Ah. Ahah. Ah…
Exactement 24 jours de retard, mes amis ! *PAN* En fait, moi qui disait que le thème précédent était compliqué… Je crois que finalement, c'est celui-ci que j'ai eu le plus de mal à écrire ! xD Bon, j'ai mis du temps, et j'espère que vous ne trouverez pas d'OoC… Parce que j'ai l'impression d'en avoir fait.
Bref, je vais arrêter de me lamenter, et je vous remercie comme toujours pour vos reviews. (love)
Disclaimer : Les personnages et l'univers appartiennent à Hiro Mashima.
Genres : Euh… un soupçon d'angst et de romance ? J'ai essayé de faire deux-trois rimes aussi, mais de là à dire que c'est de la poésie… 8'D
Rating : K
Je vous souhaite une bonne lecture ! (Est-ce seulement possible ?)
Ah, et je tiens aussi à préciser puisque je ne l'ai pas dit au début : les textes de ce recueil ne se suivent pas.
Bal
« Danser,
Est-ce remplir un vide ?
Est-ce taire un cri ?
C'est la vie
de nos astres rapides
prise au ralenti. »
Rilke
Bleu, bleu, bleu.
Il y a d'autres couleurs aussi – rose profond, vert prairie, jaune orangé. Trop brillantes, éclatantes et miroitantes, ça lui pique les yeux, à Erza. Parce qu'elle, elle ne connait que la noirceur, le sang et la douleur. Parce qu'Erza n'est ni brillante, ni éclatante, ni miroitante.
Erza est ténèbres ; Erza est chagrin, aussi, parfois. Erza est colère, surtout.
Et Erza, dans cette salle trop éclairée, parmi cette foule trop agitée, elle aperçoit du bleu.
Bleu indigo. Bleu nuit. Bleu outremer. Foncé, sombre, le bleu du ciel à minuit. C'est lugubre, sinistre. C'est Erza ténèbres, Erza colère. C'est toute une tempête dans un océan enragé, avec les voiles des bateaux déchirées. C'est l'encre de la plume sur les papiers officieux, qui oscille entre le noir et le bleu.
C'est le Gerard que personne ne connait, et qu'elle a réussi à percer.
« M'accorderiez-vous cette danse ? »
Depuis quand est-ce que tu me vouvoies, Gerard ?
Et elle accepte de s'abandonner dans les bras du roi trop foncé.
Rose dragée, vert jaunâtre, jaune topaze. Elle tourne, tourne et tourne – ça se brouille un peu autour d'eux. Et elle ne voit plus que du bleu.
Bleu-gris. Bleu acier. Bleu électrique. Ça pique et ça acère. Morose, morne, c'est un bleu triste, aussi. C'est mélancolique, c'est Erza chagrin. C'est le brouillard après la tempête en pleine mer, c'est les larmes qui coulent sur les joues, calmes et amères.
C'est parfois le bleu qu'il a dans ses yeux, le bleu qu'il essaye de cacher derrière ses iris bruns. C'est le Gerard que personne ne connait, et qu'elle aimerait réussir à percer.
La musique change ; elle devient lente, douce, et Erza sent les mains de Gerard contre elles se faire tendres. Il lui sourit – un sourire dont elle ne comprend pas le sens, et ça l'énerve.
Arrête avec ces manières, Gerard.
Rose confus, vert troublé, jaune pâle. Tout s'efface – le brillant, l'éclatant, le miroitant. Et Erza se perd dans les bras de Gerard, elle se perd dans tout ce bleu.
Bleu azur. Bleu céruléen. Bleu turquoise. C'est clair, trop clair – mais ça ne pique pas les yeux d'Erza. C'est bien la seule lumière qu'elle accepte dans sa vie, même si ça l'agace. Parce que c'est bleu. C'est le bleu d'un ciel trop parfait, sans blanc ni gris. C'est les pétales des fleurs qui bordent le château, délicates et jolies. C'est la couleur, bien trop vive et trop pétillante, qui donne l'envie de vivre. Ce n'est pas Erza, mais c'est Gerard.
Plus que les ténèbres et la colère, plus que le chagrin ; c'est le Gerard trop parfait. Le Gerard qui cache son aigreur et ses peines derrière ce trop-plein d'allégresse.
Ce bleu trop faux, elle le hait, Erza. Mais c'est le seul morceau de joie et de bonheur qu'elle accepte dans sa vie.
La musique s'arrête, les danseurs aussi. Les couleurs vives et criardes reviennent l'agresser ; et on applaudit. Erza lance un regard froid et noir à Gerard, qui lui fait un baisemain en la dévorant du regard.
Gerard, tu n'es qu'un imbécile.
On applaudit le rouge, on applaudit le bleu.
Le bleu.
Bleu roi.
