Bonjour à tous !
Vous allez bien ? Vous vous êtes remis de votre réveillon ? Pour ma part, pas trop mal^^
Une nouvelle fois, je vous remercie pour vos messages encourageant, cela me fait vraiment plaisir :)
Pour répondre à un lecteur qui se pose beaucoup de question sur la mémoire de Regina, je ne peux lui répondre donc je propose simplement de continuer à me suivre pour découvrir ce que je vous réserve^^
J'ai eu également une proposition pour accéléré la mise à jour de la fanfiction, donc je lance un sondage général ? Etes-vous partant pour deux chapitres par semaine, Lundi et Jeudi par exemple ? Vous pouvez me répondre par mp ou dans vos rewiews. Merci !
Allez passons au plus important ! Bonne lecture !
Le lendemain, en début d'après-midi...
Regina et son fils venaient d'arriver au centre équestre. Tout joyeux, Henry lui prit la main pour l'entraîner devant un box, il gardait secrètement l'espoir que cette rencontre avec son passé fasse un déclic chez sa mère...
Timidement, presque comme une enfant découvrant son cadeau de Noël, la brune jeta un œil à l'intérieur. Son regard s'illumina de mille feux à la vue de l'animal, la jument était magnifique et elle se tenait fièrement face à elle. Les crins et ses extrémités marron foncé accentuaient sa robe noire et en la fixant, Regina perçut une certaine noblesse au fond de ses yeux. En totale admiration, une joie intense étira les lèvres de la brune, elle retrouvait son âme d'enfant et recollait avec les meilleurs souvenirs de sa vie...
« Altesse... » Murmura-t-elle, en avançant doucement.
Seules les oreilles de la jument bougèrent au son de sa voix, ses yeux restant fixés sur sa cavalière.
« Je peux comprendre que tu m'en veuilles mais je vais me rattraper... » Poursuivit-t-elle sur le même ton. « Je m'occuperai de toi comme j'aurais dû le faire... »
Regina s'avança encore un peu, adoptant une gestuelle calme sans jamais lâcher une seule seconde, le regard de sa jument. Un mètre les séparait l'une de l'autre et la brune décida de lever lentement sa main pour savoir si l'animal s'approcherait. Ne voyant aucun mouvement de sa part, elle lui sourit tendrement avec les yeux brillants.
« Laisse-moi une seconde chance, Altesse... »
La jument remua sa tête comme si elle pesait le pour et le contre de cette proposition mais d'un coup, elle fit un pas en avant et baissa sa tête pour venir à l'encontre de la main. Un sourire éclatant s'afficha sur le visage de la brune, son cœur accéléra tandis que ses doigts découvraient son museau, son front avant de passer ses bras à l'encolure pour un tendre câlin de retrouvaille.
Son fils, derrière elle, observait attentivement le déroulement de la scène avec émotion. Il fut déçu en ne voyant aucun signe apparent d'un recouvrement de mémoire même infime, mais il arriva à mettre de côté sa déception pour s'en tenir au bonheur irradiant sa mère.
« Bon maman, on prépare les chevaux et l'on part en balade ? » Demanda-t-il, tout sourire.
« Oui, mon chéri, rendez-vous à l'entrée du parc. »
Ils échangèrent un sourire avant de s'occuper de leurs chevaux respectifs. Regina caressa longuement sa jument tout en murmurant de douces paroles. Elle s'émerveillait devant chaque découverte, autant par la finesse de ses muscles que le soyeux de son poil. Ensuite, elle mit le tapis au creux de son dos avant d'ajuster la selle. Tous ses mouvements lui venaient automatiquement, marchant à l'instinct et sachant d'avance où se trouvait le matériel nécessaire. Sa jument resta tranquille pendant tout le processus jusqu'au filet qu'elle accepta sans broncher. Regina la cajola un petit moment encore avant de la sortir de l'écurie, après tout elle faisait tout juste sa connaissance, mais son cœur sentait leur lien puissant.
Quand les rayons du soleil se posèrent sur la jument et que les crins virevoltèrent au gré d'une légère brise, Regina était subjuguée par tant de beauté. Elle était majestueuse et semblait d'un tempérament calme. Malgré la mémoire qui lui faisait toujours défaut, elle savait que sa jument lui correspondait parfaitement.
Un bruit de sabot se fit entendre dans son dos, elle se retourna pour voir arriver son fils, prêt pour la balade. Un immense sentiment de fierté l'envahit et il s'exprima autant par son regard que son sourire en coin.
« Je te présente Diablo ! »
« Vous êtes beaux tous les deux ! »
« Tu es prête ? » Demanda-t-il, dans un large sourire.
La brune hocha la tête et enfila sa bombe avant de mettre un pied à l'étrier. Elle se hissa facilement sur sa monture, prit en main les rênes et dans un claquement de langue rejoignit son fils. Ils marchèrent tranquillement au pas pendant plusieurs minutes, savourant l'instant.
« Ils sont de la même famille ? » Demanda-t-elle. « Ils se ressemblent beaucoup. »
« Non, mais c'est vrai que la seule différence est la tâche blanche de Diablo sur son front. » Répondit-il, dans un sourire.
« D'accord et avant l'accident, nous faisions beaucoup de balade ensemble ? »
« Tu m'as tout appris ! Comment monter, m'occuper de lui et j'en passe ! Donc oui, nous passions beaucoup de temps ici. »
Ils échangèrent un sourire complice.
« Je suis heureux de retrouver une partie de toi, maman... »
« Explique-toi ? »
« C'est simple, accident ou pas accident... » Il baissa les yeux avant d'ajouter dans un murmure. « Au contact des chevaux, tu restes là même... »
« Une passion reste une passion. Je fais de mon mieux pour m'adapter mon chéri... » Dit-elle en le fixant.
« Je sais... »
Soudain, Diablo bougea furieusement sa tête tout en tapant ses sabots sur le sol. Rapidement, Regina maîtrisa sa monture, mais instinctivement prit peur pour son fils et en l'observant, elle s'aperçut de sa dextérité pour calmer son étalon. Immédiatement, son regard s'emplit de fierté. Il tourna la tête dans sa direction et capta l'émotion, il lui répondit par un large sourire avant de lui expliquer la volonté de Diablo. Un petit rire s'échappa de la gorge de Regina avant de voir Henry partir au galop. Elle le suivit des yeux et observa son fils un cavalier accompli sur un magnifique étalon baignant dans la lumière du soleil… Elle ne pouvait pas être plus heureuse qu'en cet instant... Il s'éloigna rapidement alors la brune ajusta sa position et donna l'ordre à sa jument de s'élancer à son tour. Une liberté totale s'offrait à elle avec les cheveux aux vents, la prise sûre et l'immense parc proposant une large variété de terrain...
Ils galopèrent ensemble une grosse heure alternant les pointes de vitesse, slalom entre les arbres et la joie de chevaucher côte à côte. Ils échangèrent de nombreux regards et rires complices avant de s'arrêter près d'un petit ruisseau. Tous deux descendirent des chevaux et après de longues caresses, ils les laissèrent se reposer tranquillement.
« C'était génial ! Maman ! » S'écria Henry, des étoiles dans les yeux.
« Comme tu le dis ! Oui, c'était génial ! »
Reprenant également leur souffle à l'ombre d'un arbre, Regina en profita pour sortir deux petites bouteilles d'eau de son petit sac à dos. Ils s'assirent dans l'herbe et la conversation s'enchaîna sur les exploits d'Henry en matière d'équitation. La brune avait du mal à se faire à l'idée de son niveau et surtout d'avoir oublié son évolution. Elle réalisa que la perte d'une partie de sa vie en général l'attristait grandement, mais les souvenirs concernant son fils la faisaient terriblement souffrir, à un point inimaginable...
« Henry, avant que Diablo exprime son besoin d'exercice... Je voulais te dire que je suis là, si tu as besoin de parler... » Dit-elle, les yeux brillants de larmes.
« Je l'ai toujours su, maman... Mais beaucoup de ce dont je veux te parler concerne Emma... »
Regina fixa son fils et se détesta en voyant la tristesse tirer ses traits, soudain. Elle respira profondément à plusieurs reprises pour ravaler ses propres larmes et dit dans un souffle :
« Parle moi d'elle... »
« Hein ? » Demanda le jeune homme, les sourcils froncés.
« Parle moi... de Emma et de nous trois... » Expliqua la brune timidement.
Henry resta silencieux en gardant ses yeux ronds sur sa mère. Il mit quelques secondes avant de réaliser les paroles entendues. Son cœur s'accéléra en même temps que son visage s'illuminait de joie. Il sauta dans ses bras en lui redemandant :
« C'est vrai ? »
« Oui ! Si je te le dis ! » Ria-t-elle en le serrant fort.
« Tu m'avais dit, ne pas être prête alors je me taisais, mais maintenant c'est bon ? » S'exclama Henry, en se remettant en face de sa mère.
« Oui. Maintenant, je voudrais en savoir plus et surtout je ne veux plus te faire de peine, mon chéri... » Expliqua-t-elle, en baissant les yeux, triste.
Il lui sourit en relevant son visage à l'aide de ses doigts et commença son récit. Tous les souvenirs en rapport avec l'écurie, de sa première séance à cheval, à sa première chute en passant par ses longues heures d'apprentissage à ses côtés ainsi que ses moments d'entretiens de l'écurie avec David. Il conta les essais de la blonde au manège sur un vieux canasson, sa peur à demi avouée et même avec Regina dans son dos, elle ne parvenait pas à adhérer à leur passion. Le jeune homme expliqua leurs longs dimanches à galoper et Emma apportant un pique-nique pour une pause familiale. La brune écoutait attentivement le monologue de son fils, les coudes appuyés sur les genoux et sa tête reposant sur ses mains. Il donnait vie à son récit par des simagrées, de grands gestes ou en s'amusant à rejouer les scènes corps et âme. Regina ne décrochait pas son regard de lui et passait aisément du rire à la tristesse suivant les moments de l'histoire. Elle semblait captiver par ses dires, s'imprégnant de ses émotions, s'imaginant ses souvenirs n'appartenant qu'à eux, désormais... Le cœur de Regina se mit à s'accélérer aux images de tous les trois rigolant sous le soleil, de la complicité, de l'amour existant entre elles quand Henry les observait de loin...
Soudain, alors qu'une image de bonheur avec elle, se matérialisait dans sa tête, une violente douleur déchira sa poitrine. Une main sur celle-ci, l'autre sur l'herbe pour se soutenir, Regina chercha désespérément de l'oxygène.
« MAMAN ! » S'écria Henry en se précipitant sur sa mère. « MAMAN ! Que se passe-t-il ? »
Il balaya le parc des yeux mais ne vit personne aux alentours, il se retrouvait seul pour l'aider. Il la voyait manquer d'air avec le visage déformé par la douleur et paniqua immédiatement. Passant ses bras autour de ses épaules, Henry murmura des mots rassurants à son attention, ne sachant pas quoi faire d'autre. La brune n'arrivait pas à maîtriser son mal, ni même à reprendre son souffle, elle voulait lui parler pour le rassurer, mais elle parvenait de justesse à ne pas crier. Son corps bascula dans les bras du jeune homme et elle sentit, d'un coup, son calvaire se disperser dans l'ensemble de ses membres, remplir sa tête et ses pensées puis plus rien. L'air put rentrer, à nouveau, dans ses poumons et son cœur reprit un rythme cardiaque raisonnable. Soulagée, Regina enlaça son fils et se fut à son tour de le rassurer. Ses joues inondées de larmes sous la peur, il mit plusieurs minutes à se calmer.
« Maman ! Explique-moi ce qui vient de se passer ? » Demanda-t-il, les yeux encore rouges.
« Je ne le sais pas... ça m'arrive de temps en temps, mais ne dure jamais bien longtemps. » Elle fixa son regard dans le sien. « Rassure-toi, Henry, c'est fini, je me sens mieux. »
« Mais tu as mal où ? Et depuis combien de temps ça dure ? »
« Depuis mon réveil, il me semble et j'ai comme la poitrine qui va exploser... »
« Tu sais que ce n'est pas normal ! Tu es allée voir un docteur ? » Demanda-t-il, inquiet.
« Je n'ai pas trop eu le temps d'y penser, mais crois-moi, je vais bien, à présent. » Répondit la brune dans un sourire convaincant.
L'adolescent acquiesça, suspicieux, mais ne préféra pas insister. Il en parlerait à sa deuxième mère dès que possible. Ils attendirent plusieurs minutes, dans les bras l'un de l'autre, récupérant de leurs émotions avant de se remettre en selle pour se changer les idées et ne pas gâcher cette belle après-midi.
Le soir même...
Regina et Henry étaient épuisés par leur journée d'équitation et la blonde s'amusait à les charrier à ce sujet après leur avoir raconté sa visite chez Mary-Margaret durant l'après-midi. Le repas venait de se terminer et ils se retrouvèrent ensuite dans le salon pour entamer cette soirée. Emma s'installa dans le canapé et observa sa femme s'allonger dans un autre sofa perpendiculaire au sien puis se recouvrir d'une petite couverture. Un petit sourire s'afficha sur les lèvres d'Emma, contente de savoir que cette dernière ne partirait pas s'enfermer dans son bureau pour bouquiner. Une des premières soirées en famille, comme avant.
« Une petite partie avant que j'aille dormir ? » Demanda Henry, heureux également de voir ses deux mères ensemble.
« Ouais ! Avec plaisir ! » La blonde tourna sa tête. « Bébé, ça ne te dérange pas ? »
« Faites comme bon vous semble, je suis trop fatiguée pour suivre un film. »
Ils sourirent à la brune puis allumèrent la console en prenant une manette chacun. Le jeu démarra et ils se plongèrent immédiatement dans leur monde. Regina ajusta sa position sur le coussin et regarda distraitement l'écran. À leur côté, elle se sentait tellement bien, si apaisée qu'elle en apprécia la saveur au maximum. Peu à peu, ses yeux se fermèrent et elle s'endormit avec l'image d'Emma et de son fils, heureux... Ces derniers le remarquèrent rapidement et voulant profiter de sa présence, ils coupèrent le son de la télévision et poursuivirent leur partie dans le silence.
Deux heures plus tard...
Emma éteignit la console ainsi que la télé puis elle se tourna vers son fils regardant sa mère dormir. Elle se plaça près de lui et entoura ses épaules avec son bras. Il lui sourit avant de reporter son attention sur la brune.
« J'aimerais que tout redevienne normal... » Chuchota le jeune homme.
« Moi aussi, gamin... » Répondit-elle, sur le même ton.
Ils s'enlacèrent sachant pertinemment que leurs cœurs s'emplissaient de tristesse à la perceptive de ne jamais y parvenir. Henry monta se coucher et laissa seuls ses parents. Emma se mit à genoux devant sa femme et ses yeux parcoururent son visage endormi paisiblement. Elle aimerait tellement la réveiller comme elle l'avait si souvent fait, par de légères caresses, des mots tendres, de doux baisers mais elle se retint au dernier moment. Elle avait vraiment l'impression de retrouver sa femme, celle qu'elle idolâtrait, celle qu'elle avait épousée... Finalement, après de nombreuses interrogations et de longues minutes, la blonde se permit d'accéder au velouté de sa joue. Elle la caressa lentement en même temps que ses yeux s'humidifiaient sous le poids de sa souffrance.
Regina s'éveilla doucement et ses lèvres s'élargirent immédiatement en sentant la douceur du geste. Elle ouvrit les yeux avec un sentiment de bonheur total et quand ils se posèrent sur Emma, elle ne put faire autrement que de lui rendre son tendre sourire.
« Tu devrais aller te coucher, mon amour... » Murmura la blonde, heureuse de l'image devant ses yeux.
« Oui... »
« Tu veux que je t'accompagne ? »
« C'est gentil de votre part mais non merci… » Dit-elle rougissant légèrement, touchée par l'attention.
Regina s'assit sur le canapé tout en remettant de l'ordre dans ses cheveux. Elle bailla sous le regard attendri du shérif puis monta lentement à l'étage. En la regardant partir, Emma sentit que son cœur allait exploser avec toutes ses émotions l'assaillant. Se perdant dans ses pensées, elle plia la couverture et rangea le salon.
Soudain, un bruit sourd attira son attention, la blonde courut à l'étage pour voir Regina effondrée sur le sol au milieu du couloir.
« Regina ! »
Elle se précipita à ses côtés, le cœur battant la chamade et l'angoisse envahissant son corps. Henry alerté par le bruit, sortit de sa chambre.
« Regina, que se passe-t-il ? Réponds-moi ! » Demanda-t-elle, soucieuse.
« Maman, tu as encore mal à la poitrine ? »
« Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? »
« Je te raconterai ! » S'exclama le jeune homme effrayé en se mettant à genoux.
Emma le regarda, intriguée mais reporta son regard sur sa femme, se tordant de douleur. Elle lui posa des questions mais n'obtenant aucune réponse, l'entoura de ses bras pour la coller à son corps.
« Henry, appelle les secours ! »
Il capta l'ordre et commença à se relever quand il entendit la brune l'arrêter. Cette dernière fixa les yeux verts du shérif et murmura qu'elle se sentait mieux.
« Tu vas mieux ? Tu en es sûre ? »
« Oui... Je vous assure... » Dit Regina faiblement en se blottissant contre sa poitrine.
Emma, malgré ses sourcils froncés, savoura l'étreinte recherchée par sa femme. Ses lèvres déposèrent de tendres baisers sur ses cheveux en même temps que sa main cajolait son dos pour l'apaiser.
Henry s'assit en face de ses mères et raconta la mésaventure de leur après-midi ayant vu le regard interrogateur de la blonde. Au fil du discours, le visage de celle-ci blêmit et à la fin, regarda son épouse.
« Je veux que tu prennes rendez-vous chez le docteur dès demain. »
« Je ne pense pas que cela soit si grave... »
« Je ne te laisse pas le choix ! » Annonça Emma, le regard dur et la voix grave.
Regina n'avait pas la force de répliquer alors elle hocha la tête avant de se retirer de son étreinte. Elle se releva péniblement et les remercia chaleureusement. Elle les rassura, une nouvelle fois et ils prirent le chemin de leur chambre seulement après l'avoir embrassée sur la joue. La brune prit une profonde inspiration puis s'engouffra dans la salle de bain, tentant d'oublier la souffrance ressentie. Une fois entre les draps de son lit, une multitude de questions bourdonnant dans sa tête, l'empêcha de fermer l'œil. Pour la énième fois, elle avala des cachets et chercha désespérément le sommeil...
Le lendemain...
Dans la matinée, en ce début de semaine, les deux jeunes femmes se rendaient à l'hôpital. Pour Regina, toutes ses douleurs venaient sûrement de séquelles dues à l'accident, mais Emma s'en faisait une tout autre idée et l'avait convaincue au moyen de lourds arguments et de réclamations incessantes. Suite à l'acceptation de la brune, un silence pesant s'installa entre elles jusque dans la voiture et se poursuivit pendant le trajet. La blonde se gara devant l'hôpital et soudain, sa compagne sauta littéralement de la voiture.
« Attends-moi ! » S'exclama-t-elle en coupant le moteur.
« Je ne vous oblige pas à m'accompagner. » Trancha la brune sans se retourner.
« Mais tu n'as pas le choix, bébé, alors attends-moi ! »
Emma courut pour la rattraper et attrapa son bras.
« Je ne vous permets pas ! » Dit la brune en la fixant.
« Mon amour, calme-toi... » Elle enleva sa main tout en soufflant. « Tu es vraiment de mauvais poil ce matin... »
« Peut-être parce que je suis obligée de venir ici et de vous supporter de surcroît ! »
« Tu es dure, je m'inquiète seulement ! » Répondit la blonde, le ton sec.
Regina la fixa quelques secondes lisant clairement l'angoisse sur son visage. Elle prit une profonde inspiration essayant de se calmer puis leva les yeux au ciel. Elle fit un signe de tête et toutes les deux rentrèrent dans le hall de l'hôpital. Elles annoncèrent leur présence et attendirent quelques minutes avant de voir arriver le Docteur Whale dans sa blouse blanche, dossier en main.
« Bonjour Mesdames. » Dit-il avec un petit sourire.
« Comment allez-vous depuis ma dernière visite ? Il n'y a pas eu trop de casse ? » Demanda la brune ironiquement.
« Regina ! »
Leurs regards s'accrochèrent un petit instant puis la blonde expliqua la raison de leur venue. Il les observa le visage grave avant d'emmener la mairesse. Emma souhaita l'accompagner, mais il lui indiqua une salle d'attente. La blonde regarda partir sa femme, le cœur serré par l'angoisse. Cette dernière ne lui adressa aucun regard ou sourire, elle semblait si indifférente à sa peur. Emma s'assit donc dans la salle d'attente ressemblant étrangement à celle où elle avait appris cette tragédie. Toute sa vie avait basculé depuis ce jour fatidique. Beaucoup d'émotions de ces souvenirs refirent surface et sa tête entre ses mains, elle chercha à dissimuler ses larmes.
Quarante-cinq minutes plus tard...
Regina souffla de soulagement et sortit ravie dans le couloir, elle venait de finir tous les examens imposés par le Dr Whale et même une visite de contrôle sur ses blessures corporelles, sans son accord. Heureusement, ces dernières cicatrisaient bien et d'après une infirmière, laisseraient peu de traces. Dans le couloir et comme on lui avait signalé, elle se dirigea vers la salle d'attente où se trouvait le shérif. En pénétrant à l'intérieur, ses yeux se baissèrent sur cette dernière relevant la tête, les joues rouges. Un pincement au cœur se fit sentir en soutenant son regard mélangeant la détresse, la peur et l'amour. Elle était allée encore trop loin, ne se souciant aucunement des émotions du shérif. Un sentiment de culpabilité la saisit et Regina esquissa un petit sourire réconfortant puis s'assit à ses côtés en tapotant sa cuisse de la main. Emma essaya de l'attraper, mais interrompit son geste à quelques centimètres. Elles se fixèrent un instant avant que la brune empoigne sa main pour la serrer. Un tas d'émotions envahirent la brune, elle aimait la sensation d'être accompagnée, soutenue, de ne pas se sentir seule et en avait oublié les effets bienfaiteurs. Ce regard, ce geste la touchaient au plus profond de son cœur. Cela faisait si longtemps qu'elle voguait sur le courant de la vie en solitaire que la savoir près d'elle, la rendait légère et insouciante. Emma reconnut sa femme, une fraction de seconde et son cœur se gonfla de bonheur oubliant tout ce qui l'entourait.
Elles étaient tellement absorbées par leurs émotions autant que par leurs regards, qu'elles n'entendirent pas le médecin entrer dans la pièce. Il toussota légèrement signalant son arrivée. Regina fut la plus rapide à réagir, elle se releva immédiatement tout en lâchant la main de la blonde, mal à l'aise. Dès le contact rompu, la blonde redescendit sur terre et imita sa compagne en portant son attention sur l'intrus.
« Je vous écoute ? » Ordonna la brune, le regard soudain noir.
« Tout d'abord, nous ne pouvons rien affirmer sans avoir la totalité des résultats. Nous avons néanmoins le résultat de la radiographie où il n'y a rien d'alarmant à première vue. »
« Vous m'avez fait attendre pour cela ? »
« Bébé, s'il te plaît... »
Regina leva les yeux au ciel en croisant les bras, visiblement agacée. Emma fit un signe de tête au médecin et il poursuivit en s'adressant principalement à celle-ci.
« Le scanner que vous nous avez expressément demandé, donnera plus de précision et pareillement pour la prise de sang. »
« Et les résultats, nous les aurons quand ? » Questionna la blonde doucement.
« Le plus long sera l'analyse de sang, mais comptez avoir de nos nouvelles d'ici trois jours. »
« Faites votre maximum, docteur. » S'exclama le shérif en regardant sa compagne.
Il leur sourit en hochant la tête.
« Bon, maintenant que vous avez fini, j'ai une ville à faire tourner. » Déclara Regina en sortant de la salle d'attente.
Emma mit ses mains sur les hanches tout en baissant la tête, complètement dépassée par ce comportement glacial même à son propre sujet. Elle s'excusa auprès du Dr Whale avant de courir à sa suite.
Au même moment...
La sonnerie du lycée retentit, avertissant la fin de la récréation. Henry descendit d'une table en bois située dans un coin de la cour, en mettant son sac sur le dos, Grace sur ses talons. Elle prit sa main et posa sa tête sur son épaule. Ils marchèrent en silence quand d'un coup, l'adolescent s'arrêta.
« Henry ? »
« Je te laisse partir devant, je te rejoins après... » Répondit-il, les yeux fuyants.
« Non, tu ne peux pas y aller maintenant, nous avons cours... »
« Mais je dois y aller, il faut que je fasse quelque chose, je n'en peux plus de rester spectateur ! » S'exclama-t-il en agitant les bras, la colère prenant le dessus.
« Tu crois que je ne le sais pas, tu ne parles que de ça ! On essaye de t'épauler au mieux ! J'essaye d'être là dès que tu as besoin mais j'ai toujours l'impression que je ne te sers à rien ! » S'écria Grace, les yeux brillants.
Le jeune homme l'enlaça immédiatement puis murmura à son oreille :
« Je suis désolé pour tout ça... Je te jure que tout ce que tu fais compte énormément pour moi... »
« Fais ce qu'il te semble bon de faire, tu sais que je te soutiendrai toujours... » Chuchota la jeune fille en caressant sa nuque.
Il sourit largement et l'embrassa dans le cou avant de prendre possession de ses lèvres tendrement. Il lui promit de lui montrer toute sa reconnaissance très bientôt et se dirigea vers le portail du lycée après un dernier baiser volé.
En marchant sur le trottoir, Henry savait que s'il se faisait attraper à sécher le lycée, il en prendrait pour son grade, mais sentait, au plus profond de lui, qu'il devait essayer. Toute cette histoire entre ses parents le rendait presque fou à certain moment et apprendre les douleurs de la brune l'alarmait encore plus. Il força le pas pour atteindre plus vite sa destination. En traversant un parc, ses pensées vagabondèrent au rythme de sa marche et il se rappela les souvenirs se rattachant à ce lieu. Regina apprenant à jouer au foot avec lui et la blonde ne sachant pas si elle devait se moquer ou l'aider. Leurs longues après-midi pendant qu'il se familiarisait avec ses nouveaux rollers avant la chute qui lui valut un poignet foulé malgré toutes ses protections. Il sourit à ces images en se souvenant de la tête de la brune chez le docteur et son implication pour son « rétablissement ». Il avait appris à aimer sa protection presque maladive autant que l'attitude désinvolte de la blonde lui laissant faire ses propres expériences. Elles avaient trouvé un juste équilibre pour son éducation et il ne les remercierait jamais assez pour cela. Puis il y a eu l'accident et sa vie vola en éclats avec ses certitudes, ses projets pour l'avenir. Il ne manquait pas de soutien avec sa petite amie et ses amis, ses grands-parents répondant toujours présents sans oublier ses deux mères montrant tout leur amour. Malgré tout ça, il se sentait terriblement seul et impuissant à certain moment...
Sans s'en rendre compte, il venait de dépasser la boutique d'Antiquités. Il secoua la tête, remettant ses idées en ordre et revint sur ses pas. Se postant devant la porte en bois, son regard examina pour une raison inconnue les arabesques gravées. Le stress monta en flèche et sa respiration s'accéléra en pénétrant à l'intérieur du commerce. Le parquet craqua sous ses pas tandis que le tintement de la clochette annonçait son entrée. Il attendit quelques secondes pour voir le propriétaire sortant de l'arrière pièce du magasin, ils se saluèrent brièvement.
« Henry ! Tu ne devrais pas être en classe ? »
« Si et alors ? »
Le jeune homme le fixa, les sourcils légèrement froncés et le regard froid. Gold lui sourit gentiment tout en prenant appui sur sa canne avec ses deux mains.
« Alors que puis-je faire pour toi ? »
« Est-ce que vous avez du nouveau au sujet de ma mère ? Car vos herbes n'ont rien donné ! » S'exclama-t-il, un ton accusateur au fond de la voix.
« Henry ! Tu m'en veux d'avoir essayer de vous aider ? » Il rigola doucement avant d'ajouter : « Belle poursuit ses recherches à la bibliothèque de Storybrooke et pour ma part, j'y réfléchis... »
« Donc rien de neuf ! »
L'adolescent passa ses mains dans ses cheveux, sentant une puissante colère prendre le pas sur son angoisse.
« Effectivement, j'ai aucune réponse à t'apporter ! Mais difficile de trouver une solution sans information. » Déclara le ténébreux, calmement.
« Hein ? »
« Pour faire court, les informations me viennent de notre chère louve aux ragots sans limites, par l'intermédiaire de Belle. Le shérif se contente de m'appeler pour savoir si j'avance mais ne dit rien concernant l'état de Regina. »
Henry hocha la tête et se lança dans une longue explication les crises de colère, sa fatigue permanente et les récentes douleurs sans oublier le trouble que provoquait la blonde chez sa mère. Il essaya de n'omettre aucun événement, chaque détail pouvait avoir son importance aux yeux du Ténébreux. Ce dernier l'écoutait attentivement et gardait sur son visage, un air sérieux. À la fin du monologue, il resta pensif quelques secondes et fit quelques pas derrière son comptoir.
« C'est très intéressant ce que tu dis, Henry... Le cas de ta mère m'intrigue et me fascine... »
« Ah bon ? Alors vous avez une solution ? »
« Pas dans l'immédiat. »
Il longea le comptoir une dernière fois puis sortit de la pièce, toujours perdu dans ses pensées. Il réapparut en quelques secondes et lança :
« J'ai du travail, tu devrais retourner en classe.»
Le ténébreux disparut, à nouveau, laissant le jeune homme seul et interloqué. Ce dernier secoua la tête puis sortit de la boutique d'Antiquités.
A suivre... Merci pour votre lecture ! Suivant le résultat du sondage, la nouvelle mise à jour sera en place dès la semaine prochaine !
