N/A : Merci les filles ! Un grand mais pas vraiment moment dans ce chapitre )
Chapitre Douze : Merlin, c'est chiant d'être triste
Le jour suivant est une putain de torture.
Sérieusement, j'aurais préféré laisser Peeves me chanter une version grossière de 'Tu as avada-er mon cœur'.
J'aurais préféré regarder Peter se curer le nez.
Préféré entendre les marmonnements de Lizzy pendant trois heures.
Supporter sept millions d'heures de Quidditch.
J'aurais préféré n'importe quoi plutôt que faire la gueule, et être malheureuse, et devoir éviter Sirius Black. Je déteste être malheureuse. Ça ne me va pas ! Je suis vraiment une personne joyeuse.
Mais le stupide Sirius m'a pris ça. Parce que même si j'aurais préféré être heureuse et insouciante – je ne peux pas l'être. Vraiment, je ne peux pas m'arrêter de broyer du noir et de regarder ailleurs quand Sirius essaie de capter mon regard. Le seul truc qui me donne une petite joie, c'est de gronder un Premier Année qui est sur mon chemin en allant en Botanie.
« Bouge putain ! » je crie, en poussant l'un d'eux dans lequel je suis déjà rentrée trois fois.
« Kate ! » dit Lily sévèrement. « Je sais que tu es perturbée – mais ça ne sert à rien de parler comme ça aux plus jeunes ! »
Oh salut Dorcas, je ne t'avais pas vu ! Maintenant je sais pourquoi Lily est Préfète. Dorcas aurait dû en être une aussi, et ces deux-là sautilleraient partout, bras dessus, bras dessous avec Mafalda, aboyant des ordres et ruinant l'amusement des gens.
« Oh super ! Sirius est terrible en Botanique – peut-être qu'une plante va le manger, » sourit Lily, me donnant un petit coup et je soupire.
Je suis vraiment une personne pitoyable.
Merlin, c'est chiant d'être triste.
« Tu as fait ton devoir de Défense ? » demande Dorcas, quand nous traversons la cour pour aller vers les serres.
Oui Dorcas ? Passons tous à notre rédaction et discutons du point final. Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais faire de mieux !
Putain d'intellos.
« Ouai, s'en était un drôle, hein ? Prewett est tellement un bon professeur. J'aimerais qu'il reste, » soupire Lily.
J'acquiesce en étant d'accord, parce que même si je suis de mauvaise humeur – je tire un trait sur mon malheur, pour le Professeur Prewett. Godric, il est séduisant. Je me demande si ce serait terriblement mal de ma part d'essayer de lui mettre le grappin dessus – alors ce sera Sirius qui broiera du noir et qui fera la gueule, parce que tout ce qu'il aura sera Lizzy la Marmonneuse, et moi le Roi de la Défense – Gideon Prewett.
Le seul problème c'est que, Gideon Prewett a dû me regarder deux fois.
Pomona est dans la serre en train d'empoter des plantes vertes, épineuses, avec des dents, et elle fait un geste de sa baguette sur la racine sauvage. Oh bien. Juste ce dont j'avais besoin – des caresses d'une plante vivante avec des crocs. Au moins, la prédiction de Lily peut devenir vraie et Sirius a une chance de finir dévoré.
Nous prenons nos sièges à notre plan de travail habituel et jetons un œil aux plantes très effrayantes à Chourave. Ça va être un cours difficile, je peux déjà le dire. Nous avons déjà eu des plantes dangereuses, mais celles-ci semblent de loin, les pires.
« La Tentacula vénéneuse, » dit Dorcas dans un souffle, fixant les racines avec émerveillement.
Faite confiance à Dorcas pour tomber amoureuse d'énervantes plantes avec des gousses et des racines qui volent dans toutes les directions. Basiquement, elles sont l'équivalent Botanique de James Potter et ses cheveux.
« Argh, elles ont l'air terrifiante, » commente Lily et j'acquiesce. Pas étonnant que Lily ne soit pas convaincue.
Et pile quand Dorcas ouvre sa bouche, sans aucun doute pour sortir quelque chose du livre sur le moyen d'en finir avec elles, les Maraudeurs entrent dans la serre. James est à la tête, parlant à Peter, et Sirius suit mécaniquement derrière eux. Je dévie mes yeux mais pas assez rapidement pour ne pas remarquer qu'il n'a pas l'air aussi insouciant que d'habitude. En fait, il semble franchement maussade.
« Sirius regarde, » murmure Lily.
« Merlin, il a l'air horrible, » ajoute Dorcas.
Et parce que Dorcas sait juste comment me rendre furieuse, je lève les yeux pour lui glisser un rapide regard. Elle ne ment pas. Il ne s'est pas rasé et ses cheveux sont plus en désordre que d'habitude, mais tout est attirant comme toujours – c'est sa bouche renfrognée et maussade qui est totalement inconnue. Je sens un pic indésirable dans ma poitrine. Il est vraiment perturbé par ça ? Il n'a jamais été triste quand nous nous disputions. Je renifle, me sentant soudain de nouveau énervée et je me détourne. Je parie que Lizzy l'a rejeté ou un truc comme ça, et c'est pour ça qu'il est affecté.
« 'Lut, » dit Remus. Il est entré dans la serre un peu après les autres garçons, qui ont maintenant atteint leur plan de travail quelques mètres plus loin. « Je peux m'asseoir ici aujourd'hui ? »
J'hausse un sourcil mais hoche la tête. Remus ne s'assoit pas habituellement avec moi en cours – même si lui et ses amis sont forcés de se séparer – il dit toujours que je suis trop distraite. Il s'affale sur le tabouret à côté de moi, son dos face au reste des Maraudeurs. Je veux regarder par-dessus son épaule pour voir leurs expressions, mais je ne peux pas supporter de voir encore ce regard dépressif et étrangé sur le visage de Sirius.
« Tu vas bien ? » demande Remus, fatigué.
J'hausse les épaules. « Je me porte comme un charme. »
Il rit. « Tu ne sais pas mentir. »
Le coin de ma bouche se tourne vers le haut et je me détourne. Je ne veux pas répandre ma bile sur Remus – il irait probablement droit sur Sirius pour lui tout lui répéter. Je sais qu'il était en colère contre Sirius hier, quand tout le truc sur Lizzy était un secret, mais maintenant que Sirius a tout dit, Remus est obligé de lui pardonner. Il n'est pas du genre à garder rancune.
« Comment ça se fait que tu t'assois avec nous aujourd'hui, Remus ? » demande Dorcas et je sens une bouffée d'affection pour elle. Parfois, sa flagrante indiscrétion est pratique.
Il soupire et jette un coup d'œil par-dessus son épaule avant de hausser les épaules.
« Sirius et moi ne nous parlons pas. »
Je fronce les sourcils mais il ne me regarde pas.
« Ah, oui, » dit Dorcas en compréhension.
« Ok, approchez plus vite Stebbins ! » dit Pomona d'une voix bruyante, attirant l'attention au-devant de la classe. « Maintenant – aujourd'hui, nous allons nous occuper des Tentaculas vénéneuses – une des plantes les plus dangereuses à laquelle vous avez fait face. Il y a trois dangers avec les Tentaculas. Un, le venin peut être expulsé de ses différentes gousses. » Un petit rayon de lumière sort de sa baguette, qu'elle pointe vers les différentes parties de la plante.
« Deux, ses piques sont mortelles, et trois, ses morsures sont empoisonnées et peuvent être fatales. Ce sont des spécimens stupéfiants ! »
« Ouai, elles ont l'air très charmante, » murmure Remus et je glousse.
« Ah – et bien sûr, ses racines sont mobiles et tentent de s'enrouler autour de proies humaines. »
« Mais ça fait quatre dangers ! » dit Dorcas, comme si c'était ça la partie alarmante dans la description de Chourave.
« Vous avez raison, Meadowes – je me suis trompée. Donc – quand je compte jusqu'à trois, je distribuerai une plante à chaque groupe de travail et vous essaierez de les sortir de leur pots pour les replanter dans le pot de terre devant vous, pour qu'elle soit près de la fenêtre. Protégez les gousses, s'il vous plait, et je vous donne l'entière permission de jurer très fort si elles vous attrapent ! »
Et ensuite, les plantes sont soudainement sur nos bureaux, et différents cris et hurlements se font entendre dans la serre. J'éclate de rire quand j'entends le hurlement rauque de Sirius, « Wo ! Putain de merde, poussez cette merde loin de moi ! »
Mais ensuite, une racine tape dans ma bouche ouverte et je la fixe choquée. Heureusement, Remus a les mains assez démêlées pour arriver à utiliser le sort Diffindo pour me libérer.
Après que nous quittions la Botanique, ronchonnants, transpirants et essoufflés, je gémis.
« Quelle façon de commencer la semaine. »
Lily et Remus bafouillent leurs accords mais Dorcas secoue la tête.
« Elles sont très intéressantes, non ? Je me demande si nous travaillerons encore sur elles au prochain cours. »
« Dorcas, t'ai-je déjà dis que tu es complétement cinglée ? » je demande, essuyant mon sourcils avec des haut-le-cœur. « Merlin je suis dégoutante. »
« Bien, nous avons Soins aux Créatures Magiques maintenant, » soupire Lily. « Ça ne sert à rien d'essayer de se laver quand nous allons devoir ramasser les bouses d'Hippogriffe. »
Je veux vomir. Quel genre de tortures Poudlard me prépare encore pour ma journée de dépression ?
« Quel cours tu as maintenant ? » je demande à Remus, qui nettoie ses lèvres avec sa manche déchirée. La Tentacula Vénéneuse l'a presque mordu, mais j'ai réussis à la repousser avant qu'elle ne perce sa peau.
« Heure de libre, merci Merlin, » il murmure, bougeant inutilement sa baguette sur la déchirure.
« Kate ! »
ARGH. Comme si j'avais besoin qu'il, par-dessus tout, tente de me parler quand je suis dans cette humeur !
Remus lève les yeux au ciel, Lily et Dorcas lève le regard, leurs yeux brillants dangereusement mais rien de tout ça ne stoppent Sirius. Il nous rattrape, un peu haletant avant de mettre ses mains dans ses poches. Merlin, je vais leur lancer un sort pour les enlever. Peut-être que je peux aussi lancer un sort sur sa braguette, et il devra se balader dans tous le château avec son jean sur ses chevilles. Lizzy adorerait ça.
« Bien ? » il dit inconfortablement à mes amis, et grimace quand Remus regarde ailleurs. « Kate, s'il te plait – je peux te parler ? »
« Je suis très occupée à aller en Soins au Créatures Magiques tout de suite. Réessaie plus tard, » je dis mollement.
« Oh bien – j'y vais aussi. Nous pouvons parler en chemin, » il dit avec un énervant sourire malicieux.
« En fait, » je dis, me tournant vers Remus. « Je pense que je vais sécher aujourd'hui. Ouvre la marche jusqu'à la Salle Commune. »
La mâchoire de Sirius se décroche et Remus grimace entre nous deux, avec un air partagé.
« Kate ! Tu ne peux pas sécher. »
« Tais-toi Dorcas, » je lui grogne, balançant ma tête vers Sirius. Elle semble énervée, mais ferme sa bouche.
« Ok, moi aussi. Même mieux, nous pouvons tous les deux nous laver avant de parler, » acquiesce Sirius, avec l'air déterminé.
Je veux crier – je le fais presque – mais soudain James, qui d'habitude ne réagit pas pour moi, attrape la manche de Sirius.
« Laisse la seule, Patmol. »
Et puis, même si Sirius recule en me regardant toujours, il laisse James l'amener vers la forêt où le cours de Soins au Créatures Magique va bientôt commencer.
« Nous dirons a Brûlopot que tu es malades, Kate, » dit Lily, pressant mon épaule.
« Et nous t'apporterons les devoirs, » ajoute Dorcas.
« Tu viens juste d'éclairer ma journée, Dorcas. »
Dorcas me fusille du regard. « Ne sois pas si malpolie. Je n'ai failli embrasser personne qui n'est pas toi ! »
« Dorcas ! » je dis, plaçant mes bras devant moi et m'avançant brusquement vers elle. « Je n'avais aucune idée de ton profond sentiment de désir pour moi ! »
Elle me pousse durement et me fais les gros yeux. « Vas-t'en, Kate ! »
Je lui fais une grimace et Lily soupire, l'emmenant plus loin en murmurant quelque chose comme, « Elle est de mauvaise humeur – laisse-la un peu. »
« Alors la Salle Commune ? » demande Peter derrière nous et Remus et moi acquiesçons notre accord.
Après que nous nous soyons tous lavés, Peter décide d'aller aux Cuisines, alors Remus et moi décidons de travailler sur notre chanson de Procrastination. Deux mesures plus tard, on s'effondre contre le canapé et décidons d'y travailler plus tard.
« Tu vas bien ? » je demande, remarquant qu'il recommence à être un peu pale. Qu'est-ce que Remus est un garçon maladif.
Il hausse les épaules. « Ouai – le rhume arrive. Probablement pas avant une semaine et demie cependant. »
Je ne commente pas le fait que comment pourrait-il prédire quand il va avoir un rhume, j'entortille juste mes cheveux autour de mon doigt. Non mais franchement – les rhumes me prennent toujours par surprise – je me lève juste un jour avec un nez incroyablement bouché et avec une envie de me jeter du haut d'une falaise. Quel extraordinaire talent : savoir quand on va être malade – on peut prévoir plein de truc autour de ça.
« Et toi ? Avec Sirius qui ta saoulé aujourd'hui ? » il m'interroge délicatement, tournoyant sa plume entre ses doigts, en tapotant sur notre parchemin de nos affreuses paroles.
« Ouai, je suis enchantée. C'est tout ce dont je rêve – lui qui ignore le fait qu'il m'ait trahi et à la place, se résout à me poursuivre avec ce qu'il considère être un sourire victorieux, mais que je considère comme un rictus méprisant. »
Remus se moque. « Il est tellement con. »
Je me souris à moi-même mais hausse les épaules. « Rien qui ne sorte de l'ordinaire, je suppose. »
Il secoue sa tête. « Non. Ecoute, si je lui faisais une remarque à chaque fois qu'il regarde une fille autre que toi, ou fait un commentaire dragueur, alors je lui parlerais de ça la moitié de la journée – mais il est allé trop loin cette fois. »
Je me tapis dans le canapé et prend un coussin sur mes genoux à câliner. « Bin, en fait il n'a rien fait. »
Remus sort un énorme soupire et son visage se plisse énervé. « Quand même – c'est un con. Un Super Con. »
Je ris et me penche sur le canapé, arrondissant mon dos. Remus m'observe quand je me tourne sur le côté et attrape mes genoux.
« Tu n'as pas à arrêter d'être ami avec lui juste à cause de moi. Juste parce que je ne sors plus avec lui, ça ne veut pas dire que tu dois le larguer. »
Remus rit un peu puis soupire, tapant mon genou. « C'est très généreux de ta part Kate, mais je ne vais pas le larguer. Je mets juste un point d'honneur à ça – il ne peut pas te traiter comme ça sans conséquences. Maintenant que je l'ai vu faire un courageux effort – nous nous réconcilierons avant demain. »
Je grogne. « Tu prends position. »
Il sourit. « Il sait que je ne lui pardonnerai pas vraiment avant qu'il arrange les choses avec toi. Je veux juste qu'il se mette à penser avant de dire ou faire les choses – ainsi il arrêtera de blesser les gens. »
Je fronce les sourcils et fait tourner mes cheveux, observant le petit espace entre les boutons de la chemise de Remus qui révèle sa poitrine pale. Il a un peu de poils dessus – pas d'une façon d'ours dégoutante – c'est en fait plutôt viril pour un mec de seize ans assez maigre. Après un moment, il racle sa gorge et réajuste sa chemise, du cou je ne peux plus rien voir.
« Je le fais aussi, tu sais, » je dis calmement. « Dire et faire des trucs sans y réfléchir. »
« Ouai, je sais, » il dit. « Mais tu t'en aperçois en général au milieu de la phrase, et au moins tu essaies d'arranger les choses. Dernièrement, tu as essayé de faire attention et c'est ce qui compte – que tu essaies. Mais bon, je ne serais pas moi si je ne te rappel pas d'essayer un peu plus. »
Je lui souris et il fait un de ses rires doux, ébouriffant mes cheveux puis il glisse loin de moi en s'adossant à l'accoudoir opposé et il me regarde par-dessus ses genoux.
« J'ai été assez horrible envers Lizzy, » je murmure. « J'l'ai traité de pétasse marmonneuse. »
Remus rigole mais couvre rapidement sa bouche. « Ouai, j'en ai entendu parler. Tu dois t'excuser. »
« Peu probable, » je dis, secouant ma tête quand une pensée me traverse l'esprit. « Oh ouai ! Tu n'as même pas été témoin de la dispute, hein ? »
Il sourit complice et souffle. « Oui. J'étais ailleurs. »
Je tape son genou avec mon pied. « Avec Emmeline. »
Il couvre son visage et pouffe de rire. « Merlin, je te déteste. »
« Allez ! » je dis, me redressant avec un grand sourire. « Balance les potins. »
Il souffle très laborieusement et me regarde ahuri. « Il n'y a pas de potins. Nous avons juste parlé des Goules et elle m'a parlé de cette fête de fou à laquelle elle est allée cet été. »
« Mmm-hmm et les loups garous bien sûr, quoi d'autre ? Elle te plait ? »
Remus se fige et se redresse soudain lui aussi, un air choqué sur son visage. Je fais une moue. Est-ce que c'est la réponse appropriée à la question – 'elle te plait ?' C'est drôle, j'ai toujours pensé qu'un simple 'oui' ou 'non' était suffisant.
« Qu – Qu'est-ce que tu as dit ? »
Je soupire patiemment. « Elle te plait ? »
Il secoue sa tête vigoureusement et je fronce les sourcils.
« Hum… j'ai juste pensé que vous aviez parlé des loups garous parce que vous étiez tous les deux à ce rassemblement cet été, » je dis confuse devant son expression alarmée. Mais ensuite il se relax et s'adosse de nouveau à l'accoudoir.
« Donc, tu l'admets, » il dit comme s'il n'avait pas agi comme un dingue. « Tu as monté le coup, hein ? »
Je ris et lève mes mains en signe de soumission. « Je n'aurais jamais ! »
« Katie, je l'ai déjà dit mais je le répète – tu ne sais pas mentir. »
Je gémis au surnom. « Je n'ai rien fais, vraiment. Je lui ai juste suggérer et elle trouve que tu es assez plaisant, alors elle a dit qu'elle aimerait apprendre à te connaître. »
Son expression est illisible pendant un moment et je ressens le désire étrange de lui balancer quelque chose – d'habitude, je m'en fou qu'il prenne une éternité pour me répondre, mais maintenant, tout ce que je veux savoir, c'est si elle lui plait aussi. Pourquoi il ne peut pas juste me le dire ? Pourquoi il a l'air aussi pensif – ce n'est pas si dur, ou il l'aime bien, ou il ne l'aime pas. Merlin, s'il vous plait, faites-le se bouger et me dire si je dois passer à la Fille numéro Trois ou pas.
Il tripote le vêtement sur son genou quand il répond finalement.
« Tu ne t'es jamais dit que je pourrais être vexé par tout ce truc ? »
Hein ?
« Pardon ? »
Ses yeux se fixent sur moi et je suis inquiète de voir qu'ils sont un peu tristes et il est aussi embarrassé. « Tu ne penses pas que je pourrais avoir un rancard tout seul ? »
« Remus ! » je m'exclame, glissant sur le canapé pour me mettre à côté de lui. Je pose mon menton sur ses genoux pour que je puisse le voir comme il faut, ses joues sont toujours rouges de gêne. Je sens une pointe de culpabilité à notre proximité mais la balaie. J'ai rompu avec Sirius maintenant de toute façon, alors ça fait quoi si je tape le bras d'un de ses potes ou met mon menton sur ses genoux – je sais que ce n'est pas du flirt et c'est tout ce qui compte réellement. Ce n'est pas comme si j'allais 'presque' embrasser Remus.
« Remus, bien sûr que je pense que tu peux avoir un rancard tout seul ! Je veux juste aider, parce que parfois, je pense que tu ne crois pas mériter aucune attention. Je ne sais pas si c'est parce que tu tombes beaucoup malade, ou parce que le reste de tes potes sont tellement des cons en quête d'attention… mais, tu es le meilleur d'entre eux Remus. Alors je pense que c'est important que tu commences à le croire ! »
Ses sourcils se confondent tellement ils sont froncés, et ses yeux sont bien plus vert que dans mes souvenirs. D'habitude, ils sont assez banales et subtils – plus marron, mais maintenant, peut être que c'est avec la lumière, mais Godric, Remus Lupin a de superbe yeux. Je m'éclaircis la gorge et me recule, pour rester assise face à lui, mais sans le toucher. Ça doit être un de ces 'moments' bizarre qui arrivent parfois entre potes.
Il humidifie ses lèvres, ayant toujours l'air de chercher ses mots. Je ne le pousse pas – parce que même si ça me frustre parfois, c'est vraiment une des choses que je préfère chez lui – le fait qu'il pense toujours avant de parler. C'est quelque chose que j'admire, et que je souhaiterais pouvoir faire. Parfois, j'arrive assez bien à juste sortir ce que je pense mais j'avoue que si je passais quelques secondes à réfléchir comme il le fait, peut-être que je serais aussi éloquente que lui.
« Tu es vraiment une très bonne amie Kate, » il dit, sa voix tremblant un peu. « Je pense que je comprends maintenant. »
« Quoi ? »
« Que tu ne penses pas que je suis une pathétique cause perdue. »
Bien – tant d'éloquence. C'est ridicule.
« Remus, je pense que tu es parfait, » je lui fais un sourire rayonnant et il regarde ailleurs, encore embarrassé. Mais je ne m'en préoccupe pas trop – l'embarrasser comme ça c'est préférable à le faire en disant 'seins et cul'.
Et ensuite, le portrait s'ouvre et McGonagall entre en ayant l'air très énervée. Ses yeux s'accrochent à moi et elle pointe son doigt vers moi.
« Merde. Attrapé. » Je soupir en allant humblement vers elle.
N/A : vous l'avez – un petit peu de Remus/Kate – mais je ne vais pas les coller ensemble avant longtemps haha – trop facile ! Merci d'avoir lu.
