Un bruit sourd d'alarme me réveilla brusquement. J'étais allongée dans une boîte en ferraille assez large, sans aucuns souvenirs. Je ne savais pas où j'étais, ni qui j'étais. Ma tête me lançait affreusement, et j'étais trempée de la tête au pied. Autour de moi, des tonneaux, des sacs, des bocaux entassés dans des caissettes en bois, où était gravé 4 lettres : W.C.K.D. En levant la tête, je me rendis compte que le plafond se rapprochait lentement. La boîte grinçait en s'élevant, me projetant au sol, allongée sur le dos. Je n'arrivais pas à me redresser, la gravité me maintenait au sol. Le plafond de rapprochait de plus en plus. Je fermai les yeux, et la cage se stabilisa. J'attendais. Un grincement se fit entendre, ce qui me fit ouvrir les yeux, et la lumière du soleil m'aveugla. Je dus attendre quelques secondes avant de m'habituer à la luminosité.
Au dessus de moi se dressait un groupe d'hommes, âgés de 15 à 20 ans, les yeux rivés sur moi, comme si j'étais une bête de foire. Les visages se mêlaient dans ma tête, j'étais incapable de dire quoi que ce soit. Un d'entre eux s'approcha de la cage, et y sauta. De panique, je reculai jusque la paroi froide de la boîte en ferraille, ce qui le fit sourire. Il se pencha vers moi, en m'agrippant par le t-shirt.
-« Lèves-toi la nouvelle » ordonna le jeune homme en me soulevant.
Je chancelai une fois debout, et dus me rattraper à un des tonneaux à côté de moi pour ne pas tomber, ce qui fit pouffer certains des garçons. Le jeune homme avec moi dans la cage me reprit par le t-shirt pour me tirer en arrière, et il me força à agripper une corde tenue par un autre garçon. Je fus tirée de ma cage et m'étala de tout mon long à terre. Les garçons s'étaient mis en rond autour de moi, et rigolaient.
-« Elle va vomir tu crois ? »
-« Elle est toute pâle ! Debout la bleue ! »
-« Allez lève-toi ! »
Les phrases fusaient. J'étais encore allongée, certains me poussaient avec leurs pieds en rigolant. Un d'entre eux se pencha vers moi et me mit debout pour me bousculer vers un autre, qui m'agrippa par les hanches avant de me pousser.
-« Allez la nouvelle, dis quelque chose ! »
J'étais paniquée. Un d'entre eux allait m'attraper, et dans un élan de courage (ou de stupidité, je n'en savais encore rien), je le bousculai en commençant à courir sans regarder derrière moi. Je ne voyais rien, le paysage était flou, et ma tête tournait, me lançant atrocement. J'entendais des rires derrière moi, et quelqu'un cria « la nouvelle est une coureuse ! » avant d'éclater de rire. Je courais sans m'arrêter, sans reprendre mon souffle, droit devant moi, avant d'arriver près d'un mur et de me stopper net. Je lançai un regard tout autour de moi, pendant que le paysage devenait plus net. J'étais entouré de 4 murs hauts d'au moins 100 mètres, formant un bloc tout autour d'une large étendue de verdure. Je ne savais pas où j'étais, j'avais la tête qui tournait, et mon ventre se retourna violement en faisant remonter de la bile dans ma gorge. Je m'appuyai contre le mur en vomissant bruyamment pendant que les garçons riaient en me regardant, à une cinquantaines de mètre de moi. Ma gorge me brûlait, et les garçons continuaient de rire loin de moi, je n'arrivais plus à bouger, le bras contre le mur, le soleil cognant sur ma tête, et cette sensation horrible de remous dans mon estomac me forçant à dégobiller toutes mes tripes. J'avais l'impression de me vider de mes organes. Le garçon qui m'avait fait sortir de la boîte s'approchait de moi à grandes enjambées, et me prit par les poignées assez violemment. La panique laissa place à la colère.
-« Lâche-moi espèce de malade ! » hurlai-je.
Je me débattais, me balançais dans tous les sens dans l'espoir qu'il lâche mes poignets. Son regard était d'un bleu glacial, et sa poigne était puissante. Je me faisais plus mal qu'autre chose en me débattant comme une lionne, alors qu'il me fixait droit dans les yeux, amusé de ma réaction.
-« Calme-toi, eh, calme-toi ! »
-« Lâche-moi ! Lâche-moi bordel de merde ! »
Je criai, hurlai, en essayant de lui donner des coups de pieds dans les genoux, mais il les esquivait facilement avant de me balancer à terre sans ménagement, me retrouvant la tête dans l'herbe fraîche et humide, à moitié recroquevillée. Je rampais sur le sol en essayant de me relever, mais mes bras ne m'obéissaient pas. Dans un dernier mouvement, je me redressai avant de faire face à l'homme aux yeux bleus, qui serrait la mâchoire.
-« Où j'suis ?! Et t'es qui toi ?! »
-« Eh, calme-toi la bleue, ou je vais devoir te calmer moi-même » répliqua le jeune homme en se rapprochant de moi.
Je reculai en me heurtant à un torse musclé. Le garçon bloqua mes bras avec les siens avant de me tirer en arrière pendant que je me débattais encore. J'avais l'impression d'être un vulgaire sac qu'on trimballait à sa guise. Je hurlais des insultes, des mots incompréhensibles, et on me jeta dans une cage creusé dans le sol, avant de m'enfermer à clés.
-« Tu bouges pas d'ici tant que tu t'es pas calmé, la tarée. »
J'avais tellement mal à la tête que je ne pus même pas répondre, me contentant de me rouler en boule en tenant mon crâne entre mes mains, me balançant d'avant en arrière, gémissant de douleur. Je ne comprenais rien. Des flashs me revenaient, et à chaque flash, une vague de douleur traversait ma tête déjà douloureuse.
L'impression de me noyer, l'eau bloquée dans ma gorge, cette femme blonde qui me regardait, en marmonnant à un jeune homme brun.
Une voix de femme qui murmurait « WICKED n'est pas bon ».
La piqure dans ma nuque.
Les flashs s'embrouillaient, ma tête était sur le point d'exploser. Je hurlais de douleur, en essayant de contenir aux maximum mes hurlements, pour ne pas alerter qui que ce soit. Je serrais les dents, ma tête entre mes mains, alors que les flashs me torturaient. J'avais peur, j'avais froid, je tremblais. J'entendais les garçons marcher, discuter, rire non loin de moi. Je m'allongeai, et attendis, la tête dans les mains, repliée sur moi-même, que mon mal de tête passe, que les flashs s'arrêtent.
Un bruit sourd me fit sursauter, et un grincement de porte se fit entendre. Je m'étais endormie, et mon mal de tête était passé. Je tremblais toujours de froid. Un visage se dessinait à l'entrée de ma prison.
-« Tu t'es calmée la bleue ? »
Je ne répondis pas, les yeux rivés dans les siens. C'était encore lui. J'étais encore à moitié recroquevillée sur moi-même, au fond de ma prison, méfiante. Il m'avait déjà broyé les poignets une fois, et je ne voulais pas qu'il recommence. Il sourit avant de tendre la main.
-« J'aimerais que tu me parles de toi. »
-« J'me souviens de rien » répliquai-je au tac-o-tac.
Il me regardait en bougeant sa main d'un signe impatient, pour me faire comprendre qu'il voulait me faire remonter. Toujours méfiante, je l'attrapai, et il me souleva jusqu'à ce que je sois debout à côté de lui, avant de fermer la porte, et de se tourner vers moi.
-« Suis-moi. »
Il posa sa main sur mon épaule en me poussant doucement en avant pour me faire avancer.
-« Où j'suis ? »
-« J'crois qu'on s'est mal compris tous les 2. »
Il s'était posté devant moi, les mains sur les hanches.
-« Tu vas me suivre jusqu'au camp, et tu vas me parler de toi. De tes souvenirs. »
-« J'viens de te dire que je me souvenais de rien. »
Il secoua la tête en attrapant mon bras pour me tirer vers lui avant de commencer à marcher droit vers un feu en me tenant par le bras. Je grognais, pas de douleur, mais de vexation. Je ne voulais pas qu'il me tienne, et d'un coup d'épaule, je me dégageai de son étreinte.
-« Je suis capable de marcher sans ton aide. »
-« Alors avance et tais-toi, tu commence à m'énerver la bleue. »
«Eh, Gally! »
Quelqu'un était en train de marcher vers nous. C'était un grand noir, je ne me souvenais pas de son visage. Il souriait.
-« Alors la nouvelle, on court vite ? Super ton sprint ! » ajouta-t-il. « Par contre, moins cool le coup de la gerbe. »
Il riait, en se moquant de moi. Je serrai la mâchoire, avant qu'il se calme, et qu'il se racle la gorge. J'avais besoin de réponses, mais je savais pertinemment que je n'allais pas en avoir. Le garçon posa sa main sur mon épaule en me demandant de me suivre, sans un regard pour l'autre aux yeux bleus qui ne me quittait pas des yeux. C'en était effrayant. Son regard était perçant, ses sourcils arqués donnaient à son visage un air mauvais, et il avait la force de 4 hommes. Je suivais l'autre jeune homme qui me parlait. Le ciel était presque rose : le soleil se couchait tout doucement.
-« Je sais que tu dois te sentir un peu déboussolée. »
-« Un peu ? » ricanai-je. « Je suis complètement paumée … »
-« Je me doute » répondit-il en souriant. « La masse de muscle qui t'a fait sortir, c'est Gally. C'est un bâtisseur. Les bâtisseurs construisent nos abris. »
-« C'est quoi ça ? » le coupai-je en pointant du doigt les murs autour de nous.
Il secoua la tête en marmonnant « eh bah, tu perds pas ton temps toi … », avant de me lancer un regard assez froid, sans me répondre. Je tapai du pied rapidement, énervée de ne pas avoir de réponses. Il soupira.
-« Nous avons 3 règles. La première : tu fais ton boulot. Y a jamais eu d'glandeurs ici. La deuxième : tu ne frappes jamais un autre blocard. Et la troisième : tu ne vas jamais de l'autre côté des portes. »
Sa voix était sèche, je l'avais énervé. Je ne comprenais toujours pas. Ce n'était pas la réponse que j'attendais.
-« Maintenant suis-moi, les autres veulent te rencontrer. »
Il m'avait légèrement poussé vers le camp, en soupirant. Il devait avoir envie de me gifler, ce que je comprenais en quelques sortes. Il m'expliqua qui il était. Alby, le chef du bloc. Avant que je ne lui demande ce qu'était le bloc, il me répondit, comme s'il avait lu dans mes pensées. Il passa sa soirée à me présenter aux « matons » de chaque métier. Zart, Winston, Clint et Minho m'avaient l'air sympathique. Un jeune homme blond nous avaient rejoint, dénommé Newt pendant le repas. Je sentais tous les regards sur moi. J'avais l'impression d'être une bête de foire, un monstre. Seul Alby ne me regardait pas comme si j'allais me relever en me transformant en une créature terrifiante. Je baillai. Il fit signe au maton des bâtisseurs, Gally, de venir nous rejoindre.
-« Tu vas l'accompagner au dortoir, laisse-là choisir sa chambre. »
-« Vous avez des lits ? »
Gally secoua la tête en entendant ma remarque avant de me faire signe de le suivre. Je saluai Alby avant de suivre Gally, en sentant des regards sur moi. Personne ne parlait. C'était pesant. En arrivant près d'un corps de ferme, Gally se retourna.
-« Les dortoirs sont au deuxième étage, et on a un lit de libre au fond à droite du dortoir. La plupart des autres blocards préfèrent dormir dehors. »
- «Alby t'a dit de ...»
-« J'ai pas que ça à foutre la nouvelle » me coupa-t-il.
-« Non mais pour qui tu te prends, connard ?! » hurlai-je.
-« Ne te crois pas au dessus de moi parce-que Alby t'a prit sous son aile la bleue » pesta Gally en m'attrapant le bras. « Maintenant ferme-là et vas te coucher avant que je t'en colle une. »
Je me dégageai de son étreinte en le toisant du regard, regard qu'il me renvoyait. Je ne voulais pas qu'il me touche. Je passai à côté de lui en lui donnant un coup d'épaule sans me retourner, et montait jusqu'au deuxième étage. Le dortoir était grand, il y avait plusieurs pièces. Je me dirigeai vers une d'entre elle, au fond à droite, comme m'avait indiqué Gally, et y trouvait un lit fait, avec une petite armoire vide, et une table de chevet. J'enlevai mes chaussures, et mon pantalon avant de me retourner, et de sursauter. Je ne l'avais pas entendu me suivre. Il me fixait.
-« Qu'est-ce que tu fous là bordel ? »
Gally souriait, les yeux posés sur mes jambes nues.
-« Je voulais juste t'informer que demain, tu commencerai à bosser avec Zart, le sarcleur. Mais la vue m'a plu, alors je suis resté. »
J'ouvris la bouche de dégoût, avant de m'avancer vers lui, et de lui claquer la porte au nez. Il rit de l'autre côté, et je pestai en me glissant sous le duvet épais. Gally était insupportable.
ET VOILA POUR LE PREMIER CHAPITRE !
Je ne sais pas trop quoi dire de plus ... Je n'en suis pas particulièrement fière, mais je pense que c'est un bon début.
Je suis ouverte aux critiques, bonnes ou mauvaises ! :)
J'essayais de poster un chapitre tous les 2 jours si possible voir moins, étant donné que j'ai déjà quelques chapitres terminés (et surtout si j'ai le temps, étant donné que je vais sûrement bientôt bosser ...) !
Des bisous !
