Bonjour à tous !

Vous allez bien en ce début de semaine ? Pour ma part, oui, même si cette belle aventure avec vous touche bientôt à sa fin... Nous approchons à grands pas des derniers chapitres...

Je vous le redirais, mais un grand merci à tous ! Vous êtes extraordinaires !

Je vous laisse avec ce nouveau chapitre qui vous réserve, je l'espère, de bonne surprise ! Bonne lecture !


Durant deux jours, Emma resta au manoir en profitant au maximum de sa semaine de congé car les heures de travail accumulées avant le festival, l'avait complètement vidée de toute son énergie. Mais flâner sur le canapé ou sur le transat l'agaça rapidement, surtout qu'en se levant tard le matin, elle ne croisait son épouse que le soir, elle lui manquait et pour ne pas tourner en rond dans le manoir, elle s'amusa à la dorloter, en lui faisant des visites surprises à son bureau ou en lui offrant un bouquet de roses à son retour. Elle ne se lassait pas de la voir émerveillée ou émue, en colère ou attendrie. Depuis le week-end de la fête, la blonde n'arrivait plus à retenir ses sentiments débordant de son cœur, il n'était plus l'heure d'attendre un signe, elle passait à l'action pour la reconquérir et se jetait dans cette cause, corps et âme. Vers la fin de la semaine, le shérif multiplia les délicates attentions et prépara en secret son propre cadeau d'anniversaire de mariage, cette fête n'étant que la première partie de celui-ci. La seule chose qui la dérangea dans son stratagème, ce fut l'insistance de Regina pour connaître leur vie, cette dernière semblait enfin prête à l'entendre, mais Emma voulait mettre en scène ses souvenirs avec un objectif précis et devait, donc, inventer des subterfuges pour éviter de répondre. Elle avait remarqué le changement incroyable de son épouse au fil des jours, chaque sourire éclatant, geste tendre ou chaque mot susurré au creux de son oreille dévoilait les sentiments nouveaux qu'abritait le cœur de Regina, elle le ressentait au plus profond de son âme et s'en réjouissait pleinement…

Le week-end approcha à grands pas et la blonde ne tenait plus en place, tant l'impatience gagnait son cœur. Quand arriva enfin le jour et l'heure tant attendu, elle se prépara avec minutie, soigna sa coiffure autant que son maquillage avant de rejoindre son épouse à l'hôtel de ville. Elle parla quelques secondes à sa secrétaire personnelle et entra dans le grand bureau.

« Miss Swan, que m'apportez-vous aujourd'hui ? » Dit Regina, amusée par son comportement.

« Rien ! Aujourd'hui, je te kidnappe mon amour ! » S'exclama-t-elle, mystérieuse et en totale confiance.

« Comment ça ? Je travaille comme vous le voyez… »

« T'en fais pas pour ça, tous tes rendez-vous sont annulés et saches que je te retiens en otage jusqu'au bout de la nuit. »

Cette dernière contourna le bureau imposant et tendit sa main à la Reine dans une révérence.

« Vous avez définitivement d'étranges manières, Shérif ! »

« Je le sais, mais je viens des bas quartiers de Boston malgré mon sang royal… » Elle lui adressa un clin d'œil avant d'ajouter : « Venez ma Reine, vous ne le regretterez point… »

Regina plissa légèrement les yeux, s'interrogeant suite à cette demande. Elle pouvait lui faire confiance, là n'était pas la question, mais que lui préparait-elle encore ? En y réfléchissant, la brune vu ce kidnapping comme une bouffée d'oxygène tant la douleur persistait dans son corps, dû matin au soir, jusqu'à être au côté du shérif, cette affreuse sensation ne la quittait plus. L'entité se rebellait face à ses rêveries, imposait milles tourments à son corps… Dans un léger sourire, saisissant l'opportunité d'être enfin apaisée, Regina lui donna finalement sa main. La blonde l'entraîna alors jusqu'au manoir dans la voiture de police et resta silencieuse malgré les questions de sa belle. Regina se retrouva vite dans son jardin avec une Emma maîtrisant parfaitement la danse. Elle pouvait voir celle-ci se comporter tel un preux chevalier prêt à conquérir l'élue de son cœur, avec le regard malicieux, un sourire ravageur. À cette constatation, le cœur de la brune prit un rythme effréné.

« Ma reine, je vous propose une promenade et au fil des lieux que vous connaissez déjà, je vous ferai découvrir mes souvenirs… Nos souvenirs… » Expliqua Emma, charmeuse.

« Vraiment ? » Murmura la brune, heureuse d'obtenir ses réponses.

La blonde inclina légèrement la tête en signe d'approbation. Fière et déterminée, elle reprit son bras sous le sien et l'emmena vers le pommier.

« Tout commence ici… » Ajouta le shérif en regardant le pommier revêtant son plus beau feuillage.

« Je vous écoute… »

Début du flash back…

Durant plusieurs mois, la vie s'écoulait paisiblement depuis la rupture du sort noir et malgré le retour de la magie à Storybrooke. Emma profitait de son fils ayant élu domicile dans son appartement après sa violente dispute avec sa mère, surtout que depuis sa destitution du poste de Maire, cette dernière restait enfermée dans son grand manoir pour le plus grand bonheur de la communauté. Tous les habitants se retenaient pour ne pas fracturer sa porte et la mettre sur le bûcher tant leur haine ne trouvait aucune limite. Ils n'en faisaient pourtant rien car finalement la voir disparaître du paysage leur apportait une certaine satisfaction et une sérénité qu'ils avaient oubliée depuis trop longtemps.

Emma, qui rêvait depuis sa plus tendre enfance d'être entourée par une famille unie et aimante, n'aima guère s'y retrouver parachuter après 28 années, seule. Malheureusement, elle était si peu habituée à ce genre d'attention qu'elle se braquait un peu plus chaque jour. Un soir, quand, elle rentra dans son appartement et eut à peine le temps de poser sa veste, la sonnerie de son téléphone retentit :

"Oui !"

"Miss Swan ?"

"Regina, que me vaut le plaisir de votre appel ?" Répondit Emma sèchement.

"Est-ce que je pourrais parler à Henry ?" Demanda la brune avec une pointe de tristesse dans la voix.

Sans répondre, Emma plaqua son téléphone contre sa poitrine et interrogea son fils, il hésita de longues secondes avant de porter l'appareil à son oreille.

"Maman ?"

"Mon chéri, je suis si contente de t'entendre…"

"Moi aussi…" Dit-il, à la fois triste et en colère.

"Est-ce que tu voudrais venir à la maison, Miss Swan pourrait t'amener ?"

"Je ne sais pas…"

"Henry, ça fait plusieurs semaines que je ne t'ai pas vu… Tu ne veux vraiment pas venir même pour manger ton gâteau préféré ?"

Il acquiesça finalement avant de raccrocher, puis arriva à convaincre sa deuxième mère sous les regards étonnés des Charming qui virent d'un mauvais œil cet appel. Ils montèrent dans la coccinelle jaune puis le shérif démarra en direction de la demeure de Regina. Quand elle se gara à l'entrée, elle souffla d'exaspération, souhaitant être n'importe où sauf ici. Henry, malgré sa colère, était impatient de la retrouver, il ne fallait pas oublier qu'elle l'avait élevé seule pendant ses dix dernières années.

Emma avança sur les talons de son fils et fut témoin d'une scène touchante, qui l'émutmalgré elle. Regina, à genoux, le serra fortement dans ses bras, les yeux brillants de larmes. Saluant seulement le petit garçon, cette dernière faisait totalement abstraction de son entourage, voyant uniquement son sourire. Elle les fit entrer dans le manoir et les amena directement dans la cuisine où attendait une assiette garnie d'une grosse part de gâteau. Henry se saisit rapidement de la cuillère et savoura avec délectation, ce met qui lui manquait.

« Il est trop bon, maman ! » Dit-il en souriant avec du chocolat au coin des lèvres.

« Profites-en, il est rien que pour toi… » Répondit Regina en s'asseyant, le regard attendri.

Son absence pesait énormément dans son quotidien de reine déchue, elle ne pensait qu'à lui et son cœur ne battait que pour lui. Chaque soir au fond de son lit, elle essayait de trouver un moyen de se racheter à ses yeux, mais, au fil des jours, il s'éloignait irrémédiablement d'elle…

Appuyée contre un mur, Emma suivait la scène, elles n'avaient échangé aucun regard, aucun mot, mais, à cet instant, trouva que son fils exagérait, après tout, la brune ne lui demandait pas grand-chose.

Au bout d'une demi-heure, Regina se tourna vers elle et brisa le silence :

« Miss Swan, puis-je vous parler ? »

« Vu que je suis là, je n'ai pas le choix ! » S'exclama Emma, fatiguée.

« En privé. »

La blonde leva les yeux au ciel avant de la suivre dans son bureau personnel.

« Tout d'abord, je vous remercie de m'avoir amené Henry… » Déclara-t-elle en refermant la porte.

« C'est notre fils à toutes les deux. »

« Il me manque énormément, vous savez… » Murmura la brune en posant un regard vide à travers la baie vitrée.

Plantée au milieu de la pièce, Emma garda le silence sous ces mots démontrant un réel chagrin.

« J'ai un service à vous demander. » Reprit-elle, plus froide, éloignant sa tristesse poindre au coin de l'œil d'un revers de la main.

« Nous y voilà, ce n'est pas pour Henry que vous m'avez fait venir ici ! » Ironisa la blonde, excédée.

« Ne doutez jamais de l'amour que je lui porte sans risquer de graves conséquences ! » Se justifia la reine, la voix chargée d'animosité.

« Que voulez-vous ? » Demanda le shérif, ne craignant pas ses menaces.

« Mon pommier est malade, si je ne le traite pas, il va mourir dans les prochaines semaines. »

« Et ? »

« La seule solution est un produit en dehors des frontières de Storybrooke, vous êtes la seule à pouvoir vous y rendre sans perdre la mémoire. »

« Sérieux ! Je vous rappelle que ce n'est qu'un arbre ! »

« Non, pas seulement ! » S'exclama la brune, le regard noir.

« La magie ne peut rien ? »

« J'ai promis à Henry de ne plus l'utiliser. »

Elles se regardèrent intensément, se défiant littéralement. Dans sa tête, Emma rejeta en bloc cette requête, mais demanda, tout de même :

« Je dois me rendre où ? »

La brune lui tendit un papier avec la description du produit, le nom de la boutique et de la ville. Emma le mit directement dans sa poche de jean.

« Quatre heures de route sont nécessaires. Toute la région est touchée par ce fléau qui s'attaque à tous les fruitiers, ce genre de pandémie n'était pas arrivé depuis de nombreuses années. »

À ces mots hautains, face à ce comportement prétentieux, le sang du shérif ne fit qu'un tour, son regard se durcit et la colère prit rapidement le dessus sur ses autres sentiments contradictoires.

« Non, mais, je ne suis pas votre larbin ! Je m'en fiche de votre arbre, moi ! »

Emma claqua la porte, les nerfs à vifs. Pour qui se prenait-elle pour demander tel service ? Elle déboula dans la cuisine et ordonna à Henry de monter dans la voiture. Regina, qui s'attendait à cette réaction, arriva rapidement aux côtés de son fils, lui fit un câlin avant de le voir exécuter les ordres. Elle interpella le shérif sur le pas de la porte d'entrée et dit calmement :

« Ma demande est maladroite, mais, promettez-moi d'y réfléchir. »

Cette dernière plongea une dernière fois son regard émeraude dans le sien et essaya de discerner un quelconque mensonge, une once de manigance, mais rien. Finalement, elle ferma la porte, sans un mot, laissant la reine à sa solitude…

Dans la voiture, son cœur battait fort tandis qu'elle pesait le pour et le contre, Henry, surpris par ce retournement de situation, osa demander :

« Qu'est-ce qui te met dans cet état ? »

« Rien ! Juste ta mère qui croit que je suis à ses ordres ! »

« Emma ? »

« Son pommier est malade et elle veut que j'aille chercher son médicament… »

« Tu dois y aller ! » S'exclama soudainement le garçon, déterminé.

« Quoi ? »

Elle se gara en catastrophe et tourna un visage ahuri dans sa direction.

« Tu dois y aller. »

« Mais pourquoi ? Ce n'est pas mon problème ! »

« Je sais que tu lui en veux et moi aussi, mais… » Son regard changea. « Hormis moi, cet arbre est la seule chose qui fait sourire maman… »

Une semaine plus tard…

Emma reçut un autre coup de fil de Regina qui lui demanda expressément de venir chez elle. À peine, s'était-elle remise de ses longues heures de routes, que Madame perturbait déjà son quotidien. Elle s'y rendit finalement face à ses suppliques incessantes et fut surprise de son accueil réjoui. Elle distinguait dans ses yeux, une nouvelle intensité, une réelle reconnaissance dans sa voix, dans son comportement adouci. Se retrouvant vite devant le pommier, ses yeux émeraude suivirent les gestes de la reine sur les feuilles du fruitier, elle ne la connaissait pas capable d'autant de tendresse.

« Merci pour votre aide… Il va de mieux en mieux, ce n'est qu'une question de temps. »

« De rien, on va dire qu'un petit homme m'a convaincu. »

« Henry ? »

« Oui. »

Réjouie, Regina sourit largement avant de reporter son attention sur les premiers bourgeons du pommier, signe de son rétablissement. La blonde se surprit à aimer cette facette de la reine, fut touchée par sa dévotion et ce doux regard, encore jamais vu… Depuis leur rencontre, les questions, au sujet de Regina, s'accumulaient dans son esprit. Emma n'osait les poser à son entourage alors elle saisit l'occasion de ce temps mort dans les tempêtes de disputes pour demander timidement :

« Que représente ce pommier pour vous ? »

« Cela ne vous regarde pas ! »

« Arrêtez d'être têtue ! Je parie que je suis la seule à avoir posé cette question ! »

Une lueur de tristesse traversa ses yeux noisette et sa respiration devint irrégulière, elle baissa la tête tandis qu'une foule de questions affluait dans sa tête.

« Pourquoi demandez-vous cela ? »

« Vous êtes la mère de mon fils et je ne vous connais pas… Ce ne sont pas les gens d'ici qui me diront qui vous êtes réellement. »

Emma se garda de dire toute la vérité sur ses motivations, mais à ses mots, le masque de la reine disparut laissant seulement celui d'une femme bousculée par ses émotions. Le cœur de la blonde rebondit violemment en la détaillant, elle lui porta un regard amical, plein d'espoir et ne se rendit pas compte de son propre changement à son égard.

« Je ne vous jugerai pas… Je veux comprendre. »

« Il est tout ce qui me reste… » Elle la fixa intensément, osant enfin se livrer. « Dernière relique de mon innocence, la seule chose que je n'ai pas détruit pour assouvir ma vengeance, mon symbole d'insouciance, de liberté… »

Regina sourit doucement face à l'air contrit du shérif et l'invita à boire un café, à l'intérieur… Un lien venait de se créer, aucune d'elles ne le soupçonnait, mais cette conversation sera le commencement de leur relation…


Les feuilles des arbres se coloraient, arborant leur plus belles couleurs, jonglant entre le jaune, l'orange ou encore le rouge vif. L'été s'éternisait et se propageait par le biais d'un vent chaud. Spectatrices de ce changement, Emma et Regina marchaient doucement sur le sable lumineux, les vagues s'échouant régulièrement sur leurs chevilles dénudées. Seules sur la plage, un sourire irradiant leur visage, le soleil touchait à peine l'horizon et offrait un magnifique spectacle.

Elles rigolaient, apprenaient à se connaître, se charmaient par de nombreux regards et au fil de leur pas nonchalant, elles arrivèrent au bout de la plage.

« Je crois qu'il est temps de rentrer… »

« Je ne veux pas… Je suis si bien avec toi… » Murmura la blonde.

« Moi aussi, mais il se fait tard. »

Soupirant en chœur, elles se dirigèrent vers le parking en traversant lentement un jardin pour enfant. Soudain, une rafale de vent plus forte que les précédentes emporta le chapeau d'été de Regina et au gré de la brise, le déposa en légèreté dans l'un des arbres ornant le parc.

« Zut ! » S'exclama la reine.

Ses cheveux auburn balayèrent rapidement son visage étonné. Son chapeau se trouvait à plus de trois mètres de haut.

« Comment je vais faire pour le récupérer ? » Demanda-t-elle en fixant le shérif et l'arbre.

« Tu n'es pas à un chapeau près, non ? » Rigola-t-elle en se plaçant sous l'arbre.

« Emma, ce n'est pas drôle ! »

« Pas de panique, je vais te le chercher. »

« Emma ? » Murmura la reine, légèrement angoissée.

« Je reviens. »

La blonde repéra rapidement les branches accessibles du pin et sauta sur la plus basse. Elle se hissa dessus et remercia mentalement ses longues heures de sport. Elle grimpa sur la deuxième puis une autre sous le regard médusé de Regina.

« Ne va pas te rompre le cou pour un stupide chapeau ! Ce n'est pas grave, descends ! »

« Ne t'inquiète pas, je gère ! » S'exclama la blonde en totale confiance.

« Justement, je m'inquiète ! » Murmura la reine en la voyant prendre de la hauteur.

Emma suivit le tronc puis arriva sur la bonne branche. S'agrippant avec facilité, regardant parfois le sol, elle atteignit rapidement le chapeau de sa douce. Fière, elle brandit l'objet comme un trophée en faisant de grands signes. Complètement charmée, la blonde détailla attentivement Regina, celle-ci esquissa un léger sourire, mais la peur se lisait dans ses yeux chocolat. L'idée de jouer avec les nerfs de sa douce traversa l'esprit d'Emma, mais elle préféra entamer la descente pour ne pas risquer l'arrêt cardiaque de celle-ci et arriva pied joint dans l'herbe.

Aussitôt, Regina se précipita vers elle en lui sautant au cou, malgré la confiance qu'elle lui portait, l'angoisse avait vite pris le dessus sur sa raison.

« Tu m'as fait peur… » Chuchota-t-elle au creux de son oreille.

« Grimper dans les arbres résume ma jeunesse. » Répondit Emma en l'enlaçant tendrement. « Il n'y avait pas de crainte à avoir. »

Cette dernière lui sourit chaleureusement avant que Regina essaye d'attraper son chapeau.

« Non, laisse-moi faire. »

Emma la regarda intensément en glissant ses doigts tendrement dans ses cheveux bruns pour essayer de les discipliner malgré le vent. Du bout des doigts, elle cala une dernière mèche rebelle derrière l'oreille et caressa la peau de sa joue puis elle positionna le chapeau, couleur beige, sur la tête de la reine.

Celle-ci se sentit intimidée face à tant de dévotion dans ce regard émeraude, elle esquissa un léger sourire avant de se pincer la lèvre inférieure avec les dents. Son cœur battait la chamade en scrutant successivement la bouche délicate du shérif et ses yeux puis poussée par une envie folle, elle approcha doucement son visage.

Un instant, la respiration de la blonde s'arrêta en comprenant les intentions de la brune, elle humidifia rapidement sa bouche puis combla l'espace, déposant un baiser à la fois léger, doux et timide. Elle encercla la taille de Regina et poursuivit ses caresses du pouce sur sa joue la maintenant entièrement contre elle. La brune se laissa complètement envelopper par cette douceur, dans ses bras protecteurs. Les papillons virevoltant dans son cœur, jamais elle n'aurait cru arriver à oublier Daniel et encore moins dans les bras d'une femme, mais elle devait avancer, ne plus vivre dans le passé, chercher un avenir meilleur…

Oubliant tout, jusqu'à même son prénom, Emma se recula à peine pour mieux retrouver ses lèvres pulpeuses dans un deuxième baiser, plus entreprenant. Finalement, elles se séparèrent pour se regarder intensément, les corps entrelacés.

« Je ne pouvais plus attendre d'être sûre de mes sentiments… » Murmura Regina, dans un léger sourire.

« Tu m'en vois ravie… » Elle déposa un baiser sur son front. « Notre premier… »

« Le dernier ? » Lança-t-elle, espiègle, le regard amusée.

« Le dernier à chaque seconde… Car à la suivante, je t'embrasserais une nouvelle fois. »

Elle exécuta une série de baisers essayant d'imprimer le rythme du temps qui défile et ajouta en fixant la brune qui avait des larmes de joies au coin des yeux :

« À partir de maintenant, je ne pourrais plus me passer de tes lèvres… »


Trois jours, il restait trois jours, si peu de temps et tellement de détails à régler. Emma n'arrivait plus à contrôler son angoisse paralysant son corps. Elle essayait d'aller vite et au plus urgent, mais il s'en rajoutait au fil des jours, entre la décoration des tables, de la salle, la répartition des invités. Elles avaient déjà dégrossi le travail, mais la blonde doutait de pouvoir offrir un mariage de rêve à sa future épouse…

Seule à la maison et en pleine fabrication de décoration, elle imagina facilement qu'au lieu de vivre le plus beau jour de sa vie, elle vivra le pire avec tant de pression sur ses épaules.

« Mais quelle idée ce mariage ! » Pesta Emma, les sourcils froncés. « Je ne pouvais pas passer ma vie à être Mademoiselle ! Non, il fallait que je fasse dans la tradition, mais quelle conne ! »

Elle aimait Regina à un point inimaginable, mais à cet instant, aurait préféré rester un simple couple, juste pour ne plus ressentir ce stress impitoyable. Elle gardait en tête le récit du premier mariage de sa fiancée. Une horreur pour Regina, vu qu'elle n'aimait pas cet homme qui avait le triple de son âge et c'était en partie pour effacer totalement ce souvenir qu'Emma s'était lancée dans cette incroyable aventure…

Soudain, la porte d'entrée claqua et Regina posa son sac sur la table du salon. Elle embrassa rapidement le shérif et dit :

« Mon ange, je viens de régler tous les détails administratifs et j'ai enfin choisi les fleurs ! »

« À la bonne heure, bébé ! » Répondit-elle, agacée par son travail minutieux. « Mais dans tous les cas, on n'est pas prête pour le mariage. »

« Ne t'inquiète pas… »

Emma releva la tête et détailla le visage calme de sa fiancée.

« Comment tu fais pour être aussi calme ? Il nous reste trois jours ? » S'exclama-t-elle en se levant de sa chaise.

« Le yoga est mon sauveur… » Répondit Regina, la main sur la joue de son amante. « Depuis que j'ai commencé pour maîtriser ma magie, je suis beaucoup plus détendue. Tu devrais essayer… »

« Ce n'est pas le moment ! »

Regina sourit légèrement à son entêtement, elle enroula ses bras autour de son cou et déposa un baiser sur son front.

« Tout va bien se passer… »

« J'en sais rien, je ne sais plus où donner de la tête… » Chuchota la blonde, fatiguée.

« J'ai lu dans les magazines que rares sont les mariages parfaits… »

« Et c'est sensé me rassurer ? » Demanda-t-elle, en levant un sourcil.

« Moi, je veux simplement m'unir à toi, avoir un lien supplémentaire… Mais c'est notre mariage, il ne tient qu'à nous de le rendre merveilleux, peut-être pas parfait, mais inoubliable… »

« Inoubliable, ça, je pense que c'est entièrement faisable… »

Rassurée, la blonde sourit largement avant de l'embrasser passionnément…

Jour J…

Les arbres s'agitaient au gré d'une légère brise dans un bruissement apaisant, les oiseaux, nichés en leur creux, gazouillaient de joie au-dessus de la plaine. Le soleil perçait à travers les branchages et apportait une agréable douceur aux invités s'installant peu à peu sur les chaises blanches, chacune, finement décorée de ruban rouge. C'était le grand jour pour Emma, le jour tant redouté, mais aussi tellement espéré.

Vêtue d'un costume féminin blanc, taillée sur-mesure et perchée en haut de ses escarpins, elle salua les invités, les amis venus célébrés cette journée, cet incroyable amour. Malgré la tension nouant son estomac, le sourire de ses proches la rassura, elle n'aurait jamais pensé que leur soutien soit essentiel en cet instant, mais les émotions traversant son cœur, lui confirma cette vérité. Son père revêtit de son habit de prince avec sa cape bordeaux sur le dos, son épée parfaitement lustrée à la taille, s'approcha et la prit dans ses bras.

« Félicitations ma chérie, je suis si heureux pour vous deux… » Murmura-t-il dans son oreille.

« Merci beaucoup… » Dit-elle en l'enlaçant. « Mais elle n'a pas encore dit officiellement « oui »… »

« Emma, je crois assez la connaître maintenant, pour savoir que son seul vœu est de devenir ta femme. »

Ils se sourirent chaleureusement.

« Je ne vois plus Mary-Margaret, où est-elle parti ? »

« Une urgence… » Répondit-il dans un sourire.

« Ok, on se voit tout à l'heure. »

Dans un hochement de tête, son père s'éloigna et Emma se retourna sur le visage rayonnant de Belle. Après une accolade, elle regarda l'heure puis balaya son regard brillant sur toute l'assemblée. Niché au creux de la forêt dans une petite plaine, le lieu de la cérémonie était peu conventionnel, tout comme leur couple, comme leur condition de double identité. En conséquence, elles avaient décidé de mêler le monde Enchanté et le monde réel, car malgré son lieu de naissance, qu'Emma ne pouvait pas nier, elle avait grandi, vécu des épreuves, ici, dans cet univers matérialiste. La blonde sourit devant les choix de ses invités, chaque couple ayant opté pour une tenue citadine ou digne des plus grands bals, le mélange des deux définissant leurs singularités.

Ruby arriva dans son dos et lui indiqua de prendre place sur l'autel, la cérémonie étant sur le point de débuter. Sous l'arche blanche, quand elle se tint devant le léger sourire de la fée bleue, supérieure de Nova, sa respiration s'accéléra soudainement, l'angoisse lui prenant la gorge. Elle avala difficilement sa salive en entendant, les premières notes de l'orchestre s'élever vers les cieux. Ses yeux se tournèrent vers ses deux meilleures amies, Ruby et Belle, ses demoiselles d'honneur puis elle tourna la tête en face de l'allée. Mécaniquement, une main passa dans ses cheveux, mais la louve lui donna un coup de coude lui rappelant, de ne pas défaire sa coiffure élaborée. Emma fit un sourire crispé, ajusta sa posture et observa son fils au premier rang, son jeune adolescent, les yeux pétillants de joie avec son petit coussin entre les mains. L'angoisse monta dangereusement dans son corps au son des talons à l'autre bout de l'allée, mais à la vue de sa bien-aimée, le cœur d'Emma s'arrêta. Tout à coup, plus rien n'existait autour d'elle, juste la femme de sa vie avançant doucement avec sa robe, tout droit sortie de son ancienne armoire, tout simplement digne d'une reine. Le bustier en dentelle, brodée de petites perles rouges mettaient en valeur sa poitrine autant que la finesse de sa taille, les cheveux relevés accentuaient la délicatesse de son cou, de son visage, lui-même peint légèrement, qui approfondissait son regard chocolat. Emma ne trouva aucun adjectif assez fort pour décrire sa fiancée, seuls les battements anarchiques de son cœur arrivaient à exprimer ses sentiments. Se fixant l'une et l'autre jusqu'à se rejoindre sous le regard protecteur de leurs amis, la blonde remarqua, au dernier moment, la présence de Gold aux côtés de la Reine.

« Soyez heureuses ensemble… » murmura-t-il.

Dans un sourire, il lâcha son bras pour s'asseoir au premier rang. Le ténébreux amenant Regina au pied de l'autel pouvait être inenvisageable, en se rappelant leur passé, mais, justement, il l'avait vue grandir, aidée dans sa vengeance, vue dépérir, se reconstruire au cou du shérif. La brune n'ayant plus de père, qui d'autres pouvait prendre partiellement sa place à part Rumpel', seul homme qui la connaissait parfaitement. La haine les avait toujours réunis, mais à présent, un autre lien remplaçait celui-ci, une véritable amitié, un attachement que certain ne comprenait pas totalement. Une fierté mise de côté, l'envie réelle de changer pour tous les deux et leur relation avait évolué au point de l'amener à Emma.

Regina observa intensément sa fiancée avant de glisser sa main sur sa joue, puis elle regarda doucement l'assemblée. L'émotion serra sa gorge et comprima son estomac, jamais elle n'aurait cru pareille scène, des années auparavant. Tous ses ennemis, le sourire aux lèvres, son ex-belle-fille à ses côtés, la grand-mère du petit chaperon rouge aussi, ses demoiselles d'honneur aujourd'hui, le regard fier. Elle avait tissé de forts liens avec chacun des invités, s'était débattue contre les préjugés pour se faire accepter, comme Daniel l'a connue, avant sa mort. Elle leur sourit largement avant de poser un regard brillant sur la blonde.

Elles joignirent leurs mains quand la fée bleue commença son long discours. Elles écoutèrent seulement d'une oreille, étant trop absorbées par leurs émotions électrisant chacune de leur cellule, totalement hypnotisée par l'autre.

Au bout de longues minutes, la fée bleue se racla la gorge pour attirer l'attention des mariées, ce fut seulement à ce moment que les deux jeunes femmes réalisèrent leur absence. Les invités autant que la mère supérieure sourirent, amusés par leur comportement. Le silence régna quelques secondes avant qu'Henry se lève avec les bagues. Il était si fier, tellement heureux, mais si timide tout à coup, Emma lui posa une main réconfortante sur l'épaule et Regina, émue, déposa un baiser sur le front.

« Passons aux vœux. » S'exclama la fée bleue, les yeux sur la blonde.

Cette dernière soupira profondément en sentant son cœur s'affoler dangereusement, elle regarda l'assemblée puis son fils, prit une bague et fixa intensément sa future épouse.

« Regina… Tout d'abord… » Elle se pencha à son oreille, murmura : « Tu es magnifique. »

La brune sourit en coin, Emma poursuivit en reprenant sa position initiale :

« Mon amour… Tu es la femme de ma vie, celle que je chérirai, protégerai jusqu'à mon dernier souffle… Tu rends le présent magnifique et me fait entrevoir un futur rempli de bonheur. Ma Reine, je t'admire pour la femme que tu es, ce que tu représentes. » Elle glissa la bague à son doigt. « Vivre à tes côtés sera mon seul vœu et te rendre heureuse sera mon seul but… »

Emma finit son monologue avec les larmes aux yeux et un doux sourire sur ses lèvres. Regina, de son côté, ne maîtrisait plus rien dans son cœur malgré un semblant de contrôle sur le visage. Elle lui caressa doucement le visage et prit à son tour la bague tendue par son fils. Sa respiration s'accéléra tandis que le stress lui nouait la gorge, elle avait l'habitude des grands discours devant des centaines de personnes, mais là tout était différent, elle devait exposer ses sentiments, donc ses faiblesses. Elle prit une profonde inspiration pour faire taire les battements de son cœur et s'exclama, la voix cassée par l'émotion :

« Tu sais déjà tout ce que tu représentes pour moi… »

Tout le monde resta surpris de cette courte phrase qui fit rire le shérif.

« Regina, fais un effort… » Murmura Granny dans son dos.

« Plus facile à dire qu'à faire. » Dit tout bas, Regina.

« Fais-nous confiance, n'aies plus peur… »

La brune échangea un regard intense avec Blanche-Neige. Elle se reprit vite et reposa ses yeux sur la blonde.

« Tu es un ange… Mon ange venu du ciel pour illuminer de ton éclat ma vie plongée, depuis trop longtemps, dans les ténèbres. Mon cœur ne bat que pour toi et je n'aimerai que toi jusqu'à la fin… » Elle lui passa délicatement la bague au doigt. « Tu as changé ma vie, m'a rendue meilleure… Je ne serai jamais la femme que je suis aujourd'hui sans ton amour, sans toi à mes côtés… »

Sous le charme et émus, leurs amis applaudirent ses mots, si sincères autant dans la voix que dans le regard. Au fond d'eux, ils saluèrent le courage dont elle faisait preuve…

Emma envahie par un bonheur intense, n'arrivait plus à quitter son sourire, ses yeux brillants tandis que la fée bleue reprenait son discours…

Fin du Flash Back…


A suivre... J'espère que ce chapitre avec les souvenirs d'Emma que vous attendiez impatiemment, vous a ravi ! N'hésitez pas à me faire de vos impressions ! Rendez-vous jeudi !