TITRE: De la guimauve à Noël
AUTEUR/E: WoorEnergy
RATING: T
GENRE(S): Romance/Friendship
PERSONNAGE(S): Ceux de SLG, WTC, JDG et MinutePapillon, les frères Breut
PAIRING(S): Démon/Geek, 2ppie, Panda/Prof, Gothique/Homme à la Cravate, Mr Dada/Gâteau de Riz
TRIGGER WARNING(S): mention de drogue, mention de suicide
N.A. : ENFIN FINI CET OS DE MERDE ! AHAHAHAHAH !
Hum, pardon, c'est l'euphorie du moment. Je vais mieux, là.
Que dire... Merci à notre chère Meta pour organiser ce recueil, hein ? Tu gères ma belle ;)
Ensuite, un petit message pour Titipo (si elle lit ces mots) : Merci à toi aussi pour le recueil d'Halloween, j'avais oublié de te le dire ^^' ensuite, j'ai pas pu caler le pairing Vegiste, vraiment désolée, il m'inspirait pas du tout ! Mais j'ai essayé de me rattraper, tu verras pourquoi :3
Voila, j'arrête de vous embêter, et je vous dit...
Enjoy !
De la guimauve à Noël
C'est chouette, le mois de Décembre. C'est la meilleure période de l'année, celle où les liens familiaux et amicaux se resserrent, où l'on peut rigoler sans se soucier de la fin du mois qui va faire bien mal au cul financièrement, surtout au niveau de la nourriture. C'est aussi la période ou le clodo du coin vient vous demander son petit verre de vin rouge comme à chaque fois, alors que vous avez bien envie de lui foutre un coup de pied au derche pour le faire dégager de l'endroit où il squatte habituellement. Mais c'est également la période où les voisins veulent vous en mettre plein la vue en décorant leur maison, de façon à ce que vous deveniez épileptique, où leurs gosses insupportables viennent vous chanter des chansons avec une voix atroce rien que pour vous emmerder. Je veux bien sûr parler de la magnifique période de Noël.
C'est donc tout naturellement que, lors de cette période, Kriss avait invité plusieurs amis et collègues de Youtube chez lui, histoire de passer quelques jours ensembles avant de rejoindre leurs familles respectives pour fêter le 25 Décembre, ainsi que la veille. C'est vrai, en dehors des conventions, ils n'avaient que très peu le temps de se voir, même via Skype, sans aucun doute à cause de leurs compagnons, leur prenant bien plus de temps que leurs émissions ! Que ce soit des personnalités multiples, un médiator casse-couilles, un chewing-gum adorable, un chien en peluche pervers, un ventilateur, et j'en passe.
C'est ainsi que Mathieu, Antoine, La famille Breut, et les frères Grenier s'étaient retrouvés entassés dans la maison du Youtuber à l'iroquoise, riant joyeusement ensemble. Enfin, tous n'étaient pas réunis, par le plus grand des hasards (surtout parce que l'auteur est prévisible, et également un peu conne), Maître Panda s'était malencontreusement cassé la figure dans les escaliers quelques jours auparavant. Manque de chance, désormais, il portait une minerve et une attelle à la cheville. Mathieu, avant de partir, avait désigné (comme par hasard, encore une fois) le Prof pour le surveiller, histoire qu'il ne se casse pas une autre patte en glissant. Celui-ci avait accepté, ennuyé de ne pas revoir le Prof de Philo, mais se consolant tout de même en se disant qu'il pourrait passer un peu de temps avec son ami en Kigurumi.
Bref, il régnait donc un joyeux bordel chez Kriss, notamment des éclats de rires et des bruits de verres remplis de diverses boissons s'entrechoquant. La bonne humeur était au rendez-vous... Ou presque.
Le Geek était sorti un instant de la maison, les larmes aux yeux. Le Patron, Pinhead et Croc'Homo avaient, une fois de plus, essayés de l'attoucher, sous le regard presque désintéressé de Mathieu. Ce dernier, après que le petit gamer se soit plaint à lui, lui avait répliqué un cinglant "T'as qu'à pas t'approcher d'eux ! Va faire un tour dehors, tiens." et s'était remis à rire avec Alexis et Antoine.
C'est ainsi qu'assis sur le perron, grelottant sous son tee-shirt avec simplement une écharpe entourant son cou frêle et pâle et ses épaules, le Geek observait les flocons tomber du ciel, néanmoins abrité par la toiture. S'il ne tombait pas malade d'ici demain, il avait vraiment de la chance...
C'était trop nul, la période de Noël. Personne ne l'aimait et ne voulait de lui, comme tous les jours, d'ailleurs. Il en était bien conscient.
"Si seulement j'avais pris une veste... Murmura-t-il en laissant une larme rouler sur sa joue.
S'il te plaît, pleure pas..."
Le Geek tourna la tête à sa droite, et vit le Démon, assis par terre, lui tendant une veste. Sa veste ! Mais comment ? Il l'avait laissé chez eux, à Paris !
"M-Merci... Dit-il en enfilant timidement son manteau. Mais... Comment t'as fait ? On est loin de chez nous...
-Petit, dois-je te rappeler que je suis un démon ?"
Le Geek hocha négativement la tête avant de reporter son attention sur les flocons se faisant plus nombreux, recouvrant le paysage d'un vaste manteau blanc. C'était quand même beau, la neige... Dommage que ce ne soit que pendant une période précise de l'année.
"Oh... Du coup, ça veut dire que tu es passé à la maison ? Comment va Maître Panda ? Il se sent un peu mieux ?
-Oui. Le Prof s'occupe très bien de lui, tu sais, déclara l'homme des Enfers avec un sourire malicieux.
-J'en doute pas."
L'enfant sourit à son tour, s'imaginant très bien ce qu'il pouvait se tramer entre les deux protagonistes. Il avait, des tas de fois, intercepté de nombreux regards entre eux, qu'au début il ne saisissait pas très bien, et avait également remarqué que leurs joues se teintaient d'une couleur cramoisie au moindre contact entre leurs mains.
Du coin de l'œil, il observa le Démon, le regard posé sur le ciel gris clair, et sentit son visage prendre feu, ainsi que son cœur qui battait à tout rompre. Cela lui était arrivé un nombre incalculable de fois, mais il n'avait jamais su pourquoi ni comment, jusqu'à ce qu'il demande conseil à la Fille, qui se considérait un peu comme sa grande-sœur. Elle lui avait fait comprendre d'une manière plus ou moins indirecte qu'il pouvait ressentir des choses à l'égard de son protecteur de l'ombre. Il avait trouvé ça stupide sur le coup, mais après réflexion, ceci s'était révélé assez logique. Suffisamment pour que les sentiments naissants qu'il éprouvait évoluent au fil du temps.
Enfin, peut-être.
"Démon ?
-Oui ?
-Tu as déjà aimé quelqu'un ?"
Guettant la réaction de l'interpellé, il remarqua une légère, très légère coloration de ses pommettes, alors qu'il le fixait comme s'il était devenu dingue.
"Hé bien... Oui. Mais c'est de l'histoire ancienne.
-Si ça ne te dérange pas... Tu peux me raconter ?"
Second regard surpris, limite choqué. Certes, le Démon était un peu gêné de raconter sa vie privée, encore plus à un gamin, mais il lui faisait confiance. Le Geek n'était pas du genre à raconter tous les secrets des gens. C'était pour cela qu'il adorait ce petit, c'était l'une de ses grandes qualités, son côté trop mignon en tête de liste, évidemment.
"Bien... Approche-toi."
Le Geek obtempéra, presque collé contre le corps de son homologue. Se dernier se racla la gorge, avant de commencer.
"C'était il y a quelques années, avant que toi, Mathieu et tout les autres ne me connaisse. Deux ans, je dirais, peut-être trois. Enfin bon, peu importe. Comme à mon habitude, je vagabondais dans les rues la nuit, sans but précis. Les passants fuyaient mon regard, changeait de trottoir pour celui d'en face, ou bien me dévisageaient comme si j'étais une bête de foire. Mon quotidien." Il marqua une légère pause et reprit. "Vu que je n'avais pas grand chose à faire, je me suis assis sur un banc, dans un parc. Et j'ai attendu.
-Attendu quoi ?
-Je ne le sais pas moi-même. Mais j'attendais quelque chose. Peut-être... De l'attention ? Voir de la sympathie ? Puis c'est là que je l'ai connue. Sarah."
Le Démon eut un sourire nostalgique en repensant à cette jeune femme. Brune, presque aussi grande que lui, une silhouette de rêve et de grands yeux verts pétillants. Peu après sa rencontre, il avait tant rêvé d'elle, rêvé de la toucher, de caresser chaque parcelle de sa peau un peu bronzée...
Il secoua doucement la tête et reprit son récit :
"Cette fille... C'était la seule qui était venue me voir, me parler. Je n'avais pas l'air de lui faire peur, visiblement. Elle était si gentille... Et si belle. Elle m'avait demandé pourquoi j'étais seul, ici, en pleine nuit. Je n'osais pas lui répondre. Je crois que ça a été le coup de foudre, malheureusement pas réciproque. Au fil du temps, j'ai appris à la connaître, et elle me plaisait de plus en plus. Mais je n'ai pas été suffisamment courageux pour lui avouer ce que je ressentait à son égard." Seconde pause, bien plus longue que la précédente. "Puis un jour...
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda le Geek, subjugué par son récit.
-Elle est partie.
-Partie ? Partie... Ailleurs ? Enfin...
-Beaucoup trop loin de moi." Déclara-t-il en fermant les yeux.
Le gamer réfléchit un instant avant de comprendre le sens de ses paroles. Sarah était... Morte ? (Bravo Captain Obvious, t'as le droit à un cookie !) Pauvre Démon... Il a dû tellement souffrir en l'apprenant.
"Excuse-moi... Je voulais pas te faire de la peine avec ces souvenirs...
-Ce n'est pas grave.
-Si ça ne te fais pas trop de mal d'en parler... Comment elle était... ?
-Elle vivait seulement avec son père dans un appartement miteux. Il était alcoolique, et tous les soirs quand il rentrait, il se mettait à la frapper. Elle essayait toujours de me cacher ses blessures pour ne pas m'inquiéter, mais je voyais tout. Les bleus, les cicatrices, qu'elles soit récentes ou anciennes, et j'en passe. Elle n'en pouvait plus, que ce soit physiquement ou moralement.
-Alors, c'est son père qui l'a tuée ?
-Non... Elle s'est suicidée. Je l'ai appris quelques mois après notre rencontre.
-Oh, j-je... D-Désolé Démon ! Pardon !"
Le garçon à la casquette se confondit en excuses bafouillées en apercevant l'unique larme dévalant le visage creux du Démon. Il ignorait que cette personnalité émanant de la tête de Mathieu avait elle aussi un passé...
Enfin, venait-elle vraiment de l'esprit dérangé du petit Youtuber ? Désormais, il avait pas mal de doutes.
"Chut, calme-toi, ça va aller... Lui murmura le petit en le prenant dans ses bras.
-Elle me manque... Elle me manque tellement...
-Je sais, je sais... Là, calme-toi. Toi-même tu as dis que c'était de l'histoire ancienne. Il faut que tu ailles de l'avant, même si ce que tu as vécu est horrible. Vois le bon côté des choses : Mathieu, le Hippie, le Panda, tout le monde sera là pour te soutenir, même le Patron, j'en suis sûr. Et moi aussi, je serais là.
-Merci beaucoup Geek. Merci..."
Fixant le fan de jeux vidéos, le Démon lui fit un bref sourire avant de nicher son visage dans son cou.
"Tu sais, dans un sens, tu lui ressembles...
-Ah oui ?
-Elle aussi était fragile, pleurait facilement et était sensible. Mais quand elle avait appris à apprécier ma compagnie, elle était beaucoup plus souriante et joyeuse. Et malgré les coups qu'elle pouvait recevoir, malgré les remarques qu'on pouvait lui faire, elle tentait de garder cette bonne humeur constante.
-Oh... Je suis vraiment comme ça ?"
Le Démon se recula un peu et acquiesça, un sourire étirant ses lèvres. Ces dernières, à son goût, étant bien trop près de celles de son interlocuteur, d'ailleurs...
"C'est justement avec ces petits riens qui font que je tiens beaucoup à toi. Mais... C'est... Différent. Enfin, je crois.
-Différent ? C'est à dire ?"
Se rapprochant davantage du visage rosi du petiot, l'envoyé des Enfers lui répondit dans un souffle.
"Ferme les yeux et tu comprendras." (Pire drague du monde dans 3... 2... 1...)
Le Geek s'exécuta, légèrement perplexe, mais aussi curieux. Qu'allait lui faire son ami ? Rien de trop méchant, au moins ?
Il eut toutes les réponses désirées au moment où il sentit une bouche se poser doucement sur la sienne. Non... Il était réellement en train de...?
Il avait l'impression qu'un feu d'artifice s'était allumé dans sa tête, et honnêtement, s'il aurait pu, il aurait dansé de joie dans la neige. Puis les lèvres du Démon étaient si douces...
Sentant que l'étreinte buccale s'arrêta, pour son plus grand mécontentement, il rouvrit les yeux, découvrant son -petit ?- ami, la figure rouge et le regard rempli de honte.
"Désolé, Geek...
-Oh, non, non, ne t'excuse pas ! Je... J'ai bien aimé." Il baissa les yeux et sentit de nouveau ses joues imiter la couleur du feu. "Tu peux... Recommencer... S'il te plaît ?"
Bien qu'il fut étonné, il hocha la tête avant d'entamer un autre baiser, tout aussi tendre que le précédent. Leurs mains s'aventurèrent timidement sur le camp adverse, tantôt dans la nuque, tantôt sur les épaules, ou encore sur le torse et dans le dos. D'autres tangos buccales s'enchaînèrent ainsi, puis encore d'autres, sans qu'il ne se rende compte que la neige avait cessée de tomber, ne prenant ni garde à Mr Dada se faisant poursuivre par le Gâteau de Riz dans le jardin, trop occupés par leur proximité buccale.
C'était chouette la période de Noël, en fait. Et cette fois, le Geek savait que quelqu'un l'aimait.
"Kriss ! T'as pas vu le Hippie ? Demanda Mathieu à son ami.
-Lequel ? Le mien ?
-Non ! Le mien ! Tu l'as pas vu ?
-Si, il est dans son van avec mon Hippie, pourquoi ?
-Qu'est-ce qu'il foutent là-bas ? Ils peuvent pas rester un peu avec nous ?
-Oh, c'est bon, laisse-les passer du temps entre potes, ils se voient presque jamais... Râla le garçon à la coiffure improbable.
-Kriss a raison, laisse-les un peu ! Rajouta Charlotte."
Mathieu soupira et se servit une autre gorgée de bière, assis entre le Prof de Philo, réticent à l'idée de venir chez Kriss, et le Vegan, débattant une fois de plus avec le Carniste sur le fait que manger des animaux morts est, je cite : "Un acte ignoble et cruel envers nos amis les bêtes !".
Mais ce qu'il se passe ici ne nous intéresse pas pour le moment, allons plutôt voir ce qui se trame dans le van du Hippie de Mathieu. Pas grand chose, à mon humble avis.
Pour l'instant.
"Tu m'as manqué, gros.
-Toi aussi, man.
-Tu m'passes ton joint, gros ?
-Ouais, man, pas d'souci."
Tendant le bédot au Hippie de Mathieu, celui de Kriss sourit gentiment et se rassit sur la banquette du van, observant le camé tirer une latte. Vivre loin de son ami au bob lui semblait insupportable, et ce genre de période où ils pouvaient se retrouver étaient, pour lui, une bénédiction. C'est également une bonne excuse pour fuir les personnes plus farfelues les unes que les autres de cette maison, mais ça, il s'en cachait volontier, ne voulant s'attiser les remarques désobligeantes de son créateur.
"Dis, gros ?
-M'ouais ?
-T'aimes bien la neige ?"
Le Drogué prit un instant pour réfléchir, fixant l'étendue blanche par la fenêtre, avant de répondre avec entrain :
"Ouais, man, c'est cool la neige, ça ressemble à de la cocaïne !
-Nan, gros, nan, dis ce que t'en penses vraiment.
-Bah... C'est..."
Jetant un autre regard aux flocons venant se poser timidement contre la fenêtre du van, il fit de nouveau travailler son esprit. Il n'arrivait pas vraiment à mettre le doigt sur ce qu'il pensait. C'était à la fois reposant, hypnotisant, et...
"Beau. C'est beau.
-Ouais gros, j'trouve aussi.
-Mais man, pourquoi tu m'parles de ça ?
-J'sais pas. Trop priiiiiis..."
Ils se regardèrent un instant avant de partir dans un fou rire dont ils ne connaissaient même pas la cause, entrecoupés de mots comme "Parapente", "Vanille" ou "Saut à l'élastique". Les deux shootés ne se calmèrent que quelques minutes plus tard, l'un essuyant les larmes perlant le coin de ses yeux, l'autre se tenant les côtes en hoquetant un peu. Le Hippie au lunettes mauves se leva et ouvrit la porte du véhicule.
"J'vais dehors deux minutes, gros. Tu veux venir ?
-Ouais, j'arrive, man !"
Ils sortirent donc du van, refermèrent la porte (sinon il fait froid quand on y rentre, m'voyez) et s'allongèrent dans la neige glacée, la chute des flocons se calmant peu à peu. Le Hippie de Kriss inspira profondément, tentant de prononcer quelques mots pour briser cet insupportable silence. Puis finalement...
"Man...
-Ouais gros ?
-J'trouve que ça tombe bien qu'on se revoie pendant quelques jours parce que... Parce que je dois t'avouer un truc."
Le Hippie tourna la tête vers le Drogué, un sourcil levé en guise d'incompréhension, et remarqua une once de gêne dans sa voix, ainsi que dans son attitude. Que pouvait-il lui avouer ? Ce n'était pas un homme qui pouvait commettre de graves erreurs pour les regretter juste après, lui qui passait son temps à jouer de son djembé dans le jardin de Kriss.
"T'sais, la première fois qu'on s'est vu, chez nous, ben... Depuis, j'ai pas arrêté de penser à toi, parce que tu me faisais rire, et tu me faisais oublier les défauts de la société. Rien de tout ça n'a changé aujourd'hui, bien sûr, tu est toujours aussi cool avec moi, man, mais...
-Mais quoi, gros ?
-Toi, t'es pas pareil que les autres. Tu me fais planer encore plus que la drogue quand je te vois, et j'ai l'impression qu'il y a plein de papillons qui s'envolent dans mon ventre quand tu me touches ou que tu me parles. Seulement... Je sais pas pourquoi ça me fait ça."
Une silence pesant s'installa, durant lequel les deux protagonistes n'osèrent plus parler, avant que le plus grand d'entre eux ne reprenne la parole.
"Man, je crois bien que j't'aime."
Nouveau silence. Encore plus insupportable pour le Drogué au pull qui regrettait déjà ses propres paroles.
"Pardonne-moi, rajouta-t-il en murmurant, presque.
-Non, gros, j'te pardonne pas." Sans attendre de réponse de son ami, il se rapprocha de lui, pris sa main dans la sienne et lui sourit. "J'te pardonne pas, parce qu'il y a rien à pardonner.
-Tu veux dire que...
-Je t'aime aussi, gros. Et moi j'en suis sûr."
Le détenteur du tee-shirt beige se pencha au-dessus de l'autre homme et déposa un chaste baiser sur ses lèvres, sans perdre son sourire bienheureux.
"Non, non, attends, j'peux te faire des crêpes ! Mais seulement si t'es sage ! S'écria une voix à l'autre bout du jardin.
-Hihihi, je suis un gâteau de riz qui va te faire plein de choses !" Retentit une autre.
Les deux camés virent, du coin de l'œil, Mr Dada qui tentait désespérément d'échapper au terrible Gâteau de Riz, manquant de se rétamer avec les quelques centimètres de neige.
"Mais gros...
-Ouais man ?
-On va plus se revoir avant un long moment, gros, tu le sais ça ?
-Je sais... Je sais.
-J'vais avoir mal sans toi.
-Je sais.
-Même la drogue me fera plus d'effet.
-Je sais.
-C'est tout ce que t'as à me dire, gros ?"
Le Drogué, souriant, fit basculer son Hippie sur le dos, faisant tomber son bob dans la neige, et se pencha près de son oreille.
"Peu importe la distance à laquelle tu seras de moi, man. Je patienterai toujours jusqu'à ce que tu sois de nouveau à mes côtés, même si l'attente doit durer longtemps."
"Tu ne veux pas t'arrêter, un peu ? Grogna le Prof à l'intention de son camarade, le regardant descendre et remonter les escaliers sans ses béquilles pour s'entraîner à marcher seul.
-Non ! J'en ai marre de me tourner les pouces, et accessoirement, de me trimbaler ces béquilles à la con !
-Ce n'est pas en marchant sans elles que ta cheville va guérir plus vite !
-Et qu'est-ce que t'en sais, d'abord ? Demanda l'animal sur le bas des marches.
-Je te rappelles juste que je suis la seule personne ici ayant des connaissances médicales ! Alors maintenant va t'asseoir et tiens-toi tranquille !"
Maître Panda bougonna et obéit à son homologue en blouse, s'asseyant sur le canapé du salon. Il croisa les bras contre le pelage de son torse et prit une mine renfrognée, ne voulant pas voir le regard de son ami. Il détestait, non seulement, d'être en position de faiblesse, mais encore plus que l'on se moque de lui !
"Pourquoi tu te marres ?! Rugit-il, vexé, en entendant que le Prof tentait de réprimer un rire.
-Rien, c'est juste que... Tu ressembles à un enfant qui boude, c'est mignon !
-J'suis pas un gosse, et encore moins mignon !"
Le Prof rit de plus belle devant la réaction de son collègue, mais tenta tout de même de se calmer. Ça ne lui ressemblait pas d'être si moqueur avec le Panda !
Mais bon, fallait avouer que c'était marrant de le voir dans cet état.
Il réussi à se maîtriser lorsque le chanteur déclara un sec "J'vais me boire un truc." en se dirigeant vers la cuisine... Délaissant toujours ses béquilles. Il était vraiment têtu quand il s'y mettait.
Ramassant les "bâtons", le Prof soupira et le rejoignit dans la pièce. Il le trouva en train de fouiller dans les placards, sûrement à la recherche de son fameux jus de bambou personnel.
"Maître...
-Quoi ? Demanda-t-il en se retournant. Ah... Ouais...
-S'il te plaît, penses-y, je suis sérieux. Je n'ai pas envie que tu te casses de nouveau une jambe ou que ton traitement dure plus longtemps."
Le garçon au vêtement japonais acquiesça timidement et s'approcha de son collègue en boitillant. Et glissa malencontreusement sur... Sur quelque chose. Je sais pas ce que c'est et je veux pas savoir.
Par chance (et parce que, encore une fois, l'auteur est prévisible), il se réceptionna dans les bras du scientifique, celui-ci lâchant rapidement les béquilles pour rattraper son ami. Ce dernier s'agrippa à la blouse du scientifique, tout tremblant, et ferma les yeux, de peur de se manger le sol.
"Et voila, je te l'avais dit ! Râla le Prof. Prends juste ces béquilles pour te déplacer, ce n'est pas la mer à boire, non plus ! Comment veux-tu que tu guérisses plus vite si..."
Il fut interrompu dans sa phrase par les iris bleus se fondant dans les siennes, quasiment semblables. L'espace d'un instant, le monde autour de lui semblait s'être arrêté, son attention ne se focalisant sur les yeux océans de son vis-à-vis. "Dieu qu'il est beau..." Se dit-il en rougissant avec insistance.
"Excuse-moi Prof... Je les prendrai, maintenant, c'est promis.
-Tu n'as pas à t'excuser, enfin. Je fais juste ça pour ta santé.
-Tu devrais pas t'en soucier tant que ça..." Marmonna-t-il en se baissant du mieux qu'il le put pour ramasser ses béquilles.
Se munissant de ses deux soutiens, il se dirigea hors de la cuisine... Du moins, il essaya. Une main se posa sur son épaule, l'incitant à rester dans la pièce.
"Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il en se retournant tant bien que mal.
-Tu sais... Si je fais ça, c'est parce que je ne veux surtout pas qu'il t'arrive autre chose. et puis, je t'aime bien. Enfin... Peut-être même plus que bien.
-Oui, je sais... Moi aussi je t'aime bien." Un ange passa, jusqu'à ce que Maître Panda comprenne. "Attends, quoi ?!
-Oh n-non, rien, je... Oublie, veux-tu ? C'était idiot de ma part de dire ça !"
Le Prof, les joues bien plus rouges qu'une écrevisse et le cœur s'affolant dans sa cage thoracique, commença à s'éloigner de son ami, lui tournant le dos.
"Non, reste ici, Prof ! S'exclama l'ursidé, reprenant ses esprits.
-Pas la peine, je sais ce que tu vas me dire... Murmura-t-il, les yeux fermés.
-Mais... Mais je t'aime, moi aussi..."
Le savant se figea subitement, et se retourna vers son collègue, ne pouvant émettre le moindre son tant il était choqué. Cela faisait des mois, voir depuis sa rencontre au milieu de la saison 3 (l'épisode 50, j'ai vérifié) avec le chanteur qu'il lui tournait autour, ne comprenant pas lui-même ses propres sentiments. Et dire qu'il croyait que cette attirance n'allait que dans un sens...
"Hé, ça va ?
-Je... Tu... Bégaya l'homme à la blouse blanche, incapable de sortir une phrase cohérente. Mais...
-Oui, je t'aime... Grommela-t-il en rougissant. C'est si dur à comprendre ?
-Non, non, mais... Je ne pensais pas que... C'était... Réciproque."
Le Panda, sourit, attendri, et se déplaça jusqu'à la table de la cuisine, où il y déposa ses béquilles avant de s'y asseoir, s'aidant de son pied- pardon, de sa patte valide.
"Approche...
-Quoi ? Pourquoi faire ?
-Approche, j'vais pas te manger ! Je suis végétarien !"
Le Professeur s'exécuta, perplexe, et se posta devant le Panda. Celui-ci, sans perdre son sourire, passa ses bras autour de sa nuque, se rapprochant petit à petit du visage bouillant de son homologue, avant de poser ses lèvres contre les siennes.
Le chimiste, peu habitué à ce genre de contact, se laissa faire, goûtant à cette bouche si douce, appréciant ces mains chaudes voguant dans son cou et dans ses cheveux.
Lorsqu'il sentit une langue demanda l'accès à sa cavité buccale, il accepta timidement, prenant finalement part au baiser. C'est qu'il ne comptait pas rester passif tout le long, non plus.
Ils restèrent ainsi un bon bout de temps, s'échangeant tout leur amour par un simple baiser, leur tout premier. Sans savoir que, derrière l'angle du mur, un homme les observait, attendri, caché dans l'ombre, une petite veste noire à la main.
Il esquissa un sourire et quitta la maison, laissant les deux amants tranquilles.
Le Gothique, assis à la table de la cuisine, loin du brouhaha général, le menton posé dans le creux de la main, fixait un point invisible devant lui. Cela faisait Une heure qu'il n'était plus là. Qu'il était loin de lui, beaucoup trop loin, peut-être même trop. Il lui manquait tellement... D'ordinaire, il se serait mit une gifle en se disant de se ressaisir, se criant que les émotions, le bonheur et tout le reste ne menait à rien à part à la déception et la tristesse, et se serait fait quelques marques sur le bras avec un cutter ou autres objets tranchants pour se calmer.
Mais à cause de lui, et surtout de ses foutues sentiments, il ne savait plus où il en était. Il était perdu.
Il était amoureux. Amoureux d'un homme, en plus de ça. Quelle merde.
Le bruit de la pièce d'à côté ne cessant d'augmenter, il lâcha quelques jurons avant de monter rapidement les escaliers et de se réfugier dans la salle de bain de Kriss. D'emblée, il referma la porte et s'allongea dans la baignoire, paupières closes, les mains calées derrière la tête.
L'homme qui hantait ses pensées quelques minutes plus tôt s'incrustait toujours autant dans son esprit. Son parfum, son sourire, son regard, sa voix, tout lui restait en mémoire, tous ces petits détails, autant que la joie qu'il avait d'être à ses côtés.
Et c'est ainsi qu'il se souvint de cette soirée... Là où ils s'étaient tout dit. Là où ils avaient tout partagé. Leurs corps, leurs envies, leurs pulsions, tout.
Il se souvint de ses lèvres soudées au siennes, il se souvint de ces mots doux qu'il lui avait murmuré d'une voix rauque, le rassurant et tentant de le détendre par ses gestes, il se souvint de ses mains froides et baladeuses qui s'étaient doucement glissées sous ses vêtements, le faisant frissonner de plaisir... C'était de telles sensations. Divines. Parfaites. Il avait fait preuve d'une telle délicatesse à son égard... Une délicatesse qu'il ne méritait même pas, n'arrivant pas à prouver son amour de la manière dont il le voulait. Bien sûr, qu'il l'aimait, cependant il n'avait pas l'impression de bien le faire comprendre.
Mais ce dont il se rappelait le plus, ce qu'il n'aurait jamais oublié, pas même pour tout l'or du monde, c'était ces trois mots. Inoubliables. "Je t'aime." Et c'était grâce à cela que son cœur avait définitivement chaviré du bon côté, dissipant les derniers doutes ennuyeux. Écartant toute trace de méfiance pour s'abandonner dans cet univers étrange qu'était l'amour.
La porte de la salle de bain s'ouvrit, et des bruits de pas discrets se firent entendre. Le Gothique rouvrit les yeux, restant toutefois dans la même position.
Et il comprit.
"Bonsoir."
Sa voix, cette voix. Enfin, il était revenu.
"Bonsoir, répondit-il avec un demi-sourire qu'il avait du mal à réprimer. Comment tu m'as trouvé ?
-Le Syndicaliste m'a dit qu'il t'avais vu monter ici."
Le Gothique se releva sur ses coudes, observant l'homme qui se tenait debout devant lui, avec, lui aussi, un sourire illuminant son visage. Son Homme. Son Homme à la Cravate.
Ce dernier s'assit au bord de la baignoire, ne lâchant pas son petit ami des yeux. Si on lui aurait dit quelques mois plus tôt qu'il serait tombé amoureux d'un dépressif accro au sang et au satanisme, il n'y aurait pas cru. Et pourtant. Ce garçon, se comportant comme un sauvage envers sa famille ou toute autre personne existant sur Terre avait un côté sentimental et doux quand on cherchait bien.
Il aimait ce côté de son caractère, même si au fond, il adorait tout chez lui. Absolument tout.
"Désolé d'être parti aussi longtemps, déclara-t-il en lui caressant la joue.
-Tu m'as vraiment manqué...
-Je sais... Excuse-moi. Y a-t-il quelque chose que je pourrais faire pour que tu me pardonnes ?"
Avec un sourire plus malicieux, il attrapa sa main, toujours aussi froide, et le fit basculer dans la baignoire à côté de lui. Il se blottit contre son torse, écoutant les battements réguliers de son cœur, et humant son parfum masculin. Ce parfum qu'il aimait tant...
"Et maintenant ?
-Reste avec moi." Il se fit silencieux quelques instants et ajouta : "Je t'aime.
-Moi aussi je t'aime.
-Pour toujours ?
-Pour toujours. Je te le promets."
Souriants, ils s'échangèrent un court baiser avant de fermer les yeux, leurs corps toujours entravés.
Oui. Ils comptaient vraiment passer la nuit dans une baignoire.
Mr Dada sortit de la maison, bientôt imité par le Geek à contre-cœur, s'asseyant sur les marches du domicile. Avec un sourire désolé, il se balada dans le jardin de Kriss, n'appréciant pas le bruyant groupe se trouvant à l'intérieur. Il passa devant le van du Hippie, où ce dernier se trouvait, avec son ami, avant qu'ils ne sortent pour s'allonger dans la neige.
*Ben dis-donc, ils sont pas frileux...* Songea-t-il en tentant de se réchauffer sous ses vêtements colorés.
Il jeta de brefs coup d'œil autour de lui avant de s'abriter sous une sapin (oui, j'ai décrété que Kriss aurait un sapin dans son jardin. Voila.), là où la neige n'avait pas pu élire domicile. Il s'assit donc près du tronc épais de l'arbre et ferma les yeux un moment.
Un premier bruit.
Il ouvrit un œil, scrutant les alentours par dessus ses lunettes de soleil, avant d'hausser les épaules et de refermer ses paupières.
Un second bruit.
Il rouvrit les deux yeux, se grattant l'arrière de la tête avec son gant de boxe gauche. Il avait rêvé, ou quelqu'un marchait vraiment vers lui ?
Bon après tout, il y avait tellement de monde qui squattait ici, ça pouvait être n'importe qui.
"Hi hi hi, je suis un gâteau de riz !"
Tous ses sens se mirent en éveil en entendant cette voix -bizarrement chuchotée-, près de son oreille. D'un bond, il se leva, et se mit à courir dans la neige, n'écoutant que son instinct. Le Gâteau de Riz rigola, amusé, et poursuivit sa proie à travers le vaste champ blanc.
Les deux protagonistes passèrent d'abord près des deux Hippies, bien plus proches l'un de l'autre que tout à l'heure, autant leurs corps que leurs bouches. Le traqué lança un "Non, non, attends, j'peux te faire des crêpes ! Mais seulement si t'es sage !", mais il eut pour seule réponse un "Hi hi hi, je suis un gâteau de riz qui va te faire plein de choses !" Ils passèrent ensuite devant le Démon et le Geek, imitant la même proximité corporelle que les deux shootés précédemment.
Finalement, lorsqu'il fut assez proche de sa victime, il se jeta sur lui, ses mains agrippées à ses épaules, et ils tombèrent tous les deux dans la neige froide. Les flocons s'étaient arrêtés de tomber, et ainsi, lorsque le fou s'assit à califourchon sur les hanches de sa victime, leurs vues ne furent pas brouillées. Ils purent se regarder droit dans les yeux, les joues roses, et la respiration saccadée.
"Bon, ok, t'as gagné..." Fit Mr Dada avec un léger sourire.
L'homme-nourriture, victorieux, laissa s'échouer un petit baiser sur les lèvres de son vis-à-vis, et se rapprocha de son oreille rougie par le froid.
"Hi hi hi... Je suis un gâteau de riz qui va te faire plein de choses que tu vas adorer..." Lui murmura-t-il d'une voix enjôleuse.
FIN
N.A. : Voila, j'espère que ça vous aura plu, et vous souhaite un joyeux Noël en avance ! :D
