Bonsoir à toutes et à tous ! (pourquoi pas ?)

Le chapitre 17 est là ! C'est le plus long que j'ai pu écrire jusqu'ici, mais vous comprendrez pourquoi. :)
Je comptais le poster plus tôt, mais je n'ai pas eu le temps, étant donné que j'ai profité du beau temps ! :D
Bref, enjoy !


2 jours s'étaient écoulés depuis le bannissement de Ben. Ma tête allait mieux, ainsi que le reste de mon corps, et Clint m'autorisa enfin à sortir de l'infirmerie après avoir enlevé mon bandage. Gally n'était venu me voir qu'une seule fois, sans rien me dire, uniquement dans le but de voir si j'allais bien. J'avais rêvé de lui à plusieurs reprises. Une nuit, j'avais rêvé qu'il me frappait. La nuit dernière, j'avais rêvé qu'il m'embrassait. Mes rêves étaient flous. Je n'avais pas fait de rêves avec la femme blonde, ce qui me rassurait.

En sortant de l'infirmerie, je fus accueillie par Zart et Newt, qui étaient venus de nombreuses fois me voir, m'apporter à manger, me tenir compagnie. Newt n'avait pas fait d'autres tentatives de rapprochement, ce qui me faisait plaisir. Ce dernier me sourit en me voyant, avant de me prendre dans ses bras.

-« Alors ça y est, fini le bandage sur la tête ? » ria-t-il.

-« Ne rigole pas trop Newt » marmonnai-je en souriant. « Je vais finir par m'énerver. »

-« Tu étais magnifique avec » ajouta Zart. « Tu ressemblais à … »

-« A une folle qui venait de se faire agresser » finit Newt, avec une pointe d'amertume dans la voix.

-« C'est ça ! Et puis ce sang sur le visage … »

-« Une bataille avec des griffeurs ! »

-« Exactement ! » approuva Zart avec un grand sourire.

Je levai les yeux au ciel en les écoutant parler. Ils étaient très proches. De loin, je vis Minho qui venait vers nous, un léger sourire aux lèvres. Newt m'avait lâché, et le maton des coureurs s'arrêta à quelques mètres de nous. Je me rapprochai en tapotant son épaule.

-« Ca va ? »

-« Comme quelqu'un qui court seul depuis avant-hier » rétorqua Minho. « Ne t'inquiète pas pour moi » ajouta-t-il en me regardant. « J'ai connu pire la bleue. »

Je pensais à Ben qui avait du mourir d'une façon atroce. Pendant mon séjour à l'infirmerie, j'avais demandé à Clint s'il n'y avait pas d'autres options qu'un bannissement. Il m'avait dit qu'Alby refusait de tuer qui que ce soit. J'aurais préféré voir quelqu'un tuer Ben plutôt que de savoir qu'un griffeur l'avait sûrement découpé en petits morceaux. Minho dût voir dans mes yeux que je pensais au coureur, car il me prit par le bras en me faisant signe de le suivre, ce que je fis. Il m'emmena dans la salle des coureurs, et se pencha vers un sac, avant d'en sortir un t-shirt. Je le reconnaissais. C'était celui de Ben. Mon ventre se noua. Il était imbibé de sang. Minho soupira.

-« Je l'ai trouvé hier près de là où il t'a agressé » m'expliqua Minho. « Je pense qu'il a essayé de revenir sur ses pas, mais … »

-« Il s'est fait avoir » fini-je à la place de Minho, le ventre encore noué. « C'est horrible … »

-« C'est comme ça. On s'y fait. C'est dur au début, et puis ça devient une habitude. »

Le ton employé par Minho était presque décontracté, et pourtant je voyais dans ses yeux qu'il était triste. Je me rapprochai de lui, et caressa son épaule d'un geste réconfortant. Il se mordit la lèvre inférieure, avant de baisser la tête.

-« Je veux plus bannir qui que ce soit … » marmonna-t-il la voix tremblante. « Je veux sortir d'ici, et casser la gueule aux connards qui ont tués Ben. »

-« Je t'aiderai volontiers Minho. On va s'en sortir. »

Il hocha la tête avant de la relever, et il me sourit en reposant le t-shirt ensanglanté sur le sac, avant de m'accompagner jusqu'au camp. Il était silencieux, se contentant de marcher, le regard rivé vers les blocards. Je me rappelai soudainement la discussion que nous avions eue dans le labyrinthe, avant que Ben vienne m'agresser, et me stoppai en lui attrapant le bras.

-« Minho ? » il se retourna. « Tu te rappelle de ce que je t'ai dis .. ? »

-« J'ai rien dis si c'est ce que tu veux savoir, je suis une tombe, sans mauvais jeu de mot ! » ajouta-t-il en me faisant un clin d'œil.

Il se retourna et s'en alla, me laissant seule debout au milieu du bloc. L'air frais m'avait manqué, le soleil, le ciel bleu, les oiseaux qui chantaient dans les arbres.

J'entamais ma deuxième semaine au bloc ce jour-là. J'avais l'impression d'être ici depuis des semaines, des mois. Même si vivre au bloc n'était pas horrible, je me sentais enfermée, comme un lion dans une cage. Toute la journée, j'avais marché sans but précis. J'étais passé près de la pierre gravée, et en y voyant le nom de Ben, mon cœur se serra un peu. Je l'imaginais courir, perdu, effrayé, j'entendais presque son hurlement lorsque le griffeur lui était tombé dessus. Je frissonnai.

Une main se posa sur mon épaule, et je me retournai en sursautant, le cœur battant à mille à l'heure. Le maton des bâtisseurs se tenait devant moi, les lèvres pincées. Il me toucha la tête, là où j'avais été blessée, du bout des doigts, avant de soupirer.

-« Je dois te parler Gally. »

-« Ca devient une manie de me parler dans la forêt » railla-t-il avec un faux sourire accroché aux lèvres.

-« Je suis désolée. »

Il baissa la tête, en se frottant la mâchoire avant de se retourner en me faisant un signe de la main.

-« A d'autres Laura » marmonna-t-il. « J'y crois pas. »

Je le suivis en me retenant de l'insulter.

-« Gally arrête ça » grommelai-je. « Je suis réellement désolée pour … »

-« Pour quoi ?! »

Il se retourna en me faisant face, imposant, terrifiant, les yeux plantés dans les miens.

-« Pour m'avoir embrassé, et repoussé comme si j'étais du plonk ? Pour m'avoir foutu une droite alors que je voulais juste des explications ? Pour m'avoir fait chialer toute une … »

Il se stoppa, comme s'il se rendait compte de ce qu'il venait de dire, avant de s'en aller à grandes enjambées. J'hurlai son prénom, mais il ne se retourna pas. Mon cœur battait à tout rompre en l'imaginant pleurer. Je m'assis contre un arbre près du camp, la tête entre les mains, les yeux fermés, réfléchissant à toute vitesse.

Tout s'emboîtait parfaitement. Je haïssais Gally, depuis que je l'avais vu la première fois. Je haïssais son air hautain quand il s'adressait à moi, ses rictus, sa manière d'attirer mon attention, ses insultes, ses moqueries. Et j'avais commencé à apprécier sa compagnie dès que j'avais passé du temps avec lui sans insultes, sans rien. Le soigner, avoir le contrôle sur lui. J'avais aimé être proche de lui, dans ses bras, à sa merci, sentir son souffle sur mon visage. Ce jeu qui s'était installé entre nous sans aucune parole. Ses lèvres sur les miennes, et sa manière de me rendre mon baiser, passionnelle. Mon cœur s'emballa un bref instant en y repensant, puis mon ventre se noua.

La vérité était là. Evidente. Je me voilais la face. Gally avait raison. J'étais une peste. Je jouais dangereusement, mais j'avais perdu.

Aussi horrible que cela puisse paraître, j'avais des sentiments pour lui. Une haine mélangée à une passion dévorante, qui m'embrasait dès que je me trouvais à ses côtés. J'avais envie de me frapper la tête contre un arbre en comprenant tout ça. Je m'insultai mentalement, avant de me relever en regardant le ciel, puis ma montre. 14h30. J'avais besoin de courir.

J'avais fait en sorte que personne ne me voit sortir du bloc. Clint ne voulait pas que je retourne aussi rapidement dans le labyrinthe, au cas où une migraine vienne me vriller le crâne, ou que ma blessure se ré-ouvre, mais après cette prise de conscience, j'avais besoin de courir, de me vider la tête, d'avoir l'esprit tranquille. Le labyrinthe était reposant. Un silence de mort y régnait, et, malgré l'image de Ben en train de mourir entre ces murs, j'aimais cet endroit. Je mémorisai les couloirs, pour ne pas me perdre, en espérant que les murs ne se mettent pas à bouger en pleine journée, avant de m'arrêter près de l'endroit où Minho avait trouvé le t-shirt.

Une plaque était fixée au sol.

« Tu vas bientôt le rejoindre. »

Un craquement sonore, comme quand les murs s'étaient mit à bouger, retentit dans le labyrinthe. Mon cœur se mit à battre plus vite, et la plaque disparut sous mes yeux, comme par magie. Le sol tremblait sous mes pieds. Un mur s'ouvrit à côté de moi, et une personne se tenait de l'autre côté, debout. Je ne voyais pas son visage. Il se rapprocha lentement, avant de grogner. Ben. Je reculai en le voyant lever la tête, ses yeux rouges rivés sur moi, un rictus au coin des lèvres. Tout son corps tremblait. J'étais tiraillée entre l'envie de le ramener au bloc, soulagée qu'il ai survécu, et la peur de me refaire agresser. Il lâcha un petit rire grave.

-« Je t'avais dit qu'on se retrouverait joli cœur » grommela-t-il d'une voix grave.

-« Ben, recule je t'en prie. »

Il se rapprochait de plus en plus, et je sortis ma machette de mon sac à dos, que j'avais dérobé à Winston avant de partir. Ben regarda ma machette, avant de s'arrêter à quelques mètres de moi. Sa tête n'arrêtait pas de bouger, comme s'il ne se contrôlait plus.

-« Comment tu as … »

-« WICKED est bon joli cœur » grogna Ben en souriant. « Mais toi, tu dois mourir. »

Il se rapprocha encore, et je levai ma machette, prête à lui planter dans la poitrine s'il s'approchait de trop. J'étais terrifiée, mais prête à tout pour survivre.

-« Ben, viens avec moi » murmurai-je d'une voix douce. « Je vais te ramener au bloc, tout va bien se passer, fais-moi … »

-« La ferme ! » me coupa-t-il en hurlant. « C'est ta faute si on est ici, je t'ai vu Laura ! »

Il semblait complètement dément, son visage était strié de cicatrices rougeâtres, et son torse nu était rouge de sang sec. Il fit un pas vers moi, et je reculai encore. Ses lèvres tremblaient.

-« Nous étions amis ! » hurla-t-il. « Tu nous as trahi ! »

-« Ben arrête, je sais pas de quoi tu parle » répondis-je en tremblant. « Recule je t'en prie … »

-« Sinon quoi, tu vas me tuer joli cœur ? »

Il avait dit ça d'une voix douce, presque malsaine, avec un petit sourire. Il ne tremblait plus, mais ses mains semblaient prêtes à venir m'étrangler à la première occasion. J'étais prête à lui trancher la gorge s'il s'approchait de trop.

-« Tues-moi dans ce cas. »

-« Ne m'oblige pas à faire ça Ben. »

-« Allez, vas-y, tues-moi » répéta-t-il.

-« Arrête ça. »

-« Tues-moi joli cœur, ou je te tue ! »

Il se rapprocha encore, avant de s'arrêter à quelques mètres de moi, l'air hilare. Il n'était plus lui-même.

-« De toute façon, on va tous crever ici … »

Il arrêta de sourire, et se rua vers moi en grognant, prêt à me sauter dessus. Je réagis pas assez vite, et me retrouvai sur le dos, Ben au dessus de moi, les mains sur ma gorge.

-« Allez joli cœur, plante ton petit couteau dans ma gorge si tu l'ose » susurra-t-il à mon oreille.

Il serra ma gorge entre ses mains, réduisant ma respiration, et me faisant suffoquer. Je ne voulais pas le tuer, je ne voulais pas avoir son sang sur mes mains, sa mort sur la conscience.

-« Ben … » suffoquai-je en le regardant. « Ne m'oblige pas à … »

-« TUES-MOI SALE TRAÎTRESSE ! » hurla-t-il.

Je serrai ma machette entre mes doigts, en m'excusant du regard, avant de faire glisser la lame sur sa carotide, en lui sectionnant les veines. La pression sur ma gorge diminua, et un liquide chaud et visqueux me gicla au visage. Le sang de Ben coulait sur moi. Son corps tressauta, avant de rouler sur le côté. Ses yeux fixaient le ciel, le sang giclant de sa gorge ouverte, se répandant sur tout son corps. Je me redressai, les jambes flageolantes, horrifiée par ce que je venais de faire. Je le vit ouvrir la bouche, et un gargouillement horrible retentir dans sa gorge, avant de voir du sang en sortir, mélangé à de la bave.

Je lâchai ma machette, avant de reculer un peu, sans me rendre compte que j'étais à deux doigts de tomber tellement je tremblais. Je venais de tuer Ben, alors qu'il avait survécu plusieurs jours dans le labyrinthe. Je l'avais égorgé comme un animal. Son sang me collait au visage, sur mes mains, sur mon haut. Je l'avais tué, comme on tue un porc. Son corps gisait à mes pieds, sans vie, une flaque de sang visqueux se formait autour de sa tête. Je me mis à gémir d'horreur, avant de me mettre à courir, les larmes me brûlant les yeux, se mélangeant au sang de Ben. J'étais une bête. J'avais envie de hurler, de gémir, de mourir. L'odeur du sang me retourna l'estomac, et, arrivée dans le couloir du bloc, je m'arrêtai brusquement en sentant la bile me venir aux lèvres. Je dégobillai mes tripes, en repensant au corps de Ben.

Le sang. La gorge ouverte. Ses yeux rivés vers le ciel. Mort, tué, à cause de moi. Je me remis à courir dans le bloc, en regardant tout autour de moi.

Des blocards me regardaient, éberlués. Quelques uns s'étaient arrêtés de parler, et me pointaient du doigt. J'explosai.

-« ARRÊTEZ ! » hurlai-je. « ARRÊTEZ DE ME REGARDER, ARRÊTEZ CA ! »

Tout autour de moi tournait, chancelait, la lumière semblait faiblir. Je me sentais mal, atrocement mal. Quelqu'un s'approchait de moi. Je ne distinguai pas ses traits, et reculai, méfiante.

-« RECULE, VAS-T'EN, LAISSES-MOI ! »

Je tombai à genoux en pleurant, regardant mes mains pleines de sang. La personne me prit dans ses bras, et je le frappai de toutes mes forces en hurlant de rage.

-« Je l'ai tué, je l'ai tué, je l'ai tué » répétai-je en gémissant. « J'ai tué Ben … »

La personne qui me tenait me força à le regarder, et je reconnus ces yeux bleus.

-« Je l'ai tué Gally » répétai-je dans un souffle. « Je l'ai tué … Il avait survécu, et je l'ai tué, il allait me tuer, et je l'ai égorgé … »

J'avais l'impression d'être folle, le soleil cognait sur ma tête, le sang me collait à la peau, et Gally semblait perdu.

-« Laura, Laura, eh … » murmura-t-il. « De quoi tu parles … ? »

-« Le sang Gally, le sang, c'est Ben … » balbutiai-je. « Je l'ai vu, il a survécu, et … »

-« Laura, c'est impossible … »

-« Arrête ! » hurlai-je en le repoussant. « Je … »

WICKED. Ben l'avait prononcé. « WICKED est bon ». Je regardai Gally, la bouche entrouverte, réfléchissant à toute vitesse.

-« Ils ont récupérés Ben » marmonnai-je en le regardant. « Ils l'ont récupérés, et l'ont relâchés pour que je le tue … »

Le bâtisseur posa sa main sur mon bras, mais je le repoussai brusquement, en regardant tout autour de moi, hébétée, en comprenant.

-« Je veux voir Alby, immédiatement ! » hurlai-je. « ALBY ! »

-« Laura qu'est-ce que tu veux bordel ?! » s'exclama Gally.

Je me retournai vers lui, en reprenant ma respiration pour garder mon calme, avant de le fixer droit dans les yeux.

-« Je dois aller dans le labyrinthe. Cette nuit. »


Ouais ... Non ... Ouais, si, ouais, j'aime ce chapitre bordel ... x)

Bon, je sais c'est assez étrange, Ben le labyrinthe toussa toussa mais eh ! Faut du mystère, de l'intrigue, non mais ! :o

(bbGally toujours aux petits soins pour Laura ...)

J'espère pouvoir publier la suite rapidement. Ma fiction prend un autre tournant, les chapitres seront plus longs, donc plus difficiles à écrire :)
Des bisous à vous !