20 Décembre
Lorsque Seijuro avait commencé à fréquenter Satsuki, il y a de cela plus d'une dizaine années, il avait déserté le manoir familial pour s'établir à Tokyo. De ce fait, il ne voyageait plus que rarement dans l'ancienne capitale japonaise et ne fréquentait presque plus la maison qui l'avait vu grandir. Pourtant son père, Masaomi, continuait d'y séjourner et continuait d'y recevoir des grands noms du japonais fréquemment.
Néanmoins, la présence que le riche homme d'affaire préférait, c'était bien celle de son fils unique et sa petite famille. Même si Masaomi montrait au monde un visage placide et dur malgré les rides qui apparaissaient au fil des ans, il était en réalité une personne très sympathique et agréable qui semblait s'adoucir au rythme des années. Lorsqu'il avait vu Yuki pour la première fois, à l'hôpital, Satsuki jurait avoir vu une petite larme lui échapper, mais le vieil homme niait à la perfection. Les Akashi n'ont aucun moment de faiblesse, qu'il disait – même si la rosette n'en était pas persuadée pour deux sous.
Tout ça pour dire que Seijuro était toujours le bienvenue dans la maison de son enfance et que sa présence était toujours appréciée par les personnes y habitant. Alors lorsqu'il demanda à son père s'il pouvait venir le voir à l'occasion de son propre anniversaire, la réponse ne se fit pas attendre. Son fils unique ne fête pas ses trente cinq ans tous les jours n'est-ce pas ? De plus, ils allaient également fêter les vingt cinq ans de la mort de Shiori …
A travers la fenêtre du train, Yuki observa le paysage de rêve qui défilait devant ses yeux. Habitant en ville depuis sa plus tendre enfance, elle était amoureuse de la campagne et rêvait d'y vivre. Elle était consciente qu'avec le travail de ses parents c'était impossible, mais la petite fille ne pouvait pas ce sortir cette idée de la tête. Le voyage Tokyo-Kyoto en train ne prenait que deux heures, mais Yuki s'ennuyant ferme, il lui parut le double. Elle ne cessait donc de gigoter sur son siège, ce qui avait tendance à agacer son père qui essayait de travailler à côté. Même quand il rendait visite à son père, il ne pouvait pas le faire sans son ordinateur portable …
Lorsqu'ils arrivèrent à la gare, une limousine les attendait déjà, rendant leur arrivée plutôt remarquée. La foule curieuse ne lâcha la petite famille du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans le véhicule. Habitué à cela, Seijuro n'en tint pas rigueur mais Satsuki et Yuki semblaient un peu perturbées. Cela ne dura heureusement pas longtemps, puisqu'ils arrivèrent rapidement à destination. Ce n'était pas la première fois que Yuki venait au manoir mais à chaque fois, elle était impressionnée. C'était dans ces rares moments qu'elle réalisait à quel point son nom respirait le pouvoir et la richesse.
La fillette fut accueillie par son grand-père qui, devant son fils et sa compagne, resta fidèle à lui-même. Yuki prit son mal en patiente : elle savait que Masaomi allait la choyer dès que Seijuro et Satsuki auraient le dos tourné. Comme le rouge l'avait demandé, son père n'avait invité personne pour fêter son anniversaire avec eux. Pour une fois, il avait préféré un truc simple et en famille seulement. La famille trouva alors la table du grand salon dressée avec raffinement mais restant tout de même dans la simplicité – du moins, le plus simple possible chez les Akashi. Ils déjeunèrent donc en échangeant des mondanités, discutant de l'économie du Japon comme de la météo de ces derniers jours.
Ayant eu la permission de quitter la table, Yuki prit la liberté de gambader tranquillement dans l'immense demeure. Elle se demandait comment son père avait pu y habiter sans se perdre. Elle-même n'était pas sûre de pouvoir retrouver son chemin lorsqu'elle voudra revenir auprès de ses parents. Mais à l'instant présent, ce n'était pas ce qui la préoccupait le plus. Ouvrant toutes les portes qu'elle croisait, elle inspecta les pièces qui, souvent, étaient des chambres à la décoration modestes et des petits bureaux. A un moment, elle tomba sur une petite pièce qui semblait servir de débarra. Fouillant un peu dans les cartons, l'enfant tomba sur une vieille photographie : elle représentait une femme tenant dans ses bras un minuscule bébé. Reconnaissant-là sa grand-mère et son père, Yuki glissa la petite photographie dans sa sacoche, certaine qu'elle ne manquerait à personne. Si elle se trouvait ici, elle devait être oubliée de tous.
Après plus d'une heure d'exploration sans rien trouver d'autre de bien intéressant, Yuki chercha à revenir sur ses pas mais constata que, comme elle l'avait prédit, elle s'était perdue. Avançant un peu au hasard dans les longs couloirs, elle ouvrit de temps en temps quelques portes, espérant y trouver quelqu'un qui pourrait lui indiquer son chemin. Alors qu'elle commençait sérieusement à s'inquiéter, elle finit par ouvrir une porte totalement au hasard. Le décor sur lequel elle tomba la laissa quelque peu surprise. La décoration était très sobre, épuré même. Un grand lit trônait au milieu de la chambre, en faisant la pièce principale. Tout près, s'élevait une bibliothèque remplie à craquer de nombreux livres et un bureau parfaitement en ordre. Une porte entre-bailler donnait l'accès à un dressing. A l'opposée du bureau, un magnifique piano noir et un violon de fort bonne qualité trônaient comme des trophées. En parlant de ça, d'ailleurs, sur une étagère au dessus du lit, se trouvaient de nombreuses couples en or. Yuki parvint même à lire « Teiko » sur trois d'entre elles.
La fillette aux cheveux vermeils réalisa alors qu'elle se trouvait dans l'ancienne chambre de son père, celle qu'il avait fréquenté jusqu'à la fin du lycée, avant de s'établir à Tokyo pour l'université. Elle s'en senti presque impressionnée. Avançant dans la salle, elle aperçu un petit cadre photo sur la table de chevet, mais il était vite. Yuki tira alors la photographie de sa sacoche et réalisa qu'elle était pile aux bonnes dimensions. Elle comprit alors que les affaires dans la pièce-débarra devait être celles de son père, qu'il n'avait sûrement pas pu emmener à Tokyo. Cette photographie avait sûrement fini dans ce vieux carton par simple hasard …
- Yuki ? Que fais-tu ici ?
L'enfant sursauta et fit volte-face, reconnaissant la voix de son père. Quand ce dernier aperçu le cadre et la photographie, il haussa un sourcil avant de rejoindre sa fille à côté de son ancienne table de chevet.
- Où as-tu trouvé cette photo ?
- Dans un carton dans une sorte de salle-débarra. Elle était dans ce cadre, n'est-ce pas ?
- En effet, je pensais l'avoir perdu.
Ouvrant doucement les ouvertures, Yuki glissa la photographie dans le cadre puis le referma, avant de le tendre à Seijuro. Ce dernier repoussa cependant l'objet vers sa fille, un très léger sourire aux lèvres :
- Garde-le, je te le donne.
- Vraiment ?
- Vraiment.
Yuki, tout sourire, serra le cadre photo contre sa poitrine. Elle semblait ravie, comme si elle venait de trouver le plus précieux des trésors. La fillette expliqua alors à l'adulte qu'elle s'était perdue en arpentant les couloirs et qu'elle était tombée par tout hasard dans son ancienne chambre. Seijuro observa cette dernière d'un regard circulaire, l'air nostalgique. Il se revoyait, enfant, assit à ce bureau à travailler ou là-bas, sur le tabouret du piano, à caresser les noires et les blanches, et même dans ce grand lit où, petit garçon, sa mère le bordait jusqu'à ce qu'il parte dans le monde des rêves.
Chassant ses vieux souvenirs, Seijuro se rappela qu'il était venu chercher sa fille pour une bonne raison :
- Ta mère a fait un gâteau. Je ne sais pas ce que ça va donner mais on a éviter de la contrarier, d'accord ?
Yuki hocha vivement la tête et suivit son père hors de la chambre. Avant de refermer la porte, elle jeta un dernier regard dans la pièce, respirant une dernière fois ce parfum chargé de souvenirs.
Croquant dans sa part de gâteau, Yuki mâchonna en écoutant les adultes même si la discussion lui échappait. Pour une fois, la pâtisserie avait bon goût et il avait fallut tirer les vers du nez à la rose pour qu'elle avoue avoir été épaulé par le chef cuisinier que les Akashi avaient engagés à la mort de Shiori. Prenant une gorgée de chocolat, l'enfant jeta un énième regard au cadre photo qui dépassait de sa sacoche. Elle avait tellement hâte de le mettre dans sa chambre, sur sa propre table de chevet. Lorsque la discussion dévia sur elle, Yuki décida de lui porter un peu plus d'attention – non pas par ego, juste pour savoir ce que ses parents allaient dire à son sujet. Néanmoins, il ne parlèrent que de ses résultats scolaires. Apparemment, ces derniers intéressaient grandement Masaomi, ce qui laissait Seijuro un peu perplexe.
- Il s'agit de ma seule héritière, évidemment que ça m'intéresse.
- D'ailleurs en parlant de ça, intervint Momoi, ce n'est plus la … seule héritière.
- Que veux-tu dire par là ? s'étonna Seijuro en lançant un regard à sa femme.
- Je ne voulais pas en parler avant d'être totalement sûre mais les résultats sont formels. Je suis enceinte.
Yuki bondit de joie et se hâta d'aller enlacer sa mère alors que, de son côté, Seijuro semblait avoir du mal à enregistrer l'information. C'est la main de son père qui pressa son épaule pour le ramena sur terre.
- Ça pour une surprise, souffla-t-il finalement.
- Tu n'es pas content ? sembla s'affoler Satsuki.
- Si, bien sûr que si ! Mais … je ne m'y attendais pas.
- Joyeux anniversaire …
Yuki se cacha les yeux lorsque ses parents échangèrent un baiser. Comme tout enfant qui se respectait, elle trouvait ça dégoûtant. Profitant de cet instant, elle tira le cadre de sa sacoche et sourit, comme si elle répondait à celui qui étendait les lèvres de sa grand-mère.
- Tu réalises, grand-mère ? Bientôt, je serais grande sœur ...
Qui dit 20 Décembre dit anniversaire de Akashi qui lui-même dit "drabble spécial pour l'occasion". Après ma baisse d'inspiration de ces derniers temps, je suis contente de vous avouez que pour celui-là, tout est venu tout seul sans blocage. Dieu merci, qu'il est agréable d'écrire sans avoir une panne d'inspiration !
Breeef, j'espère que ce petit drabble vous aura plut. Puisqu'on m'a réclamé un nouvel Akashi à corps et à cris, le voilà donc, même s'il va mettre un moment à arriver le peutiot ... au moins, il est en cours !
Je tenais aussi à dire que la plupart des informations que j'ai divulgué concernant Akashi sont officielles, du moins, celles que je vais citer ci-dessous :
- Ses parents se nomment Masaomi (père) et Shiori (mère)
- A la mort de Shiori, les Akashi ont engagés un chef cuisinier.
Je crois que c'est à peu près tout, ce n'est pas grand chose mais je tenais à le préciser ;)
Réponses aux reviews :
Laura-067 : Pauvre Ryouta, il doit en effet gérer un troisième gosse et c'est loin d'être le plus sage ... Il a donc bien fallut que l'un des deux grandissent et deviennent responsables, sinon ils courraient à la catastrophes 8D
On va pouvoir commencer le compte-à-rebours ... Plus que 5 drabble avant Noël ! - je devrais d'ailleurs en écrire en avance car je vais pas être mal occupée ces prochains jours ... J'espère qu'ils continuerons à vous plaindre jusqu'à la fin (: Je vous embrasse *coeur*
Moona Neko
