C'est en cette période de fêtes que je poste enfin le bonus de cette Week. J'ai voulu faire quelque chose de différent, j'espère que vous apprécierez. Sur ce, on se retrouve en bas !

Disclaimer : Les personnages appartiennent à Hiro Mashima.

Genre : Romance, UA, et… arf, un peu de fluff, j'avoue.

Rating : K.

Bonne lecture ! (:


Bonus (UA)


Interdits


« Lorsque leurs regards se croisèrent, il n'y eut plus entre eux qu'une seule certitude, c'est que tout était décidé et que tous les interdits maintenant leur étaient indifférents. »
Robert von Musil


Le cœur de Gerard battait étonnamment fort. Converses noires trouées posées sur le goudron, veste en cuir sur les épaules et casque accroché sur sa moto, il sortit son téléphone portable de sa poche et composa un numéro qu'il connaissait maintenant par cœur.

Au bout de trois sonneries, une voix basse et froide lui répondit.

« Allo.

- Erza ? C'est moi. »

Erza soupira à l'autre bout du fil.

« Je sais bien que c'est toi. »

Gerard sourit comme un imbécile en caressant du bout des doigts le volant noir mat de sa moto.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

Il inspira un bon coup. Allait-elle le détester après ça ?

« Je suis devant chez toi.

- … Pardon ? »

Certainement, oui. Erza n'aimait pas les surprises, et encore moins celles de ce genre.

Gerard se trouvait devant la maison de la famille Knightwalker, appuyé contre sa moto. C'était une assez grande maison – plus grande que la sienne, en tout ça – entourée d'un jardin assez grand pour que la mère de la jeune fille puisse y faire pousser toutes les variétés de plantes et de fleurs qu'elle voulait. C'était une belle maison entourée d'un beau jardin fleuri.

Il sentit son cœur battre un peu plus fort lorsqu'il aperçut Erza tirer sur le rideau de sa chambre pour vérifier s'il était vraiment là. Gerard lui sourit, heureux, et elle grimaça.

« Pourquoi t'es là ? T'as vu l'heure qu'il est ? » reprit-elle sans le quitter du regard depuis sa fenêtre.

En effet, il était déjà plus de vingt-trois heures et il faisait nuit noire.

« Je sais très bien l'heure qu'il est, susurra-t-il. Je voulais simplement t'emmener faire une balade en moto.

- Tu sais très bien que je suis puni pour la semaine, imbécile. A cause de toi, en plus.

- Oui. C'est pour ça que je vais te demander de faire le mur. » Et avant même qu'elle ne puisse répliquer, il continua : « Et ne dis pas non. Allez, Erza, je sais très bien que tu te fiches de ce que tes parents vont dire. »

Il l'entendit grogner et elle remit son rideau en place. Gerard connaissait trop bien la jeune fille et il aimait en jouer, même s'il en payait les conséquences, la plupart du temps.

« Bien. Je me prépare et j'arrive. »

Erza ne mettait jamais très longtemps pour se préparer. Lorsqu'elle arriva vers lui, une dizaine de minutes plus tard, Gerard sourit. Elle était belle, dans sa veste en cuir et ses hautes bottes noires. Elle n'avait même pas besoin de se maquiller pour être désirable aux yeux de Gerard.

Il lui tendit un casque qu'elle mit immédiatement, habituée, puis ils grimpèrent sur la moto. Erza passa ses bras autour de son ventre et lui demanda :

« Où est-ce qu'on va ?

- C'est une surprise. »

Et sans lui laisser le temps de répondre, encore une fois, il démarra et ils partirent dans un vrombissement.

.

Les lumières de la ville défilaient à toute allure autour d'eux. Il n'y avait presque personne sur les routes ; et Gerard roulait vite. Ça brillait, scintillait, c'était presque magique. En dehors de son casque, les cheveux écarlates d'Erza volaient dans le vent.

Elle resserra sa prise autour du corps de Gerard lorsqu'il tourna, à une intersection.

En plus des mille-et-unes lumières qui dansaient autour d'eux, c'était les immeubles et les gratte-ciels immenses et riches qui défilaient à toute vitesse – toutes ces tours qui ni elle ni lui ne penseraient jamais à visiter tant elles semblaient imposantes et importantes.

Eux, ce qui les intéressait, c'était la liberté – la richesse, le travail, l'influence de ces bâtiments ne les attiraient pas.

Juste la liberté. Comme là, maintenant. Seuls sur la route, au beau milieu de la nuit, sans personne pour leur dire quoi faire ; ils se sentaient libres, sans interdit, et ils aimaient ça.

C'était drôle comme une simple balade en moto pouvait leur faire ressentir des choses pareilles.

Ils quittèrent la ville. Aussitôt, les immeubles se firent de plus en plus rares, et Gerard dirigea sa moto vers une route de campagne. Le paysage commençait à changer. Ils n'avaient désormais pour lumière plus que les phares de la moto ; tout était sombre, autour d'eux. Mais Erza n'avait pas peur. Parce qu'il y avait Gerard avec elle, mais aussi parce qu'elle n'avait jamais peur. Quoiqu'il arrive, elle arrivait toujours à garder son sang-froid. Et Gerard l'admirait pour ça – pour ça, et pour beaucoup d'autres choses aussi.

Erza, elle avait la force mentale qu'il n'avait pas toujours, et la rage qui lui faisait défaut. Mais en contrepartie, lui avait le calme qui lui manquait parfois, et l'aisance avec les gens qu'elle avait perdue. Il n'y avait jamais vraiment pensé, mais c'était peut-être grâce à tout ce qu'elle avait et qu'il n'avait pas qu'il l'aimait.

Ils traversèrent un petit bois et la route monta. Très vite, ils furent arrivés à destination.

.

Gerard descendit de sa moto le premier et lorsqu'il vit Erza retirer son casque et inspecter les environs, curieuse, il ne put s'empêcher d'examiner sa réaction.

Ici, il n'y avait plus de route, plus de béton ni de bâtiment et de lumière artificielle. Non, tout ça, ça se trouvait en bas, tout en bas, au pied de la colline où Gerard l'avait guidé. Ici, les environs étaient bordés de grands arbres, de buissons et d'herbe fraiche. Erza descendit de la moto et marcha jusqu'au bout de ce petit coin de paradis. Là, une barrière en bois empêchait l'accès aux quelques centimètres de verdure qui restaient avant le vide. Et en bas, dans le vide, il y avait la ville. Et en haut, au-dessus d'eux, le ciel noir et les étoiles.

Erza était debout face à ce spectacle, immobile. Gerard se dirigea doucement vers elle et l'enlaça par dernière, posant sa tête contre son épaule.

« C'est chouette, hein ?

- … C'est pas mal. »

Et Erza sourit lorsque Gerard pouffa légèrement. Puis il se détacha d'elle et lui prit la main.

« Viens. »

Elle le suivit jusqu'à la barrière, face à la ville, petite et illuminée de mille feux. Là, un banc bien moins détérioré que ceux du parc en face de chez Gerard était installé et ils s'assirent dessus. Erza mit ses pieds sur les barrières en bois devant eux et Gerard passa un bras au-dessus de son épaule.

Ils restèrent ainsi quelques minutes à regarder les étoiles et la ville endormie. C'était calme, et le seul bruit qu'ils entendaient était le frisson de l'herbe à leurs pieds au contact du vent frais. Et ça ne leur déplaisait pas.

Puis Erza brisa le silence reposant.

« Je ne te savais pas si romantique.

- Ah oui ? » Gerard sourit tendrement en tournant la tête vers elle de la rousse. « Mais tu aimes quand je suis comme ça, non ?

- Imbécile, soupira-t-elle non sans un nouveau sourire. »

Elle posa sa tête contre son épaule et prit sa main dans la sienne. Les battements du cœur de Gerard s'accélérèrent de bonheur ; il était rare qu'elle soit tactile comme ça. Les seuls contacts qu'elle créait, c'était lorsqu'elle voulait l'embrasser, où quand elle le frappait (Gentiment, bien entendu. Erza n'était pas méchante à ce point). Mais là, c'était comme si l'endroit était magique au point de les ensorceler tous les deux.

Il resserra le contact avec ses doigts.

« C'est rare que l'on se tienne la main, comme ça. »

Erza ne dit rien, les yeux fixés sur la ville.

« J'aime bien ça, cependant. »

Comprenant le sous-entendu, Erza lui répondit :

« Ne prends pas l'habitude. C'est… exceptionnel. »

Il l'embrassa sur le haut du crâne.

« Et ne prends pas l'habitude de me faire des surprises comme ça tous les soirs non plus, continua-t-elle.

- Tu n'aimes pas ?

- Je n'ai jamais dit ça.

- Alors tu aimes, s'amusa Gerard.

- Je n'ai jamais dit ça non plus », grogna Erza.

Gerard rit.

« Mes parents détestent que je sorte le soir. En plus, je suis punie. Ils m'ont interdit de sortir pendant toute la semaine. Tu le savais, je te l'ai dit hier.

- Oui, je sais bien. Mais comme dirais Marc Vilrouge, "l'interdit donne de la saveur". Tu n'es pas d'accord ? »

Il n'avait même pas besoin de regarder Erza pour savoir que l'esquisse d'un sourire se formait sur ses lèvres. C'était lui-même qui lui avait parlé de cet auteur, et du peu de livres qu'il avait lu de lui, en cours de philo. Et de cette citation, surtout. Lorsque, pour la première fois, elle l'avait convaincu de sécher le cours de maths et que, contre toute attente, il avait aimé ça.

(Au final, ils étaient revenus l'heure suivante pour ledit cours de philo, mais leur professeur de maths était rentré dans la classe quelques minutes après et ils s'étaient pris une heure de colle chacun.)

« Mais l'interdit entraine les punitions.

- Je ne te savais pas si respectueuse des règles, madame la sécheuse du cours de maths.

- Il faut croire que tu ne me connais pas assez bien, monsieur le faible d'esprit. »

Gerard haussa les sourcils, amusé, lorsqu'Erza lui envoya un regard séducteur. Ils le savaient tous les deux, Gerard était certainement la personne qui connaissait le mieux Erza. Même si parfois, il avait du mal à comprendre la jeune fille, il la connaissait presque par-cœur. Et si cela avait longtemps énervé la jeune fille auparavant, elle avait bien vite appris à en jouer, tout comme lui.

« Je te connais mieux que quiconque, va », répondit-il avant d'embrasser à nouveau ses cheveux.

Il commença à caresser la paume de sa main avec son pouce. En fermant les yeux, il respira le parfum de ses cheveux ; de la vanille. Ou, non, plutôt un mélange de vanille et de son odeur à elle. Gerard supposa qu'elle s'était douchée avant qu'il n'arrive la chercher devant chez elle.

« Tu sens bon, murmura-t-il contre ses cheveux rouges.

- Non. Mon shampoing sent bon.

- Même sans shampoing tu sens bon, Erza.

- Tu n'aimes pas mon odeur lorsque je fume.

- Je n'aime pas quand tu fumes tout court. »

Ils restèrent là encore un moment, à observer la ville et le ciel étoilé. Gerard continuait de respirer son parfum tandis qu'Erza ne disait rien, se contentant de tenir fermement la main de Gerard dans la sienne.

Puis vint le moment où elle commença à somnoler et où Gerard le remarqua. Il sortit son téléphone portable de la poche de sa veste en cuir et regarda l'heure.

« Il est une heure du matin. Je vais te ramener chez toi. »

Erza ne refusa pas et se laissa raccompagner.

.

Lorsqu'elle retira une nouvelle fois son casque, Gerard fit de même et ils se regardèrent un moment, juste comme ça, droit dans les yeux.

« J'espère que tu ne te feras pas engueuler.

- J'espère surtout qu'ils sont toujours en train de dormir et qu'ils ne se sont aperçus de rien. »

Gerard lui sourit. Puis il descendit de sa moto et il se dirigea vers le jardin de la rousse.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Il ne lui répondit pas tout de suite. D'une démarche lente mais sûre de lui, il observa un peu les alentours, comme s'il cherchait quelque chose. Restée près de la moto, Erza le regarda faire sans rien dire de plus.

Enfin, il trouva ce qu'il cherchait parmi toutes ces plantes et ces fleurs de mille-et-unes couleurs : une rose rouge. Il en cueillit une – la plus belle de toutes, encore fermée cependant à cause de la nuit. Puis il se retourna et s'avança jusqu'à Erza, en souriant.

« Ma mère nous a interdits d'abîmer son jardin.

- Alors je brave cet interdit pour toi. »

Elle accepta la fleur qu'il lui tendait.

Puis, doucement, elle se rapprocha de lui et posa ses lèvres contre les siennes avec une douceur infinie. Il sentit son rythme cardiaque s'élever lorsqu'elle entreprit d'ouvrir légèrement ses lèvres et quand leurs langues commencèrent à danser l'une contre l'autre.

Gerard aimait tous les moments qu'il passait avec elle. Lorsqu'il venait la chercher après son entrainement d'aïkido, lorsqu'ils rentraient ensembles après les cours ou quand ils débattaient un sujet de philosophie. Lorsqu'elle lui souriait avant de l'embrasser, quand il l'invitait au cinéma comme tous les autres adolescents de leur âge, ou les moments où elle ne riait que pour lui, aussi rares soient-ils.

Elle fut la première à arrêter le baiser.

« Dans ce cas, merci d'avoir bravé cet interdit pour moi. »

Il lui sourit et elle commença à partir pour rentrer chez elle, sa rose dans la main. Ce qu'il aimait aussi, c'était ces moments, comme ça, qui n'appartenaient qu'à eux. Ces moments où ils se sentaient libres, à deux.


Fin


Avec 9 mois de retard, j'ai enfin réussi à finir cette Week, aha 8'D ! J'ai écrit cet OS pendant le Nanowrimo de cette année, mais ce n'est que maintenant que je me suis décidée à le corriger. J'espère vraiment qu'il vous a plu, un minimum au moins. Personnellement j'ai beaucoup aimé l'écrire même si je n'en suis pas très fière. La prochaine fois, je crois que je réfléchirais avant de m'engager dans une Week, 9 mois de retard, j'ai un peu honte. :')

Bref, ce machin sera mon dernier écrit de cette année. Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes, et j'espère que 2015 sera encore mieux que 2014 !

Merci pour vos adorables reviews, et à bientôt j'espère ! :3