N/A : Merci, merci beaucoup tout le monde ! Un peu de mélodrame dans ce chapitre… : )


Chapitre Onze : Juste… qui est cette 'elle' ?

Le matin suivant les Maraudeurs agissent un peu bizarrement. J'ai une légère gueule de bois à cause de ma préférence pour le Whisky-Pur-Feu, alors d'abord je n'ai pratiquement rien remarqué d'anormal pendant le petit-déjeuner. Sirius et Remus s'engueulent quand nous marchions vers la Grande Salle donc je pense qu'ils ont une prise de bec quelconque. Malheureusement, je suis trop rongée par ma tête en pouding pour faire attention. Dorcas est aussi un peu inquiète, probablement parce que Rolanda nous a rejoint pour le petit-déjeuner, et Peter et Frangy semblent s'être de nouveau disputés, alors l'humeur est plutôt mauvaise à la table des Gryffondor.

« Ça va ? » je marmonne quand Sirius et Remus nous rejoignent. Sirius hoche la tête et s'assoit à côté de moi et la bouche de Remus se tord quand il s'assoit en face de nous. Ils s'observent et ne disent rien en réponse.

Je soupire et cherche à atteindre la carafe de lait, renversant mon thé sur les genoux de Sirius dans l'action. Il s'empresse de m'aider et secoue sa tête avec un petit sourire.

« C'est bon, » il dit.

C'est un comportement très bizarre au fait. Normalement il aurait hurlé à m'en arracher la tête sur le fait que j'ai ruiné son jean, mais il n'a même pas l'air énervé. En fait, il me regarde un peu inquiet. Remus se moque avec énervement, et je hausse un sourcil.

« Tout va bien Remus ? »

Il sourit, hoche la tête et je me sens plus confuse que jamais. Ce n'est pas habituel que personne ne soit en colère contre moi. J'observe Sirius qui tripote son bacon et Remus beurrer son toast avec colère, et je ne peux pas, même si c'était une question de vie ou de mort, comprendre sur quoi ils auraient pu possiblement se disputer. Ils étaient bien à la fin de la fête – Remus a continué à parler à Emmeline, et Sirius et moi avons passé le reste de la soirée à nous embrasser, donc je ne peux même pas comprendre quand ils ont pu avoir une chance de se disputer. Ça doit être quelque chose avec la salle de bain ou Sirius aurait réveillé Remus trop durement, ou un truc comme ça – ils ne sont pas des gens du matin après tout, ajouter une gueule de bois à l'équation et ça donne des facteurs pour être en désaccord.

« Dorcas, j'peux avoir les œufs, » je dis, me détournant d'eux pour essayer de distraire mes amis d'être bouche bée devant James qui nourrit Rolanda avec des morceaux de fruits au bout de sa fourchette.

Ses yeux me fixent et elle a l'air d'être sur le point d'éclater en larme. Je lui grimace et ensuite, envoie ma pomme sur James.

« Wo ! Quoi ? Kate ! » Dit James irrité, faisant rouler la pomme vers moi.

« Tu as vu Lily ? » je demande et Rolanda lève ses yeux au plafond, regardant en bas de la table de Gryffondor avec une expression désintéressée.

James a l'air de vouloir m'envoyer en enfer mais il ne fait que se moquer. « Elle est à la table des Serdaigle, cette greluche traitresse. Tu sais ça ! »

« Ne la traite pas de greluche ! » je rétorque et il mime de se tirer dans la tête avec sa baguette.

« Je ne fais que plaisanter Kate, » James marmonne en attaquant maintenant son fruit en boudant. Rolanda ouvre sa bouche pour accepter un autre morceau, mais il l'ignore. Je ravale un gloussement, elle fronce les sourcils et jette un regard à quelqu'un placé plus loin à la table.

« Bien joué, Kate, » dit mollement Peter. « Maintenant nous sommes tous pitoyable. »

« La ferme Queudver, » dit Sirius et Remus roule des yeux.

« Ne lui dit pas de se la fermer. »

Ils se lancent des regards furieux de nouveau, et je gonfle mes joues pour tenter de siffler. Je trouve que c'est vraiment le seul moyen de gérer des situations si gênantes. Finalement, je commence à sentir des étourdissements avec toutes ces expirations peu productives, alors je me tourne vers Remus.

« Alors, ça a été comment avec Emmeline hier ? » je demande, décidant que si ça devait être gênant, nous pouvons aussi bien aller droit au but pour ça.

Ses yeux s'élargissent et ensuite ses sourcils se froncent et il a l'air confus.

« Attends… tu as – attends, est-elle – quoi ? »

« Oh bien, moi qui pensais devoir t'arracher les détails, » je dis, roulant des yeux.

Sa bouche devient une ligne serrée avant que son regard se tourne encore vers Sirius. C'est, de façon alarmante, bizarre. Pourquoi Remus ne hurle pas sur moi ? Je m'attendais vraiment à me faire taper sur la main, mais peut être que Sirius a déjà mis son nez dans ses affaires avant le petit-déjeuner. Finalement, Remus se retourne vers moi et hausse les épaules. « C'était marrant. C'est une fille adorable. »

« Je sais qu'elle l'est ! Elle est mon choix, après tout. »

Il soupire. « Kate, nous sommes juste amis. Et nous en avons déjà parlé – je ne continue pas cette ridicule farce. »

« Mais tu l'as déjà fait ! » je réponds.

« Kate, pourrais-tu baisser le son un peu ? » dit Sirius en grimaçant. « J'ai la gueule de bois. »

« Moi aussi ! » je rétorque. « Mais si je ne parle pas, nous allons tous resté assis ici, et regarder ailleurs comme un groupe de tristes abrutis avec une mauvaise vue. »

Sa bouche tressaute. « Tu es folle, tu sais ? » il pousse quelque cheveux de devant mon visage affectueusement, et je souris.

Remus, lui, sort un grognement de dégout, repoussant brutalement son assiette.

« Je m'en vais, » il marmonne, jetant un coup d'œil de plus à Sirius. Ils ont une conversation silencieuse, mais même moi je ne peux pas émettre de suppositions sur ce qui se dit. Je suis énormément confuse.

Finalement, Sirius expire et acquiesce et Remus se tourne vers moi.

« Je vais faire mes devoirs avec Emmeline dans la bibliothèque – essaie de ne pas faire de conclusion trop rapide s'il te plaît ? »

Je lui fais un grand sourire rayonnant, le coin de sa bouche se relève avant qu'il ne roule des yeux et s'en aille. Je l'observe avec un sourire et je me retourne vers Sirius. Il fixe son assiette et semble un peu malade.

« T'y es allé trop fort hier ? » je murmure pour que personne ne puisse entendre. Il est probablement dans l'embarras vu à quel point il était soul – il aime penser qu'il tient plutôt bien l'alcool. Il se tourne vers moi avec une expression illisible mais hoche juste sa tête et se serre l'épaule.

« Tu peux faire une sieste sur mes genoux quand nous remontons à la Salle Commune. »

Il glousse doucement. « Tu as les genoux les plus décharnés. »

« Je suis désolée, tu as dit les plus douillets ou décharnés ? Je ne t'ai pas entendu ? » Je dis, plissant les yeux vers lui.

De nouveau, il a l'air un peu malade quand il sourit. « J'aime tes genoux Kate. »

Et je rougis. Ouai, je ne peux pas y faire grand-chose – t'aurais rougis aussi.

Heureusement, Rolanda est partie trouver ses amies, donc Dorcas ne boude plus quand nous allons dans la Salle Commune. Lily nous rejoint, et même si James est un peu énervé, il arrive à sourire quand elle nous salue. C'est vraiment Peter le plus dépressif. Il commence à marmonner sur Jenny aussitôt que nous quittons la Grande Salle et si je n'étais pas une fille si gentille et bienveillante, je l'aurais enfermé dans une des armures.

« Lâche l'affaire Queudver, » soupire Sirius. « Vas juste la voir et arrange les choses. »

« Tout est de la faute de Kate. Si elle n'avait pas impliqué Sarah alors – »

« Queudver, j'ai dis – lâche l'affaire, » dit dangereusement Sirius, et je suis sincèrement abasourdie. Normalement, c'est Sirius qui aurait donné la réplique pour se moquer aussi et me dire à quel point je suis idiote et que je me mêle des affaires des autres.

« Ouai Peter, relax, » ignore James. « Tu es celui qui a suggéré Sarah d'abord. »

« Merci ! » Je m'exclame, me penchant pour tapoter l'épaule de James. Il roule des yeux et me souris d'un air suffisant. Je pense que Dorcas s'évanouit presque.

« Ne t'inquiètes pas Peter, elle comprendra au final. C'est juste assez frais, hein ? » Dit gentiment Lily. « Et si elle ne te pardonne pas, alors elle n'en vaut pas la peine, non ? »

« Tu avoues ? » demande soudainement Sirius.

Lily a l'air confuse et je suis d'accord. « Qu'est-ce que tu veux dire, Sirius ? »

Il met ses mains dans ses poches. « Si Jenny ne pardonne pas à Peter pour avoir fait une stupide erreur – ça veut dire qu'elle n'en vaut pas la peine ? »

Lily et moi échangeons un regard perplexe puis nous regardons son visage normal et calme, légèrement crispé.

« Heu non Patmol – tu sais que ce n'est pas pareil, » dit James, ayant étrangement l'air un peu énervé. Ca me rappelle l'expression de Remus au petit-déjeuner.

« Ça dépends vraiment de la situation, » dit Dorcas en haussant les épaules. « Tout le truc sur Sarah est à peine la faute de Peter. Ce n'est même pas vraiment la faute de Kate – je ne vois pas pourquoi Jenny est si difficile avec toi, Peter. »

Il fait un petit sourire, acquiesce et je lui tapote le dos.

« Tu mérites quelqu'un avec une Frange en Or, Pete ! »

Il me regard bizarrement et puis pouffe de rire. « Ouai, merci Kate. »

Une fois que je m'assois dans le canapé dans la Salle Commune et que je sors mon paquet de carte, je remarque que Sirius ne s'est pas assis avec nous tous. Il observe la Salle Commune avec un étrange regard fuyant sur son visage, et ses mains tripotent ses poches.

« Ça va Sirius ? Tu veux faire cette sieste ? » je demande, montrant mes genoux en distribuant les cartes à mes amis.

« Hum… non. En fait, heu – Kate, nous pouvons parler une minute ? »

Je ris. « Est-ce que Lizzy déteint sur toi ? »

James sort un discret sifflement et quand je regarde Sirius, il s'est un peu figé. C'est la goutte d'eau. Qu'est ce qui ne va putain de pas chez eux ? Est-ce que faire une blague sur la nervosité de Lizzie est vraiment si méchant ? Je l'ai déjà dit devant elle. Quiconque avec des oreilles peut voir qu'elle bégaie beaucoup !

« Ça alors, t'veux que j'aille m'excuser pour ça ? » je râle, ramassant mes cartes.

« Kate. S'il te plaît, nous pouvons parler ? » Demande Sirius et je roule des yeux.

« Ouai – vas-y alors. »

Il souffle, énervé et secoue sa tête. « Ailleurs. Dehors, en haut… juste – seuls. »

Je lève un sourcil. « En haut ? »

A ma plus grande surprise, il ne fait pas son sourire suggestif, mais secoue sa tête.

« Dehors. »

« Merlin Sirius, c'est un peu beaucoup pour une gueule de bois un Dimanche matin ! Qu'est-ce que tu as fait ? »

Je remarque que James, Peter et Sirius sont tous en train de regarder le sol, et quand je regarde Lily et Dorcas, elles semblent aussi confuses que moi.

« S'il te plaît Kate, » répète Sirius.

Je fronce les sourcils mais laisse mes cartes. « Ok alors. Vous m'attendez, hein ? »

James acquiesce et pose ses propres cartes. « Ouai, bien sûr Kate. »

Ça c'est vraiment très anormalement poli venant de lui. Oh Godric – qu'est-ce que Sirius a fait d'aussi horrible ? Je suppose que la seule chose positive c'est qu'apparemment je suis sur le point de le découvrir.

Quand nous sortons par le portrait, Sirius plonge encore ses mains dans ses poches, en ayant l'air honteux. Alors, il a quelque chose à se faire pardonner – c'est plutôt évident, mais je n'arrive pas à me rappeler quoi.

Je m'appuie contre le mur et croise mes jambes, hochant calmement la tête vers lui et essayant de faire comme si je savais de quoi par le chapeau de Merlin il allait me parler.

« Donc… » Il commence d'un ton bourru. « Tu n'as peut être pas remarqué, mais Remus n'est pas très content de moi. James non plus, en fait. »

J'hoche la tête. « Ouai, j'ai remarqué. Qu'est-ce que tu as fait ? Mélangé ton shampoing avec le leur ? Je ne serais pas aussi perturbée pour ça, amour. Tu leur a fait une faveur. »

Il secoue sa tête et soupire. « Kate. » sa voix se brise un peu et je fronce les sourcils.

« Merlin Sirius, c'est le mieux que je puisse faire. Ok, bin c'est peut-être pas mon meilleur niveau de plaisanterie, mais j'ai une petite gueule de bois – tu dois revoir tes attentes à la baisses. Je t'ai même complimenté – je ne t'ai jamais dit que tes cheveux étaient cool, ce qu'ils sont à l'évidence – qu'est-ce qui ne va pas ? »

Il humidifie ses lèvres et ne rencontre pas mes yeux. Il prend une profonde inspiration qui est étonnamment tremblotante. « J'ai fait quelque chose… de vraiment dégueulasse envers toi la nuit dernière. »

Je plisse mon nez dans ma tête, puis glousse. « Oh, le baiser était un peu bâclé, mais nous étions tous les deux bourrés. Ne t'inquiètes pas – j'ai quand même apprécié. »

Encore, il secoue la tête brusquement, et me regarde finalement. « Non. Avant ça. »

Cette fois, je fronce mes sourcils. Mais de quoi il me parle ?

« La danse ? Bin je sais que je me suis plains de la mauvaise musique, mais j'ai quand même assez apprécié de dancer avec toi, » je dis, incertaine.

Il soupire et passe une main dans ses cheveux, commençant à faire les cents pas devant moi durant un moment. Je regarde, très confuse et très gênée à tel point que mes oreilles chauffent et que mon cœur commence à battre de façon erratique. Qu'est-ce qu'il a fait ?

Il s'arrête et je me redresse quand il me regarde, une main toujours dans ses cheveux.

« Après que nous ayons dansé… quand tu as mis les Goules, je suis sorti de la Salle Commune – ici en fait – parce que, bin, je haie cette merde. »

Je roule des yeux et ouvre ma bouche mais il est toujours en train de parler, ses mots se hâtent de sortir maladroitement.

« Et Rolanda et James et… elle… Ils sont tous sortis avec moi. Puis James et Rolanda sont partis et je jure, nous étions juste en train de parler et puis, il y a eu un moment et nous nous sommes presque… mais nous ne l'avons pas fait. Kate, je te le promets – rien ne s'est passé. C'était un presque – je n'ai rien fais. »

Mon cœur bat toujours très fort et je trouve difficile le fait de respirer. J'humidifie mes lèvres, ouvre ma bouche puis la referme. Ça commence à tomber sous son sens finalement.

« Juste… qui est cette 'elle' ? »

Il semble avoir été frappé par une tempête.

« Lizzy, » il expire.

Et tout s'écrase en moi comme un affreux blizzard. Parce que je comprends finalement pourquoi Sirius avait l'air étrange quand il est venu au bol de punch la nuit dernière, et pourquoi Lizzy est montée au dortoir en trébuchant et sur le point de pleurer.

« Je jure Kate – rien ne s'est passé. Je suis tellement, tellement, désolé. » il babille.

Mon visage se plisse. Les larmes dans mes yeux me piquent et je le haie. Je le haie de toute mon âme, et je la haie, et eux et tout le monde.

« Tu es un con absolue, » je lui crache en enlevant une larme de mes yeux. Il a l'air inquiet et essoufflé, secouant sa tête, mais j'essuie brutalement mon visage et me tourne, hurlant pratiquement le mot de passe à la Grosse Dame et surgissant à travers le trou du portrait.

« Kate, s'il te plait ! » il cri derrière moi et j'entends un groupe de Septième Année soupirer à ma gauche. Ils pensent que c'est une autre dispute normale, et sans importance, mais ils ont tellement tort.

« Laisse-moi seule ! » je croasse d'une voix rauque, poussant automatiquement un Premier Année. Je vois Lily et Dorcas sauter sur leurs pieds et James et Peter échanger un regard mais je m'en fou. Mes yeux fouillent frénétiquement la pièce avant de tomber sur une fille avec des cheveux ébouriffés, et des yeux larges et expressifs.

« Toi ! » je crie, foulant le sol vers elle. Je sens la main de Sirius proche de mon poignet mais je le bouge pour le libérer. Lizzy semble sur le point de s'évanouir, mais je ne ressens aucune pointe de culpabilité à sa terreur et sa nervosité.

« K- Kate je- je… hum- »

« Reste putain de loin de mon petit-ami. »

« Kate, allez ! »

« Et toi ! » je dis, tournoyant pour lui faire face. « N'ose pas me parler, plus jamais ! J'en ai assez ! J'en ai terminé. Va rouler des pelles à la petite pétasse de marmonneuse si tu en as envie. Je m'en fou. »

Et puis, le laissant bouche bée, je monte en trombe jusqu'au dortoir, la tête en feu.

« Comment – putain – de – merde – OSE – t – il ? » je crie en jetant mon oreiller à travers la pièce, qui tombe contre notre coiffeuse et en fait tomber quelques bouteilles.

« Je ne peux pas le croire – Il a dit qu'il n'avait jamais trompé ! Il a dit que c'était terminé ! » Je continue à tempêter et enrager dans la chambre.

Ça dure depuis dix minutes déjà et Dorcas et Lily sont regroupées debout dans le coin près de la porte et semblent tendues. Mais je m'en fou si je leur fait peur. Comment peut-il me faire ça ? Il a promis ! Il a dit plus de drague – il a eu le culot de ME faire culpabiliser à tapoter les genoux de mes amis, ou rire quand un mec me souris et ensuite, il fait ça ?

« ARGHHHH ! » je hurle, tapant la colonne du lit et ensuite je crie. « Aye ! Aye, Aye, AYE ! »

Lily et Dorcas se ruent vers moi et je jure et je secoue ma main blessée.

« Kate, arrête de bouger, » murmure Lily, prenant ma main dans la sienne. Je grimace quand elle passe sa baguette sur mes bleus et ensuite, je ressens le soulagement. Je la bouge un peu et lui fait un petit hochement de tête avant de continuer mon coup de gueule.

« Il est un connard qui trompe et j'ai la main presque cassée ! Il devrait avoir le nez cassé ! Laissez-moi juste descendre et je m'en occupe moi-même ! »

Dorcas sort une drôle de toux mais quand je la regarde, elle semble instantanément déconcertée.

« Désolé ! C'est juste – tu ne lui feras jamais de mal. »

« Bin, je lui enverrai un sort alors ! Lui donner de jolies pustules partout sur son putain de visage parfait. Laisse-la essayer de l'embrasser quand il suintera du pu sur elle ! »

Mes deux amies ont l'air de biches à la lumière d'une baguette, et elles mordent fort leurs lèvres, mais je souffle et m'affale sur mon lit, je fixe le baldaquin en respirant fort. Et puis, j'éclate en pleure. Je ne peux rien y faire. Peu importe à quel point je suis en colère, je ne peux pas – comment peut-il faire ça ? Nous allions bien dernièrement – nous nous engueulons pas sur la moindre petite chose. Pourquoi peut-il à ce point foirer les bonnes choses ? Je ne suis pas suffisante, hein ? Je ne l'ai jamais été.

Je sens Lily caresser mes cheveux et Dorcas s'agiter sur l'oreiller sous ma tête quand je pleure, mais elles ne disent rien. Elles me laissent juste sangloter jusqu'au moment où, finalement, je suis essoufflée et mes yeux sont secs. Je les regarde le regard vide et les deux semblent triste.

« Bien, c'est fait alors, hein ? » j'expire.

« C'est un con, » dit doucement Lily, repoussant mes cheveux et séchant mes joues.

« Je pense que j'aurais pu l'aimer, » je murmure pour la première fois.

Je les vois s'échanger un regard et je soupire. « Vous pensez que je suis stupide. »

Lily me fait taire et Dorcas secoue sa tête.

« Non, je pense que tu es confuse et qu'il est confus et que c'est vraiment un bordel. »

« Je la haie ! » je dis, croisant mes bras, mon visage se plisse de nouveau. « Qu'est-ce qu'il lui trouve de toute façon ? Elle peut à peine sortir un mot la moitié du temps, et ses yeux sont trop grands pour sa tête, et elle rougit à tout ce qu'il dit ! Comment il peut apprécier quelqu'un comme ça ? »

Lily soupire. « Peut-être qu'il aime la rendre nerveuse. »

« Il me rends nerveuse parfois ! »

Dorcas glousse et sourit. « Il ne te rends jamais nerveuse. Personne ne le fait. »

« Professeur Prewett ? » je dis, ma bouche tressautant.

Lily et Dorcas rigolent et je souris avant de soupirer encore profondément.

« Je ne comprends pas. J'essaie d'être facile à vivre et d'être cool comme il veut. Il a dit qu'il aimait ça – quelqu'un qui ne le soule pas ou qui ne s'accroche pas à lui. Je l'ai laissé avoir toutes ces inutiles soirées entre Mecs et je ne l'ai jamais embêté pour qu'il passe du temps avec moi. Je ne comprends pas ce qu'il ne va pas chez moi ! »

« Kate ! Rien ne va pas chez toi ! » Dit brusquement Lily.

« Mais je suis bruyante hein ? Et énervante, » je murmure. « Et j'essaie trop. »

« D'où ça sort ? » dit Dorcas, secouant sa tête.

Je soupire et m'assois, alors elles s'ajustent pour se serrer près de moi.

« Vous avez entendu parler de l'Epouvantard avec les Cinquièmes Années ? »

Elles se regardent et acquiescent, un peu nerveuse.

« Nous avons pensé que tu ne voulais pas en parler, » murmure Dorcas. « C'est un peu embarrassant. »

Je gémis. « Humiliant. Et maintenant c'est devenu réel. »

Lily devient soudain assez sérieuse. Ses yeux pétillent. « Kate – tu sais, je te soutiens complétement, hein ? »

J'hoche la tête doucement, suspicieuse. Ou veut-elle en venir ?

« Bien… est-ce que je peux jouer l'avocat du diable juste pour un moment ? » elle demande en grimaçant.

« Lily ! » Avertit Dorcas mais je secoue ma tête.

« Ouai – vas-y alors. »

Elle a l'air nerveuse, tripotant le couvre lit et envoyant un rapide regard à Dorcas avant de parler.

« Bin, il te l'a dit, non ? »

J'inspire. « C'est complétement hors sujet ! »

Elle semble alarmée et secoue sa tête frénétiquement. « Non, je sais. Je ne dis pas qu'il a raison de faire ce qu'il a fait. Je veux juste dire – au moins il te l'a dit. Il ne te la pas caché, ou n'a pas prétendu que ce n'était pas arrivé. Il a dit quelque chose. Ça pourrait vouloir dire… bin, ça peut vouloir dire qu'il t'a choisi. »

Je mords ma lèvre. C'est un truc comme ça – mais… comment je peux juste laisser passer ça si facilement ? Même s'il m'a 'choisi', qu'est-ce qu'il va l'empêcher de recommencer ? Qu'est-ce qui arrêterait Lizzy de se jeter sur lui quand je baisse ma garde.

« Et… » Ajoute Dorcas en faisant attention à chaque mot. « Rien ne s'est vraiment passé. »

Je gémis et retombe sur mon oreiller. Elles ont raison d'une certaine façon, mais je ne suis toujours pas convaincue Je ne vais certainement pas lui pardonner aussi facilement. Il mérite de suer et va devoir le désirer ardemment.

« Et peut-être qu'ils sont vraiment juste copains, » dit Dorcas. « Entre copains il y a ce genre de moment tout le temps. »

Je lui hausse un sourcil et elle rougit légèrement, détournant le regard de Lily qui ne fait qu'acquiescer.

« Ouai – Dorcas et Potter en ont tout le temps. »

J'entends l'inspiration nette de Dorcas et pour la première fois depuis que je suis montée dans le dortoir, je ressens l'envie de rire. Ces deux-là forment une drôle paire où l'une est aussi inconsciente que l'autre. C'est vraiment elles qui me donnent des conseils sur les garçons ?

« Et toi et Remus avez vos moments aussi, » Lily acquiesce et la boule de rire s'arrête instantanément.

« Non, nous n'en avons certainement pas ! » je réplique sèchement et elle rit bêtement.

« Et à la Bibliothèque cette fois-là ? Quand il a dit que tu étais 'magnifique'. »

Je sens la même rougeur bizarre qu'à ce moment avec Remus et je ne sais plus où me mettre. Oh merde. Peut-être qu'elles ont raison – on peut avoir des moments bizarrement romantique avec nos potes et qui ne veulent strictement rien dire. Mais ce truc entre Sirius et Lizzy est allé trop loin, et ça dure depuis trop longtemps – c'est trop développé. Je ne suis pas sûr que je puisse faire confiance au point de ne plus en faire toute une affaire.

« Juste… peut-être que tu pourrais l'écouter ? » suggère Dorcas avec précaution.

« Mais nous sommes derrière toi à deux cent pourcents, » coupe Lily. « Si tu ne veux plus jamais le voir, je fais ma mission personnelle de te couvrir les yeux à chaque fois qu'il sera dans la même pièce. »

Je pouffe de rire et presse leurs deux mains. « Gardez-moi juste loin de Lizzy. Je suis capable de lui envoyer un sort pour lui faire sortir sa langue hors de sa bouche, et ne plus jamais avoir à l'entendre marmonner. Et elle ne sera jamais capable d'embrasser Sirius non plus. »

Lily et Dorcas éclatent de rire, et je fais un grand sourire.


N/T : Un tout petit mot pour vous souhaiter simplement un excellent week end!

N/A : Hmm, qu'est-ce que vous pensez de cette fin entre Sirius/Kate ? Merci d'avoir lu ! )