Titre : Te tendre la main
Auteur : Meylhana
Genre : Hurt/Comfort, Romance
Pairing : Sterek
Rating : T. Je ne sais pas encore si ça évoluera. Peut-être que oui, peut-être que non...
Disclaimer : Les personnages et l'histoire originale ne sont pas ma propriété
Bêta-lectrice : Little Sis'Cream, la seule et l'unique. Merci ! ^^
Résumé : Perdu et seul après la disparition de son père et de Scott, Stiles se retrouve à déprimer et ne pense pas pouvoir remonter la pente. Quant à Derek, l'état critique de Cora et la trahison de Jennifer le met dans une détresse nouvelle, bien qu'il essaie de ne pas le montrer. Peut-être les deux pourront-ils s'apporter à l'un et à l'autre bien plus qu'ils ne le pensent. Post ép.10/saison3
Blabla de l'auteur : Bonjour à vous, chers lecteurs !
Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour ce long retard - plus d'un mois et demi… je sais, c'est beaucoup - mais c'était les vacances d'été et, comme toujours pendant les vacances d'été, je suis complètement déphasée…
Je tenais aussi à dire que maintenant cette fiction a plus d'un an ! Le premier chapitre a été posté le 12 août 2013 et nous sommes fin août 2014. Comme le temps passe vite !
En tout cas, ceci est le sixième chapitre et, selon mes estimations, nous en sommes aux ⅔. Il devrait sûrement rester 3 chapitres, quatre grand maximum. Cela doit vous sembler court mais sachez qu'une fois Derek et Stiles réconciliés, leur relation va évoluer beaucoup plus rapidement. Mettre les choses à plat permet parfois de repartir sur de meilleures bases ;).
Bref, j'espère que vous apprécierez ce chapitre.
Bonne lecture !
Chapitre 6
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Isaac et Peter étaient au loft depuis quelques minutes déjà lorsqu'ils virent Derek débarquer brusquement. Il marchait d'un pas ferme et aucune émotion n'était présente sur son visage. Isaac se leva de son siège, interloqué, mais son Alpha ne tourna même pas la tête vers lui, se contentant de fixer un point imaginaire droit devant lui. Peter, lui, haussa un sourcil, perplexe, avant de demander à son neveu ce qu'il se passait.
Un silence suivit ses paroles.
"Rien qui ne vous concerne", répondit-il lentement d'un ton extrêmement calme.
C'en était presque surprenant étant donné la tension qui semblait raidir tout son corps et ses poings serrés tellement forts que ses jointures en avaient blanchi. A aucun instant il ne les regarda mais les deux bêtas savaient que les yeux de l'alpha devaient briller d'une lueur écarlate. Il n'osèrent prendre la parole, c'est pourquoi ils furent surpris lorsque la voix de Derek s'éleva à nouveau.
'Non, absolument rien qui vous concerne", murmura-t-il avant de reprendre sa route sans leur prêter attention.
Les deux autres hommes l'observèrent partir avant de s'entre-regarder, surpris. Puis Peter haussa les épaules et invita le plus jeune à se rassoir pour qu'ils puissent continuer leur discussion. Seulement, Isaac n'était pas complètement idiot aussi il ne manqua pas de remarquer le pli soucieux qui barrait le front de Peter lorsque celui-ci tournait les yeux vers le direction qu'avait pris l'alpha un peu plus tôt.
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Derek rentra dans ce qui lui servait de chambre. Un visiteur lambda n'aurait pas qualifié cette pièce ainsi, après tout elle n'avait absolument rien de chaleureux ou au moins de confortable comme une chambre digne de ce nom se devait être. Mais dans la tête du loup-garou, c'était chez-lui, son repère. Sa tanière.
Il s'arrêta en son milieu en soupirant et se passa une main dans les cheveux. Il ne savait pas comment réagir. Et ça le foutait en rogne.
Auparavant, il aurait suivi ses sentiments : s'il ressentait de la colère, il exprimait sa colère, si c'était de la tristesse, il ne montrait rien… Là, il y avait bien des sentiments qui l'envahissaient mais ils étaient tellement nombreux et disparates qu'il ne savait comment les interpréter ensemble. Colère, tristesse, amertume, rage, déception… Un maelström qui menaçait de le submerger tant il se trouvait désemparé. Il ignorait s'il devait retourner voir Stiles pour le balancer contre un mur ou s'il devait l'ignorer jusqu'à ce que l'autre ne fasse plus attention à lui.
Mais, de toutes les émotions qui éclataient dans sa tête, c'était l'amertume et la déception qui dominaient le plus. Il avait cru, naïvement peut-être, qu'ils avaient dépassé le stade des rancoeurs inutiles et qu'ils évoluaient vers une relation basée sur la confiance et le respect de l'autre. Visiblement, il s'était encore lourdement trompé.
Il eut un sourire amer. Une pierre de plus à son palmarès.
Même si les mots que lui avait lancé l'humain résonnaient durement à ses oreilles, ce n'était pas tant ça que le fait qu'il les avait prononcé qui le blessait. Ce genre de phrases, de remarques désobligeantes et humiliantes, il en avait déjà entendu. C'était plus ou moins un lot quotidien pour quelqu'un comme lui qui avait fait des erreurs que visiblement peu de gens étaient prêts à pardonner.
Seulement, Stiles les avait dits. Il avait prononcé ces mots, c'était sa bouche qui les avait formulé et son esprit qui les avait pensés. Et même si, au fond, il savait pertinemment bien que le jeune homme devait être réellement ébranlé pour avoir explosé de cette manière, il se sentait tout de même particulièrement blessé. Oh, il n'irait pas jusqu'à dire qu'il se sentait trahi mais il y avait un peu de ça.
Être en colère ne veut pas dire que l'on peut prendre le droit d'outrepasser la ligne du respect et de la dignité d'autrui. Et pour ça, Derek se sentait profondément déçu par l'attitude de Stiles.
Lui, il en avait du respect pour le jeune humain et il pouvait même dire qu'il l'appréciait. Aussi, il ne s'attendait certainement pas à être rejeté de cette manière alors qu'il venait justement voir si tout allait bien. Le loup-garou savait qu'il pouvait être maladroit avec les mots et qu'ils pouvaient parfois être perçus comme agressifs. Mais c'était sa façon d'être et il pensait que Stiles l'avait compris et qu'il était au-dessus de ça.
Derek souffla brusquement par le nez et fit demi-tour pour aller dans la chambre où reposait sa soeur. Il n'aimait pas qu'on l'insulte mais il supportait encore moins de s'apitoyer sur lui-même.
Il s'assit au chevet de Cora et fronça les sourcils lorsque l'odeur qu'il avait senti l'autre fois envahit à nouveau ses sens. Mais quand il secoua la tête et qu'il inspira de nouveau, elle semblait avoir disparue et c'était celle de la maladie qui l'avait remplacée.
Il observa un instant sa soeur, pâle et souffrante au milieu des draps, et ses doigts se crispèrent sur ses genoux.
"Qu'est-ce que je dois faire ?"
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Quand Isaac vint le voir le surlendemain, la colère de Stiles était retombée depuis quelques temps déjà. Depuis sa confrontation avec Derek, en fait, et à laquelle il essayait d'ailleurs de ne pas penser. Car y penser la rendrait plus réelle et il ne voulait absolument pas s'apercevoir que ce qu'il croyait avoir dit au loup-garou était réellement sorti de sa bouche.
"Je ne sais pas ce que tu lui as dit, mais ça a fait son petit effet…" commença Isaac, un sourcil levé, alors qu'il s'asseyait sur un fauteuil.
Stiles se tourna vers lui, surpris, avant de bredouiller :
"Mais, j-j'ai rien dit…"
Le loup-garou l'observa un moment, sceptique.
"Stiles, même un aveugle à moitié sourd se rendrait compte que tu mens. Alors, que lui as-tu dit ?"
Les épaules de l'humain s'affaissèrent et une expression honteuse s'afficha sur son visage.
"Tu ne veux pas savoir…
- Peut-être, mais c'est depuis qu'il est revenu d'ici que Derek agit bizarrement. Alors, à moins que ce ne soit la déco qui l'ait mis dans cet état, j'en déduis que c'est ce qui est sorti de ta bouche.
- Il l'a vraiment si mal pris…?
- Stiles ! s'exclama Isaac en levant les bras en l'air, j'avais jamais vu Derek comme ça. Quand il est rentré, il nous a à peine adressé un mot et ne nous a pas regardé une seule fois. Et depuis il est calme, trop calme. A chaque fois qu'il le regarde, Peter a une ride de plus et moi j'ai constamment l'impression de marcher sur des oeufs !"
A ces mots, Stiles eut l'air encore plus mal à l'aise et il baissa les yeux vers le sol en se tordant les mains.
"Alors ? Tu lui as dit quoi ?
- Des horreurs", chuchota le brun.
L'autre le fixa quelques instants avant de secouer la tête.
"Ok, je ne veux pas savoir. Mais t'as intérêt à aller t'excuser et arranger le coup, mec, parce que ça me fout vraiment les boules, déclara-t-il en insistant lourdement sur le mot vraiment.
- Je vais essayer…
- Ah non ! Tu ne vas pas juste essayer, tu vas le faire, un point c'est tout !"
Et Stiles hocha la tête parce qu'il n'avait vraiment pas envie de désobéir à cet Isaac là. Et aussi parce qu'il s'en voulait énormément.
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Il n'eut pas l'occasion d'aller voir Derek pour s'excuser et s'expliquer avant le surlendemain, soit quatre jours après les faits. Il savait que plus il attendrait, moins le loup-garou ne serait disposé à lui pardonner mais il espérait tout de même que s'excuser à froid serait plus bénéfique qu'immédiatement après. Même si, techniquement, le jour où Isaac était venu le voir n'était pas vraiment immédiatement après non plus.
Stiles était chez lui, dans son salon, et le stress et l'anxiété menaçaient de le bouffer entièrement. Il faisait les cent pas et tournait en rond dans la pièce en se rongeant les ongles. Il n'était plus tellement sûr de vraiment devoir aller voir Derek parce cette fois-ci, il en était certain, il risquait sa peau en se présentant chez lui la bouche en coeur. Le loup-garou allait le déchiqueter et répandre ce qu'il restait de lui dans la forêt à la merci des animaux sauvages.
Et s'il l'appelait ? lui envoyait un SMS ? une lettre ? une carte ?
Après tout, il serait peut-être moins en danger… Même s'il savait que ses excuses seraient plus aptes à être entendues et acceptées s'il les présentait de vive voix. Mais le problème était qu'il avait tellement honte de ce qu'il avait dit ! Il aurait voulu rester caché sous sa couette jusqu'au restant de ses jours ou bien pouvoir remonter le temps pour se rendre muet au moment fatidique.
Il se prit la tête entre les mains et inspira à fond pour se donner du courage. Il fallait qu'il y aille, c'était impératif. Au moins pour soulager sa conscience si Derek ne voulait pas lui pardonner.
Décidé et hochant la tête pour lui même, il prit ses clefs et partit s'installer dans sa jeep.
Adieu tout le monde, songea-t-il dramatiquement, je m'en vais mourir au front.
Et il s'élança à tout vitesse dans les rues de Beacon Hills.
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Assis dans la pièce qui servait de cuisine dans le loft de Derek, Peter et Isaac débattaient sur l'avenir de la relation entre l'alpha et l'humain. Si l'un était certain que tout pouvait redevenir comme avant la crise du jeune homme, l'autre envisageait plutôt de créer un tombeau à l'effigie de cette relation.
"Derek est très rancunier, tu sais, Isaac…
- Ouais, j'avais remarqué, mais Stiles a dit qu'il viendrait s'excuser alors…
- Je ne sais pas, fit un Peter songeur, après tout, je suis sûr qu'au fond de lui Derek a un petit coeur tout mou de bisounours… Mais je me rappelle aussi de la fois où il n'avait pas parlé à un de ses amis pendant six mois parce que l'autre lui avait piqué son goûter…"
Isaac le fixa, les yeux ronds, et lutta vaillamment pour ne pas exploser de rire.
"T'es sérieux, là ?
- Plus que jamais, protesta l'autre homme avec une étincelle d'hilarité au fond des yeux.
- Mais… il avait quel âge ?"
Peter fit un vague geste de la main, l'air de dire que cette information n'avait aucune espèce d'importance.
"Six ans. Il était encore tout mignon…"
Et Isaac ne put contenir plus longtemps son hilarité parce que voir Peter - Peter, par tous les dieux ! - s'extasier comme un oncle gaga ressemblait si peu à l'attitude habituelle de l'homme que c'en était risible. Et lui-même dut s'en rendre compte puisqu'il se mit à ricaner.
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Non loin des deux hommes qui riaient comme des bossus, Stiles lui n'était absolument pas d'humeur à rigoler. Debout devant la porte d'entrée, il essayait tant bien que mal de trouver le courage de frapper à cette foutue porte - nul besoin de sonner, ces loups avec leur fameuse ouïe…
Au bout de deux minutes, il ne tint plus et cogna sur la porte. Celle-ci s'ouvrit quelques secondes plus tard sur l'homme qu'il voulait justement voir.
Le silence qui s'installa mit Stiles mal à l'aise et il se dandina d'un pied sur l'autre sans oser prendre la parole. Finalement, ce fut Derek qui ouvrit la bouche.
"Qu'est-ce que tu veux ?" demanda-t-il d'un ton froid.
L'humain releva la tête gêné, et surtout surpris par l'apparente impassibilité de l'homme qui contrastait avec le ton qu'il avait adopté.
"Heu… Bah, en fait… C'est que… Tu vois… Enfin…", s'emmêla-t-il.
Il inspira à fond, conscient que l'homme devant lui avait une patience des plus limitées.
"Voilà, je voulais m'excuser pour l'autre jour. Quand j'ai dit tous ces trucs…(il eut une grimace), tu sais, c'est juste que c'est sorti tout seul… Enfin, non, ça veut pas dire que j'y pensais parce que, en fait, bah, non je les pensais pas mais c'est que…"
Il eut un grognement de rage avant de se frotter le visage. Il n'arrivait pas à s'expliquer et le regard neutre qu'il sentait posé sur lui le dérangeait plus qu'autre chose.
"Bref. Pour faire court, j'étais vraiment pas bien et quand t'es venu, bah, ça a ouvert les vannes et j'ai dit plein de choses blessantes que je pensais pas et… Voilà, je voulais m'excuser pour ça."
Le silence s'installa de nouveau et Stiles baissa les yeux en se tordant les mains.
Le plus âgé, quant à lui, continuait de le fixer avec cette expression neutre et impassible qui le perturbait. Que Derek le frappe, qu'il l'insulte, il comprendrait ; après tout il l'avait cherché. Mais ce silence et cette absence de réaction le troublait parce qu'il ne savait pas ce que son interlocuteur ressentait et, du coup, lui ne savait pas comment réagir. Avait-il dit quelque chose qu'il ne fallait pas ou, au contraire, avait-il oublié de dire quelque chose ? Il n'arrivait pas à savoir ce qu'il devait faire d'autre que s'excuser.
Finalement, il releva les yeux vers Derek et reprit la parole.
"Derek, je…"
Il eut à peine le temps de commencer sa phrase que l'autre lui claquait brutalement la porte au nez. Il en resta comme deux ronds de flan, éberlué.
Qu'est-ce qui venait de se passer, bordel ?!
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Toujours dans la cuisine, deux loups-garou avaient assisté cette première confrontation entre les deux hommes depuis la fameuse dispute.
"Et bien, soupira Isaac, ça s'est mieux passé que je ne le pensais. Il n'y a pas eu de morts."
Peter parut songeur un instant avant qu'un rictus amusé ne vienne prendre possession de ses traits.
"Peut-être, mais vu comment ça s'est passé, Stiles est bon pour être ignoré pendant un bon bout de temps…
- Ouais, si Derek finit par lui pardonner, ce qui est peu probable…
- Oh, fit le plus vieux en gloussant, je n'en serais pas si sûr si j'étais toi…"
Isaac se tourna vers lui, intrigué.
"Pourquoi ?
- Derek aurait pu réagir de deux manières : ou il le blessait jusqu'à ce que mort s'ensuive, ou il l'ignorait."
Il s'arrêta pour mettre un des gâteaux qui traînaient sur la table dans sa bouche et ferma les yeux de contentement.
"Et ?" le pressa le blond.
L'autre ouvrit un oeil pour l'observer.
"Oh ? Je ne t'ai pas dit ? Après l'avoir ignoré pendant six mois, le mignon petit Derek de six ans a fini par capituler et ils sont redevenus les meilleurs amis du monde."
Il referma l'oeil alors qu'il prenait un nouveau gâteau.
"C'était terriblement touchant."
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J'espère que ce chapitre vous a plu et n'hésitez surtout pas à me donner votre avis, ça me fait à chaque fois plaisir :).
A bientôt,
Meylhana.
