Titre : Te tendre la main

Auteur : Meylhana

Genre : Hurt/Comfort, Romance

Pairing : Sterek

Rating : T. Je ne sais pas encore si ça évoluera. Peut-être que oui, peut-être que non...

Disclaimer : Les personnages et l'histoire originale ne sont pas ma propriété

Bêta-lectrice : Little Sis'Cream, la seule et l'unique. Merci ! ^^

Résumé : Perdu et seul après la disparition de son père et de Scott, Stiles se retrouve à déprimer et ne pense pas pouvoir remonter la pente. Quant à Derek, l'état critique de Cora et la trahison de Jennifer le met dans une détresse nouvelle, bien qu'il essaie de ne pas le montrer. Peut-être les deux pourront-ils s'apporter à l'un et à l'autre bien plus qu'ils ne le pensent. Post ép.10/saison3

Blabla de l'auteur :

OUI, j'ai six mois de retard.

NON, cette fic n'est pas abandonnée.

Après le manque de temps, d'inspiration et de motivation, j'ai enfin retrouvé la possibilité de continuer cette histoire. Et, cette fois, vous n'aurez plus de retard : le prochain chapitre n'attend que la correction, celui d'après est bien entamé et le plan de l'épilogue est déjà fait :).

J'ai déjà du le mentionner dans les chapitres précédents (du moins, je crois l'avoir fait) mais le chapitre 6 ainsi que celui-ci marquent un grand tournant dans l'histoire. A partir de maintenant il y a beaucoup de choses qui vont se précipiter et si vous avez l'impression que le rythme s'accélère, c'est tout à fait normal. C'est dans la logique de l'histoire.

Alors, petit résumé des deux chapitres précédents :

Après une semaine difficile, Stiles s'en prend à Derek alors que celui-ci vient le voir en s'inquiétant de son état (oui, contrairement aux apparences, Derek s'inquiétait XD) et lui dit des choses horribles. Isaac se ramène pour lui dire de s'excuser, ce que Stiles fait quelques temps plus tard. Seulement, Derek lui claque la porte au nez tandis que Peter et Isaac se marrent dans la cuisine.

Bonne lecture !


Chapitre 7

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Les doigts de Stiles pianotaient sur la table depuis maintenant une quinzaine de minutes et cela ne l'aidait aucunement à faire passer le temps plus vite ou à contenir sa nervosité.

La tension dans la pièce était palpable et si celle qui concernait deux individus avaient une cause plus ancienne, l'autre était uniquement due au bruit incessant des phalanges du jeune homme qui tapaient contre le bois à un rythme régulier.

Au bout de vingt minutes à supporter ce qu'il considérait, lui, comme un vacarme, Peter ferma les yeux. Ses poings se serrèrent et il inspira profondément. Puis il commença dans sa tête un décompte.

Isaac, qui était à côté de lui, avait remarqué son petit manège et l'observait avec une appréhension grandissante. Il sentait que l'homme était profondément énervé et n'allait pas tarder à exploser. Il jeta un coup d'oeil à Stiles qui semblait inconscient de la menace qui planait au-dessus de sa tête puis à Derek dont le corps était tendu. Mais pour lui, la tension était sûrement due à sa proximité avec l'humain. Rien à voir donc.

Le blond reposa son regard sur l'ancien alpha et grimaça en voyant les mains partiellement transformées de Peter. Il observa un instant autour de lui avant déposer discrètement sa main sur le poignet gauche du brun. L'autre tourna la tête vers lui et il tenta tant bien que mal de lui transmettre un sentiment de calme et de plénitude - qu'il n'était pas sûr lui-même de posséder - par la pensée en priant pour qu'il ne fasse pas un massacre.

Ce serait dommage.

Le bras de Peter se décrispa quelques secondes avant qu'une recrudescence des tapotements ne lui fasse perdre son calme. Il se leva brusquement en cognant de son poing libre sur la table qui émit un craquement sinistre.

"Tu vas arrêter ce foutu bruit, oui ou merde ?!"

Stiles le regarda avec de grands yeux, les doigts figés en plein mouvement, tandis que Derek avait haussé un sourcil. Ce fut lorsqu'Isaac sentit l'envie stupide de se taper la tête contre le mur poindre le bout de son nez qu'il se décida à réagir. Il se leva lui-aussi avec un sourire crispé et se précipita vers la porte de sortie du loft, entraînant Peter dans son sillage.

La porte claqua puis le silence revint, lourd.

Désormais seul avec Derek, Stiles lançait de petits coups d'oeil au loup. Il en avait plus qu'assez de son comportement. Deux semaines qu'il était venu frapper à sa porte pour s'excuser, et deux semaines que Derek l'ignorait continuellement.

Deux semaines !

Deux putains de semaines !

Stiles sentait qu'il allait bientôt craquer.

Il se passa une main lasse sur le visage. Peut-être que le fait de n'être que tous les deux allait aider Derek ? Peut-être qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de l'aborder pour lui parler de ses excuses minables ? Ou bien peut-être lui avait-on lancé un mauvais sort en pleine figure qui lui empêchait de le regarder alors qu'en fait il le voulait...?

Comme on dit, l'espoir fait vivre.

Il se résolut donc à patienter le temps de permettre à Derek de prendre la parole s'il le souhaitait.

xxx

Au bout d'un quart d'heure à ronger son frein, Stiles sentit la moutarde lui monter au nez. Il en avait marre, ça faisait quand même deux foutues semaines qu'il attendait comme un con que le loup-garou se décide à lui parler. Et rien ! Que dalle ! Des clous ! Cette situation commençait sérieusement à le ronger de l'intérieur. A chaque fois que Derek ouvrait la bouche, il se crispait et sentait un stupide sentiment d'espoir surgir d'il ne savait où.

C'était actuellement le seul truc qui lui venait à l'esprit toutes les cinq minutes alors qu'il aurait dû être en train de s'inquiéter pour son père, ou même Scott. Mais non, et ça commençait vraiment à le faire chier.

Il ne comprenait pas d'où lui venait cette étrange fixette qu'il faisait sur le loup-garou mais ça lui foutait un peu les boules, comme s'il découvrait quelque chose qui était jusque-là profondément enfoui.

Il soupira avant de se lancer :

"Bon, écoute Derek... Je me suis déjà excusé l'autre fois... Est-ce que tu m'en veux encore ?"

Pas de réponse. Pas même un signe qui montrerait que le loup-garou l'avait entendu, juste une totale et froide indifférence qui le blessait bien plus qu'il ne l'avait imaginé.

"Tu peux pas me répondre, putain ?! Parce ce que ça commence sérieusement à me soûler cette histoire !"

Derek posa l'une des feuilles qu'il était en train de lire et se pencha pour en prendre une nouvelle, le tout sans lui accorder le moindre regard.

L'humain se leva brutalement en frappant la table de ses deux mains.

"Mais réponds, bordel ! J'en ai ras-le-cul que tu m'ignore. Je t'ai dit que j'étais désolé, ça te suffit pas ? J'ai pas réfléchi, ma bouche a parlé toute seule sans mon consentement ! Tu devrais le savoir vu que ça m'arrive tout le temps !"

Derek tourna lentement la tête vers lui et ne fit rien sinon le fusiller du regard, faisant crier Stiles de frustration.

"Mais pourquoi tu me crois pas ?! Tu sais bien que c'est dans mon caractère de parler sans réfléchir ! J'ai pas fait exprès !"

L'aîné eut un rictus moqueur qui fit rougir l'autre de colère.

"Je suis sérieux, putain ! Je voulais pas dire ça, j'aurais pas dû, mais c'est sorti comme ça ! Je regrette ce que je t'ai dit et, si je le pouvais, je reviendrais en arrière. Je te jure, c'est pas ce que je voulais dire ! Mais j'étais en colère et c'est tombé sur toi ! J'ai pas fait exprès !"

Stiles fit une pause pour reprendre son souffle, haletant, et s'apprêtait à reprendre la parole lorsque le loup-garou se mit à gueuler, le scotchant sur place.

"MAIS ASSUME BORDEL !

- ...Quoi ? fit Stiles en ouvrant grand les yeux. Mais j'assume...

- Non, t'assume pas ! T'as fait une erreur et tout ce que tu trouves à faire, c'est essayer de te trouver des excuses pour pouvoir justifier tes paroles ! Tu restes là à geindre en mode ''c'est pas moi'' ! T'as peut-être pas pensé au fond de toi ce que tu as dit mais il n'empêche que tu l'as sorti ! Ce n'est pas tant tes paroles qui sont méprisables mais surtout ton comportement après coup ! Tu essaies de te dédouaner ! Mais tu les as dits ces mots, alors ASSUME, MERDE !"

Un grand silence flotta dans la pièce après les dernières paroles de Derek.

Celui-ci était debout, tendu, les mains plaquées sur la table comme s'il l'avait frappée. Ce qui avait sûrement dû être le cas mais Stiles n'en avait rien remarqué, trop ahuri par l'emportement du plus âgé. Il n'en revenait pas et restait à le fixer les yeux écarquillés.

C'était tellement loin du comportement habituel de Derek qu'il se demandait si celui-ci ne venait juste pas de sortir tout ce qu'il avait sur le coeur depuis plusieurs mois. Et cela l'inquiétait un peu de réaliser qu'il n'avait jusque-là pas remarqué le trouble du brun. C'était comme si on lui avait soudainement ôté les oeillères qui l'empêchaient de se rendre compte de la situation. Il était tellement obnubilé par son propre cas qu'il en avait oublié l'état d'esprit des autres, et plus particulièrement celui de Derek.

Et ça lui foutait les boules de voir qu'il était passé à côté de ça. Car, maintenant qu'il avait ouvert les yeux, c'était clair pour lui que quelque chose n'allait pas avec le loup-garou. Il ne savait pas exactement quoi mais il semblait plus tendu que d'habitude, comme s'il était sur les nerfs. Se mettre à hurler comme ça n'était pas dans ses habitudes, lui qui préférait le ton froid et les grognements. Le problème était que Stiles sentait que cette explosion n'était rien et que lorsqu'il déciderait d'exposer tout ce que contenait son coeur, alors il y aurait un vrai carnage.

"Je suis désolé."

La voix de Stiles retentit et brisa le silence qui régnait dans la pièce.

"Je t'ai dit des paroles horribles, c'est vrai. Je n'ai aucune excuse. Je l'ai fait, un point c'est tout, et même le fait d'être en colère, surtout à cause d'éléments extérieurs, ne légitime pas le fait de passer ses nerfs sur quelqu'un. Je suis profondément désolé si je t'ai blessé, tu ne le méritais pas, comme personne d'ailleurs. Mais ce qui est fait est fait. C'est maintenant du passé, je me suis excusé et je ne penses pas que tu sois suffisamment rancunier au point de mettre trois-mille ans à me pardonner."

Derek ouvrit la bouche pour parler mais Stiles ne le laissa pas argumenter.

"Je ne dis pas ça pour minimiser ce que je t'ai dit. Je sais très bien que j'ai dépassé les bornes et je m'excuse encore pour ça. Seulement, on s'est tous les deux dit à un moment ou à un autre des vacheries et des trucs affreux. Et ça arrivera sûrement encore. Tu me demandes d'assumer, très bien. Pour ma part, je te demande de savoir passer par-dessus certaines choses, même si ça fait mal. Parce que tout garder et lasser tout ça bouillonner dans un coin de ta tête, ce n'est absolument pas sain. Je ne te dis pas de le faire pour tout, simplement de reconnaître les situations dans lesquelles tu dois le faire - et de savoir le faire. Sur ce, je m'excuse encore et j'espère que tu sauras passer outre mes quelques mots de trop."

Puis il se dirigea vers la porte sans un regard en arrière et s'en alla, calmement, sans claquer la porte, et avec une impressionnante dignité que Derek lui reconnaîtrait plus tard.

Mais, pour l'heure, le loup-garou restait figé, incapable du moindre mouvement. Il ferma les yeux un moment, trouvant dans les paroles du jeune homme brun une véracité qui lui nouait l'estomac. A cet instant, la seule chose à laquelle il pouvait penser était une question qu'il tournait et retournait dans sa tête. Une seule et unique question.

Il soupira et se laissa lourdement tomber sur la chaise à côté de lui.

Quand ai-je cessé d'être le plus mature de nous deux ?

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Stiles soupira en s'affalant sur son lit. Quelle merde…

Il y avait déjà suffisamment de problème comme ça avec le Darach, son père, Scott… sans que Derek et lui en rajoutent de nouveaux en se crêpant le chignon comme ils le faisaient.

Si seulement Derek n'était pas venu ce soir-là, si seulement lui-même avait réussi à fermer sa gueule… Enfin, il ne pouvait pas trop en vouloir à Derek puisque celui-ci était venu s'enquérir de son bien-être.

Stiles grogna de frustration.

Ils étaient dans une sorte de statu quo particulièrement désagréable, et ça commençait à lui peser. Quand est-ce qu'il pourrait enfin vivre une vie pépère tranquille ?

Deux jours qu'il était parti de chez Derek et toujours aucun signe de vie de celui-ci. Il ne savait pas si son laïus avait eu l'effet escompté mais ça lui avait fait du bien.

Malgré cela, il continuait de songer au "cas Derek" comme il se plaisait à l'appeler et se disait que son espèce d'obsession pour lui était carrément flippante et malsaine. Car il n'avait absolument aucune raison de penser à lui.

Il secoua la tête en fronçant les sourcils puis se leva dans l'optique d'aller chercher une canette de soda ainsi que son ordinateur. Il avait bien besoin de se changer les idées.

Stiles se retourna et ses yeux se posèrent alors sur Derek, bras croisés et appuyé contre sa fenêtre.

Il fit un bon en arrière, la main sur le coeur.

"Bordel, tu m'as fait une des ces peurs…" souffla-t-il, incapable de parler plus fort.

Le loup-garou ne répondit rien, ne s'approcha pas, et se contenta de le fixer de manière impassible. Au bout de deux très longues minutes de silence, Stiles commença à gigoter, mal à l'aise devant le regard de Derek qui ne parlait toujours pas.

Il finit par toussoter, incapable de supporter une seconde de plus ce silence tendu. Cela sembla réveiller Derek puisqu'il cligna des yeux d'un air perplexe avant de retrouver son masque impassible. Il décroisa les bras et tourna son regard vers le mur, comme en quête d'un soutien quelconque ou bien ne voulant pas le regarder dans les yeux, ce qui était en soi ridicule venant du plus âgé.

"Il… hum… Peter voulait savoir si tu… enfin… voulais manger au loft avec nous ce soir."

Il avait dit ça dans un grognement presque incompréhensible - mais pas pour les oreilles habituées de Stiles -, à moitié hésitant comme s'il ne savait pas exactement ce qu'il était en train de faire.

Pendant quelques secondes, Stiles ne put que cligner stupidement des yeux avant qu'un grand sourire ne se forme sur son visage. Il sautilla presque jusqu'au rez-de-chaussée, lui criant à travers les murs qu'il était tout à fait partant. Il n'écouta pas une seule seconde les marmonnements de Derek et se répéta inconsciemment le même mot avec une joie indescriptible.

Enfin.

xxx

Il y a encore de gros progrès à faire, observa Isaac, assis à table entre Peter et Stiles, Derek en face de lui.

Jamais rien ne lui avait paru plus bizarre que la scène qui était en train de se dérouler sous ses yeux. Déjà, être à table et manger avec ces trois personnes était un événement plutôt inattendu. Mais le pompon résidait dans le comportement qu'avaient Stiles et Derek l'un avec l'autre.

"Tu me passes le sel ? fit Derek d'un ton neutre.

- Bien sûr", lui répondit Stiles avec un rictus qui aurait pu ressembler de loin à sourire - mais vraiment de très loin - et qui cependant faisait plus penser à une grimace.

Il lui tendit l'objet demandé.

"Tiens."

Et Derek hocha la tête, le corps crispé, pour le remercier en prenant la salière.

Le tout sous le regard ahuri d'Isaac et hilare de Peter. Celui-ci, le visage rouge, semblait retenir avec de grandes difficultés son rire et faillit même mourir étouffé lorsqu'il entendit le De rien soufflé de Stiles.

Et cela continua jusqu'au dessert, jusqu'à la fameuse bombe lancée par Derek :

"Tu veux de l'eau ?"

La carafe à la main, le regard tourné vers Stiles et avec un ton toujours aussi plat.

Et là Isaac craqua.

"Bon dieu, mais vous pouvez pas agir normalement ? Ça devient carrément angoissant là !"

Les deux visés le regardèrent avec des yeux ronds tandis que Peter explosait de rire, recrachant dans son verre ce qu'il venait de boire.

Vraiment, c'était un phénomène étrange.

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Une fois n'est pas coutume, on termine le chapitre sur une note plus légère.

Sur ce chapitre-ci et celui d'avant, on s'est concentré sur Stiles et Derek et la gestion de cette "petite crise" entre les deux personnages.

Dans les deux prochains, on continuera de suivre l'évolution de la relation entre eux deux mais il y aura aussi une avancée dans l'histoire à propos d'un certain personnage. Je ne dis pas de qui il s'agit, je vous laisse deviner qui est concerné et en quoi.

Sachez cependant que j'ai glissé plusieurs indices dans les différents chapitres, et cela depuis le deuxième ;). Sachez aussi que cela ne va sûrement pas vous plaire. Et oui, si on avance bien du côté de la relation entre Stiles et Derek, la situation dans laquelle ils sont tous n'est toujours pas rose.

Bref, j'espère que vous avez apprécié ce chapitre malgré son retard plus que conséquent et que les personnages de Peter et Isaac vous plaisent (je l'avoue, je me suis éclatée à écrire sur eux x)).

A bientôt pour le chapitre 8,

Meylhana.