TITRE: Huit secondes de paix
AUTEUR/E: Julia Lutecia
RATING: K+
GENRE(S): Romance (fluff)
PERSONNAGE(S): le Hippie - SLG, le Hippie - MinutePapillon
PAIRING(S): 2ppie
TRIGGER WARNING(S): aucun


N.A. : Inspirée par mon cours de Philo, où on parlait du temps et de la dimension qu'on en a… Vous ne voyez pas ? Et bien renseignez vous sur le Paradoxe de Zenon, c'est un peu ça le trip. Keur :3.


Huit secondes de paix

Connaissez-vous cette sensation du temps qui s'allonge ? D'un moment qui vous semble durer une petite éternité mais qui pourtant vous semble avoir été trop court lorsqu'il s'arrête ? De sentir les secondes se dilater, se décomposer, s'étirer... De perdre cette notion établie pour tous que la société vous donne du temps qui passe. Quand une seconde n'est plus une seconde, quand elle devient million. Quand une unité temporelle ne veut plus rien dire à vos yeux. C'est ce genre de sensation que peut vous procurer un soir de noël, un 24 décembre. Le 24 décembre, cette date que tout le monde attend, que tout le monde espère avec une ardeur inégalée le reste de l'année.

Le Hippie leva les yeux vers son collègue camé. Ils s'étaient retrouvés face à face dans l'entrée de la maison des Sommet où un réveillon de fortune était organisé. Ils s'étaient retrouvés comme ça, on ne sait comment, on ne sait pourquoi, et ils s'étaient figés, se fixant l'un l'autre comme s'ils ne se reconnaissaient pas, ou plutôt comme s'ils se reconnaissaient beaucoup trop.

Une seconde.

Au plafond, le regard azur rencontra le vert flamboyant d'une branche de gui que le propriétaire du lieu avait prit soin d'accrocher là, comme par hasard, comme si c'était utile, et son attention se reporta sur son ami. Le double de Kriss avait lui aussi vu la plante au dessus d'eux. Le chocolat de son regard plongea dans la mer de glace de l'autre. Que devaient-ils faire maintenant ? S'embrasser ? Réellement ? Aucun d'eux n'oserait jamais...

Deux secondes.

Au fond, c'était une excuse comme une autre pour faire ce dont ils avaient envie depuis si longtemps. Une excuse comme une autre mais diablement bien trouvée. Mais lequel allait prendre le dessus ? Lequel allait faire le premier pas ? Pas le Hippie de Minute Papillon, il était beaucoup trop timide, trop réservé, trop intimidé face à son très populaire collègue. Jamais il ne pourrait faire quoi que ce soit. Jamais. Le silence qui régnait dans le vestibule était rythmé par le vent et la neige qui faisaient des ravages au dehors et s'écrasaient sur les vitres. Il vit son ami se rapprocher lentement de lui...

Trois secondes.

Le Hippie de SLG posa sa main sur la joue de son vis-à-vis, tout à son aise pour savourer la sensation de la barbes mal rasée sous la pulpe de ses doigts. Accrochant son autre main sur la nuque du camé, il se hissa sur la pointe des pieds afin d'être à sa hauteur, sans pour autant le lâcher des yeux.

Quatre secondes.

Leurs visages étaient tellement proches que leurs souffles, pour une fois vierges de toutes substances, se mêlaient. Leurs yeux étaient toujours ancrés dans ceux de l'autre, ne se fermant pas, comme qu'ils s'attendaient tous deux à ce que l'autre ne le repousse soudainement, au dernier moment. Mais aucun des deux ne le fit. Plus proches, toujours plus proches, encore un peu, seulement quelques millimètres... Et leurs lèvres se touchèrent. Enfin. Ils apprécièrent, la douce chaleur qui émanait de l'autre en cette froide soirée d'hivers, la douceur de ses lèvres, l'odeur de son souffle aimé. La main du Hippie qui était toujours sur la joue de l'autre glissa et vint se poser sur son torse.

Cinq secondes.

Leurs souffles se mêlaient de plus belle, mais leurs lèvres restèrent closes. Il ne fallait pas aller trop loin. Ils se reculèrent en même temps, le froid mordant leurs lèvres que celles de l'autre avaient quitté, mais sans se lâcher des yeux. Un léger sourire éclaira leurs visages. Encore proches, ils sentaient toujours l'odeur de l'autre. Tout cela avait été bien court. La main du Hippie de SLG glissa le long de la mâchoire que laquelle elle était remontée. Ils levèrent une nouvelle fois les yeux au plafond. Le gui était toujours là, vert, beau.

Six secondes.

Dehors, la neige battait sur les fenêtres embuées. Ils étaient là, toujours dans l'entrée, ne sachant toujours pas comment ils en étaient arrivés là. Ne sachant d'ailleurs toujours pas où ils avaient trouvé le courage de le faire. C'était sûrement la magie de noël. Ce qu'ils savaient c'est que ça avait été leur plus beau cadeau. Se séparant complètement, ils échangèrent un regard et un sourire, à la fois gênés et ravis. Passant à côté de son collègue pour rejoindre le salon où la fête battaient son plein, le plus petit frôla le bras du plus grand, les faisant frissonner doucement. À moins que ce ne fusse à cause du froid.

Sept secondes.

Le Hippie aux fausses dreadlocks, resté dans l'entrée, ferma les yeux. Dans son esprit se mit à tourner ce souvenir trop court et trop long, trop proche et déjà si lointain, de ses lèvres sur les siennes. Derrière lui, la voix qu'il aimait temps lui parvint.

-Joyeux noël, gros !

Et le hippie murmura : « Joyeux noël à toi aussi, man... »

Huit secondes.

FIN