TITRE: Instinct
AUTEUR/E: lemiaw
RATING: T
GENRE(S): Angst/Poetry
PERSONNAGE(S): le Patron, InthePanda (appelé Viktor), mention de Mathieu
PAIRING(S): aucun
TRIGGER WARNING(S): Death/dying (allusion)
Instinct
23 décembre. Il erre dans les rues parisiennes. Il a toujours aimé la nuit, surtout quand elle est lumineuse, et encore plus lorsque c'est la neige qui l'éclaire. Habituellement, il n'aime pas le blanc. Cette clarté cotonneuse est bien la seule qu'il apprécie.
Les yeux cachés derrière ses éternelles lunettes de soleil, le Patron réfléchit (il aime bien la clarté de la neige, mais faut pas déconner quand même. Un personnage ça se tient !). Il avance sans vraiment regarder autour de lui, son costume frôle à peine la neige.
…
23 décembre, veille de Noël, et enneigé. On ne peut pas faire plus cliché. Les gens semblent heureux, donc ils le sont. Bien sûr qu'il y croit. Les gens sont tous heureux, sauf lui. C'est pour ça qu'il les brises. C'est parce qu'ils sont heureux qu'il aime les briser.
Viktor marche donc dans la neige (elles sont chiantes ces auteures de fanfics à nous faire marcher, je veux m'asseoir !). Il cherche celui qui sera le prochain à être brisé. Pour son plaisir et à la gloire du cinéma.
…
La veille de Noël. Il s'est… on peut dire qu'il s'est enfuit. Mathieu était trop joyeux. Les autres cons étaient trop joyeux. Ils avaient même eu l'air surpris quand il était sorti. Ils y avaient réellement cru ? Lui, célébrer la naissance du Christ ?
Le Patron erre donc, en cherchant n'importe quoi, n'importe qui pouvant le distraire de l'ambiance sacro-hypocrite environnante. Il ne peut même pas aller dans un de ses bordels, trop de gars comme lui cherchent à y oublier que même Jésus est né un jour. Pour une fois qu'il ressemble un peu aux autres !
…
La naissance du Christ ? Il a depuis longtemps oublié le pourquoi du comment de ces histoires, mais qu'importe ! Certaines formulations restent. Il a quitté le parc. Les gens s'écartent devant lui. Aura animale, aurait dit un de ces spécialistes qui se foutent du monde entier en analysant des sujets bateau, étalant leur science d'une manière tellement supérieure que personne n'ose la remettre en question. Lui n'y fait même plus attention.
Viktor pivote dans une petite ruelle. Instinct animal, auraient répétés les spécialistes.
Il y a deux personnes dans la ruelle.
La fille est au centre. Elle semble hésiter. De quel côté doit-elle se réfugier ? Lequel des deux inconnus semble le plus digne de confiance ? Elle décide de s'éloigner de Viktor. L'aura animale, toujours.
Viktor, lui, s'en fout. La fille, si elle l'intéresse toujours, il la chopera plus tard. Il a bien compris qu'elle ne sortirait pas sauve de cette ruelle.
Instinct animal, je vous dis.
…
Il se dirige vers les grands boulevards. Il y aura forcément quelque chose d'intéressant là-bas, il y a des gens ! Une dernière petite ruelle…
Il s'arrête.
Il y a deux personnes dans la ruelle.
La fille est au centre. Joli morceau, décide-t-il. Elle semble pétrifiée, mais se décide en fait à bouger. Elle vient vers lui. Elle vient vers lui, bordel !
C'est ton choix, ma jolie, ricane doucement le Patron.
L'autre est inquiétant. Elle a choisi de venir vers lui le Patron, l'autre est donc inquiétant à ce point.
Une question d'aura et d'instinct, tout ça, de toute façon.
Elle n'aurait pas dû venir ici. S'il n'y avait pas eu l'autre, au bout de la ruelle, le Patron se serait déjà jeté sur elle.
…
L'homme en noir est frustré, Viktor le sent.
Il faut que l'un d'entre eux se décide à bouger, sinon la fille va vraiment se barrer. Mais ils restent tous les deux à se fixer.
Ce sont deux bêtes. Et, au centre, la proie.
Il y a quelque chose de victorieux dans la posture de celui d'en face. Quelque chose qui les fait se ressembler, en fait. Ils ne se lâchent pas du regard. Ils ne doivent pas se lâcher du regard.
…
Viktor fait demi-tour.
…
Le Patron fait demi-tour.
…
La neige derrière eux est rouge.
"-C'est la couleur du Père Noël, non ? On est dans le thème général, pense Viktor.
-Blanc, noir, rouge. Putain c'est beau, murmure le Patron."
La foule s'écarte devant eux. Ainsi est le bétail devant les prédateurs, toujours.
Et il y a une brebis égorgée dans la ruelle, en cette si belle, si belle! veille de Noël.
FIN
