Bonjour tout le monde !

J'espère que vous allez bien et que vous avez fini tous les préparatifs de Noël ! En tout cas, pour ce chapitre, nous entamons une nouvelle étape dans leur relation étrange !

Je vous laisse donc le découvrir et vous souhaites à tous de passer de bonne fêtes ! :)


Au manoir... Deux jours plus tard, milieu d'après-midi...

La mairesse entra dans son bureau, un café en main et s'installa dans son fauteuil en cuir pour se replonger dans un dossier sensible. Une heure passa dans un calme quasi religieux jusqu'au moment, où Regina prit les quelques feuilles composant le dossier pour les jeter à travers la pièce. Elle se leva brutalement, faisant cogner son fauteuil contre la baie vitrée avant de passer nerveusement ses mains dans les cheveux. Faisant les cent pas dans son bureau, elle était au bord de la crise de nerf, et n'arrivait pas à se concentrer suffisamment pour terminer le dossier, mais une telle colère ne lui ressemblait pas surtout pour de la paperasse. Elle voulait tout casser, utiliser la magie, libérer cette haine prenant possession d'elle, à cet instant. Son corps réclamait cette délivrance, tout de suite. Elle respira à plusieurs reprises, rapidement, essayant de faire revenir le calme dans son corps. Plus les jours avançaient, plus elle se perdait dans les dédales de son esprit, dans les tourments de son cœur. Regina le savait, elle s'enfonçait dans la folie, ne se reconnaissait plus, autant dans ses paroles que dans ses actes. Qui devenait-elle entre ses excès de colère et ses passades larmoyantes ?

La brune mit plusieurs longues minutes à faire le vide dans son esprit ainsi que de reprendre un souffle normal. Ensuite seulement, elle alla chercher le dossier éparpillé dans la pièce. Le tout rassemblé, en se relevant, son regard tomba sur l'album photo qu'Henry avait voulu lui montrer. Il devait l'avoir oublié. Elle l'ignora quelques secondes, juste assez pour déposer son travail sur le bureau avant de venir le récupérer. Celui-ci entre ses mains, aussitôt la déferlante d'émotions agitant son corps, s'apaisa. De ses yeux, elle scruta chaque détail de la couverture décorée par ses soins, à l'évidence. Elle appréhendait fortement ce qu'elle allait découvrir mais était comme happée par ce dernier. Une envie irrésistible l'invita à se plonger dans cette vie qui ne lui appartenait pas, d'explorer pour la première fois, depuis son réveil, les traces de son passé oublié, sans préjugé.

Regina s'installa confortablement dans son canapé et remonta ses jambes puis posa l'album sur ses genoux. Son souffle s'accéléra sous l'angoisse qui fit également tressaillir son corps alors que lentement et du bout des doigts, la brune ouvrit le recueil.

Elle hoqueta de surprise en découvrant, en page de présentation, la même photo qui séjournait à l'hôtel de ville, qui, il fallait l'admettre, était particulièrement réussie. Elle tourna la page et observa attentivement chaque photo tout en les redessinant du doigt. Elle analysa son sourire, son regard et essaya de déchiffrer l'ambiance au moment des clichés Joyeux, heureux ou taquin. Mais au fil des pages et des photos de vacances à la plage défilant devant ses yeux, Regina oublia ses détails pour seulement les contempler avec admiration. Suivant les photos, un sourire étirait ses lèvres ou son regard brillait de mille feux. Elle pouvait voir Henry jouer une partie de volley ou encore l'amour illuminé dans les yeux de la blonde. Sans s'en rendre compte, la brune passa beaucoup de temps sur les photos la réunissant avec le shérif, un sentiment joyeux l'envahissait à chaque découverte et dès qu'elle finit l'album, ce fut pour mieux recommencer... Elle semblait si heureuse sur ces clichés d'un autre temps, d'une autre vie, tellement contraire à ce qu'elle vivait, aujourd'hui...

Regina releva la tête alors qu'elle refermait le recueil pour la deuxième fois, elle ferma les yeux savourant cet instant de paix enveloppant son cœur, ses pensées. Pourquoi ressentait-elle cela juste en admirant des photos ? Pourquoi ce sentiment apparaissait au « contact » de la blonde ? Elle se remémora cette discussion dans l'appartement de Blanche, cette confusion et sa fuite alors qu'elle avait oublié le temps en sa compagnie. Pour des raisons encore inconnues et mystérieuses, elle s'était sentie bien, tellement sereine...

« Je veux retrouver cet apaisement... » Murmura la brune, perdue dans ses pensées.

Elle ferma les yeux pour mieux se rappeler alors qu'inconsciemment elle caressait délicatement la couverture de l'album. Savourant toujours cette accalmie, ses mains portèrent le livre contre sa poitrine. Elle devait faire revenir Miss Swan dans le manoir pour son équilibre mental et également pour son fils, elle ne voulait pas le perdre...


La brune venait de finir la vaisselle du déjeuner alors qu'elle entendit Henry arriver dans son dos. Elle se retourna et lui sourit largement puis alla ranger son tablier. Elle devrait lui dire ? Ou en faire une surprise ? Elle hésitait depuis qu'elle avait pris sa décision sur le retour de la blonde au manoir. Regina porta son regard sur son fils pour l'observer, il prit un goûter puis le fourra dans son sac, il devait rejoindre sa copine pour toute l'après-midi. Ses yeux brillaient de joie et il lui sourit, à son tour, alors qu'il refermait les placards de la cuisine. Regina décida de lui faire la surprise et elle se réjouissait d'avance de l'engouement de son fils quand il verrait Miss Swan.

« Bon maman, je file ! » S'exclama Henry.

« D'accord mon chéri, à ce soir alors ? »

« Oui pour le dîner. »

Il s'avança et lui déposa un baiser sur la joue, elle le retint par le bras.

« Ne sois pas en retard. »

« Ne t'inquiète pas man, à ce soir ! »

« À ce soir ! »

Ils échangèrent un grand sourire. Regina le raccompagna à la porte d'entrée pour ensuite le voir filer au volant de sa voiture, une petite boule nerveuse nouant toujours son estomac. Elle referma la porte dès qu'il n'était plus dans son champ de vision puis se plaça au milieu du salon, son regard balaya la pièce avant qu'elle n'aille prendre son téléphone portable pour numéroter.

"Bébé ?"

"Miss Swan..."


Au même moment... En centre ville...

"Ok. J'arrive... Tut... Tut..."

Emma fixa son téléphone comme si elle venait de voir un fantôme. Elle s'affala lourdement dans le canapé sous le regard interrogateur de ses parents. Ses yeux papillonnèrent sous le choc que ressentit la blonde. Toutes ses pensées s'embrouillaient à une vitesse fulgurante, son cœur battait la chamade et des vertiges la saisirent. Ces mots, elle les avait tellement espérés, chaque minute depuis son départ, qu'elle n'y croyait plus. Emma était tellement étonnée, que pendant sa conversation, sa femme avait été obligée de lui répéter trois fois. Alors que cette phrase tournait en boucle, un sentiment de joie s'insinua doucement dans son cœur. Si, sa tête refusait d'admettre la vérité, le rythme effréné de ce dernier l'acceptait sans condition.

« Je rentre à la maison... » Chuchota la blonde, les yeux dans le vague.

Ses parents s'avancèrent vers le canapé, ils ne comprenaient pas le comportement de leur fille. Ils tendirent l'oreille pour déchiffrer ses murmures alors que leur inquiétude grandissait. David s'accroupit en face d'Emma puis l'observa quelques secondes. Ses yeux se portèrent sur sa femme qui attendait impatiemment, il n'osait croire ce qui sortait de sa bouche. Il mit sa main sur son épaule et la secoua doucement. Emma sortit de sa transe à ce contact, elle le fixa intensément.

« Ma chérie, que se passe-t-il ? »

Elle resta silencieuse alors qu'un large sourire étira ses lèvres et elle l'attira brusquement dans ses bras pour le serrer très fort. Il faillit tomber et dans ce mouvement, il comprit immédiatement, il l'enlaça à son tour. Blanche regarda la scène, interdite, retenant son souffle puis chercha à interpréter leur expression. Plongée dans la confusion, elle fronça les sourcils et demanda vivement :

« Vous allez m'expliquer !? »

« Pardon Mary-Margaret... Regina veut qu'Emma rentre au manoir ! » Justifia David, tout sourire.

« C'est vrai ? »

« Oui ! » S'exclama la blonde, heureuse.

Cette dernière tendit un bras et fit un signe à sa mère pour qu'elle vienne les rejoindre. Le blond et sa femme ne comprenaient pas ce revirement de situation, mais ils se poseraient des questions plus tard. Ce n'était pas le moment adéquat puis le sourire d'Emma leur suffisait amplement. Il effaçait, en un clin d'œil, leur impuissance face à ces longues journées de larmes remplies de détresse et de désespoir.


La voiture de police emprunta son itinéraire préféré et la conductrice savoura allégrement ce trajet. Elle roula doucement s'imprégnant des sensations du « Retour chez soi » avec bonheur et fit abstraction de la petite boule nerveuse au creux de son estomac. Elle savait que la brune n'avait pas retrouvé la mémoire donc toute cette histoire n'était pas terminée. Pendant le trajet, Emma se demanda si elle arriverait à garder ses distances avec sa femme et refréner son envie de l'embrasser, de la câliner. Toutes ses réactions seront sans cesse des épreuves et elle ne savait pas si elle parviendrait à les surmonter.

Elle arrêta sa voiture devant l'allée et observa la demeure s'ériger devant ses yeux, quelques secondes. Déjà, trois semaines qu'elle n'avait pas mis les pieds ici. Lieu de tous ses fantasmes, de toutes ses joies, de ses crises de colère. Emma respira profondément pour se donner du courage et sortit de la voiture chargeant ses sacs de vêtements sur les bras. Elle s'avança vers la porte d'entrée et avant qu'elle ne sonne, Regina lui ouvrit. Le cœur de la blonde manqua un battement en la découvrant dans l'encadrement de la porte, resplendissante et charismatique comme à son habitude.

« Miss Swan... »

« Mon amour, je suis contente que tu m'aies appelée... »

« Ne vous faites pas d'illusion, je le fais pour Henry ! » Expliqua précipitamment la brune.

Quelques secondes, les deux femmes se fixèrent silencieusement puis la maîtresse des lieux s'effaça de l'entrée tout en esquissant un léger sourire crispé. Emma comprit le message implicite et s'avança dans le vestibule. Un mélange de senteur chatouilla ses narines, autant l'odeur du cuir, des produits ménagers que le parfum fruité de Regina. Ils l'enivrèrent, lui faisant revivre ses émotions, ses sensations liées à cette maison. Un profond trouble la saisit et la blonde savait qu'il ne la quitterait pas de sitôt.

Regina referma la porte du manoir, légèrement anxieuse de devoir accepter la présence du shérif dans son foyer pour une raison aussi obscure que mystérieuse, mais devait admettre qu'à ses côtés, la tension de son corps s'apaisait immédiatement. Elle passa devant Emma en lui indiquant l'étage de la main.

« Je vais vous montrer votre chambre pour votre installation. »

« Tu sais, je connais la maison ! » S'indigna le shérif.

« Pas dans ma réalité. » Enchérit Regina.

Emma souffla en fronçant les sourcils, prise au dépourvu par cet accueil glacial, puis ajouta :

« Et bien, ça promet ! »

« Je ne vous le fais pas dire. »

Leurs regards s'affrontèrent durement, aucune d'elles ne voulant perdre ce combat muet. La tension grimpa dangereusement entre elles. Après quelques minutes, elles montèrent à l'étage dans le silence, un choix judicieux pour éviter d'envenimer la situation. Le shérif suivit de près Regina qui entra dans une chambre d'ami. Une légère odeur de renfermé lui attaqua les narines alors elle tira les rideaux puis ouvrit la grande fenêtre pour aérer la pièce. À l'évidence, elle ne l'avait pas assez ventilée ce matin.

« Je vous laisse, j'ai encore du travail qui m'attend. » Dit la brune en marchant vers l'entrée de la chambre. « Au cas où, je serai dans mon bureau. »

« Ouais, sinon, je fais comme chez moi ! » S'exclama Emma avec un léger sourire, en posant ses sacs au sol.

« Sauf que vous ne l'êtes pas. N'oubliez pas que je vous tolère dans cette maison seulement pour le bien d'Henry. »

« Vu comme tu me le rappelles, je ne risque pas de l'oublier. »

Leurs regards se croisèrent pour ne plus se lâcher durant de longues secondes. Ne pouvant camoufler son trouble plus longtemps, Regina décida de partir.

« Bébé ? »

« Oui ? »

« Où est notre fils ? » Demanda la blonde avec un petit sourire en coin.

« Avec Grace, il ne rentre que ce soir. »

La blonde hocha la tête puis vit disparaître sa femme. Elle observa la chambre dans ses moindres détails, elle n'utilisait que très peu cette chambre avant l'accident et cette dernière était étonnée de se retrouver ici. Elle haussa les épaules et ses yeux se posèrent sur le lit dénudé de draps et de couvertures, le tout se trouvant plier sur un petit canapé à proximité. Elle secoua la tête devant ce geste implicite, soudain, un vent froid s'engouffra dans la chambre. Un long frisson la saisit et ne voulant pas finir glacée, elle alla fermer la fenêtre rapidement. Elle se dirigea ensuite vers les draps et décida de faire son lit. Une fois cette tâche terminée, elle s'allongea sur le dos en mettant ses bras sous sa tête. Un sourire se dessina sur ses lèvres en repensant à Regina qui avait répondu inconsciemment à son petit surnom.


Au même moment...

La brune s'enferma dans son bureau tout en plaquant son dos contre le bois de la porte. Elle mit une main sur sa poitrine et sentit son cœur battre à un rythme régulier, enfin. Elle soupira de soulagement malgré la tension de leur échange, la savoir entre ses murs calmait son angoisse, tranquillisait son esprit. Une partie d'elle se réjouissait de l'installation d'Emma et cela s'accompagnait d'une sensation étrange, mais fort agréable qui se diffusait dans son corps. Elle se rappela le sourire éclatant de la blonde sur le perron à son arrivée, et s'étonna de ressentir encore les effets des notes légères de son parfum. Sa tête bascula en arrière alors que ses yeux se posaient sur le plafond de son bureau. Elle prit plusieurs inspirations tandis qu'une foule de questions lui martelait la tête. Toutes ces sensations liées au shérif, ne corroboraient pas du tout sa thèse sur le sort subi par la ville entière. Avec le temps et ses découvertes, cette idée n'avait plus de sens surtout que sa magie ne l'alertait pas et pourtant elle restait attentive à la moindre fluctuation d'énergie. Doucement, cette déduction ébranla sa perception de son environnement et Regina réalisa qu'elle s'était peut-être trompée sur toute la ligne, suite à cela d'autres questions envahirent son esprit. Elle passa une main dans ses cheveux bruns, elle ne voulait pas réfléchir alors qu'elle retrouvait un semblant d'équilibre...


Emma se balada lentement dans le manoir comme si c'était la première fois qu'elle le découvrait. Elle observa chaque détail de la décoration, s'impreignit de chaque odeur comme au détour de la salle de bain, se remémorant des instants marquant de sa vie avec Regina. Comme le nombre de fois où Henry se faisait reprendre alors qu'il courait dans les escaliers, une crise de jalousie de la part de sa femme dans le salon parce qu'elle était rentrée tard d'une soirée. Emma sourit tandis que tous ses souvenirs remontaient les uns après les autres dans son esprit. Beaucoup de moment heureux, d'autre moins mais faisant intégralement partie de sa vie d'avant. Elle ne voulait rien oublié, dans le cas, où Regina ne retrouverait jamais la mémoire. À cette pensée, son cœur se serra violemment et une douleur profonde lui lacéra le ventre, celle-ci s'accentua quand elle remarqua que tout objet leur appartenant, véhiculant des souvenirs avaient disparu du manoir. La blonde fronça les sourcils et à l'aide de sa main se frotta le front essayant de dissiper sa peine grandissante...

Quelques heures plus tard...

La brune sortit de son bureau pour s'adonner à sa passion la cuisine. Mais elle s'arrêta nette en voyant la blonde assise sur le sofa, une manette dans les mains. Elle avait été tellement absorbée dans son travail de Maire, qu'elle en avait oublié sa présence ici. Ses pas l'amenèrent près du canapé, elle l'observa quelques secondes, concentrée avec une lèvre pincée entre ses dents alors qu'elle passait un niveau difficile, à l'évidence. Regina secoua la tête, complètement ahurie alors qu'elle revoyait son fils dans la même position avec les mêmes mimiques gravées sur le visage.

« Vous n'avez rien d'autre à faire un samedi après-midi ? » Rétorqua-t-elle, le ton sec.

« Je t'aurais bien amené faire une balade mais je savais déjà ta réponse ! » Dit simplement la blonde, le regard rivé sur l'écran.

« Il y a en a qui travaille, vous savez ! »

« Je le sais, mon amour. Et moi, faut bien que je m'occupe, non ? »

« Certes mais un bon livre, vous serait plus bénéfique. »

« J'étais presque à la fin du jeu avant que tu me foutes dehors alors je le finis maintenant... » Souffla la blonde, exaspérée.

« Donc vous aimez vous abrutir sur un jeu vidéo. » Répliqua Regina en relevant un sourcil.

Emma mit le jeu en pause puis reporta son attention sur la brune, les sourcils froncés et le regard dur.

« Sérieusement, j'ai besoin de me détendre, tu ne sais pas tout ce que j'ai vécu depuis ton accident ! »

L'intonation abrupte de la blonde surprit Regina, mais elle ne se démonta pas et contre-attaqua :

« Et moi donc ! Vous y pensez ! » S'exclama-t-elle mais sa voix prit un ton neutre avant d'ajouter : « Dans tous les cas, ne prenez pas trop vos aises dans cette maison. »

« Que tu le veuilles ou non, je suis chez moi aussi. Il faudra t'y faire ! » Dit la blonde en se levant.

Elles se jetèrent un regard empli de colère, elles n'arrivaient pas à aligner plus de deux mots sans s'envoyer balader. Même pas une journée sous le même toit, que la communication semblait rompu, on dirait deux styles de langage diamétralement opposés. Regina se maîtrisa au mieux avant de tourner les talons et de se réfugier dans la cuisine. Emma, quant à elle, se rassit rageusement sur le canapé et reprit sa partie. Difficile de différencier sa vie d'hier et d'aujourd'hui alors qu'Emma se retrouvait dans la même maison avec physiquement la même femme. Elle faisait un amalgame et s'embrouillait entre ses réactions, ses pensées, ses sentiments.


L'heure du repas approcha et Henry se dépêcha pour ne pas arriver en retard. Il gara vivement sa voiture dans un crissement de pneu puis se précipita à l'intérieur. Il appela sa mère à plusieurs reprises. Aucune réponse, il s'étonna et marcha vers la cuisine.

« Maman ? Désolé, je ne... »

Il s'arrêta subitement quand son regard croisa celui de sa mère biologique. Son souffle resta en suspend et son cœur manqua plusieurs battements sous le choc de cette vision qu'il n'espérait plus. Il les regarda lui sourire tendrement tandis que son visage s'illuminait d'une joie extrême. Emma se leva de sa chaise et écarta les bras, il vint s'y engouffrer promptement alors que ses yeux, pleins de larmes, se posèrent sur Regina.

« Je suis si heureux de te voir à la maison ! » S'exclama-t-il en lui claquant un bisou sur la joue.

« Moi aussi, gamin, je suis contente d'être là. »

Il la serra, de nouveau, dans ses bras puis se tourna vers la brune, un air interrogateur.

« Maman ? Emma est là pour le repas ? Ou… »

« Elle s'installe à la maison, mon chéri. »

« C'est vrai ? »

« Si je te le dis ! » Répondit-elle avec un sourire éclatant.

Henry ouvrit grand les yeux, il n'osait plus espérer, mais ces mots prononcés de sa bouche, lui fit réaliser que son rêve devenait réalité. Toute tension dans son corps se dissipa en même temps que son cœur jubilait à cette annonce. Il contourna le bar puis se jeta dans ses bras. Il la souleva du sol ne pouvant contenir son bonheur.

« Merci maman ! Merci ! »

« Tu es devenu fort, dis donc ! » Rigola la brune alors qu'elle sentait le sol, à nouveau, sous ses pieds.

« Tu as retrouvé la mémoire ? On est redevenu une famille ? » Demanda le jeune homme, surexcité.

Un silence pesant s'abattit suite à cette question. Il les regarda à tour de rôle puis Henry comprit face au mutisme d'Emma et à son visage fermé. Il reporta son attention sur la brune et l'interrogea du regard.

« Nous serons en quelques sorte en collocation... » Déclara Regina.

La blonde souffla alors qu'elle jeta un regard triste à sa femme qui ne manqua pas de la fixer durement.

« C'est ça en colloc ! » Ironisa Emma.

« Mais on reste ensemble, maintenant ? » Demanda le jeune homme.

« Ouais, gamin ! »

« C'est un début ! »

Il sourit largement, content de les revoir dans la même pièce, quoiqu'il sentît leur entente fragile. Henry remarqua juste à l'instant qu'une tension palpable subsistait entre elles, il ne s'en formalisa pas et prit la brune dans ses bras puis invita la blonde à les rejoindre. Cette dernière lui sourit chaleureusement et profita de ce câlin pour être à proximité de sa femme. Elle effleura du bout des doigts, le dos de sa main mais son recul lui brisa le cœur. Regina lui jeta un regard noir alors que celui de la blonde exprimait une profonde tristesse. Maintenant qu'il était presque aussi grand qu'elles, Henry ne remarqua pas leur comportement, son euphorie lui cachant les signes du malaise.

Ils passèrent rapidement à table après un coup de fil à ses amis pour repousser leur rendez-vous. Une atmosphère difficile et pesante plana au-dessus d'eux au début du repas. Le jeune homme en profita pour les observer, elles semblaient nerveuses et au bord de la dispute. Il resta silencieux tandis qu'il voyait les regards meurtriers de la mairesse à l'égard d'Emma qui ne bronchait pas et gardait une pointe de tendresse sur le visage. Il avait l'impression de remonter plusieurs années en arrière quand il faisait son maximum pour les rapprocher. Henry ne savait pas ce qui s'était passé avant son arrivée mais il n'aurait jamais cru se retrouver dans ce genre de situation plus qu'étrange. Il décida de mettre un peu de bonne humeur pendant ce repas en racontant des histoires drôles du lycée. Sa technique marcha du feu de dieu et l'atmosphère s'allégea quand des rires résonnèrent dans le salon. La fin du repas se déroula dans le calme avec un minimum d'animosité, les deux jeunes femmes faisant un effort surhumain pour voir leur fils heureux.

« Bon, je vais vous laisser ! » S'exclama-t-il en débarrassant son assiette.

« Tu rentres à quelle heure, mon chéri ? »

« Justement, j'aimerais dépasser le couvre feu ce soir ! »

« Je ne vois pas l'intérêt. » Annonça Regina, catégorique.

« Ben, là, ce soir, je vais voir mes potes et je rentre toujours avant eux... » Dit-il avec un air de petit garçon. « S'il-te-plait. »

« C'est toujours non ! »

« Bébé, laisse-le, ils doivent le vanner sur ça ! » S'exclama Emma en buvant un peu de vin.

« 22h30, c'est largement suffisant. » Dit-elle en croisant les bras sur sa poitrine, le regard menaçant.

La suite de la conversation se joua comme un match de ping-pong, où chacune d'elles se renvoyaient des piques sarcastiques sans baisser leur défense. N'osant intervenir, Henry resta muet comme une carpe, il savait que la situation était tendue mais n'imaginait pas à tel point, pour si peu de chose de surcroît. Il pouvait discerner la colère, le désespoir dans leur voix et sentait une grande nervosité dans leur geste. D'un coup, Emma se tourna vers son fils.

« Henry, je t'autorise à rentrer à minuit, ok ? Comme avant, le samedi soir. » Déclara-t-elle en débarrassant son assiette.

« De quel droit, osez-vous outre passer mon autorité ! » S'indigna Regina en la suivant à la cuisine.

Henry n'attendit pas son reste et il sortit précipitamment avant de se faire harponner par sa mère. Il ne voulait pas non plus se retrouver mêlé à cette querelle alors qu'il sentait qu'un autre problème se jouait derrière ces mots. La porte d'entrée claqua pendant que des cris s'élevaient de la cuisine.

« Je te rappelle que je suis sa mère aussi, j'ai le droit de prendre ce genre de décision ! »

« Et je le suis également ! » S'écria Regina, à bout de nerf.

« Une mère qui croit encore que son fils à 11 ans ! »

La brune resta muette, le regard perdu, un instant. Elle venait de perdre la bataille. Emma n'en resta pas là et ajouta plus calmement :

« Et pourquoi, ne pas lui avoir parlé de cette histoire d'essai ? »

« Car il nous a interrompu en pleine négociation. »

« Quelle négociation ?! À peine arrivée, tu veux déjà me foutre dehors ! » Souffla la blonde, épuisée.

« Non, c'est une période d'essai, ne jouez pas sur les mots, Miss Swan. Si notre cohabitation se déroule à l'exemple d'aujourd'hui... » La brune prit une profonde inspiration pour dire ses mots : « Nous y mettrons un terme. »

« Bon retour chez soi ! » Ironisa Emma alors que son cœur se brisait, elle ajouta la voix tremblante : « Tu ne peux pas savoir à quel point, ma femme me manque... »

Regina préféra rester silencieuse, mais son regard parlait pour elle. Sa haine contre la blonde était sans limites, mais elle contrôla de son mieux cette violence qui se déchaînait dans son corps. La brune savait que si elles continuaient à se disputer de la sorte, elle pourrait faire une erreur qu'elle regretterait toute sa vie.

Toutes deux sentaient que la rage de cet échange laisserait des traces, mais tout était dit, la pression autant que la colère s'échappaient pour ne laisser qu'épuisement et tristesse. Regina regarda s'éloigner Emma dans le salon, tête baissée, mais cette dernière réapparut aussitôt.

« Juste une question, je ne veux plus me battre. Où as-tu mis tous nos souvenirs ? »

« Dans la chambre principale, ils sont dans un coin de la pièce. »

« Merci... »

Emma repartit après un dernier regard attristé sur la brune. Elle monta lentement les escaliers et se posta devant la porte de la chambre. Une forte appréhension paralysa son corps, mais elle ressentait le besoin de tenir entre ses mains, de voir de ses yeux, les restes de leur amour. Elle pénétra dans la pièce au bout d'interminables minutes, mais ne s'attarda pas. Emma s'assit, ensuite, au milieu de son lit puis éparpilla tous les albums autour de ses jambes. Comment allait-elle différencier ces deux Regina ? Comment faire pour que celle se trouvant en bas ne prenne pas les souvenirs de son ancienne femme ? Un tas de question tiraillèrent son esprit et ses sentiments se mélangèrent plongeant son cœur dans le chaos... Déjà au bord des larmes, il lui fallut seulement quelques photos pour éclater en sanglots, la douleur emportant tout sur son passage...

Regina monta à l'étage après avoir passer ses nerfs sur la vaisselle ainsi que sur le nettoyage inutile de la cuisine. Elle ne comprenait pas cet excès de colère, mais les réactions d'Emma l'avaient encouragée à prononcer des mots dépassant largement ses pensées. Maintenant, qu'elle retrouvait un semblant de calme, elle voulait se détendre dans sa chambre avec un bon livre. Mais avant de rejoindre son lit, un bruit attira son attention. Curieuse, elle avança doucement, le son guidant ses pas jusqu'à la porte de la chambre d'Emma. Son oreille se colla silencieusement au bois pour entendre les sanglots étouffés de son occupant. Ses yeux se fermèrent tandis que sa main se posa sur sa bouche. Paralysée par la douleur foudroyant son cœur , Regina mit plusieurs minutes pour que son cerveau se remette à fonctionner. Elle pouvait entendre son prénom murmuré entre deux soubresauts. Toujours dans le silence, son front prit appui sur la porte et sa main s'y posa à plat, également. La première réaction de son corps était d'aller l'enlacer, de faire sécher ses larmes qu'elle ne voulait plus voir, ni entendre, mais elle se retint au dernier moment. Regina préféra rester plantée devant cette fichue porte, des larmes silencieuses humidifiant ses joues...

Vue de l'extérieur, la scène était tragique, deux cœurs meurtris hurlant leur souffrance, mais l'entêtement de leur propriétaire les condamnant chacune à la solitude...


A suivre... Et voilà une fin de chapitre pas très joyeuse, mais ne vous inquiétez pas ! Les chapitres suivants seront sous de meilleurs auspices :)

A la semaine prochaine et joyeux noël ! :)