il lui raconta rapidement le passage de son permis ainsi que la tension qui se lisait dans ses yeux chocolat, les premiers temps au moment de partir. Avec un petit sourire sur le visage, Henry lui assura qu'il conduisait prudemment puis annonça qu'il devait partir rejoindre Grace. Les sourcils toujours froncés, Regina fit un geste de la main le libérant de son interrogatoire puis elle se souvint de l'endroit où elle avait rangé des clefs plusieurs jours auparavant, à ce moment-là, elle en ignorait leur provenance.
Après un gros bisou de la part de l'adolescent, il courut jusqu'à sa voiture. Regina resta plantée sur le pas de la porte, une boule nerveuse dans l'estomac et le souffle court, elle lui fit signe de la main jusqu'à ce qu'il disparaisse de sa vue.
« Je comprends mieux pourquoi cette horrible voiture trônait devant ma maison... »
La brune referma la porte et alla rapidement se servir un verre de vin pour le boire d'une traite. Appuyée sur son comptoir, elle reprit un autre verre pour l'avaler aussi vite que le précédent, Regina n'en revenait toujours pas. Elle tentait toujours d'assimiler que son petit garçon de 11 ans, hier, possédait une voiture, aujourd'hui. Soudain, son esprit tiqua sur l'une de ses phrases, elle ouvrit en grand les yeux pour la deuxième fois de la journée, son cœur s'emballa, imaginant son petit dans les bras d'une fille. Regina balaya la pièce du regard à la recherche de son téléphone portable, une fois dans ses mains, elle composa rapidement un numéro et ne chercha pas pourquoi elle le connaissait par cœur. Elle patienta quelques secondes interminables...
"Oui, Shérif Swan-Mills ?"
"Comment ça, il a une petite amie !" S'écria la brune.
"Quoi ?"
La mairesse tenta de garder son calme avant de reprendre :
"Henry."
"Ah... Oh... ça y est, tu es au courant..."
"Oui, à l'instant. Il est encore jeune, comment avez-vous pu le laisser faire ?"
"Doucement bébé... Tu sais, il a dix-sept ans, c'est normal pour un garçon de son âge..."
La voix douce de la blonde apaisa Regina sans que celle-ci ne s'en rende réellement compte.
"Depuis combien de temps, ils sont ensemble ?"
"Un peu plus de six mois, je crois... Mais ne t'inquiète pas, elle est très gentille et ils s'entendent très bien..."
"Ça ne me rassure pas le moins du monde et puis pour sa voiture, non plus ! Je me demande encore comment ce tas de ferraille arrive à rouler après être passé entre vos mains..."
"Ah non ! Arrête avec cette bagnole, elle est nickel pour un début de permis et avec Henry, nous l'amenons régulièrement au garage pour justement te rassurer !"
Après ce petit excès de colère de la part des deux femmes, la suite de la conversation se fit plus détendue. Emma faisant exprès de poser des questions, juste pour avoir la joie de se faire remballer par sa compagne mais surtout pour entendre sa voix mélodieuse. Au fil des minutes au téléphone, la brune s'installa dans son canapé, complètement hypnotisée par la voix du shérif. Elle ne voulait pas écourter ce dialogue et un petit jeu s'installa entre elles. Une fois raccrochée, cette dernière regarda attentivement son téléphone. Une foule de sensations la traversait, comme si le manque, la solitude chevillée à son cœur, tout au long de ses journées, disparaissaient en « présence » de la blonde. Inconsciemment, un léger sourire se dessina sur les lèvres de Regina...
Emma tournait en rond dans son bureau, elle devait prendre une décision et vite, sinon elle risquait la surchauffe. Deux jours venaient de s'écouler depuis sa conversation téléphonique avec la mairesse et depuis, la blonde gardait au creux de son ventre l'envie irrépressible de la revoir, de goûter à nouveau à ce bonheur inaccessible. Elle ne pouvait plus faire semblant, pour son bien-être, elle devait se trouver à ses côtés.
« Emma, qu'est-ce que tu attends ? » Demanda David, ne supportant plus sa fille au bord de la crise de nerf.
« Je n'ai pas envie de me faire envoyer balader ! » S'énerva-t-elle.
« Tu ne connais pas ta femme ou quoi ? »
« Bien sûr que si ! »
« Alors prends ton courage à deux mains et va la voir. Tu vas me rendre dingue avant ce soir, sinon. » Dit le blond en rigolant.
Elle lui sourit et hocha la tête, déterminée. Elle prit sa veste, l'embrassa et courut en dehors des locaux de la police. Dans sa voiture de fonction, elle roula vers le Granny's, emporta sa commande et après un « Bonne chance » de la part de Ruby, elle se dirigea vers l'hôtel de ville. Emma s'avança vers la réceptionniste, elles échangèrent quelques mots et décidèrent de ne pas prévenir la patronne pour éviter de se faire refouler à peine arrivée. La blonde lui sourit et monta à l'étage. Dans les escaliers, Emma se recoiffa sommairement et au moment de tourner dans le couloir menant à son bureau, la blonde remarqua que la porte était ouverte. Ne s'y attendant pas du tout, elle se planqua rapidement. Tout son corps s'emballa, son cœur battait la chamade, ses mains devinrent moites et son souffle anarchique lui donnait l'impression d'être une adolescente à son premier rendez vous. Après une profonde inspiration, elle s'avança à pas de loup jusqu'à l'encadrement de la porte.
Sa femme se trouvait assise à son bureau, la tête baissée en train de griffonner un dossier, éclairée par un rayon de soleil faisant briller sa chevelure brune. Emma se figea sur le magnifique tableau qui se présentait à elle. Son regard détailla attentivement le contour de son visage concentré, une lèvre pincée entre ses dents, ses lunettes reposant sur son nez fin, quelques mèches brunes cachant avec légèreté ses yeux. Ceux d'Emma poursuivirent leur contemplation en suivant la ligne fine de son cou pour arriver à la naissance de sa poitrine dévoilée partiellement par un chemisier blanc. Emma déglutit difficilement quand ses yeux se posèrent sur ses longues jambes croisées, remarquablement ciselées, à faire damner tous les saints de la terre. Un seul mot lui venait en tête : Splendide.
Un long frisson parcourut la peau de Regina, il fut accompagné par une sensation agréable se diffusant dans tout son corps. Se sentant observée, la brune leva les yeux pour les plonger dans le vert émeraude des yeux du shérif. Surprise dans un premier temps, cette dernière se noya rapidement dans cet océan d'amour autant happée, qu'intriguée par le désir décelé au fond de son regard. Même Daniel, son cher et tendre, n'avait posé un tel regard sur elle. Elle sentit son cœur s'accélérer sous cette comparaison étrange. Regina se força à détourner les yeux, ses pensées embrouillées, elle essaya de reprendre un visage froid pour s'adresser à la blonde.
« Miss Swan, que puis-je faire pour vous ? »
La demande de la mairesse fit sortir Emma du pays des rêves. Elle s'avança doucement en tendant un sachet.
« Henry m'avait dit que tu reprenais le boulot alors j'ai pensé qu'un petit café avec une collation te ferait plaisir... »
« Je vois... » Elle enleva ses lunettes, un petit sourire dessiné au coin de sa bouche. « Et qui vous dit que j'accepterai ? »
« Tu ne refuses jamais un bon café ! » Dit-elle en souriant.
Elle alla poser le sachet sur un coin du bureau libre, prit sa propre boisson et s'assit tranquillement sur un des fauteuils. Regina l'observa, un sourcil relevé en signe d'indignation.
« Et je compte t'accompagner dans ta petite pause. » Annonça Emma en ignorant ce regard désapprobateur.
« Vous n'avez décidemment pas assez de travail pour vous trouver ici à cette heure-ci. »
« Je ne m'en plains pas ! » Elle but une gorgée du liquide chaud et ajouta : « Allez, tu vas vraiment ne pas y toucher juste pour me faire mentir ? »
« Cela serait une très bonne idée, mais je pense qu'en acceptant, vous partirez plus vite... »
Malgré la phrase qu'elle venait de dire, Regina était touchée par ce geste, plus que ce qu'elle voulait l'admettre, il était à la fois tendre et attentionné. Elle prit le sachet pour sortir son café et une part de tarte aux pommes sous le regard amoureux de la blonde. Ne quittant pas son petit sourire de façade, elle entama son café en silence.
« Bon, je sais... Ce gâteau ne vaut rien comparé au tien, mais tu as toujours refusé de m'apprendre la recette... »
« Pas étonnant, vous êtes une vraie catastrophe ! » S'exclama-t-elle dans un petit rire mesquin. « J'aurais bien été folle de vous laisser ma cuisine ! »
« J'avoue, mais c'était pour une autre raison... » Annonça la blonde soudainement sérieuse.
« Laquelle ? Je suis étonnement curieuse. »
« Tu voulais que cela reste ta spécialité pour moi, pour Henry... Tu disais que ce gâteau était un gage de ton amour... »
Tandis que la blonde se perdait dans ses souvenirs, Regina perdit son sourire se retrouvant en partie dans cette phrase. En effet, elle pouvait très bien en être l'auteur. Un silence s'installa rapidement. La brune reprit son travail tout en buvant son café, alors qu'Emma restait confortablement assise à l'observer de ses yeux admiratifs. Dans sa contemplation, le shérif remarqua le bandage ornant toujours le poignet de la reine, même si elle l'utilisait sans réelle difficulté, il semblait être encore douloureux.
Regina n'arrivait pas à se concentrer, toutes ses pensées se focalisaient sur la blonde, elle lui jeta de temps en temps, des regards discrets, se sentant attirée tel un aimant. Un sentiment de sérénité l'envahit au fil des secondes et elle n'était plus sûre de vouloir la voir partir, à présent. Les deux femmes profitèrent silencieusement de ce moment d'une rare intensité, mais toutes les bonnes choses avaient une fin. Alors après un « au revoir » discret, d'une voix presque tremblante, Emma quitta le bureau de son épouse, à contrecœur.
Regina se surprit à observer les courbes gracieuses de la blonde, au moment de partir. Ce jean sombre moulant à merveille ses jambes musclées, ce haut trop court pour cacher entièrement la chute de ses reins. Le claquement de la porte la fit sortir de sa rêverie, Regina secoua la tête se maudissant cette perte de contrôle. Elle tenta vainement de se concentrer à nouveau sur le dossier en cours, mais souffla d'exaspération voyant que cela ne servait à rien. Elle ouvrit un tiroir de son bureau et prit une photo. De ses doigts, elle dessina les contours du visage angélique d'Emma, son regard se fit tendre et un sourire discret se forma sur ses lèvres en observant cette image, en scrutant ce passé oublié. Toutes les deux, souriantes, joue contre joue, une étincelle dans les yeux. Elles devaient sûrement poser pour leur fils et être à la plage au moment du cliché vu leur peau hâlée. Regina ne quitta pas des yeux cette photo et se mit à imaginer comment était sa vie avant l'accident, avant la fin du sort... Cette petite voix dans son cœur se fit encore entendre, la brune voulut l'écouter une fraction de seconde, afin de pouvoir continuer à ressentir ce bien-être, cette paix intérieure. Mais une violente douleur dans la poitrine lui coupa le souffle... Elle suffoqua quelques secondes avant de reprendre une respiration normale... Regina fronça les sourcils ne trouvant pas d'explication plausible à cette douleur et réessaya de se mettre au travail après avoir rangé la photo...
Au même moment...
Une fois la porte fermée, Emma s'appuya contre elle avant de tomber au sol, assise, la tête tombant sur ses genoux. Elle essaya de retenir ses larmes car voir sa femme dans ce lieu si souvent visité avant l'accident, si proche et si éloignée à la fois lui apportait une douleur immense. Ne pas pouvoir la toucher, l'embrasser, lui montrer tout cet amour débordant et rester là, juste à l'observer avait été un supplice, une véritable torture pour son cœur... Emma ne bougea pas pendant de longues minutes, se rappelant certains souvenirs de cette époque remplie de joie et de bonheur...
... Début du Flash Back...
La blonde marcha dans les couloirs de l'hôtel de ville menant au bureau de Regina. Plus tôt dans la journée, elle l'avait appelée pour lui demander un coup de main dans certains dossiers urgents et vu qu'Emma ne voulait pas la voir débarquer à des heures indues le soir même, elle s'était précipitée pour lui venir en aide. Après quelques petits coups à la porte, elle entra sans attendre de réponse.
« Je suis là bébé ! » Dit-elle enthousiaste tout en contournant le bureau.
« Je t'ai entendue depuis le hall d'entrée alors oui, je sais que tu es là ! » Se moqua la brune en levant la tête, le regard étincelant.
« Oh ça va ! Dis que tu n'es pas contente de me voir ! » S'amusa Emma en plantant un baiser sur ses lèvres.
« Mais si je suis contente. »
Le ton ironique de cette phrase tira un petit rire au shérif aussitôt suivi par Regina qui retourna ensuite très vite à son travail. La blonde balaya la pièce du regard et vit une table installée près du bureau imposant qu'occupait son épouse, avec une chaise et plusieurs piles de feuilles.
« J'imagine que c'est la raison de ma venue ? »
« Tout à fait. » Dit-elle sans lever les yeux et ajouta : « Tu tries les suggestions par catégorie et par ordre décroissant, s'il te plait. »
« Il y en a un paquet ! Ils consistent en quoi ? » Demanda la blonde, posant sa veste et s'asseyant.
Regina leva les yeux sur sa femme et plongea son regard dans le sien arborant un petit sourire malicieux.
« Tu te souviens de l'enquête que tu m'avais suggérée auprès des citoyens pour l'amélioration de la ville? »
Emma hocha la tête, la dévorant des yeux. Soutenant son regard, la mairesse poursuivit en s'enfonçant dans son fauteuil, bras croisés.
« Tu te souviens d'avoir eu mon accord dans un moment de faiblesse ? »
« Oh que oui, je savais que tu allais craquer après une folle nuit d'amour ! » S'enthousiasma la blonde en lui tirant la langue, les souvenirs en tête.
« Et bien en voilà le résultat ! » Répondit-elle sur le même ton que la blonde.
« Oh merde ! »
La blonde perdit très vite son sourire, elle ne s'imaginait pas le boulot qu'occasionnait sa proposition sur le coup. À la base, son but était seulement de faire flancher sa femme.
« Tu vois, j'avais raison d'être contre car, je sais très bien ce qui est bon pour cette ville ! Allez maintenant au boulot ! »
Emma sourit, légèrement dépitée de s'être fait avoir aussi facilement, mais retroussa ses manches et attaque le travail sur le champ. Pendant plus d'une heure, elles travaillèrent en silence où seuls les bruissements des feuilles se faisaient entendre. Elles se jetèrent plusieurs regards en coin, s'observant, s'émerveillant devant l'autre à certaines positions ou dans leurs déplacements. Quelquefois, leurs yeux se croisaient pour échanger un sourire complice et éclatant d'amour.
Soudain, Emma brisa le silence dans un grognement avant de râler :
« J'en ai marre ! »
« Tu as voulu cette enquête, tu assumes, mon ange... » Murmura Regina accompagnant sa phrase d'un petit rire.
« Comme si je n'assumais pas les choses ! » S'exclama Emma, légèrement vexée.
« Attends... Laisse-moi réfléchir... » Dit-elle en mettant son stylo devant la bouche. « Tiens, il y a une semai... »
« Bébé, je t'interdis de me rappeler ce moment de fatigue, ok ! » Coupa la blonde. « J'ai tenu que deux rounds cette nuit là car j'avais couru dans tous les sens pendant la réparation des feux de circulations ! »
Regina rit aux éclats devant la mine, à la fois dépitée et énervée de la blonde. Cette dernière vit toute suite qu'elle était tombée dans le piège de sa femme. Ne comptant pas en rester là, Emma s'avança vers celle-ci et commença sa vengeance par une attaque de chatouilles qui tourna vite à une pluie de baisers de la part de Regina pour se faire pardonner.
La blonde entra sans frapper, un sourire aux lèvres.
« Coucou mon amour ! Je t'ai apporté un petit café ! »
Regina releva ses yeux brillants et sourit largement. Elle se leva pour la serrer dans ses bras et lui chuchotait à l'oreille :
« Il me tardait de te voir, mon ange... »
« Tu savais que j'allais venir, j'ai loupé ma surprise alors ! » S'exclama la blonde en fourrant son visage dans son cou, humant à pleins poumons son parfum.
« Tu viens toujours quand tu sais que je travaille tard le soir, alors oui, je le savais... »
La blonde fit une petite moue. Regina posa ses mains de chaque côté de son visage pour planter son regard chocolat dans le sien.
« Mon ange, j'adore ces petites attentions sinon, je ne t'aurais pas épousée... »
Elle l'embrassa délicatement, savourant leur douceur. Emma répondit au baiser puis mit une main dans son dos, la rapprochant et rendant le baiser plus langoureux. De son autre main, elle posa du mieux qu'elle put le gobelet sur le guéridon près de la porte puis la ramena sur la nuque de la brune. Elles approfondirent rapidement leur baiser, leur langue se caressant, jouant ensemble dans une danse qui devint vite endiablée. Regina s'écarta la première tout en ressentant déjà des bouffées de chaleur dues à son excitation.
« En parlant de mariage... » Murmura la blonde, ses lèvres déposant de doux baisers dans son cou. « Tu te dois de remplir ton devoir d'épouse... »
« Quel romantisme ! » Ironisa la brune dans un rire cristallin. « J'ai beaucoup de travail et le café que tu m'as apportée ? »
« Dans tous les cas, tu rentreras tard, non ? Et pour le café, j'irais t'en prendre un autre... »
Sans attendre de réponse, Emma passa ses mains sous ses fesses et Regina se sentit décoller du sol, un petit rire retentit dans la pièce sous la surprise de ce geste. Elle replia ses jambes autour de la taille fine du shérif et emprisonna son corps contre le sien. Reprenant possession de ses lèvres dans un baiser ardent et emprise dans son excitation fulgurante, la brune posa ses mains de part en part du visage de la blonde la rapprochant toujours plus. Regina se sentit poser doucement sur le canapé et son corps explosa sous les sensations que provoquaient les mains d'Emma, déjà à l'oeuvre.
Cette dernière quitta les lèvres pulpeuses de son amante pour s'aventurer sur la peau tendre de son cou en imprimant une traînée de baiser sur son passage. Pendant que sa bouche s'occupait à provoquer de doux gémissements à la brune, ses doigts caressaient sensuellement sa cuisse. Elle remonta sa main pour buter sur le tissu de sa jupe noire qu'elle remonta doucement. Elle sourit entre ses baisers voyant que la brune l'aidait dans cette action.
Regina crut défaillir en sentant le souffle brûlant, la langue humide d'Emma perdue dans son décolleté lui provoquant un long frisson sans fin. Elle enfouit ses mains dans la chevelure blonde pour l'inciter à poursuivre le supplice infligé à son corps, à ses sens, à son excitation grandissante. Sa respiration déjà saccadée, se coupa net et son désir atteignit des sommets, en sentant les doigts de sa partenaire toucher son intimité avec délicatesse. Trop doucement face au feu de la passion ravageant son corps.
« Emma... Je veux que tu me prennes maintenant... » Haleta la brune entre deux soupirs.
La blonde releva la tête dans sa direction et observa ses prunelles noircies par le désir. Elle lui lança un sourire joueur avant de murmurer à son oreille.
« Tes désirs sont des ordres, Majesté... »
Ensuite, elle pressa ses lèvres sur les siennes et força le passage avec sa langue dans un baiser fougueux tandis que d'un mouvement souple du poignet, elle contourna le sous-vêtement pour insérer brusquement deux doigts dans l'intimité chaude, humide, si accueillante de Regina.
Cette dernière ne put retenir un petit cri de plaisir en percevant ses doigts se mouvoir en elle, apaisant le feu de son excitation. Celui-ci vint s'évanouir aussitôt sur les lèvres désireuses de sa femme.
Satisfaite, cette dernière entama de lents va-et-vient. Elle se délecta de sa peau quand sa langue descendit sur sa gorge, s'enivrant de son parfum fruité, goûtant chaque parcelle de son cou. Au fur et à mesure des mouvements, la brune exprimait son plaisir autant par ses gémissements étouffés que par sa prise ferme sur le dos de la blonde. Sous toutes ces émotions, Emma partit vers un lieu où seuls les doux gémissements, les gestes de sa femme pouvaient l'amener, vers son petit coin de paradis, vers son bonheur. La blonde accentua ses mouvements avec plus de rapidité, avec plus de force, écoutant la douce mélodie chantée à ses oreilles.
L'excitation étant à son paroxysme, sa chaleur corporelle atteignant des sommets, Regina sentit d'un coup, la délivrance... Un orgasme, électrisant chaque cellule de son corps, s'abattit sur elle. Secouée par de légers tremblements, elle vint étouffer son profond gémissement sur les lèvres d'Emma dans un tendre baiser. Cette dernière resta quelques secondes dans cette position, savourant cette chaleur autour de ses doigts puis se retira délicatement et enferma la brune dans ses bras protecteurs. Puis la blonde déposa plusieurs baisers sur son front, ses joues tout en laissant son amante reprendre son souffle. Elle plongea à nouveau ses yeux dans les siens et dans un sourire charmeur lui murmura :
« Je t'aime... »
« Je t'aime mon ange... » Répondit la brune posant ses mains sur le bas du t-shirt avant de passer ses mains en dessous.
Emma se recula légèrement faisant non de la tête.
« Comment ça, non ? » Dit Regina en fronçant les sourcils.
« Mon but était de te détendre maintenant que c'est choses faite ! Je vais te laisser travailler et j'ai un autre café à t'apporter ! »
Après un rapide baiser, la mairesse regarda dubitativement le shérif remettre sa veste et s'éloigner vers la porte. Elle remit correctement sa jupe avant de se lever, un brin énervée sur le coup, mais sourit en coin en comprenant le petit jeu de sa femme.
« Ne compte pas t'en tirer à si bon compte ! » Lui rappela-t-elle.
« Mais j'y compte bien ! »
La blonde lui fit un clin d'œil et sortit sans attendre une autre remarque de Regina.
... Fin du Flash Back...
Le shérif leva la tête dans un profond soupir. Elle s'aperçut que des larmes coulaient à flots sur ses joues. Les souvenirs avaient fait remonter des sentiments, sensations qu'elle tentait vainement de contrôler. Après une petite mise au point dans ses pensées embrumées par le chagrin, elle se releva avec la ferme intention de remédier rapidement à ce problème de mémoire, par n'importe quel moyen !
La voiture de police se gara lentement devant la boutique d'Antiquités appartenant à Mr Gold. La seule personne pouvant aider Emma dans cette ville. Elle avait beaucoup réfléchi ces derniers jours sur toutes les possibilités, sur les moyens de raviver la mémoire à Regina et en avait conclu que Gold était sa meilleure chance. La veille, la blonde avait contacté le Dr Whale pour savoir si, d'un point de vue médical, il pouvait avoir une solution face à l'amnésie dont faisait preuve sa femme. Mais d'après lui et son expérience, seul le temps, photos et autres jouaient en leur faveur. Alors motivée comme jamais, gonflée d'espoir, Emma entra dans la boutique accompagnée d'un petit tintement de cloche. Elle s'avança jusqu'au milieu de la pièce et attendit quelques secondes avant d'entendre la canne du patron raisonner sur le parquet.
« Shérif ! Quel plaisir de vous voir... » Annonça-t-il, en s'avança derrière son comptoir. « Que puis-je faire pour vous ? »
« Bonjour Gold... Je suis venue demander votre aide... »
« Dites-moi ? Je verrai ce que je peux faire... » Il sourit en coin.
« Est-ce que vous auriez, un remède contre l'amnésie de ma femme ? » Demanda Emma, sa voix remplie d'espérance.
Le brun sourit largement avant de plonger ses yeux dans ceux de la blonde et joua avec ses mains en s'exclamant :
« Je savais que vous viendriez me voir... Alors, je vous ai concocté une mixture à base de plantes... Elles viennent autant de ce monde que d'ailleurs ! »
« Ah bon ?! Comment ça marche, ça pourra l'aider ? » Les yeux d'Emma brillaient d'une nouvelle étincelle et elle porta toute son attention sur lui.
« C'est un concentré d'herbes aux propriétés exceptionnelles dans ce domaine donc son efficacité est sans équivoque... »
« Pas de magie ? »
Il fit non de la tête. Il se retourna vers ses étagères tout en remuant les bras dans tous les sens et chercha quelques secondes la fiole en question. Emma le regarda, muette, attendant sagement le précieux remède. Une fois dans les mains du Ténébreux, il remit la mixture à cette dernière, puis poursuivit son discours.
« Pour les effets secondaires, votre majesté risque seulement un mal de tête. »
« Si, c'est juste ça, pas de problème ! Et comment je lui fais avaler ça ? » Demanda-t-elle en secouant la fiole devant ses yeux, l'examinant.
« Un peu d'imagination, très chère, un thé fera largement l'affaire. Pour comment l'amener à le boire, je vous laisse le loisir de chercher l'idée adéquate ! » Dit le brun, la tonalité de sa voix montant dans les aiguës.
« Merci pour votre aide ! »
« Je vous en prie ! »
Elle fourra la mixture dans la poche de sa veste en cuir et s'approcha de la sortie, d'un coup, elle se retourna sur le propriétaire en fronçant les sourcils.
« Quel est le prix ? » Demanda Emma, soudainement suspicieuse.
« Un prix ? Très chère, il y a bien longtemps que je ne pratique plus ces transactions. Depuis que Belle est revenue dans ma vie, j'ai moi-même beaucoup changé. » Il lui sourit sincèrement avant d'ajouter : « Regina est une très vieille amie, ennemie, au choix et malgré nos rivalités, je la respecte et son état m'attriste réellement. »
La blonde douta de ces propos et scruta ses yeux à la recherche d'un quelconque mensonge, mais Emma se rendit vite compte du changement de celui-ci. Ils s'échangèrent un dernier sourire chaleureux puis le shérif quitta la boutique. Une bouffée de soulagement, d'espérance l'envahit en sachant la possible guérison de la brune. Son cœur s'emballa à cette idée. Elle remarqua, de nouveau, qu'elle était bien loin, l'époque des affrontements, des traquenards et autres mensonges en tout genre. Le shérif balaya du regard la rue, replongeant dans ses pensées. À présent, il fallait juste trouver le moyen de l'attirer dans son « piège » pour qu'avec un peu de chance, tout rentre dans l'ordre.
A suivre... N'hésitez pas à me laisser vos impressions^^
