Hello ! :D

Je tenais à m'excuser sincèrement pour l'attente immense (comparé à d'habitude) qu'il y a eu pour ce chapitre ... Vraiment ! :(
Pour me pardonner, je vous livre ici un beau bébé de 4500 mots, mon dernier chapitre, qui est un peu spécial ...

En effet, on y retrouve le POV de Newt, de Zart, de Minho, et de Gally, mais pas de Laura ! (j'avais vraiment besoin de faire chacun de ces POV pour le bon déroulement de ce chapitre !)

Sur ce, enjoy !


POV NEWT.

Je ne me sentais pas bien. Je pouvais voir du coin de l'œil le visage de Gally se décomposer au fur et à mesure de sa lecture, alors que, dans ma tête, des images s'enchaînaient.

J'étais amoureux d'elle, enfin, ce que je ressentais était un sentiment proche de la définition de l'amour, même si au fond de moi-même, je savais depuis le début ce qui allait se passer. Depuis que j'avais vu son sourire, je m'étais juré de la rendre heureuse. Manque de bol, elle n'avait déjà d'yeux que pour l'autre idiot. Je ne pouvais lui en vouloir. Il était impossible de la haïr, c'était inimaginable.

J'avais une pointe au cœur. Comme si quelqu'un venait d'en arracher un morceau. En posant ma main sur ma poitrine, je sentis mon cœur battre la chamade. J'étais paniqué, complètement paniqué car je venais de me rendre compte de ce que signifiait la lettre. C'était un adieu. Gally tapa la table du plat de sa paume en soufflant.

-« On y va tout de suite. »

J'acquiesçai. Pour la première fois, j'étais d'accord avec ce gros con de bâtisseur, et je sortis de la salle suivi par Gally qui tenait la lettre entre ses mains. Devant nous, les blocards avaient repris leurs activités, comme si tout allait bien, comme si Laura ne venait pas de dire qu'elle allait se suicider, comme si elle n'avait pas disparu dans le labyrinthe, enfin, ça ils ne le savaient pas, évidemment. Minho et Zart discutait, et j'entendis quelques brides de leur conversation. Ils parlaient de Laura. Gally me lança un regard avant de se mettre à marcher vers eux.

-« Il faut qu'on parle » annonça le bâtisseur.

Zart me lança un regard, intrigué, et Gally lui montra la lettre. Minho lut derrière l'épaule de Zart, et je vis à travers le regard du jeune blond une tristesse immense, tel un puits sans fond.

POV ZART.

Au fond de moi, j'avais toujours su qu'il y avait une raison à cette relation que j'entretenais avec Laura. Je savais que nous avions un lien, j'en étais sûr. On sent ce genre de chose. Je la détestais de ne pas me l'avoir dit plus tôt. J'aurais dû être la première personne a qui elle aurait dû parler à son réveil, mais je ne pouvais m'empêcher de l'aimer. Et pourtant, à ce moment précis, je pouvais sentir un morceau de mon cœur s'arracher avec violence, et, en relevant les yeux vers Gally, je vis qu'il ressentait la même chose. La lettre entre mes doigts tremblait.

-« Où vous avez trouvé ça .. ? » marmonnai-je, la voix tremblotante.

-« Dans la salle des cartes, i peine 5 min » répondit Newt en baissant les yeux.

-« Et personne l'a vu sortir du bloc ? »

-« Si je l'avais vu tu crois vraiment que cette lettre serait encore intact ? » rétorqua Gally en fusillant Minho du regard.

-« On a une autre priorité les gars ! » intervint-je en voyant le regard de Minho. « On doit la retrouver et vite ! »

Bravo Zart, très intelligent, personne ne sait où elle est, le labyrinthe est immense, vraiment très perspicace. Newt releva la tête vers moi, et je roulai la lettre en boule avant de l'enfoncer dans ma poche. Minho soupira.

-« J'ai aucune idée d'où elle aurait pu aller, c'est vrai quoi, y a pas 36 solutions là, y en a des centaines, et il est bientôt 12h … »

-« On doit y aller sans plus attendre. »

Tout le monde acquiesça en même temps, et tandis que Newt et Minho allait voir les autres blocards, Gally m'accompagna jusqu'à la salle des cartes alors que j'essayais de faire le vide dans ma tête. C'était inévitable. Tout semblait se liguer contre elle depuis le début, et nous aurions dû l'enfermer ce matin. Je sentais que quelque-chose ne tournait pas rond. Elle semblait tellement sûre d'elle, c'en était effrayant. Je savais qu'elle était capable du meilleur comme du pire, mais évidemment, c'était dans le pire que Laura était la meilleure, et ça, tout le monde l'avait déjà comprit.

POV MINHO.

Il fallait l'avouer, cette tocarde avait du cran, peut-être même trop. J'admirais sa légendaire manie de se retrouver sans arrêt dans les plans les plus pourris, mais celui-ci était franchement le plus débile de tous. Elle allait m'entendre celle-là quand on la retrouvera ! A côté de moi, Newt semblait rongé par le stress, et je fus forcé d'admettre que moi aussi, j'étais stressé. J'aimais bien cette tocarde malgré tout. J'attrapai Alby par le bras alors qu'il semblait encore énervé, et plantai mon regard dans le sien.

-« Ecoute tocard, on a que quelques minutes, alors tu vas nous aider à réunir les autres et on se barre d'ici » ordonnai-je.

-« Je peux savoir pourquoi ? »

-« Parce qu'à 12h notre boute-en-train préférée va s'ouvrir les veines pour nous faire sortir » rétorquai-je.

-« C'est quoi cette histoire ?! Vous l'avez laissé partir ? Mais vous êtes des malades ! »

Une violente envie de le frapper me vint, mais je dus me retenir de toute mes forces pour m'empêcher de lui coller une droite. Newt soupira à côté de moi.

-« Alby on n'a pas le temps de discuter, réunis les autres, on a 5min ça urge ! »

-« Vous êtes fous ! »

-« C'est notre seule chance de sortir, alors autant tenter le tout pour le tout, pas vrai ? »

Il se pinça les lèvres avec le regard spécial Alby « je suis énervé mais je vais le faire », et nous accompagna pour réunir les blocards. Certains eurent l'audace de me rire au nez, et Newt me retint de frapper ce boutonneux de Winston lorsqu'il me claqua qu'il n'en avait rien à cirer avec ce petit air supérieur, avant d'ajouter qu'il ne venait que pour sortir et non pour Laura. Je vis Newt se retenir de l'insulter, et je le fis à sa place.

La moitié des blocards étaient près des portes quand Gally prit la parole.

-« On a pas beaucoup de temps. Avec Zart, on pense savoir où se trouve Laura, Minho, tu nous montreras le chemin jusqu'où tu as retrouvé le t-shirt de Ben » j'hochai la tête. « Ceux qui veulent venir viennent, les autres, personne ne vous oblige à nous suivre, mais si vous voulez crever ici, je ne vous retiens pas. »

Certains semblaient hésiter, mais personne ne bougea. Je vis tous mes coureurs avec un sentiment de fierté. Un coureur ne lâchait pas un autre coureur. Jamais.

POV NEWT.

Minho posa sa main sur mon épaule, l'air soucieux.

-« Ca va aller avec ta … ? » murmura-t-il en regardant ma jambe.

Je balayai ses paroles d'un geste de la main en hochant la tête de haut en bas. Je n'en avais rien à faire de ma jambe. Je voulais juste retrouver Laura avant qu'il ne soit trop tard, retrouver ce petit bout de cœur qu'elle m'avait arraché en s'en allant, et l'enfermer jusqu'à la fin de ses jours au gnouf à cause de ses pulsions suicidaires. Minho se mit à courir, suivi de ses coureurs. Zart me tapota l'épaule, et je me mis courir à ses côtés, en priant.

Le ciel était d'un gris effrayant, et semblait prêt à nous tomber dessus d'un instant à l'autre. Les murs sinistres autour de moi, couverts de lierre, me rappelaient des choses atroces, des souvenirs que j'aurais préféré oublier. Je chassai toutes les mauvaises pensées qui m'assaillirent à ce moment en continuant de courir près du maton des sarcleurs en claudicant, essayant de maintenir un certain rythme, mais il fallait l'avouer. Je n'avais plus la même forme qu'avant. Les plusieurs mois passés dans le bloc à m'occuper des champs avec Zart m'avait rendu mou, et en m'en rendant compte, j'eus presque envie de crier.

Devant moi, Minho courait, tournait, et nous le suivions. Nous étions une petite dizaine : Minho et ses coureurs, Gally, Jackson un de ses bâtisseurs, Zart et quelques sarcleurs, même Alby était venu –bien qu'il semblait être venu plus par obligation envers Laura que par envie-, Clint et Jeff étaient là également, évidemment. Clint n'aurait jamais abandonné Laura. Il avait été son premier maton. En y repensant, j'eus un pincement au cœur. Tout était tellement mieux à son arrivée. Laura souriait, riait avec nous, mangeait et travaillait sans problème. Elle passait du temps avec moi, plus qu'avec Gally qu'elle détestait. La nostalgie me prit aux tripes, et pendant quelques instants, je failli m'arrêter, mais Zart posa sa main sur mon épaule en me la tapotant d'un air rassurant.

Je regardais ma montre. 11h40. Un léger vent commençait à souffler dans le labyrinthe, ce qui était étrange. Il n'y avait jamais de vent, au bloc. Jamais. La seule fois où le vent s'était manifesté, quelque chose avait changé dans le labyrinthe, déclenchant une suite d'événements catastrophiques. Je sentis mon cœur se serrer. Les choses changeaient déjà.

POV GALLY.

En croisant le regard de Minho, je compris qu'il pensait la même chose que moi : quelque-chose n'allait pas. Enfin, si on excluait le fait que Laura ait décidé de se suicider, que les ¾ des blocards ne soient pas venus alors que nous étions sur le point de trouver une sortie, le vent s'ajoutait aux choses qui n'allaient pas. Pour ma première excursion dans le labyrinthe, ma forme m'impressionnait. Je n'avais jamais essayé d'être un coureur auparavant, mais j'aurais pu. Minho continua devant moi, alors que mes pensées étaient emmêlées. J'avais une pointe au cœur, comme si deux mains l'écrasaient de toute leur force, et je priais.

Je regardai ma montre. 11h50. Le vent soufflait de plus en plus fort. Je pouvais sentir la peur transpirer par tous les pores de mon corps, je me détestais profondément. Je l'avais laissé fuir alors que j'aurais dû l'attraper par la main, lui caresser les cheveux, et danser en tenant ses hanches contre les miennes, lui dire qu'on sortirait tous ensemble. Mais non. Pourquoi faire simple lorsque l'on peut faire compliquer ? L'espace d'un instant, mon ventre se retourna en imaginant retrouver Laura morte. C'était impossible.

Cette tocarde allait finir par me faire perdre la tête. En face de moi, Minho s'arrêta brusquement, et je manquai de le percuter. Son regard était rivé vers un des murs.

-« Il a bougé … » murmura-t-il.

Mon cœur s'emballa, et je passai devant lui pour regarder l'ouverture qui s'étendait devant nous. Un sac était posé par terre, et il y avait une trace de sang. Mon cerveau bouillonnait. Mon cœur s'arrêta brutalement. Une douleur atroce se propagea dans tout mon corps alors qu'un blocard s'avançait lentement. Nous étions arrivés trop tard. Je tombai à genoux en retenant les larmes qui me brûlaient les yeux.

-« C'est encore chaud … »

Quoi ? Je me redressai en une fraction de seconde en me jetant aux côtés de Clint, qui avait du sang rouge et épais sur les doigts, et le regard perdu vers le couloir qui semblait long de plus de 50 mètres.

-« Comment ça, c'est encore chaud ? » demanda Newt. « Ca veut dire quoi ça ? »

-« Ca veut dire que le sang date de quelques minutes à peine tocard ! » rétorqua l'autre medjack, Jeff.

-« On doit avancer » ordonna Minho en me regardant.

J'hochai la tête, incapable de dire quoi que ce soit. Une boule s'était formée dans ma gorge, et mon cœur s'était remit à battre beaucoup trop rapidement en comprenant que Laura était encore sûrement en vie, mais blessée. Derrière nous, un bruit sourd retentit, et le sol se mit à vibrer sous nos pieds.

Le mur se refermait derrière nous à une vitesse affolante. Impossible de faire machine arrière. Les parois s'étaient fermées sans même nous laisser le temps de comprendre ce qu'il se passait, laissant derrière le mur quelques blocards venus avec nous. Piégés dans le labyrinthe, sans connaître le chemin. Ils venaient de condamner les autres.

Il faisait si sombre que je n'arrivais même pas à distinguer mes propres mains. Autour de moi, des bruissements de tissus m'indiquaient que je n'étais pas seul, mais impossible de déterminer le nombre que nous étions, et mon cœur battait vraiment trop vite. J'étais horriblement stressé.

-« Putain ! »

Je reconnus la voix de Minho, et sentit une main se poser sur mon épaule, ainsi qu'un soupir près de mon oreille. Quelqu'un étouffa une exclamation, et un rayon de lumière apparut sous mes yeux ébahis. Le maton des coureurs haussa légèrement les épaules, une lampe torche en main.

-« Vous me remercierez plus tard, pour l'instant on doit avancer. »

-« Mais … Et … »

-« On va pas rester là pendant 40 ans » coupa Minho d'un ton froid. « On est enfermés ici, on a un couloir qui mène à une porte … »

-« Ca va, ça va ! » ronchonna l'autre.

Je vis dans les yeux de Minho qu'il se retenait de balancer son collègue à travers la pièce, mais il soupira longuement avant de se mettre à marcher droit devant. Je n'avais pas vraiment vu qui était là, avec nous. Je ne pensais plus qu'à une chose : franchir la porte et retrouver Laura. Nous avions trouvés ce qui ressemblait le plus à une sortie. 3 ans de recherche pour ça, et nous n'étions moins d'une vingtaine à y arriver. Une vague de dégout me remua les tripes en me rendant compte du nombre de blocards qui étaient condamnés. Les portes n'allaient sûrement pas se ré-ouvrir, du moins, j'en étais quasi-sûr.

En arrivant près de la porte, Minho posa la main dessus, et cette dernière émit un *bip* aigu, avant de coulisser sous mes yeux, trop hébété pour dire quoi que ce soit. Le coureur m'éclaira quelques secondes.

-« Prêt ? »

-« Allez mec, c'est bon » grommela Newt derrière moi.

Ce dernier se tenait en retrait, mais il passa devant nous en s'enfonçant dans le nouveau couloir qui s'offrait à nous, mais qui était éclairé, cette fois-ci. En regardant autour de moi, je reconnus Minho et Newt, ainsi que Zart, Alby, Clint et Jeff, Frypan, 3 autres coureurs, quelques sarcleurs. 14. Nous étions 23 en partant. 9 étaient coincés derrière les portes, dont Winston qui devait sûrement se bouffer les doigts de ne pas avoir cru en nous.

Les murs qui nous entouraient étaient d'un blanc immaculé, un silence pesant régnait en ce lieu. Un long couloir s'étendait sous nos yeux, et nous n'avions aucun autre choix : avancer. En prenant une grande inspiration, je me mis à la hauteur de Minho. Le seul bruit en dehors de celui de nos pas était le grésillement des néons qui illuminait le couloir d'une légère teinte verdâtre peu accueillante.

Un bruit sourd nous fit tous sursauter –moi le premier-.

-« C'était quoi ça ?! » s'écria un des coureurs.

-« J'ai l'air d'en savoir plus que toi crétin ? » rétorqua Minho en se retournant. « Ferme-là et avance ! »

-« Ca ressemblait à une porte … »

Je me retournai vers Zart, et ce dernier haussa les épaules. Il n'avait pas tord. Le bruit semblait venir de l'autre bout du couloir, qui semblait s'étendre sur des kilomètres, et avait résonné avec puissance. Un cri aigu me parvint aux oreilles : une fille criait. Mon estomac se retourna, mais je n'eus pas le temps de parler.

-« Ok, là ça devient étrange … » murmura Newt.

Un autre hurlement, suivi d'un autre plus grave, et encore un. La peur me prit aux tripes en comprenant que quelque-chose n'allait pas du tout. Un autre bruit sourd semblable à une porte s'ouvrant à la volée retentit, et une silhouette se dessina en face de nous. Mon cœur loupa un battement : je ne distinguais qu'une cascade de cheveux bruns de là où j'étais. Ni une ni deux, je me mis à courir vers la silhouette en priant que ce soit ma Laura, ma jolie Laura en un seul morceau intact. Minho se mit à courir derrière moi, et bientôt, un bruit semblable à un troupeau de bœuf résonna dans le couloir, alors que la silhouette se mettait à courir à l'opposée de nous.

-« ON TE VEUT PAS DE MAL ! » hurla Minho. « RESTE ICI TOCARDE ! »

-« Vraiment très persuasif Minho » railla Clint en haletant.

-« La ferme toi. »

La personne ne semblait pas vouloir s'arrêter, et semblait courir encore plus vite que Minho, un exploit en soi. J'étais persuadé que c'était Laura : elle seule était capable de distancer le maton des coureurs. Malgré tout, je ne comprenais pas pourquoi elle s'enfuyait de la sorte, et pourquoi avions-nous entendus de tels hurlements. En face de nous, la personne s'arrêta brusquement, et, en quelques secondes nous étions assez prêts pour voir qui était-ce.

Et une fois de plus, mon cœur loupa un battement en reconnaissant ces yeux verts si hypnotisant. Mais ce n'était pas ça qui me remuait les tripes à ce moment précis. C'était sa chemise imbibée de sang. Et cette lueur de terreur dans le regard.

-« Vous arrivez trop tard … »

-« Trop … Attends, quoi ?! Comment ça ?! »

-« Ils sont tous morts, ils sont morts à cause de moi … » chuchota-t-elle, paniquée. « Ils sont … »

Elle s'arrêta de parler, et se mit à genoux en se tenant la tête et en marmonnant des propos incompréhensibles. Newt me lança un regard inquiet, auquel je répondis par un pincement de lèvre, et je me rapprochai d'elle, mais elle me repoussa violemment en sifflant.

-« Me touche pas » grogna-t-elle. « C'est pas l'moment pour des câlins Gally. »

-« Je peux savoir ce qu'il se passe ?! »

En entendant Alby, Laura se releva et m'écarta de son chemin pour se poster face à lui, le regard planté dans le sien. Un frisson me parcouru. Je n'avais pas oublié sa manière de le regarder après qu'il l'ait frappé, et je n'avais pas envie que cela se finisse mal. Pas maintenant. Contre toute attente, elle se mit à sourire.

-« Les griffeurs ont envahis le bloc. Ils sont tous morts. Des militaires sont dans la salle juste derrière toi, derrière les portes là » elle indiqua des portes battantes à une vingtaine de mètres de nous. « Ils ont tués tous les connards qui nous ont envoyés ici, et ont commencés à me courir après. J'ai réussi à les distancer et à fermer la porte, mais maintenant on doit bouger, et VITE ! »

Elle avait hurlé le dernier mot, mais au même moment, la porte explosa, et une horde de personnes armées envahissaient le couloir. Ils étaient en noirs de la tête aux pieds –de vrais militaires-, et un d'entre eux nous pointa du doigt. Une vague d'adrénaline me traversa le corps en les voyant se mettre à courir vers nous. Laura m'attrapa par la main.

-« On doit y aller, maintenant ! »

-« VOUS LA-BAS ! » hurla un des militaires. « Y A AUCUNE ISSUE, ON EST LA POUR VOUS SAUVER ! »

Je pressai la main de Laura, en prenant son visage entre mes mains. Ses yeux étaient habités par la peur, la colère, la terreur, ses prunelles brillaient et elle tremblait comme une feuille. Aucun blocard ne bougeait, pas même Minho. Il restait là, à les regarder de haut. Je caressai les joues de la brune.

-« Laura, regarde-moi s'il te plaît, calme-toi, c'est notre seule chance … » murmurai-je.

Un des hommes s'arrêta près de nous, et retira son masque, découvrant ainsi son visage sale noirci de poussière. Il posa son regard sur Laura, avant de relever les yeux en demandant qui était le chef. Alby se posta devant lui en le toisant du regard, ce qui fit ricaner le soldat.

-« On est là pour vous libérer d'ici les jeunes » annonça l'homme. « Mais je crois qu'on a fait peur à la demoiselle là. »

-« Peur ?! » s'écria Laura. « Vous avez défoncé la porte et vous vous êtes mis à mitrailler partout ! »

-« C'était notre seule plan ma petite dame » répondit l'homme en haussant les épaules. « Je m'appelle Hans. Suivez-moi. »

-« Attendez deux secondes. »

Je lançai un regard à Laura en lui pressant la main, avant de me rapprocher de l'homme. Je n'avais pas envie de le suivre aussi facilement.

-« Pourquoi maintenant ? Après autant d'années ? »

Un autre homme s'avança en retirant son masque et en baissant son arme. Il leva les yeux vers moi.

-« Vous n'étiez même pas nés, vous autres gamins quand les éruptions solaires ont commencés à détruire notre monde » marmonna-t-il d'une voix rocailleuse. « Elles ont eus lieu de manière imprévisible. Il ya toujours des éruptions solaires mais celles-ci étaient gigantesques. Les satellites ont brûlés en premier, des milliers de gens sont morts immédiatement, puis des millions. Mais après il y a eu la maladie. La Braise qu'ils l'ont appelés. Quand l'écosystème s'est effondré, il est devenu impossible de contenir la maladie. Il n'y a aucun remède. »

Il s'arrêta le temps de reprendre son souffle, le regard vide.

-« Vous, vous n'êtes que des orphelins parmi des millions. Ils en ont testé des milliers, mais vous avez décroché votre place pour le dernier test. Tout ce que vous avez subi a été soigneusement pensé et calculé afin d'étudier vos réactions, vos ondes cérébrales, vos pensées. Tout ça pour aider les chercheurs à découvrir un remède contre la Braise. »

-« Les symptômes sont facilement identifiables : ça commence par un délire, puis l'instinct animal remplace les réflexes conditionnés » continua l'autre démasqué. Pour finir, la maladie détruit l'humanité de la victime. Tout ça se déroule dans le cerveau. La Braise vit dedans. Et il n'est pas question d'infliger ça à de pauvres gosses. En ce qui concerne les éruptions solaires … Vous constaterez par vous-mêmes quand on sera sorti de ce merdier. Compris ? »

Aucun de nous n'osait parler. Nous avions compris ce que nous étions, des rats de laboratoire chez qui chaque mouvement avait été savamment orchestré. Avaient-ils prévus que certains mourraient au bloc ? Le groupe qui était piégé dans le labyrinthe ? La mort de Ben aussi cruelle avait-elle été ? Laura et moi ? Autour de moi, les blocards semblaient réfléchir également à ces choses, ces questions secrètes que je me posais. Une main me repoussa légèrement.

-« Comment on sort ? » demanda Newt. « Vous venez de dire qu'il n'y avait aucune issue. »

-« A ton avis gamin, on est arrivé comment ? » répondit Hans. « Il n'y a pas de sortie par ici » ajouta-t-il en pointant l'extrémité du couloir vers lequel nous courrions. « Mais y en a par là où la demoiselle s'est enfuie. »

-« La demoiselle a un nom » grommela la brune.

-« J'en suis ravi, mais pour l'instant on doit partir. »

Les prunelles émeraude de Laura se posèrent sur moi, et je lui fis un petit signe de la tête approbateur. Minho, qui était resté silencieux jusqu'ici –un vrai miracle- soupira.

-« Génial, on se tire d'ici alors ! »

Lorsque Hans poussa la porte, mon estomac se retourna à la vue des corps étendus au sol, sans vie. Des flaques de sang s'étalaient autour d'eux, semblable à des méduses. Certains murs portaient des traces d'éclaboussures rouge vives. J'entendis quelqu'un se retenir de vomir derrière moi, et la main de Laura se glissa sur la mienne en la serrant légèrement. Je reniflai en regardant un des militaires.

-« C'était vraiment nécessaire tout ça ? »

-« Ecoute gamin, poses pas trop de questions » répondit l'homme en grommelant.

Newt soupira longuement en observant les corps ensanglantés qui nous entouraient pendant que nous avancions lentement, et je le vis s'arrêter brusquement près d'une vitre. En regardant à mon tour, mon cœur s'arrêta.

Derrière la vitre se trouvait une salle informatique, une profusion d'écran qui montraient tous un angle de vue différent du bloc, envahi de griffeurs. Certains blocards encore en vie s'enfuyaient vers le labyrinthe, d'autres se faisaient déchiqueter dans un coin. Toute cette barbarie, cette violence gratuite me remplissait de haine, et en toisant à nouveau les corps qui gisaient autour de nous, je me surpris à apprécier cette vision. Ils payaient pour nos amis morts, ils méritaient ce qu'ils venaient de subir. Une mort violente, brutale, à l'image de ce qu'ils nous avaient infligés. Pas de pitié pour des monstres sans cœur.

-« Ils nous espionnaient » marmonna Newt à côté de moi. « J'aimerais bien qu'une de ces saloperies soit encore en vie, histoire que je lui explose sa sale gueule. »

-« Je crois qu'on aimerait tous ça » répondit Minho avec un petit sourire.

-« Vous comptez discuter encore longtemps les jeunes ? »

Hans tapait du pied, comme énervé alors que les autres militaires s'engouffraient dans un trou béant qui donnait vers l'extérieur, où un bus nous attendait. En mettant un pied dehors, je vis alors le monde extérieur.

Une terre de désolation, sableuse, un soleil brûlant, un vent violent. Une terre brûlée. Quelqu'un me poussa à l'intérieur du bus, où je m'affalai à côté de Laura, qui s'était déjà recroquevillée sur elle-même. Alors que les derniers blocards montaient, et que le bus démarrait, je posai ma main sur sa cuisse en la regardant.

-« On a réussi Laura. »

-« Ouais » grogna-t-elle, le regard rivé vers le siège en face d'elle. « Si t'appelle ça une réussite. »

Newt nous lança un dernier regard, avant de plier ses jambes sous son menton en fermant les yeux. Rien ne sera plus jamais pareil. Nous n'étions plus des blocards. Nous étions des survivants désormais.


Bon, pour expliquer ce chapitre, il y aura également un épilogue, que je vous livrerai dimanche (normalement !), et une surprise à la fin ! ;D
L'épilogue sera sûrement vu de l'extérieur, ou de Laura, mais disons que je pense VRAIMENT l'écrire du POV de Laura. Ce sera beaucoup plus clair.

J'espère que ça vous aura plu, on se retrouve demain pour le chapitre 4 de "Pourquoi toi ?", et dimanche pour l'épilogue et le grand final !

Des bisous !