TITRE: Petite Poupée
AUTEUR/E: mitakashika
RATING: K
GENRE(S): Poetry
PERSONNAGE(S): tous ceux de SLG, OC
PAIRING(S): Prof/OC
TRIGGER WARNING(S): aucun
Résumé : Une fille marche, ses articulations émettent un bruit répétitif et ce froid... Ce froid ... Non ... Avance ... Continue, poupée ...
Petite Poupée
Le vent lui glace les articulations, ses mécanismes ont du mal à fonctionner correctement. Cette grande poupée déambule dans les rues. La ville est calme, il n'est que 5H47 pourtant… Oh… Un… Chat ! Voilà ! Tout Blanc ! Comme la neige… La poupée s'agenouille du mieux qu'elle peux et elle le caresse doucement.
- Tu veux que je te suive, petit... Chat ?
Il miaule. Elle se redresse et le suit du mieux qu'elle peux jusqu'à une maison en retrait , elle a l'air… Chaleureuse . Le chat gratte à la porte . Elle essaye d'avancer mais… Son mécanisme est bloqué, gelé, mince… Le froid monte.
La porte s'ouvre, un homme fait entrer le chat. Elle essaye de crier, de l'appeler mais c'est impossible. Le froid paralyse ses jambes puis son bassin, il monte encore le long de son corps… Ah ! L'homme la voit, venez vite ! Le froid grimpe encore sur ses bras et gèle ses articulations.
- Bonsoir… Jolie poupée...
Il passe une couverture autour d'elle, la décolle du sol et l'emmène à l'intérieur, au chaud.
2 jours plus tard
La poupée n'a pas bougé. Ses cheveux noirs sont immobiles, ses yeux bleus sont grands ouverts. Sa robe rouge et blanche est sèche. Ses talons aiguilles rouges sont un peu abîmés. Ses rouages sont dégelés, manque plus qu'elle soit assez réchauffée. Elle se tient là, devant la cheminée, immobile, telle une ballerine arrêtée dans le temps. Assis sur la table, une tasse de café à la main, la fumée monte dans le ciel et vient embrasser le visage de l'homme qui l'a sauvée de la mort. Elle embrume un peu ses lunettes noires.
Au bout d'un instant, la dernière goutte d'eau s'écrase sur le sol et les paupières de la poupée frémissent, ses doigts bougent mécaniquement, son souffle reprend son cours. Peu à peu, ses rouages se déclenchent et re-fonctionnent, ses yeux clignent, ses bras et ses jambes bougent doucement. Son regard se pose sur l'homme en face d'elle.
"- De retour parmi nous petite poupée ?
- Bon...Soir, oui, 19H27.
- Me reconnais-tu ?
- Je suis dans le regret de vous dire que… Non , votre visage ne m'est pas inconnu mais il n'a pas ces drôles de lunettes, elles sont transparentes normalement."
L'homme boit son café, leurs yeux se croisent, ils se ressemblent tellement.
"- Belle poupée, veux-tu que je dise qui tu es ?"
Le mécanisme de son cœur se bloque un instant mais elle réussit à dire:
"- Je veux bien, s'il vous plaît"
Il finit sa tasse, descend de la table, ouvre la petite porte de son cœur et redémarre son rouage.
"- Tu es une poupée mécanique , une des premières que mon frère à créées mais toi, tu fais partie d'une série très spéciale, une série unique.
- Ah bon ? Pourquoi ? Quelle est la différence ?
- Tu fais partie d'une série unique parce que tu es justement unique. Ton créateur a fait plusieurs poupées pour ses frères - moi-même j'ai la poupée qu'il m'a faite - et chacune d'entre elles a son propre caractère, sa propre image et vous êtes beaucoup plus humaines que les autres. Mais, il y a un petit moment maintenant, tu t'es enfuie de son labo en voyant les premières neiges.
- C'est beau et blanc, l'Hiver … Mais le gel peut me tuer .
- T'as tout compris poupée. Il t'a cherchée des mois et des mois mais sans succès . Tu sais combien de kilomètres tu as parcourus ?
- Non pas du tout. Je dirai une centaine, vu l'état de mes talons."
Il rit légèrement. Elle met sa main en bec de cygne et il l'a lui prends délicatement avant de la faire marcher un peu dans le salon pour que ses articulations soient opérationnelle . Il la conduit prés d'une carte du monde.
"- Tu viens du sud de l'Italie poupée . Il a déménagé là-bas , Jimmy il s'appelle et c'est lui qui vous a construit, humaines malgré vos rouages, vos horloges et vos mécanismes, qui sont plus que compliqués d'ailleurs. Et là où tu es pour le moment, c'est Paris . Et donc tu as parcouru tooooouuuut ça."
Il lui montre les différents endroits du doigt, elle comprends tout ce qu'il lui raconte et lui dit.
"- Je pourrais le revoir ?
- Je peux t'envoyer en Italie , tu seras son cadeau, Lolita.
- C'est mon prénom ? Et il sera content de me voir ?
- J'en suis certain et oui , il t'a baptisé de la sorte.
- C'est mignon mais c'est un peu drôle comme prénom.
- Peu importe après tout mais passons, je t'enverrai dans quelques jours."
Le 25 décembre
Un homme au cheveux bruns et aux yeux bleu est assis dans son fauteuil, un bouquin à la main. D'un coup retentit la sonnerie. Il va ouvrir d'un pas assuré.
"- B'jour m'sieu , colis pour vous
- Merci bien."
Il signe le reçu et fait entrer le colis qui est aussi grand que lui. Arrivé dans le salon, il déballe le colis et doucement, il dévoile un à un chaque parcelle du corps de la poupée immobile devant lui.
Jimmy fait tourner la clé dans la fente qui se trouve entre sa poitrine et le bas de son cou. Et automatiquement, les yeux de l'automate s'ouvrent et un sourire se forme.
- Bon...Jour, 16H37.
- Vous ...Vous êtes ?
- Lolita , retrouvée par votre frère de France."
Il la regarde, étonné, et passe sa main tremblante sur le visage de la poupée.
"- Lolita … ?
- Je te reconnais Jimmy."
Il la regarde avec un énorme sourire et la prends dans ses bras, heureux d'avoir retrouver sa poupée, et découvre une carte de noël, accrochée à l'arrière de sa robe avec ces simples mots de la part de son frère:
« Joyeux noël espèce de savant fou !
Et voici ton petit cadeau.
Ton fou de frère. Octave »
FIN
