TITRE: Rémission - Réveil - Renaissance
AUTEUR/E: Little Merle-Chan
RATING: K
GENRE(S): Poetry/Hurt/Comfort
PERSONNAGE(S): Mathieu S. et les personnalités SLG
PAIRING(S): Mathieu/?
TRIGGER WARNING(S): aucun
Partie 1 : Rémission
La rémission fait partie de ces rêves inaccessibles des fêtes de fin d'année. La rémission... Ce n'est jamais qu'une chimère, un idéal interdit, une prière parfois. Être pardonné pour nos actes. Douce folie. Qui en ce XXIe siècle peut encore y croire ? La foi en l'humanité a disparu depuis longtemps, alors pourquoi celle qui dit que tout n'est pas définitif perdure ? Pourquoi croire en un lendemain plus lumineux quand l'horizon se bouche de jours en jours ? Pourquoi se battre toujours ? Ne serait-il pas tellement plus facile d'abandonner ?
Il ne savait pas. Il ne savait plus. Il n'avait jamais su. Et lui, il y était. Si près de baisser les armes. Sa fierté le faisait vivre, sa fierté le tuerait. Elle lui avait permis de se relever dans des temps anciens, mais maintenant rien de plus n'aurait pu le lui permettre.
Seule la Mort le sauverait. Il en était convaincu.
Mais il ne pouvait pas. Il ne le ferait pas. À quoi bon se donner la mort quand elle finirait par venir ? Alors il s'était mis à vivre plus vite. Mais pas mieux. Au contraire, il faisait tout pour se ruiner la santé. Clopes, alcool, tout était bon pour crever plus vite.
Un jour il fit irruption dans la chambre du plus faible d'entre eux.
En sortant il se fit la réflexion que tout n'était peut être pas perdu,que certains instants méritaient qu'il se garde en vie. Espérant toucher un jour le soleil sans se brûler les ailes, il demanda une dernière chance. De rémission.
Partie 2 : Réveil
Dans les nuits fauves se perdre.
Crier jusqu'à oublier les mots.
Se complaire dans son horreur.
Tenter un partage de vide.
Ne plus pouvoir se regarder dans un miroir.
Et vouloir fuir à jamais.
Se laisser aller, multiplier les nuits fauves.
Contempler sa propre destruction et celle de l'Autre.
Demander la Mort.
Prier pour la Vie.
Se haïr et l'aimer plus. Aimer encore.
Remonter la pente. Sacrifier la main qui aide. Contre sa volonté noircir
l'âme de l'Autre.
Et vouloir rester à jamais.
Voir les dégâts des nuits fauves.
Être toucher par sa détresse. Espérer un pardon même incomplet et expier
ses fautes.
Tenter de réparer l'Autre.
Se découvrir un cœur. Le sentir grandir et prendre de plus en plus de force.
Ressentir à nouveau.
Malgré les refus soigner à sa manière.
Vivre enfin.
Et ne pas pouvoir rester, jamais.
Et dans une nuit folle finir par ouvrir les vannes. S'exprimer du mieux
possible.
Entendre une réponse timide.
Se fondre l'un dans l'autre sans douleur.
Partager vraiment un consentement mutuel.
Oublier les matins durs et gris.
Regarder l'aube rose et or se lever sur la neige.
Espérer à deux.
Et rester à jamais.
Rester encore.
Rester en cœur.
Rester.
Rester...
Ensemble.
Que le matin de Noël paraissait doux dans des bras aimants...
Partie 3 : Renaissance
Aujourd'hui renaître ne veux plus dire grand chose. On est qui on veut.
On renaît sans mourir avant.
On renaît sans souffrance préalable. Il suffit de le vouloir.
Et en même temps c'est plus dur. Qui voudrait changer au point de vivre autrement ? Tout le monde est installé dans sa petite vie et remet le changement à demain. Et de demain à après-demain. Et d'après-demain à...
C'est infini.
Lui l'avait voulu. Durant des heures après ses visites. Après les nuits.
Il se perdait dans ses douleurs, se noyait dans la déception. Déçu et trahi.
Chaque soir il espérait que l'Autre soit plus doux, plus aimant.
Chaque matin il pleurait ses illusions perdues. Avant d'y croire à nouveau.
C'était peut être grâce à sa naïveté immortelle qu'il avait repéré les premiers signaux.
Cela avait duré tout le mois de décembre. Au début la seule différence avec avant n'était pas bien perceptible, juste un peu de tendresse dans
ses étreintes. Mais peu à peu elle s'était accentuée et une semaine avant Noël il l'avait embrassé pour la première fois, après avoir essuyé ses larmes. Ce n'était rien. Pas grand'chose en tout cas. Mais pour lui ça voulait dire beaucoup. Ça voulait dire de la reconnaissance.
La veille au soir, il n'était pas parti tout de suite comme il avait l'habitude de le faire. Il s'était affaissé sur lui en le serrant plus fort encore. Ils avaient partagé des larmes. Les sillons étaient encore visibles sur leurs joues, traces tangible du conte déroulé pendant la nuit. A présent qu'ils s'étaient détruits l'un l'autre, ils tentaient de renaître. Ensemble. Ce mot était étrange. Mais vraiment étrange. Pourquoi avait il fallu tout ce temps, toutes ces actions pour qu'ils se décident à l'employer ?
Peu importait. Eux deux contre le monde et l'adversité. Ça en devenait presque romantique.
Il se blottit un peu plus contre l'homme qu'il aimait. Ce dernier, même endormi, sembla comprendre et resserra sa prise. Les cadeaux attendraient un jour totalement levé. L'aube était rose et or, cocon de lumière perlant sur les draps blancs. Ils étaient en sécurité comme dans les bras d'une mère.
Ils revenaient de loin. Presque miraculés. Et c'était bien la preuve que Mathieu n'en était pas le seul capable. Ils l'avaient fait. En cœur.
La renaissance des Phénix.
FIN
